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L’Affaire Morin
Claude Morin revu et corrigé par lui-même
SRC - Société Radio-Canada
lundi 3 avril 2006


L’ancien ministre des Affaires intergouvernementales sous René Lévesque, Claude Morin, lance mardi en librairie un ouvrage afin de blanchir sa réputation, ternie par des allégations d’espionnage pour le compte de la GRC. Avec L’Affaire Morin, légendes, sottises et calomnies, il espère corriger l’erreur dont il s’estime victime.

En 1992, au terme de son enquête, l’ex-journaliste de Radio-Canada, Normand Lester, révélait que Claude Morin avait entretenu des rapports rémunérés avec les services secrets canadiens alors qu’il était ministre, ce qu’a admis depuis le principal intéressé. M. Lester était par la suite revenu sur cette affaire, de façon plus étoffée, dans son livre Enquêtes sur les services secrets (1998).

Claude Morin met fortement en doute les qualités de journaliste d’enquête de Normand Lester, l’accusant d’avoir bâclé son livre en multipliant les raccourcis, les erreurs et les inepties. Il accuse surtout le journaliste d’avoir accordé trop d’importance à Loraine Lagacé, directrice du bureau d’information du Québec à Ottawa, en 1981, lors de la parution du rapport MacDonald sur les activités de la GRC.

Claude Morin estime que toute la preuve contre lui tient dans ce rapport qui relate que le Parti québécois était infiltré au plus haut niveau par une taupe de la GRC. Or, selon M. Morin, ce rapport, dont il a fait la lecture, ne contient rien de compromettant à son sujet.

L’ancien ministre et stratège de René Lévesque affirmait à cet effet dans son autobiographie, Les Choses comme elles étaient (1994), avoir entretenu des contacts avec la GRC uniquement dans le but de protéger le Parti québécois d’éventuelles actions subversives des services secrets.

Dans une entrevue accordée lundi à C’est bien meilleur le matin à la radio de Radio-Canada, M. Morin maintient que, dans le contexte de l’époque, la décision d’entretenir des contacts avec la GRC était bonne, même s’il affirme avoir été par la suite convaincu que rien ne se tramait contre le Québec au sein des services secrets. « Mais est-ce que j’ai fait l’erreur d’aller voir ce qui se préparait contre nous ? Je ne crois pas. » a-t-affirmé à l’animatrice Johanne Prince.

Claude Morin est convaincu que l’accusation portée par ses détracteurs est hors de proportion avec la faute et qu’on souhaite faire de lui un bouc émissaire pour l’échec référendaire de 1980 et celui des conférences constitutionnelles qui ont culminé par le rapatriement unilatéral de la Constitution.




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