Réf. : « Vous êtes pas tannés... bande de caves ! »
Michel VASTEL - Journal de Québec, 11 novembre 2006
Source : www.vigile.net/spip/vigile2826.html
« Tout contentement des mortels est mortel »
Michel de Montaigne
Je vous suis reconnaissant, M. Vastel, d’avoir rendu publique cette diatribe parfaitement justifiée.
Vous savez, pour ma part je m’interroge depuis fort longtemps quant à savoir comment cet André Pratte (et cet Alain Dubuc aussi, d’ailleurs) - ces deux Québécois - parviennent chaque matin devant la glace à se regarder droit dans les yeux, et ce sans sourciller sous l’effet de quelque gêne confuse mais durable, au moment de porter le rasoir dépilatoire à leur visage.
Un pareil acharnement (constant, systématique, opiniâtre et mille fois reconduit comme un cédé rejoué ad finitum sur le lecteur) à discréditer tout mouvement québécois de libération (type de comportement pourtant propre à tout peuple pour qui la liberté nationale consiste en autre chose, comme l’écrivait Falardeau, qu’une marque de yogourt) ne relève d’autre cause, ce me semble (si tant est que par bonté d’âme on excepte le fanatisme hystérisant), que de l’état profondément pathologique de celui qui non seulement jouit de sa servitude, qui non seulement chaque jour la réclame avec plus d’insistance, mais qui de surcroît s’ingénie à chaque nouvelle tentative - fût-ce en se réclamant de la dernière pluie comme argument rigoureux de la plus haute pertinence - à convaincre avec plus de détermination encore l’ensemble de ses compatriotes que l’assujettissement du peuple auquel ils appartiennent constitue, pour l’avenir et la pérennité même de celui-ci, la voie la plus éclairée, la plus sage et la plus « lucide » qu’il soit possible d’envisager.
Cela dit, monsieur, croyez-vous un seul instant que notre Premier ministre (le possessif est ici problématique sinon hautement douteux, j’en conviens sans peine) soit, dans les circonstances historiques actuelles, l’homme apte, capable ou même disposé, en contrepartie, à assumer pleinement - depuis le palier de la gérance des affaires courantes où il s’échine déjà à grand’peine (www.soreltracy.com/liter/2004/avril/24av.html) - les fonctions de chef d’État dont il est investi par la volonté populaire... ?
Cordiales salutations à vous, citoyen Vastel !
Jean-Luc Gouin

