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Au sujet de la lâcheté des pacifistes québécois
Gilles Néron
Tribune libre de Vigile
dimanche 24 septembre 2006      478 visites


Dernièrement, le Journal de Montréal permettait à Joseph Facal de faire l’apologie de la guerre menée par les Américains en Afghanistan et en Irak au point de parler de lâcheté de la part de certains Québécois. Voilà bien le Facal que je connais par ses écrits, celui de la droite qui flirte avec l’ultra conservatisme quand il prend fait et cause pour les guerres des nouveaux impérialistes du camp du Bien et, surtout, quand il rend hommage à GW Bush. Oui, chers amis, Joseph Facal n’a jamais été autre chose qu’un théoricien favorable à un pouvoir financier fort.

Mais, me direz-vous, il a été un ministre péquiste. Qu’est-ce que cela prouve quand c’est un Lucien Bouchard qui l’a choisi et l’a fait ministre des Affaires internationales ? Tout le monde sait que le PQ a conduit le char de l’État bien plus à droite qu’à gauche du temps de l’ancien ministre de Mulroney. Et il faut se souvenir aussi que le Facal en question a quitté cabinet ministériel et députation sous le règne de Bernard Landry. Le « modèle québécois » ne lui plaisait plus. Trop de décisions inspirées par l’économie sociale et trop de dirigisme d’État lui répugnaient, lui qui était convaincu que le taux unique d’imposition était la panacée.

Aujourd’hui, nous voyons que le professeur Facal est en plein accord avec les positions de l’Institut économique de Montréal toujours là pour encenser le grand capitalisme. Il a été et est toujours du think tank dirigé par Bouchard qui a rédigé le fameux « Pour une Québec lucide », ce manifeste du néo-libéralisme montréalais. D’ailleurs, il n’y a qu’à lire sa chronique dans le Journal de Montréal pour comprendre que l’individu est plus à l’aise dans un conseil d’administration d’une multinationale que dans un mouvement qui lutte pour la justice et la paix.

Pourquoi, tant d’années consacrées à faire croire à ses électeurs qu’il partageait leur espoir de souveraineté et leur désir d’une meilleure répartition de la richesse ? Ou le loup s’est fait mouton pour mieux s’engraisser ou les moutons ont été trop naïfs pour découvrir la vraie nature de l’intrus.

Il faut reconnaître que la bergerie péquiste a toujours accueilli le premier qui s’habille du fleursdelysé. Et sur ce point, Facal a été très habile et même licheux, de belles paroles prononcées avec sa diction à se blesser la langue et servies sur un ton aussi fielleux que celui du loup de la fable. C’est qu’il parle bien celui qui se couche dans le lit de la grand’mère Québec.

Dans d’autres pays, on appellerait cela de l’opportunisme, contentons-nous d’y voir de l’arrivisme.

Gilles Néron

Québec




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