Et voilà. C’est reparti. L’éternel conflit de valeurs qui empoisonne l’existence du Canada « D’un océan à l’autre » devait resurgir d’une manière ou d’une autre. On n’a plus vraiment le choix, maintenant. Barbara Kay hystérique, c’est comme une étincelle dans un baril de poudre.
Ce qui est bizarre dans toute cette histoire, c’est de voir tout le monde attendre le signal pour se faire entendre. Le Québec et le Canada, c’est l’histoire de la décomposition et de la recomposition. On s’est trompé de devise. On ne se souvient pas : on diverge et on refoule. C’est là que ça devient difficile.
Ça devient difficile, parce qu’on doit attendre qu’un article de journal risible, malhonnête, pathétique, voire comique, paraisse dans un journal qui - on devrait le savoir, depuis le temps - se veut conservateur jusqu’à la racine, pro-israélien, pro-anglo-saxon et pro-canadien. La feuille à scandale du Canada anglais appartient au groupe de communication Can West Global - comme The Gazette, d’ailleurs - dont le fondateur est Israël « Izzy » Asper, connu pour sa défense inconditionnelle d’Israël dans le conflit israélo-palestinien ainsi que pour ses délires anti-québécois. Il ne faut pas se surprendre des positions extrémistes du journal. Et à propos, je dois avouer mon inquiétude quant à la participation de Can West Global dans plusieurs médias étrangers en Australie, en Irlande, et en Nouvelle-Zélande.
Les Québécois, donc, me semblent timides face aux problèmes de leur propre histoire. Cette timidité a pu être observée dans nos journaux locaux. André Pratte a ainsi écrit un article défendant le Québec dans le fameux Post pour tout de suite après prendre le temps d’expliquer en réponse à Biz de Loco Locass qu’on ne doit pas généraliser sur les Canadiens en général. En fait, la réalité serait plutôt que Pratte est incapable de concevoir le Canada en crise. Le champion de la nuance espère calmer toutes ardeurs en occultant tout problème fondamental dans notre société. C’est essayer de simplifier les choses, et c’est évident.
L’article de Kay n’est en fait que la manifestation physique d’un problème qui n’a jamais été résolu. Et tandis que le journaliste refuse de voir ce que révèle l’article, certains indépendantistes se réjouissent d’avoir quelque chose de sérieux à mettre sur la table. Pourtant le morceau n’est pas si gros. D’ailleurs, les articles qui s’adonnent au Quebec bashing sont beaucoup plus nombreux que l’on pense. Si vous aviez vu les positions sur l’article de Kay dans les médias anglophones...
Finalement, l’événement met en lumière un cancer qui gruge le Québec depuis longtemps. Notre complexe face à l’histoire. On semble trouver difficile de discuter du sujet. C’est devenu, avec le temps et les échecs, un sujet tabou. Il l’est tellement que dès qu’il devient « convenable » d’en parler, quand les « conditions gagnantes » pour un débat se présentent, on saute à pieds joints sur l’opportunité. Il ne faut pas perdre notre occasion de déranger sans vraiment déranger. Être subversif, mais au bon moment. Il y a un temps pour tout.
Reste plus qu’à espérer qu’on en profite pour aller plus loin, approfondir, une bonne fois pour toute...
Xavier Dionne
Montréal
Étudiant au bacc en science politique

