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« Les anglophones du Québec ne se perçoivent pas vraiment comme une minorité. Pourquoi ? Tout simplement parce que nombre d’entre eux ne désespèrent pas devenir, un jour, une majorité. Or la manière la plus sûre d’y parvenir, c’est encore de faire en sorte que les immigrants aient la possibilité de fréquenter l’école de leur choix, c’est-à-dire l’école anglaise. » Murray Maltais
             
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« Joualons »-nous toujours ?
Un travail énorme
Par Jean-François Boivin
La Presse
jeudi 3 août 2006


Je ne peux pas comparer la qualité de la langue parlée autrefois, à l’époque du frère Untel, à celle d’aujourd’hui. Mais je peux néanmoins affirmer qu’il reste malheureusement beaucoup de travail à faire. Par exemple, les anglicismes sont toujours fréquemment utilisés par effet de mode ou par simple paresse intellectuelle. Et ne parlons pas de la piètre connaissance des règles de grammaire et d’orthographe.

Derrière ces défauts criants se cache le résultat de décennies de sous-éducation au Québec. Plusieurs générations n’ont pas étudié le français pendant de nombreuses années et la qualité de la langue s’en est fortement ressentie.

Le plus désolant est l’attitude pragmatique, voire désinvolte et plutôt lâche, de plusieurs Québécois envers leur langue. « À quoi sert d’étudier le français et de l’utiliser convenablement ? » peut-on traduire souvent de l’attitude de plusieurs personnes qui ne voient pas l’utilité de bien utiliser leur langue.

Il n’est pas question ici de gens sous-éduqués, qui abhorrent l’école, mais plutôt de ceux qui utilisent une abondance d’anglicismes à la mode, espèrent envoyer leurs enfants à l’école anglaise, afin de les rendre bilingues, ou ne font aucun effort pour corriger leurs textes au travail, lesquels sont inondés de fautes. La source de ces symptômes, si on peut les appeler ainsi, est aussi en partie liée à un complexe d’infériorité et de honte face à la langue anglaise. Voilà le complexe de « colonisé » tel que décrié par des gens comme Pierre Falardeau : lorsque vous en êtes rendu à voir votre langue comme obstacle à votre épanouissement ou comme inutile...

Loin de moi l’idée de pousser les Québécois à parler une langue qui s’apparenterait à celle des Parisiens, par snobisme, comme on voulait le faire dans le temps du frère Untel. Mais force est de constater qu’une attitude lâche et paresseuse, empreinte d’un complexe d’infériorité envers l’utilisation de la langue, font que la situation du français parlé et écrit au Québec n’est pas très reluisante. Il reste donc un travail énorme et de longue haleine qui consistera à changer d’abord la mentalité des gens. Sans quoi le renforcement de l’enseignement du français à l’école ne servira pas à grand-chose, surtout si les jeunes se font répéter constamment par leurs parents que c’est inutile.




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