Tout est dit et pourtant
rien n’a changé
Majgull Axelsson
Selon Stephen Harper
il existerait une troisième voie
au fédéralisme canadien et au séparatisme québécois :
La sienne
le fédéralisme d’ouverture.
Nous allons faire du Québec
une province autonome
au sein du Canada.
Waouh !
Quelle idée de génie, l’idée du siècle !
Cela mérite une vigoureuse main d’applaudissements
une ovation.
C’est l’invention des boutons à quatre trous
de la machine à friser le persil.
Il n’en fallait pas plus
pour que l’on se sente aussi fiers que la Labatt
d’être bleus.
Peu importe si Harper se montre en faveur de la guerre,
contre l’avortement, contre le mariage gai, contre Kyoto,
s’il nous tend les bras
allons nous y jeter.
Grâce à cette troisième voie
nous voilà à l’abri d’un troisième référendum
qui nous aurait, de toute manière
comme le précédent, été volé.
Finies les querelles.
Nous pourrons enfin nous investir dans la traque aux terroristes
dans la planification de nos préarrangements funéraires.
Canadiens, Québécois, États-Bushiens,
ensemble nous combattrons l’axe du mal
jusqu’à ce que la planète
Tchernobyl, Bhopal, Hiroshima, Nagasaki, Windscale, Three Miles Islands
disparaisse asphyxiée sous les fumées toxiques.
La grande réconciliation arrive à point nommé.
Nous vivrons d’amour
le temps qu’il nous reste à vivre.

