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Le Parti Québécois et le Bloc québécois sont à 30% dans les sondages. Le Bloc québécois se cherche une planche de salut, comme par exemple, un autre scandale des commandites. Ça lui permettrait de ressortir son slogan : « Un parti propre au Québec ». Celui de 1993 : On se donne le vrai pouvoir ne pourrait guère convenir dans les circonstances. Quinze ans dans l’Opposition, les Québécois, qui ne veulent plus replonger dans la bataille référendaire, commencent à se demander s’il ne faudrait pas mieux se placer du côté du pouvoir tout court, laissant « le vrai pouvoir » aux bloquistes, qui dans ces temps-ci, semblent plutôt en quête d’une bouée de sauvetage.
A Québec, la situation n’est guère plus rose. Pauline Marois, dans un geste sans précédent, sans consulter les membres de son parti et son convoquer un Congrès général, a tout simplement ignoré ses propres instances partisanes et a déchiré, devant les caméras, sous les applaudissements de ses délégués enthousiasmés, le chapitre le plus important de son programme.
Le Parti québécois ne fera plus de l’indépendance son cheval de bataille (au fait, il ne l’a pas fait depuis longtemps, mais là, c’est écrit quelque part qu’il ne le fera pas) lors d’un prochaine campagne électorale. A court d’idée, le PQ est tout simplement revenu au « bon gouvernement » de 1976, prôné par Monsieur Lévesque. En attendant, le PQ revendiquera plus de pouvoir pour le Québec. En langage clair, ça s’appelle l’autonomisme de Maurice Duplessis.
Ce champ politique est cependant déjà occupé par le parti de Mario Dumont. Le PQ doit alors se fusionner avec celui-ci et laisser au nouveau Parti indépendantiste (PI) nouvellement fondé à Montréal, de défendre la thèse de l’indépendance du Québec. Il y a donc deux partis présentement qui, constitutionnellement, occupent le même terrain. L’Action démocratique du Québec n’est sans doute pas intéressé à disparaître au profit d’un Parti québécois affaibli, puisqu’il forme, depuis mars dernier, l’Opposition officielle. Il reste donc à au PQ deux options : reprendre le combat pour l’indépendance (ce qui vient d’être rejeté au dernier Conseil national) ou se fondre carrément avec l’ADQ. Comme l’indépendance ne semble plus faire chanter en chœur les péquistes de Madame Marois, le PI, nouveau-né, aura tout le loisir de parler de l’indépendance du Québec dans les mois qui viennent. Le bipartisme renaîtra ainsi à l’Assemblée nationale, en attendant l’arrivée d’une nouvelle cohorte de jeunes loups qui souhaitent relancer le mouvement indépendantiste, sans tergiversation et sans compromis.
L’avenir nous dira, qui de Pauline Marois ou de Mario Dumont amènera l’autre dans son camp. Le nouveau chef du Parti indépendantiste, Éric Tremblay, a maintenant les coudées franches pour véhiculer son discours indépendantiste. Aux indépendantistes qui sont au PQ de se joindre au nouveau Parti indépendantiste et que ceux qui veulent rester dans la maison mère péquiste rejoignent les autonomistes. Les choses ainsi clarifiées, les électeurs sauront à quelle enseigne se loger lors du prochain scrutin.
Nestor Turcotte
Matane
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