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Conversation nationale sur la souveraineté (4)
Un parti atteint de "consultationnite participative aiguë !
Pierre Cloutier
Tribune libre de Vigile
mardi 11 mars 2008      258 visites      10 messages


Quand on lit attentivement le programme du Parti québécois voté lors du XVè Congrès de juin 2005, on est frappé par l’ampleur d’une maladie pathologique interne sérieuse qui le ronge en ce qui concerne l’accès à l’indépendance et que j’appelerai la "consultationnite participative aiguë".

Jugez-en par vous même.

Le premier symptôme de la maladie apparait avant une élection. "Le projet de pays", dit le programme du parti au chapitre 1.2.3 B) (page 14), n’appartient pas par ailleurs aux seuls membres du Parti québécois et toutes les citoyennes et tous les citoyens seront donc invités à participer à l’élaboration du projet de pays. A cet effet, poursuit le programme, le Parti québécois entend inviter les citoyennes et les citoyens à présenter leurs vues sur le contenu des politiques nationales pour le pays".

Le deuxième symptôme apparaît ensuite après une élection victorieuse. Le programme prévoit à ce sujet, au chapitre 1.2.4 A que le Parti québécois doit alors "entreprendre un vaste et profond exercice de démocratie participative". On y lit ce qui suit :

"Le processus d’accession du Québec au statut de pays doit être un exercice sans précédent de démocratie participative fondée non seulement comme auparavant sur une vaste campagne de promotion, mais également et surtout sur la mise en place des lieux de parole collective où les gens pourront s’exprimer sans contrainte. Le Parti québécois entend d’abord :

* créer dans toutes les localités et régions du territoire national un forum public d’expression citoyenne où tous ceux et celles qui le désirent pourront se faire entendre sur les grands principes et les bases institutionnelles du contrat social sans que les experts, les élites et les dirigeants des groupes d’intérêts monopolisent l’exercice de prise de parole collective.

* assurer une diffusion large et soutenues des comptes rendus des forums d’expression citoyenne afin que l’ensemble de la population puisse s’accocier à l’exercice tout au long de son déroulement et en bénéficier au plan de la réflexion.

Le troisième symptôme, celui que Mme Marois veut voir disparaître du programme, c’est celui "d’organiser et de tenir un référendum le plus tôt possible à l’intérieur du prochain mandat" pour permettre, dit-on, un préparation intensive des questions afférentes à la souveraineté et pour assurer le temps nécessaire à la transition du Québec vers le statut de pays.

Enfin, le quatrième symptôme, c’est l’organisation d’un autre référendum sur une constitution du Québec. Le Parti québécois doit à ce sujet, "créer une assemblée constituante qui aura le mandat de préparer la constitution permanente de l’État souverain du Québec". "Une fois adoptée par l’Assemblée Nationale du Québec souverain, poursuit le texte, cette constitution sera soumise à l’approbation de la population par référendum.

Voilà : 4 consultations participatives, soit une organisée avant les élections par le Parti québécois et 3 autres organisées par un gouvernement du Parti québécois, soit une informelle et les 2 autres en vertu de la Loi sur la consultation populaire.

Quant on lit cela à tête reposée on a l’impression d’avoir affaire à des débiles légers. Ne serait-il pas plus simple d’expliquer tout cela à l’électorat québécois, une fois pour toutes, lors d’une élection afin que le peuple en dispose ? N’est-ce pas ce que Jean Lesage a fait en 1962, en déclenchant une élection sur le thème de la nationalisation de l’électricité, qu’il a remportée avec une majorité des sièges et une majorité (54%) des voix ?

Pierre Cloutier

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Vos commentaires:
  • Un parti atteint de "consultationnite participative aiguë !
    11 mars 2008, par

    Maître Cloutier,

    J’ai vu la fondation du Parti Québécois, En partant, il est devenu bourgeois, ce qui veut dire souffrant des maux de la bourgeoisie : Inertie et entropie.

    Cette inertie se confirme alors qu’une bourgeoise en a pris charge. Donc, le parti va s’embourgeoiser davantage. Comme le Scottish National Party, fondé en 1924 en Écosse, maintenant élu mais qui ne fait rien pour l’indépendance de l’Écosse. "Simply too careful".

    Le temps est venu de repartir en neuf. Nous n’avons pas le choix. Nous sommes déjà passés par là. Une fois de plus et cette fois-ci, ce sera la bonne. Le nouveau Parti va récupérer tout ce qui s’est fait jusqu’à maintenant et partir des conditions nouvelles dans le temps, l’espace et les communications pour donner le coup de barre décisif qui va rompre les liens qui nous retiennent. Il ne fera rien d’éclatant, seulement réaliser ce qui est là et nous attend. L’indépendance du Québec se fera comme une banalité, parce que les conditions sont en place, non seulement au Québec mais dans toute l’Amérique du Nord.

    Alors on embarque et on passe aux actes.

    Salutations

    JRMS


  • Un parti atteint de "consultationnite participative aiguë !
    11 mars 2008

    Monsieur Cloutier

    Tout cela est d’une logique implacable. J’ai lu vos quatre articles et je les signerais mille fois.

    Le PQ est devenu une machine, sans âme, purement électoraliste. Pauline Marois, suivant ses prédécesseurs, ne cherche qu’une seule chose : reconquérir le pouvoir et s’amuser avec lui pendant un certain temps en se frottant les mains parce qu’elle est devenue la première femme Premier ministre de la province de Québec. En faisant miroiter les conditions gagnantes de Lucien Bouchard.

    Il faut revenir au programme du PQ de 1970 et de 1973 : l’élection d’un parti indépendantiste, avec pluralité des voix et des sièges, permet de proclamer l’indépendance du Québec.

    Pierre B.


  • Un parti atteint de "consultationnite participative aiguë !
    11 mars 2008, par Pourrait y croire

    @ JRMS,

    Pour la Nième fois, ne laissez pas Éric tout seul à cette tâche ! C’est un contrat de géant ! Quelqu’un comme vous qui a vu neiger, qui sait que Charest répond à Harper qui répond à Bay Street, qui n’est pas isolée de N.Y.

    Vous connaissez les implications de protection du territoire, les réponses aux partitionnistes.

    Si nous devions en venir bientôt à l’évidence que Pauline va vraiment s’écraser, s’il faut donc passer son tour à la prochaine élection (Si nous en avons encore le temps) ce parti que vous croyez cerner, il devra sortir AU GRAND JOUR comme une RÉVÉLATION ! Ce parti devra éclater comme un volcan avec un leadership lumineux à ramener à l’ÉVIDENCE tous les Québécois dignes des descendants de la Nouvelle-France : C’est en tsumani que nous devons voter notre libération, hic et nunc, avec une telle écrasante majorité qu’il ne soit plus jamais question de cette trappe à séparatisss qu’est le référendum fédéraste !


  • Un parti atteint de "consultationnite participative aiguë !
    11 mars 2008

    J’allais oublier. Il y a un 5è syndrome de la "consultationnite participative aiguë", ce cancer qui ronge le Parti québécois, qui est en périphérie et que j’ai oublié de mentionner par distraction. Le paragraphe 1.2.4 B) du programme péquiste- après une élection victorieuse du brave Parti québécois - mentionne ce qui suit :

    "Au lendemain de son élection, le gouvernement du Parti québécois se limitera à poser uniquement les gestes absolument indispensables pour donner suite à son engagement de réaliser la souveraineté"

    Du grand Jean-Pierre Charbonneau, le champion incontesté toutes catégories confondues de la "consultationnite participative aiguë" ! Et, bien sûr, Mme Marois était là pour faire passer cette proposition qui faisait partie d’un bloc "à prendre ou à laisser".

    D’ailleurs il fallait être au XVè Congrès pour le voir : un atelier sur la souveraineté dominé par les ténors du caucus des députés - autrement dit des politiciens professionnels bien payés - et une assemblée plénière au temps limité avec les mêmes ténors au micro pour faire adopter ces propositions à la vapeur, le tout devant un parterre de militants spectateurs inexpérimentés et néophytes bien conditionnés, que l’on aurait pu facilement pour un grand nombre, remplacer par des chaises.

    2 consultations populaires - une par le PQ avant l’élection - une autre par le gouvernement après l’élection, 2 référendums - un pour la souveraineté et un pour la constitution - et une limitation volontaire des gestes de souveraineté.

    Autrement dit, la ceinture, les bretelles, les 2 pieds sur les freins et la main droite sur le frein à bras avec, en prime, la trouille au derrière !

    Du grand péquisme !

    C’est avec ce genre de gens qu’on prétend vouloir réaliser la "souveraineté" du Québec.

    Avec cette mentalité provincialiste de peureux chroniques, il faudra attendre d’avoir l’âge de Mathusalem pour avoir notre pays.

    Pendant ce temps, nos valeureux députés péquistes et bloquistes, toujours prêts à proclamer leur foi "souverainiste" la main sur le coeur, en profitent pour bien garnir leurs fonds de pension avec l’argent public en tenant des "conversations nationales sur la souveraineté" au coin du feu.

    Usque tandem......

    Pierre Cloutier


  • Un parti atteint de "consultationnite participative aiguë !
    12 mars 2008

    Suite à la lecture de vos navrants commentaires, je ne puis qu’arriver à une triste conclusion :

    SCRS


  • Réponse à SCRS
    12 mars 2008

    Difficile de dialoguer avec une personne anonyme.

    SCRS peut vouloir dire : Service canadien du renseignement de sécurité !

    Plus on est de fous, plus on s’amuse !

    Pierre Cloutier


  • Le bien-fondé de la consultation sur la souveraineté du Québec
    12 mars 2008, par Christian Charron

    Moi, je vais vous dire M. Cloutier, je ne suis pas d’accord avec vous. L’idée de cette conversation nationale est excellente. On n’a qu’à se rendre compte de la popularité de la Commission sur les accommodements « raisonnables » pour se convaincre de l’intérêt d’une telle formule.

    Le PQ a raison de dire que la souveraineté, ce n’est pas l’affaire des militants du PQ mais de tous les Québécois. Je lisais la semaine dernière les détails du déroulement du congrès du Parti libéral, et je me disais que c’était incroyable de penser que quelques ti-couns, excusez-moi l’expression, étaient en train de définir les orientations politiques qui s’appliqueront à l’ensemble de la société. Quand je lis dans les journaux l’influence des Laviolette et Dubuc chez le PQ, qui se répercute sur l’ensemble, oui, l’ensemble de la société québécoise, je trouve cela aberrant. Deux chiâleux alors qu’il y a des gens qui sont dix fois plus intelligents qu’eux et qu’on n’entend jamais.

    Pour ce qui est du référendum sur la Constitution québécoise, c’est normalement par référendum qu’on approuve une Constitution dans tous les pays. Ce n’est donc pas quelque chose d’invraisemblable et d’inusité.

    Par contre, au point où on en est rendus ici au Québec, considérant que l’approche péquiste de style cage à homards a complètement écoeuré les Québécois au point qu’ils ne veulent plus entendre parler de référendum et de souveraineté, le mieux serait de poser le maximum de gestes de souveraineté comme l’a proposé Mme Marois, sans passer par un référendum. Cela pourrait être précédé d’une consultation à la grandeur du Québec, comme l’a fait la Commission B-T. Les gens aiment parler et s’exprimer, cela les mettrait dans le coup. Cette question de la souveraineté est trop importante pour qu’on n’implique pas les citoyens. Moi, si j’étais le chef du PQ, je présiderais moi-même cette conversation nationale, et je dialoguerais directement avec les citoyens pour les convaincre du bien-fondé de la souveraineté du Québec ou des gestes de souveraineté.


  • Un parti atteint de "consultationnite participative aiguë !
    13 mars 2008, par Je me demande

    En guise de réponse à M. Charron,

    Suffirait de demander à Mme Marois de chausser les chaussures de ses ambitions. Au Vénézuéla, un Hugo Chavez ne craint pas, semble-t-il, de s’adresser en direct à la population. Ici, l’expérience du terroir (plus réservée !) à remettre en vogue ne serait-elle pas celle du fameux "Point de mire" de René Lévesque... ou du "Sel de la semaine" de Fernand Séguin, quelque chose du genre ... ? Pour réitérer de telles performances il faut toutefois ressentir intimement l’urgence de communiquer quelque chose d’important.

    Compte tenu des exigences du combat national, quel niveau de discours public donnerait une note de passage à nos (notre ?) candidats (te) ?

    Il faut dire que jusqu’ici, la cause nationale ne semble pas inspirer Mme Marois. Hélas ! S’il faut absolument des personnalités pour illustrer et donner de la crédibilité à la cause nationale, Mme Marois ne semble pas être du nombre. Qui alors ?

    GV


  • Un parti atteint de "consultationnite participative aiguë !
    13 mars 2008, par Jacques Bergeron
    Le premier devoir d’un vrai démocrate recherchant à promouvoir l’indépendance du Québec serait ( ou devrait être )de mettre sur pied « une vaste consultation poupulaire » dans laquelle le peuple(et non pas les seuls intellectuels ou se prenant comme tels) de « toutes les régions du Québec » définirait le pays dans lequel il veut vivre.Lorsque nos concitoyens et nos concitoyennes auront défini le genre de pays dans lequel ils veulent vivre, il sera difficile de leur interdire de vouloir se donner un « État indépendant de langue française » en terre des Amériques, seul outil capable de répondre à leurs besoins, sociaux, économiques, politiques et culturels.Savoir utiliser un outil de cette qualité comme moyen pédagogique et démocratique de promouvoir l’indépendance du Québec devrait être le vrai motif des indépendantistes, celui-ci se situant au-dessus des partis politiques et des différentes « philosophies » des individus. Seule une « grande coalition » des mouvements de promotion de notre idéal peut répondre à cette action de libération. Rien ne devrait interdire à Mme Marois,ou à Mme David, et aux autres indépendantistes de participer à cette activité politique et sociale,puisque chaque personne devrait agir comme individu libre de tout parti politique.Il ne resterait qu’à inscrire ce choix politique dans une constitution à être adoptée par l’ensemble des députés réunis à l’Assemblée nationale du Québec,après avoir soumis ce choix politique à des États généraux, si on le souhaite ? Pourquoi Mme Marois ne pourrait-elle pas inscrire cette idée dans ses conversations,si cela peut répondre à sa recherche de la vérité ? Jacques Bergeron, Ahuntsic, Montréal
  • Réponse à Christian Charron
    13 mars 2008

    M. Charron,

    Encore et toujours le même problème. Les gens ne prennent pas la peine de lire et disent à peu près n’importe quoi ou presque sans analyse et sans rigueur. C’est très décourageant à la longue. Comme cela se produit la plupart du temps, les politiciens professionnels en profitent pour les manipuler à la longueur d’année. Y a rien de pire qu’un sourd qui ne veut pas entendre et un aveugle qui ne veut pas voir.

    Ok. On va faire un petit exercice ensemble. Lisez attentivement - je dis attentivement comme dans attention et rigueur - le chapitre 1 du programme du PQ voté démocratiquement en congrès en juin 2005 et qui est toujours en vigueur puisqu’il n’y a pas eu d’autres congrès pour le modifier.

    Vous allez vous rendre compte par vous-même que la fameuse "conservation nationale sur la souveraineté" inventée par l’entourage de Mme Marois est présente partout sous forme de "consultationnite participative aiguë" comme je l’ai démontré. C’est comme une soupe à l’ancienne servie à la moderne.

    1- consultation du PQ avec les citoyens pour préparer, avant l’élection, les politiques nationales sur le pays qui doivent être soumises à l’électorat avec la déclaration de principes et le cadre financier d’un Québec souverain. On l’attend toujours cette fameuse consultation, car le PQ n’a jamais préparé les dites politiques nationales - donc évidemment les citoyens n’ont pas été consultés - et encore moins soumis le tout à l’électorat au cours de la dernière élection DONT LE THÈME DEVAIT ÊTRE LE PROJET DE PAYS. Donc violation no 1 du programme par l’équipe Boisclair et violation no 2 que s’apprête à faire Mme Marois avec son équipe. Le projet de pays préparé par les citoyens ? Quel projet de pays ?

    2 - vaste consultation participative à la Jean-Pierre Charbonneau à travers tout le Québec sur le projet de pays, cette fois, par le gouvernement du Parti québécois élu. Donc, une autre "conversation nationale sur la souveraineté" avec des ateliers et réunions dans tout le Québec. On s’est pas rendu là et je gage ma chemise qu’avec Mme Marois et son équipe cela va disparaître du programme.

    3 - consultation populaire ou référendum par le gouvernement péquiste du Québec sur le projet de souveraineté, le plus tôt possible lors du premier mandat. Mme Marois, sous le prétexte qu’elle n’aime pas l’obligation de tenir ce référendum dans le premier mandat, veut faire disparaître non seulement du programme l’accessoire (le moment) mais également le principal (le référendum lui-même), SANS TOUTEFOIS REMPLACER CELA PAR UNE AUTRE FORME D’ACCESSION À L’INDÉPENDANCE. En plus, elle demande un moratoire de 10 ans sur la question, un peu comme l’a fait Mario Dumont après le référendum de 1995. En plus, Mme Marois a recours au Conseil National pour ce faire, alors que le Conseil National n’a aucun pouvoir de défaire le programme voté en congrès. Soyez rigoureux et lisez à ce sujet les articles 92,93 et 106 a) et 106 c) des statuts. Donc violation du programme et violation des statuts.

    4 - consultation populaire sur un projet de constitution d’un Québec souverain.

    5 - En plus, le programme prend soin de mentionner que le gouvernement du Parti québécois se LIMITERA À POSER UNIQUEMENT LES GESTES ABSOLUMENT INDISPENSABLES pour donner suite à son engagement de réaliser la souveraineté.

    6 - Là, Mme Marois nous propose en plus une "conversation nationale sur la souveraineté" avec un moratoire de 10 ans minimum SUR L’ACCESSION À L’INDÉPENDANCE.

    Donc, comme je l’ai écrit, AU LIEU DE RÉGLER TOUT CELA LORS D’UNE ÉLECTION QUI EST À MON AVIS LA MEILLEURE FORME DE CONVERSATION NATIONALE, on a mis plein d’obstacles dans le programme pour empêcher l’accession à l’indépendance alors que cela fera 40 ans à l’automne que le Parti québécois a été fondé supposément pour réaliser la souveraineté du Québec. Donc, les bretelles, la ceinture, les 2 pieds sur les freins, la main sur le frein à bras et la trouille au cul, avec la "parlotte aigüe" pour faire diversion. Plus chieux et peureux que cela tu prends ta carte de membre à vie dans le club des canadiens-français. Nous sommes devenus la risée du monde entier à ce sujet. Le grand combattant de l’indépendance de l’Inde qu’était Mohandas Gandhi doit se retourner dans sa tombe, lui qui a passé une partie de sa vie en prison pour que les Anglais quittent l’Inde. D’ailleurs soit dit en passant, ils ont fini par le faire sans........référendum. On avait affaire à des combattants, pas à des poules mouillées embourgeoisées au maximum.


    Quand vous affirmez que les citoyens ne veulent pas de la souveraineté et du référendum, vous faites, avec respect, une grave erreur de jugement. Sur la souveraineté - que je déteste ce mot inodore, incolore et sans saveur - les sondages sont là pour démontrer que, malgré l’ineptie, l’inertie et l’entropie du PQ, la base de 40% et plus est toujours bien présente et il suffirait d’avoir un LEADERSHIP qui se tient debout et qui montre la voie pour que cela monte encore. Quant au référendum, le drame du PQ a toujours été de confondre l’accession à l’INDÉPENDANCE - mot noble et vigoureux s’il en est un - avec le référendum.

    De toute façon, ce n’est pas la promesse de tenir un référendum qui a tué le PQ lors de la dernière élection, c’est l’impopularité et l’handicap de son chef, André Boisclair, homosexuel et consommateur de cocaine. Dans le quartier gay de Montréal, cela peut toujours passer, mais en régions, cela a été FATAL et vous le savez très bien. Et croyez-moi, je suis respectueux des homosexuels et je suis l’un des rares avocats antiprohibitionnistes du Québec.


    Vous vous en prenez au SPQ libre, mais je suis sûr que vous ne prenez même pas la peine de lire ce qu’ils écrivent. PRÉJUGÉS, PRÉJUGÉS ET PRÉJUGÉS. Je reçois dans ma boîte de courriel tous les textes du SPQ libre et de l’Aut Journal et je veux pour affirmer que tous les textes sont bien documentés, fouillés et rédigés et que la réflexion est beaucoup plus intelligente et intense que celle qui se fait à la vapeur et sans préparation dans la très grande majorité des exécutifs locaux où la bêtise côtoie souvent l’insignifiance. Je le sais fort bien puisque j’ai été dans les structures du PQ pendant 35 ans. Idem au Bloc, soit dit en passant.


    Pour ce qui est des gestes de souveraineté, encore là, si vous prenez la peine de lire le programme actuel du parti, en particulier le chapitre 1.2.3. vous allez vous apercevoir que le Parti québécois, avait, avant les élections, des obligations très précises à remplir : 1 - exercice d’éducation et de formation populaire ; 2 - formulation de politiques nationales sur la base du cadre financier d’un Québec souverain ; 3 - exercice de promotion de la souveraineté (études sur la souveraineté, projet de constitution initiale, document de transition etc.).

    Tout cela n’a pas été fait avant l’élection de 2007, PARCE QUE JETÉ AUX POUBELLES PAR L’ÉQUIPE BOISCLAIR.

    D’autre part, si vous lisez le chapitre 1.2.5. du programme, vous allez vous rendre compte que le programme énumère les gestes de souveraineté nationale qu’il faut poser. La seule différence avec le supposé "programme" de Mme Marois, c’est, semble-t-il, que les gestes de souveraineté doivent être posés par un gouvernement du Parti québécois AVANT un référendum et non APRÈS. Mais, comme on doit attendre une période minimale de 10 ans, il y a beaucoup d’eau qui peut s’écouler sous les ponts. Pendant ce temps, on va voir arriver au PQ une xième génération de politiciennes et politiciens professionnels QUI GAGNENT LEUR VIE EN FAISANT DE LA POLITIQUE ET DONT LE BUT PREMIER EST LE POUVOIR.

    Ce n’est pas l’indépendance qu’on veut, c’est être élu et réélu. La nuance est subtile, mais elle est de taille.


    Toute cette opération menée par Mme Marois ressemble à s’y méprendre à ce que l’on a connu dans le passé : l’étapisme de Claude "GRC" Morin, en 1974, le référendum incolore, inodore et sans saveur en 1980, le "beau risque" en 1984, "l’affirmation nationale" en 1985, les "conditions gagnantes" de Bouchard en 1999-2002, la "conciliation travail-famille" de Bernard Landry en 2003, la "feuille de route provinciale" de Boisclair en 2007. Maintenant, c’est la "conversation nationale sur la souveraineté" de Mme Marois avec le moratoire de 10 ans et les fameux gestes de souveraineté que l’on est supposé poser. Si le passé est garant de l’avenir, permettez-moi d’en douter. Le "programme" de Mme Marois, qu’elle n’a pas le courage de faire voter en congrès, c’est de "l’affirmation nationale", partie 2 ! Ah, que les fédéralistes doivent être contents !

    En plus, ce qui m’écoeure au maximum c’est qu’on utilise le Conseil national pour défaire le "programme officiel" qui a été voté en congrès en 2005, ce qui est, je le répète, CONTRAIRE AUX STATUTS, DONC AU DROIT INTERNE du parti.

    Les imbéciles et les cyniques vont nous dire, bien sûr, que ce n’est que du légalisme aigü et que cela n’a aucune importance. Je répondrai tout simplement que, dans une démocratie, c’est la règle de droit qui doit prévaloir, surtout comme dans le présent cas, où ce sont les militants qui ont voté les statuts. Si, dans un parti politique, la règle de droit n’est plus respectée, elle cède sa place à L’ARBITRAIRE. Dans un tel cas, c’est la crédibilité d’un parti qui en souffre et vous pouvez être sûr qu’un jour ou l’autre la partie responsable subira le même traitement.

    Pierre Cloutier




Premier colloque annuel

L’Institut de recherche sur le français en Amérique tiendra son premier colloque le 28 novembre prochain


No 274 - 2008

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