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Le programme officiel du PQ
Le programme officiel du Parti québécois voté lors du XVè Congrès de juin 2005 mentionne que le Parti québécois doit préparer un "projet de pays" avec un cadre financier d’un Québec souverain et le présenter à la population lors d’une élection, puis faire un référendum sur la souveraineté dès que possible lors du premier mandat.
Le programme "officieux" du PQ
Le programme "officieux" du Parti québécois voté lors du Conseil National du Parti québécois en mars 2008 (le plan Marois) n’est plus de "réaliser la souveraineté du Québec", mais de "faire progresser le Québec en attendant son accession au statut de pays". Pour ce faire, il compte, non pas proposer, lors d’une élection, un projet de pays avec un cadre financier d’un Québec souverain pour ensuite faire un référendum sur la souveraineté durant le premier mandat, mais de poser des gestes de gouvernance nationale, faire la "promotion de la souveraineté" et suspendre l’obligation référendaire pour une période indéterminée.
Le programme officiel du Parti indépendantiste
Le Parti indépendantiste propose, quant à lui, de faire de l’indépendance nationale le thème de l’élection, de faire une déclaration d’indépendance nationale avec une simple majorité des sièges - conforme dit-il au parlementarisme britannique - de faire adopter une constitution provisoire d’un Québec indépendant, de préparer un projet de constitution définitive du nouveau pays et de le faire approuver par référendum.
Le programme officiel de Québec solidaire
Quant à Québec solidaire, il veut organiser une consultation participative informelle sur l’avenir du Québec et dépendant des résultats de cette consultation, donner mandat à une assemblée constituante de préparer un projet d’avenir politique du Québec et une constitution et de les faire approuver tous les deux par référendum.
Conclusion
Le Parti québécois a 2 programmes contradictoires : un voté en congrès qui propose comme thème électoral le projet de pays et un référendum à court terme sur la souveraineté et un autre, adopté en conseil national, qui propose 12 gestes de gouvernance nationale (une constitution provinciale, une loi provinciale sur l’identité etc.), mais qui suspend l’obligation référendaire pour une période indéterminée. Même si ce 2è plan est contraire au programme officiel et aux statuts du Parti - un simple conseil national ne peut pas défaire ce qui a été voté en congres - on sait toutes et tous que ce sera le 2è plan de match qui l’a emporté et il n’y aura ni préparation d’un projet de pays, ni élection sur ce thème et ni référendum pendant peut-être une période de 10 ans ou de 2 mandats. Le mandat du PQ n’est plus de réaliser la souveraineté du Québec, mais de faire progresser le Québec en attendant l’accession au statut de pays. C’est une version moderne de la thèse de l’affirmation nationale de Pierre-Marc Johnson. Mais cette fois-ci, Jacques Parizeau et ses partisans ne disent rien. Beaucoup cependant ont quitté et quittent le Parti québécois pour se joindre au nouveau Parti indépendantiste où à Québec solidaire.
Le Parti indépendantiste fait le pari de la légitimité du système parlementaire britannique : s’il a la majorité des sièges il fait une proclamation d’indépendance, mais, par contre, il fera préparer par une assemblée et une démarche de démocratie participative un projet de constitution définitive d’un Québec souverain qu’il fera adopter par référendum. La démarche du Parti indépendantiste est inacceptable pour les "référendistes" purs et durs du Parti québécois qui refusent férocement de faire une déclaration d’indépendance sans avoir d’abord obtenu l’appui majoritaire des québécois par un référendum.
Québec Solidaire propose une démarche de démocratie participative informelle, dans un premier temps, pour demander au peuple québécois de déterminer l’avenir constitutionnel du Québec et dépendant de cette démarche, ce parti veut organiser une constituante qui proposera un projet d’avenir politique du Québec et un projet de constitution. En bout de ligne, on ne sait pas s’il s’agira d’un Québec souverain, d’une forme d’autonomie ou du statu quo, car tout dépendra de la consultation populaire informelle.
Est-ce clair ?
Laquelle de ces options préférez-vous ? Et pourquoi ?
Pierre Cloutier ll.m avocat
Monsieur Cloutier,
Il faudrait envoyer ces options à tous les indépendantistes. S’ils sont honnêtes, en tout conscience, ils devront répondre que la seule option claire se trouve dans le PI.
Auront-ils tous le courage de répondre à l’invitation ? Pas certain. Les opportunistes en politique l’emportent habituellement sur ceux qui veulent faire carrière.
Pierre B.
C’est ce que je fais en envoyant mon texte sur Vigile et dans mes réseaux, en espérant que cela soit diffusé le plus largement possible. Je l’ai envoyé également dans les médias de masse traditionnels, mais généralement ils boycottent tout ce qui parle de l’indépendance du Québec. C’est la censure absolue.
Il y a beaucoup plus de carriéristes et d’opportunistes au PQ qu’au PI ou à QS tout simplement parce qu’il est plus facile de se faire élire comme député au PQ qu’aux 2 autres partis.
Les opportunistes et carriéristes du PQ s’en foutent de l’indépendance. C’est juste une marque de commerce utile pour se faire élire et réélire.
On le voit bien lorsqu’ils ont manoeuvré pour jeter aux poubelles le projet de pays et l’obligation de le présenter à l’électorat et en suspendant pour une période indéterminée l’obligation référendaire.
Pourquoi ont-ils fait cela ? Parce qu’ils pensent qu’ils ont plus de chances de se faire élire ou réélire en proposant un programme provincial plutôt qu’un véritable projet de pays.
Pierre-Marc Johnson avait fait le même raisonnement en 1987 avec son affirmation nationale. Avec le résultat que l’on connaît.
Cette fois-ci toutefois, il n’y a pas de Parizeau à l’horizon pour de débarasser de Marois et son équipe. Il n’y a pas d’autre choix que de quitter le PQ, comme Parizeau d’ailleurs l’avait fait en 1987.
Pierre Cloutier
Il faut entreprendre l’éducation politique des Québécois. Trop de nos compatriotes ne savent pas lire un programme politique, d’autres ne veulent pas le faire. Cette synthèse que nous propose ici Pierre Cloutier est une excellente entrée en matière. Elle permet le début d’une réflexion rationnelle sur l’offre politique actuelle. Une fois cet ABC admis plus largement, à savoir qu’un seul parti politique propose présentement l’indépendance, ceux qui nous présentent l’unité entre le PQ, l’ADQ, le PI et QS deviendront plus rares. Leur message apparaîtra simplement sans portée. L’unité doit se réaliser autour d’un objectif clairement identifié, vouloir la réaliser autrement c’est gaspiller inutilement son énergie.
Avant de voir poindre à l’horizon une colère qui se manifeste contre les gestes du fédéral qui s’emploie à nier notre identité, il importe de nous unir en plus grand nombre autour du seul objectif qui nous rassemble. Treize ans d’abdication et de repli ont réduit notre capacité de nous indigner et de nous mobiliser. La confusion politique crée par l’abdication du leadership politique dans la période qui a suivi le référendum de 1995 prendra du temps à être surmontée. Il y a un travail d’éducation politique approfondi à entreprendre. Ce travail peut être maintenant commencé parce qu’une voix s’est levée après 13 ans de silence, une voix déterminée à s’adresser à tous les Québécois.
G. Verrier
Si mes recherches sont bonnes, il faut faire, monsieur Cloutier quelques corrections à vos propos. Ce n’est qu’une précision. Le reste me va comme un...gant.
Jacques Parizeau a été professeur aux Hautes Études Commerciales de 1955 à 1976. Il y retourne après 1984, année où il rompt avec René Lévesque et son idée du « beau risque » : après l’échec de négociations constitutionnelles entre les Provinces et le Fédéral, Lévesque s’était départi de l’objectif de réaliser à court terme l’indépendance du Québec et s’occupait plutôt de le gouverner et accordait une dernière occasion au fédéralisme canadien en accueillant favorablement le projet de réforme constitutionnelle envisagé par le premier ministre fédéral Brian Mulroney.
Jacques Parizeau, comme plusieurs de ses collègues, s’opposèrent à ce changement d’orientation. Lui et six autres ministres quittent alors le conseil des ministres à la fin novembre 1984. René Lévesque se retire lui aussi, peu après, et sera remplacé par Pierre Marc Johnson. Avec le résultat que l’on sait.
On n’est pas tanné de ce scénario. Pauline vient de le réécrire. Et tous les badauds du PQ de l’applaudir. Avec du monde de même, on ne va pas loin dans le combat. Ils sont tous sur le stand by
Pierre B.
Merci à Pierre B. de cette précision.
D’ailleurs, je vais écrire bientôt un article assez complet et détaillé sur les divers programmes d’’accession à la souveraineté du Parti québécois depuis sa fondation. J’ai fait venir à cet effet tous les programmes et je les ai dans mon ordinateur.
Cela nous permettra d’avoir une vision complète des volte-faces du Parti québécois et de ses pirouettes constitutionnelles depuis sa fondation.
Pierre Cloutier

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