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Ce n’est sans doute pas parce qu’ils sont brillamment éclairés par LEUR Dieu que les Talibans ont réussi à vaincre tous les envahisseurs de l’Afghanistan - leur pays, ne l’oublions pas, les Anglais et les Russes, pour ne parler que des avant-derniers. C’est plus probablement parce qu’ils sont de grands stratèges.
Or, à l’heure de l’information mondiale instantanée, ils savent que les Québécois se comptent parmi les plus farouches opposants à la présence étrangère sur leur territoire, commandée par les États-Unis, sous couvert de l’ONU.
Aussi, n’ont-ils pas attendu la prochaine lune pour commencer à tuer les soldats du 22e, exploitant notre juste répugnance à faire la guerre à leur peuple pour assurer le transport de leur pétrole vers les USA.
Bref, attendons-nous à voir revenir très prochainement de nombreux cercueils contenant les corps de ces preux chevaliers qui, par ailleurs, n’auraient pas versé une seule goutte de leur sang pour l’indépendance du Québec.
Ce que les journalistes de Radio-Canada n’ont jamais remarqué, trouvant sans doute plus glorieux de risquer leur vie pour assurer la prospérité des États-Uniens, que pour défendre la liberté des Québécois à ne pas être engagés de force dans la guerre des autres, conséquences inhérentes à leur statut de Canadians.
Andrée Ferretti, écrivaine,
La sagesse collective québécoise, une valeur à sauvegarder
Le vrai idéal et le vrai défit pour le Québec —devant continuer à être l’impératif premier— consistent à renforcer l’authentique pouvoir, c’est-à-dire celui des individus et des familles. Pouvoir qui est synonyme de liberté, de prospérité et de securité. Cette pensée de Marc Aurèle pourraît nous servir de guide afin de ne pas se dévier de cet objectif socioéconomique nationnal québécois :
« Mon Dieu, donnez-moi la sérénité d’accepter ce que je ne puis changer, le courage de changer ce que je peux, et la sagesse d’en connaître la différence. »
Vous frappez dans le mille, madame Ferretti ! Radio-Cadenas (et même TVA !) embarquent dans le jeu du gouvernement Harper et nous innondent d’images des "Royal 22e Régiment", incontestablement ( ?) plus "québécois" que les soldats du "Princess Claudia Regiment" de l’Ouest canadian, en encensant leur courage devant les fanatiques talibans et en faisant des héros "nationaux" !
Gilles Duceppe aura beau jouer la diplomatie, mais la situation réelle reste la même. Les Québécois N’ONT PAS de véritable armée. La loyauté des soldats, fussent-ils francophones ou québécois, va à la Royauté qui nous tient en sujétion à la majorité anglophone du Canada. Ceux, trop rares, comme René Marcel-Sauvé, qui ont pu jouer le cheval de Troie dans l’armée canadian, sont automatiquement fichés par le SCRS. S’ils étalent trop leurs convictions souverainistes, ils sont jugés de la même manière que s’ils étaient déserteurs, espions ou saboteurs.
Pourvu que la mort inutile des "nôtres" fassent réaliser à leurs collègues et familles l’évidence du lavage de cerveau que leurs dirigeants leur font subir et la colère d’avoir été délibérément exploités comme chair à canon pour conforter l’hégémonie d’une minorité aisée exploitant éhontément, hypocritement et sournoisement les peuples les plus vulnérables de la planète.
Mon intervention sera brève, elle se fera sous forme d’une seule question.
Advenant l’accession du PARTI INDÉPENDANTISTE au pouvoir au Québec et la promulgation de l’indépendance du Québec par notre Assemblée Nationale, vous me voyez venir n’est-ce pas ?
Que feraient les militaires québécois, eux qui défendent la liberté en Afghanistan et qui servent présentement sous le drapeau canadien. Où irait leur loyauté si Harper promulguait la loi sur les mesures de guerre ?
De quel côté se rangeraient-ils ? Seraient-ils du côté du peuple québécois dont ils font partie.Seraient-ils encore du côté de la liberté qui leurs tient tant à coeur ?
Voilà la seule et vraie question que Gilles Duceppe devrait poser à la Chambre des Communes.Juste la poser, c’est y répondre !
Sans doute sans le savoir, Mme Ferretti et plusieurs commentateurs se montrent plutôt injustes à l’égard des militaires québécois.
J’ai enseigné au Collège militaire de Saint-Jean de 1990 à sa fermeture, décidée, pour de mauvaises raisons, en 1994. Je puis vous assurer que, du moins dans ces années, au moins les deux-tiers des élèves-officiers, ainsi que des militaires québécois que j’ai fréquentés au Collège et à la Base, étaient indépendantistes. Puisqu’il n’y a pas d’armée québécoise et que ce métier les intéressait, eussiez-vous préféré les voir dans l’armée américaine ?
Comme certains le disaient sans gêne : « On se prépare pour le jour où il y aura une Force québécoise ». Ben oui, en dépit des préjugés angéliques, un Québec indépendant aura besoin, comme tout État normal, d’une armée... Je vous rassure, M. Julien : ces gens-là ne tireront jamais sur leurs compatriotes.
On peut détester le fédéral, on peut croire naïvement à un État qui ne se défend pas, on n’est pas obligé d’avoir la tête près du bonnet parce qu’on a des émotions patriotiques.
Raymond Poulin
Monsieur Julien,
J’ai hésité à vous répondre, parce que je vais sans doute, sans le vouloir, vous insulter.
Vous parlez de régimes militarisés. Un État n’est pas militarisé du seul fait qu’il a une armée, pas plus qu’il ne devient un État policier parce qu’il dispose d’une force constabulaire, sinon tous les États, sans exception, tomberaient sous la coulpe de leur armée et de leur police. Franchement !..
Vous savez tout de même, j’imagine, qu’une force armée ne sert pas qu’à faire la guerre et qu’elle vise d’abord à l’éviter. Tout État doit assurer la souveraineté de son territoire, et personne, même pas l’ONU, ne le fera à sa place en dernier ressort. Il est beaucoup plus tentant d’attenter à cette souveraineté, même sur le plan de la simple pêche en eaux territoriales — ce que le Canada a fini par apprendre à ses dépens —, lorsqu’un État ne fait pas ce qu’il faut. Dans des conditions extrêmes, le pacifisme intégral est impraticable,la connaissance de l’Histoire générale aurait dû vous l’apprendre.
Il est évident qu’une armée québécoise n’aura pas pour objet d’être en mesure d’écraser l’armée états-unienne sur son propre territoire mais de rendre toute tentative d’invasion, de qui que ce soit, extrêmement coûteuse ; voilà l’objectif premier et la raison d’être de toute force armée. Lorsqu’on envahit un territoire, il faut l’occuper (à moins de vouloir le détruire totalement). Une occupation se couronne très rarement de succès longtemps lorsqu’il y a résistance organisée, et on n’organise pas la résistance seulement une fois que l’ennemi est déjà sur place. Lisez ou relisez, par exemple, comment les USA ont dû sortir du Vietnam malgré leurs moyens disproportionnés ; voyez ce qui se passe en Iraq, etc. Pour faire court, je vous suggère la lecture attentive des tribunes et des livres de René-Marcel Sauvé.
Ma position personnelle : je suis pacifique, pas pacifiste. Je n’ai jamais frappé le premier, mais j’ai cessé une fois pour toutes de ne pas riposter après deux ou trois dents cassées, ç’a ménagé les autres.
Une dernière remarque. Non, ni l’armée ni la police ne constituent des corps démocratiques dans leur fonctionnement interne, mais ils sont, et doivent être, soumis au pouvoir civil ; là, nous sommes bien d’accord. Cependant, devons-nous bannir les avions, ou même les autobus scolaires, parce qu’il arrive parfois des accidents ? La démocratie et la liberté ne sont pas un jardin des merveilles. Le meilleur moyen de les perdre consiste à ne pas les protéger. Nous avons tendance, au Québec, à chausser trop souvent nos lunettes roses, sans doute, justement, parce que nous n’avons jamais connu l’expérience d’un État souverain. Tout le monde il n’est pas beau et gentil, cela, au moins, nous devons déjà en savoir quelque chose, sinon pourquoi voulons-nous maîtriser nos propres affaires ? Le rêve d’une humanité parfaite souffre d’un petit problème, celui de ne correspondre aucunement à la réalité. Je n’en demeure pas moins convaincu que la vengeance est à proscrire en tout, mais il existe un abîme entre la vengeance et la défense de son intégrité personnelle et collective.
Raymond Poulin
Monsieur Poulin, Venez me dire que le nerf de la guerre n’est pas l’argent et le profit. Venez me dire que les guerres n’ont jamais été animées par autre choses que des questions d’ordre matériel. Tout le reste n’est que prétexte.Je suis peut-être naïf mais je sais une chose, la violence n’engendre jamais autre chose que la violence ! Vous devriez lire à votre tour les écrits de Gandy, un grand artisan de paix.
On ne peut honnêtement savoir ce qu’il adviendrait d’une terre sans armée, sans armes, sans mines anti-personnelles pour la simple raison qu’on se bat et se tire dessus depuis la nuit des temps. Vous ne trouvez pas que le carnage a assez duré ?
Je vous invite à vous rendre au Grand Théâtre de Québec pour admirer la grande murale de l’artiste Jordy Bonet. Il y est écrit :"Vous n’êtes pas écoeurés de mourrir, bande de caves. C’est assez ! C’est un cri du coeur qui y est exprimé. Cri à la mémoire entre autre des gens qui sont morts durant la guerre d’Espagne où des centaines de démocrates républicains ont été assassinés par les milices facistes de Franco.Loin de moi, l’idée de comparer le Royal 22ième régiment aux milices de Franco. Par contre, après avoir discuté et dialogué, à maintes reprises avec des militaires, on sent que ça glisse !On sent chez plusieurs des comportements délinquants qui flirtent avec une vision autoritaire de la société.C’est un terrain glissant !Vous êtes une personne intelligente et savez parfaitement ce à quoi je fais référence, surtout si vous avez vous même baignez dans le milieu comme je le crois ! Tout cela demande réflexion, vous ne croyez pas ?
Pour l’instant, il importe que l’armée soit bien encadrée par les représentants de la société civile, par les parlementaires. C’est la seule façon d’éviter les dérapages. Et il y a danger de dérapage. Voilà pourquoi il faut demeurer vigilant !
Pour le reste, je demeure d’opinion que les humains auraient sûrement autre chose à faire que de se tirer dessus !
Monsieur Julien,
Bien d’accord pour la vigilance ; bien d’accord qu’il y a mieux à faire que de se tirer dessus, là n’est pas la question : il faut tout de même prévoir et prévenir.
Quant à Gandhi, sa performance est certes remarquable, et unique. Question d’homme et de contexte. Par ailleurs, comme vous le savez sans doute, l’Empire britannique a organisé et planifié son départ de l’Inde au moment où il n’avait plus rien à y gagner matériellement, comme l’ont fait tous les États colonialistes, ce qui confirme d’ailleurs ce que vous disiez de l’argent, même si la raison d’une guerre n’est pas toujours ce motif ; la puissance, le territoire, l’eau et, parfois, tout simplement la peur ou la haine sont également des causes fréquentes.
Oui, beaucoup de militaires ont, si l’on peut dire, une psychologie qui s’accorde au métier qu’ils ont choisi, ce qui, généralement parlant, va de soi et ne signifie pas qu’ils soient prêts à devenir des fascistes. S’il fallait interpréter au premier degré les tendances latentes et l’allure des gens, nous n’aurions pas que les militaires à craindre !
P.S. Forcément, j’ai, comme vous dites, quelque peu baigné dans le milieu, mais je n’ai jamais porté l’uniforme.
Raymond Poulin
Monsieur Julien,
Merci de votre réponse et de votre sincérité. J’ai adhéré au PI voilà environ deux semaines. Quant à la marche demain, j’ai été opéré avant-hier et le 16 pour des cataractes, alors je dois m’en abstenir. Nous nous rencontrerons certainement un de ces jours, même si je ne vais plus souvent à Montréal.
Raymond Poulin

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