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Réalité ou fiction ?
Robert Barberis-Gervais
Tribune libre de Vigile
mercredi 12 novembre 2008      142 visites      1 message


Bonjour Monsieur Barberis,

Le texte "Jean Charest ou “le syndrome de la pépine” que vous venez de placer sur Vigile est-il authentique ? Je ne saisis pas très bien si ces propos sont rapportés de mémoire, cités fidèlement ou s’il s’agit plutôt d’un texte inventé par vous pour souligner le machiavélisme des libéraux. Si tel est le cas, j’aimerais le savoir avant d’envoyer ce texte à mes connaissances et amis, qui me le demanderont sûrement ! Je ne veux pas confondre des propos inventés avec des propos réels... Merci !
Jean-François Vallée

M. Vallée

Pensez-vous que je connais un ami de mafiaboy ? Laissez planer le doute car ce doute souligne la pertinence du texte que vous qualifiez d’inventé.

Dans une émission télévisée de René-Homier Roy, Denys Arcand explique qu’il voulait décrire la corruption des hommes politiques. Son film Réjeanne Padovani est le résultat. Il s’est aperçu qu’il fallait se servir de la fiction pour décrire les relations troubles qui existent entre les gardes du corps des hommes politiques (qui sont des policiers de la Sûreté du Québec, à l’époque "la police provinciale") et les gardes du corps du gros contracteur Padovani. Quand il se rendait à des assemblées politiques, il voulait les filmer mais il se faisait vite expulser. Alors il a dû les "inventer" et faire "de la fiction". Mais ils sont plus "vrais" plus “authentiques” que la réalité. Certains appellent ça de l’art.

***

Le document cité par Denis Lessard, comment l’a-t-il obtenu ? La référence à un ami de mafiaboy sème le doute sur l’origine du document cité par Denis Lessard.

Ensuite, je crois que Lessard a choisi ses extraits. Il n’a pas cité les passages qui portaient sur Jean Charest ou Mario Dumont.

Supposons que le document confidentiel "péquiste" disait que les gens perçoivent Jean Charest comme un dictateur (par exemple : refus de François Gendron ; expulsion d’Yves Séguin) et Mario-Dumont comme un pee-wee.

Lessard n’en a pas parlé pour qu’on mette l’accent sur le supposé snobisme de Madame Marois. C’est le genre de "journalisme" sélectif et vicieux pratiqué à La Presse où on se spécialise dans le "character assassination" (on l’a fait avec Boisclair)

Certains croient que tout peut arriver pendant une élection.

Malheureusement, le déterminisme ou la fatalité du vote anglo-allophone pèse dans au moins 29 comtés qui sont des “bastions libéraux”. On doit avoir des convictions politiques mais éviter de tomber dans la pensée magique. L’idéaliste René Lévesque l’a appris à ses dépens en se faisant battre en 1970 et 1973 dans Laurier où il y a beaucoup d’immigrants. (Il a enfin dû se résigner à aller dans Taillon à Longueuil, comté francophone.) Ce sont les mêmes "citoyens" qui ont fait perdre le référendum de 95 même si 60% des francophones ont voté OUI. Parlant du OUI, le slogan des Libéraux" l’économie d’abord OUI", est à classer dans la publicité mensongère. On dira que toute publicité par définition est mensongère, ce qui est faux. Il n’y a rien de mensonger dans le slogan : Québec gagnant.

Selon l’analyste libéral, tous ceux qui divisent le vote anti-Charest ne sont pas "politiques" parce qu’ils vont obtenir le contraire de ce qu’ils sont supposés vouloir : que Jean Charest soit battu. Cette division donnera un gouvernement libéral majoritaire. Pour se débarrasser de Charest, il faut un vote stratégique comme nous y invite Raymond Poulin dans son texte : "Parer au plus pressé". À défaut de savoir ce qu’ils veulent, les vigiliens savent ce qu’ils ne veulent pas. Raymond Poulin 11 novembre 2008.

Regardez les résultats des élections du 26 mars 2007 dans Sherbrooke. Jean Charest a été élu avec 36.56% des votes. Voyez les chiffres.

Jean Charest, PLQ, 13,136 votes, 36.56% ; Claude Forgues. PQ, 11,804 votes, 32.85% ; Michel Dumont, ADQ-Equipe Mario Dumont ( !!!), 6409, 17.84% ; Christian Bibeau, QS, 2263, 6.13% ; Steve Dubois, PVQ, 2203, 6.13%. S’il y avait eu une alliance entre le Parti québécois et les Solidaires ou les Verts, Jean Charest était battu. Chaque parti veut gagner le gros lot. Vous voyez le résultat : c’est Jean Charest qui gagne.

Comme il n’y a pas d’alliance entre les partis, il faut que les électeurs soient plus brillants, se fixent un objectif : battre Jean Charest et votent pour le Parti québécois qui est le parti qui peut battre le Libéral dans le comté de Sherbrooke.

Vous savez qu’en 2007, seulement 25% des francophones ont voté pour le Parti libéral. 75% des francophones étaient dans l’opposition dans la belle province de Québec. Voir à ce sujet les analyses de Jacques Noël.

Avec de la pensée magique, on reste dans l’opposition et on perd ses élections. A moins d’avoir des stratégies anti-Marois à moyen terme comme Pierre Cloutier qui veut le retour de Bernard Landry ou comme les disciples de St-André que j’ai vu en direct devant l’école La Petite Patrie ; ce sont tous des militants dont l’engagement est “vrai” et “authentique” mais qui me semblent avoir plus de voile que de gouvernail.

Dans l’intérêt du Québec actuellement, il faut battre Jean Charest et élire un gouvernement du Parti québécois. Et faire des pressions pour qu’il se comporte comme un gouvernement national tel que le conçoivent Robert Laplante et Gérald Larose par exemple. Pierre Cloutier et les disciples de St-André diront que c’est à mon tour de tomber dans la pensée magique. C’est possible. C’est un risque que je prends mais après avoir tenu le plus grand compte de leur position car j’ai lu tout ce qu’ils ont écrit et ce qu’ils écrivent fait réfléchir. Et je respecte leur engagement. D’autant plus que j’ai vécu des situations semblables dans le Parti québécois allant jusqu’à souhaiter, avec Pierre Drouilly, la défaite du PQ aux élections de 1981.(Voir "Les illusions du pouvoir") Ma position actuelle est stratégique. Mais je ne suis pas partisan de la pensée unique. Dans l’action, il faut choisir et j’ai choisi Pauline Marois et son équipe qui inclut Bernard Drainville, Pierre Curzi dont l’éloquence est une synthèse de René Lévesque et Pierre Bourgault, Louise Beaudoin et les autres. A mes risques et périls.

Comme disait le défunt Robert Mackay, alors attaché de presse de René Lévesque, s’il y a un moment où on doit être électoraliste, c’est pendant les élections. J’ajoute une pensée de mon cru qui m’est venue après une défaite cuisante que j’ai subie à une élection à l’exécutif de mon syndicat d’enseignants : ce n’est pas le meilleur qui gagne, c’est celui qui a le plus de votes.

Et une pensée du philosophe qui peut guider l’action : le mieux est l’ennemi du bien.

Salutations.

Robert Barberis-Gervais

— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —

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Vos commentaires:
  • Réalité ou fiction ?
    13 novembre 2008, par Ouhgo

    Messieurs,

    Au fond, on est en train de se faire battre par l’argent...

    et des votes ethniques encore plus nombreux : judéo-anglais et Italiens de vieilles souches, néo-allos non intégrés et francophones intégristes radicaux et entêtés !!!!!!


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