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Madame Pauline Marois a dit qu’il fallait faire œuvre de pédagogie. Dans mon esprit, cela veut dire « enseigner ». En attendant qu’elle le fasse, je veux lui rappeler – et à ses députés - certains éléments de notre histoire.
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1- Le Canada anglais doit comprendre de façon très claire que, quoi qu’on
dise et quoi qu’on fasse, le Québec est, aujourd’hui et pour toujours, une
société distincte, libre et capable d’assumer son destin et son
développement.
Réponse : Extrait du discours de Robert Bourassa, 22 juin 1990, Assemblée nationale du Québec. 5 minutes 12 secondes.
Suite à ce discours, ce soir-là, le grand Jacques Parizeau s’est levé et a tendu la main au Premier ministre Bourassa, en lui proposant, dans un geste de très grande humilité, de l’aider à faire l’indépendance. C’est, selon moi, le plus grand et le plus beau moment de la politique québécoise depuis la Confédération ( ?) de 1867. Bien avant les deux référendums de 1980 et 1995. Ce soir-là, tout le peuple québécois, tous partis politiques confondus, était derrière ses dirigeants et, sur le parquet de l’Assemblée, l’unanimité était faite. Il se passera bien des lunes avant qu’une telle unanimité ne se fasse. Est-ce trop vous demander de comprendre que cette unanimité s’est réalisée alors qu’un fédéraliste dirigeait les destinées du Québec ?
Les sondages confirmaient, quelques jours plus tard, que si Robert Bourassa avait posé la question invitant les Québécois à faire l’indépendance du Québec, le OUI l’aurait remporté avec au moins 65 % des votes exprimés. Quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse, c’est historique : c’est un fédéraliste libéral qui a conduit le Québec aux portes de l’indépendance.
Et s’y on se mettait ensemble, au lieu de taxer les gens de purs, de durs, d’impurs et de mous ? De braquer les fédéralistes contre les indépendantistes. Il doit y avoir un autre chemin à prendre que celui de la confrontation. Un grand chef, inspirateur, pourrait-il surgir et créer à nouveau cette union sacrée, brisée par de la petite politique partisane ?
2- « Il faut rendre au peuple du Québec ce qui appartient au peuple du
Québec ; son plus riche patrimoine, celui de l’électricité. Et ça presse,
demain il sera trop tard. C’est maintenant ou jamais que nous serons maître
chez nous. »
Réponse : Jean Lesage.
Cet ancien Premier ministre du Québec a osé dire qu’il fallait être « Maître chez nous ». Aidé de René Lévesque, ils ont fait ce bout de chemin important, en dotant le Québec de la maîtrise d’une des plus grandes forces naturelles du pays… à faire : la nationalisation de l’électricité. Bourassa a continué en lançant la Baie-James et les grands barrages du Nord du Québec, même si le PQ, à l’époque, voulait installer plutôt des centrales nucléaires. Qui s’en souvient ?
Petite biographie de Jean Lesage.
Il est né à Montréal le 10 juin 1912 et est mort à Québec le 12 décembre 1980. Il était avocat. Il fut premier ministre du Québec du 22 juillet 1960 au 16 août 1966. Il est parfois vu comme le père de la révolution tranquille.
Fils de Xavéri Lesage, enseignant et fonctionnaire à Montréal, et de Cécile Côté, Jean Lesage fit ses études au jardin de l’enfance Saint-Enfant-Jésus de Montréal, au pensionnat Saint-Louis-de-Gonzague à Québec, au séminaire de Québec et à l’Université Laval. Diplômé en droit, Jean Lesage fut admis au barreau de la province de Québec le 10 juillet 1934.
Il exerça sa profession d’avocat à Québec avec Me Paul Lesage en 1934, puis avec Charles Gavan Power, Valmore Bienvenue, Paul Lesage et Jean Turgeon. Il épousa Corinne Lagarde, cantatrice, fille d’Alexandre Lagarde, gérant de commerce, et de Valéria Matte. Il fut Procureur de la couronne de procureur de la Commission des prix et du commerce en temps de guerre, de 1939 à 1944.
Jean Lesage fut élu député de la circonscription fédérale de Montmagny-L’Islet pour le compte du Parti libéral du Canada pour la première fois lors de l’élection générale de 1945. Réélu en 1949, il fut par la suite nommé adjoint parlementaire du secrétaire d’État aux Affaires extérieures, poste qu’il occupa du 24 janvier 1951 au 31 décembre 1952, pour ensuite devenir adjoint parlementaire du ministre des Finances du 1er janvier au 13 juin 1953. Réélu à nouveau en 1953, Jean Lesage devint ministre des Ressources et du Développement économique dans le cabinet Saint-Laurent du 17 septembre au 15 décembre 1953, puis ministre du Nord canadien et des Ressources nationales du 16 décembre 1953 au 21 juin 1957.
Il survécut à la vague progressiste-conservatrice de John George Diefenbaker, ayant été réélu en 1957 et 1958, mais démissionna de ce poste le 13 juin 1958 suite à son élection à la direction du Parti libéral du Québec le 31 mai de la même année.
Élu député à l’Assemblée nationale du Québec, Jean Lesage remporta le scrutin de 1960, faisant campagne avec le slogan C’est le temps que ça change, et mit ainsi fin au long règne de l’Union nationale, qui avait gouverné le Québec depuis 1944 sous la direction de Maurice Duplessis. Lesage devint premier ministre, président du Conseil exécutif et ministre des Finances du 5 juillet 1960 au 16 juin 1966, et également ministre des Affaires fédérales-provinciales du 28 mars 1961 au 16 juin 1966 et ministre du Revenu du 30 mai au 8 août 1963.
Le programme de Jean Lesage et de son gouvernement est allé bien au-delà de simples réformes économiques. Ancré dans une tradition conservatrice, le Québec disposait d’une autonomie relative, tant au plan politique qu’au plan économique. Lesage voulait transformer les institutions et les mentalités, et la nationalisation des toutes puissantes compagnies hydroélectriques de la province devait être un « détonateur ».
Il convoqua prématurément des élections générales le mercredi 19 septembre 1962 sur le thème de la nationalisation de l’électricité. Un débat politique télévisé, le premier de l’histoire du Canada, eut lieu le dimanche 11 novembre au soir, et opposa le chef du gouvernement et président du Parti libéral Jean Lesage, au chef de l’opposition et chef de l’Union nationale Daniel Johnson. Le Premier ministre en chef réussit ce tour de force et remporta un scrutin aux enjeux vitaux pour la province : « Il faut rendre au peuple du Québec ce qui appartient au peuple du Québec ; son plus riche patrimoine, celui de l’électricité. Et ça presse, demain il sera trop tard. C’est maintenant ou jamais que nous serons maître chez nous. »
Profitant d’une forte croissance économique, le gouvernement Lesage remodela profondément l’État québécois en lançant des projets majeurs d’investissements publics, comme la nationalisation des richesses naturelles, avec la création des sociétés d’État Sidérurgie du Québec en 1964 et Société québécoise d’exploration minière en 1965. Préoccupé par l’indépendance et la compétence de l’État, Jean Lesage initia une vaste réforme de l’enseignement public, conduite par son gouvernement, dont l’apogée fut la création du ministère de l’Éducation en 1964. La période Lesage vit également la création en 1961 de l’assurance maladie québécoise, « l’assurance-hospitalisation », et des ministères des Affaires culturelles, du Revenu et des Affaires fédérales-provinciales.
D’importantes institutions économiques et sociales sont aussi créées, comme la Caisse de dépôt et placement du Québec et la Régie des rentes, toutes deux en 1965. Enfin, la représentation du Québec à l’étranger fut développée, avec l’inauguration des Délégations générales du Québec à Paris en 1961 et à Londres en 1963.
Mais le scrutin de 1966 eut raison du gouvernement de la « Révolution tranquille » ; bien que le Parti libéral ait obtenu le plus grand nombre de voix, les comtés ruraux, moins favorables aux libéraux, continuaient à jouir d’un poids disproportionné par rapport aux comtés urbains (et ce malgré une réforme de la carte électorale adoptée l’année précédente), ce qui permit à l’Union nationale de l’emporter. À la fin de son mandat exécutif, Jean Lesage devint député de la circonscription de Louis-Hébert en 1966, et chef de l’opposition jusqu’en 1970. Ayant fait part de sa décision d’abandonner le poste de chef du Parti libéral le 28 août 1969, il demeura en fonction jusqu’au congrès de janvier 1970, au cours duquel il ne s’était pas représenté.
Après avril 1970, Jean Lesage fit partie de la commission chargée par le gouvernement du Québec de la préparation de la législation. Colonel honoraire du 6e régiment d’artillerie de 1965 à 1970, il occupa dès lors le poste de directeur de plusieurs compagnies, notamment Lever Brothers Ltd., Montreal Trust Co., Mondev Corporation Ltd., Campbell Chibougamau Mines Ltd. et J.J. Baker Ltd. Membre du conseil d’administration de la Canadian Reynolds Metals Co. en 1971, Jean Lesage fut nommé président du conseil d’administration des Nordiques de Québec en juin 1972.
Jean Lesage mourut le 12 décembre 1980 à Québec. Il est enterré au cimetière Notre-Dame-de-Belmont à Sainte-Foy (Québec). (Voir Wikipédia)
3- « Une société, pas plus qu’une femme, ne peut demeurer indéfiniment
enceinte : il faut qu’elle accouche ou qu’elle avorte. »
Réponse : René Lévesque a prononcé cette phrase.
Elle est dans la même ligne que celle-ci. « Il est des points [...] où le courage et l’audace tranquilles deviennent pour un peuple, aux moments clés de son existence, la seule forme de prudence convenable. S’il n’accepte pas alors le risque calculé des grandes étapes, il peut manquer sa carrière à tout jamais, exactement comme l’homme qui a peur de la vie. » -
Petite biographie.
René Lévesque (24 août 1922 à New Carlisle - 1er novembre 1987 à Montréal), journaliste, correspondant de guerre, animateur de radio et de télévision, député, ministre et chef politique québécois, fonde le Parti québécois en 1968 et exerce la fonction de premier ministre du Québec de 1976 à 1985.
René Lévesque est né à Campbellton (N.B) et grandit à New Carlisle, un petit village comptant, à l’époque, près de 1000 habitants et étant de majorité anglophone et bourgeois, dans le comté de Bonaventure, en Gaspésie, même si officiellement il naît le 24 août 1922 à l’hôpital de Campbellton, au Nouveau-Brunswick, l’hôpital le plus proche de la région à l’époque. Sa mère est Diane Dionne-Pineault, descendante d’une lignée des seigneurs de Tilly, et son père Dominic Lévesque, un avocat de la région de Gaspé. Il est l’aîné d’une famille de quatre enfants. Ses deux frères et sa sœur unique sont Fernand, André et Alice. Le biographe Pierre Godin nous dit qu’il était très attaché à ses frères et sa sœur unique.
Après ses études primaires à l’école de New Carlisle, il débute des études classiques au Collège de Gaspé. Bien que sa famille parle le français à la maison, le jeune René apprend très tôt l’anglais au contact de ses voisins, d’origine britannique ou américaine.
Lorsque son père décède en 1937, sa mère quitte la région pour s’installer à Québec avec ses enfants. Il reprend et complète ses études au Collège Saint-Charles-Garnier de Québec sous l’enseignement des jésuites où il passe beaucoup de temps à lire et demeure premier de classe. Par la suite, sa mère se remariera, ce qu’il aura beaucoup de mal à accepter. Deux ans plus tard, il complètera ses études avec difficulté.
Après ses études classiques, il entreprend des études de droit à l’Université Laval, mais quitte en 1943 avant d’avoir terminé En 1936, à l’âge de 14 ans, il décroche un poste d’annonceur et lecteur de nouvelles à la station de radio AM CHNC de New Carlisle. Il s’agit d’un emploi d’été. Passionné par ce métier, il effectue ensuite du remplacement comme annonceur et rédacteur à CHRC (Québec) en 1941 et 1942, puis toujours à Québec à CBV.
En 1944, l’American Psychological Warfare Department de l’armée américaine cherche des journalistes parlant plusieurs langues pour les besoins d’une radio internationale en Europe, la Voice of America. Bien qu’il soit opposé à la conscription, cela ne l’empêche pas de se porter volontaire (l’armée canadienne lui ayant refusé un poste d’officier, en tant que correspondant). Au début de l’année, René est engagé comme agent de liaison pour le compte de l’armée américaine et se rend à Londres, alors bombardée chaque jour par la Luftwaffe nazi.
Attaché aux forces américaines, il sera des campagnes militaires de France, d’Allemagne et d’Autriche. En février 1945, il devient correspondant de guerre pour les troupes du général américain George Smith Patton puis du général Alexander McCarrell Patch. Il accompagne la première unité américaine qui atteint le camp de concentration de Dachau. Il sera profondément bouleversé par ce qu’il y verra.
Avec la fin de guerre, il s’installe à Montréal et devient journaliste pour Radio Canada International (RCI). Il est initialement animateur de l’émission Journalistes au micro. En 1947, il épouse Louise L’Heureux, fille d’Eugène L’Heureux, directeur du journal L’Action catholique de Québec, qui était déjà sa fiancée avant la guerre. Le couple aura trois enfants : Pierre, Claude et Suzanne.
Il sera de nouveau correspondant de guerre en 1952 durant la guerre de Corée. Après l’épisode de Corée, il se fait offrir une carrière de journaliste aux États-Unis, mais décide de rester au Québec. Lévesque interviewant Lester Pearson devant l’ambassade du Canada à Moscou vers 1955.
En 1952, il est promu chef de service des reportages radiotélévisés à Radio-Canada. Avec la fin de la guerre de Corée, il devient animateur de l’émission de radio Au lendemain de la veille et des émissions télévisées Carrefour et Premier plan.
De 1956 à 1959, Lévesque devient une personnalité publique très en vue en animant, à Radio-Canada toujours, une émission d’affaires publiques hebdomadaire appelée Point de mire.
En 1957, il reçoit le Prix Olivar-Asselin pour sa carrière de journaliste. À cette époque, il collabore occasionnellement à la revue Cité libre, fondé par Pierre Elliott Trudeau.
Durant son séjour à la télévision publique, il est très impliqué dans la grève des réalisateurs de Radio-Canada, qui dura du 29 décembre 1958 au 7 mars 1959 et qui visait une syndicalisation. Il est arrêté par la police lors de cette grève, avec 29 autres grévistes. Son émission Point de mire est retiré de l’antenne à l’été 1959. Il quitte Radio-Canada le 24 avril 1960.
Suite au décès de Maurice Duplessis, en 1959, il décide de se lancer en politique. Le 22 juin 1960, il est élu député de l’Assemblée nationale du Québec pour le Parti libéral du Québec dans la circonscription de Laurier (qui sera modifiée en 1994 pour Laurier-Dorion). Le Parti libéral est élu avec une majorité des sièges (51/95) et des voix (51.38%).
Jean Lesage, chef du parti, lui offre les postes de ministre des Ressources hydrauliques et ministre des Travaux publics. Lévesque accepte et le 5 juillet, il est assermenté dans ses nouvelles fonctions publiques. Il occupe le poste jusqu’au 28 mars 1961.
Le 28 mars 1961, il prend les commandes du nouveau ministère des Richesses naturelles créé par le regroupement du ministère des Mines avec celui des Ressources hydrauliques. Il exercera cette fonction jusqu’au 19 janvier 1966. Lévesque propose] la nationalisation des compagnies d’électricité, chose qui est devenue une réalité en Ontario en 1906.
Le 4 et 5 septembre, le conseil des ministres tient une réunion gardée secrète au camp de pêche du Lac-à-l’épaule (dans l’actuel Parc national de la Jacques-Cartier). C’est au cours de cette fin de semaine qu’est prise la décision de déclencher des élections générales anticipées afin de soumettre le projet de nationalisation aux électeurs québécois.
Le Parti libéral est réélu le 14 novembre avec une majorité augmenté (63 sièges sur 95 et 56,40 % des voix). René Lévesque est réélu dans la circonscription de Laurier.
La société d’État Hydro-Québec, créée en 1944, acquiert tous les distributeurs privés d’électricité pour la somme de 604 millions. L’acquisition par Hydro-Québec de Shawinigan Water & Power, Quebec Power, Southern Canada Power, Saint-Maurice Power, Gatineau Power, la Compagnie de pouvoir du Bas-Saint-Laurent, Saguenay Power, Northern Quebec Power, la compagnie électrique de Mont-Laurier, la compagnie électrique de Ferme-Neuve et de La Sarre Power est rendu officielle le 1er mai 1963. Par la suite, en 1963, Lévesque lutte pour que l’éducation des Inuits, installés dans le nord du Québec, passe d’anglaise à française.
Du 14 octobre 1965 au 16 juin 1966, il occupe le poste de Ministre de la Famille et du Bien-être social. Sous son ministère, le Québec se dotera d’un régime d’adoption, d’une aide aux familles monoparentales et d’un service d’assistance médicale gratuite.
Le 5 juin 1966, il est réélu député dans la circonscription de Laurier. Lors de la campagne électorale, René Lévesque, toujours fédéraliste, conteste fermement les chances du RIN (Rassemblement pour l’indépendance nationale) fondé par Pierre Bourgault 6 ans auparavant. Cependant, le Parti libéral n’obtient pas la majorité des sièges et c’est l’Union nationale de Daniel Johnson, père qui prend le pouvoir avec 56 sièges et 40,82 % des voix contre 50 sièges et 47,29 % des voix. L’élection de 1966 marque l’entrée en scène des deux premiers partis politiques indépendantistes : le RIN de Pierre Bourgault et le RN de Gilles Grégoire.
Retiré de ses fonctions ministérielles, René reste député de l’opposition. Suite au discours du Général Charles de Gaulle à Montréal en 1967, René réagit de façon modérée sans toutefois lui donner raison. Pendant ce temps, Lévesque travaille à l’élaboration d’une position constitutionnelle (qui deviendra par la suite sa publication : Option Québec) qu’il désire voir adoptée au Parti libéral. À l’été de 1967, les membres du Congrès du Parti libéral du Québec refusent de débattre de la proposition de Lévesque. Le 14 octobre, il quitte le parti. Quelques membres proches de lui le suivent. [3]
Le 19 novembre 1967, René Lévesque fonde le Mouvement souveraineté-association (MSA) afin de promouvoir sa vision d’un Québec indépendant et formellement associé au Canada dans le cadre d’une nouvelle union semblable, dans ses principes, à la Communauté économique européenne née le 25 mars 1957 par la signature du Traité de Rome.
Lévesque, tout comme Pierre Bourgault, espère l’unification des partis politiques indépendantistes. Le 28 décembre marque le début d’une période de négociations entre le MSA, le RN et le RIN en vue de la création d’un parti politique unifiant tous les partisans de l’accession à l’indépendance par des moyens pacifiques.
En janvier 1968, le MSA publie un manifeste intitulé Option Québec qui est l’oeuvre de Lévesque. Le 19 avril, le MSA tient son premier congrès d’orientation.
Le 11 octobre, à Québec, premier congrès national du nouveau parti né de la fusion entre le MSA et le RN, mais sans le RIN. Le 14, les congressistes élisent René Lévesque à la présidence du nouveau Parti québécois (PQ).
Le 26 octobre, les membres du RIN votent en faveur de la dissolution de leur organisation. Quelque quinze jours plus tard, la majeure partie de ses 16 000 membres ont rejoint le Parti québécois.
Malgré la création du Parti québécois en 1968, René Lévesque continue de siéger en tant que député indépendant dans la circonscription de Laurier jusqu’à l’élection du 29 avril 1970. Le Parti québécois récoltera alors 23,06% des voix et 7 sièges. Toutefois, René Lévesque ne sera pas élu dans sa circonscription et récoltera 38,08% des 36 000 votes. C’est le député libéral André Marchand qui sera élu dans Laurier.
Il devient chroniqueur au Journal de Montréal et au Journal de Québec. Il le restera jusqu’à son élection en 1976.
Par la suite, à l’élection de 1973, le Parti québécois finit une fois de plus au deuxième rang derrière le Parti libéral dirigé par Robert Bourassa.
Cette fois, il récoltera 30,22% et 6 sièges. René Lévesque, alors porté candidat dans la circonscription de Dorion (modifiée pour Laurier-Dorion en 1994), ne sera toujours pas élu. Il récoltera 46,66% des 29 100 votes, derrière le député Alfred Bossé du Parti libéral qui récoltera 47,68%. À partir de 1974, il écrit dans Le Jour dirigé par Yves Michaud, le premier quotidien.
À l’élection du 15 novembre 1976, il mène le Parti québécois au pouvoir face aux Libéraux de Robert Bourassa en recueillant 41,37% du vote et 71 des 110 circonscriptions. Cette fois, René Lévesque, sera élu dans la circonscription de Taillon avec une nette majorité de 62,65% devant le candidat libéral Fernand Blanchard. René Lévesque devient Premier ministre du Québec dix jours plus tard. Il s’est engagé entre autres à tenir un référendum avant d’enclencher le processus d’accession à l’indépendance.
René Lévesque débute son mandat dans un contexte difficile : le taux de chômage dépasse les 10%, la balance commerciale avec l’extérieur est déficitaire, le déficit budgétaire a franchi le $1 milliard, la situation sociale reste tendue. Le nouveau premier ministre reconnaît que la prudence est de mise. L’objectif est toujours la souveraineté mais le 40% obtenu lors des élections confirme qu’il y a encore beaucoup de travail à faire avant une éventuelle victoire référendaire.
Les sessions de 1977 et de 1978 démontrent les efforts du gouvernement Lévesque de prouver qu’il est capable d’agir de façon responsable en bon gouvernement, tel qu’il l’a promis lors de la campagne de 1976. Il n’y présente aucune mesure pour étendre le rôle de l’État, excepté dans le domaine de l’assurance-automobile où il fait adopter une loi rendue nécessaire par la situation des assurés, pris entre les assureurs privés, qui tentent d’éterniser les procédures de remboursement par tous les moyens, et les avocats, qui profitent indûment du système. La nouvelle loi nationalise le régime d’assurance-automobile au niveau de la personne. René Lévesque tient également plus que tout à faire adopter une loi sur le financement des partis politiques, obligeant ceux-ci à publier leurs états financiers. Désormais, les contributions aux partis ne doivent plus venir que des seuls individus et non plus de groupes intéressés.
Le 12 juillet, le ministre Camille Laurin dépose le projet de loi 101, qui contient la première incarnation de la Charte de la langue française. Désormais, seuls les parents ayant reçu une éducation anglaise au Québec peuvent faire instruire leurs enfants en anglais (c’est ce que l’on appelle la clause Québec). Le régime de tests linguistiques, créé par la Loi sur la langue officielle (loi 22) de Robert Bourassa, est abrogé. Les entreprises ayant plus de 50 employés sont tenus d’entreprendre un programme de francisation. Le français devient la langue prédominante des tribunaux et la seule autorisée dans l’affichage commercial extérieur. Le projet de loi 101 est adopté par l’Assemblée nationale le 26 août 1977, et devient loi.
Les milieux libéral et conservateur de la majorité anglophone, minoritaire sur le territoire québécois, réagissent négativement à l’adoption de cette loi. Durant la période 1977 à 1982, des avocats montréalais tenteront de faire déclarer la loi anti-constitutionnelle.
Plusieurs entreprises, telles la compagnie d’assurances Sun Life ainsi que Cadbury, n’attendent pas leurs décisions pour transférer leur centre administratif ou leur usine en Ontario.
D’autres lois sociales importantes sont adoptées par le gouvernement Lévesque : la loi anti-scab interdit l’emploi de remplaçants pendant une grève légale, sauf dans les services essentiels et les cas de protection de la propriété ; la loi sur le zonage agricole, adoptée à l’automne 1978, vise à protéger les terres agricoles à proximité du Saint-Laurent ; les taxes sur le vêtement, les chaussures et l’ameublement sont abolis ; le salaire minimum est indexé au coût de la vie ; la gratuité des soins dentaires est donnée aux jeunes de moins de 16 ans.
Dans le même temps, le gouvernement Lévesque s’efforce de trouver des alliés extérieurs pour son projet de souveraineté. Il tente d’abord une première amorce du côté des Américains. En janvier 1977, son discours à l’Economic Club de New-York s’avère cependant un échec, l’idée de séparation du Québec déstabilisant quelque peu les hommes d’affaire américain qui pensent inévitablement à la Guerre de Sécession]. Quelques semaines plus tard, Pierre Elliott Trudeau, en visite à Washington, déclare que séparation du Québec serait un crime contre l’humanité (citation nécessaire), et le président américain, Jimmy Carter, dit préférer avoir affaire à un Canada uni qu’à deux pays indépendants à sa frontière nord.
Les efforts du gouvernement péquiste avec la France sont beaucoup plus satisfaisants. En novembre 1977, René Lévesque est reçu à Paris comme un chef d’État. Il rencontre le président Giscard d’Estaing à l’Élysée et celui-ci lui remet la rosette de la Légion d’Honneur. De son côté, Jacques Chirac, maire de Paris, ne lui cache pas sa sympathie pour la souveraineté du Québec. Au cours de cette visite, on décide que les premiers ministres du Québec et de France se rencontreront désormais annuellement. Cet événement déstabilise quelque peu le gouvernement fédéral qui reproche à la France son ingérence dans les affaires canadiennes.
Les relations entre Québec et Ottawa demeurent d’ailleurs tendues pendant les années 1976-1980. Trudeau garde la même intransigeance que lors des années Bourassa. Les conférences fédérales-provinciales sont décevantes, qu’elles portent sur l’économie ou sur l’éventuel rapatriement de la Constitution canadienne. En 1978, éclate la querelle sur la taxe de vente.
Au printemps, Ottawa demande aux provinces de réduire leur taxe de vente et promet en retour de leur rembourser le montant jusqu’à concurrence de 3%.
Le Québec est a seule province à refuser l’offre : pour Lévesque, il s’agit d’une tentative du fédéral d’entrer subtilement dans un champs fiscal réservé aux provinces.
Les relations avec Ottawa s’améliorent quelque peu avec l’arrivée au pouvoir des conservateurs de Joe Clark le 22 mai 1979.
En 1979, le gouvernement Lévesque entreprend ses premières négociations avec les employés du secteur public et parapublic, dans le but de négocier les nouvelles conventions collectives. Il offre d’abord des hausses salariales de 3.5%, vite refusée par les syndicats qui, eux, demandent un salaire minimum de 265$ par semaine. Un Front commun, le troisième depuis 1972, est formé le 7 mai. Après uns série de débrayages et de grèves rotatives, le ministre des Finances, Jacques Parizeau, propose, à l’automne, des hausses salariales variant de 6.4% à 9.5% et un salaire hebdomadaire d’environ 200$. Devant la menace d’une grève générale, le gouvernement fait adopter une loi spéciale le 12 novembre, la suspendant pour une durée de 15 jours. Après des négociations intensives, une entente de principe est conclue le 21 novembre. Les membres de la CEQ rejettent l’entente et déclenchent une grève générale le 28 janvier 1980.
Finalement, une nouvelle entente de principe est signée avec la CEQ en février. René Lévesque sort amer de ces négociations, plusieurs syndiqués ayant menacé de voter Non au référendum s’il n’accédait pas à leurs demandes.
(Réforme de la Loi électorale, nouvelles Loi régissant le financement des partis politiques, Loi sur la consultation populaire, Loi sur la protection du consommateur, Loi sur l’assurance automobile et Charte de la langue française réaménagement des municipalités régionales de comté, réforme de la fiscalité municipale, loi anti-scabs, loi de la santé et de la sécurité au travail, abolition des clubs privés de chasse et de pêche, régime d’épargne-action, aide aux PME, création du ministère du Commerce extérieur).
À l’automne de 1979, les circonstances semblent favorables au gouvernement Lévesque pour enclencher le processus référendaire. Le conservateur Joe Clark est au pouvoir à Ottawa, où il dirige un gouvernement minoritaire. Trudeau lui-même annonce son retrait de la vie politique. Le 1er novembre, le livre blanc sur la souveraineté-association est déposé à l’Assemblée nationale et, le 20 décembre, René Lévesque rend public la question référendaire.
Le même mois, cependant, le gouvernement conservateur est renversé. Le 18 février 1980, le Parti libéral de Pïerre Trudeau remporte les élections fédérales, raflant entre autres 74 des 75 circonscriptions au Québec. Malgré cette mauvaise nouvelle pour lui, le gouvernement Lévesque entame le débat référendaire à l’Assemblée nationale en mars. Un sondage Crop, à la fin du mois, indique même que 55% des Québécois se disent favorables au concept de souveraineté-association.
La ministre Lise Payette commet alors une gaffe en comparant la femme du chef libéral Claude Ryan, Madeleine, à une Yvette, modèle de femme soumise que l’on trouve dans certains manuels scolaires de l’époque. Trois semaines plus tard, un groupe de femmes libérales veulent prouver qu’elles peuvent être féministes et fédéralistes en même temps et fondent le Mouvement des Yvettes. Ce mouvement prend de l’ampleur et culmine le 7 avril lorsque 15,000 femmes se rassemblent au Forum de Montréal pour y écouter , outre Madeleine Ryan, Thérèse Casgrain, Jeanne Sauvé, Solange Chaput-Rolland et Thérèse Lavoie-Roux. Le camp du Non a maintenant le vent en poupe, les sondages commençant à indiquer une baisse significative d’appuis au Oui dans la population.
Le gouvernement fédéral aide le Comité du Non de Claude Ryan en dirigeant une campagne de peur systématique : les personnes âgées perdront leurs pensions de vieillesse ; le prix de l’essence grimpera à 50 cents le litre ; la facture énergétique d’une famille haussera de plus de 1200$ en un an. Le 15 mai, un discours de Pierre Trudeau au Centre Paul-Sauvé est interprété comme ayant contribué à la victoire de son camp. Il promet alors de renouveler la fédération canadienne dans le sens des aspirations du Québec.
Nous mettons nos sièges en jeu, déclare-t-il.
Le 20 mai, le référendum se traduit par une défaite pour le gouvernement Lévesque. 59.4% des Québécois ont voté pour le Non, 40.6% pour le Oui. Une mince majorité de francophones s’est prononcée pour le Non. Le soir, au Centre Paul-Sauvé, René Lévesque tente d’apaiser ses militants déçus (« Si je vous comprends bien...vous êtes en train de me dire...à la prochaine fois. ») tout en sommant le gouvernement d’Ottawa de remplir ses promesses ("La balle est maintenant dans le camp fédéral).
Quelques jours après le référendum, Trudeau entame de nouvelles négociations avec les provinces. Son objectif est de rapatrier la Constitution canadienne, toujours à Londres, et de l’assortir d’une Charte des droits protégeant les droits individuels, et d’une formule d’amendement devant régir les futurs changements constitutionnels. Le gouvernement Lévesque décide de mettre momentanément de côté son option et de négocier de bonne foi.
Les pourparlers commencent en juin et une première conférence fédérale-provinciale a lieu en septembre 1980. L’Ontario et le Nouveau-Brunswick prennent parti pour Ottawa, mais les autres provinces, qui ont peur de voir gruger leurs pouvoirs, décident de s’allier avec le Québec afin de contrer le projet Trudeau. Devant l’échec de la conférence, le premier ministre canadien annonce qu’il rapatriera unilatéralement la Constitution. Plusieurs provinces, dont le Québec, décident alors de porter leur cause devant les Cours d’appel. Celles-ci ne s’entendent pas, mais celle de Terre-Neuve se prononce pour l’illégalité du projet, ce qui oblige Ottawa à faire appel à la Cour Suprême.
Entre-temps, Lévesque remporte les élections du 14 avril 1981 où il obtient près de 50% du vote. Sa promesse remplie de bon gouvernement a contribué aux résultats, mais d’autres raisons entrent en ligne de compte : il s’est en effet engagé à ce que la souveraineté ne soit pas un enjeu pendant le prochain mandat et démontre efficacement que le PQ est le seul apte à défendre les intérêts du Québec face aux visées du gouvernement fédéral. De son côté, le PLQ s’est mal préparé à l’élection et l’arrogance de son chef, Claude Ryan, le fait mal paraître.
Deux jours plus tard, le 16 avril, Lévesque rencontre 8 premiers ministres provinciaux à Vancouver (ceux du Nouveau-Brunswick et de l’Ontario se sont désistés) afin de négocier une formule d’amendement. Il consent à abandonner le droit de veto, et ses alliés acceptent que la Charte des droits ne soit pas enchâssée dans la Constitution. De plus, ceux-ci décident de le soutenir dans sa demande d’obtenir un droit de retrait avec compensation qu’il préfère au droit de veto, car ainsi une province peut refuser un programme fédéral sans empêcher les autres d’y adhérer.
Le 28 septembre 1981, la Cour Suprême statue que le projet Trudeau est légal mais non légitime car il lui faut pour cela un consentement substantiel d’une majorité de provinces. Trudeau invite alors ses homologues provinciaux à une conférence de la dernière chance au début novembre.
C’est durant cette conférence, dans la nuit du 4 au 5 novembre, que le gouvernement Trudeau parvient à s’entendre avec 9 provinces sur 10, suite à des tractations nocturnes auxquelles le Québec n’a pas été convié. Les principaux négociateurs sont Jean Chrétien, Roy Romanow, Roy McMurtry et Allan Blakeney (voir : Nuit des Longs Couteaux (Québec)). Le libellé de l’entente est signé le matin devant des représentants québécois éberlués.
La Charte des droits et libertés est enchâssée dans la Constitution (avec l’ajout d’une clause nonobstant pour certains domaines clés) ; la formule de retrait avec compensation est abandonnée ; un droit de veto est accordé aux provinces de l’Ouest et de l’Atlantique, leur permettant une certaine autorité sur leurs ressources naturelles mais le Québec ne l’obtient pas ; la mobilité de main d’oeuvre interprovinciale est facilitée au risque de compromettre certains programmes provinciaux de création d’emplois ; enfin, l’article 23 rend illégale la clause Québec, invalidant ainsi certaines dispositions de la loi 101.
Lévesque revient à Québec, humilié et blessé. Ses proches s’accordent à dire que plus jamais il ne sera le même.
Le coup de force fédéral a une conséquence immédiate sur le PQ. Au huitième congrès, en décembre 1981, les militants péquistes adoptent une résolution mettant au rancart la notion d’association. Lévesque tente en vain de les faire revenir sur leur décision et menace même de démissionner.
Quelques jours plus tard, il annonce la tenue d’un référendum interne dans le Parti visant à annuler la résolution controversée. C’est ce que l’on a appelé le référendum, expression inventée par Ian MacDonald, chroniqueur au journal The Gazette. Le 9 février 1982, les résultats sont plus que satisfaisants pour Lévesque : 95% des 143,000 membres du PQ lui donnent leur soutien.
René Lévesque est réélu le 13 avril 1981 face à Claude Ryan, avec une majorité accrue de 80 sièges sur 122. Le PQ obtient la plus forte majorité de son histoire avec 49,26% du vote des électeurs alors que le Parti libéral suit avec 46,07%.
(Nuit des longs couteaux, beau risque, référendum, démission de Jacques Parizeau, Camille Laurin, Denis Lazure et Jacques Léonard et autres, réforme du mode de scrutin avorté.)
Le second mandat est beaucoup plus dur pour René Lévesque et son gouvernement, et la crise constitutionnelle n’est pas seule en cause. Dès 1981, la récession économique prend une ampleur insoupçonnée. Le taux de chômage, au Québec, grimpe à 10% en juillet 1981, à 14% en mars 1982, frise les 15% en juillet 1982 et atteint 16% le mois suivant. Le gouvernement tente difficilement d’en juguler les effets. Sur la suggestion de Louis Laberge, chef de la FTQ, il instaure le programme de Corvée-Habitation , visant à relancer la construction résidentielle. Le Plan Biron, quant à lui, a pour objectif de venir en aide aux PME en difficulté. En novembre 1983, Lévesque annonce la création de 18,000 emplois saisonniers dans un programme de reforestation.
C’est dans cette tourmente que s’amorcent de nouvelles négociations dans le secteur public. Lors du sommet économique d’avril 1982, Lévesque annonce un trou de 700$ millions dans les prévisions budgétaires. Dans ces conditions, dit-il, l’État est incapable de payer les hausses salariales consenties en 1979. Certes, le budget de mai 1982 annonce la hausse de la taxe de vente de 9% à 10% et le gel des salaires des médecins et des cadres du gouvernement, mais Lévesque énonce que les employés du secteur public devront consentir à des sacrifices. Au mois de mai, la loi 70, autorisant le gouvernement à réduire leurs salaires de 20% pendant une durée de trois mois, soit du 1er janvier au 31 mars 1983, est déposée à l’Assemblée nationale.
Les syndicats refusent cette mise en demeure et forment un nouveau Front commun à l’automne. Les négociations sont ardues et ne mènent nulle part.
Le gouvernement y met fin en décembre en faisant adopter la loi 105, imposant 109 conventions collectives aux 300,000 syndiqués du secteur public. Les syndicats organisent des grèves en cascades à la fin janvier 1983. Le 29 janvier, près de 30,000 syndiqués défilent devant l’Assemblée nationale et brûlent Lévesque en effigie. Pour eux, le premier ministre est devenu le boucher de New Carlisle.
Le gouvernement parvient tout de même à une entente avec les infirmières ainsi qu’avec la Fédération des Affaires sociales au début de février. Les enseignants, eux, continuent leurs débrayages. Lévesque fait alors adopter la loi 111 (appelée loi matraque par les syndiqués) qui prévoit le congédiement sans appel, la perte de salaires, la perte d’ancienneté et la suspension de la Charte des Droits.
Le 5 mars, plusieurs ministres sont bousculés par des centaines de manifestants devant l’Hôtel Concorde où doit se réunir le conseil national du PQ. Par la suite, cependant, les tensions s’apaisent et, le 18 avril, une entente de principe est signée avec la CEQ. Le gouvernement Lévesque sort affaibli par cette crise. L’alliance naturelle entre les syndicats et le PQ n’existe plus et celui-ci s’en ressent dans les années suivantes. Le taux d’insatisfaction envers le gouvernement prend alors d’énormes proportions.
En mai 1984, le soldat Denis Lortie entre dans l’Assemblée nationale et tue trois personnes avant d’être finalement arrêté. Son but, dira-t-il plus tard, était de "détruire le gouvernement Lévesque.
Malgré la tourmente, le gouvernement continue tout de même son travail de législation. Le 23 juin 1982, la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels est adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale. Par contre, celle concernant la réforme du mode de scrutin et celle réformant l’éducation sont remises à plus tard.
En juin 1984, au neuvième congrès du PQ, les militants adoptent une résolution indiquant qu’aux prochaines élections un vote pour le Parti québécois sera un vote pour l’indépendance. Lévesque vote contre mais se rallie à contrecœur. Deux mois plus tard, le 4 septembre, les conservateurs de Brian Mulroney remportent la victoire aux élections fédérales et engage aussitôt une politique d’ouverture envers le Québec. Le 16 octobre, dans son discours d’ouverture de la session parlementaire, René Lévesque déclare qu’il entend collaborer pleinement avec le nouveau gouvernement pour créer des emplois et rouvrir le dossier constitutionnel. Le 5 novembre, lors du Discours du Trône, à Ottawa, Mulroney s’engage à rouvrir le débat constitutionnel afin d’obtenir l’adhésion du Québec l’entente de 1981. Lévesque lui tend la main, parle d’un beau risque et annonce son intention de mettre en veilleuse l’option indépendantiste.
Cette décision amorce l’une des crises les plus graves que le Parti québécois ait connues. Le 20 novembre, Pierre de Bellefeuille démissionne du caucus. Il est suivi, deux jours plus tard, de plusieurs têtes d’affiche du gouvernement : Jacques Parizeau, Camille Laurin, Denise Leblanc-Bantey, Gilles Paquette et Jacques Léonard. Jérôme Proulx annonce qu’il siègera désormais comme député indépendant. Le 27 novembre, Louise Harel démissionne à son tour suivie, le 4 décembre, de Denis Lazure. Lévesque, désormais à la tête d’un gouvernement sérieusement diminué, convoque un congrès spécial, en janvier 1985, où il met officiellement en veilleuse l’option indépendantiste. Six mois plus tard, le 20 juin, Lévesque, fatigué, amer et probablement poussé par plusieurs membres de son caucus, annonce qu’il démissionnera après le Congrès à la chefferie de son Parti.
Ayant décidé de se retirer de la politique active, Lévesque revient à sa première passion : le journalisme.
Il meurt d’une crise cardiaque le 1er novembre 1987 à Montréal (à l’Île des Soeurs). Des dizaines de milliers de gens témoignent leur reconnaissance lors de ses funérailles à Québec. Son corps est inhumé au cimetière Saint-Michel de Sillery, en banlieue de Québec, le 5 novembre.
À sa mort en 1987, René Lévesque laisse dernière lui un important héritage politique. Lors de son passage dans la vie politique du Québec, il joue un rôle déterminant dans la réorganisation des responsabilités attribuées à l’État par les citoyens, des rapports entre les citoyens et les partis politiques, les citoyens et l’administration publique, la majorité francophone et les minorités anglophone et allophone, en plus de semer dans le coeur et l’esprit d’un nombre important de ses concitoyens le désir et la détermination de mener le Québec à son indépendance par des moyens pacifiques et démocratiques. (Source : Wiképidia)
4- « René Lévesque était-il péquiste ? Je serais portée à répondre : pas
tellement. Il était trop friand de liberté pour accepter facilement cette
sorte de liberté surveillée que le PQ impose à ses chefs et qui finit par
en faire des espèces de robots porte-parole de messages qui deviennent
paroles d’Évangile. Lévesque portait ce poids terrible sur ses épaules. Il
aurait probablement mieux accepté la contestation de front que les jeux de
coulisses et les affronts détournés que son parti utilisait contre lui
constamment et qui avaient le don de l’enrager véritablement. »
Réponse : Madame Lise Payette.
René Lévesque, pour ceux qui ne le savent pas, s’était opposé, lors de la fondation du PQ en octobre 1968, à l’appellation de « Parti québécois ». Il ne voulait que le futur parti spolie la désignation identitaire de la nation. En ce sens-là, il n’était pas péquiste. A entendre tout ce qui se dit présentement au PQ et tout ce qui s’est dit depuis quelques années, je pense que René Lévesque aurait honte de son parti et il ne se dirait pas …péquiste pour tout l’or au monde. Il appellerait volontiers son ancien parti de PCQ ou de parti de la chicane au Québec.
5- « Mon Dieu, je botterais le derrière de quiconque au Québec qui ne
saurait parler l’anglais. En effet, à notre époque, un petit peuple comme
nous se doit de le parler. »
Réponse : Jacques Parizeau.
Et avec raison. Il faut que la jeunesse actuelle du Québec, dans un très proche avenir, parle couramment trois langues. Les nouveaux arrivants en possèdent habituellement trois et parfois plus. Malheureusement, notre système d’enseignement ne produit que des incultes en matière de langues. La très grande majorité des jeunes quittent leur secondaire sans posséder une maîtrise parfaite de leur langue maternelle. Un bon nombre continue de baragouiner l’anglais à la fin de leur université.
6- « Décidément, Québec n’est pas une province comme les autres ; elle est
un peu plus bête. »
Réponse : Gérard Fillion, ex-directeur du Devoir de Montréal, est né le 18 août 1909 à l’Isle-Verte et est décédé le 26 mars 2005 à Saint-Bruno-de-Montarville.
Il a été journaliste et secrétaire général de l’Union catholique des cultivateurs de 1935 à 1947 avant de devenir directeur du Devoir de 1947 à 1963. Il occupa ensuite la fonction de Président du Conseil de presse du Québec de 1983 à 1987.
Il a été reconnu principalement pour sa lutte contre le régime de Maurice Duplessis au cours des années 1950.
7- « Il est urgent d’amorcer la convocation d’une assemblée constituante
d’où sortira le Canada de demain : un Canada où deux nations vraiment
souveraines pourront exercer librement tous les pouvoirs nécessaires à la
réalisation de leurs destins et établira ensemble, sur un pied parfait
d’égalité, les conditions de leur coexistence. »
Réponse : Daniel Johnson, au journal LE DEVOIR, 26 novembre 1963.
Gilbert Paquette, ancien candidat à la chefferie du PQ en 2005, vient de proposer exactement la même chose. Le Premier était fédéraliste. Le deuxième est indépendantiste.
8- « Je vais leur dire ce qu’on veut, c’est une vraie confédération ».
Réponse : René Lévesque. Paris, 1977.
Au fait, celui-ci n’a jamais été indépendantiste. Pour vous en convaincre, lisez OPTION QUÉBEC écrit de connivence avec Robert Bourassa, dans le sous-sol de la maison de ce dernier, à Outremont. Il propose à l’époque rien de plus que le Rapport Allaire. Il a une position confédéraliste.
Ce n’est pas pour rien qu’il a tout fait pour empêcher Pierre Bourgault, ancien chef du RIN, d’accéder à l’Assemblée nationale. René Lévesque prônait en fait ce que propose encore Bernard Landry, Lucien Bouchard et Gilles Duceppe. J’ai toutes les preuves pour le prouver. Évidemment, Mario Dumont.
9- « Je vois le Québec dans les Amériques comme la Belgique dans l’Europe.
Si demain matin, Jean Chrétien, dans un geste spectaculaire avant de
quitter le gouvernement, disait : « J’offre au Québec, DANS LE CANADA, dans
l’union canadienne, le statut de la France dans l’union européenne, la
question québécoise serait réglée rapidement. »
Réponse : Bernard Landry, ancien Premier ministre du Québec.
Ce paragraphe est extrait d’une entrevue donnée par celui-ci à Kathleen Lévesque pendant la campagne électorale de mars 2004. Voir LE DEVOIR, 9 mars 2003, p.A-1 et p. A-10. C’est une preuve absolue que Bernard Landry prônait, non pas l’indépendance nationale du Québec, mais une union confédérale. Deux états associés économiquement et politiquement.
10- « L’assimilation étant définitivement écartée, le statu quo en pouvant
satisfaire personne, nous refusant à poursuivre une politique de replâtrage
et d’interminables quémandages, ils ne nous reste donc que deux solutions :
l’égalité ou l’indépendance, une nouvelle constitution ou la séparation.
Cette égalité, l’obtiendrons-nous ? La réponse ne dépend que de nous seuls.
Ce que nous voulons, en fait, c’est le droit de décider nous-mêmes ou d’avoir part égale aux décisions dans tous les domaines qui concernent notre vie nationale. Après trois siècles de labeur, notre nation a bien mérité de vivre librement. Ce qui implique qu’on lui reconnaisse l’égalité complète. Sinon, il faudra bien faire l’indépendance du Québec. »
Réponse : Daniel Johnson, Égalité ou indépendance, pp. 105 et suivantes.
C’est exactement la position du Parti québécois. Et Daniel Johnson était fédéraliste. Alors dites-moi ce qu’est le PQ : est-il fédéraliste ou indépendantiste ? Il est certainement confédéraliste.
11- « Je croyais être indécis mais je n’en suis plus certain. »
Réponse : Robert Bourassa.
Il n’est pas le seul dans son cas. La très grande majorité des Québécois lui ressemblent. La très grande majorité de nos anciens chefs politiques péquistes lui ressemblent aussi. Et maintenant, nous ne sommes devenus ni inconscients ni ignorants, nous sommes devenus tout simplement indifférents. « C’est la grande tragédie de ce peuple qui parle de liberté mais qui n’a pas le courage de se la donner ». (Moi-même).
12- « J’aime mieux que la population soit administrée par QUÉBEC, pour
Québec, que par Ottawa, pour Ottawa. »
Réponse : Maurice Le Noblet Duplessis.
Petite biographie pour aider les plus jeunes.
Maurice Le Noblet Duplessis (20 avril 1890 à Trois-Rivières, Québec - 7 septembre 1959 à Schefferville, Québec) était un avocat et homme politique québécois. Il fut premier ministre du Québec de 1936 à 1939, et de 1944 à 1959. Fondateur et chef du parti politique conservateur l’Union nationale, il forgea sa réputation en démasquant la mauvaise conduite et le trafic d’influence du premier ministre libéral Louis-Alexandre Taschereau. En même temps, on se souvient de lui pour la corruption et les manoeuvres douteuses, endémiques dans son gouvernement. Il défendait avec ardeur les droits de sa province face au gouvernement fédéral, mais réprimait certains droits civiques. Certains prétendent que la Révolution tranquille des années 1960, au Québec, au cours de laquelle la majorité francophone abandonna son héritage religieux et colonial a indéniablement pris racine dans le mécontentement général causé par son gouvernement.
Maurice Duplessis fut célibataire toute sa vie et mourut sans enfants.
13- « Nous sommes prêts maintenant pour la libération économique, il n’y a
plus de maintenant ou de jamais. Ce soir nous devons dire que c’est
maintenant que nous deviendrons maître chez nous. »
Réponse : Jean Lesage
14- « J’aimerais être le premier président d’une République du Québec,
État associés au reste du Canada. »
Réponse : Daniel Johnson.
Autre petite biographie pour aider les plus jeunes et les plus vieux amnésiques.
Né à Danville, le 9 avril 1915, fils de Francis Johnson, journalier, et de Marie-Adéline Daniel.
A étudié à l’école paroissiale de Danville, au séminaire de Saint-Hyacinthe et à l’université de Montréal. Fit sa cléricature auprès de Me Henri Crépeau. Admis au barreau de la province de Québec le 20 juillet 1940.
Exerça sa profession à Montréal, avec Me Whitelaw en 1940 ; Sullivan en 1941 et 1942 ; Piper, Nantel et Tormey en 1942 et 1943 ; Jonathan Robinson en 1943 et 1944, Robinson et Wilson de 1944 à 1946, et Johnson et Tormey après 1946. Conseiller juridique du conseil central de Montréal de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC), de l’Association des hebdomadaires de langue française, de l’Association des hôteliers du Québec, de l’Association professionnelle des employés d’Acton Rubber Inc. et du jeune barreau de Montréal. Directeur et président de plusieurs entreprises. Collaborateur au journal étudiant le Quartier latin et à la Patrie.
Élu député de l’Union nationale dans Bagot à l’élection partielle du 18 décembre 1946. Réélu en 1948, 1952, 1956, 1960 et 1962. Adjoint parlementaire du président du Conseil exécutif du 1er janvier au 15 décembre 1955. Orateur suppléant du 15 décembre 1955 au 30 avril 1958. Ministre des Ressources hydrauliques dans les cabinets Duplessis, Sauvé et Barrette du 30 avril 1958 au 5 juillet 1960. Élu chef de l’Union nationale le 23 septembre 1961. Chef de l’Opposition à l’Assemblée législative de 1961 à 1966. Réélu en 1966. Premier ministre de la province de Québec et président du Conseil exécutif du 16 juin 1966 au 26 septembre 1968. Ministre des Richesses naturelles du 16 juin 1966 au 31 octobre 1967, des Affaires fédérales-provinciales du 16 juin 1966 au 26 avril 1967 et des Affaires intergouvernementales du 26 avril 1967 au 26 septembre 1968.
Auteur de l’ouvrage Égalité ou indépendance (1965). A publié en collaboration avec Réginald D. Tormey, Index to Supreme Court Cases 1923-1950 (1951). Président de la Fédération canadienne des étudiants catholiques, de la section française de l’Union des jeunesses catholiques du Canada et de l’Association générale des étudiants de l’université de Montréal. Vice-président de Pax Romana. Vice-président général de l’Association catholique de la jeunesse canadienne-française (ACJC) et du comité national de l’Action catholique. Membre fondateur et conseiller juridique de l’Union des Latins d’Amérique. Membre et conseiller juridique de la Chambre de commerce des jeunes de la province de Québec et du Canada.
Membre du Club Saint-Denis, du Club Renaissance, du Club de la garnison, du Cercle universitaire de Montréal, du Quebec Winter Club et des Chevaliers de Colomb. Créé conseil en loi du roi le 14 juin 1950. Docteur en droit honoris causa des universités Queen’s et McGill en 1967, puis des universités de Montréal et de Sherbrooke en 1968. Décédé en fonction au barrage Manic 5, le 26 septembre 1968, à l’âge de 53 ans et 5 mois. Inhumé dans le cimetière de Saint-Pie, le 1er octobre 1968.
Avait épousé à Montréal, dans la paroisse Notre-Dame-de-Grâce, le 2 octobre 1943, Reine Gagné, fille d’Horace-J. Gagné, avocat, et de Lauretta Demers.
Père de Pierre Marc Johnson et de Daniel Johnson (fils).
Autre fait étonnant. En lisant les œuvres de Daniel Johnson, chef de l’ancienne Union nationale, on a l’impression que cet homme était plus séparatiste que les péquito-nationalistes verbeux actuels et qui se disent indépendantistes. Les fédéralistes Lesage, Johnson, Bourassa ont eu des prises de positions nationalistes plus hardies que les dirigeants péquistes des dernières années. Je mets à part Parizeau, le seul chef indépendantiste, après Pierre Bourgault qui ne fût malheureusement pas élu à l’Assemblée nationale. Et on sait à qui la faute !
15- « La force politique du Québec au sein du Canada s’efface
progressivement. Il faut en sortir. »
Réponse : Jacques Parizeau.
16- « Politiquement, c’est un affront à la dignité du peuple québécois que
de se faire imposer la loi fondamentale du pays ».
Réponse : Robert Bourassa.
Pour ceux qui ont du temps, il faut lire les deux livres suivants :
1) Georges Mathews, L’accord, comment Robert Bourassa fera l’indépendance ?, Edition Le jour, 1990, 196 p.
2) Pierre Godin, Les frères divorcés, Les Éditions de l’homme, 1986, 360 pages. (Les frères divorcés sont évidemment Bourassa et Lévesque)
17- « Le fédéral agit comme un voleur qu vous prend votre montre et vous
remet la chaîne en disant que c’est un cadeau. »
Réponse : Maurice Duplessis.
Si Boisclair avait dit cela pendant la dernière campagne électorale, si le député de ma circonscription en avait fait autant, j’aurais voté pour eux. J’ai été deux fois candidat pour le Parti québécois dans la circonscription de Matane.
En 1970, je suis arrivé deuxième au scrutin du 29 avril. Jean Bienvenue, libéral, a obtenu 8,800 voix. Nestor Turcotte, 5878 voix. Majorité libérale de 2922 voix.
En 1973, je suis toujours arrivé deuxième au scrutin du 29 octobre. Les limites du comté ayant changé, le nombre d’électeurs a augmenté. Marc-Yvan Côté, libéral, a obtenu 10,102 voix. Nestor Turcotte : 7,452 voix. Majorité libérale de 2650 voix.
En 2007, 34 ans plus tard (lisez bien : 34 ans plus tard !) le parti d’André Boisclair et son député Pascal Bérubé a obtenu le score extraordinaire de 7830 voix. La libérale Nancy Charest : 7452 voix. Majorité péquiste de 213 voix.
Le PQ de 1973 : 7,452 voix. Le PQ de 2007 (34 ans plus tard) : 7,830. Augmentation nette de 378 voix par rapport à ce que j’avais obtenu en 1973.
Si je divise le tout par 34 (ans) on obtient une augmentation de 12 voix par année. Conclusion : il y en a qui n’ont pas travaillé fort depuis trente ans….
18- « Nous ne sommes pas aussi forts que nous devrions être parce que nous
sommes divisés. Et nous sommes divisés parce que nous ne comprenons pas les
dangers de la situation. Nos ennemis sont unis dans leur haine de la patrie
française, et nous, nous sommes divisés dans notre amour de cette chère
patrie ».
Réponse : Honoré Mercier
Petite biographie.
L’honorable Honoré Mercier (15 octobre 1840 - 30 octobre 1894) était un avocat, un journaliste et un politicien du Québec, au Canada. Il fut premier ministre du Québec du 27 janvier 1887 au 21 décembre 1891, étant le chef du Parti libéral. Il naquit à Saint-Athanase (maintenant fusionné à Saint-Jean-sur-Richelieu) dans le Bas-Canada, étudia au collège jésuite de Sainte-Marie à Montréal et fut admis au barreau du Québec en avril 1865.
À l’âge de 22 ans, Mercier devint l’éditeur du journal Le Courrier de Saint-Hyacinthe. Il s’opposa au projet de confédération dès 1864, croyant qu’il irait contre les intérêts des Canadiens Français.
En 1871, il fonda le Parti National, et il fut élu à la Chambre des Communes en tant que membre pour la circonscription de Rouville. Il est battu dans la circonscription fédérale de Saint-Hyacinthe en 1887. Il devint le chef du PLQ en 1883. Il s’opposa fortement à l’exécution de Louis Riel en 1885 : cet événement lui aida à gagner de l’appui populaire, et le Parti conservateur du Québec perdit des suffrages car son équivalent fédéral avait donné son aval à la pendaison de Riel.
Saisissant l’opportunité de construire une coalition avec des conservateurs dissidents, Mercier raviva le Parti National pour l’élection provinciale québécoise de 1886, et remporta une majorité de sièges.
Cependant, la coalition était très largement constituée d’anciens libéraux, alors le nom Libéral fut bientôt restitué. Les Conservateurs, réduits au statut de minorité à l’Assemblée législative, continuèrent à gouverner pendant quelques mois de plus, mais Mercier devint premier ministre du Québec en 1887.
Il initia l’idée des conférences interprovinciales en 1887. Il fut le premier dirigeant provincial québécois à défendre l’idée de l’autonomie provinciale à l’intérieur de la confédération, faisant campagne pour abolir le droit revendiqué par le gouvernement fédéral d’avoir un veto sur la législation provinciale. Quelques années après sa mort, le Conseil Privé britannique abolit cette pratique.
Avec ces idées fort nationalistes, tout comme Oliver Mowat de l’Ontario, Mercier fut largement précurseur aux premiers ministres des décennies suivantes qui confrontèrent l’État fédéral pour ramener la balance des pouvoirs vers le côté provincial. Il a encouragé les contacts avec les francophones à l’extérieur du Québec, dans l’Ouest canadien et en Nouvelle-Angleterre. Mercier valorisa la réforme, le développement économique, le catholicisme et la langue française et il gagna de la popularité mais se fit également des ennemis. Il adopta aussi plusieurs mesures favorables à l’Église. En effet, sur le plan éducatif, il créa les écoles du soir pour les paysans et les travailleurs. Sur le plan agricole, il créa un Ministère de l’Agriculture et nomma le curé Antoine Labelle sous-ministre de la colonisation. Il était favorable à ce que l’Église puisse veiller sur la colonisation. Il fit aussi construire des chemins de fer reliant les Laurentides, le Lac-Saint-Jean et la Gaspésie. Le problème du développement du Québec se posait en effet en ces termes : ouvrir de nouvelles terres et freiner du même coup l’Émigration aux États-Unis qui découlait du manque d’opportunités économiques pour les Canadiens français.
Finalement, sur le plan économique, jugeant le Québec trop dépendant des capitaux anglo-américain, Mercier voulut diversifier les sources de capitaux de la province de Québec. Mercier alla spécialement à New York pour obtenir de nouveaux contrats, mais aussi en France et en Belgique. Pour être précis, le Premier ministre du Canada, J.A. MacDonald, un conservateur, avait envoyé des émissaires à New york pour nuire à l’opération de crédit de Mercier. Mercier avait obtenu de l’Assemblée l’autorisation de recourir à 3,5 millions en crédits, lesquels devaient servir au développement du Québec, notamment les voies ferrées. Or, Mercier parvint à déjouer MacDonald en obtenant un emprunt du Crédit Lyonnais. Il fut réélu à l’élection de 1890 avec une majorité accrue. Cependant, les manoeuvres du grand organisateur du Parti libéral, Pacaud, autour d’un de ces chemins de fer, allaient faire tomber le gouvernement Mercier dans le scandale de la Baie-des-Chaleurs, version réduite du scandale qui avait naguère fait tomber le gouvernement MacDonald-Cartier à Ottawa.
Le 16 décembre 1891, il fut démis de ses fonctions par le lieutenant-gouverneur Auguste-Réal Angers après qu’un rapport gouvernemental eut conclu que son gouvernement eut détourné des fonds publics. Il perdit l’élection de 1892, et abandonna la direction du parti à Félix-Gabriel Marchand. Il fut mené en procès plus tard la même année et fut trouvé non coupable lorsqu’un second rapport conclut différemment en la matière. Cependant, sa santé se détériorait et sa carrière politique était terminée. Il se fit remarquer une dernière fois en prononçant le discours du Parc Sohmer, resté fameux.
Dans ce discours, Mercier critique l’Union et la Confédération, exprime ses convictions républicaines et les raisons pour lesquelles il souhaite un Canada indépendant où les provinces seront des États autonomes comme aux États-Unis. Il mourut en 1894 à l’âge de 54 ans, et il fut enterré au Cimetière Notre-Dame-des-Neiges à Montréal. Une foule estimée à 25 000 suivit son cortège funèbre.
Il gagne une majorité de sièges à l’élection de 1886 et devient premier ministre en 1887 lorsque le gouvernement minoritaire tombe. Il remporte l’élection de 1890 mais est démis de ses fonctions en 1891 et perd l’élection de 1892.
19- "Il arrive des moments où le courage et l’audace tranquilles
deviennent pour un peuple la seule forme de prudence convenable. S’il
n’accepte pas alors le risque calculé des grandes étapes, il peut manquer
sa carrière à tout jamais, exactement comme l’homme qui a peur de la vie".
Réponse : René Lévesque, 1968.
Quelqu’un a eu la brillante idée de graver cette phrase devant la statue de René Lévesque, près du Parlement de Québec. Il faudrait l’apprendre par cœur. Il faudrait la faire laminer et la suspendre à la porte de tous les bureaux des députés péquisto-nationalistes. A la porte aussi de Pauline Marois.
20- « La première leçon que j’ai tirée du référendum de 1980, c’est que,
si on veut réaliser la souveraineté, il faut le dire, sans détour ».
Réponse : Jacques Parizeau.
Malheureusement, celui-ci n’a pas suivi cette voie. En 1994, il avait promis, pendant la campagne électorale, de ne pas faire de détour et de poser carrément la question aux Québécois. L’arrivée de Bouchard et Dumont lui ont fait changer d’idée. Il a pris le détour confédéraliste. Et ça n’a pas marché ! A retenir pour…la prochaine fois…si jamais…
21- "Dans ce domaine comme dans bien d’autres, l’indépendance permet tout
ce que la Confédération permet, tandis que la Confédération interdit bien
des choses que l’indépendance rendrait possibles".
Réponse : André d’Allemagne.
Ce petit texte sur Internet devrait faire réfléchir les péquisto-nationlistes qui siègent dans le deuxième parti d’Opposition à Québec.
Petite biographie.
ANDRÉ D’ALLEMAGNE
ANDRÉ D’ALLEMAGNE Diplômé de l’Université de Montréal en linguistique et en sciences politiques, André D’Allemagne fait carrière à la fois dans la traduction et l ’enseignement. Membre fondateur du Rassemblement pour l ’indépendance nationale (RIN), il y occupe tour à tour les postes de président, de vice-président et de membre du comité exécutif jusqu’à la dissolution du parti, en 1968. Il a publié Le colonialisme au Québec et Le RIN et les débuts du mouvement indépendantiste québécois.
Discours prononcé à l’Assemblée de Montréal-Nord
1963 -
Mesdames, Messieurs,
Le vieux conflit entre Québec et Ottawa, c’est-à-dire entre le Canada français et le Canada anglais, est devenu récemment plus critique que jamais. Depuis quelques mois, en effet, nous avons vu les deux gouvernements se heurter l’un à l’autre sur les questions de la fiscalité, de l’aide aux municipalités, de la pension de vieillesse et de l’assistance aux Esquimaux du Québec. Fidèle à sa tradition, le gouvernement d’Ottawa a poursuivi sa politique de centralisation, au mépris de la Constitution canadienne et des droits du Québec. De son côté, le gouvernement québécois s’est opposé avec véhémence, comme le faisait jadis Duplessis, aux incursions du gouvernement fédéral. Pourtant, les deux gouvernements se disent de même lignée, de même race politique : les deux sont libéraux et en surface tout semblerait les inviter à s’entendre.
Comment se fait-il alors que chaque fois qu’un des deux gouvernements veut agir, ses initiatives viennent immanquablement se briser contre la résistance de l’autre ?
La raison est simple, à condition qu’on veuille bien la voir telle qu’elle est. Le gouvernement du Québec, bon gré mal gré, ne peut plus se contenter du rôle amoindri de ses prédécesseurs. [...] Le peuple québécois a enfin pris conscience de sa qualité de nation, et toute notre façon de penser s’en trouve transformée. Nous avons fini de réagir à tout propos comme une minorité hésitante et craintive. Nous voulons désormais vivre non plus comme une province mais comme une nation qui entend maîtriser elle-même son destin et façonner elle-même son histoire. Et nous voulons que notre gouvernement, celui de Québec, agisse désormais comme un véritable gouvernement national.
De son côté, le gouvernement d’Ottawa, contrôlé par la majorité canadienne-anglaise, semble prêt à assumer de nouvelles responsabilités.
Obligé de faire face, dans le domaine économique tout particulièrement, à des problèmes de plus en plus pressants, il veut, pour les régler, utiliser pleinement ses pouvoirs et même les augmenter.
Le conflit provient tout simplement de ce que chacun de ces deux gouvernements est — et a accepté d’être — un gouvernement national, chargé de défendre et de favoriser les intérêts de la nation qu’il représente. Tout le monde reconnaît, de nos jours, que le gouvernement de Québec est le gouvernement de la nation canadienne-française. Mais la nation canadienne-anglaise, elle aussi, a droit à son gouvernement : celui d’Ottawa. Cela n’est que légitime et normal. Le nier, c’est nier l’évidence. Le gouvernement d’0ttawa joue, pour le Canada anglais, le même rôle que le gouvernement de Québec pour le Canada français. Ce principe, lorsqu’on l’admet, explique toute la politique du gouvernement dit "fédéral" et en fait non pas un noir complot mais une attitude juste et raisonnable.
Dans des circonstances normales, une telle situation ne pose pas de problèmes. Il existe à travers le monde bien des nations voisines dont chacune a son gouvernement qui est entièrement libre d’agir à sa guise sur son territoire. Lorsque les deux nations ont des intérêts communs, les deux gouvernements se consultent, sur un pied d’égalité, et adoptent des politiques communes. Lorsque les intérêts sont différents, chacun des deux gouvernements sert les intérêts de la nation qu’il dirige et représente. Cela s’appelle de la démocratie, sur le plan international.
Au Canada, cependant, la situation est entièrement fausse, tout d’abord parce qu’aucune des deux nations n’est libre, et ensuite parce que leurs gouvernements respectifs ne sont pas sur un pied d’égalité. D’où des frictions inévitables et des conflits insolubles qui dureront aussi longtemps que durera la Confédération.
Nous disons qu’aucune des deux nations n’est libre. Le gouvernement du Québec n’est pas libre, en effet, d’effectuer une planification sérieuse de notre économie, tout simplement parce qu’il ne contrôle pas les principaux leviers de notre économie. Songez qu’Ottawa perçoit plus de 80 pour 100 des impôts directs au Québec et contrôle le commerce extérieur, les douanes, le crédit, la banque et la monnaie. Comment, dans de telles circonstances, le gouvernement provincial pourrait-il sérieusement appliquer une politique de développement économique, alors que tous les économistes soulignent que la planification ne peut être partielle et doit englober tous les secteurs de la vie économique nationale ? Les pouvoirs que détient Ottawa, en vertu de la Constitution, empêchent le gouvernement de Québec d’effectuer toute planification sérieuse qui serait dans l’intérêt de la nation, qui permettrait de supprimer le chômage, d’encourager nos industries et de donner quelque espoir de relèvement à nos régions sous-développées. Par contre, le gouvernement d’Ottawa n’a pas non plus des pouvoirs illimités. Il ne touche pas tous les impôts, il ne contrôle pas entièrement la sécurité sociale ni les institutions économiques et financières, à cause des pouvoirs limités des provinces dans tous ces domaines.
La situation est donc absurde. Le gouvernement d’Ottawa a toutes les raisons de vouloir organiser l’économie canadienne selon les intérêts de l’ensemble du Canada, mais il ne peut pas le faire parce que le gouvernement du Québec a juste assez de pouvoirs pour l’en empêcher et bloque continuellement sa politique.
Le gouvernement du Québec, pour sa part, doit protéger les intérêts de la nation canadienne-française et planifier l’économie du Québec en fonction des intérêts du peuple québécois, mais il ne peut pas le faire parce que les principaux instruments de la planification économique sont entre les mains d’Ottawa.
Dans la situation actuelle, chacun des deux gouvernements entrave l’autre.
La nation canadienne-anglaise et la nation canadienne-française se limitent l’une l’autre, s’opposent l’une à l’autre, à cause d’une structure périmée qui s’appelle la Confédération. Chacune des deux nations a ses intérêts, ses espoirs, son destin, mais elle est enchaînée à l’autre par des liens artificiels qui datent de presque un siècle. Le Canada anglais n’est pas libre. Nous ne sommes pas libres. La Confédération, c’est la négation de la liberté de deux peuples. Bien plus, la Confédération crée des ennemis là où il devrait y avoir deux peuples voisins et amis.
La solution saute aux yeux. Elle consiste à rompre ce lien qui est arbitraire, imposé et odieux et à donner à chaque nation la liberté de poursuivre à sa guise sa propre destinée. Cela s’appelle l’indépendance... l’indépendance du Québec, qui est aussi celle du Canada anglais. Alors, et alors seulement, les deux nations seront égales et pourront conclure des ententes dans la mesure où leurs intérêts communs l’exigeront. Ce sera la fin de la méfiance traditionnelle et de la lutte séculaire qui nous a fait gaspiller tant de nos énergies. L’indépendance du Québec offre tous les avantages de n’importe quelle confédération, refaite ou non, et écarte tous les dangers et tous les conflits auxquels la Confédération nous a habitués, pour notre plus grand malheur.
L’indépendance, c’est la liberté et l’égalité pour les peuples canadiens-français et canadien-anglais. C’est peut-être aussi la fraternité. De toute façon, pour le peuple québécois, c’est la seule façon d’être maître chez lui, de détenir tous les pouvoirs sur son territoire et de goûter enfin à la liberté qu’on accorde de nos jours à toutes les nations du monde.
Telle est la solution que proposent les indépendantistes.
Source : Montréal, le 18 septembre 1963. Assemblée publique et séance d’information. Archives André D’Allemagne.
22- « La Confédération, issue de la Conquête et de l’impérialisme
britannique, a placé et maintenu le peuple du Québec dans une situation
anormale de faiblesse et d’infériorité. Ce régime, par ailleurs, n’a pas
été établi par la volonté expresse des peuples en cause mais improvisé par
la loi d’une métropole impériale. De plus, les droits accordés
officiellement par l’Acte de l’Amérique du nord britannique au peuple
canadien-français, dans le but d’assurer sa survivance et sa protection,
ont sans cesse été violés, et continuent de l’être, par le gouvernement
fédéral, à Ottawa. La logique et le droit permettent donc aujourd’hui
d’affirmer que le pacte confédératif, par ses origines et par le cours de
l’histoire, est nul et périmé ».
Réponse : Extraits du Manifeste du RIN - 1960
Le Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN) est un parti politique voué à la promotion de l’indépendance du Québec qui a existé de 1960 à 1968.
Le RIN est fondé le 10 septembre, 1960 par quelques 30 personnes, dont plusieurs anciens membres de l’Alliance laurentienne. Les membres fondateurs incluent André D’Allemagne, Jacques Bellemare et Marcel Chaput.
En octobre de 1960, la première assemblée générale de l’organisation publie son manifeste.
En 1964, Pierre Bourgault est élu président et transforme le rassemblement en parti politique. Bourgault contribue énormément à la popularité du RIN et plusieurs personnes croient encore aujourd’hui qu’il est le père du RIN.
À l’élection de 1966, le RIN remporte 5,6 % du vote populaire mais aucun siège à l’Assemblée nationale.
En 1966, Richard Bourdeau, un jeune militant plein de fougue, issu de l’Ouest de Montréal, devient le président fondateur des Jeunesses Rinistes.
Pierre Bourgault y voit une autre excellente occasion de rassembler les jeunes indépendantistes. Les Jeunesses Rinistes feront parler d’elles à plus d’un titre.
À la veille de la création du Parti québécois en 1968, le RIN consomme sa dissolution en congrès spécial pour intégrer le Parti québécois sur la base de l’adhésion de ses membres. Cela a été qualifié d’entrisme.
Les négociations sur la fusion du RIN au Mouvement Souveraineté-Association (MSA) et au Ralliement national (RN) avaient auparavant échoué étant donné l’intransigeance de René Lévesque sur la question de l’association avec le Canada et de la défense de la langue française.
Voici le Manifeste au complet. Le seul texte qui brille par sa CLARTÉ. A afficher sur les murs de votre salon, de votre chalet, encore, pour les députés, sur les murs de votre bureau à l’Assemblée nationale. Ce texte risque de vous inspirer et de nous débarrasser de vos complaintes insipides, incolores et inodores.
Rassemblement pour l’indépendance nationale
Les Canadiens français constituent une nation dont l’origine remonte à l’époque de la Nouvelle-France. Conquise par la force des armes, isolée de sa mère-patrie, soumise à des tentatives d’assimilation nombreuses et prolongées, la nation canadienne-française a toujours manifesté une indomptable volonté de survivre et de s’épanouir librement en conformité avec ses origines et son génie particulier.
La Confédération, issue de la Conquête et de l’impérialisme britannique, a placé et maintenu le peuple du Québec dans une situation anormale de faiblesse et d’infériorité. Ce régime, par ailleurs, n’a pas été établi par la volonté expresse des peuples en cause mais improvisé par la loi d’une métropole impériale. De plus, les droits accordés officiellement par l’Acte de l’Amérique du nord britannique au peuple canadien-français, dans le but d’assurer sa survivance et sa protection, ont sans cesse été violés, et continuent de l’être, par le gouvernement fédéral, à Ottawa. La logique et le droit permettent donc aujourd’hui d’affirmer que le pacte confédératif, par ses origines et par le cours de l’histoire, est nul et périmé.
En outre, la centralisation fédérale, réalisée à un rythme croissant, qui tend à transformer le régime confédératif en celui d’un État-nation unitaire, compromet non seulement l’épanouissement mais aussi l’existence même de la nation canadienne-française déjà gravement menacée par son isolement culturel et social et par l’influence anglo-américaine. À l’époque actuelle où dans le monde entier les peuples s’affranchissent du joug colonial et les nations revendiquent leur pleine indépendance, le Canada français ne peut plus accepter de demeurer sous la tutelle économique et politique de l’étranger. L’idéal de l’indépendance nationale, qui s’allie à celui de l’internationalisme lucide, est valable au Canada français comme partout ailleurs. L’indépendance est du reste dans la ligne de l’histoire du Canada français : préparée par la Confédération puis par l’établissement de l’autonomie provinciale, elle représente l’aboutissement normal de l’évolution historique du Canada français.
De nos jours, les peuples n’ont plus besoin d’excuses pour vouloir être libres. Car si la liberté nationale n’est pas une fin en soi, elle est la condition essentielle à tout épanouissement réel des hommes et des peuples.
La première des libertés civiques étant l’indépendance de la patrie, le Rassemblement pour l’indépendance Nationale réclame l’indépendance totale du Québec afin de permettre au peuple canadien-français de choisir librement les voies de son avenir. Une fois l’indépendance acquise, la nation canadienne-française devra se donner, par des moyens démocratiques, les institutions qu’elle jugera lui convenir.
Tels sont les principes et l’idéal que le Rassemblement pour l’indépendance Nationale (RIN) a pour but de défendre et de propager. Le RIN n’est aucunement relié, associé ni affilié à aucun autre organisme existant. Les membres du RIN sont par ailleurs entièrement libre d’exprimer et de faire valoir, à titre personnel, leurs idées et leurs convictions sur les questions qui ont trait à la politique interne, à la religion, aux théories économiques et aux doctrines sociales, car la seule raison d’être du RIN est de favoriser et d’accélérer l’instauration de l’indépendance nationale du Québec, sans haine ni hostilité envers quiconque mais dans un esprit de justice et de liberté pour tous.
En réclamant l’indépendance totale du Québec, le RIN rejette le pessimisme né de la Conquête et manifeste sa foi en la nation canadienne-française, issue des plus grandes civilisations de l’histoire.
Octobre 1960 Première assemblée générale du RIN
23. « Jamais l’Acte de l’Amérique britannique du Nord ne fut mise au voix.
Il fut imposé par un décret du parlement de Westminster et par le vote
majoritaire de 26 contre 22, enregistré par les parlementaires canadiens.
»
Réponse : Marcel Chaput.
Petite biographie.
Marcel Chaput (14 octobre 1918 - 19 janvier 1991) est un homme politique et un scientifique québécois. Il est un fondateur du Rassemblement pour l’indépendance nationale.
Gatinois d’origine, il travaille comme fonctionnaire/chimiste au Ministère de la Défense nationale du Canada. Il déplore l’absence du français dans son milieu de travail et écrit des articles dans Le Devoir pour protester. Il fonde le RIN au mois de septembre de 1960 et devient son vice-président. Chaput publie Pourquoi je suis séparatiste l’année suivante. Comme la loi de l’État interdit les fonctionnaires d’occuper des fonctions politiques, il est suspendu en novembre et il démissionne en décembre.
Comme le RIN n’était pas encore enregistré comme parti politique, il décide de se présenter en indépendant à l’élection de 1962, mais il est défait dans sa tentative. Guy Pouliot le remplace à la tête du RIN mais il fonde le Parti républicain du Québec, un effort qui finit par avorter. Il revient au RIN en 1965 sous le leadership de Pierre Bourgault et est de nouveau battu à l’élection de 1966.
Membre du Parti québécois, il doit céder la nomination à Robert Burns dans Maisonneuve en 1970 et il échoue une dernière fois à l’élection québécoise de 1973.
Les fondateurs se font toujours battre. Une fois. Deux fois. Puis, on les oublie et parfois…on les méprise. Je peux en témoigner.
24- "Voulez-vous remplacer l’ordre constitutionnel existant par deux États
souverains associés dans une union économique, responsable devant un
parlement commun ?"
Réponse : Robert Bourassa- Bruxelles, 1992
Faisant une tournée européenne en 2001, particulièrement à Bruxelles, le premier ministre de l’époque, Bernard Landry avait évoqué, dans une entrevue, une visite de l’un de ses éminents prédécesseurs, l’ancien premier ministre Robert Bourassa.
Le chef libéral Robert Bourassa avait, en 1992, au grand dam de son entourage, évoqué la possibilité d’un référendum portant sur une souveraineté assortie d’une union économique avec le reste du Canada. Il avait dit alors que la question soumise pourrait avoir le libellé suivant : "Voulez-vous remplacer l’ordre constitutionnel existant par deux États souverains associés dans une union économique, responsable devant un parlement commun ?". A l’époque, le Parti québécois s’était royalement moqué de cette formule bourassienne.
Bernard Landry avait affirmé au même moment qu’il voterait OUI à la question proposée par Robert Bourassa. Car, toujours selon le premier ministre actuel, le Parti québécois propose à peu près la même chose, depuis quelques années, soit la souveraineté du Québec, assortie d’une forme d’union économique et politique à l’européenne, avec le reste du Canada.
Le premier ministre Landry parlait d’une souveraineté partagée avec le reste du Canada, dans une union de type confédéral. Les Québécois, sans s’en rendre compte, ont donc voté, lors du référendum de 1995, pour ce type d’union confédérale. Ils n’ont pas voté pour ou contre l’indépendance du Québec, mais ils ont voté sur une offre de partenariat économique et politique avec le reste du Canada et, comble de l’ironie, ils se sont dits majoritairement NON à cette union confédérale proposée par Parizeau-Bouchard-Dumont.
Bien des gens se demandent toujours, 12 ans après le référendum de 1995, pourquoi Mario Dumont était dans le camp du OUI ? Il l’était là parce que la thèse de l’Action démocratique se retrouverait au cœur du référendum, et que ce point de vue confédéral était inscrit dans la question référendaire de 1995. C’était aussi le point de vue de Lucien Bouchard, du Bloc québécois, et d’un bon nombre de ministres voués au confédéralisme, dont Bernard Landry, devenu, par la suite, premier ministre du Québec. Si les Dumontistes n’avaient pas pu présenter leur option lors du référendum de 1995, il n’y aurait tout simplement pas eu cette coalition « trinitaire » en juin 1995.
Jacques Parizeau, un an avant le référendum de 1995, avait pourtant clairement affirmé qu’il voulait une question claire, une question courte, qui ne souffrirait d’aucune interprétation. Il avait suggéré la question suivante : Acceptez-vous que le Québec devienne souverain en date de … ? »
La question de Bruxelles, formulée par Robert Bourassa, était fort habile à l’époque et laissait planer un doute sur ses allégeances fédéralistes. Mais tel n’était pas le cas. Bourassa devait préciser, à son retour de Bruxelles, que la formule de l’union confédérale n’était pas applicable au Canada, puisqu’elle supposerait d’abord, d’une part, que le reste du Canada accepte de se prononcer sur l’opportunité de faire cette réforme de gré et à gré et, d’autre part, le premier ministre Bourassa était convaincu que le reste du Canada refuserait un tel changement dans l’aménagement socio-politique pan-canadien. Étant absolument certain que rien ne pouvait changer dans les faits, il pouvait bien proposer une autre formule qu’il savait rejetée à l’avance.
L’erreur historique la plus grave commise par le Parti québécois est celle d’avoir voulu emprunter les sentiers bourassiens, c’est-à-dire une formule de type confédéral, en sachant très bien, en partant, qu’elle serait éventuellement rejetée par le reste du pays actuel. En soi, la question référendaire de 1995 était donc très habile. Substantiellement, elle reprenait la démarche proposée par Robert Bourassa, sauf qu’au terme d’un court laps de temps de négociations avec Ottawa (un an, tel que prévu dans la loi), l’échec, étant déjà prévisible, tout comme Robert Bourassa l’avait prévu, le Parti québécois s’engageait à déclarer unilatéralement l’indépendance, sans consulter à nouveau la population. Il y avait dans cette façon de faire une astuce que j’ai toujours dénoncée : l’indépendance est une réalité trop sérieuse pour qu’elle s’accomplisse dans la brouillard. Les Québécois, si la démarche avait fonctionné, auraient été, sans doute, la première nation à accéder à son indépendance, sans qu’elle le sache clairement et véritablement.
Je reprends la question proposée par Bourassa, à Bruxelles en 1992 : "Voulez-vous remplacer l’ordre constitutionnel existant par deux États souverains associés dans une union économique, responsable devant un parlement commun ?"
Voici la question référendaire de 1995, proposée par le triumvirat Parizeau-Bouchard-Dumont :
« Acceptez-vous que le Québec devienne souverain, après avoir offert formellement au Canada un nouveau partenariat économique et politique, dans le cadre du projet de loi sur l’avenir du Québec et de l’entente signée le 12 juin 1995 ?
Il n’y a aucune différence entre la question de Bruxelles (celle de Robert Bourassa) et la question référendaire de 1995. Les trois mêmes éléments s’y retrouvent ;
1) deux États associés.
2) Une union économique entre les deux États souverains.
3) Une union politique (donc forcément un Parlement commun, tout comme en
Europe.
Robert Bourassa avait dit en 1992 que la question qu’il avait proposée était inapplicable. Et il avait raison. Il aurait fallu que le Canada dise OUI à la proposition. Et il savait bien qu’en proposant une telle question que la réponse du Canada serait NON.
Parizeau savait très bien qu’en proposant une question comme celle de 1995, (copie de la question de Bruxelles) que le Canada anglais allait dire inévitablement NON. Il avait donc prévu cela. Et c’est pourquoi, il avait fait inscrire dans le projet de loi référendaire qu’en cas d’échec (et celui-ci était certain qu’il y en aurait un…ou qu’il allait en favoriser un) l’Assemblée nationale (majoritairement péquiste) aurait voté l’indépendance du Québec. Toute une astuce ! La cage à homards, c’était ça…
Bernard Landry disait en 2001 qu’il voterait OUI à la question de Bruxelles de Robert Bourassa (1992). Ma foi, est-ce que Bourassa était indépendantiste ? Ou est-ce que Landry était fédéraliste ? Il faudrait le demander à ce dernier !
25- « L’idée du séparatisme n’est pas forcément absurde dans l’ordre
économique, mais les obstacles seraient nombreux et redoutables. »
Réponse : Jacques Parizeau. Voir LE DEVOIR, les 18 et 24 novembre 1961.
Il faut resituer cette déclaration dans son contexte. Parizeau est à l’époque technocrate attaché au gouvernement de Jean Lesage. Fils de Gérard Parizeau et de Germaine Biron, M. Jacques Parizeau est aussi l’arrière-petit-fils de Damase Dalpé (dit Parizeau), député à l’Assemblée nationale du Québec de 1892 à 1897. Jacques Parizeau est diplômé en économie de la London School of Economics à Londres. Partisan de la théorie keynésienne d’interventionnisme économique, il est l’un des conseillers les plus importants du gouvernement du Québec durant les années 1960, jouant un rôle important en coulisses pendant la Révolution tranquille, notamment dans la nationalisation d’Hydro-Québec et des mines d’Asbestos, ainsi que dans la création du Régime des rentes du Québec. Il fut conseiller économique auprès de Jean Lesage (PLQ) et de Daniel Johnson (UN).
Jacques Parizeau était au début en faveur du royalisme britannique, puis au fur et à mesure qu’il prit conscience de la situation économique du Québec, de la possibilité que celui-ci s’affranchisse du reste du Canada et acquière de plus en plus d’autonomie et de liberté, il devint peu à peu un souverainiste convaincu, et se joignit officiellement au Parti québécois le 19 septembre 1969.
Parizeau reste pour moi le plus grand homme politique du Québec. Il dépasse même René Lévesque. Cela ne veut pas dire que j’approuve tout ce qu’il a fait. Son plus grand geste aura été cet acte d’humilité, en ce 22 juin 1990, alors qu’il se lève à l’Assemblée nationale, tend au sens propre, la main à Bourassa et l’invite à faire avec lui l’indépendance du Québec. Au lendemain de ce geste, tous les députés libéraux de ma région étaient devenus indépendantistes. La députée de Matane n’échappa pas à ce nouvel engouement pour l’indépendance. Elle affirma sur les ondes de la télé locale qu’elle est en faveur de la souveraineté du Québec. On faillit faire l’indépendance avec …les libéraux ! Quel scandale, pour certains !
Jamais, historiquement, le peuple du Québec n’a passé si près de la libération nationale que lors de l’échec de Meech. La petite politique partisane a tout fait chavirer. Et on en voit encore les débris dans certaines publications qui ne servent qu’à monter, les uns contre les autres, les différentes options politiques en place.
Si un jour, le Québec doit faire son indépendance, ce sera sans doute à cause de quelqu’un qui aura réussi à nous unir plutôt que nous diviser. Le voyez-vous venir ?
Bon été… A moins que le gouvernement soit renversé et que le peuple du Québec soit appelé aux urnes. Je ne pourrai donc garder silence. Et la meilleure façon de le faire, c’est de faire face à l’électorat.
P.S. Vous pouvez discuter entre vous de ces références. Vous pouvez toujours me rejoindre à : euroenigma25@hotmail.com
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —
Monsieur Bergeron,
Il y a deux choses :
1) la question référendaire de 1995 portait-elle sur l’indépendance du Québec ? Oui ou non ? C’est la première réponse à chercher.
La réponse est NON.
Jacques Parizeau qui, selon moi, reste le plus grand premier ministre du Québec nous avait promis en 1994, lors de la campagne électorale, de poser une question simple : « Acceptez-vous que le Québec devienne souverain en date de...., oui ou non ? » Vous ne pouvez contester cela.
Pourquoi a-t-il changé son fusil d’épaule de 1994-1995 ? La raison est simple : l’arrivée de Bouchard et Dumont, deux confédéralistes qui n’acceptaient pas le libellé proposé par Monsieur Parizeau. Comme me disait mon ancien député bloquiste de l’époque, « on voulait râtisser large »...Avoir le plus grand nombre de OUI. C’est ce que Monsieur Parizeau a dit à la fameuse réunion avec l’Ambassade d’Allemange, le 13 oût 1995. (voir mon texte). On voulai des OUI, le plus possible, et on en ferait bien après ce qu’on voudrait...
2) La question référendaire de 1995 est la même que celle que proposait Robert Bourassa en 1992, - la fameuse question de Bruxelles. Les trois mêmes éléments s’y trouvent : deux États associés, une union économique et une union politique avec le reste du Canada. Personne ne peut contredire cela. S’il y a une union politique, on est donc obligé d’avoir un parlement commun. Comme à l’européenne. Et payer des impôts à ce parlement pour qu’il fonctionne.
Or Bourassa n’était pas indépendantiste. Comment le PQ, qui se dit indépendantiste, a-t-il en 1995, osé poser une question qui sort directement de la mouvance fédéraliste ?
Vous applez cela de la stratégie. Moi, j’appelle cela de l’astuce. Et je me permets en cela de vous dire que je ne peux être d’accord avec ce type de stratégie (pour vous) et d’asctuce (pour moi).
Bourassa savait qu’en proposant une telle question (la question de Bruxelles) aux Québécois, que ceux-ci pourraient bien dire oui, mais que le Canada anglais dirait NON. Inutile donc de poser une question référendaire dont on connaissait à l’avance le résultat. Bourassa savait qu’arracher un OUI au Québec, pour de nouvelles négociations qui auraient conduit à faire du Canada deux États associés, était possible. Mais il savait aussi que faire dire OUI au Canada était impossible.
Parizeau savait aussi qu’en demandant ce qu’il demandait que le Canada anglais, dans les jours qui suivraient le référendum, lui dirait NON. Lisez le livre de Pierre Duchesne, Parizeau, tome III, surtout vers la fin, pour vous convaincre que dans les jours suivant un OUI, le Canada aurait dit NON, et qu’immédiatement, dans les quelques jours, Parizeau aurait déclaré l’indépendance.
La stratégie (pour vous) et l’astuce (pour moi) visait à faire l’indépendance par la suite, sans reconsulter le peuple. On faisait voter le monde sur une offre de négociations en sachant très bien que le Canada anglais allait dire NON et qu’unilatéralement, le PQ aurait déclaré l’indépendance sans que le peuple sache très bien qu’il pouvait faire cela, puisque c’était inscrit dans la loi votée à ce sujet à l’Assemblée nationale.
Personne n’a parlé de ce projet de loi durant la campagne référendraire. C’était stratégique de ne pas en parler. C’est si vrai,qu’au lendemain du référendum de 1995, selon des sondages, 52 % des gens pensaient qu’en votant OUI, le Québec allait rester dans le Canada.
De mémoire d’homme, ça aurait été la première fois qu’un pays accède à son indépendance par la bande. Et je ne suis pas certain que les pays du monde aurait reconnu la stratégie péquiste. Probablement que les pays du monde aurait dit au gouvernement du Québec : allez donc leur demander clairement si les Québécois veulent leur indépendance ?
Le Monténégro donne aux Québécois une très bonne leçon de démocratie à ce sujet. Il n’a pas hésité à poser une question claire :
La voici : « Souhaitez-vous que la République du Monténégro devienne un Etat indépendant avec une pleine reconnaissance juridique et internationale ? ». Oui OU Non ?
Est-ce que ce peuple n’est pas suffisammentintelligent pour qu’on lui pose carrément la même question, avec quelques modifications ?
« Acceptez-vous (non : souhaitez-vous, car on peut souhaiter sans accepter de...) que le Québec devienne un État indépendant avec une pleine reconnaisance juridique et internationale ? » OUI ou NON ? Ça c’est clair.
Tout ce que je dis me semble très logique et pédagogique. Ne versez pas, Monsieur Bergeron, dans les attaques personnelles. Je déplore toujours ce genre d’attitude. On est sur les idées et les façons de faire. non sur les brevets des gens, et leur étiquette personnelle.
Bernard Landry a dit en 2001, qu’il voterait OUI à la question de Bruxelles de Robert Bourassa. C’est écrit noir sur blanc sur les clips de presse. Or Bourassa, le fédéraliste, a-t-il trouvé un adepte confédératif en la personne de l’ancien premier ministre ? Il semble que OUI. Et Parizeau-Bouchard-Dumont sont tombés dans le même sillon en 1995. Sauf que, Parizeau, très brillant stratège, s’en est servi pour essayer de conduire le Québec à son indépendance, sans que celui-ci le sache. Vous ne pouvez contester cela.
Enfin, Dumont, dans le camp du OUI, en 1995. Que faisait-il là ? Était-il Oui ou Non séparatiste ? Comment expliquer que lui et Jean Allaire ont fait, seuls, leur campagne référendaire, sans se trouver sur les mêmes tribunes que Parizeau et Bouchard ? Je sais la réponse, mais ça serait trop long de vous expliquer tout cela ici...
En terminant, allez lire le livre de Michel Vastel, Bernard Landry le grand dérangeant. Surtout les derniers chapitres. Vous en trouverez d’autres bonnes qui alimenteront votre réflexion pour plusieurs mois.
Nestor Turcotte Matane.

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