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Congrès d’orientation
Québec solidaire chiffrera sa plateforme électorale plus tard
Le parti est toujours souverainiste, mais admet que sa démarche pourrait conduire à autre chose que la souveraineté
Antoine Robitaille
Le Devoir
lundi 27 novembre 2006


Le parti Québec solidaire a adopté sa plateforme électorale en fin de semaine à Montréal, lors de son congrès d’orientation, mais n’était pas en mesure hier de chiffrer plusieurs des éléments qui la composent. Quant à la question nationale, les porte-parole du parti ont admis que leur démarche de « démocratie participative » pourrait aboutir à autre chose que la souveraineté du Québec.

« Ce sont des chiffres que nous ne sommes pas en mesure de vous donner aujourd’hui », a lancé sans détours la co-porte-parole Françoise David, lors d’un point de presse au terme du congrès auquel 320 délégués ont participé (il compterait maintenant 5100 membres). Elle a précisé que le parti, qui veut entre autres nationaliser l’eau et l’énergie éolienne, définirait un « cadre financier » à la mi-mars, lors de son prochain conseil national, sinon avant le déclenchement des prochaines élections générales. Alors, les chiffres seront « irréfutables », a-t-elle dit. Elle a nié avoir promis au mois de mai qu’au terme du congrès, elle présenterait des mesures « chiffrées ». « J’avais dit "au besoin chiffrés" », a-t-elle précisé. « Nous voulons encore travailler sur ces chiffres, vous conviendrez que c’est un travail laborieux », a expliqué l’autre porte-parole, Amir Khadir, plus tôt hier.

Certaines mesures promues par QS pourraient coûter cher à l’État québécois, mais ces nouvelles dépenses seraient en grande partie financées par de nouveaux revenus, ont soutenu les porte-parole. Au chapitre des dépenses, QS promettra notamment de rehausser les prestations de la sécurité du revenu « au niveau de ce qu’on appelle les personnes ayant des contraintes sévères à l’emploi », ce qui ferait passer ces prestations de 650 $ par mois à environ 800 $. Le salaire minimum serait progressivement haussé à 10 $. Aussi, les prestataires d’aide sociale recevraient leurs médicaments gratuitement. Un gouvernement QS chercherait aussi à réduire les frais de scolarité, avec pour objectif, à long terme, de rendre l’éducation totalement gratuite, mesure que Mme David a évaluée à environ 533 millions de $. C’est sans compter que QS veut, dans les écoles, diminuer légèrement le nombre d’élèves par classe, ce qui pourrait coûter 420 millions $, a indiqué Mme David.

Selon Amir Khadir, toutefois, la création d’une nouvelle société d’État comme Pharma-Québec, « un pôle public de recherche, de production et d’acquisition de produits pharmaceutiques », permettrait de faire d’importantes économies (non encore évaluées). QS compterait de plus sur des revenus venant d’Éole-Québec et des redevances sur l’exploitation de l’eau. Le congrès de QS a décidé samedi de nationaliser les projets éoliens futurs (mais ceux déjà réalisés ne seraient pas expropriés) et a réclamé un moratoire sur le développement de cette énergie, qui se ferait de façon anarchique. « Dans le futur, les revenus importants que ça génère resteraient au Québec. » Mme David évalue aussi que l’État pourrait aller chercher « entre 2 et 3 milliards $ » supplémentaires dans les poches des particuliers les plus riches et des entreprises, mais aussi en luttant contre l’évasion fiscale.

Démocratie participative

Par ailleurs, QS a arrêté hier sa démarche d’accession à la souveraineté du Québec, qui, a soutenu M. Khadir, ferait sortir l’option souverainiste de l’impasse dans laquelle elle est actuellement. Présentée à la tribune par un militant passionné comme une démarche « fondamentalement et radicalement de démocratie participative et citoyenne », elle veut annihiler l’emprise du « chef » sur celle-ci.

Après l’accession de QS au pouvoir, le gouvernement procéderait à l’élection au suffrage universel d’une « assemblée constituante composée à parité d’hommes et de femmes » et dont M. Khadir a dit ignorer la taille et la durée de vie, pour l’instant. Cette assemblée consulterait la population et ferait par la suite des propositions que le gouvernement soumettrait à la population par voie de référendum. Deux questions seraient alors posées : l’une portant sur l’avenir politique et constitutionnel du Québec, l’autre sur une constitution québécoise. Il n’est pas certain que la constituante proposerait de faire la souveraineté, a admis M. Khadir. « Cela m’attristerait », a-t-il dit, mais si c’est là la volonté du peuple...

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