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Denis Vaugeois a entièrement raison de mentionner qu’on a occulté l’histoire des célébrations du 400e. Il a raison de s’étonner qu’on ait fait une exposition, à la gare, sur les Juifs de Québec, Juifs qu’on pourrait compter sur les doigts de quelques mains à peine en ville. D’ailleurs ils sont allés chercher leur rabin en France ! Mais on n’a pas dit un mot de Québec au temps du choléra, notre holocauste à nous.
Le pire oubli du 400e aura certainement été l’épidémie de choléra de 1832-33, de loin la pire tragédie humaine de l’histoire de notre peuple. Il y a quelques années, c’était la panique totale à Toronto pour le SARS, pour à peine 50 morts dans une ville de 5 millions. On fait tout un plat présentement des 17 morts de la listériose au Canada. On a vidé nos comptoirs de fromage, on a arrosé nos Chevaliers Mailloux d’eau de javelle et menacée une grande réussite culinaire et industrielle québécoise pour une seule mort au Québec !!! Une seule mort !
On ne mesure pas le drame du choléra à Québec qui a fait 3000 victimes en un seul été.
Porte d’entrée des millions d’immigrants britanniques en Amérique au 19e siècle, la ville de Québec en a payé un lourd tribu. "Entre 1829 et 1865, pas moins de 1 084 765 personnes de la Grande-Bretagne passent par Québec, soit en moyenne 30 000 par année. Cette immigration massive apporte aussi des vagues successives d’épidémies qui déferlent sur le Canada à partir de 1832." (Histoire de la ville de Québec, P.195)
"Le taux de mortalité augmente continuellement au cours des premières décennies du siècle. D’après les chiffres publiés par le gouvernement à l’époque, on estime ce taux à 54,3 par 1000 entre 1825 et 1832. Ne sachant pas les causes véritables des maladies contagieuses, on accuse les immigrants. Et bien sûr, chaque été, la mortalité augmente. Il est facile d’en conclure que l’arrivée des navires, avec leur cargaison de pauvres immigrants, en est la cause. Depuis 1823, on tente de les isoler, mais la quarantaine se fait dans le port même, et encore seulement dans le cas où l’immigrant porte des signes de la maladie."
"La croissance du nombre d’immigrants à partir des années 1820 rend très difficile le contrôle ; ils débarquent rapidement des navires et, souvent sans le sou, ils s’entassent dans des tavernes, des auberges de troisième ordre et même dans des caves où ils ne se trouvent guère mieux qu’à bord des navires que les avaient menés au Canada. Dans de telles conditions, quand il y a épidémie, la contagion se répand très rapidement parmi les habitants de la ville, atteignant bientôt les autres régions de la vallée du St-Laurent et le Haut-Canada, à mesure que les immigrants pénètrent à l’intérieur du pays. Partout les habitants de la province, dans la région de Montréal surtout, soutiennent que l’Angleterre était responsable des ravages du choléra, parce qu’elle avait envoyé dans le pays une immense émigration qui portait en elle les germes du fléau."
"En 1832, craignant les ravages du choléra, déjà épidémiques en Europe, les autorités décident enfin de prendre des mesures élémentaires de protection, notamment le déplacement de la station de quarantaine du port de Québec à Grosse-Ile. Cette mesure reste cependant inefficace, puisque plusieurs navires se rendent à Québec sans même s’arrêter à la station de Grosse-Ile. En 1832, le choléra emporte plus de 3000 victimes dans la ville, dont au moins 2200 résidents permanents ; en 1834, il y a plus de 2000 nouvelles victimes." ((Jean Bruchési, Histoire du Canada)
Dans une ville d’à peine 28,000 habitants !!! Onze % de morts en un seul été ! C’est de loin la pire tragédie humaine de notre histoire. Notre holocauste à nous, complètement ignoré de la grande majorité des Québécois
Si on était des Juifs -si seulement on avait l’intelligence des Juifs ! il y aurait une énorme statue dans le port de Québec à la mémoire de ces 3000 victimes. On aurait un immense musée rappelant toute cette saga ; comment les Anglais nous envoyaient des bateaux pleins d’Irlandais malades, comment l’épidémie s’est répandue dans une ville où la population était saine, comment toutes les familles ont été touchées, qui perdant une mère, qui perdant un fils, qui perdant ses deux parents, orphelins à 5 ans. Le nom des victimes serait aligné sur les murs du musée. Chaque année, on tiendrait une journée du souvenir où, pendant deux minutes, tout le Québec s’arrêterait.
On ferait des films, des tas de films sur cette époque, qui feraient le tour de monde et des téléséries qu’on reprendrait à chaque année, mais sous un nouvel angle.
Mais on est juste des Québécois. Un peuple encore un peu mouton, dirigé par des élites aplanvantristes, Gratton sur les bords. Alors on a fait une exposition sur les Juifs de Québec à la gare, sur les souffrances terribles qu’ils ont connues au contact des Québécois, antisémites ben sûr...
Cette étude met en rapport la spécificité de L’été de l’île de Grâce comme roman historique avec le projet, formulé dans La maison Trestler, de relecture de l’histoire officielle par le biais du quotidien. Tout en préservant soigneusement les détails événementiels de l’épidémie de typhus de l’été 1847, le roman se présente comme « texte national, dont la fonction, selon Jacques Pelletier, serait de proposer d’abord la connaissance et ensuite la transformation de soi et du monde. L’évocation de l’histoire événementielle dans L’été de l’île de Grâce nous amène à lire le roman à travers les documents qui constituent l’Histoire officielle, confrontation qui finit par dégager les mécanismes du roman historique en tant que genre, et situe le roman de Madeleine Ouellette-Michalska dans le contexte du roman national. L’histoire de la Grosse Île est un moment mal connu de l’Histoire du Québec. En ce sens, L’été de l’île de Grâce accomplit une double fonction : il propose moins une réécriture de l’Histoire officielle qu’une écriture de cette Histoire oubliée, par le biais du quotidien, du banal. Le récit fait d’abord connaître ce passage tragique et peu remémoré du passé national pour ensuite transformer l’essentiel de cette Histoire en lui donnant des dimensions mythiques, c’est-à-dire nationales
Entièrement d’accord avec vous M. Noël !
Les années 1830/40 n’ont pas été bonnes pour nos ancêtres, patriotes ou non. On peut affirmer que les Anglais ont tenté de réaliser un génocide sur les "Canadiens".
C’est vrai que nous sommes un peu moutons mais c’est peut-être mieux que certains peuples qui asservissent leurs voisins. Être victime n’est pas l’idéal mais être bourreaux est pire encore...me semble. faudrait demander à W. et ses amis.

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