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J’ai lu de nombreux commentaires de journalistes et d’experts constitutionnels depuis le début de la crise politique qui frappe actuellement le parlement canadien. Personne n’est d’accord. Cela ne fut pas sans me rappeler ce sombre épisode où la Cour Suprême du Canada a reconnu le droit des provinces canadiennes et du parlement fédéral d’imposer légalement au Québec une nouvelle constitution sans que son accord soit nécessaire. Les juges de la Cour Suprême ont alors décidé que la légalité permettait de faire ce que la légitimité interdisait, parce que la Québec ne jouissait pas de la majorité.
Remarquez bien, quelques années plus tard le Québec a échappé l’entente sur les accords du lac Meech même s’il jouissait de l’appui d’une majorité de provinces. Une minorité, soit deux provinces, a suffi pour défaire l’entente. On le voit bien, les règles constitutionnelles sont forgées pour toujours donner tort au Québec, qu’il jouisse de la majorité, de la légalité ou de la légitimité.
Le problème auquel fait face la gouverneure générale est exactement du même ordre que celui auquel le Canada faisait face lors du rapatriement de la constitution en 1982 et lors du rejet des accords constitutionnels du lac Meech en 1990. Elle doit décider qui a raison et qui a tort. Ceux qui bénéficient de la majorité, de la légalité ou de la légitimité ?
Si les conservateurs de Stephen Harper ont été légalement élus, ils sont maintenant dans l’impossibilité de faire fonctionner le parlement, ce que pourraient faire les trois autres partis. Peut-on nier cette légalité aux trois autres partis même s’ils sont majoritaires ? Oui, si les règles constitutionnelles leur donnent tort, comme elles ont donné tort au Québec, lorsqu’il jouissait de la légitimité dans un cas (1982) et de la majorité dans un autre cas (1990).
On le voit bien, ce ne sont pas les règles constitutionnelles qui permettent de trancher les litiges au Canada, ce sont d’abord les enjeux politiques du moment, même lorsque le Québec a l’illusion de faire partie de la majorité comme ce fut le cas lors de la célèbre nuit des longs couteaux, cette nuit là il a perdu son droit de véto.
Jusqu’à ce jour, le camp du Québec a toujours perdu parce qu’il ne bénéficiait pas des appuis politiques prépondérants au sein du Canada. Que la coalition gagne ou perde la présente bataille, une chose est sûre, le Québec sera toujours politiquement perdant, c’est la seule règle qui prime au Canada. Les règles constitutionnelles ne seront jamais d’aucune utilité au Québec, car elles seront toujours interprétées au fil d’arrivée comme étant défavorables au Québec, la Cour Suprême étant un tribunal politique en matière constitutionnelle lorsqu’il s’agit de décider de l’avenir du Québec. Voilà la seule logique canadienne.
Les règles constitutionnelles sont une supercherie. Quelle que soit la situation, elles seront toujours interprétées pour donner tort au Québec, qu’il jouisse de la légitimité, de l’appui de la majorité ou même de la légalité. Il y aura toujours une règle constitutionnelle pour rendre illégal ce qui est légal si cela est dans l’intérêt politique du Canada, quitte à inventer de nouvelles règles, une spécialité de la Cour Suprême du Canada !
Si les règles constitutionnelles ne sont d’aucune utilité, même lorsque le Québec jouit de la majorité ou de la légitimité, que faut-il en conclure ? Que la seule façon d’avoir raison dans un système où le Québec est toujours perdant même lorsqu’il a raison, c’est qu’il invente ses propres règles qui lui donneront raison même lorsque le Canada lui donnera tort. Mieux encore, qu’il quitte tout simplement la fédération canadienne !
Louis Lapointe
M. Lapointe,
Je n’ai pas grand chose à rajouter. Encore une fois vous faîte preuve d’une logique implacable.
À voir la réaction du ROC en ce moment, il est encore plus manifeste que jamais que les québecois ne seront jamais autre chose à leurs yeux, qu’une nation à assimiler dans le grand ensemble canadien. Le Canada n’est pas seulement disfonctionnel mais aussi irréformable.
Le pire présentement, c’est que Jean Charest qui est habité par cette culture du ROC, gère le Québec et travaille à réaliser cet objectif d’assimilation et de subordination de notre nation. C’est un bien triste Sir. J’espère que les québécois vont enfin s’ouvrir les yeux.
Salut Bernard,
Je ne sais pas si tu as fait la même chose que moi ce matin. Deux heures à attendre pour savoir quelles règles constitutionnelles primeraient. Tout le monde l’a vu, au-delà des avis des experts, c’est toujours et encore la politique fédéraliste canadienne qui décide du sort du Québec et comme l’a si bien dit Stephen Harper à la toute fin de son allocution, même si le Bloc représente majoritairement le Québec aux Communes, quand on est un parti fédéraliste on ne peut pas être associé aux séparatistes, c’est une règle fondamentale en régime canadien.
Voilà probablement de quoi ont parlé entre autres Stephen Harper et Michaëlle Jean pendant ces deux longues heures, du péril séparatiste qui guette le Canada à travers la coalition. Les intérêts du Canada ne peuvent pas concorder avec ceux des représentants élus du Québec lorsqu’ils sont séparatistes. Voilà probablement pourquoi la session a été prorogée.
Quand les avis des experts sont à 50/50, cela permet de choisir la règle constitutionnelle qui fait le plus l’affaire de la politique fédéraliste canadienne ! Quand il y deux avis juridiques dans le classeur, il est facile de choisir celui qui fait notre affaire, tout comme nous l’a si bien démontré le maire Tremblay au cours des dernières semaines. C’est exactement la même logique juridique qui s’applique dans toutes les institutions fédérales canadiennes.
J’espère qu’à la suite de ce dernier épisode de l’Histoire du Canada, les Québécois vont comprendre qu’ils sont les seuls maîtres de leur destin et que l’avenir du Québec est une question trop importante pour la laisser se décider par les 10 autres gouvernements de ce pays d’où la majorité de nos représentants démocratiquement élus a été clairement exclue par le premier ministre de ce pays devant nos yeux ébahis !
La déclaration du premier ministre du Canada est lourde de sens puisqu’elle suivait immédiatement la rencontre au cours de laquelle lui et la gouverneure générale du Canada se sont entendus pour proroger dans des circonstances exceptionnelles les travaux des Communes. Le Québec a encore une fois été clairement exclu du Canada. Le geste de Stephen Harper est sans équivoque, puisque manifestement, comme sa déclaration le prouve bien, il visait nommément la majorité des députés élus du Québec, ceux du Bloc.
J’espère surtout que les Québécois vont comprendre cela avant le vote de lundi prochain ! Ça nous permettrait de passer de plus belles vacances de Noël et d’être de retour en pleine forme en janvier pour la suite des choses, autant à Québec qu’à Ottawa !
Bonne fin de journée !
Louis

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