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La gouverneure générale du Canada, représentante de la reine d’Angleterre au Canada, dans son discours sous la pluie sous les yeux du monument à Samuel de Champlain, ce matin à 10h53, a cité deux poètes québécois qui ont été emprisonnés par la police de Pierre-Elliott Trudeau pendant la crise d’octobre 1970.
Elle a dit que comme Pauline Julien, elle avait l’âme à la tendresse.
Voici le texte de cette chanson de Pauline Julien.
L’âme à la tendresse
Ce soir j’ai l’âme à la tendresse
Tendre tendre, douce douce
Ce soir j’ai l’âme à la tendresse
Tendre tendre, douce douceTresser avec vous ce lien et cette délicatesse
Vous mes amis d’hier et d’aujourd’hui
Cette amitié dans la continuité
Un mot un regard un silence un sourire une lettreFrançoise Allen Claire Patrick Kim Roland Réjean Louise
Et tous les autres que je n’saurai nommer
Vous êtes mes havr’s des soirs de détresse
La goutte d’eau qui fait jaillir la source ma lumièreAujourd’hui pourtant je vous attends en vain, je vous espère
Que faites-vous j’appelle je tends les bras
Nos amitiés se sont-elles évanouies ?
Peut-être n’avons-nous plus rien à nous dire je chavirePourtant nous savons que la vie est plus forte que la mort
Le désespoir a dit son dernier mot
Permettez-moi de vous aimer toujours
Riches de nos secrets j’attendrai j’attendrai
J’attendrai j’attendrai j’attendrai j’attendrai
Les amitiés nouvelles.
Michaëlle Jean, en souvenir de ses anciennes amours trahies, a aussi cité Gaston Miron : “l’idée du champ dans l’épi de blé au coeur des feuilles l’idée de l’arbre.
Voici le poème de Gaston Miron.
TÊTE DE CABOCHE
par MIRON Gaston
Une idée ça vrille et pousse
l’idée du champ dans l’épi de blé
au cœur des feuilles l’idée de l’arbre
qui va faire une forêt
et même, même
forcenée, l’idée du chiendentc’est dans l’homme tenu
sa tourmente aiguisée
sa brave folie grimpantenon, ça n’déracine pas
ça fait à sa tête de travers,
cette idée-là, bizarre ! qu’on a
tête de caboche, ô liberté(Gaston Miron, « La vie agonique », dans L’homme rapaillé)
Lors d’un prochain discours, je ne sais comment elle pourra intégrer à ses propos sirupeux (du sirop de poteau), cet autre poème de Gaston Miron dont voici un extrait et qui suit Tête de caboche dans La vie agonique.
Gaston Miron (1928-1996)
Recours didactique
Mes camarades au long cours de ma jeunesse
si je fus le haut-lieu de mon poème maintenant
je suis sur la place publique avec les miens
et mon poème a pris le mors obscur de nos combatsLongtemps je fus ce poète au visage conforme
qui frissonnait dans les parallèles de ses pensées
qui s’étiolait en rage dans la soie des désespoirs
et son coeur raillait la crue des injusticesOr je vois nos êtres en détresse dans le siècle
je vois notre infériorité et j’ai mal en chacun de nousAujourd’hui sur la place publique qui murmure
j’entends la bête tourner dans nos pas
j’entends surgir dans le grand inconscient résineux
les tourbillons des abattis de nos colères
Je n’ai rien à ajouter.
Robert Barberis-Gervais, Marie-Victorin, 3 juillet 2008, jour de mon 43è anniversaire de mariage avec Marcelle Viger qui a donné au Québec quatre beaux enfants rendus “à leur grosseur”. Le lendemain d’un règlement au Journal de Québec.
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