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Tout le monde a vu la publicité péquiste qui dit : un enfant, une place. Le message est simple et efficace. Il décrit un engagement du Parti québécois s’il est porté au pouvoir. Il met en vedette des candidats aux élections Maka Kotto, Monique Richard, Pierre Curzi, Pauline Marois.
Ce message ne s’enfarge pas dans les questions financières. Le coeur du message : les places en garderie. Combien en manque-t-il ? “La réponse va vous surprendre parce qu’il n’y a que le plan Marois qui l’a calculé” dit Pierre Curzi. La réponse : “Un enfant, une place.” Pauline Marois vante ensuite “le gros bon sens” de son plan, le PLAN MAROIS.
Et Pauline Marois termine en disant :
“On peut financer mon plan en étant une province qui a un budget de 60 milliards de dollars. Mais si nous étions un vrai pays et non une province, nous aurions toutes nos taxes et tous nos impôts. Avec un budget d’environ 100 milliards, ça serait mieux pour le Québec.”
Vous savez que le dernier paragraphe est un ajout d’un souverainiste que Bernard Drainville, lors de sa convention, a qualifié d’idéaliste impatient même s’il est souverainiste depuis 1965. Bernard Drainville a fini son discours d’investiture par les mots magnifiques qui terminent le testament politique de Chevalier De Lorimier : Vive la liberté ! Vivre l’indépendance ! Impatient ? J’imagine que de la part de mon député c’est de l’humour inconscient.
A très forte voix, au Conseil national qui a mis de côté l’obligation du référendum, Pauline Marois a appelé de tous ses voeux “le pays”. Avec cette belle publicité efficace, n’était-ce pas l’occasion de parler du pays ! Vous me dites de ne pas être impatient et d’attendre après l’élection du Parti québécois. Il me semble avoir déjà entendu ce discours en 1973. Aujourd’hui, je vote pour la seule équipe prête former un vrai gouvernement. En 1975, par référendum, je déciderai de l’avenir du Québec. Une chose à la fois ! Chaque chose en son temps.
En 1976, même message avec engagement de tenir un référendum pour décider de l’avenir du Québec. En 2008, c’est Jacques Dupuis, chez Martineau, qui souligne que Pauline Marois s’est engagée à poser des gestes de souveraineté.
Mais la campagne électorale est jeune. Attendons, soyons patients. Comment Pauline Marois relèvera-t-elle le double défi de présenter un programme de gouvernement qui va fonctionner dans le cadre constitutionnel actuel tout en s’engageant à ce que l’Assemblée nationale pose des gestes concrets ouverts sur la réalisation de la souveraineté ?
Robert Barberis-Gervais, Marie-Victorin, 14 novembre 2008, la veille du 32è anniversaire de la victoire du Parti québécois de René Lévesque. le 15 novembre 1976.
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —
« On peut financer mon plan en étant une province qui a un budget de 60 milliards de dollars. Mais si nous étions un vrai pays et non une province, nous aurions toutes nos taxes et tous nos impôts. Avec un budget d’environ 100 milliards, ça serait mieux pour le Québec. »
Qu’est-ce donc que ces mots, « Mais si nous étions un vrai pays et non une province... », sinon parler du « pays » à faire, sinon parler du projet de le faire, sinon dire qu’on le fera, et qu’on veut le faire ?
Qu’est-ce qui peut être davantage explicite que cette mention dans le 15 secondes du clip journalistique afférent dont on dispose pour se proposer comme capable de gouverner le présent ?
Que faut-il de plus que puisse permettre la médiatisation contemporaine ? Ne parler que de souveraineté ? Refuser de se présenter comme devant AUSSI gouverner entre temps l’État du Québec actuel ? Vous croyez qu’un parti a des chances maintenant de surseoir à tout gouvernement qui ne soit pas celui de l’État souverain ? Qu’un tel parti de gouvernement aurait des chances d’être élu, si son projet consiste sitôt élu à cesser de gouverner l’État actuel pour l’engager dans la fondation du « pays » sans rien faire d’autre ou prévoyant si peu pour ce faire en attendant le « pays » ?
La question est, doit-on faire confiance à ce peuple souverain ?
Ou faut-il plutôt s’en méfier ? Incapable qu’il serait de voir où se trouve son intérêt, il faudrait sans cesse l’inviter à se méfier de nos dirigeants souverainistes. Ils sont d’emblée suspects. Ils n’ont fait que provoquer le report de l’accession de l’État à la souveraineté. Ce sont eux les ennemis du peuple. Ce ne sont pas les canadianisateurs. Ce ne sont pas les menaces qu’ils profèrent. Ce n’est pas l’argent qu’ils dépensent contre les lois du Québec. Ce sont bel et bien nos chefs souverainistes qui sont les fautifs, et dont il faudrait se méfier, suspects qu’ils seraient de renoncer au pays sous prétexte de conserver leur emploi. Ce seraient eux nos adversaires, eux qui méritent, à chaque fois qu’ils prennent la parole, d’être critiqués, contredits. Ils ne parlent pas de souveraineté, il faut les enfoncer. Quand ils en parlent ce n’est pas assez.
Ne faudrait-il pas souligner plutôt que le pays a été nommé. Il est là, présent, dans la présence qui est la nôtre à l’égard non seulement de ce qui doit advenir, mais aussi à l’égard de se qui se présente à nous à l’instant, dans l’instant du gouvernement de l’instant, dans la seconde de l’instant du clip médiatique qui résume tout à deux ou trois mots près. Voilà bien quelques secondes qui compte. On a accepté en haut lieu l’invitation qui était faite de parler du « pays », on en a parlé.
Déjà ça. On pourra en parler encore donc. Plus et mieux. Nos attaques contre les canadianisateurs sont donc fondées, on le fera ce pays. On en parle. Parlons-en. Au lieu de dépenser pour la guerre d’un Canada conquérant, on fera des enfants et des garderies pour les accueillir, le jour où nous serons maîtres chez nous et capable de décider comment dépenser nos recettes fiscales. Ce qui n’est pas le cas actuellement. Nous serons capables d’investir et dépenser nos capitaux propres le jour où le peuple souverain du Québec fondera l’État qu’il désire.

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