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PQ : quatre possibilités
Joseph Facal
www.josephfacal.org
mercredi 12 mars 2008


Les péquistes se réuniront en fin de semaine. Clarifions la question centrale qui les confrontera.

Un francophone sur deux veut la souveraineté du Québec. L’idée reste puissante et n’en est pas à son premier creux de vague. Ceux qui y croient n’ont donc aucune raison valable d’y renoncer, d’autant que le Québec perd rapidement du pouvoir au sein du Canada.

Mais croire que la souveraineté serait bénéfique ne veut pas dire qu’elle soit faisable à court terme. Que faire alors du référendum tant qu’une majorité ne veut pas de la souveraineté ?

Dilemmes

Théoriquement, quatre positions sont possibles, si on exclut bien sûr l’élection référendaire que le PQ a écartée il y a plus de trente ans et sur laquelle il ne reviendra pas.

a) Prendre l’engagement que vous tiendrez obligatoirement un référendum en cas de victoire électorale. C’est ce que disait André Boisclair en 2007. Dans l’état actuel des choses, à moins d’être suicidaire, c’est prendre un engagement que vous savez que vous ne tiendrez pas.

b) Prendre l’engagement que vous tiendrez un référendum seulement si vous gagnez l’élection avec un pourcentage du vote qui rende la chose crédible : autour, disons, des 45% recueillis en 1994. C’est ce que propose Denis Monière. Pour l’avenir prévisible, cela revient à admettre, sans le dire, que vous ne ferez pas de référendum.

Comme en 1981

c) Prendre l’engagement que vous ne tiendrez pas de référendum dans le prochain mandat. C’est ce que fit René Lévesque en 1981. Vous vous concentrez alors sur une gouvernance provinciale et sur la promotion de la souveraineté jusqu’à ce qu’elle soit majoritaire.

Pour tenir un référendum, il faudrait ensuite en obtenir le mandat lors d’une élection portant explicitement là-dessus. Irréprochable au plan démocratique, mais possiblement démobilisant et, bien sûr, turbulences garanties chez les militants.

d) Dire que vous ne tiendrez pas nécessairement de référendum, mais que vous ne l’excluez pas si une occasion se présente. C’est ce vers quoi semble vouloir se diriger le PQ.

Sur le fond, c’est identique à ce que Lucien Bouchard appelait les « conditions gagnantes » et que Bernard Landry appelait l’« assurance morale » : ne tenir un référendum que si vous pensez avoir une chance raisonnable de gagner. La seule différence est que vous dites vouloir travailler plus fort pour y parvenir.

Pas évident

Ce scénario n’est pas non plus sans difficultés. Tant que la possibilité d’un référendum demeure, le gouvernement se retrouve coincé entre des militants qui se soucient davantage du référendum que de la gouvernance, et une population qui se soucie plus de la gouvernance que du référendum.

Chaque initiative gouvernementale est vue comme une « astuce » pour mousser l’option. Des réformes nécessaires sont mises de côté pour ne pas mécontenter les électeurs. Et tous les groupes organisés vous font chanter en monnayant leur appui à la souveraineté.

Plus pervers encore, chaque fois qu’un gouvernement péquiste gouverne correctement dans un cadre provincial, il illustre, par définition, que le fédéralisme est « flexible » et que la souveraineté n’est donc pas « indispensable ».

Tant que la souveraineté ne sera pas majoritaire, ces dilemmes se poseront. Quatre options : faites vos jeux.



Source
http://www.josephfacal.org/pq-quatre-possibilites/

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No 274 - 2008

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