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Que veut l’Ontario ? Un partenaire pour faire contrepoids à la montée en puissance des provinces de l’Ouest.
La semaine dernière, les provinces canadiennes de l’Ouest se sont réunies avec les États américains du Nord-ouest pour trouver ensemble des solutions aux problèmes de circulation à la frontière entre les 2 pays. Malgré qu’il s’agit là d’un sujet de juridiction fédérale, le gouvernement fédéral canadien n’était pas invité à la rencontre. D’autre part, la rencontre entre le Québec et l’Ontario sur l’environnement s’est faite sur le dos du fédéral. À l’ouest comme à l’est, les provinces envoient le même message : Ottawa n’est plus pertinent dans la gouverne des affaires politiques.
Comme le journaliste Michel Vastel l’a bien vu, il s’agit de la diminution du pouvoir central et la montée en puissance des provinces canadiennes. La question qui se pose est alors de savoir jusqu’où ira cette montée du pouvoir de "facto" des provinces et si le gouvernement fédéral va pouvoir contenir cette nouvelle poussée. Si non, cela mènera raisonnablement à la rupture du cadre de la Constitution canadienne de 1982 ou à un rééquilibrage des forces politiques dans une nouvelle constitution. Est-ce la fin de l’option souverainiste ou est-ce que Jean Charest ouvre la marche qui y mène inexorablement avec cette entente qui enclenche un nouveau rapport de force avec Ottawa. Rapport de force qui devra être tranché un jour ou l’autre (souvenez vous du Lac Meech ?).
Pour se faire une idée de ce qui se met en place (nouveaux rapports de forces entre les provinces et Ottawa), il faut avoir des notions de géopolitique 101 :
La politique est affaire d’intérêts, de rapports de force et d’effectivité ; Les provinces sont des États naturels et Ottawa est un État arbitraire. La croissance des États naturels leur procure des capacités étatiques qui les amènent à vouloir remplacer l’état arbitraire (1). L’État naturel défend son intérêt et établit des rapports de forces pour y arriver et, si le rapport de force est favorable, la politique devient effective. La question qui se pose en définitive, c’est celle de savoir où irait l’appui du peuple (souverain) dans les rapports de force entre l’État naturel et l’État arbitraire. Pour en avoir une idée, demandons-nous où est allé l’appui des citoyens de Terre Neuve quand le premier ministre Danny Willams a établi un bras de fer avec Ottawa : M Williams fut élu avec 70% d’appuis.
Et où iraient les appuis des Albertains dans un conflit ouvert avec Ottawa ? Avec la montée en puissance des provinces de l’ouest (hausse des cours du pétrole), ces tensions géopolitiques internes seront exacerbées à un point tel que le gouvernement central ne pourra les contenir. La révolution se produit quand elle ne peut être contenue par les institutions du statu quo ( Robert David Steele, Open Sources Solutions inc.).
Cette nouvelle donne stratégique ne peut être qu’une bonne nouvelle pour la cause souverainiste. Il y a des fissures dans le mur du ROC et elles deviendront des brèches par lesquelles le Québec pourra sortir de la Constitution de 1982, qui ne résistera pas à ces tensions. Jean Charest, en fin finaud, ouvre la voie à un scénario qui mène au contraire de ce qu’il souhaite.
Il répète en cela le scénario pour sauver l’unité canadienne qu’était Meech au départ. Nous savons tous comment cela s’est terminé.
Cette fois-ci toutefois, les autres provinces ne formeront plus un mur avec Ottawa pour contenir la volonté d’émancipation du Québec.
Il y a des fissures dans le mur de ROC. Un bon match à suivre, mais n’oubliez pas vos notes de géopolitique 101.
(1) http://www.laliberation.org/index.php/Categorie-Geopolitique/L-implosion-du-Canada.html
Jean-Claude Pomerleau
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