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Tradition oblige, un bilan politique s’impose avant de laisser nos élus partir en vacances.
Tant à Québec qu’à Ottawa, la vie politique des derniers mois a été animée par des événements qui n’avaient rien à voir avec la volonté de nos gouvernements de remettre notre société sur le bon chemin : des scandales à Ottawa et des rapports de commissions à Québec.
Stephen Harper avait pourtant connu un départ impressionnant. On pouvait être d’accord ou non avec lui, mais voici, se disait-on, un homme qui sait où il veut aller et qui prend les moyens d’y arriver.
On réalise aujourd’hui qu’il n’avait dans ses bagages que des vivres pour un an et demi. Après avoir rapidement réalisé ses cinq engagements de base, il tue le temps depuis.
Hormis son désir évident de se rapprocher des États-Unis et de reprendre pied au Québec en lui faisant des pseudo-ouvertures qui tiennent largement de l’illusion, ce gouvernement sans ordre du jour fait du surplace.
Remarquez, ce n’est pas entièrement de sa faute.
Les conservateurs ont tenté d’orchestrer leur propre chute à d’innombrables reprises, mais ont toujours été sauvés par des libéraux décidés à avaler un nombre infini de couleuvres au mépris de leurs principes et de leur crédibilité.
Ce n’est pas non plus qu’il faille absolument qu’un gouvernement fasse de l’activisme forcené. Certaines choses se portent mieux quand nos gouvernements n’y touchent pas.
C’est simplement que moins la vie politique est animée par des questions importantes, plus les scandales auront un retentissement considérable.
Remercions Stéphane Dion qui, avec son ambitieux plan vert, vient d’ouvrir un débat de société effectivement fondamental.
Il sera fascinant de voir le sort que les électeurs réserveront à une initiative politique certainement critiquable, mais qui fait le pari, en cette époque qu’on dit cynique et revenue de tout, qu’on peut convaincre les gens d’accepter des changements profonds.
À Québec, même dynamique, mais avec une grosse différence.
Ce qui est pareil, c’est que le gouvernement de Jean Charest, lui aussi minoritaire, n’a pas d’ordre du jour le moindrement substantiel à faire avancer. La différence fondamentale est que cela le sert merveilleusement.
Sa fulgurante remontée tient bien sûr à une opposition officielle immensément décevante et à un autre parti d’opposition qui fait du surplace.
Au lendemain des élections du 26 mars 2007, l’ADQ devait convaincre les Québécois de sa capacité à gouverner. Elle a parfaitement réussi à les convaincre du contraire.
Mais la remontée du PLQ tient surtout à ce que la population n’a pas du tout, mais pas du tout envie de se lancer dans les changements ambitieux que l’on prête aux deux autres partis d’opposition. Elle voit donc dans la gestion pépère et pas trop gaffeuse des libéraux une sorte de refuge.
Le problème est que certains de ces changements profonds sont effectivement nécessaires. Plus nous attendrons, plus ils seront difficiles. Monsieur Charest sait cela parfaitement.
Tant à Ottawa qu’à Québec, des élections seraient la meilleure chose qui pourrait nous arriver. Quand on tourne en rond, il faut proposer au peuple une direction claire et lui demander s’il veut l’emprunter ou pas.

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