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Une société conquérante s’est implantée à côté d’une autre, conquise, qu’elle a cherché, par tous les moyens, à détruire, en l’assimilant ; puis, devant son échec, elle a cherché à la subordonner à ses intérêts. Une subordination à laquelle elle a donné le visage du fédéralisme, ne pouvant ouvertement lui prêter celui de l’État unitaire, mais y rêvant toujours. - Bernard Frappier
             
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Mise en garde de Bernard Landry
« On court à la catastrophe »
Le Journal de Montréal
mercredi 19 septembre 2007


Yves Chartrand - Le Québec ne peut se permettre d’accueillir des immigrants sans avoir une solide politique d’intégration. Selon Bernard Landry, « ça pourrait virer à la catastrophe si on fait croire à ces gens qu’ils peuvent conserver ici leur culture d’origine ».

Alors qu’une commission parlementaire s’est ouverte hier à Québec pour déterminer les quotas d’immigration pour les années 2008 à 2010 et que Jean Charest a déclaré ce weekend que « plus on va avoir de monde au Québec, plus l’économie va rouler », l’ancien chef du Parti québécois ne se gêne pas pour faire une mise en garde.

Pas multiculturel

Les immigrants doivent savoir d’avance, dit-il, « que le Québec n’est pas multiculturel mais bien multiethnique ». Les pays qui ont permis le multiculturalisme, comme la Grande- Bretagne, « commencent à le regretter et remettent cela en question ».

Ici, au Québec, juge Bernard Landry « ce n’est pas encore la catastrophe, mais ça pourrait virer à la catastrophe si on fait croire à des gens qu’ils peuvent recréer et conserver ici leur culture d’origine ».

Tout doit être mis en oeuvre par le gouvernement, dit-il, pour intégrer les immigrants et construire « une seule culture québécoise enrichie par l’apport de l’étranger ».

« Dans leur vie privée, [les nouveaux arrivants] peuvent faire ce qu’ils veulent, mais rien ne doit affecter le courant culturel commun qui est la culture québécoise, notre culture. » Bernard Landry estime également que « les immigrants doivent savoir avant de partir de chez eux que le Québec n’est pas bilingue, mais bien une société française », avec une seule exception, les anglophones du Québec qui possèdent « des droits historiques » qui ne peuvent s’appliquer à eux, nouveaux venus.

L’illusion du bilinguisme

Il rejoint ainsi la ligne de Mario Dumont, qui martèle depuis plusieurs mois qu’une hausse de l’immigration ne peut se faire sans des programmes complets d’intégration, notamment concernant la francisation.

Landry déplore qu’encore aujourd’hui, « un très grand nombre d’immigrants choisissent l’anglais », car, dit-il, « ils ont l’illusion que le Québec est bilingue et qu’ils sont OK parce qu’ils parlent anglais ».

Dans le même ordre d’idées, l’ancien chef péquiste juge que la commission Bouchard/Taylor sur les accommodements raisonnables est « une opération salutaire », car « il fallait crever l’abcès ».

« Aussi longtemps que l’on s’exprime en termes modérés, et c’est le cas pour presque tout le monde, dit-il, eh bien c’est parfait ».

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