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« Au fond, disait Groulx, ce qu’une catégorie d’Anglais ne nous pardonne pas, c’est d’exister ». Il serait à peine exagéré d’ajouter que c’est aussi ce qu’une certaine catégorie des nôtres ne se pardonne pas... Et c’est ça d’abord être colonisé.
"Groulx et nous" de Serge Cantin
             
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L’essentiel
René Marcel Sauvé
Tribune libre de Vigile
lundi 27 octobre 2008      199 visites


Il y a une trentaine d’années, un économiste américain de la Floride avait vu venir une monnaie spécifique au Québec, qu’il avait appelée Florin, comme en Hollande et comme à Florence et à Venise sous les doges.

Le Québec est appelé selon lui à avoir sa propre monnaie : le Florin et le Centime.

Et quant au reste, l’essentiel, c’est être reconnu État Nation. Nous sommes déjà reconnus nation. Il nous reste à nous reconnaître et nous faire reconnaître État. Nous y arriverons en incitant les autres provinces et les états américains à se reconnaître et se faire reconnaître comme États, ce qui aura pour effet d’éliminer les États post-impériaux, centralisateurs et unitaires en Amérique du nord.

C’est la graine que j’entends semer lors de ma première contribution à la troisième Convention des États Sécessionnistes le mois prochain, à Manchester, New Hampshire.

J’entends expliquer les statuts de facto du Québec sur la base des principes fondamentaux de la géopolitique et de la stratégie d’État.

Mon but : contribuer une base pour permettre à ces idéalistes d’étoffer leur propre argumentation. J’ai encore l’impression très forte d’avoir affaire à des idéalistes qui ont besoin d’une doctrine réaliste.

Et quant aux Catilinaires de Cicéron, que vous citez, Me Cloutier, elles furent composées contre un mouvement "séparatiste" dirigé par Catilina. Cicéron défendait la position centralisatrice et "fédéraliste" du sénat romain, préconisant l’inféodation inconditionnelle à Rome de toutes ses parties constituantes. Comme dans l’Empire Britannique, le "séparatisme" était puni de mort.

Mes ancêtres Wisigoths se sont finalement chargés de régler ce problème à leur manière. Je suis bel et bien un descendant des Wisigoths de l’Aquitaine et du Béarn. Ils ont conquis l’Espagne avant d’être battus par les Maures, meilleurs cavaliers qu’eux. Les Maures ont été à leur tour battus par les Basques, les vrais libérateurs de l’Espagne, experts en embuscades comme devait l’apprendre Charlemagne à ses dépens au col de Ronceveaux.

Voici pour notre culture à tous les Catilinaires de Cicéron. Un vrai discours de fédéraliste à la bonne conscience à rabais. Bonne lecture. Non, vous n’en mourrez pas.

"Quousque tandem abutere, Catilina, patientia nostra ?
Quamdiu etiam furor iste nos eludet ?
Quem ad finem sese effrenata iactabit audacia ?
Nihilne te nocturnum praesidium Palati,
nihil urbis vigilae, nihil timor populi,
nihil concursus bonorum omnium,
nihil hic munitissimus habendi senatus locus,
nihil horum uoltusque muerunt ?
Patere tua consilia non sentis ?
Constrictam iam horum omnium scientia teneri
coniurationem tuam non uides ?
Quid proxima ? Quid superiore nocte egeris,
ubi fueris, quos conuau caueris,quid consili
ceperis,quem nostrum ignorare arbitraris ?

O tempora ! O mores ! Senatus haec intellegit,
consul uidet ; hic tamen uiuit.

Comme Cicéron était du "bon côté" il a été ovationné et voué à la postérité. Quoi de nouveau sous le soleil ?

En voici une traduction sommaire :

Jusqu’à quand, enfin, Catilina, abuseras-tu de notre patience ?

Combien de temps encore cette rage qui est la tienne nous tournera-t-elle en ridicule ?

Jusqu’à quelle limite pourra se lancer ton audace sans frein ?

N ’y a-t-il rien pour t’inquiéter ? La garde de nuit du mont Palatin ; les patrouilles en ville ; les craintes du peuple ; le rassemblement de tous les gens de bien ; cet endroit où tu te trouves et qui est protégé ; le Sénat ; ces visages qui te voient ? N’as tu rien vu ?

Ne vois-tu pas que des desseins sont découverts ? Ne vois-tu pas que ta conjuration ne peut passer inaperçue ?

Ce que tu as fait la nuit dernière et les nuits précédentes, les gens que tu as convoqués, les décisions que tu as prises, penses-tu que cela ne s’est pas su ?

Quelle époque et quelles moeurs. Le Sénat voit et comprend ce qui se trame et pourtant, tu vis encore.

Il y a sans doute de meilleures traductions mais je pense que l’essentiel s’y trouve.

JRMS

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