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Les oubliés de la fête
André Pratte
Éditorial - La Presse
mercredi 25 juin 2008      1 message


Au cours des festivités des derniers jours, on a beaucoup parlé des 400 ans de présence française en Amérique. C’est à juste titre qu’on célèbre cette survivance qui relève du miracle.

Malheureusement, depuis que la Saint-Jean-Baptiste est devenue la Fête nationale des Québécois, on oublie trop souvent de souligner la contribution de ceux qui fêtent encore la Saint-Jean, qu’ils se trouvent à Saint-Boniface, à Sudbury ou à Moncton.

La comédienne Guylaine Tremblay a livré lundi soir, à Québec, un vibrant plaidoyer en faveur de la « lutte » pour la langue française. Dans cette tâche, les Québécois peuvent compter sur leur majorité en territoire québécois et sur leur État. Les francophones du reste du Canada n’ont pas ces avantages. Pour continuer à vivre en français, ils doivent vraiment s’échiner.

Partout, sauf au Nouveau-Brunswick, leur petit nombre les place dans une situation très difficile. Pensons aux 59 000 francophones de la Colombie-Britannique (1,4% de la population de la province, aux 65 000 francophones de l’Alberta (2% de la population). Une forte proportion d’entre eux parlent surtout l’anglais aujourd’hui, ce qui a fait conclure à bien des Québécois que leur assimilation était inéluctable.

Pourtant, d’un bout à l’autre du pays, on trouve des communautés francophones vibrantes, des gens qui s’obstinent à bâtir des institutions, à défendre leurs droits, à accroître la qualité des services en français, à publier des livres... Leur combat pour la survie du français est-il moins noble, moins important que le nôtre ?

Depuis le plan d’action pour les langues officielles lancé par Stéphane Dion en 2003 et récemment renouvelé par le gouvernement Harper, les minorités francophones reçoivent un appui important du gouvernement fédéral.

Le gouvernement du Québec, sous le leadership de Benoît Pelletier, s’intéresse plus que jamais au sort de ces communautés ; entre autres initiatives, des ententes de collaboration ont été conclues avec plusieurs provinces et un Centre de la francophonie des Amériques a été mis sur pied. De telles initiatives devront être renforcées et se poursuivre à long terme, quels que soient les partis au pouvoir à Ottawa et à Québec.

À compter de la Fête nationale des Québécois de 2009, on devrait faire une place particulière aux autres Canadiens de langue française. Car qu’ils soient Acadiens, Franco-Manitobains ou Fransaskois, tous les parents qui transmettent à leurs enfants la connaissance et l’amour du français poursuivent, comme nous, l’oeuvre entreprise il y a 400 ans par Samuel de Champlain.

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Vos commentaires:
  • Les oubliés de la fête
    25 juin 2008, par Gébé Tremblay

    M. Pratte, la St-Jean n’est pas la fête des francophones d’Amérique, mais la fête du peuple Canadien. Il ne suffit pas d’être francophone pour être du peuple Canadien. Il y a des Italiens possédant la nationalité italienne de par leur descendance, nés en Amérique et y vivant depuis toujours, qui ne savent pas un mot d’italien. Il en est de même pour les Canadiens, dont 20,000 descendants de l’émigration massive du 19e sciècle, vivants maintenant en Californie et qui ne savent plus un mot de français se sont inscrits comme membres du French Canadian Heritage Project aux USA. La fibre est bien vivante nonobstant la langue. Oui, des Canadiens de par le monde veulent retrouver leur souche et réapprendre la langue.

    Il aurait été un grand moment d’inviter ces descendants aujourd’hui Californiens en leur faisant une place de choix dans le défilé, mais cette fête "nationale" s’est superposée sur la fête du peuple comme pour lui renier ses souches et donc ne reconnaissant plus ses descendants à l’extérieur du Québec.

    Ils ne sont pas oubliés, mais reniés, pour laisser toute la place à la fête d’un État national qui n’existe pas encore.




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