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Les apparences sont toujours trompeuses
Au cours du dernier parlement, Jean Charest est apparu comme étant un premier ministre à la hauteur de la situation, en apparence dis-je bien
Normand Perry
Tribune libre de Vigile
mercredi 3 décembre 2008      88 visites


Le 1er décembre dernier et sous la plume de Joël-Denis Bellavance, il était révélé qu’un sondage Crop-La Presse mené auprès de 603 répondants du Québec, démontrait qu’une large majorité d’entre-deux (76%) était en faveur de la coalition gouvernementale (en attente) à Ottawa, afin de gouverner le Canada de manière raisonnable et approprié en ce temps de crise économique, s’annonçant comme étant l’une des plus difficile, voire pire, depuis la Grande Dépression suivant le Krach boursier d’octobre 1929. Est-ce à dire que le peuple québécois, représenté par les répondants du sondage en question, n’acceptent pas l’idéologie de droite ayant refait soudainement surface la semaine dernière dans la mise à jour économique, présentée au Parlement canadien par le ministre des Finances, le très conservateur Jim Flaherty ? Discours contenant des mesures ayant fait bondir d’un seul trait et de manière commune les trois chefs de l’opposition officielle, les soudant alors en une coalition impensable jusqu’alors ?

Alors si tel est le cas, et la lecture que les québécois portent sur les événements se déroulant actuellement à Ottawa semble l’indiquer, ainsi nous devrions y penser deux, trois et quatre fois avant de donner une majorité parlementaire à Jean Charest le 8 décembre prochain.

Pourquoi donc ?

Au cours du dernier parlement, Jean Charest est apparu comme étant un premier ministre à la hauteur de la situation, en apparence dis-je bien, ayant un tempérament beaucoup plus posé, en apparence dis-je bien, et en apparence à l’écoute des québécois, dis-bien aussi. Tout ça c’est le Jean Charest chef d’un gouvernement minoritaire, ayant l’obligation de se concilier avec les autres formations politiques élues à l’Assemblée nationale du Québec, tenant ce que l’on appelle dans le jargon des affaires un « low profile ». Mais avons-nous la mémoire si courte que ça au Québec, pour ainsi oublier le vrai visage de Jean Charest ?

D’abord, ayons clairement à l’esprit que Jean Charest n’a rien d’un libéral au sens strict du terme « libéral » en politique. Jean Charest était, est et sera un conservateur pour toujours.

Jean Charest est de la même mouture politique que son homologue d’Ottawa, en l’occurrence Stephen Harper.

Jean Charest est dans sa véritable nature, le premier ministre majoritaire, qui de 2003 à 2007, n’en a fait qu’à sa tête à l’Assemblée nationale du Québec, enfonçant dans la gorge des québécois des projets dont la grande majorité du peuple au Québec ne voulait rien entendre.

Qu’ont été ces quatre années d’un gouvernement majoritaire de Jean Charest ? Le tarif des garderies augmenté de $5 à $7 par jour (promesse brisée) ; des lois anti-syndicales (dont un jugement vient de reconnaître l’anticonstitutionnalité) ; la gestion d’une seule idée à propos du Mont-Orford à l’encontre de la majorité de la population locale et provinciale ; ce fut également la gestion d’une seule idée à propos du projet de centrale au gaz de Beauharnois ; c’est la gestion parlementaire de lois passées sous le bâillon et d’un comportement anti-démocratique. Besoin est-il de dresser une liste encore plus longue de mauvais souvenirs d’un gouvernement majoritaire de Jean Charest ?

Alors au lieu de nous laisser endormir par le discours actuel de monsieur Jean Charest nous quémandant la clé d’un pouvoir absolu et autoritaire, prétextant la nécessité d’une stabilité gouvernementale illusoire, ayant démontré dans un passé tout récent qu’elle mène presqu’au bord du désordre social, nous devrons nous interroger sur la nécessaire police d’assurance que constitue un gouvernement minoritaire mené par un supposé libéral à la substance nettement conservatrice.

Il y a pourtant bien d’autres options sur la table en ce moment, n’est-ce pas ?

Normand Perry, b.ph.
L’auteur fut chroniqueur politique à Webzine et Vigile jusqu’en 2007.
Il a été candidat de Québec solidaire aux élections provinciales de 2007 dans Beauharnois.

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