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Les accommodements sélectifs de Mario Dumont
Claude Richard
Tribune libre de Vigile
vendredi 23 février 2007      118 visites


Mario Dumont se pète les bretelles avec les accommodements raisonnables et tâche de faire du millage là-dessus. On a démontré qu’en 2003 son fusil était sur l’autre épaule : il fallait accommoder sans trop de restrictions les communautés culturelles. Le bonhomme n’est pas opportuniste du tout !

Mais le cher Mario a-t-il songé qu’il est en faveur du plus énorme accommodement qui puisse exister pour le peuple québécois ? C’est bien sûr sa dépendance à l’égard de son voisin canadien. C’est accepter de se soumettre aux volontés d’un gouvernement dont les valeurs et les intérêts diffèrent grandement des nôtres.

Les exemples pleuvent. Retenons-en deux que l’actualité récente a mis en lumière. D’abord, le développement de l’extraction des sables bitumineux de l’Alberta, pour lequel, si je m’abuse, les compagnies exploitantes sont subventionnées par Ottawa. Il a été amplement démontré que cette exploitation, qu’on veut quintupler, est une source importante de gaz à effet de serre. Or les Québécois, qui ont refusé le Suroît, ne sont pas d’accord avec ce type de développement polluant.

Autre exemple qui devrait faire réfléchir Mario : les retombées du contrat de Boeing accordé sans soumission. Ce sont des centaines de millions qui vont échapper au Québec parce que Harper et compagnie en ont décidé autrement. Combien d’emplois seront ainsi perdus chez nous tandis que nous paierons notre très stricte part de ces avions ? Mario les a-t-il comptés, ces emplois perdus ?

Tant qu’à parler d’accommodements raisonnables qui ne le sont pas, Mario Dumont devrait penser plus large que ses petits intérêts électoraux. En 1995, sa réflexion était moins dépourvue de calculs et un peu plus centrée sur les intérêts à long terme du Québec : il avait alors rejeté l’accommodement du fédéralisme canadien. Aujourd’hui, il préfère oublier cet accommodement et se mettre sous la coupe de ce Harper, tout miel en apparence pour le Québec, mais qui, au fond, défend âprement les intérêts de sa patrie, c’est-à-dire le Canada.

Comment faire confiance à un homme qui change si souvent d’idée et qui fait flèche de tout bois électoral ? C’est un petit politicien sans envergure qui n’est que le double, approuvé Conseil du patronat, de Jean Charest.

Claude Richard
Repentigny

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No 274 - 2008

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