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Les Québécois veulent l’indépendance
Le vrai problème du Québec actuellement, la cause de l’essoufflement du mouvement de l’indépendance, ce n’est pas la démission du peuple québécois, c’est le fait évident que le discours de l’indépendance n’est pas formulé, n’est pas proclamé.
Paul-Émile Roy
Tribune libre de Vigile
mercredi 9 avril 2008      274 visites


Dans Le Devoir de la fin de semaine, 5/6 avril, Caroline Montpetit parle du cinquième tome de l’Histoire populaire du Québec, de Jacques Lacoursière, qui vient de paraître, et qui porte sur la période de 1960 à 1970. La journaliste demande à l’historien pourquoi l’indépendance n’est-elle toujours pas faite ? Il répond que les Québécois, qui sont à l’aise partout, tant en Californie qu’au Mexique ou en Floride, n’ont pas envie d’ériger des frontières autour d’eux ! Est-ce possible ? Faire l’indépendance, ce serait ériger des frontières autour de nous ? Ne serait-ce pas plutôt nous prendre en main et prendre notre place dans le monde ? J’avais entendu un propos semblable, il y a plusieurs années, sur les lèvres de Madame Bacon qui affirmait qu’elle était contre l’indépendance, contre le repli sur soi du Québec !

Pendant que je parcours Le Devoir de la fin de semaine, je tombe par hasard sur un article de Pierre O’Neill, paru dans le même journal, la fin de semaine du 19/20 septembre 1998. Le titre de cet article : « Le PQ croit s’être fait voler le référendum ». En sous-titre : « 100 000 noms d’électeurs n’apparaissent pas sur la liste de la RAMQ ». Est-ce que ce sont les Québécois qui ne veulent pas l’indépendance, ou est-ce que ce ne sont pas plutôt des organisations très puissantes qui réussissent à étouffer, par des moyens antidémocratiques, la volonté d’indépendance de la majorité des Québécois ? Jean-François Lisée a bien montré qu’au lendemain de Meech, les Québécois auraient fait l’indépendance si Robert Bourassa les avait consultés. Quant au référendum de 1995, il semble qu’il ait été volé. Personne n’a réfuté la thèse de Robin Philpot, et on continue à nous dire que les Québécois ne veulent pas s’isoler, qu’ils ne veulent pas faire l’indépendance !

Le vrai problème du Québec actuellement, la cause de l’essoufflement du mouvement de l’indépendance, ce n’est pas la démission du peuple québécois, c’est le fait évident que le discours de l’indépendance n’est pas formulé, n’est pas proclamé. En deux petites phrases prononcées sur le perron de l’Hôtel de ville, de Gaulle a fait plus pour l’indépendance que tous nos petits politiciens gestionnaires qui parlent de l’indépendance, quand ils en parlent, en demandant pardon de leur effronterie. Ah ! Si l’indépendance pouvait donc se faire sans déranger personne !

Paul-Émile Roy

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No 274 - 2008

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