Le facteur Dion
Mots clés : PLC, Michael Ignatieff, Stéphane Dion, Élection, Parti politique, Canada (Pays)
Les partis politiques fédéraux sont sur le sentier de la guerre. De tous les chefs de parti, celui qui a le plus à perdre ou à gagner dans la campagne qui est sur le point de s'amorcer est Stéphane Dion. Dans le rôle de l'aspirant, il lui revient de démontrer qu'il a l'étoffe d'un premier ministre.
Que Stéphane Dion puisse confondre les sceptiques une autre fois n'est pas impossible. La tâche sera cependant ardue. Les attentes à son endroit sont élevées. Très élevées. Tous ceux qui n'en peuvent plus du gouvernement Harper savent que, pour se débarrasser des conservateurs, il faudra faire de Stéphane Dion le prochain premier ministre. Or, force est de constater que, depuis ce jour de décembre 2007 où il est devenu chef du Parti libéral, il n'a pas su incarner le changement et le renouveau de la politique canadienne. On est à cent lieues de la frénésie qui se vit aux États-Unis autour de la candidature du démocrate Barack Obama. Son charisme est au niveau zéro -- heureusement pour lui, Stephen Harper n'en a guère plus, mais pire, il peine encore à mettre en ordre son parti qui manque d'argent et de candidats.
La difficulté du chef libéral à affirmer son leadership est flagrante. En 20 mois, il n'a toujours pas su faire l'unité autour de sa personne. Certes, on a assisté ces derniers mois à un ralliement qui est loin d'être spontané. Députés et militants libéraux ont compris que pour gagner l'élection, il leur fallait resserrer les rangs.
Factice, cette unité pourrait ne pas tenir jusqu'au bout de la campagne électorale. À la première difficulté sérieuse, le chef pourrait se retrouver seul.
L'instinct politique fait complètement défaut à Stéphane Dion. Les chefs politiques n'en sont pas tous également pourvus, mais il n'a cessé de commettre des erreurs. Ses nombreuses menaces, jamais exécutées, de défaire le gouvernement ont fait ressortir la faiblesse de son jugement politique. On le sait capable de courage lorsqu'il s'agit de défendre ses convictions. Il peut s'entêter. Dans le feu de l'action électorale, saura-t-il prendre les bonnes décisions?
Au sein même de son parti, plusieurs ont remis son jugement en question lorsqu'il a fait de l'accord de Kyoto le coeur de sa plate-forme électorale. Au moment où l'économie ralentit, son projet de taxe sur le carbone a été contesté parce que pouvant accentuer ce ralentissement. On pourrait voir là une forme de courage politique, mais il aurait dû avoir la sagesse de développer par ailleurs une politique économique cohérente que l'on ne trouve toujours pas à son programme. En cette matière, il n'a pas à ses côtés un Paul Martin qui venait donner à Jean Chrétien une forte crédibilité.
Sauf sur les questions environnementales, le chef libéral n'a pas de nouvelles propositions à présenter aux Canadiens. Il s'accroche aux événements. La semaine dernière, il s'est transformé en défenseur des arts et des lettres en se joignant au mouvement de résistance aux compressions dans les programmes de soutien au développement culturel décrétées par le gouvernement Harper. Dans le débat sur la nation québécoise, il n'a pas non plus cherché à donner quelque signe d'ouverture que ce soit. Il incarne un fédéralisme centralisateur, laissant à cet égard tout l'espace aux conservateurs pour mettre en avant, au Québec, leur fédéralisme de coopération. Le Parti libéral n'est plus le parti du Québec qu'il fut pendant un siècle. Le fait d'avoir ce fils du Québec à sa tête, si peu en phase avec ses concitoyens, est un handicap plutôt qu'un avantage.
À quelques jours du déclenchement de la campagne électorale, les sondages peuvent rassurer M. Dion. Libéraux et conservateurs sont à égalité. Il ne faudrait pas toutefois qu'il se trompe.
S'il en est ainsi, c'est moins une manifestation de confiance des Canadiens à son endroit qu'un rejet des politiques conservatrices. Ce sera là son seul véritable atout. Le premier ministre Harper répliquera que l'absence de leadership du chef libéral fera courir au pays de plus grands dangers encore. Il en fera même l'élément central de sa campagne. À charge pour le chef libéral de nous révéler un autre Stéphane Dion. Autrement, il pourra être le facteur principal de sa propre défaite.
Vos réactions
Le NPD ? - par Jacques Lafond (lafond.overtime@gmail.com)
Le mercredi 03 septembre 2008 13:00
Un choix pénible! - par Claude Tremblay
Le mardi 02 septembre 2008 17:00
N est-ce pas lui ... - par Raymond Saint-Arnaud
Le mardi 02 septembre 2008 15:00
Stéphane Dion et la mémoire du Québec. - par Hubert Larocque (msbenoit@videotron.ca)
Le mardi 02 septembre 2008 14:00
Faites preuve d'audace; ouvrez les yeux! ! - par Michel Gagnon
Le mardi 02 septembre 2008 13:00
Choix impossible - par Pierre Rousseau
Le mardi 02 septembre 2008 10:00
Le même Stéphane Dion - par Jacques Lafond (lafond.overtime@gmail.com)
Le mardi 02 septembre 2008 09:00
Dionisaque. - par Yvon Montoya
Le mardi 02 septembre 2008 08:00
Dion est la tête de turc de tous - par Fernand Trudel
Le mardi 02 septembre 2008 08:00
Parlant de facteur... - par Michel St-Pierre
Le mardi 02 septembre 2008 08:00
Le Devoir maintient son rôle comme La Pravda du PQ/BQ - par Jean Leroux
Le mardi 02 septembre 2008 08:00
Les libéraux seront donc toujours des magouilleurs ou des rêveurs - par Max Roujeon (maxroujeon@videotron.ca)
Le mardi 02 septembre 2008 08:00
Libéraux et Conservateurs à égalité????? - par jacques noel
Le mardi 02 septembre 2008 06:00
Dion ou Harper, pourquoi pas essayer le NPD à la prochaine élection? - par Jacques Morissette
Le mardi 02 septembre 2008 05:00
Décembre 2006 - par Sylvio LeBlanc
Le mardi 02 septembre 2008 05:00
Un autre Stéphane Dion ? - par Georges Paquet (georgespaquet@sympatico.ca)
Le mardi 02 septembre 2008 04:00

