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« les Canadiens avaient vu en Durham un libérateur…
jusqu’au jour où ils apprirent qu’il préconisait
l’Union et l’Assimilation… »
***
Faut-il aller jusqu’à l’assimilation pour résoudre la crise canadienne ? Pour les raisons exposées dans la chronique précédente (cf. DOCUMENT de la chronique 17/29) et en vue « d’élever » le Bas-Canada à la hauteur d’une civilisation vraiment britannique tout en poursuivant le modèle d’intégration de la Louisiane à l’Union américaine, Durham dévoile de cette manière son désir d’assimiler les Canadiens-Français. Le cri d’alarme d’Étienne Parent est lancé le 15 octobre 1838 dans Le Canadien par un très long article.
Le plan de Durham pour résoudre le problème canadien-français comporte quatre parties :
1o D’abord la subordination politique ;
2o Un effort de peuplement britannique de la part de la Grande-Bretagne ;
3o La création d’une union législative ;
4o Puis, l’assimilation des Canadiens-Français.
Que se passera-t-il ? Comme le signale Maurice Séguin : « On sait que l’assimilation ne se produira pas, parce les Canadiens sont trop puissants et trop bien encadrés… même si ces cadres sont fragiles. » De plus, le Canada-Anglais ne sera pas suffisamment prospère rapidement pour absorber les Canadiens-Français. Il y a aussi cette présence étasunienne qui joue à l’avantage, indirectement, de la société canadienne-française et dont les Canadiens-Anglais craignent les conséquences néfastes sur l’intégrité des frontières canadiennes. Par conséquent, l’assimilation totale n’a pas eu lieu.
La subordination, par contre, est bien réelle ainsi que la mise en minorité de la société québécoise française. Ce qui est moins visible aux yeux des Québécois-Français, c’est la perte de leur agir par soi collectif aux plans interne et externe, sauf en ce qui concerne les pouvoirs ou les compétences provinciales concédées en 1867, mais sous la tutelle de l’État fédéral d’un Canada-Anglais.
Le problème auquel sont confrontés aujourd’hui les Québécois-Français demeure certes ce défi de l’assimilation mais, plus grave encore, celui de leur nombre relatif tant au Québec qu’à l’intérieur du Canada. Le problème en tant que tel ne peut être la qualité de la langue en soi que son poids réel au plan démolinguistique surtout au sein du Québec et dans la région montréalaise. L’affirmation collective d’un Québec français principalement dans l’île de Montréal constitue un enjeu majeur de la problématique indépendantiste.

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