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Le Roi des Amériques
Il faut réveiller les Québécois
David Poulin-Litvak
Tribune libre de Vigile
mercredi 4 juin 2008      165 visites      1 message


J’ai été surpris et amusé de voir que VLB a attaqué Mme. Jean en la qualifiant de reine-nègre. Ayant moi-même utilisé l’expression dans un texte sur Vigile, je ne pouvais que sourire à la pensée des Québécois qui s’effarent devant la sortie de VLB.

Je ne saurais parler pour VLB, mais je me permettrai de contribuer au débat en expliquant pourquoi, moi aussi, j’ai utilisé le terme dans un texte virulent, colérique. Parce qu’il faut réveiller les Québécois. J’ai hésité, moi aussi, en écrivant le texte, me disant : Que dira-t-on ?

Finalement, je me dis tant pis, c’est trop évident, trop vrai, avec une touche d’humour, car on se moque de la négritude, bien franchement, mais on l’utilise ici pour faire un point : nous sommes colonisés.

Mais l’essence de ce texte, c’était, finalement, que je sentais une colère, alors, pourquoi la renier, pourquoi la cacher ? Il ne s’agit pas d’une colère de pacotille, d’une colère de petit ego, mais une colère d’indignation ; si l’alouette a le droit de chanter, pourquoi pas moi ?

* * *

Qu’elle soit noire ou non importe peu, ce qu’a fait VLB, c’est simplement profiter du fait qu’elle est noire, sachant qu’il allait provoquer scandale, pour, justement, provoquer scandale. C’était ça le but : brasser la cage et refuser de se plier à la reine-nègre du Second Canada.

Le seul homme dans l’histoire des Amériques qui mérite toute notre admiration, le quarantième Père de la Nation, le quarantième signataire de la Constitution, qui l’a signée avec son sang, celui que j’appelle le Roi des Amériques, le plus grand des Américains, c’est Martin Luther King.

Lui n’était pas colonisé, il était Roi, de son nom, Réformateur, de son prénom, et Souverain, de ses initiales (m-l-k est la racine sémitique des déclinaisons de l’idée de possession, de souveraineté). À lui, je lui dis : Rêvons, mon frère, d’une Amérique qui n’aie pour seule race que la Liberté.

Mon peuple, comme le tien, était écrasé, je me lèverai, comme tu t’es levé, rappelant ta gloire, et ton rêve, je rappellerai aux miens, qu’ils sont les nègres d’Amérique. Nous, Québécois, sommes les derniers des nègres, la dernière nation qui n’a pas sa couronne, sa fierté, sa souveraineté.

Yâ Mâlik an-nûr, ô Cygne de Beauté, ô Blessed Mount of Virtue, les hommes sont aveugles, mais moi, je vois, et je dis : Voici que Moïse est revenu, déguisé, et qu’ils en ont fait ce qu’ils ont voulu, mais comme il n’est jamais mort, il ne mourra jamais, et la promesse de la vie éternelle, s’accomplira, éternellement.

Je vous le dis en vérité, en beauté : Les Égyptiens étaient blancs, et les Juifs Noirs, mais ils n’ont rien vu, car ils étaient aveuglés, incapables de percer le sens de la nuit profonde, celle où les âmes s’immiscent dans le monde des corps, les élevant, lentement, vers les cimes du suprême savoir : qu’il n’y a de mort qu’en apparence, et que la promesse s’accomplira : les justes jouiront de la conscience d’immortalité, de ce que le Frère Béni appelait la vie éternelle, de corps en corps, redécouvrant l’être sous ses atours nombreux, et étant, tour à tour, d’une race ou d’un sexe, d’une nation ou d’une religion, jusqu’à ce qu’ils réalisent qu’il n’y a qu’un seul sens à l’être, celui vers lequel se porte le regard de l’homme. Telle est sa liberté. Et le mien, mon regard, est porté vers un pays, où règneront les noirs et les blancs, les jaunes et les rouges, les bruns et les métisses, chantant en français des Amériques, l’Ode à la Liberté.

Vive le Roi des Amériques !
Vive la liberté !
Vive le Québec libre, indépendant, brillant,
Comme un phare de liberté,
Chantant les gloires de Bolívar et d’Alfaro,
De San Martín, et de Martí,
De Jefferson, et du Dernier,
Qui était le Premier,
Martin Luther King.

— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —

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Vos commentaires:
  • Le Roi des Amériques
    5 juin 2008, par Ouhgo

    M. David Poulin Litvak Il faut réveiller les Québécois…(vœu pieux, s’il en est)

    Il y eut ces jours-ci répétition de ce classique accrochage verbal sur la survie du français hors Québec. Mme Éléonore Mainguy, candidate à l’investiture du Bloc, dénonçait les lunettes roses de Michaëlle en lui demandant « Où voyez cette vitalité, Mme Jean ? » Elle s’appuyait sur les statistiques démontrant le rapide effritement du français hors Québec, et particulièrement dans le bilingue N.-Brunswick. Beauchemin avait déjà parlé de « cadavres chauds » et fait fulminer Antonine Maillet. Ici, l’expression qui choque fut « malade en phase terminale » image se voulant un stimulus pour réveiller les Québecois engagés sur la même pente savonneuse. La réplique épidermique ne s’est pas fait attendre. Mme Lise Routhier-Boudreau, (Fédér. C. Fr. Acadiens Canada) refuse d’être une statistique. Son argumentaire parle surtout du VOULOIR vivre en français hors Québec : DEMANDENT des sevices en français ; en 5ans, ont PRESQUE freiné le taux de transfert linguistique ; 650 écoles françaises hors Qc, 20 radios communautaires…

    La vie s’exprime jusqu’au dernier souffle. Il n’y a jamais un dernier du groupe pour proclamer : NOUS sommes morts. Le dernier naufragé du Titanic a continué à appeler dans la nuit noire, sur son épave glacée : Hoé ! Nous sommes là !… Ce sont les radios communautaires et les écoles consenties aux immigrés climatiques venus du Qc s’empoisonner des gaz échappés des drillings albertains… Mais le travail est en Anglais… Comme à Montréal… Pour choisir une langue, il faut qu’elle soit utile. Or le Canada n’a jamais accepté qu’une autre langue n’y soit utile que l’ANGLAIS !

    Les gestionnaires fédéraux de toutes les provinces s’entendent, devant les STATISTIQUES, sur une réalité économique : 2 langues en parallèle, à légiférer, à judiciariser, à administrer et à policer, c’est RUINEUX.

    Au Québec, dès 1980, il y aura bientôt 30, comme nous sortions du désastre financier des Olympiques, qui doublait celui de l’Expo’67, la fierté québécoise a eu les 2 jambes amputées et a refusé le grand saut dans un pays qui aurait aussi refusé le coûteux bilinguisme, qui aurait fait naître ses enfants en français pour les éduquer en français en vue de travailler en français, fêter sa liberté en français, accueillir ses immigrants en français et s’afficher au monde dans toute la normalité d’un pays s’exprimant par lui-même la l’ONU.

    Mais c’était il y a trente ans. Le Canada ne fut d’ailleurs pas étranger à ces désastres financiers qui devaient saper notre confiance. Et il en a remis. Nous a fait payer pour cette fugue ratée : vidé le territoire de services normaux ailleurs(communic. Ferroviaires, maritimes, portuaires, aéroportuaires et routières), sous prétexte d’instabilité politique, on a encouragé la sortie des sièges sociaux, puis des industries puis des services(délocalisations/ratonalisations) Affaires :banques/bourse. Revenus perdus, éducation plus coûteuse et anglicisée comme les services de santé, agriculture, etc. Élites recrutées pour servir ces desseins et nous convaincre, à coups de Commissions que la mondialisation oblige à s’unir avec le plus fort, voire à s’y fusionner au point de n’en être plus distinct.

    Ceci n’est pas l’histoire du français hors Québec. C’est la situation qu’a acceptée NOTRE jeunesse pour ne plus être ostracisée comme l’ont été leurs parents, trop différents des autres Nordaméricains. Humiliés de ne pas connaître toutes les paroles des chansons sur les radios satellites, humiliés de devoir tendre l’oreille devant les accents du B.C., de la Californie ou du southernTexas. Si en Nouvelle-Angleterre, en Louisiane, les francos n’ont pas pu gravir tous les échelons, c’est qu’ils avaient conservé un accent, une marque au fer rouge, qu’on détectait encore après l’assimilation. Nos enfants ne veulent pas ça. Ils veulent l’école anglaise de la maternelle (ils apprennent si vite à cet âge !) au MBA. Ils promettent de parler français à la maison, pour les vacances, en France… Mais en auront-ils vraiment besoin même en France ?

    Alors… Réveiller qui, M. DPL ? Et pourquoi ? Et comment ?

    Par la POÉSIE ? (SORRY ABOUT THAT)


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