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Réplique au texte de M. Gilbert Paquette intitulé « Pour un pacte électoral »
Le Québec : une nation vulnérable dans un monde instable
Après 30 ans de débats sur la souveraineté, 18 ans de pouvoir pour les souverainistes et 2 référendums, le Québec n’a jamais été aussi mal préparé pour faire la souveraineté.
Tribune libre de Vigile
mardi 19 février 2008      483 visites      4 messages


La mécanique électorale bourrée de « si » que propose M. Gilbert Paquette n’est rien d’autre qu’une variante ésotérique de la cage à homard de Jacques Parizeau. À la question : « Quel est le chemin vers l’indépendance ? » il faut répondre : « Le chemin de la rigueur et du respect de la population ». Voici pourquoi.

Le Québec : une nation vulnérable dans un monde instable.

Après 30 ans de débats sur la souveraineté, 18 ans de pouvoir pour les souverainistes et 2 référendums, le Québec n’a jamais été aussi mal préparé pour faire la souveraineté.

L’état :

La dette à $120 milliards est très élevée et elle augmente, les finances publiques en déficit de $5 milliards, le système de santé est encore très malade, les services sociaux sont débordés surtout la DPJ et les CHSLD, le système d’éducation est en désarroi et les enseignants épuisés, le système routier est délabré, la pauvreté et l’itinérance s’aggravent, les universités sont sous-financées et elles se complaisent à patauger dans le béton au lieu de rehausser la qualité de la formation, la fonction publique est toujours aussi obèse et inefficace et enfin le parlement se compose d’improvisateurs médiocres (gouvernement et opposition) sans vision, sans volonté politique et sans une perception claire des enjeux politiques, économiques, sociaux et environnementaux résultant de la mondialisation, du réchauffement de la planète et du vieillissement de la population. De véritables dinosaures politiques et économiques. Le programme de réfection routier de la Ministre Julie Boulet qui favorise l’automobile à Montréal en est un exemple patent.

L’économie :

L’industrie manufacturière, l’aéronautique et les services informatiques sont déportés en Asie et au Mexique, l’industrie forestière n’est plus compétitive après avoir dilapidé nos ressources (nous payons pour donner notre bois), les scieries et les usines de pâte et papier ferment. L’industrie de la pêche est en sursis en raison de l’épuisement des stocks de poisson et l’agriculture est dépassée et de moins en moins compétitive malgré les millions de l’état. Incapable de s’adapter au développement durable, le milieu des affaires est dépassé et il continue de proposer des projets non prioritaires, polluants, mal préparés et parasites de fonds publics. Les syndicats sont fonctionnarisés à l’os et figés comme des chevreuils surpris par les phares de la mondialisation.

La population :

L’épargne personnelle est à un bas niveau record et l’endettement personnel est au maximum, les emplois précaires augmentent au détriment des emplois permanents, le stress professionnel et la course au standing de vie entraînent l’épuisement, la dépression, le burnout, les problèmes affectifs et scolaires des enfants. Le manque de temps et le cynisme politique ont eu pour effet de dépolitiser la population, une population ignorante des enjeux politiques, économiques, sociaux et environnementaux résultant de la mondialisation, du réchauffement de la planète et du vieillissement de la population. Le vote des jeunes est au plus bas. La manifestation monstre à Québec pour Jeff Fillion et le peu de mobilisation contre le projet Rabaska et la poursuite abusive contre l’AQLPA, montre combien la population est ignorante des enjeux importants. L’absence de mobilisation et de solidarité des fermiers de la Gaspésie et du Bas St-Laurent berné par l’industrie éolienne de l’Ontario est un autre exemple d’une population ignorante, naïve et très vulnérable. Enfin la commission Bouchard-Taylor à montré que les Québécois sont incapable de se tenir debout. Ils s’aplatissent devant des demandes d’accommodements religieux déraisonnables et ils ne défendent pas leur langue en présence d’un unilingue anglophone.

Le mouvement souverainiste :

Pour bâtir leur crédibilité et se gagner la confiance de la population québécoise, les souverainistes se devaient de démontrer une capacité à gouverner supérieure à celle du Parti Libéral du Québec. Malheureusement les souverainistes ont toujours affichée une attitude de braillards contre Ottawa au lieu de se comporter comme des esprits indépendants capable de régler les problèmes relevant de leurs compétences et préparer avec rigueur la souveraineté. Ils n’ont pas su régler les grands problèmes de l’état Québécois soit les finances publiques, la santé, l’éducation et l’entretien des routes. Ces problèmes se pointaient déjà au début des années 1980. Au lieu de commencer à les résoudre, ils ont accumulés les déficits, gonflé la dette publique et nous ont servi la valse des ministres de l’éducation tous aussi impuissants les uns que les autres à réformer le système et à réduire l’énorme bureaucratique de ce ministère. Finalement ils ont bousillé le système de santé en favorisant la retraite anticipée de trop de médecins et d’infirmières au lieu de démanteler la monstrueuse bureaucratie du ministère de la santé qui compte toujours plus de fonctionnaires que de soignants. Dans leur dernier mandat les souverainistes ont laissé faire les aventuriers de la Caisse de Dépôt qui ont risqués et perdus plus de dix milliards de l’argent de nos fonds de pension dans l’aventure Vidéotron et dans l’effondrement des titres technologiques en bourse. Malgré les nombreux avertissements de Stephen Jarislowsky dans les mois précédents, Bernard Landry n’a rien fait. Il y a eu aussi les $500 millions de fonds publics gaspillés dans la moribonde Société Nationale des Chevaux de Course (SONACC), la faillite de Métaforia ($25 millions) et l’horrible cafouillage de la Gaspésia ($100 millions). Depuis sa défaite 2003, le PQ patauge dans l’idéologie entre la vision radicale du SPQ libre et celle de centre-droite d’André Boisclair et de Pauline Marois. Le PQ à aussi perdu une partie de son membership de la gauche à la faveur de Québec Solidaire. À part les référendums poker, un projet de constitution de colonisé ou une citoyenneté de Monopoly, rien de nouveau et de stimulant n’émane du PQ depuis le programme irréaliste et théorique de juin 2005. L’argumentaire souverainiste est complètement périmé et désorienté.

L’indépendance d’esprit d’abord :

Pitoyables ces souverainistes pendus aux lèvres de Stephen Harper attendant qu’il prononce le mot nation. Médiocres ces souverainistes qui passent d’un prétexte à l’autre pour justifier l’accession du Québec à la souveraineté. Après le français, ce fut l’empiètement du fédéral et le déséquilibre fiscal, maintenant c’est l’éducation et l’environnement. Qui veut faire l’indépendance du Québec avec ces handicapés de l’autonomie intellectuelle qui ne peuvent agir sans s’appuyer sur une béquille ? Le jour ou les leaders souverainistes s’affranchiront des prétextes béquilles, du braillage contre Ottawa et du chantage des multinationales (emplois-fermetures), la population reconnaîtra la force de leur indépendance d’esprit et pourra commencer l’affranchissement de sa propre dépendance. Tous comprendront alors que la souveraineté c’est tout simplement d’êtres maîtres chez nous.

La souveraineté ne solutionnera rien :

En résumé le Québec n’a jamais été aussi mal préparé à faire la souveraineté parce que l’état est désorganisé et sans vision, son économie n’est pas favorable, la population n’est pas prête et le mouvement souverainiste est démotivé, démobilisé, désolidarisé, désorganisé et son argumentaire est périmé. Il serait irresponsable pour le PQ de continuer à vouloir faire basculer le Québec dans le vide sans parachute. Avec une performance plutôt médiocre et des déclarations aberrantes depuis son entrée à l’Assemblée Nationale, Pauline Marois n’est vraiment pas la personne de la situation. Elle n’a pas l’audace et l’indépendance d’esprit d’un vrai chef souverainiste. Malgré les quelques secteurs d’exception où c’a va bien, globalement le Québec est dans un état de fragilité et de précarité inquiétants. Dans ces conditions, l’aventure de la souveraineté serait suicidaire. Les soubresauts de l’après indépendance de Mme Marois deviendraient des secousses de 7.5 à l’échelle de Richter. Face à ce constat alarmant, les Québécois doivent absolument mettre la souveraineté en veilleuse tant et aussi longtemps qu’ils ne pourront compter sur un mouvement souverainiste uni, formé de gens responsables et compétents, capable de repréparer avec rigueur l’état, l’économie et la population en vue de l’accession à l’indépendance politique du Québec. Tout comme on se met en forme pour faire du sport et pas le contraire, le Québec doit se remettre en forme pour faire la souveraineté. La prétention du contraire par le PQ est une désinformation aux conséquences graves et pénibles pour la population.

Rester vigilants et s’adapter au plus vite :

Dans l’intervalle les Québécois doivent demeurer vigilants pour rappeler leur gouvernement à l’ordre d’un développement économique qui soit écologique et durable. Vigilants pour contrer les détournement de fonds publics vers les multinationales multimilliardaire, Les Québécois doivent aussi demeurer vigilants pour forcer le milieu des affaires à devenir plus compétitif face à l’ouverture des marchés et à élaborer des projets de développements qui soient socialement, écologiquement et économiquement viables et utiles à la société. Des projets financés par le privé pour éviter d’endetter inutilement les générations futures. Les Québécois se doivent enfin de supporter les partis aux niveaux fédéral et provincial dont la vision politique correspond exactement à ce que le Québec a besoin pour s’adapter à la mondialisation et aux changements climatiques. Des partis nouveaux avec de nouvelles idées pour remplacer les vieux partis désuets contrôlés par les intérêts du capitalisme sauvage.

Albert Bertrand BSpEP
Mont St-Hilaire, Qc.

— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —

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Vos commentaires:
  • Le Québec : une nation vulnérable dans un monde instable
    20 février 2008, par ouhgo

    Monsieur Albert Bertrand,

    D’accord avec la majorité de votre formulation du diagnostic.

    Moins sur le traitement.

    Tel que vous reconnaissez l’état général du Québec et de ses citoyens, il faut plutôt conclure que le mal est fait… Vous considérez fallacieux l’argument de l’incrimination d’Ottawa. Pourtant, revoyant les périodes de l’évolution du peuple issu de la Nouvelle-France, une constante ressort toujours : le choc fracassant entre les descendants des 2 Empires, le britannique et le français.

    Dès que la colonie française fut abandonnée à elle-même, 2 corps sont entrés en friction entre eux, jusqu’à l’usure du plus petit : l’usure par attrition. L’acte d’union, sans autorisation du Bas-Canada, parvint déjà à nous minoriser à la table « démocratique ». La Confédération rajouta du poids anglophone. L’appauvrissement par l’inéquité produisit l’exode de la moitié des francos vers la Nouvelle-Angleterre. Les grandes guerres et la conscription des francos unilingues les réduisirent au statut de chair à canons. Les Premiers ministres francophones à Ottawa ont servi les grands partis autour de la table où nous devînmes une voix sur treize. Les référendums ont été noyés par l’entrée massive de nouveaux Canadians fraîchement assermentés et les propagandes à nos frais. Depuis 1995, Ottawa s’est assuré de retirer de notre territoire le plus possible en valeurs tant immobilières que mobilières : aéroports, transports ferroviaire, maritime et même routier par le déséquilibre fiscal au détriment des infrastructures du Québec. La minorité anglophone de Montréal a réussi a défusionner ses villes, à y obtenir de riches subventions pour gonfler ses établissements hospitaliers, éducatifs, médiatiques et religieux. Ainsi sont-ils fins prêts à obtenir d’Ottawa de se faire annexer au Canada anglais au moindre désir de sécession libératrice de la part de cette épine au pied que constitue pour eux l’unique nation français d’Amérique. (one language would suit them better)

    Vu ce boulet permanent que nous traînons au pied dans notre quête à l’indépendance, il serait injuste d’accabler tous les chefs qui ont tenté l’aventure. Évidemment, si le peuple avait pu ressentir toute cette charge qui nous apparaît évidente en séjournant dans les autres provinces et en y lisant les journaux, si le peuple avait été conscient de cette réalité brutale, dès le premier référendum, en 1980, il aurait voté en bloc et il aurait vite gagné le droit de gérer lui-même sa propre destinée. L’effet de surprise aidant, le conquérant n’aurait pas eu tout ce temps pour vider le territoire et miner le moral d’un peuple minoritaire, habitué à regarder par-dessus son épaule, voire si la Cour Suprême ne lui assène pas une semonce « d’inconstitutionnalité » à chaque parole autonomiste qu’il prononce. Maintenant que le français perd sa majorité à Montréal, l’effet du vortex s’accélère, comme dans la cuvette de la toilette : les gouvernements fédéralistes nient le phénomène, gagnant du temps pour entrer à chaque année 1 demi million d’immigrés qu’on néglige de franciser. Ils délocalisent les petites et grandes industries à la grandeur du territoire, appauvrissant les ruraux d’avantage tout comme les ressources naturelles sont pillées honteusement sans effort de transformation sur place.

    Est-il besoin d’en rajouter pour se demander s’il demeure suffisamment de pâte à modeler un pays ? Ces quarante ans de tergiversations sont parvenus à démotiver la jeunesse à l’égard d’un projet de nation distincte. Plusieurs aînés sont restés attachés à leur nationalité canadienne pour être descendants des fondateurs de ce pays, sans réaliser qu’on nous l’a dérobé à la petite semaine. La formule même de référendum a été estropiée de façon à ce que le Canada décide de toutes les étapes de sa tenue. Y a-t-il place pour l’optimisme ? Surtout celui que vous souhaitez envers les partis fédéralistes ! Lorsqu’on s’est habitué à ses chaînes, disait quelqu’un, on ne peut plus s’en passer.

    Évidemment, si un Gandhi nous arrivait pour rendre cette réalité évidente pour tous les descendants des colons de la Nouvelle-France (presque tous les autres votent Canadian), pour quelques années encore, il existe une étroite fenêtre pour s’exprimer en bloc, et faire un grand saut hors de la cage (la réserve) que nous n’avons pas empêché de se construire autour de nous. Alors toutes les décisions nous appartiendraient et nous mériterions le respect de tous nos invités de la Terre.


  • Le Québec : une nation vulnérable dans un monde instable
    21 février 2008, par Albert Bertrand

    La petite fenêtre mon chum, c’était le référendum passablement bien préparé de Jacques Parizeau en 1995. Elle s’est refermée parce qu’une partie la population à eue la naïveté de croire au love-in de Chrétien à la Place du Canada. Probablement les mêmes naïfs qui ont votés Harper en jan 2006. Depuis tout s’est dégradé.

    Il faut tout reprendre à zéro. Les souverainistes doivent d’abord développer leur propre indépendance d’esprit, éduquer politiquement la population et lui apprendre à se tenir debout.(accommodements/le français)

    Pour nous c’est trop tard. Nos petits enfants peut-être ? Je ne me fais pas d’illusion quand j’entend les jeunes du PQ répéter mot pour mot le discours hypocrite de création de richesse(pour les riches) de Pauline Marois. Idem chez les mioches de l’ADQ qui eux n’osent même ouvrir la bouche.

    Ne retiens pas ton souffle en attendant que c’a arrive, tu vas sûrement manquer d’air. Sans malice. C’est ce que je pense !


  • Le Québec : une nation vulnérable dans un monde instable
    23 février 2008, par ouhgo

    M. Bertrand,

    Vous vous donnez la peine de monter un argumentaire d’une grande rigueur avec une perspective assez pessimiste pour me refuser la petite fenêtre que procurerait un orateur convaincant (seule fenêtre, selon vous, celle du réfer. Parizeau et elle est refermée !) et pourtant, vous dites :

    "Pour nous c’est trop tard. Nos petits enfants peut-être ? Je ne me fais pas d’illusion... "

    Je cherche votre cohérence : nos petits enfants seront assimilés depuis longtemps après avoir été inondés par ces cohortes d’immigrants canadianisés dans un Québec multiculturel où les francophones n’auront pas de statut différent de celui des asiatiques.


  • Le Québec : une nation vulnérable dans un monde instable
    24 février 2008, par Albert Bertrand
    Votre petite fenêtre est l’ouverture par laquelle les opportunistes de la souveraineté tentent aujourd’hui de faire basculer le Québec vulnérable dans le vide. Vous avez raison le risque d’assimilation non seulement à l’anglais mais à la culture du capitalisme sauvage est très grand pour nos descendants. C’est leur choix et ils vivront avec et d’autre part nul ne sait si l’indépendance politique sera une solution à leurs problèmes à ce moment là. C’est parce que je ne puis être cohérent avec leur avenir que je ne me fais pas d’illusions.
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