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Il nous a bien manqué, le prof de philo d’Ahuntsic. Mais il est revenu, tout aussi inspiré qu’au temps de son allégorie de la cage ou de l’enfermement politique : L’animal sauvage mis en cage s’énerve, fonce, pousse de façon erratique puis, s’il ne se calme pour évaluer le saut à faire, le recul nécessaire pour s’évader, il s’affaisse, renonce, accepte la pâtée du maître qu’il prend pour son ami et s’habitue à la cage… De même le Québécois, qui s’est construit volontairement une réserve à l’intérieur du Canada, s’habitue…
M. Desroches nous parle maintenant de rhétorique comme qualité du politicien. Comme tout se tient, la rhétorique ne nous éloigne pas tant que ça de la Cage. Prenant pour modèle M. Obama et son discours du 18 mars à Philadelphie, il rappelle que le Président élu excelle dans l’art de la rhétorique, la capacité à convaincre par la parole articulée et l’expression corporelle. En cela, il ne fait pas exception aux Etats-Unis puisqu’en ce pays, il serait exclu qu’un ambitieux cherche à se faire élire s’il ne maîtrise pas la capacité de s’exprimer facilement et clairement en public. La formation de plaideur de l’avocat professionnel l’y prépare la plupart du temps : convaincre en un bref laps de temps un jury.
L’éloquence, la rhétorique, on ne la retrouve pas également dans l’expression écrite et orale. Nos politiciens érudits parfois s’avèrent de piètres plaideurs. Il est un artiste écrivain qui ferait peut-être un convaincant avocat de l’avenir du Québec, s’il se débrouille aussi bien dans l’art oratoire que dans la littérature. Je parle de Hervé Fischer qui vient de publier « Québec imaginaire et Canada réel, l’avenir en suspens », chez vlb éditeur. À 25 ans d’intervalle, l’auteur a fait enquête auprès des lecteurs de deux journaux du Québec pour recueillir les réflexions de la population sur la question nationale. Il site abondamment les participants. Exemple :
"Pour que vous sachiez qu’en dehors du Québec, tout un autre Québec continue d’être vécu, rêvé et pleuré. Que plusieurs choix personnels alimentent la réflexion nationale vers d’autres horizons. Que je suis là, que d’autres dans ma situation sont là. Loin, cependant présents. Mais présents pour encore combien de temps ? Aidez-moi à revenir construire avec vous. Convainquez-moi, assurez-moi que poursuivre la lutte en vaille encore la peine. Prouvez-moi vos intentions. Je vous en conjure. Ne laissez pas grandir mes désillusions au point de ne pouvoir en revenir.
Donnez-moi la main. Je prendrai la vôtre.
Geneviève Dorais Madison, Wisconsin, Etats-Unis
Réponse d’un lecteur : Quittez vite votre exil, on prend allègrement
votre place ici, Madame Geneviève Dorais"
Et l’auteur ne nous abandonne pas à son échantillonnage trop abondant. Il complète son travail journalistique par de généreux éléments de conclusion.
S’il ne doute pas que l’indépendance se fasse un jour, il nous laisse pourtant devant diverses possibilités de relations que nous entretiendrons par la suite avec le Canada et les Etats-Unis, à moyen et long terme. Ainsi, élabore-t-il abondamment sur sa certitude de l’atomisation du Canada après le départ du Québec. Les autres provinces devenant rapidement des États américains, nous pourrions alors avoir du mal à résister tout seuls, autrement qu’en une belle attraction touristique du type Louisiane.
C’est pourquoi il émet l’hypothèse que les 2 parties (Québec-ROC) sauront trouver le moyen de s’unir(les pays européens d’après-guerre l’ont bien réussi), non pas en une Confédération, terme trop émotivement chargé, mais en une Union Nord-Américaine d’États Indépendants !
Bref, le philosophe Fischer démontre dans ce traité suffisemment d’éloquence, maîtrise assez l’art de la rhétorique, pour nous vendre de façon plus crédible, la Souveraineté-Association.
Par ailleurs, il est un autre philosophe qui a eu sa chance d’user de rhétorique récemment au Québec mais … pourquoi a-t-il éprouvé tant de mal à nous convaincre ?
Le professeur Charles Taylor, de l’Université McGill, co-président de la Commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables, a vu son savant rapport virtuellement tabletté par le gouvernement qui l’avait mandaté. Or, nous apprenons dans le journalmtl du 11 nov. 08, qu’il vient d’être décoré à Kyoto, au Japon.
On dit équivalent d’un prix Nobel, ce Prix Kyoto, qui honore le prof Taylor pour avoir développé un modèle social permettant à des personnes d’origines diverses de co-exister pacifiquement...
Qu’en penser ?… Rhétorique verbale faible ?… A beau… qui vient de… ?
L’autre dirait : « On jase là… »
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