Vigile.net
Pour défendre nos intérêts, nos droits et nos valeurs de Québécois dans le monde, il ne faut donc pas moins d’État au Québec, mais tout un État, souverain, pour aller dire non quand on veut dire non, et oui quand on veut dire oui. - Louise Beaudoin
             
Vigile.net a besoin de votre appui financier. N’hésitez pas à contribuer à sa production.
Financement 2008
 16131$  81%  
Objectif : 20000$
Conseil national du Parti québécois
La mise au rencart du projet d’indépendance nationale !
Faut croire qu’on a les élites qu’on mérite
Pierre Cloutier
Tribune libre de Vigile
vendredi 14 mars 2008      257 visites      4 messages


L’opération de mystification et de manipulation que s’apprêtent à faire, en fin de semaine, Mme Pauline Marois et son équipe, lors du conseil national du Parti québécois, est un enterrement de première classe du "projet de pays" voté lors du congrès de juin 2005 et ressemble à s’y méprendre à ce que l’on a connu dans le passé : l’étapisme de Claude "GRC" Morin, en 1974, le référendum incolore, inodore et sans saveur en 1980, le "beau risque" en 1984, "l’affirmation nationale" en 1985, les "conditions gagnantes" de Lucien Bouchard en 1999-2002, la "conciliation travail-famille" en 2003, et la "feuille de route provinciale" d’André Boisclair, maintenant devenu lobbyiste, en 2007. Pour un parti censé vouloir "réaliser la souveraineté du Québec" et qui existe depuis 40 ans, on ne peut pas dire que c’est une réussite. C’est ce qu’on appele perdre sans livrer bataille. On est devenu la risée du monde entier et la France, notre plus fidèle alliée, y perd ce qui lui reste de latin.

Maintenant, la trouvaille du siècle, c’est la "conversation nationale sur la souveraineté" de Mme Marois avec le moratoire de 10 ans sur l’accession à l’indépendance et les fameux "gestes de souveraineté" que l’on est supposé poser. Si le passé est garant de l’avenir, permettez-moi d’en douter. Le "programme" de Mme Marois, qu’elle n’a pas le courage de faire voter en congrès, c’est le retour de "l’affirmation nationale", de Pierre-Marc Johnson, qui avait inclus aussi dans son projet l’adoption d’une constitution interne du Québec et un projet de citoyenneté québécoise. Un genre de soupe à l’ancienne servie à la moderne ! On a vu ce qui s’est produit sous Johnson. Ah, que les fédéralistes vont être contents ! Stéphane Dion, le chef du Parti libéral fédéral, en salive déjà de joie.Finie la menace "séparatiste"pour un bon bout de temps ! L’intimidation fédérale a bien fonctionné.

Ce qui choque le plus, c’est qu’on utilise le Conseil national de ce parti pour "mettre aux poubelles le "programme officiel" qui a été voté en congrès en 2005, ce qui est, je le répète, CONTRAIRE AUX STATUTS, DONC AU DROIT INTERNE du parti. Ce sera la deuxième fois en 2 ans que l’on viole ainsi les statuts du Parti québécois. Faut le faire !

Les imbéciles et les cyniques vont nous dire, bien sûr, que ce n’est que du légalisme aigü et que cela n’a aucune importance. Je répondrai tout simplement que, dans une démocratie, c’est la règle de droit qui doit prévaloir, surtout comme dans le présent cas, où ce sont les militants qui ont voté les statuts. Si, dans un parti politique, la règle de droit n’est plus respectée, elle cède sa place à L’ARBITRAIRE. Dans un tel cas, c’est la crédibilité d’un parti qui en souffre et vous pouvez être sûr qu’un jour ou l’autre la partie responsable de cet accroc démocratique subira le même traitement. L’astuce de la "farce et attrape" de cette fin de semaine, c’est la proposition de l’exécutif national de "suspendre l’obligation de préparer et de tenir un référendum le plus tôt possible dans le premier mandat". En faisant cela, on se débarrasse à la fois de l’accessoire (le moment) et du principal (la démarche référendaire elle-même) sans la remplacer par un autre mode d’accession à l’indépendance. "Tu penses que je ne m’en aperçois pas" comme chante Gilles Vigneault. Quand on a une obligation à remplir en vertu d’un contrat, la suspendre ce n’est pas la respecter ! Faut pas prendre les gens pour des imbéciles et ",,les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages", comme le disait si bien le grand scénariste français Marcel Audiard.

Il y a, dans le programme actuel voté démocratiquement en congrès, l’obligation de préparer avec les citoyens un "projet de pays" ou un projet d’indépendance nationale et de le présenter à l’électorat. À compter de lundi, on fera comme si ce programme officiel n’existe pas et le Parti québécois deviendra un petit parti "provincial" schizophrène dirigé par des petits provincialistes avec une petite mentalité provinciale. Allo, les batisseurs de pays !

Faut croire qu’on a les élites qu’on mérite.

Pierre Cloutier

Envoyer un message privé à Pierre Cloutier

Suggérer cet article par courriel


Vos commentaires:
  • La mise au rencart du projet d’indépendance nationale !
    14 mars 2008, par Gilles Bousquet

    M. Cloutier qui écrit : « L’astuce de la "farce et attrape" de cette fin de semaine, c’est la proposition de l’exécutif national de "suspendre l’obligation de préparer et de tenir un référendum le plus tôt possible dans le premier mandat" »

    Ce n’est ni une astuce ni une attrape puisque tous les membres savaient à l’élection de Mme Marois qu’elle était pour remanier tout ça "personne ne s’est présenté pour la contester" et, l’exécutif n’a pas à s’obliger à préparer et tenir un référendum le plus tôt possible s’il pense le perdre. S’il pensait le gagner, il le tiendrait tout de suite après l’élection du PQ...me semble.

    Vous vous attardez trop sur le programme. Faudrait vous attardez sur le fait qu’il manque des OUI québécois solides que Mme Marois va tenter d’aller chercher dans un premier temps. Si cette option de la souveraineté ou de l’indépendance "qui est synonyme", ne veut pas décoller assez vite malgré les efforts du PQ, je lui conseillerais de la changer pour une vraie confédération qui devrait plus prendre dans la population du Québec. Avec un bon 60 % de oui, le ROC ne pourrait pas nous niaiser ou nous boycotter et serait plus facile à négocier sans partition du territoire. Faut juste ajuster l’objectif du PQ au désir de la population du Québec parce que la population du Québec ne s’ajustera pas au désir du PQ en lui forcant une option qu’il craint, à tort ou à raison.

    Mme Marois n’a pas dit, à ma connaissance, qu’elle voulait un moratoire de 10 ans pour tenir un référendum. Elle peut avoir dit qu’elle pourrait attendre tout ce temps si nécessaire mais pas nécessairement tout ce temps.

    Si le PQ vient à trop enterrer l’idée de souveraineté ou d’indépendance comme vous le craignez, il y a toujours le PI pure laine de l’option constitutionnelle indépendantiste à ce chapitre, qui vous tente, mais il ne pourra pas plus aller là où les Québécois ne voudront pas.

    On ne peut pas dire que le PQ n’a pas été original à tenter divers slogans ou actions pour faire avancer sa cause mais les Québécois n’ont pas suivi en assez grand nombre. La faute à qui ? dur à dire. Probablement la peur de l’inconnu.


  • La mise au rencart du projet d’indépendance nationale !
    14 mars 2008

    M. Bousquet,

    Quand j’ai parlé de "l’astuce de la farce et attrape" de la fin de semaine, c’est la proposition concoctée par l’exécutif national que je vise et non pas la position de Mme Marois à ce sujet.

    1 - La proposition est rédigée de telle sorte qu’en l’accueuillant on fait disparaître non seulement l’accessoire (le moment), mais également le principal (le référendum). On aurait pu tout simplement biffer les mots "durant le premier mandat", car c’est ce que Mme Marois ne veut pas : être tenue de faire obligatoirement un référendum durant le premier mandat. Mais ce n’est pas ce qu’on fait : on fait disparaître également le principal. Un référendum ? Quel référendum ?

    2 - Cette proposition est irrecevable, car comme je l’ai démontré - et je vous mets au défi de me prouver le contraire et vous serez incapable de le faire parce que j’en suis presque sûr, vous ne connaisssez pas les statuts du Parti québécois- le Conseil national n’a pas le pouvoir en vertu des Statuts de biffer du programme la proposition du XVè Congrès sur le référendum. Ce sont les articles 92,93, 106 a) et 106 c) qui s’appliquent. Seul un Congrès peut le faire COMBIEN DE FOIS FAIS-JE OBLIGÉ DE LE RÉPÉTER POUR QUE VOUS COMPRENIEZ ? 20, 30, 40 fois ?

    3 - Il est faux de dire que la population du Québec ne veut pas de la souveraineté ou de l’indépendance. Après le référendum volé de 1995, tous les chefs du Parti québécois ont fait une fausse lecture de la situation et se sont lamentablement écrasés. D’abord Lucien Bouchard qui nous a mis dans la marde avec sa réforme des municipalités avant de quitter le bateau en pleine mer pour devenir millionnaire dans une grosse étude légale anglophone de Montréal, puis mon ami Bernard Landry qui a fait l’élection de 2003, sur la "conciliation famille-patrie", puis le prétentieux petit André Languedeboisclair qui a mis le "projet de pays" voté lors du XVè Congrès aux poubelles pour nous présenter une petite feuille de route provinciale avec un cadre financier provincial avec le résultat que l’on connait.

    4 - Et voilà que cela recommence sous Mme Marois. Au lieu de comprendre que la défaite de 2007 est attribuable à la faiblesse du leadership de Boisclair, on met cela sur le dos du référendum et de la souveraineté et on se prépare à mettre aux poubelles - illégalement, je le répète - le projet de pays que l’on doit en vertu du programme proposer à l’électorat. A vaincre sans péril on triomphe sans gloire.

    5 - M. Bousquet, vous êtes ce que je déteste de plus chez les québécois : un canadien-français "pissou", "chieux", "peureux" et personnellement je me demande ce que vous faites sur un forum comme Vigile. Vous devez avoir votre carte de membre de l’ADQ, ce petit parti provincialiste de la petite droite rurale du Québec, frileuse et réactionnaire, descendant du Regroupement national, ce groupuscule rural conservateur et réactionnaire qui a quitté en 1963-64 le RIN pour rejoindre le Ralliement des créditistes de Gilles Grégoire puis le MSA pour former le Parti québécois en 1968.

    Pierre Cloutier


  • La mise au rencart du projet d’indépendance nationale !
    14 mars 2008

    Y a rien à faire avec des gens comme Bousquet. On aura beau s’obstiner pendant des lunes, il va toujours dire la même chose. Pendant 35 ans, j’en ai assez vu de ce genre de personnages au PQ pour m’écoeurer le restant de ma vie.

    Si jamais l’indépendance se réalise elle se fera contre lui et ses semblables, car ils vont tout faire pour nous mettre tout le temps des bâtons dans les roues. La ceinture, les bretelles, les 2 pieds sur les freins, la main droite sur le frein à bras, avec en prime la trouille au cul.

    Je commence à croire de plus en plus - à les regarder aller - à l’existence d’une 5è colonne à l’intérieur du Parti québécois. Demandez-vous pourquoi on fait du surplace depuis 30 ans. Mission accomplie, M. Bousquet !

    Pierre Cloutier


  • La mise au rencart du projet d’indépendance nationale !
    14 mars 2008, par

    Fin des échanges Bousquet-Cloutier

    BF




Premier colloque annuel

L’Institut de recherche sur le français en Amérique tiendra son premier colloque le 28 novembre prochain


No 274 - 2008



Dîner des Patriotes 2008

23 novembre
28 novembre 2008

Solidarité Québec-Algérie

Vendredi 28 novembre 2008
  • Vigile.net a besoin de votre appui financier. N’hésitez pas à contribuer à sa production.
    Joignez-vous aux Amis de Vigile.
  • Objectif 2008: 20000$
     16131$  81%  
  • Pour contribuer en ligne 
         Nom:
    Courriel:
       Anonyme
    Montant: $

  • Contributions récentes :
    22/11 José Fontaine : 100$
    22/11 Pierre Fortier : 100$
    16/11 Claude Morin : 50$
    16/11 Christian Gagnon : 50$
    13/11 Louis Gagnon : 30$
    11/11 Louis St-Hilaire : 25$
    11/11 Alain Raby : 25$
    Toutes les contributions
  • Merci beaucoup! -Vigile.net