|
|
| Vigile.net a besoin de votre appui financier. N’hésitez pas à contribuer à sa production. | |||||
| Financement 2008 |
| Objectif : 20000$ | |||
À la veille d’une campagne électorale fédérale, il faut obligatoirement examiner l’état des bolides sur la grille de départ. Allons-y donc, mais à partir d’une perspective québécoise.
Élus avec un programme minceur, les conservateurs sont aujourd’hui à court d’idées. Mais après les années Chrétien, il suffisait de pas grand-chose à Stephen Harper pour avoir l’air d’être ouvert à l’endroit du Québec.
L’influence des ministres québécois à Ottawa, sauf pour Lawrence Cannon et Michael Fortier, est proche du zéro. Par charité chrétienne, inutile d’insister sur la faiblesse du reste de la députation québécoise. L’encadrement d’une Josée Verner doit être un emploi à temps plein
Les députés bloquistes sont assidus et travailleurs, et leur chef a fait, ces dernières années, un remarquable parcours politique. Mais le Bloc est aujourd’hui victime des circonstances : il est né dans une conjoncture qui n’a plus rien à voir avec celle qui prévaut maintenant, et pour atteindre un objectif qui ne donne pas l’impression de se rapprocher de nous.
Il est vrai que lorsque des élus québécois participent au pouvoir fédéral, ils sont forcés de servir un ordre du jour pancanadien qui est parfois en contradiction directe avec celui du Québec.
Mais cette démonstration était plus facile à faire du temps de Jean Chrétien. À l’exception des souverainistes les plus convaincus, plus le temps passe et plus il devient difficile de convaincre les Québécois qu’il y a un profit à chercher en s’excluant du pouvoir fédéral, surtout quand ce boycott ne vous rapproche pas de la souveraineté.
D’un autre côté, imaginez un instant que le Bloc n’existe pas : si la députation québécoise au Parlement fédéral était à 100% fédéraliste, quatre Québécois sur dix n’auraient aucune représentation politique fidèle à leurs convictions. Ce serait une évidente distorsion démocratique.
On voit mal les libéraux faire une quelconque percée au Québec, sauf dans un ou deux comtés. Stéphane Dion fut élu par l’aile ontarienne du parti au grand effroi des libéraux du Québec, qui connaissaient les réactions qu’il suscite chez nous.
Dans l’esprit de bien des Québécois, sa conversion environnementale ne suffit pas pour effacer son triste rôle aux côtés de Jean Chrétien. Et le souvenir du scandale des commandites est encore frais dans les mémoires des électeurs les moins politisés.
Tout cela ne laisse pas beaucoup d’espace au NPD, toujours vu au Québec comme une étrange créature venue d’ailleurs. Peut-être grappillera-t-il quelques votes du côté de la gauche hostile à Dion et lassée du Bloc. Mais cela restera marginal
Les sondages semblent indiquer une lutte entre les conservateurs et les bloquistes, aves les libéraux et les néo-démocrates dans le rôle des ramasseurs de miettes.
Mais nous vivons à une époque où la fidélité à un parti est beaucoup moins forte que jadis. On sent que chaque parti a son noyau de supporters inconditionnels, mais que beaucoup d’électeurs se feront une idée en cours de route.
Même si la campagne se concluait par l’élection d’un nouveau gouvernement minoritaire, elle aura au moins le mérite de forcer chacun à préciser sa vision pour les prochaines années.

16156$ 81%
|
Pour contribuer en ligne
|