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le Dr Hubert Wallot (...) soutient qu’« être Québécois, c’est assumer l’histoire du Québec depuis ses origines », quelles que soient la langue, la race et la religion du sujet. Et de rappeler, de 1534 à 1995, les grandes dates de cette « histoire douloureuse » qu’on a peut-être trop longtemps refoulée. (Source)
             
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La confiance en marche
Ce n’est pas la souveraineté, mais ce n’est pas ce qui était prévu à Ottawa
Joseph Facal
Le Journal de Montréal
mercredi 4 avril 2007


On pourrait croire que plus les Québécois et les Canadiens vivront longtemps dans le même pays, plus ils finiront par se comprendre. Pantoute. Nous sommes sur deux planètes différentes.

Depuis les élections du 26 mars, chacun y va de son interprétation de ce qu’elles veulent dire. Mais rien n’est plus étrange que de lire ce qui s’écrit sur nous dans le Canada anglais depuis quelques jours.

Évidemment, on se bouscule pour graver la pierre tombale du mouvement souverainiste. On le fait d’ailleurs tous les six mois, chaque fois que les sondages indiquent que l’appui à la souveraineté a fléchi de deux points.

Mais cette fois, ils pensent que ça y est vraiment. Ils espèrent même que le Québec deviendra sage comme le Manitoba. Pour un bout de temps au moins.

Il est vrai que les souverainistes ne semblent pas en position de tenir un référendum dans l’avenir prévisible. Mais voyons les choses autrement pour un instant.

Jean Charest est devenu chef du Parti libéral du Québec parce qu’au lendemain du référendum de 1995, les fédéralistes québécois voulaient à leur tête un vrai de vrai : un homme avec la feuille d’érable tatouée sur le coeur et qui dégainerait son passeport canadien plus vite que son ombre.

Pas un de ces fédéralistes fatigants à la Claude Ryan, à qui il pourrait venir des idées folles comme avoir des revendications constitutionnelles.

Évidemment, à Ottawa, après le départ de Jean Chrétien, on s’est dit qu’il fallait aider monsieur Charest à montrer aux Québécois que le fédéralisme pouvait être rentable pour eux.

Mauvais calcul

Paul Martin commença par reconnaître, dans le cadre des discussions sur le financement de la santé, que le fédéralisme pouvait fonctionner de façon asymétrique. Pierre Trudeau se retourna dans sa tombe et Jean Chrétien y trouva une nouvelle raison de mépriser Paul Martin.

Puis vint Stephen Harper, dont les ouvertures au Québec furent qualifiées d’extraordinaires par nul autre que Jacques Parizeau en personne !

Un plus grand rôle pour le Québec à l’Unesco ? Adjugé.

La reconnaissance que les Québécois forment une nation ? Adjugé.

Quelques centaines de millions de plus pour « régler » le déséquilibre fiscal ? Adjugé.

Tout cela avait deux buts.

D’abord, aider Stephen Harper à marquer des points au Québec. À court terme, ça devrait normalement marcher. Mais surtout, cela devait aider Jean Charest à se faire réélire.

Résultat : les libéraux ont perdu 26 sièges et se sont fait lessiver chez les francophones. Évidemment, le gouvernement était impopulaire, mais retenons surtout que les Québécois ne l’ont pas récompensé pour ces gains indéniables.

Toujours plus

Désormais, les souverainistes détiennent la balance du pouvoir, ce qui n’est pas rien, mais surtout, l’opposition officielle est maintenant aux mains d’un parti qui veut : reprendre les négociations constitutionnelles, abolir le Conseil de la fédération, adopter une constitution du Québec, changer le nom de la province de Québec pour l’appeler « État autonome du Québec », supprimer le rapport d’impôt fédéral et réduire la dépendance du Québec à l’égard de la péréquation fédérale.

Ce n’est pas du tout la souveraineté, mais ce n’est pas ce qui était prévu à Ottawa.

Autrement dit, 77 des 125 sièges à l’Assemblée nationale sont entre les mains de deux partis qui veulent beaucoup plus de pouvoirs pour le Québec.

Bref, quand il y a des gains à prendre, les Québécois les prennent et continuent à en revendiquer d’autres. L’appétit leur vient en mangeant. Pourquoi s’arrêteraient-ils en si bon chemin ?

On ne comprend pas encore, dans le Canada anglais, que les Québécois trouvent toujours des moyens de déjouer tous les calculs et, par des voies souvent imprévues, ne cessent jamais de s’affirmer. Cela ressemble dangereusement à une confiance en marche.

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