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L’étendard, la propagande et l’épée
On ne fait pas la guerre qu’avec un bouclier !
Dans un article récent, Jean-Herman Guay de l’Université de Sherbrooke fait une analyse sommaire mais claire de l’effet accordéon des taux d’appui à la souveraineté du Québec :
« Dans le cas de la souveraineté, la variation des appuis témoigne de la présence d’au moins deux critères relevant de registres distincts : d’une part, la volonté de faire un pays et, d’autre part, le désir de riposter aux affronts d’Ottawa ou du Canada anglais. Le premier est structurel. Bon an mal an, ce groupe fait de 25% à 30% de l’électorat. Le second, au contraire, est nettement conjoncturel : quand les relations Ottawa-Québec ne sont pas houleuses, ce segment est d’une dizaine de points. À l’opposé, en période de crise, il peut dépasser le 30%. »
La question que je me poserai ici, construisant sur son analyse, est pourquoi le mouvement souverainiste n’a pas réussi à consolider ces appuis conjoncturels, à les transformer en appui structurels. Les Québécois sont là pour être convaincus, de toute évidence, alors pourquoi ne le sont-ils pas ?
La clé de cette réponse, pour un politicologue, relève des motifs qui justifient les appuis structurels. M. Guay le dit assez bien : « la volonté de faire un pays ». Donc, si on veut convaincre les « souverainistes conjoncturels » de la valeur structurelle de l’option, il faut tout d’abord partir de l’idée qu’ils ne sont pas convaincus de l’opportunité de se doter d’un pays.
Comment les convaincre ?
Eh bien, tout d’abord, il est évident que l’on ne convaincra personne de
déjà convaincu de l’opportunité de fonder un pays si on n’a pas de projet
de pays. Ce projet de pays doit devenir le socle du combat national des
Québécois. Il s’agit, bien sûr, d’un projet, mais il ne faut pas hésiter à
débattre du pays, et présenter à l’électorat une plate-forme politique
post-indépendance, un projet de pays, pour qu’il sache où l’on va, et
pourquoi le pays répond structurellement aux crises et au malaise
québécois.
Ensuite, tenant compte du fait que ces souverainistes conjoncturels ont
une dent de temps en temps contre Ottawa, eh bien, il faut garder leurs
dents bien aiguisées, en rappelant et agissant sur le front des affronts
canadiens à la nation québécoise. Il faut formuler ses remontrances, les
lier entre elles, de manière à ce que le rappel soit récurrent, et qu’il
rentre dans la tête des Québécois : 1982 et 1995 doivent être constamment
rappelés aux Québécois.
L’on doit aussi se poser la question à savoir si une telle stratégie
attentiste, défensive, est suffisante. Pourquoi ne pas passer à
l’offensive, avec un gouvernement de combat, et déclarer que le Québec ne
reconnaît ni la légitimité, ni l’autorité de la constitution canadienne de
1982 au Québec ? Pourquoi ne pas dénoncer la fraude référendaire de 1995 et
affirmer que nous ne reconnaissons pas la validité des résultats, la
victoire du « non » et la défaite du « oui » ?
On ne fait pas la guerre qu’avec un bouclier ! L’étendard, la propagande et l’épée, le projet de pays, la dénonciation de l’adversaire et un gouvernement de combat, eux aussi, doivent faire partie de l’arsenal indépendantiste !
David Poulin-Litvak
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —
Vous confirmez la thèse de Guay et autres :
" Ensuite, tenant compte du fait que ces souverainistes conjoncturels ont une dent de temps en temps contre Ottawa, eh bien, il faut garder leurs dents bien aiguisées, en rappelant et agissant sur le front des affronts canadiens à la nation québécoise. Il faut formuler ses remontrances, les lier entre elles..."
Il y a tout ce qu’il faut pour leur garder les dents aiguisées dans l’excellent "Québec bashing..." de Patrick Bourgeois. On y retrouve alignées et reliées toutes les stratégies destinées à faire croire à l’intolérance et à la xénophobie de notre peuple à chaque fois que nous nous organisons de façon efficace pour promouvoir le français qui nous distingue et qui humilie les anglophones unilingues et conquérants jusqu’à la moelle. Leur projet ne conçoit pas la défaite. Ils récidivent à chaque soubresaut du français qu’ils croyaient mort !...

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