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« Guillemette Couillard a été victime d’une certaine misogynie », estime Raymond Couillard, qui affrontera huit historiens et anthropologues au débat Participe présent de lundi. (Le Soleil, Patrice Laroche)
Patricia Sauzède-Bilodeau - La vie de Guillemette Couillard passe trop inaperçue, selon l’historien de passion, Raymond Couillard. Pourtant, cette femme n’est rien de moins que la « mère d’une nation », une héroïne effacée derrière une histoire déterminante.
« Elle a réalisé le rêve de son père : fonder les bases d’une nation », explique d’emblée Raymond Couillard. D’un seul coup, le passionné raconte le récit de cette femme perdue dans la généalogie avec souci du détail.
« Fille de Louis Hébert et de Marie Rollet, Guillemette Hébert a poursuivi ce que son père était venu faire dans la colonie : construire un pays. Louis Hébert, un apothicaire, avait aidé dans le milieu de la santé. Et elle, elle est à l’origine du Petit Séminaire de Québec, où il est maintenant. Donc, elle et son père ont implanté la santé et l’éducation ici. »
Outre l’instauration des bases d’une jeune société, la dame lui a donné plusieurs enfants. Guillemette Hébert, devenue Couillard après son mariage, a eu 10 enfants, six filles, quatre fils. En plus de prendre sous son aile deux des trois Indiennes laissées par Champlain lors de l’occupation des Anglais de 1629-1632. « En plus de s’occuper, des années plus tard d’un esclave du Madagascar, appelé Lejeune, laissé par les protestants », précise-t-il.
Dix enfants, deux Indiennes à sa charge et le petit Lejeune ; la dame a, par la force des choses, été à la source d’une longue descendance québécoise. Et pour cet amoureux des premiers pas du Québec, il n’y a aucun doute, cette héroïne est la mère de la nation. « Elle avait, entre autres, une descendance de 250 personnes à sa mort, en 1684. Comme elle a eu des filles, le nom Couillard ne s’est pas transmis, mais à la base, une majorité de Québécois a du sang Couillard. »
En charge d’une famille « cosmopolite », la dame était même avant son temps. « À cette époque, elle était la seule ici. C’est aussi à partir de ce moment qu’elle et son mari ont implanté solidement la santé et l’éducation dans la colonie. Elle a cédé son terrain à Mgr Laval pour la création du Petit Séminaire de Québec. » Aujourd’hui, souligne-t-il, il se trouve au séminaire un monument commémoratif fait à partir des pierres de la maison de Guillemette Couillard.
La faute à la généalogie
S’il entend plaider sa cause devant le jury de Participe présent, c’est que Raymond Couillard est persuadé que cette femme est à l’image de bien d’autres étant passées par cette histoire. « Guillemette était mariée à un homme vaillant, mais qui n’était pas éduqué. Ça vous rappelle l’histoire de quelqu’un ici ? demande-t-il. Émilie Bordeleau et Ovila Pronovost des Filles de Caleb ! »
Les pionniers plus soulignés que les pionnières, M. Couillard trouve donc naturel de rappeler que notre histoire compte autant d’héroïnes que de héros.
« Elle a été victime d’une certaine misogynie de la généalogie. D’ailleurs, à la mort de son mari, Guillemette Hébert est devenue la veuve Couillard. Elle était alors définie par ce qu’était devenu son mari. » Aujourd’hui, rappelle-t-il, on aboutit à une histoire où certains passages sont ombragés. « Je trouve ça injuste. »

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