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Dans le profil de mon carnet (blog) j’écris « C’est par l’écriture que je peux asseoir ma façon de voir les choses et la vie ». De nombreux sujets m’intéressent et l’économie en est un. Je suis très loin d’être un spécialiste. J’ose quand même aborder la question puisque toute la vie personnelle et collective baigne dans un monde économique. D’autant plus que la globalisation a rendu le sujet plus important et aussi beaucoup plus complexe.
Les sources qui ont influencé ma réflexion datent de plusieurs années. Mon passage à HEC Montréal et ma vie dite « active » dans le monde des affaires ne peuvent que laisser des traces. J’ai entretenu de courtes fréquentations avec les Keynes, Galbraith et Samuelson. Comme on dit « ça donne c’que ça donne ». Je ne plaide ni l’ignorance, ni la connaissance, je ne fais que prendre un petit espace pour exprimer ma pensée, même sommaire, même superficielle. Je soliloque pour comprendre.
L’économisme
On voit aujourd’hui dénoncer l’économisme, le plus souvent par des gens qui n’ont pas la connaissance des usages de l’économie politique qu’exigerait la critique de ses abus. Sans tomber dans l’obscurantisme arrogant et tenir de faux discours, on peut reconnaître qu’une fratrie croit que le bien commun vient de la recherche sans limite de l’intérêt personnel. Dénoncer le capitalisme abusif ou mettre la doctrine du laisser-faire tout en haut des grandes valeurs de notre société n’a rien à voir avec l’économie. Il faut prendre acte que la mondialisation fait maintenant partie de nos vies. J’en ai surtout contre certains « spécialistes », ces gourous qui pullulent dans les journaux ou à travers des organisations tel l’Institut économique de Montréal et qui revêtent le manteau honorable de l’économiste pour véhiculer une idéologie. Au début de chaque année, ils y vont de leurs prédictions à partir de leur boule de cristal et pontifient le reste du temps en recommandant les actions à suivre pour contrer le désastre appréhendé. Ils n’ont pourtant pas vu venir la crise du pétrole de 1973, ni les récessions de 1982 et 1990, pas plus que le drame du papier commercial. Ces soi-disant professionnels qui pratiquent l’économisme sont engoncés dans le pouvoir de la parole et discréditent les vrais professionnels de la science économique.
L’économie
L’économie est l’étude des moyens matériels d’existence de l’homme : la production, la distribution et la consommation des biens et des services. Même si on trouve que les économistes ont une influence quelquefois démesurée dans la vie sociétale, leur point de vue doit être écouté. Je crains cependant la pensée unique qui s’est installée : celle de l’ultralibéralisme à base d’efficacité absolue des marchés pour répondre à tous les problèmes. Cette façon de voir considère que toute intervention des pouvoirs publics est néfaste et que seule est privilégiée la responsabilité individuelle. Le laisser-faire n’est pas la solution. John Maynard Keynes favorisait l’économie mixte. Jacques Parizeau est aussi un farouche partisan de la théorie keynésienne d’interventionnisme. Sa prise de parole sur le rôle de la Caisse de dépôt en est une preuve récente. Cette théorie considère que l’État et le secteur privé exercent chacun une responsabilité. La solution réside dans une recherche de voies alternatives incluant un rôle important et essentiel de l’État dans la régulation d’une distribution équitable de la richesse tout en respectant les règles de la liberté d’entreprise. L’économie est une construction sociale écrivait récemment un groupe d’économistes dans un document intitulé Pour une autre vision de l’économie.
Il y a l’économie libérale, dirigée, sociale, planifiée. Je préfère l’économie concertée où tous les partenaires de la société font converger leurs intérêts. Utopie ?!
Louis Cousineau
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