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Le PI n’est pas que rhétorique, comme vous l’avez démontré ; d’ailleurs ce n’est pas ce que j’ai écrit.
Vous indiquez toutes les actions posées par le parti depuis sa récente fondation. Bravo ! On sent de l’énergie, de la détermination, du courage et de l’audace à travers ces gestes. Encore bravo !
Hélas, tous ces espoirs, tout ce travail est vain, je suis navré de le dire. En raison de la rhétorique entourant le processus d’accession à l’indépendance prôné par le PI.
Vous maintenez qu’une simple majorité de députés élus suffirait à déclarer l’indépendance. Vous fondez cette prétention sur les traditions du parlementarisme britannique dont le Québec a hérité. Vous croyez vous conformer à cette tradition en confiant à un gouvernement majoritaire piiste la responsabilité de légiférer dans ce sens. Et ce, indépendamment du nombre de voix. Au Québec, un tel gouvernement majoritaire peut être élu avec 40-42% des voix. Cela nous conduit à l’invraisemblable situation d’une communauté politique qui se verrait imposer un changement de régime malgré qu’elle n’y ait pas consenti majoritairement.
Cette voie est absolument impraticable. En fait et en droit.
En fait. Je ne partage absolument pas cette idée que le PI peut vendre un tel projet à un électorat québécois qui, par deux fois, a refusé de s’engager dans un projet autrement plus sécurisant : souveraineté et association, souveraineté et partenariat.
Cette chose est tellement excentrique que les adversaires, en campagne électorale, n’en feront même pas mention. Sinon, pour relever le caractère navrant et pour caricaturer de néophytes ces politiciens sans expérience, sans compétence politique reconnue. Bref, sans crédibilité.
En droit. On ne déclare pas l’indépendance d’un pays par une simple loi. Je veux dire que cet acte est un acte extraordinaire. Un acte qui s’inscrit dans un espace supra-national. Un acte qui, pour être effectif, doit être reconnu comme tel par des pays tiers. Et dans cet espace international, il y a des conventions reconnues qui s’appliquent comme des exigences. Dont la principale est l’expression d’une majorité démocratique d’électeurs en faveur dudit projet.
Si vous croyez qu’après avoir passé sa loi déclarant l’indépendance, sans avoir reçu l’aval de cette majorité, un gouvernement piiste, majoritaire par sièges sans l’être par voix, a réglé le problème et ouvre une ère nouvelle, si vous croyez cela, je dis que vous confondez rhétorique et politique.
Si vous croyez qu’après un tel geste, les pays concernés, le Canada et les USA au premier rang, se plieront devant le fait accompli, je dis que vous errez.
Bref, si jamais vous parveniez, contre toute vraisemblance, à former un tel gouvernement, je suis persuadé qu’avant de faire quoi que ce soit, vous seriez informés par des gens qui s’y connaissent en politique... de ne pas procéder ainsi, et cela dans des termes qui ne laisseraient planer aucun doute, et ne fourniraient aucune autre alternative. Quand on veut jouer dans les grande ligues, il faut savoir prendre sa place et ne jamais oublier que les beaux discours ne suffisent pas à triompher des intérêts bousculés par un tel projet. Il y faut la force du consentement démocratique, exprimé par une majorité de voix, et encore...
***
Pour conclure, je trouve dommage que cet aspect du programme piiste vienne compromettre ses chances de jouer un rôle important dans la conjoncture qui s’annonce.
Le PI aurait pu, en effet, construire une force politique susceptible de forcer le jeu. Je veux dire que ce parti aurait possiblement eu des chances d’obtenir suffisamment d’appuis pour travailler à créer cette grande coalition des forces indépendantistes. Je pense qu’il aurait pu ébranler le Parti Québécois et le forcer à clarifier ses objectifs, en les réorientant dans le sens de l’indépendantisme.
Le PQ n’a jamais été un parti prônant l’indépendance. Depuis 40 ans, ce parti a toujours maintenu un projet de re-confédération. À telle enseigne que, sachant maintenant que le Canada a choisi d’exclure ce projet, il ne sait plus où il va. Ou plutôt, il semble prêt à retraiter dans une voie de garage, celle de l’autonomisme et du provincialisme, affectant de croire, pour voiler sa retraite, que le peuple ne veut plus de référendum...
Le PI aurait pu ouvrir toutes grandes ses portes aux déçus du PQ. Il aurait pu recevoir l’appui de candidats prestigieux. Bref, il aurait pu devenir un joueur-clé dans un réalignement des planètes.
Mais rien de tel ne se produira, ni recrutement massif, ni candidats de prestige.
Le dommage tient dans l’importance de ce qui aurait pu se produire et ne se produira pas.
Le dommage touche évidemment les partisans piistes.
Mais il concerne aussi le peuple québécois, actuellement orphelin d’un porteur de projet d’indépendance, et, pour les raisons mentionnées, privé de ce nouveau parti qui aurait pu travailler et réussir à créer les conditions favorables à l’émergence d’un Grand Parti ou d’une Grande Coalition indépendantiste au Québec.
Monsieur Frappier,
Si vous croyez que le PI recèle le potentiel politique que vous décrivez, il serait dommage de le mettre au rancart sur la question de la déclaration d’indépendance suite à une élection gagnée à la majorité des sièges. Ne seriez-vous pas d’accord avec le fait que les qualités que vous avez mentionnées sont trop rares de nos jours et qu’il faudrait plutôt en faire profiter la cause de l’indépendance qui a été bien malmenée ces dernières années ? Pour ma part, c’est ce que je crois. Le PI a le mérite de nous recentrer sur notre objectif.
Vous avez de bons arguments, le PI en a aussi, et toute cette question peut et doit faire l’objet de discussions approfondies entre indépendantistes.
Pouvons-nous vraiment nous permettre l’économie d’un tel débat ?
On veut NOTRE PAYS. Il faut un programme, il faut des hommes et des femmes de confiance pour nous assurer du bon fonctionnement de ce qui résultera de notre vote.
On ne veut pas une foire d’empoigne entre les responsables qui veulent nous permettre de voter pour cette grande réalisation.
Un chef tout seul, une cheffe toute seule : non merci, on ne fera pas un pays avec une personne qui voudrait nous faire cheminer vers ce grand jour de la déclaration du Pays du Québec.
Une personne seule, un article qui nous dirait : élisez-nous et on fera l’indépendance... Vous voyez bien que cela ne fonctionne pas comme ça pour avoir le pouvoir, avoir une majorité de députés.
Une personne seule, si elle devient malade, inopérante, si on l’attaque comme les adversaires ont assez bien réussi. Entre nous, les pires adversaires que nous avons, présentement, c’est notre propre société québécoise qui n’est pas unanime pour cette réalisation. En a-t-elle le vouloir ?
Il faut que notre message soit attrayant, emballant, prometteur, sécuritaire, rempli de promesses et d’obligations à remplir.
Les politiciens permanents ne réussissent pas ces exigences actuellement. Bâtir avec des gens de connaissance, d’expérience, de savoir, de vision, de responsablités.
Le Parti Indépendantiste peut-il offrir tout cela ?
Robert Bertrand, rédacteur, Québec un Pays, http://cf.groups.yahoo.com/group/Pour-le-Pays-du-Quebec/
M. Frappier, vous avez absolument raison sur le mode d’accession à l’indépendance du Québec du PI qui ne tiendra pas la route.
Vous écrivez : « Le PQ n’a jamais été un parti prônant l’indépendance. Depuis 40 ans, ce parti a toujours maintenu un projet de re-confédération ».
Çe ne peut être ça M. Frappier, nous n’avons pas hérité d’une confédération en 1867 mais d’une fédération, ce qui est fort différent. Je crois bien que vous le savez". Alors, le PQ ne peut pas avoir maintenu un projet de re-confédération vu que nous n’avons jamais eu de confédération...point.
Je ne vois pas où est le mal de militer pour une vraie confédération décrite dans nos dictionnaires comme :"Une association d’États souverains qui ont délégué certaines compétences à des organes communs." Ça serait parfait pour le Québec et le ROC ça !
Fédération est désigné comme : État fédéral. C’est ce que nous avons au Canada depuis 1867. Ça nous a été vendu faussement par LES PÈRES DE LA CONFÉDÉRATION "pas LES PÈRES DE LA FÉDÉRATION".
les Québécois seraient bien plus enclins à voter OUI à une vraie confédération qu’à une indépendance pure du Québec. Pourquoi chercher à suivre le chemin long, tortueux et pénible de l’indépendance qui va faire peur à trop de Québécois encore longtemps, quand on en a un de simple et direct sans trop de précipices, celui de la confédératon qui ne serait qu’un rétablissement de ce qui aurait du être en 1867 selon le titre même de cet acte.
On veut une confédération, on veut une confédération !
On conserve la monnaie commune, on demeure canadiens, on n’installe pas de postes-frontières avec l’Ontario et le Nouveau-Brunswick. On devient ce que l’Europe est en train de devenir.
M. Bousquet
Vous répétez ad nauseam le même refrain.
Sans vous rendre compte que, d’après vos propres définitions, votre projet d’une confédération est tout simplement infaisable ; sauf si le Québec était souverain. ""Une association d’États souverains qui ont délégué certaines compétences à des organes communs." Ça serait parfait pour le Québec et le ROC ça !"
Oui, ce serait parfait, mais le Canada a décidé autrement. Il ne veut pas de "confédération", comme vous le dites. Et, les Québécois, à qui a été proposé par deux fois un tel projet de souveraineté-association, souveraineté-partenariat, ont aussi refusé.
Ce serait parfait dans le discours, autour d’une table, entre amis, ou entre deux bières. Mais la réalité politique canadian interdit une telle rêvasserie.
Madame Lachance,
Une seule chose essentielle déclasse la prétention du Parti indépendantiste ; quant aux autres raisons, elles peuvent, comme vous dites, se régler par la discussion approfondie, ce qui suppose une écoute mutuelle. Cette chose, vous la connaissez aussi bien que moi, et c’est celle que Bernard Frappier, Frédéric Picard et bien d’autres ont mentionnée : la volonté arrêtée de déclarer l’indépendance à la suite d’une élection remportée à la simple majorité des sièges.
Il est inconcevable que votre parti — qui a failli être le mien et pourrait bien l’être un jour puisque j’avais, avec enthousiasme et parmi les premiers, signé sa demande de reconnaissance officielle — ne tienne compte ni de la pratique internationale depuis plusieurs années ni de l’avis d’à peu près tous les spécialistes de droit international et de droit constitutionnel. Devant ces réalités, l’avis des quarante membres présents à l’assemblée de fondation, des six cents membres inscrits ou de six douzaines d’articles signés par sa direction ou ses membres ne changera rien. L’indépendance n’est pas qu’un désir ou un beau rêve mais un acte politique et diplomatique dont l’effectivité ne se garantit pas par la seule bonne foi ni par le sentiment ou l’émotion qu’il suscite ou dont il procède.
Le PI a parfaitement le droit de ne pas se plier aux usages, mais, s’il refuse de le faire, ce sera la seule chose qu’il aura gagnée : le droit de dire non. Alors, il mourra avec parce qu’il aura perdu sa raison d’être : réaliser l’indépendance. Et il ne lui faudra pas quarante ans pour que cela se produise. Pour paraphraser les Belles Histoires des pays d’en-haut : un autre beau gâchis du pays avorté du Québec.
M. Frappier, vous écrivez : Et, les Québécois, à qui a été proposé par deux fois un tel projet de souveraineté-association, souveraineté-partenariat, ont aussi refusé.
Faux ! La souveraineté-association et la souveraineté-partenariat n’étaient pas du tout une confédération. Les Québécois cessaient d’être Canadiens, ce qui n’est pas le cas dans une confédération. GROSSE DIFFÉRENCE. Il a été dit et écrit clairement par le PQ que le Québec formerait un pays, pas une confédération canadienne
Il est vrai que je le répète ad nauseam mais vous répétez aussi que le Canada ne voudra pas d’une confédération. Depuis quand est-ce que vous vous préoccupez des désirs du ROC ? Le ROC ne voudra pas non plus d’une indépendance du Québec gagnée par la peau des dents selon M. Jean Chrétien qui a déclaré dernièrement qu’il aurait refusé une courte victoire du OUI mais ça ne semble pas vous déranger dans ce cas là.
Notre cour suprème a statué que le ROC devra négocier des changements constitutionnels demandés par le Québec suite à une question claire et à un vote assez majoritaire des Québécois.
Tant que je n’aurai pas une vraie objection à une telle solution, je vais continuer à la prôner parce qu’ila de bien meilleures chances de se réaliser qu’une indépendance pure du Québec qui plafonne si on se fie aux déclarations actuelles des souverainistes/indépendantistes et des derniers sondages sur les intentions de vote des Québécois.
Monsieur Frappier, je crois que vous oubliez un détail de la stratégie du PI pour accéder à l’indépendance du Québec ; celle de la 4ème phase de leur démarche : "Mise sur pied d’une assemblée chargée, à la suite de consultations populaires, d’élaborer un projet de constitution permanente à soumettre au peuple par référendum."
Dans ce cas, une majorité de québécois devront approuver la constitution québécoise pour que celle-ci devienne effective. Je crois que d’un point de vue stratégique, le PI use de ruse, car à cette étape de la démarche d’accesion à l’indépendance du Québec, il serait surprenant les Québécois reculeraient.
L’élection majoritaire du PI et la déclaration d’indépendance du Québec à l’assemblée nationale permettront au PI de mettre sur pied une constitution provisoire et une cour suprême du Québec qui nous prémuniera contre les tentatives d’intimidation possible du Canada et d’établir aussi un cadre législatif et juridique provisoire pour entreprendre des négociations avec le Canada. Nous pourrons ainsi établir un rapport de force avec le Canada pour les négociations sur la dettes, la monnaie, l’armée etc.
Cette déclaration d’indépendance nous permettra aussi d’enclancher des discussions avec l’étranger pour obtenir certains appuis nécéssaire, tel celui de la France et de l’ensemble de la francophonie par exemple. Enfin elle nous permettra d’enclancher des consultations populaires avec la population pour rédiger la futur constitution du pays qui sera finalement soumis à un référendum populaire pour finaliser la démarche d’accéssion à l’indépendance du Québec.
Je suis loin d’être expert en politique mais je ne vois pas ce qu’il y a d’illégitime et anti-démoctratique dans cette démarche.
Philippe Solomon Addleman
Monsieur Addleman,
Dans le processus prévu par le PI, la déclaration d’indépendance intervient avant sa ratification par le référendum sur la constitution. En mots simples, on tire d’abord et on pose la question ensuite. Il s’ensuit donc que cette déclaration, de même que tous les gestes posés à sa suite, ne seront reconnus nulle part. Il n’est pas besoin d’imaginer la suite, elle coule de source. Par ailleurs, croyez-vous la population naïve au point d’accepter qu’on lui force la main par un stratagème aussi enfantin ? Même la plupart de ceux qui souhaitent l’indépendance se sentiront traités par-dessus la jambe. L’avènement d’un État souverain n’est pas un jeu d’enfant, bordel ! Que des indépendantistes jeunes, naïfs et exaspérés achètent une telle idée passe encore, mais que les responsables d’un parti politique prétendant libérer un peuple s’y accrochent, voilà qui dépasse l’entendement.
La proposition du P.I. est complètement déconnecté de la réalité politique : On prend le pouvoir lors d’ une élection à la majorité des sièges (et on gagne) et on a un Pays. Ce raisonnement tient plus de l illusion grammaticale ( Rationnel) que de de l’appréciation correct des rapports de forces (relationnel) en présences au moment de passer à l’acte, et ; qui seul peut garantir un changement effectif de de statut (de province à pays).
L’histoire est simple : Le Québec est un état annexé. Pour sortir de cette aliénation politique il devra établir un rapport de force réel et déterminant avec l’autre état. Cela suppose une stratégie d’état, un cumul d’ actes d’états systématiques, jusqu’au point de rupture. Et oui cela suppose de l’action à l’intérieur du cadre canadien.
J’ai eue l’occasion de faire valoir à M Éric Tremblay que sa position sur le mode d’accès à la souveraineté (majorité des sièges) posait un problème de crédibilité pour le P.I.. Alors même que la voix claire et impétueuse d’un tel parti politique nous serait si indispensable pour clarifier, dans un premier temps, les termes du débat, et ; débusquer les faux rejetons qui surfent sur la vague de l’autonomie ou de la souveraineté sans avoir aucune intention de passer à l’acte un jour.
Dommage que ce manque de rigueur de la part de la direction du P.I. ,qui s’est peinturé dans le coins dans une position intenable, nous prive d’un voix crédible si indispensable pour nous sortir de la provincialisation des esprits qui prévaut dans le débat politique au Québec : À tous les niveaux y compris le PQ.
La belle énergie est là, mais l’ouverture et la souplesse nécessaire à l’appréciation de la réalité politique fait défaut. Et à cause de cette entêtement ce parti perd de sa pertinence alors même que sa voix serait si nécessaire.
Dommage.
JC Pomerleau
Monsieur Poulin, Monsieur Frappier,
Je pense tout simplement que les indépendantistes n’ont guère le choix. Ou bien ils investissent ce parti massivement, et si la position qui est la vôtre est majoritaire, c’est celle qui sera adoptée dans les instances appropriées. Je crois que cette question est celle qui constitue l’obstacle principal à l’adhésion de plusieurs. Il ne faudrait pas que ce soit le cas. Au contraire, il faudrait s’y attaquer afin de faire adopter une position qui reflète celle de la majorité des indépendantistes. Au moins, elle aura été discutée sous toutes ses coutures, et nous en connaîtrons les tenants et aboutissants.
Il ne faudrait surtout pas laisser filer l’occasion. Tous ont une responsabilité à cet égard. À défaut, le désastre que vous appréhendez serait alors le vôtre autant que celui de vos frères d’armes du PI.
Monsieur Bousquet non seulement répète toujours le même ’’mantra’’ concernant la confédération mais il est complètement dans le champs.
La construction du fédéralisme européen n’a rien à voir avec la situation canadienne. L’AANB est l’une des conséquences de la conquête de 1759.
Vous avez tout à fait raison monsieur Frappier, les membres de la Communauté européenne s’associe par ce qu’ils sont d’abord, des pays indépendants. Demandez-donc à l’Espagne si la Catalogne peut s’accocier de façon confédérale à l’Europe. Demandez donc au Royaume-Uni si l’Écosse peut en faire tout autant. La réponse en est bien simple, c’est non !
Afin de favoriser la réflexion dans les chaumières, je tiens à mentionner que le Kososvo s’apprête à déclarer le 17 février prochain, son indépendance. On verra bien ce qui se passera sur le plan international...
Dans les années 1960, le gouvernement Lesage dont René Lévesque faisait partie a procédé à des changements majeurs de la société québécoise comme la nationalisation de l’hydro-électricité et la créations de nombreux outils collectifs de libération économique. Puis, le gouvernement de Robert Bourassa a donné aux québécois sa première Charte des Droits et Libertés.Pui ce fut au tour du Parti québécois d’instaurer une véritable politique linguistique nationale. Tous ces changement importants et capitaux le furent sans référendum. Ces changements étaient-ils anti-démocratiques ?
Lors des élections de 1970 et de 1973, où les fédéralistes avaient accepté la donne et s’étaient prêtés à l’exercice de faire l’élection en démonisant l’option indépendantiste, il n’est pas naïf de croire que si le PQ l’avait emporté, ils n’auraient pas eu le choix de négocier l’indépendance. Le parti québécois aurait eu un mandat clair. On s’est nous-même tiré dans le pied en 1974 avec la modification de notre programme. ’’C’EST CELA QU’IL FAUT RÉPARER EN 2008 !’’ C’est cet évènements qui est à l’origine de nos malheurs et il m’arrive parfois de ne plus savoir comment se débarasser de ce maudit bordel de merde !
Peu importe la "formule", elle sera contestée jusqu’à l’os par les opposants à l’indépendance. Rien ne se fera sans turbulence. Face à la progression électorale éventuelle du PI les forces vont se polariser et la dynamique politique va être transformée. La formule proposée par le PI peut surprendre (compte tenu de la tradition péquiste), elle n’est pas parfaite, mais on ne peut pas dire qu’elle manque de clarté et elle est défendable en vertu de nos lois et de la Constitution. L’élection du PI créera un espace politique permettant de poser en toute légitimité des gestes forts de souveraineté. N’est-ce-pas ce que nous voulons ? L’indépendance sera contestée, elle le serait de toute façon. Si j’ai bien compris, le PI prévoit que seul un référendum gagnant rendra sa gouvernance irréversible. Il ose donc se donner les moyens de gagner le référendum. Ce n’est pas là faire preuve de naïveté mais au contraire de réalisme politique. Pour un indépendantiste, il n’y a pas là matière à déchirer sa chemise.
G. Verrier
Madame Lachance,
La position du PI a été entérinée lors du congrès de fondation, de sorte qu’il lui faudra "faire un bout" avant qu’elle soit modifiée, si jamais elle l’est. J’avais déjà soulevé le problème dans un texte publié le 1er août 2007 ; il était demeuré sans réponse depuis. À voir ce qui se publie depuis quelques jours en provenance du PI, j’éprouve l’impression que ce serait la croix et la bannière pour ouvrir une discussion là-dessus : les instances dirigeantes semblent considérer comme un sacrilège, pour le moins, de soulever la question ; il paraît même que ceux qui n’acceptent pas le processus déjà adopté ne sont pas de vrais indépendantistes mais des gens minés par la peur de l’indépendance... Or beaucoup de péistes ont quitté le PQ justement parce qu’ils trouvaient la direction trop rigide et pas discutable, et voici qu’ils adoptent l’attitude et le ton qui les a convaincus de quitter le navire péquiste. Je vous avoue que, vu les circonstances, je ne me vois pas, à 65 ans, passer mon temps à courir les comités et les congrès pendant des années pour taper sur le même clou devant un tribunal inquisitoire. J’ai peut-être tort, mais, pour le moment, je crois que c’est mal parti.
Monsieur Poulin,
Je suis de ceux qui croient que peu importe les modalités, comme le mentionne M. Verrier plus haut, il y aura contestation. C’est inévitable.
Pour l’attitude des dirigeants actuels, vous avez raison, ils en ont malheureusement découragé quelques-uns. Cela ne veut pas dire que la situation soit immuable.
Quant au fait de passer d’un comité à l’autre, je comprends que la tâche soit rebutante. Mais croyez-vous qu’il sera plus facile de le faire au PQ ?
M. D.J.,
Ne ridiculisez pas la PEUR ! Appelez-la plutôt : PRUDENCE
En relisant l’important livre d’Histoire de Patrick Bourgeois paru en 2006 aux éditions Du Québécois : LE CANADA, UN ÉTAT COLONIAL, vous vous rappellerez que ce pays a toujours eu recours à la brutalité contre sa minorité francophone quand elle a voulu redresser la tête. Il faut se préparer à défendre le territoire militairement en attendant la défense internationale. Nous avons un correspondant régulier, géopoliticien, retraité de l’armée canadienne qui en sait quelque chose. Y en aura pas de facile.
Je crois qu’une petite précision est requise en matière de reconnaissance du Québec. Il me semble que le coeur de la question n’est pas la reconnaissance par l’autre, le Canada ou les États-Unis, mais bien la reconnaissance interne, par les Québécois. Je m’explique : je crois que la reconnaissance externe découle de la reconnaissance interne. La question, donc, posée ainsi, est de savoir si le processus suggéré par la PI est légitime, légitimable, à l’interne.
Si les Québécois acceptent, considèrent qu’un processus est légitime, une éventuelle lutte de reconnaissance entre le nouvel État indépendant et l’ancien État néo-colonial deviendrait une lutte de peuple, le jeu de force est tout autre. Le facteur critique, c’est donc la reconnaissance interne.
Je me permets aussi deux commentaires.
Le premier est technique. Dans l’état actuel des choses, avec l’actuel mode de scrutin, il n’est pas impossible qu’une minorité débile permette d’obtenir artificiellement une majorité de sièges. Si on imagine la montée du PI, avec le maintient des autres partis politiques en place, 35% des voix, par exemple, au Québec, pourraient suffire à obtenir une majorité de sièges (ex : PI : 35%, ADQ : 25%, PLQ : 25% et PVQ, PQ et QS : 15%). Cela dépend de la distribution des voix. L’effet marmelade, un vote bien étendu à travers la province, pourrait permettre une telle éventualité. Ce qui est contradictoire, compte tenu des effets distorsionnants de notre mode de scrutin, c’est qu’une telle éventualité implique une minorité de voix francophones !
L’autre commentaire concerne la nature de la question nationale québécoise. La question nationale, surtout celle de l’indépendance ou non, en un sens, est la question constitutionnelle par excellence. Le pouvoir constitutionnel, étant le premier et suprême pouvoir en démocratie, celui duquel les autres pouvoirs dérivent (législatif, exécutif, judiciaire), requiert une légitimité supérieure, et donc un processus légitimateur supérieur. À part les régimes parlementaires britanniques où il y a confusion des pouvoirs législatif et constitutionnel, aucun régime ne traite le pouvoir constitutionnel de la même manière que le pouvoir législatif. Parfois, en revanche, j’arguerai que ce pouvoir est enchâssé de manière vicieuse, de manière à priver le peuple du pouvoir constitutionnel qui est à la racine de sa souveraineté. L’excès contraire, qui consiste à modifier la constitution sans l’aval majoritaire de la population, lui, est tout aussi déplorable. Le régime parlementaire britannique, surtout avec un mode de scrutin uninominal à un tour qui ne garantit aucunement qu’une majorité de députés représentent une majorité de votants, est un régime où le second excès, juridiquement, est possible. Cela ne rend cependant pas la possibilité de ce faire politiquement ou démocratiquement légitime, bien au contraire, cette éventualité constitue un vice du système, dont le fondement est la confusion des pouvoirs législatif et constitutionnel jouxtée à la distorsion aléatoire entre l’appui populaire (voix) et la représentation politique (sièges) causée par le mode de scrutin uninominal à un tour (scrutin actuel).
Le PI confond donc, en un sens, sur ce point, la légalité formelle, juridique, de l’acte avec sa légitimité politique. J’admettrai que c’est tentant, mais ça ne fait pas preuve d’une grande maturité démocratique.
Je ne dis pas, cependant, que la position du PI est totalement indéfendable, mais elle ne l’est certainement pas sur ce fondement. Les deux fondements sur lesquels la position du PI pourraient être défendue, ce sont ceux de « la revanche » et de la nation civico-linguistique. L’on peut dire que le référendum volé de 1995 constitue un acte qui appelle et justifie une revanche, une réponse anti-démocratique à un acte anti-démocratique. L’autre argument possible, c’est celui de la nation de langue, ce qui limite la légitimité du droit de vote au Québec aux seuls Québecois, c’est-à-dire aux francophones. Les non-francophones, des Canadiens, sont alors considérés comme des non-citoyens.
Le premier argument a cependant ses limites, car si c’était l’argument-clé du PI, une minorité de voix en appui au PI impliquerait qu’une majorité ne reconnaîtrait pas la fraude référendaire de 1995. Dès lors, cet argument, en un sens, tombe.
En revanche, le premier argument prend un sens nouveau lorsque conjugué avec le second. Car une majorité de francophones pourrait reconnaître la fraude de 1995, et appuyer de ce fait le PI. Cependant, la faiblesse de ce second argument est, à mon sens, stratégique. Le problème est qu’il ne permet pas de justifier l’assimilation linguistique démocratique des Canadiens au Québec. S’ils sont exclus du décompte des votes, ils ne peuvent être liés par la volonté de la nation québécoise, puisqu’ils n’en font pas partie. La conception civique de la nation, pour ce vote, en revanche, permet de justifier jusqu’à l’imposition par la majorité civique d’une autre conception de la nation, la conception civico-lingusitique, et donc l’assimilation linguistique des anglophones aux Québec. Cette assimilation devient alors démocratique. Stratégiquement, donc, j’arguerai qu’il pourrait être avantageux de jouer sur le terrain civique, pour que la nation québécoise puisse légitimement imposer son ordre, et jouir des privilèges de la victoire, de la Reconquête du Québec par les Québécois. Évidemment, une question se pose, d’où l’utilisation du conditionnel plus haut : est-il possible de vaincre sur le terrain civique ? Cela implique, entre autres, une prise de conscience nationale. Cela implique que les Québécois réalisent qu’ils forment nation, et ceci étant, qu’ils développent un esprit de nation, de corps, capable de vaincre sur son territoire le bloc anglais qui constitue le principal obstacle à la réalisation de l’indépendance du Québec.
Au lieu donc, d’ignorer l’adversaire, ce que fait subtilement le PI, je propose de lui déclarer la guerre, démocratique, guerre où, Nous, Québécois, voulons faire du Québec un pays de langue française.

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