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Avec un touchant rappel de son amitié à leur égard, M. Alain Dubuc convoquent les souverainistes à rendre les armes et à se rallier à la majorité québécoise fédéraliste. Cette majorité qui leur a infligé deux cuisants échecs en 1980 et 1995 et qui, soi-disant, reste engagée dans la poursuite du noble accomplissement de son statut canadien-français dans l’actuelle Province de Québec. C’est là qu’il faut la rejoindre. Voilà le chant de sirène qu’on commençait d’entendre à la veille de la Fête des Patriotes. Air des plus pertinents en cette période sombre où les navigateurs souverainistes s’éparpillent à tous vents !
Mais faut-il rappeler encore la rebuffade majeure essuyée par les fédéralistes tentant de renouveler le système canadien à Charlottetown en 1992 ? Et, nous le savons tous, Alain Dubuc feint d’ignorer que la victoire du Non en 1995 soit des plus douteuses. Puis il n’est pas sans comprendre non plus que la durée d’une cinquantaine d’années des démarches explicites d’une grande partie de ses compatriotes québécois vers la souveraineté n’est en elle-même vraiment pas déprimante si on la compare aux 250 ans de tentatives jamais réussies des Canadiens-français du Québec de se faire reconnaître adéquatement par le reste du Canada. Toutes ces tentatives avortées sont vraiment bien documentées. Si l’essayiste et chroniqueur faisait état de cette longue histoire infructueuse, on pourrait commencer à le prendre au sérieux. Peut-être aussi se demanderait-il si sa démarche même peut être sérieuse. Peut-être la verrait-il comme une invitation à partager une grande illusion. Tout compte fait, la situation actuelle n’exige pas des souverainistes de rendre les armes.
Dans l’état actuel des choses, le discours de M. Dubuc, certes, reste touchant. Émouvant, en effet, comme peut l’être la ritournelle fredonnée par un Sisyphe en frais de se convaincre qu’il y a bonheur à devoir toujours recommencer.
Et puis, toujours dans cette période de la Fête des Patriotes, il nous fut donné d’entendre d’autres accents fort captivants et prenants. Ils nous arrivaient d’outremer, ceux-là. Après l’épisode glorieux de la « petite reine », le Premier ministre de tous les Québécois s’appliquait tout récemment à expliquer en France que les remous des dernières semaines au Québec avaient été causés par les sensibilités exacerbées de souverainistes irresponsables ; que contrairement à ces apparences troubles, le Québec était maintenant arrivé à pouvoir établir de vraies relations matures avec la France. M. Charest insista et revint au moins encore une fois, je l’ai entendu, sur cette maturité maintenant acquise. Le Québec va désormais s’occuper de choses sérieuses avec la France. Oublions les fredaines d’utopistes invétérés. Et la voix de se faire grave. Elle est devenue mature. Elle met l’emphase sur des sujets sérieux comme l’économie, et chante le libre échange entre la France et le Canada.
Le Québec et son Premier ministre au service du Canada. La France et l’Europe peuvent désormais se servir d’eux pour faciliter le commerce avec ce Canada aimé et l’Amérique du Nord. Parfaite image de l’intermédiaire subalterne auto-attitré et patenté. Le Québec devenu simple démarcheur et satisfait de son sort.
Oui, il faut prendre l’économie du Québec au sérieux. Oui, il faut que le Premier ministre s’en occupe. Mais pour le faire efficacement, point ne suffit de se dire mature. Car la maturité politique consiste, me semble-t-il, à posséder réellement le pouvoir de ses rêves et l’exercer. Et ce pouvoir le Québec ne l’aura que par son accession à la souveraineté et indépendance.
M. Charest le sait, cela, autant que M. Dubuc. Mais il ne veut pas cette maturité pour le Québec. C’est trop. Ses récentes invocations à la maturité, sonnant le faux, veulent simplement en imposer aux souverainistes en désarroi et d’un autre âge et, surtout, rassurer des partenaires français qu’il a les choses bien en main. Serait-il paranoïaque de penser que notre Premier ministre est en train de se servir du Québec comme marchepied pour une éventuelle rentrée au sérail fédéral ? C’est que le cours des choses semble tellement s’en aller dans cette direction depuis quelque temps…
Alors que faire, souverainistes et indépendantistes ? Rester sourds aux mélodies trompeuses des sirènes ; déjouer les entreprises de sujétion ; ne pas déposer les armes, mais se rendre à la seule nécessité qui prévaut dès à présent : rallier d’un seul cœur la masse des forces pour convaincre démocratiquement notre peuple de faire le pas généreux vers la liberté de la vraie maturité politique. Parti québécois, Parti vert, Québec solidaire, Parti indépendantiste, rassemblez-vous ! Parlez d’une seule voix à notre peuple ! Il y aura souveraineté et indépendance seulement avec lui et par sa décision éclairée… dans l’éclairage de son indispensable participation au dialogue fondateur.
Fernand Couturier
19 mai 2008
— Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) —
Le cri du coeur de M. Couturier : « Parti québécois, Parti vert, Québec solidaire, Parti indépendantiste, rassemblez-vous ! Parlez d’une seule voix à notre peuple ! »
Bonne idée mais, peu probable parce que le Parti vert est fédéraliste, Québec solidaire est plus le goût de la go-gauche que de l’indépendance du Québec et le PI haït plus le PQ que le PLQ si on se fie au temps qu’ill prend à le critiquer.
M. Bergeron,
Consulter les 17 régions donnerait un rapport pire que le B-T. On sait ce qu’était le but de la concentration de l’information dans les mains des fédés : DÉSINFORMATION.
Ce qu’il faut redire aux Québécois occupés à gagner leur croûte, c’est tout le tort que nous cause le CANADA. Et comment nous vivrions mieux en l’expulsant de chez-nous.
C’est, semble-t-il, la tâche à laquelle se consacre (à notre insistance), la chef PQ désormais. Et elle compte sur tous les indépendantistes de bonne volonté, où qu’ils se cachent, à se joindre au mouvement pour une riposte uniforme contre l’assimilation galopante et l’extermination. Un indépendantiste qui en dénigre un autre joue le jeu de Gesca, i.e. Une TRAHISON !
Le 14 avril dernier, M.Poulin produisait un beau texte : Du coyote, du "roadrunner" et des traîtres.
M. Gilles commentait :
Arrêtons donc de nous combattre entre nous. Arrêtons pour vrai et unissons nous pour vrai. Laissons de côté les batailles d’égo, les j’ai raison et tu as tort. Le but c’est la souveraineté du Québec et la seule façon de la réaliser c’est par la patience et l’union au moins de ceux qui sont en sa faveur.
Un Leitmotiv... sur Vigile.net
Que faire ?
C’est pourtant simple. Tout a été dit, redit, fait et refait pour l’Indépendance du Québec ! Même la Déclaration de souveraineté du Québec par les Vigneault et compagnie pour 1995 !
Nous n’avons qu’à répéter et rerépéter ce qui a été dit des milliers de fois par les plus grands QUébécois. Les citations de Vigile.net à cet effet sont merveilleuses. Susciter une prise de conscience socio-historique chez les endormis, ambivalents, opportunistes, indifférents ... J’aime pas le mot "traître" personnellement parce que celui qui trahit consciemment le fait habituellement pour une bonne raison. Celui qui trahit inconsciemment ne sait pas qu’il trahit.
Si on est fatigué de travailler, on utilise le "traître" Trudeau contre ceux qui l’ont utilisé ! N’était-il pas nationaliste canadien française et indépendantiste québécois dans sa jeunesse ?

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