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700 milliards de fond public pour sauver les banques !
L’arme de persuasion massive des néo cons : « The Shock Doctrine »
Jean-Claude Pomerleau
Tribune libre de Vigile
vendredi 3 octobre 2008      88 visites


Comment convaincre les citoyens américains, qui sont eux mêmes victimes de la pire crise financière depuis la « Grande Dépression », de financer à hauteur de 700 milliards avec leurs taxes, un plan de sauvetage des banques qui ont elles-mêmes créé le fiasco ? La réponse : la même stratégie utilisée par les « néo cons » pour convaincre les Américains de la nécessité de consentir à la ruineuse guerre en Irak. Elle consiste à créer une crise et nourrir le climat de peur jusqu’à son paroxysme. Et profiter du choc de la crise pour imposer des changements auxquels les citoyens s’opposeraient en temps normal. Cette stratégie est expliquée par Naomi Klein dans son livre : The Shock Doctrine. (1)

Dans le cas de l’Irak, la crise était fictive, mais dans le cas de ce présent fiasco financier, sa gravité ne fait aucun doute. Alors où est la manipulation ? Dans le « timing » de son dénouement ! L’administration Bush ne pouvait ignorer la gravité de la crise qui se développait sous ses yeux. À moins de conclure que les 2 architectes de ce plan de sauvetage de 700 milliards, le secrétaire au Trésor, M Henry Paulson, lequel a une grande expérience des marchés, puisqu’il a fait carrière à Wall Street, et le président de la Federal Reserve Bank (Fed), M Ben Bernanke, lequel est un spécialiste de la Grande Dépression de 1929, ne se sont pas rendus compte de la gravité de la situation alors qu’ils baignaient dedans !

Alors pourquoi attendre à minuit moins une ? Tout simplement pour maximaliser l’effet dramatique de la crise (The Shock Doctrine) et rendre la proposition de la création du fond de sauvetage de 700 milliards pour recapitaliser les banques, comme inévitable. Et l’imposer comme la moins pire des solutions dans les circonstances. Il fallait amener le système financier au bord de l’effondrement pour que l’argumentaire de Henry Paulson, secrétaire au Trésor ait le maximum d’impact. Financer ce fond est un sacrifice pénible pour les payeurs de taxes, mais l’alternative est plus grave encore car la déstabilisation du système financier mènera à une sévère dépression : Pertes d’emplois, baisse du niveau de vie, pertes de maisons. La « Très Grande Dépression » quoi. Ce message de M.Paulson a été répété par le président de la Federal Reserve Bank (FED), M Ben Bernenke et sur un ton grave par le président Bush lui-même : « The financial system is in danger » et « We’re in a serious economic crisis in the country if we don’t pass a piece of legislation.". Bref, les citoyens n’ont pas le choix.

Le scénario de ce dénouement de crise était écrit à l’avance par les « néo cons ». Et les cartes, de ce château qui s’écroule, sont déjà distribuées. Les dettes douteuses prises en charges seront absorbées par les fonds publics. Les banques ainsi soulagées pourront être fusionnées avec d’autres .Et les meilleurs morceaux d’actifs de ces banques en faillites seront refilés à d’autres banques pré sélectionnées. Une vaste restructuration qui va faire naître des puissances financières dont les actions vont prendre de la valeur, de l’autre coté de la crise. Un des grands gagnants de ce scénario sera… Golman Sacks. L’ex employeur du secrétaire au Trésor, M Henry Paulson, celui-là même qui est le maître du jeu !

Alors que l’administration Bush a les puissants leviers de l’état pour agir. Qu’elle pourrait utiliser systématiquement pour préserver l’intérêts nationale, en s’inspirant de la stratégie de la Suède qui a sortie d’une crise semblable en 1992 en réalisant des profits ! (2), il est à craindre qu’elle utilisera ses puissants moyens pour les mettre plutôt au service d’intérêts privées qui guident son action.

Pour sortir les États-Unis de la Grande Dépression de 1929, le Président Roosevelt avait produit un plan structurant d’envergure : The New Deal. Ce politicien qui avait un sens de l’état exemplaire avait placé l’intérêt national au dessus des intérêts privés (dont il redoutait qu’ils prennent un jour le dessus sur le pouvoir politique à Washington), Ce plan aura permit à l’économie de prendre un essor durable pour les décennies suivantes.

Ce que redoutait Roosevelt s’est produit, les intérêt privés ont pris le dessus sur le pouvoir politique à Washington. Et depuis le sens de l’état à céder la place à l’idéologie et la cupidité qui tiennent lieu de stratégie d’état. Le résultat en est que les néo cons ont inscrit les États-Unis dans un déclin programmé.

Mais ceux qui subissent le fiasco financier des néo cons ne sont pas tous sous l’effet de la « Shock Doctrine ». Un de ceux là, le ministre des finances allemand, Peer Steinbrück y est allé de commentaires lapidaires sur la cause de cette crise (l’avidité et le manque de réglementation). Et il ajoute que, quand les américains sortiront de cette crise, "The US will lose its status as the superpower of the global financial system.". (3).

Bref le déclin de l’empire américain a commencé. Et la stratégie de la « Shock Doctrine » ne pourra rien y changer !

Maintenant que le plan de sauvetage est connu, reste à voir jusqu’oü la réaction d’outrage des citoyens irar ? Et si « The Shock Doctrine » n’opérait plus sur l’opinion publique ! (4)

(1) http://www.naomiklein.org/shock-doctrine

(2) http://www.nytimes.com/2008/09/23/business/worldbusiness/23krona.html ?em

(3) http://www.spiegel.de/international/germany/0,1518,580709,00.html

(4) http://money.cnn.com/2008/09/26/news/economy/easton_backlash.fortune/index.htm ?postversion=2008092811

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