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	<title>Vigile.net - Mythes fondateurs</title>
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	<description>Le portail ind&#233;pendantiste du Qu&#233;bec</description>
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		<title>Vigile.net</title>
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	<item>
		<title>L'homme moderne sans r&#233;f&#233;rence</title>
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		<dc:date>2009-02-21T14:56:31Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Louis Cornellier - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>Auteur, en 2007, du savant et lumineux &#201;tat de la nation (Liber), le politologue Jean-Fran&#231;ois Lessard poursuit son exploration du proc&#232;s moderne dans un tr&#232;s solide essai intitul&#233; La Question du politique dans la modernit&#233;. Comprendre le malaise contemporain. &#171; Si nous ne vivons pas dans des (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Auteur, en 2007, du savant et lumineux &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#201;tat de la nation&lt;/i&gt; (Liber), le politologue Jean-Fran&#231;ois Lessard poursuit son exploration du proc&#232;s moderne dans un tr&#232;s solide essai intitul&#233; La Question du politique dans la modernit&#233;. Comprendre le malaise contemporain.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Si nous ne vivons pas dans des r&#233;gimes id&#233;aux, &#233;crit-il, les soci&#233;t&#233;s d&#233;mocratiques occidentales vivent tout de m&#234;me de nos jours dans des r&#233;gimes pour lesquels les acteurs les plus engag&#233;s se sont longtemps battus. [...] Le sentiment dominant n'en est pourtant pas un de satisfaction. La tendance est beaucoup plus &#224; d&#233;crier les manquements du r&#233;gime d&#233;mocratique qu'&#224; saluer ses r&#233;ussites. &#187; Comment, donc, expliquer ce malaise, qui s'accompagne d'une &#171; d&#233;politisation de la soci&#233;t&#233; &#187; ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans une d&#233;marche d'interpr&#233;tation qui se situe &#224; mi-chemin de la philosophie et des sciences humaines, Lessard propose une brillante relecture des grands moments de la modernit&#233; (r&#233;volutions am&#233;ricaine et fran&#231;aise), de ses grands th&#232;mes (d&#233;mocratie, politique, nation, progr&#232;s, id&#233;ologie) et des discours contemporains qui remettent ces derniers en cause (postmodernisme, multiculturalisme, n&#233;omodernisme). Ce parcours l'am&#232;ne &#224; constater que, aujourd'hui, &#171; le r&#233;cit national n'arrive plus &#224; s'imposer &#187;, m&#234;me si le cadre national perdure et &#171; que la soci&#233;t&#233; moderne conna&#238;t une fragmentation &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les messianismes modernes, incarn&#233;s dans des id&#233;ologies qui ont parfois men&#233; &#224; des dictatures, ont &#233;chou&#233;, entra&#238;nant ainsi un d&#233;sinvestissement &#224; l'&#233;gard du politique et une mise &#224; distance du souci de l'&#233;galitarisme &#233;conomique. L'individualisme moderne qui caract&#233;rise notre &#233;poque s'investit dans un &#233;galitarisme social (d&#233;mocratisation vestimentaire, fin de l'autorit&#233;, revendications sp&#233;cifiques des femmes, des &#233;tudiants, des handicap&#233;s, des homosexuels, etc.) qui prend souvent la forme de communautarismes mous.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;S'ils peuvent sembler incompatibles au premier abord, l'individualisme et les nouvelles formes de communautarisme, pour Lessard, ont partie li&#233;e. &#171; Les choix de vie deviennent des choix plus individuels que jamais auparavant. Les liens sociaux se d&#233;clinent sur le mode de l'&#233;lection. &#187; Les communautarismes, per&#231;us par certains comme un retour &#224; des identit&#233;s fig&#233;es, n'&#233;chappent pas &#224; cette logique individualiste. &#171; Les liens communautaires &#233;tant maintenant &#233;lectifs, pr&#233;cise l'essayiste, ils sont devenus multiples et fragiles. La multiplication des identit&#233;s [chez une m&#234;me personne] vient relativiser leur importance sp&#233;cifique. &#187; En ce sens, ces communautarismes &#8212; Lessard parle d'un multiculturalisme &#171; de boutique &#187; &#8212; ne menacent pas vraiment &#171; l'&#233;difice politique moderne &#187; et demeurent, par leur caract&#232;re individualiste, dans la logique de la modernit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette fragmentation sociale soul&#232;ve n&#233;anmoins le probl&#232;me du vivre ensemble. Le relativisme, et les valeurs de tol&#233;rance et de pluralisme qui l'accompagnent, suffit-il pour faire soci&#233;t&#233; ? &#171; Jusqu'o&#249;, demande Lessard, ira le d&#233;racinement de l'homme moderne &#187; ? Comment les hommes parviendront-ils &#224; poursuivre le dialogue, malgr&#233; cet individualisme qui n'a pas que des d&#233;fauts ? C'est l&#224;, conclut le brillant et exigeant essayiste, le grand d&#233;fi de l'&#233;poque actuelle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#232;re de la d&#233;r&#233;liction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Qu'est-ce qui reste quand les humains en soci&#233;t&#233; ne &quot;croient&quot; plus ? &#187;, demande &#224; son tour Marc Angenot dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;En quoi sommes-nous encore pieux ?&lt;/i&gt;, un troublant mais fort essai &#171; sur l'&#233;tat pr&#233;sent des croyances en Occident &#187;. Les hommes des Lumi&#232;res, &#233;crit-il, appelaient de leurs voeux un rejet de la religion qui ferait place &#224; l'&#233;mancipation de la raison. Or, constate Angenot, ce d&#233;senchantement a bel et bien eu lieu, mais il nous laisse plut&#244;t dans &#171; une sorte de stase avec un &#233;tiage bas de r&#233;sidus de dogmes, un bariolage de croyances et de &quot;cr&#233;dulit&#233;&quot;, des cultes-entre-guillemets &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La s&#233;cularisation &#8212; s&#233;paration de l'&#201;glise et de l'&#201;tat et r&#233;gression massive des pratiques religieuses &#8212; est, pour Angenot, un fait av&#233;r&#233;. Elle s'applique autant aux confessions religieuses comme telles qu'aux &#171; religions s&#233;culi&#232;res &#187;, c'est-&#224;-dire ces philosophies modernes de l'histoire (socialisme, fascisme et m&#234;me un certain lib&#233;ralisme) qui, tout en affirmant le rejeter, recyclaient l'esprit religieux. Parce que l'h&#233;t&#233;ronomie &#8212; qu'elle soit divine, r&#233;volutionnaire, progressiste ou nationaliste &#8212; est totalement d&#233;valu&#233;e comme principe directeur, Angenot n'h&#233;site pas &#224; parler &#171; d'une ultime &#233;tape d&#233;sormais atteinte de la s&#233;cularisation et du d&#233;senchantement du monde occidental &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Selon lui, la th&#232;se d'un &#171; retour du religieux &#187; ne tient pas la route. Ailleurs qu'en Occident, o&#249; le concept de s&#233;cularisation ne s'applique pas (les pays de l'Islam, par exemple), le religieux ne &#171; revient &#187; pas puisqu'il n'est jamais parti. Mais &#171; en Europe et, en fait quoi qu'on en dise, dans la plus grande partie de l'Am&#233;rique du Nord, l'homme et Dieu sont s&#233;par&#233;s comme ils ne l'ont jamais &#233;t&#233; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or cet &#233;tat de d&#233;r&#233;liction &#8212; ni Dieu ni les Grands R&#233;cits politiques ne nous sauveront &#8212; n'entra&#238;ne pas le triomphe de la raison, mais une anomie ou, pour parler comme Weber, un &#171; polyth&#233;isme des valeurs &#187; dans lequel des &#171; r&#233;sidus &#187; religieux et des &#171; survivances &#187; militantes sont privatis&#233;s, &#233;clat&#233;s, et rel&#232;vent plus, pour reprendre les mots de Jean-Claude Guillebaud, de la cr&#233;dulit&#233; que de la croyance. Le relais divin, par exemple, est remplac&#233; par les tendances au primitivisme, &#224; l'orientalisme et &#224; l'occultisme, alors que la politique, la gauche et la d&#233;mocratie sont en crise et concurrenc&#233;es par l'individualisme marchand et les communautarismes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le philosophe antimoderne Leo Strauss se demandait comment &#171; la multitude non philosophique &#187; pourrait affronter ce trouble d&#233;senchantement. La tranchante r&#233;ponse de Marc Angenot prend des accents tragiques. &#171; L'homme (post-)moderne, conclut-il, se trouve pris &#224; jamais entre l'impossibilit&#233; d'un retour &#224; l'enchantement de la transcendance et l'impossibilit&#233; de regarder en face l'immanence inerte des choses et d'assumer l'absurdit&#233; de ce monde. Il lui reste &#224; continuer &#224; chercher des mani&#232;res r&#233;siduelles de s'illusionner. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;louisco@sympatico.ca&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.editionsliber.org/philosophie/livre.php?idx=272&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_3222 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:93px;'&gt;
&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_21-lessard.jpg' width=&quot;93&quot; height=&quot;140&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/span&gt;La question du politique dans la modernit&#233;&lt;/a&gt;&lt;br&gt;
Comprendre le malaise contemporain&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Fran&#231;ois Lessard&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Liber&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Montr&#233;al, 2008, 222 pages&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.pulaval.com/catalogue/quoi-sommes-nous-encore-pieux-sur-9242.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_3223 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:126px;'&gt;
&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_21-angenot.jpg' width=&quot;126&quot; height=&quot;187&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/span&gt;En quoi sommes-nous encore pieux ?&lt;/a&gt;&lt;br&gt;
Sur l'&#233;tat pr&#233;sent des croyances en Occident&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Suivi de la r&#233;plique de l'avocat du diable par Georges A. Lebel&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Marc Angenot&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;PUL&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qu&#233;bec, 2009, 136 pages&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	<item>
		<title>Vers une civilisation humaniste</title>
		<link>http://www.vigile.net/Vers-une-civilisation-humaniste</link>
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		<dc:date>2009-01-23T13:59:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Rodrigue Tremblay</dc:creator>
		


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		<description>Dans ce livre choc, l'&#233;conomiste Rodrigue Tremblay propose une r&#233;flexion sur les questions morales et sur les grands principes humanistes de moralit&#233; humaine. Son message principal est &#224; l'effet qu'il n'est pas n&#233;cessaire d'adh&#233;rer &#224; une religion (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Dans ce livre choc, l'&#233;conomiste Rodrigue Tremblay propose une r&#233;flexion sur les questions morales et sur les grands principes humanistes de moralit&#233; humaine. Son message principal est &#224; l'effet qu'il n'est pas n&#233;cessaire d'adh&#233;rer &#224; une religion particuli&#232;re, ni m&#234;me d'&#234;tre religieux, pour agir (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Vers-une-civilisation-humaniste"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Sapin de No&#235;l ou sapin des f&#234;tes ?</title>
		<link>http://www.ledevoir.com/2008/12/12/222840.html</link>
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		<dc:date>2008-12-12T14:50:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Pierre Desjardins - Le Devoir (opinions)</dc:creator>
		


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		<description>Notons d'abord que chez tous les peuples d'origine indo-europ&#233;enne nous retrouvons le culte de l'arbre sacr&#233;. Dans toutes ces cultures, du dieu grec Prom&#233;th&#233;e au dieu germanique Loki, en passant par les l&#233;gendes indiennes et jusqu'&#224; l'histoire biblique du Jardin (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Notons d'abord que chez tous les peuples d'origine indo-europ&#233;enne nous retrouvons le culte de l'arbre sacr&#233;. Dans toutes ces cultures, du dieu grec Prom&#233;th&#233;e au dieu germanique Loki, en passant par les l&#233;gendes indiennes et jusqu'&#224; l'histoire biblique du Jardin d'&#201;den, on retrouve sous diff&#233;rentes formes le (...) - &lt;a href="http://www.ledevoir.com/2008/12/12/222840.html"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Le retour attendu de l'utopie</title>
		<link>http://www.vigile.net/Le-retour-attendu-de-l-utopie</link>
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		<dc:date>2008-12-08T13:59:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Dominic Desroches - Collaboration sp&#233;ciale</dc:creator>
		


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		<description>L'avantage politique de formuler des utopies en temps de crise est d'amasser des raisons d'esp&#233;rer, d'obliger les citoyens, &#224; la merci de leur imagination, &#224; se concevoir autrement afin de forcer le changement. La fabrication d'utopies permet de sortir de la (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;L'avantage politique de formuler des utopies en temps de crise est d'amasser des raisons d'esp&#233;rer, d'obliger les citoyens, &#224; la merci de leur imagination, &#224; se concevoir autrement afin de forcer le changement. La fabrication d'utopies permet de sortir de la torpeur au moyen d'id&#233;aux. La pens&#233;e du plus grand (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Le-retour-attendu-de-l-utopie"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Inventer un nouvel Isra&#235;l ou... dispara&#238;tre !</title>
		<link>http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/opinions/points-de-vue/200811/12/01-38853-inventer-un-nouvel-israel-ou-disparaitre.php</link>
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		<dc:date>2008-11-12T15:20:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Shlomo Sand - Le Soleil (Opinions)</dc:creator>
		


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		<description>Une &#233;quipe d'arch&#233;ologues russes annon&#231;aient r&#233;cemment la d&#233;couverte d'Itil, capitale des Khazars, des Turcs semi-nomades convertis au juda&#239;sme au VIIIe si&#232;cle. Leur vaste empire, situ&#233; au sud de la Russie, est tomb&#233; en 1016. Chass&#233;s par les invasions mongoles au XIIIe si&#232;cle, ils (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Une &#233;quipe d'arch&#233;ologues russes annon&#231;aient r&#233;cemment la d&#233;couverte d'Itil, capitale des Khazars, des Turcs semi-nomades convertis au juda&#239;sme au VIIIe si&#232;cle. Leur vaste empire, situ&#233; au sud de la Russie, est tomb&#233; en 1016. Chass&#233;s par les invasions mongoles au XIIIe si&#232;cle, ils refluent vers l'ouest, o&#249;, se m&#234;lant aux (...) - &lt;a href="http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/opinions/points-de-vue/200811/12/01-38853-inventer-un-nouvel-israel-ou-disparaitre.php"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Obama ou l'illustration du pouvoir de la parole</title>
		<link>http://www.vigile.net/Obama-ou-l-illustration-du-pouvoir</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Obama-ou-l-illustration-du-pouvoir</guid>
		<dc:date>2008-11-11T15:29:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Dominic Desroches - Collaboration sp&#233;ciale</dc:creator>
		


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		<description>Qui oserait, &#224; la fin de ce discours patriotique, inspir&#233; de la souffrance des gens ordinaires comme Ashley, choisir le statu quo, c'est-&#224;-dire en rester &#224; une Am&#233;rique blanche, raciste, guerri&#232;re et injuste ? La rh&#233;torique a bien fait son travail parce que personne, dans la foule, (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On commence lentement &#224; r&#233;aliser au Qu&#233;bec qu'une bonne partie du succ&#232;s
immense que conna&#238;t Barack Obama repose sur son &#233;loquence et sa ma&#238;trise de
l'art de la parole. Le Tiger Woods de la politique am&#233;ricaine, en effet,
s&#233;duit les foules partout o&#249; il passe - ce qui manque cruellement &#224; nos
politiciens canadiens et qu&#233;b&#233;cois -, et cela fait de lui un homme
politique extraordinaire, m&#233;diatis&#233;, mais aussi un r&#233;novateur inesp&#233;r&#233; de
la d&#233;mocratie contemporaine. Je me proposerai ici de donner une explication
rapide de la fascination nouvelle sign&#233;e Barack Obama.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La d&#233;mocratie est et sera toujours une affaire de rh&#233;torique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aux Etats-Unis, depuis l'&#233;poque de la R&#233;volution &#224; tout le moins, l'&#233;tude
de la politique a toujours impliqu&#233; l'&#233;loquence. Devenir politicien est un
r&#234;ve impossible au sud de la fronti&#232;re pour celui qui ne sait pas parler
devant un public. De m&#234;me, et ce sera le chemin d'Obama, l'apprentissage du
Droit repose sur la pratique de l'&#233;loquence afin de savoir comment s'y
prendre pour convaincre, au moyen des mots et des gestes, un jury. Ce que
les Etats-Unis ont retenu de l'&#233;ducation de la r&#233;publique romaine, nous,
ici, nous l'avons &#233;vacu&#233; de notre cursus scolaire il y a tr&#232;s longtemps, &#224;
savoir l'art et l'utilit&#233; d'apprendre &#224; faire passer un discours. Voil&#224;
peut-&#234;tre pourquoi les Qu&#233;b&#233;cois se r&#233;veillent un matin &#233;pris d'Obama et
qu'ils ne trouvent pas les mots capables d'expliquer pourquoi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au Qu&#233;bec, dans l'expression &#233;loquente de sa pauvret&#233; politique, on a
cherch&#233;, depuis une semaine, &#224; r&#233;cup&#233;rer tous les succ&#232;s d'Obama au lieu de
s'interroger sur les raisons v&#233;ritables de son &#233;lection historique. Comme
des groupies, les Qu&#233;b&#233;cois se sont d&#233;couverts membres du Fan club d'Obama.
Quand ce n'est Pauline Marois ou Fran&#231;oise David qui patinent pour trouver
un slogan justifiant le changement, c'est Mario Dumont qui se prend pour le
nouveau pr&#233;sident. Que c'est triste de voir, en une semaine seulement,
autant d'usages et d'emprunts colonis&#233;s de la pratique politique
&#233;tats-unienne, politique qui, il faut le dire, a peu &#224; voir avec la n&#244;tre.
Faute de former des politiciens-orateurs, de valoriser la d&#233;mocratie de
terrain ou de foule, on joue &#224; imiter les autres, signe habituel de notre
repliement identitaire. Faute de r&#233;aliser qu'il y a seulement un Obama par
si&#232;cle et qu'il est logique qu'il provienne des Etats-Unis, pays des
preachers, des poursuites judiciaires m&#233;diatis&#233;es et des foules nombreuses,
on veut reprendre ici les th&#232;mes de sa campagne...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour d&#233;mystifier le myst&#232;re Obama, j'analyserai de mani&#232;re sommaire, non
pas son discours de la victoire &#233;lectorale, mais plut&#244;t son discours
historique du 18 mars intitul&#233; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;A more perfect Union&lt;/i&gt;. Mais juste avant, je
rappellerai &#224; nos politiciens fades, &#224; nos amateurs de t&#233;l&#233;romans et &#224; nos
commentateurs politiques patent&#233;s ce qu'est la rh&#233;torique, de m&#234;me que le
grand d&#233;bat auquel elle a donn&#233; lieu dans l'Antiquit&#233;, car nos programmes
produits par le minist&#232;re de l'&#201;ducation ne peuvent plus nous l'apprendre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;D&#233;finition de la rh&#233;torique classique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_2534 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:245px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.memo.fr/article.asp?ID=ANT_GRE_022&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_11-aristote.jpg' width=&quot;245&quot; height=&quot;283&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;L'Antiquit&#233; grecque a d&#233;fini la rh&#233;torique comme un art, comme une
technique aussi bien que comme un domaine de r&#233;flexion. Cet art consiste &#224;
convaincre un auditoire par l'usage de la parole. &#192; la r&#233;flexion, on
remarque qu'il existe une technique et des moyens de mettre en valeur les
&#233;l&#233;ments convaincants en tout discours (Aristote, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Rh&#233;torique&lt;/i&gt;, livre I,
1-2).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les critiques de Platon et sa r&#233;habilitation par Aristote&lt;/strong&gt; &#192; l'&#233;poque triomphante des sophistes &#8211; les professeurs priv&#233;s qui se
vantaient d'enseigner la vertu et la v&#233;rit&#233; &#8211;, Platon se m&#233;fiait d'un tel
art, lui qui avait vu mourir son ma&#238;tre Socrate &#224; la suite d'un proc&#232;s
douteux. Il lui reprochait entre autres de pr&#233;f&#233;rer l'efficacit&#233; &#224; la
v&#233;rit&#233; et de faire triompher des causes injustes. Confondant l'orateur et
la technique qu'il utilise, adepte d'une &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;publique&lt;/i&gt; dirig&#233;e par un
roi-philosophe, l'id&#233;aliste Platon jugeait dans ses dialogues (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ph&#232;dre,
Gorgias&lt;/i&gt;) que la rh&#233;torique, comme une recette de cuisine, se limite &#224; la
vraisemblance et qu'elle trompe d&#233;lib&#233;r&#233;ment les auditeurs honn&#234;tes. Dans
une comp&#233;tition sans merci pour enr&#244;ler les &#233;tudiants prometteurs, Platon
critique l'&#233;cole de rh&#233;torique d'Isocrate qui formait de grands
politiciens.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or, Aristote ne partage pas le jugement de son ma&#238;tre. Il pense que la
rh&#233;torique est n&#233;cessaire dans la cit&#233;, car nous n'avons pas toujours le
temps de faire la preuve compl&#232;te de ce que nous avan&#231;ons, tout
sp&#233;cialement lors de la pr&#233;sentation des projets &#224; l'Assembl&#233;e et des
proc&#232;s au tribunal. S'il faut gagner le d&#233;bat en ces lieux la journ&#233;e m&#234;me,
cela rend non seulement n&#233;cessaire mais indispensable le recours constant &#224;
des moyens techniques de persuasion. De nombreux intellectuels latins,
Cic&#233;ron et Quintilien par exemple, se rangeront du c&#244;t&#233; d'Aristote et
favoriseront le d&#233;veloppement maximal de l'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;eloquentia&lt;/i&gt; &#224; l'&#233;poque romaine.
Cela &#233;tant dit, proposons maintenant une tr&#232;s br&#232;ve analyse des qualit&#233;s
rh&#233;toriques que met &#224; profit Obama dans son discours c&#233;l&#232;bre sur la race en
Am&#233;rique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La rh&#233;torique chez Obama&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_2535 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:114px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.humanite.fr/Discours-de-Barak-Obama-prononce-le-18-mars-a-Philadelphie,872105&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_11-obama.jpg' width=&quot;114&quot; height=&quot;170&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Savoir s'inscrire dans l'Histoire par la parole&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le 18 mars 2008, &#224; Philadelphie, Barack Obama a prononc&#233; un discours
intitul&#233; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;A more perfect Union&lt;/i&gt;. Ce discours, dans lequel il fait de la
question raciale un probl&#232;me politique majeur, est important historiquement
parce qu'il lui a permis de gagner l'investiture, de soulever un d&#233;bat,
mais aussi de se donner une direction claire pour les &#233;lections
pr&#233;sidentielles.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D&#232;s le d&#233;but, le s&#233;nateur ose s'inscrire &#224; m&#234;me l'histoire am&#233;ricaine afin
de gagner en actualit&#233;, en tradition et en l&#233;gitimit&#233;. Il se r&#233;f&#232;re
d'entr&#233;e de jeu &#224; un passage de la Constitution (&#171; Nous le peuple, en vue
de former une union plus parfaite &#187;) et note que l'histoire s'est jou&#233;e &#224;
Philadelphie, en 1787, &#224; quelques pas de l'endroit o&#249; il se trouve. Comme
dit Aristote dans sa &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Rh&#233;torique&lt;/i&gt;, l'habile orateur sait se montrer sous un
jour favorable. Afin de faciliter l'adh&#233;sion de son auditoire en ce jour
important, il se prendra lui-m&#234;me en exemple tout au long du discours pour
t&#233;moigner de la pertinence de la question raciale et de son r&#244;le unique
pour la solutionner.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Personnification du discours par les lieux et le travail du corps&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Obama commence son discours calmement. Tel un m&#233;tronome, sa t&#234;te oscille
de droite &#224; gauche, ce qui lui permet de rejoindre tout le public et de
terminer ses phrases dans les deux micros. Avec assurance, il augmentera le
rythme et modulera le ton de sa voix au fur et &#224; mesure afin d'augmenter
l'effet de sa pr&#233;sence physique. Il bougera davantage (la t&#234;te, les &#233;paules
et les mains) lorsqu'il est personnellement impliqu&#233; et incarnera toujours
davantage son message. Le corps servira donc &#224; faire entendre toute la
force du propos.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On notera ensuite qu'Obama mobilisera des lieux classiques (topo&#239;) de
persuasion, c'est-&#224;-dire des pr&#233;misses ou des propositions pr&#234;tes &#224;
convaincre. Par exemple, il fera appel &#224; l'unit&#233; (Union) contre la
division, il notera son parcours exceptionnel dans le g&#233;n&#233;ral, il
valorisera les possibilit&#233;s pour d&#233;passer une r&#233;alit&#233; difficile, il
d&#233;fendra les pauvres contre les riches, la justice contre l'injustice, etc.
Ces lieux communs de la persuasion sont utilis&#233;s par Obama dans un contexte
am&#233;ricain de crise, donc sujet &#224; l'&#233;motion : rappel de l'esclavage, des
guerres civiles et mondiales, d'une &#233;conomie en d&#233;clin, des changements
climatiques, et plus concr&#232;tement du proc&#232;s d'O.J. Simpson, de l'ouragan
Katrina, etc. Les lieux permettront &#224; l'orateur de positionner pr&#233;cis&#233;ment
le sujet de son discours et de bien pr&#233;parer la possibilit&#233; victorieuse de
sa cause.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La rh&#233;torique est discours, caract&#232;re et passions&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La force d'Obama est de savoir personnifier son propos. Son discours
(&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;logos&lt;/i&gt;) repose sur son caract&#232;re (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ethos&lt;/i&gt;) et ses passions (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;pathos&lt;/i&gt;), comme le
recommande Aristote. Le recours au t&#233;moignage se fait progressivement afin
qu'on identifie l'homme &#224; la cause, mais aussi la sinc&#233;rit&#233; &#224; la v&#233;rit&#233; de
son propos. Les &#233;motions sont mesur&#233;es et parfaitement adapt&#233;es &#224; la
situation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; remarquer ici qu'Obama ne lit pas, il parle par c&#339;ur et dit un texte
qu'il conna&#238;t par c&#339;ur, d'o&#249; l'effet d'honn&#234;tet&#233;. Il ne s'engagerait pas
dans une course &#224; l'investiture &#224; ce moment-ci s'il ne croyait pas de tout
son c&#339;ur (&#171; believe with all my heart &#187;), dira-t-il, &#224; la possibilit&#233;
d'unir son pays. Il ira m&#234;me jusqu'&#224; pardonner, tel un pr&#234;tre, &#224; ceux qui
l'ont stigmatis&#233;. Quand il cite un extrait, c'est pour prouver et renforcer
sa sinc&#233;rit&#233;. La justesse de ton sur un propos sensible, le contr&#244;le de soi
(l'exemplarit&#233; de la personne) et l'expression calibr&#233;e des &#233;motions,
traduisent les qualit&#233;s de celui qui conna&#238;t son sujet et qui est enfin
pr&#234;t &#224; relever de grands d&#233;fis.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quand il revient longuement sur sa divergence d'opinion avec le r&#233;v&#233;rend
Wright par exemple, il s'explique sur sa propre foi et assume sa position.
Il se prend &#224; t&#233;moin des luttes st&#233;riles et explique ses propres choix
personnels, tout en nuances. Wright, qu'il n'entend pas juger, est &#224; la
fois un p&#232;re et un ami, un grand Am&#233;ricain et un inspirateur de sa foi,
bien qu'il serve, au niveau rh&#233;torique, de repoussoir. On sent alors de
plus en plus sa sinc&#233;rit&#233;, son appel &#224; l'unit&#233; ; la foule l'applaudira en
cons&#233;quence. Obama la laissera l'encourager. Et s'il profite du moment
propice pour rappeler le sujet de son premier livre et qu'il se r&#233;f&#232;re
explicitement aux images de la Bible, c'est pour se r&#233;clamer des id&#233;aux de
libert&#233;, de justice et de paix. L'impression qu'il fait est nette : l'homme
est croyant, courageux, cr&#233;dible et se trouve du c&#244;t&#233; du juste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au milieu du discours, Obama en appelle &#224; la fiert&#233; des noirs et des
blancs, car les sentiments, entourant le discours, doivent &#234;tre habilement
appel&#233;s en renfort. S'il prend la d&#233;fense du pays, c'est pour d&#233;montrer que
l'unit&#233; doit se faire par le travail de tous. C'est par l'&#233;ducation que
l'on y parviendra. &#171; Beaucoup de blancs de la classe ouvri&#232;re et de la
classe moyenne ne ressentent pas, dit-il, qu'ils ont &#233;t&#233; particuli&#232;rement
privil&#233;gi&#233;s par leur race. Leur exp&#233;rience est celle d'immigrants - en ce
qui les concerne, personne ne leur a rien donn&#233;. Ils ont construit de leurs
propres mains. Ils ont travaill&#233; dur toute leur vie, et souvent pour voir
leur emploi partir au-del&#224; des mers ou leur retraite dispara&#238;tre apr&#232;s une
vie enti&#232;re de travail. Ils sont anxieux de l'avenir et voient leurs r&#234;ves
s'&#233;vanouir &#187;. On le sent bien : l'appel &#224; la fiert&#233; du peuple qui doit
s'unir enfin pour se lib&#233;rer de ses fant&#244;mes et construire un avenir
meilleur pour ses enfants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Psychologie de l'auditoire et formules courtes remplies d'esp&#233;rance&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Relevons encore deux points sur la rh&#233;torique de celui qui a &#233;tudi&#233; le
Droit et qui sait incarner la n&#233;cessit&#233; du changement dans un pays en proie
au doute. Obama conna&#238;t la psychologie de son auditoire, c'est ce qui lui
permet de jouer sur l'image de l'avenir, et s'il se pr&#233;sente lui-m&#234;me comme
une &#233;tape dans une noble cause qui le d&#233;passe, cela lui assurera un maximum
de capital de sympathie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En effet, s'il utilise les formules courtes remplies d'espoir (le &#171; Yes we
can &#187; d&#233;sormais c&#233;l&#232;bre ou le &#171; We can do that &#187;), il insiste en m&#234;me temps
sur le pass&#233; imparfait de son pays pour justifier sa confiance en l'avenir.
Il sait bien qu'il incarne, comme il le dit d&#232;s le d&#233;but, une &#233;tape &#171; de la
marche pour une Am&#233;rique plus juste, plus libre, plus solidaire, et plus
prosp&#232;re &#187;. Jeune s&#233;nateur de 47 ans, il dit croire (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;I believe&lt;/i&gt;) en les
Etats-Unis capables de d&#233;passer les conflits et redevenir un mod&#232;le pour le
monde entier. &#171; Cette croyance, explique-t-il, vient de ma foi in&#233;branlable
dans l'int&#233;grit&#233; et la g&#233;n&#233;rosit&#233; du peuple am&#233;ricain. Mais elle vient
aussi de ma propre histoire am&#233;ricaine (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;But it also comes from my own
American story&lt;/i&gt;) &#187;. Il dit appartenir &#224; ce pays (r&#233;f&#233;rence aux origines et &#224;
l'histoire de sa famille), mais aussi participer lui-m&#234;me (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;these people are
a part of me&lt;/i&gt;) &#224; son avenir. Par sa proximit&#233; avec le style gospel des
&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;preachers&lt;/i&gt;, il sait r&#233;cup&#233;rer l'id&#233;al du r&#234;ve am&#233;ricain (nous pensons au
c&#233;l&#232;bre &#171; I have a Dream &#187; prononc&#233; par le leader noir Martin Luther King)
en rappelant la situation difficile de nombreux Noirs priant le dimanche
dans les &#233;glises. Sensible &#224; l'histoire v&#233;cue, Obama promet que toutes les
minorit&#233;s sont capables, avec une bonne politique, de r&#233;ussir. Il reviendra
pas moins de cinq fois, notez l'insistance et la gradation, sur le temps (&#171; This time we want&#8230; &#187;) du changement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;tape qu'il symbolise dans une cause qui le d&#233;passe&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; la fin du discours, le pathos est &#224; son meilleur. Obama prend un moment
pour raconter une histoire &#8211; l'all&#233;gorie est un moyen de persuasion qui
d&#233;passe la raison. L'histoire d'Ashley Baia est la motivation ultime de sa
campagne. Par le rappel de cette histoire, il veut montrer qu'il n'est pas
&#233;go&#239;ste, mais que comme Ashley, il est au service d'une cause qui le
d&#233;passe. Il utilise alors l'image d'Ashley que l'on doit rapporter &#224; Obama
lui-m&#234;me : Ashley aurait pu faire diff&#233;remment, mais elle a fait ce qu'elle
croyait bien pour sa m&#232;re. Elle a cherch&#233; des amis pour combattre
l'injustice. L'image signifie qu'il est possible de s'unir, comme le font
Ashley et Obama, contre les infortunes et le racisme. Obama, donc, parle
pour Ashley, c'est-&#224;-dire pour le peuple tout entier. C'est d'ailleurs &#224; ce
moment pr&#233;cis, sur un ton plus triste, que le s&#233;nateur avoue que l'on
pourrait ne pas le choisir comme candidat, voulant sugg&#233;rer par l&#224; que,
inversement, ne pas le choisir constituerait un retour en arri&#232;re,
c'est-&#224;-dire le retour &#224; une Am&#233;rique d&#233;pass&#233;e et refusant le changement.
L'histoire d'Ahsley s'impose comme le point de d&#233;part de la campagne du
s&#233;nateur. &#171; L'Am&#233;rique, dit-il, doit r&#233;aliser son union. Et comme tant de
g&#233;n&#233;rations l'ont compris durant deux cent vingt-et-un ans, depuis qu'un
groupe de patriotes a sign&#233; ce document &#224; Philadelphie, c'est ici que la
perfection commence &#187;. Sur ces mots, en bouclant la boucle, il remercie pas
moins de quatre fois la foule.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qui oserait, &#224; la fin de ce discours patriotique, inspir&#233; de la souffrance
des gens ordinaires comme Ashley, choisir le statu quo, c'est-&#224;-dire en
rester &#224; une Am&#233;rique blanche, raciste, guerri&#232;re et injuste ? La
rh&#233;torique a bien fait son travail parce que personne, dans la foule,
n'entend revenir en arri&#232;re. Par la clart&#233; de son discours, l'image de sa
personne et sa capacit&#233; &#224; bien dire aux auditeurs dans la salle ce qu'il
ressent, Barack Obama a r&#233;ussi &#224; faire passer son message &#233;lectoral.
Celui-ci, parfaitement adapt&#233; au peuple am&#233;ricain en crise, dit en
substance ceci : nous pouvons tous ensemble aujourd'hui travailler au r&#234;ve
am&#233;ricain qui demeure un id&#233;al de libert&#233;, de justice et d'harmonie entre
les hommes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par sa capacit&#233; &#224; d&#233;passer la petite politique en endossant une cause
juste et universelle, Obama a montr&#233; qu'il est encore possible de sortir du
court terme et d'utiliser la d&#233;mocratie positivement. Il n'en tient qu'&#224;
nos politiciens professionnels de comprendre que la d&#233;mocratie, depuis
l'Antiquit&#233;, veille &#224; la victoire du grand sur le petit et qu'elle continue
de reposer sur le pouvoir de celui qui parle pour demain.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dominic DESROCHES&lt;br&gt;
D&#233;partement de philosophie&lt;br&gt;
Coll&#232;ge Ahuntsic&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_2535 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:114px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.humanite.fr/Discours-de-Barak-Obama-prononce-le-18-mars-a-Philadelphie,872105&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_11-obama.jpg' width=&quot;114&quot; height=&quot;170&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Barack Obama, le discours de Philadelphie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En riposte aux attaques de ses adversaires et concurrents, le candidat d&#233;mocrate &#224; la Maison-Blanche a prononc&#233; un discours le 18 mars 2008 &#224; Philadelphie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.humanite.fr/Discours-de-Barak-Obama-prononce-le-18-mars-a-Philadelphie,872105&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Nous pr&#233;sentons sa version ci-apr&#232;s en int&#233;gralit&#233;.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le texte commence par une citation de la Constitution adopt&#233;e en 1787 : &#171; Nous le peuple, en vue de former une union plus parfaite &#187;. Il y a deux cent vingt et un ans dans une salle qui se trouve toujours de l'autre c&#244;t&#233; de la rue, un groupe d'homme s'est r&#233;uni et avec ces mots simples, a inaugur&#233; l'improbable exp&#233;rience de la d&#233;mocratie en Am&#233;rique. Fermiers, savants, hommes d'Etat et patriotes ayant travers&#233; un oc&#233;an pour &#233;chapper &#224; la tyrannie et aux pers&#233;cutions, ils ont finalement concr&#233;tis&#233; leur d&#233;claration d'ind&#233;pendance &#224; la Convention de Philadelphie qui a dur&#233; tout le printemps de 1787. Le document qu'il r&#233;dig&#232;rent fut alors sign&#233; mais finalement inachev&#233; .Il portait la tache du p&#233;ch&#233; originel de cette nation ; une question qui divisait les colonies et a men&#233; la Convention dans l'impasse jusqu'&#224; ce que les p&#232;res fondateurs permettent au commerce des esclaves de se poursuivre pendant au moins vingt ans, et laissent la d&#233;cision finale aux futures g&#233;n&#233;rations.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bien s&#251;r la r&#233;ponse &#224; la question de l'esclavage &#233;tait d&#233;j&#224; inscrite dans la Constitution, une Constitution qui avait en son c&#339;ur l'id&#233;al de l'&#233;galit&#233; des citoyens devant la loi., une Constitution qui promettait au peuple libert&#233; et justice et une union qui pourrait &#234;tre et devrait &#234;tre perfectionn&#233;e sans cesse.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et cependant les mots sur le parchemin ne seront pas suffisants pour d&#233;livrer les esclaves de leurs cha&#238;nes, ni assurer aux hommes et aux femmes de toute couleur et de toute confession tous leurs droits et leurs devoirs de citoyen des Etats-Unis. Il faudra un long temps de g&#233;n&#233;rations successives d'Am&#233;ricains qui d&#233;siraient jouer leur r&#244;le &#8211; par les protestions et les luttes, dans les rues et devant les tribunaux, au travers d'une guerre civile et par la d&#233;sob&#233;issance civile, et toujours au prix de grands risques, comblent le foss&#233; entre les promesses de nos id&#233;aux et la r&#233;alit&#233; de leurs temps.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ceci est une des t&#226;ches que nous avons mis en avant au d&#233;but de cette campagne : poursuivre la longue marche de ceux qui nous ont pr&#233;c&#233;d&#233;s, une marche pour une Am&#233;rique plus juste, plus libre, plus solidaire, et plus prosp&#232;re. J'ai choisi de me pr&#233;senter &#224; la pr&#233;sidence &#224; ce moment de l'histoire parce que je crois profond&#233;ment que nous ne pourrons faire face aux d&#233;fis de notre temps sans que nous ne les r&#233;solvions tous ensemble &#8211; sans que nous ne perfectionnions notre union en comprenant que nous pouvons avoir des histoires diff&#233;rentes mais que nous avons des espoirs communs ; que nous pouvons ne pas nous ressembler et que nous pouvons ne pas venir du m&#234;me endroit, mais que nous voulons tous aller dans la m&#234;me direction- vers un avenir meilleur pour nos enfants et nos petits enfants. Cette croyance vient de ma foi in&#233;branlable dans l'int&#233;grit&#233; et la g&#233;n&#233;rosit&#233; du peuple am&#233;ricain. Mais elle vient aussi de ma propre histoire am&#233;ricaine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je suis le fils d'un homme noir du Kenya et d'une femme blanche du Kansas. J'ai &#233;t&#233; &#233;lev&#233; avec l'aide d'un grand p&#232;re blanc qui a surv&#233;cu &#224; la D&#233;pression en servant dans l'arm&#233;e (du g&#233;n&#233;ral) Patton pendant la seconde guerre mondiale et d'une grand-m&#232;re blanche qui travaillait sur une cha&#238;ne d'assemblage de bombardiers &#224; Fort Lavenworth tandis qu'il &#233;tait outre mer. Je suis all&#233; dans quelques unes des meilleures &#233;coles en Am&#233;rique et j'ai v&#233;cu dans l'un des plus pauvres pays du monde. Je suis mari&#233; &#224; une femme noire qui a en elle du sang d'esclaves et de propri&#233;taires d'esclaves- un h&#233;ritage que nous transmettons &#224; nos deux filles ch&#233;ries. J'ai des fr&#232;res, des s&#339;urs, des neveux, des oncles et des cousins, de toutes races et de toutes couleurs dispers&#233;s sur trois continents, et aussi longtemps que je vivrai, je n'oublierai jamais qu'il n'y a aucun autre pays sur la terre o&#249; mon histoire soit possible.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est une histoire qui ne fait pas de moi le plus conventionnel des candidats. Mais c'est une histoire qui a imprim&#233; dans mes g&#232;nes l'id&#233;e que cette nation est plus qu'une somme de ses composantes- &#224; partir de cet multiplicit&#233; nous sommes v&#233;ritablement un. Durant la premi&#232;re ann&#233;e de campagne, contrairement &#224; toutes les pr&#233;dictions, nous avons vu combien le peuple am&#233;ricain avait soif de ce message d'unit&#233;. En d&#233;pit de la tentation de voir ma candidature &#224; travers le prisme purement racial, nous avons remport&#233; des victoires d&#233;cisives dans des Etats avec quelques une des plus importantes populations blanches du pays. Dans la Caroline du Sud, o&#249; le drapeau conf&#233;d&#233;r&#233; flotte encore, nous avons construit une puissante coalition d'Africain Am&#233;ricains et d'Am&#233;ricains blancs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela ne veut pas dire que la race n'a pas &#233;t&#233; un probl&#232;me de la campagne. A plusieurs &#233;tapes de la campagne, certains commentateurs m'ont trouv&#233; &#171; trop noir &#187; ou &#171; pas assez noir &#187;.Nous avons vu la bulle de la tension raciale faire surface durant la semaine qui a pr&#233;c&#233;d&#233; les &#233;lections primaires en Caroline du Sud. La presse a scrut&#233; chaque sortie de bureau de vote pour trouver la moindre preuve de tendance raciale, pas seulement simplement en entre Blancs et Noirs , mais aussi entre Noirs et Bruns.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et cependant ce n'est qu'au cours des deux derni&#232;res semaines que le d&#233;bat sur la race a pris une tournure particuli&#232;rement d&#233;cisive.. A l'une des extr&#233;mit&#233;s du spectre, nous avons entendu que ma candidature ne serait qu'un exercice de discrimination positive (affirmative action) ;qu'elle serait bas&#233;e sur le d&#233;sir de lib&#233;raux id&#233;alistes d'obtenir une r&#233;conciliation &#224; bon march&#233;. A l'oppos&#233;, nous avons entendu mon ancien pasteur, le r&#233;v&#233;rend J&#233;r&#233;miah Wright, utiliser un langage incendiaire pour exprimer des vues qui peuvent approfondir la fracture raciale mais qui d&#233;nigre la grandeur et la bont&#233; de notre nation. ; cela offense v&#233;ritablement autant les Noirs que les Blancs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai d&#233;j&#224; condamn&#233;, en termes sans &#233;quivoque les d&#233;clarations du R&#233;v&#233;rend Wright qui ont caus&#233; cette controverse. Toutefois des questions irritantes demeurent. Est-ce que je savais qu'il critiquait parfois violemment la politique int&#233;rieure et ext&#233;rieure am&#233;ricaine ? Bien s&#251;r. Est-ce que je ne l'ai jamais entendu faire des interventions sujettes &#224; controverse alors que j'&#233;tais dans l'Eglise .Oui. Est ce que j'ai fortement r&#233;agi &#224; nombre de ces prises de positions ? Absolument- comme je suis s&#251;r que certains d'entre vous ont entendu des interventions de leurs pasteurs, de leurs pr&#234;tres ou de leurs rabbins avec lesquels ils &#233;taient fortement en d&#233;saccord. Mais les interventions qui ont &#233;t&#233; la cause de ce r&#233;cent incendie n'&#233;taient pas seulement un sujet de controverse. Elle n'&#233;taient pas seulement la volont&#233; d'un dirigeant religieux de s'&#233;lever contre une injustice v&#233;cue. Au contraire, elles expriment une vue d&#233;form&#233;e de ce pays, une vue selon laquelle le racisme blanc est end&#233;mique : et qui met tout ce qui est mal en Am&#233;rique au dessus de ce que savons bien comme juste en Am&#233;rique ; une opinion qui voit les conflits du Moyen Orient enracin&#233;s d'abord dans les actions de solides alli&#233;s comme Isra&#235;l, au lieu de les voir dans l'id&#233;ologie perverse et haineuse de l'Islam radical.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi,les propos du R&#233;v&#233;rend Wright n'&#233;taient pas seulement faux mais diviseurs, diviseurs &#224; un moment o&#249; nous avons besoin d'unit&#233; ; ils &#233;taient racialement charg&#233;s &#224; un moment o&#249; nous avons besoin de r&#233;soudre ensemble des probl&#232;mes &#233;normes : deux guerres ,une menace terroriste, une &#233;conomie en d&#233;clin, une crise chronique du syst&#232;me de sant&#233;, et un changement climatique potentiellement d&#233;vastateur ; des probl&#232;mes qui ne sont ni noirs ni blanc , ni latino ni asiatique, mais des probl&#232;mes auxquels nous sommes tous confront&#233;s. Etant donn&#233; mon pass&#233;, ma politique, les valeurs que je professe et mon id&#233;al, il n'y a pas de doute que mes condamnations ne sont pas suffisantes. Pourquoi suis-je si proche du R&#233;v&#233;rend Wright, peut-on se demander ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourquoi ne suis-je pas aller dans une autre Eglise ? Et je confesse que si tout ce que je savais du R&#233;v&#233;rend Wright n'&#233;tait que les extraits de ce qui a tourn&#233; en boucle sur les t&#233;l&#233;vision et You Tube, ou si l'Eglise de la Sainte Trinit&#233; du Christ avait &#233;t&#233; conforme &#224; la caricature d&#233;peinte par certains commentateurs, il ne fait aucun doute que j'aurais r&#233;agis de cette fa&#231;on.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais la v&#233;rit&#233; est que ce n'est pas la seule chose que je connaisse de cet homme. L'homme que j'ai rencontr&#233; il y a vingt ans, est l'homme qui m'a fait conna&#238;tre la foi chr&#233;tienne, un homme qui m'a parl&#233; du devoir de nous aimer les uns les autres, de prendre soin du malade et de secourir le pauvre. C'est un homme qui a servi son pays comme Marine , qui a &#233;tudi&#233; et enseign&#233; dans plusieurs des plus prestigieuses universit&#233;s des Etats-Unis, et qui pendant trente ans a dirig&#233; une &#233;glise qui sert la communaut&#233; en accomplissant sur terre l'&#339;uvre de Dieu, en logeant les sans abri, en secourant les pauvres, en apportant une aide quotidienne et son enseignement dans les paroisses et les prisons et en soulageant ceux qui souffrent du sida.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans mon premier livre, &#171; Les r&#234;ves de mon p&#232;re &#187; (1), j'ai d&#233;crit l'exp&#233;rience de mes premiers pas &#224; la Trinit&#233; : &#171; Les gens commen&#231;aient &#224; crier, &#224; se lever de leur si&#232;ge,&#224; frapper des mains et &#224; pleurer, un souffle puissant portait la voix du R&#233;v&#233;rend sous la vo&#251;te&#8230;et dans ce simple mot : espoir, j'ai entendu quelque chose d'autre ; au pied la croix, dans les milliers d'Eglises de la ville, j'imaginais l'histoire du peuple noir se m&#234;lant aux histoires de David et Goliath, de Mo&#239;se et de Pharaon,des chr&#233;tiens dans la fosse aux lions, la vall&#233;e des ossements dess&#233;ch&#233;s d'Ezekiel. Ces histoires de survie et de libert&#233; ; et d'espoir, devenaient notre histoire, mon histoire ; le sang r&#233;pandu &#233;tait notre sang, les larmes &#233;taient nos larmes ; jusqu'&#224; cette &#233;glise qui semblait dans la lumi&#232;re de ce jour, comme un vaisseau portant l'histoire d'un peuple aux futures g&#233;n&#233;rations et &#224; un monde plus vaste .Nos &#233;preuves et nos triomphes devenaient uniques et universels, noirs et plus que noirs ; la chronique de notre voyage, l'histoire et les chants nous donnaient les moyens de reconstituer les souvenirs dont nous devions pas avoir honte &#8230;des souvenirs que chaque peuple peut &#233;tudier et ch&#233;rir- et avec lesquelles nous pouvions commencer &#224; reconstruire&#8230; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Telle fut mon exp&#233;rience de la Trinit&#233;. Comme d'autres &#233;glises &#224; pr&#233;dominance noire dans le pays, Trinit&#233; rassemble la communaut&#233; noire dans son ensemble- le docteur et la maman assist&#233;e, l'&#233;tudiant mod&#232;le et l'ancien membre de gang. Comme d'autres &#233;glises noires, les activit&#233;s de Trinit&#233; sont pleines de rires &#233;raill&#233;s et quelquefois de propos orduriers ? Elles sont pleines de danses, d'applaudissements, de cris et de hurlements qui peuvent sembler choquant &#224; des oreilles peu habitu&#233;es. L'&#233;glise contient toute la gentillesse et la cruaut&#233;, l'intelligence subtile et l'ignorance choquante, les luttes et les succ&#232;s, l'amour et oui, l'amertume et les pr&#233;jug&#233;s qui forment l'exp&#233;rience des noirs en Am&#233;rique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et cela permet d'expliquer, peut &#234;tre, ma relation avec le R&#233;v&#233;rend Wright. Aussi imparfait qu'il puisse &#234;tre, il a &#233;t&#233; comme une famille pour moi. Il a raffermi ma foi, c&#233;l&#233;br&#233; mon mariage et baptis&#233; mes enfants. Pas une fois dans mes conversations avec lui je n'ai entendu des propos portant atteinte &#224; un groupe ethnique, ou traitant les blancs avec lesquels il &#233;tait en contact autrement qu'avec courtoisie et respect. Il contient en lui les contradictions- les bonnes et les mauvaises- de la communaut&#233; qu'il sert avec d&#233;vouement depuis tant d'ann&#233;es. Je ne peux pas plus le d&#233;savouer que je ne peux d&#233;savouer la communaut&#233; noire. Je ne peux pas plus le d&#233;savouer que je ne peux d&#233;savouer ma grand-m&#232;re blanche- une femme qui m'a &#233;lev&#233;, une femme qui s'est sacrifi&#233; encore et encore pour moi, une femme qui m'aime plus que tout au monde, mais une femme qui une fois m'a avou&#233; sa peur de rencontre un homme noir dans la rue et qui &#224; plus d'une occasion &#224; prof&#233;r&#233; des st&#233;r&#233;otypes raciaux ou ethniques qui m'ont humili&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces gens sont une part de moi-m&#234;me. Et ils sont une part de l'Am&#233;rique, ce pays que j'aime. Certains verront l&#224; une tentative de justifier ou d'excuser des commentaires qui sont simplement inexcusables. Je peux vous assurer que ce n'est pas le cas. Je suppose que l'attitude politique prudente serait de laisser passer cet &#233;pisode et esp&#233;rer qu'il va s'effacer avec le temps. On peut &#233;carter le R&#233;v&#233;rend Wright comme un d&#233;s&#233;quilibr&#233; ou un d&#233;magogue, juste comme on a &#233;cart&#233; G&#233;raldine Ferraro (2) &#224; la suite de ses r&#233;cents propos , contenant de profondes allusions raciales. Mais je crois que la race est une question que notre pays ne peut se permettre d'ignorer en ce moment. Nous ferions la m&#234;me faute que le R&#233;v&#233;rend Wright a commise avec ces sermons offensants pour l'Am&#233;rique, faits de simplismes et de st&#233;r&#233;otypes amplifiant l'aspect n&#233;gatif au point de d&#233;former la r&#233;alit&#233;. Le fait est que les commentaires qui ont &#233;t&#233; faits et les questions venues &#224; la surfaces ces derni&#232;res semaines refl&#232;tent les complexit&#233;s raciales dans ce pays sur lesquelles nous n'avons jamais travaill&#233;- une part de notre union, que nous devons perfectionner maintenant. Et si nous fuyons maintenant, si nous restons simplement sur nos positions , nous ne serons jamais capables de nous unir et de r&#233;soudre les d&#233;fis comme le syst&#232;me de sant&#233;, ou d'&#233;ducation, ou la n&#233;cessit&#233; de trouver de bons emplois pour chaque Am&#233;ricain. Comprendre la r&#233;alit&#233; exige de se rappeler comment nous en sommes arriv&#233; l&#224;. Comme William Faulkner l'a &#233;crit une fois : &#171; Le pass&#233; n'est pas mort et enterr&#233;. En fait, il n'est m&#234;me pas pass&#233; &#187;. Nous n'avons pas besoin de raconter ici l'histoire de l'injustice raciale dans ce pays. Mais nous avons r&#233;ellement besoin de nous rappeler que beaucoup de disparit&#233;s qui existent aujourd'hui dans la communaut&#233; africaine Am&#233;ricaine proviennent directement des in&#233;galit&#233;s pass&#233;es depuis les premi&#232;res g&#233;n&#233;rations qui ont souffert du brutal h&#233;ritage de l'esclavage et de Jim Crow.(3)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les &#233;coles de la s&#233;gr&#233;gation &#233;taient et sont toujours des &#233;coles inf&#233;rieures ; nous n'y avons toujours pas rem&#233;di&#233; cinquante ans apr&#232;s Brown contre le Minist&#232;re de l'Education (4) et l'&#233;ducation inf&#233;rieure qu'elles prodiguaient, alors et maintenant, permet d' expliquer l'&#233;cart qui existe actuellement entre les &#233;tudiants noirs et blancs. La discrimination l&#233;gale - qui emp&#234;chait les noirs ,souvent par la violence , de poss&#233;der des propri&#233;t&#233;s ou d'obtenir pour les entrepreneurs Africains Am&#233;ricains ou pour des propri&#233;taires qui ne pouvaient acc&#233;der aux pr&#234;ts hypoth&#233;caires de (l'organisme gouvernemental) FHA, ou les noirs &#233;taient exclus des syndicats, ou des forces de police , ou des pompiers - signifiait que les familles noires ne pouvaient accumuler suffisamment de richesses &#224; l&#233;guer aux g&#233;n&#233;rations suivantes. Cette histoire permet d'expliquer l'existence du foss&#233; de la richesse et des revenus entre les noirs et les blancs, et la concentration des poches de pauvret&#233; qui persistent aujourd'hui dans tant de communaut&#233;s urbaine et rurales. Le manque de possibilit&#233;s pour les hommes noirs, la honte et la frustration n&#233;e de l'incapacit&#233; &#224; subvenir &#224; sa propre famille,ont contribu&#233; &#224; l'&#233;rosion des familles noires, un probl&#232;me que les politiques d'action sociale ont aggrav&#233; depuis de nombreuses ann&#233;es. Et que les manques de politique d'aide sociale ont aggrav&#233; depuis de nombreuses ann&#233;es &#8211; des parcs pour les enfants pour y jouer, des patrouilles de policiers, un ramassage r&#233;gulier des ordures et un renforcement du code de la construction- tout cela a cr&#233;&#233; un cycle de violence, de g&#226;chis et d'abandon qui continue de nous hanter.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Telle est la r&#233;alit&#233; dans laquelle ont grandi le R&#233;v&#233;rend Wright et d'autres Africain Am&#233;ricains. Ils viennent des ann&#233;es cinquante et soixante, au temps o&#249; la s&#233;gr&#233;gation &#233;tait encore la loi du pays et o&#249; les possibilit&#233;s &#233;taient extr&#234;mement r&#233;duites. Ce qui est remarquable, ce n'est pas combien ont &#233;chou&#233; devant la discrimination, mais plut&#244;t combien d'hommes et de femmes ont surmont&#233; les obstacles ; combien ont &#233;t&#233; capables d'ouvrir un chemin &#224; travers ces obstacles pour ceux qui comme moi sont venus apr&#232;s eux. Mais pour tous ceux qui creus&#233; leur chemin bec et ongles pour obtenir une part du r&#234;ve am&#233;ricain, il y en a beaucoup qui n'y sont pas arriv&#233; - ceux qui ont &#233;t&#233; vaincus d'une mani&#232;re ou d'une autre par la discrimination. Cet h&#233;ritage de la d&#233;faite a &#233;t&#233; transmis aux nouvelles g&#233;n&#233;rations, ces hommes et ces femmes de plus en plus jeunes que nous voyons debout au coin des rues ou s'&#233;tiolant dans nos prisons, sans espoir, sans projets pour l'avenir. M&#234;me pour les noirs qui ont r&#233;ussi, la question de la race et le racisme continuent de d&#233;finir leur vision du monde. Pour les hommes et les femmes de la g&#233;n&#233;ration du R&#233;v&#233;rend Wright, les souvenirs de l'humiliation, les doutes et la peur n'ont pas disparu, ni la col&#232;re et l'amertume de ces ann&#233;es-l&#224;. Cette col&#232;re ne s'exprime peut &#234;tre pas en public, devant les travailleurs ou les amis blancs. Mais elle s'entend chez le coiffeur ou autour de la table. Parfois, cette col&#232;re est exploit&#233;e par des politiciens qui cherchent &#224; capter des voix par les divisions raciales ou pour faire oublier leurs propres &#233;checs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et &#224; l'occasion, elle se fait entendre dans une &#233;glise un dimanche matin en chaire et sur les bancs. Le fait que tant de personnes soient surprises d'entendre cette col&#232;re dans des sermons du R&#233;v&#233;rend Wright nous rappelle simplement le vieux truisme selon lequel l'heure de la plus grande s&#233;gr&#233;gation de la vie am&#233;ricaine est le dimanche matin. Cette col&#232;re n'est pas toujours productive ; en v&#233;rit&#233;, elle d&#233;tourne trop souvent l'attention de la solution des vrais probl&#232;mes ; elle nous emp&#234;che de faire face &#224; notre propre complicit&#233; avec notre condition et &#233;carte la communaut&#233; Africaine Am&#233;ricaine des alliances n&#233;cessaires &#224; un changement r&#233;el. Mais la col&#232;re est r&#233;elle ; elle est puissante et la repousser, la condamner sans en comprendre les racines, sert seulement &#224; creuser le foss&#233; d'incompr&#233;hension qui existe entre les races.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En fait une col&#232;re similaire existe dans certains secteurs de la communaut&#233; blanche. Beaucoup de blancs de la classe ouvri&#232;re et de la classe moyenne ne ressentent pas qu'ils ont &#233;t&#233; particuli&#232;rement privil&#233;gi&#233;s par leur race. Leur exp&#233;rience est celle d'immigrants- en ce qui les concerne personne ne leur a rien donn&#233;. Ils ont construit de leurs propres mains. Ils ont travaill&#233; dur toute leur vie, et souvent pour voir leur emploi partir au del&#224; des mers ou leur retraite dispara&#238;tre apr&#232;s une vie enti&#232;re de travail. Ils sont anxieux de l'avenir et voient leurs r&#234;ves s'&#233;vanouir ; dans une &#233;poque de salaires bloqu&#233;s et de comp&#233;tition globale, les opportunit&#233;s apparaissent comme un jeu de sommes nulles, dans lequel vos r&#234;ves se forment &#224; mes d&#233;pens. Ainsi quand on leur dit d'envoyer leurs enfants &#224; l'&#233;cole &#224; l'autre bout de la ville, quand ils entendent qu'un Africain Americain a obtenu un bon emploi ou une place dans un bon coll&#232;ge en raison d'une injustice qu'ils n'ont pas commise ( la discrimination positive,NDLR), quand on leur dit que leurs peurs &#224; propos de la criminalit&#233; dans les quartiers urbains rel&#232;vent de pr&#233;jug&#233;s, leur ressentiment s'accro&#238;t. De m&#234;me que parfois dans la communaut&#233; noire, ce ressentiment n'est pas toujours exprim&#233; de mani&#232;re polic&#233;e. Mais il a fa&#231;onn&#233; le paysage politique depuis au moins une g&#233;n&#233;ration. La col&#232;re envers l'aide sociale et la discrimination positive a aid&#233; &#224; forger la coalition de Reagan. Les politiciens exploitent constamment la peur de la criminalit&#233; &#224; leurs propres fins &#233;lectorales. Les h&#244;tes des d&#233;bats t&#233;l&#233;vis&#233;s et les commentateurs conservateurs ont construit leur carri&#232;re enti&#232;re en mettant en avant des faits de racisme tandis qu'ils r&#233;cusaient les discussions l&#233;gitimes sur l'injustice raciale et l'in&#233;galit&#233;, comme du simple politiquement correct ou du racisme invers&#233;. De la m&#234;me fa&#231;on que la col&#232;re noire souvent s'est montr&#233;e contreproductive, ces ressentiments des blancs ont d&#233;tourn&#233; l'attention des r&#233;els coupables de la pression sur les classes moyennes.- une culture d'entreprise s&#233;vit avec ses pratiques comptables douteuses , et son avidit&#233; &#224; courte vue ; et Washington domin&#233; par les lobbyistes et les int&#233;r&#234;ts particuliers. Et pourtant, repousser les ressentiments des Am&#233;ricains blancs,les stigmatiser comme mal orient&#233; et m&#234;me racistes,sans reconna&#238;tre qu'ils sont enracin&#233;s dans des soucis l&#233;gitimes - cela aussi approfondit la division raciale et bloque le chemin de la compr&#233;hension.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voil&#224; o&#249; nous en sommes aujourd'hui. C'est une impasse raciale dont nous sommes prisonniers depuis des ann&#233;es. Contrairement aux proclamations de certains de mes critiques, blancs et noirs, je n'ai jamais &#233;t&#233; assez na&#239;f pour croire que nous pouvions surmonter cette division raciale en un seul cycle &#233;lectoral, ou avec une simple candidature &#8211; particuli&#232;rement une candidature aussi imparfaite que la mienne. Mais j'ai voulu affirmer ma ferme conviction - une conviction enracin&#233;e en Dieu et dans ma foi dans le peuple am&#233;ricain - qu'en travaillant ensemble nous pouvons d&#233;passer certaines de vieilles blessures raciales, et que en fait nous n'avons pas le choix si nous voulons continuer sur la voie d'une union plus parfaite. Pour la communaut&#233; africaine am&#233;ricaine, cette voie signifie assumer le fardeau de notre pass&#233; sans devenir les victimes de notre pass&#233;. Cela signifie continuer &#224; insister pour une justice totale dans chaque aspect de la vie am&#233;ricaine. Mais cela signifie aussi lier nos revendications particuli&#232;res &#8211; pour une meilleur assistance m&#233;dicale et de meilleures &#233;coles et de meilleurs emplois - aux plus larges aspirations de tous les Am&#233;ricains- la femme blanche qui lutte pour briser le plafond de verre , l'homme blanc qui a &#233;t&#233; licenci&#233; ;l'immigrant qui essaie de nourrir sa famille .Ce qui signifie prendre la pleine responsabilit&#233; de nos propres vies &#8211;en demandant plus &#224; nos p&#232;res, en passant plus de temps avec nos enfants , en leur lisant , en leur enseignant que quels que soient les d&#233;fis et les discriminations qu'ils rencontreront dans leur vie , ils ne doivent jamais succomber au d&#233;sespoir ou au cynisme .Ils doivent toujours croire qu'ils peuvent &#233;crire leur propre destin.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ironiquement cette notion typiquement am&#233;ricaine - oui , conservatrice - la notion &#171; aide-toi toi-m&#234;me &#187; , se trouve fr&#233;quemment exprim&#233;e dans les sermons du R&#233;v&#233;rend Wright. Mais ce que mon ancien pasteur a trop souvent &#233;chou&#233; &#224; comprendre c'est qu'adh&#233;rer au programme &#171; aide-toi toi-m&#234;me &#187; implique aussi de croire que la soci&#233;t&#233; peut changer.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'erreur profonde des sermons du R&#233;v&#233;rend Wright n'est pas ce qu'il a dit du racisme dans notre soci&#233;t&#233;. C'est qu'il a parl&#233; comme si notre soci&#233;t&#233; &#233;tait immobile ; comme si aucun progr&#232;s n'avait &#233;t&#233; accompli ; comme si ce pays- un pays qui a rendu possible pour l'un de ses membres de se pr&#233;senter &#224; la plus haute responsabilit&#233; du pays et de construire une coalition de blancs et de noirs, de Latinos et d'Asiatiques, riches et pauvres, jeunes et vieux &#8211; &#233;tait encore li&#233; irr&#233;vocablement &#224; son pass&#233; tragique. Mais ce que nous savons - ce que nous avons vu- c'est que l'Am&#233;rique peut changer. C'est le v&#233;ritable g&#233;nie de cette nation .Ce que nous avons d&#233;j&#224; accompli nous donne l'espoir- l'audace d'esp&#233;rer - que nous pouvons et que nous devons accomplir demain Dans la communaut&#233; blanche, la voie vers une plus parfaite union signifie reconna&#238;tre que ce qui fait souffrir la communaut&#233; noire am&#233;ricaine n'existe pas seulement dans l'imagination du peuple noir, mais que l'h&#233;ritage de la discrimination - et les habituels incidents de la discrimination quoique moins flagrants que dans le pass&#233; - sont r&#233;els et doivent &#234;tre pris en compte. Non juste par des mots, mais par des actes - en investissant dans nos &#233;coles et dans nos communaut&#233;s ; en renfor&#231;ant nos lois sur les droits civils et en assurant l'&#233;quit&#233; dans notre syst&#232;me de justice criminelle ; en donnant &#224; cette g&#233;n&#233;ration les moyens de s'&#233;lever qui furent refus&#233;s aux pr&#233;c&#233;dentes g&#233;n&#233;rations. Cela exige de chaque Am&#233;ricains de e rendre compte que vos r&#234;ves ne se font pas aux d&#233;pens mes r&#234;ves ; qu'investir dans la sant&#233;,la s&#233;curit&#233; sociale, et l'&#233;ducation des enfants noirs , bruns et blancs aidera &#224; la prosp&#233;rit&#233; de l'Am&#233;rique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et au fond, ce qui est demand&#233; n'est ni plus ni moins ce que toutes les religions du monde demandent, que nous fassions pour les autres ce que nous voudrions qu'ils fassent pour nous. Veillons sur notre fr&#232;re, nous dit l'Ecriture. Veillons sur notre s&#339;ur. Trouvons le lien commun que nous avons tous et que nos politiques refl&#232;tent &#233;galement cet esprit. Car nous avons le choix dans ce pays. Nous pouvons accepter une politique qui nourrit la division, et le conflit, et le cynisme. Nous pouvons concevoir la race comme un spectacle- comme lors du proc&#232;s de O.J.Simpson - ou un naufrage tragique comme pour les suites de Katrina, ou comme un faits divers pour les journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s de la nuit. Nous pouvons passer les sermons du R&#233;v&#233;rend Wright sur toutes les t&#233;l&#233;visions et en parler jusqu'&#224; l'&#233;lection, et faire que la seule question de cette campagne soit de savoir si le peuple am&#233;ricain pense ou non que j'ai pu avoir de la sympathie pour ses discours les plus offensants. Nous pouvons nous pr&#233;cipiter sur une gaffe d'un partisan d'Hillary comme la preuve qu'elle joue la carte de la race, ou nous pouvons sp&#233;culer pour savoir si les blancs vont se regrouper autour de McCain aux &#233;lections g&#233;n&#233;rales sans tenir compte de sa politique. Nous pouvons faire cela.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais si nous le faisons, je peux vous dire que lors des prochaines &#233;lections, nous parleront d'autres sujets de diversion. Et puis encore d'un autre. Et encore d'un autre. Et rien ne changera. C'est un choix. Ou bien, maintenant, dans cette &#233;lection, nous pouvons nous rassembler et dire : &#171; pas cette fois-ci &#187;. Cette fois-ci nous voulons parler des &#233;coles qui s'effondrent, qui volent l'avenir des enfants noirs, blancs, asiatiques, hispaniques et indig&#232;nes. Cette fois-ci nous voulons rejeter le cynisme qui pr&#233;tend que ces enfants ne peuvent pas apprendre ; que ces enfants qui ne sont pas comme nous, sont le probl&#232;me de quelqu'un d'autre. Les enfants de l'Am&#233;rique ne sont pas ces enfants, ce sont nos enfants, et nous ne voulons pas les laisser en arri&#232;re dans l'&#233;conomie du 21&#232;me si&#232;cle. Pas cette fois-ci. Cette fois-ci nous voulons parler des queues dans les salles d'urgence, pleines de blancs, de noirs et d'hispaniques qui n'ont pas de couverture m&#233;dicale ;qui n'ont pas le pouvoir de l'emporter sur les int&#233;r&#234;ts particuliers &#224; Washington, ce que nous pouvons faire si nous le faisons tous ensemble.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette fois-ci nous voulons parler des usines ferm&#233;es qui autrefois permettaient une vie d&#233;cente pour les hommes et les femmes de toutes les races, et des maisons &#224; vendre qui autrefois appartenaient &#224; des Am&#233;ricains de toute religion, de toute r&#233;gion, de tout choix de vie. Cette fois-ci, nous voulons parler du fait que le r&#233;el probl&#232;me n'est pas que quelqu'un qui n'est pas comme vous, pourrait prendre votre emploi. Nous voulons parler de la compagnie pour laquelle vous travaillez et qui veut d&#233;localiser au del&#224; des mers pour faire plus de profit. Cette fois-ci, nous voulons parler des hommes , des femmes de toutes couleurs et de toutes croyances, qui servent ensemble, et combattent ensemble, et versent leur sang ensemble sous le m&#234;me fier drapeau. Nous voulons parler de la fa&#231;on de les ramener &#224; la maison loin d'une guerre qui n'aurait jamais d&#251; &#234;tre autoris&#233;e et qui jamais n'aurait d&#251; &#234;tre financ&#233;e, et nous voulons parler de la fa&#231;on dont nous montrerons notre patriotisme en nous pr&#233;occupant d'eux et de leurs familles et en leur donnant les pensions qu'ils ont gagn&#233;es. Je ne me pr&#233;senterais pas pour &#234;tre Pr&#233;sident si je ne croyais pas de tout mon c&#339;ur que c'est ce que veut la vaste majorit&#233; des Am&#233;ricains pour ce pays. Il se peut que cette union ne soit jamais parfaite, mais g&#233;n&#233;ration apr&#232;s g&#233;n&#233;ration elle a montr&#233; qu'elle peut toujours &#234;tre perfectionn&#233;e. Et aujourd'hui, &#224; chaque fois que je suis tent&#233; par le doute ou par le cynisme &#224; propos de cette possibilit&#233;, ce qui me donne le plus d'espoir c'est la nouvelle g&#233;n&#233;ration - les jeunes gens dont les attitudes , les convictions et l'ouverture au changement ont d&#233;j&#224; fait l'histoire dans ces &#233;lections.. Il y a une histoire particuli&#232;re que je voudrais vous conter aujourd'hui, une histoire que j'ai racont&#233;e quand j'ai eu le grand honneur de parler pour l'anniversaire du Docteur ( Martin Luther) King dans son &#233;glise baptiste, d'Ebenezer, dans l'Atlanta. Il y avait une jeune femme blanche de trente trois ans nomm&#233;e Ashley Baia qui participait &#224; notre campagne &#224; Florence, en Caroline du Sud. Elle avait travaill&#233; &#224; organiser une communaut&#233; plut&#244;t Africaine Am&#233;ricaine depuis le d&#233;but de la campagne et un jour elle se trouva &#224; une table ronde o&#249; chacun voulait raconter son histoire et pourquoi il &#233;tait l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et Ashley dit que lorsqu'elle avait neuf ans, sa m&#232;re avait eu un cancer. Et parce qu'elle avait manqu&#233; des jours de travail, elle avait perdu son assurance m&#233;dicale . Elle a d&#251; se mettre en faillite , et c'est alors qu'Ashley a d&#233;cid&#233; qu'elle devait faire quelque chose pour aidersa m&#232;re. Elle savait que la nourriture &#233;tait tr&#232;s ch&#232;re, aussi Ashley a convaincu sa m&#232;re qu'elle aimait et qu'elle ne voulait vraiment manger que des sandwiches &#224; la moutarde. Parce que c'&#233;tait le moyen le moins cher de manger.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Elle a fait cela durant un an jusqu'&#224; ce que sa m&#232;re aille mieux et elle dit a tout le monde autour de la table que sa raison de se joindre &#224; la campagne &#233;tait d'aider ainsi les millions d'enfants de notre pays qui veulent et qui ont aussi besoin d'aider leur parents. Maintenant, Ashley aurait pu faire un choix diff&#233;rent . Peut-&#234;tre quelqu'un lui a sugg&#233;rer que les probl&#232;mes de sa m&#232;re venaient de ces noirs qui sont assist&#233;s et trop fain&#233;ants pour travailler, ou de ces hispaniques qui viennent ill&#233;galement dans notre pays. Mais elle ne l&#8216;a pas &#233;cout&#233;. Elle a cherch&#233; des alli&#233;s dans son propre combat contre l'injustice.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En tout cas, Ashley termine son histoire et demande &#224; tous ceux qui sont autour de la table pourquoi ils soutiennent la campagne. Ils ont tous une histoire et des raisons diff&#233;rentes. Certains ont des probl&#232;mes particuliers. Et finalement ils se tournent vers un vieil homme noir qui &#233;tait rest&#233; assis tranquille pendant tout ce temps . Ashley lui demande pourquoi il est l&#224;. Il ne parle pas d'un probl&#232;me particulier. Il ne dit rien de l'assistance m&#233;dicale ou de l'&#233;conomie, ni de l'&#233;ducation ni de la guerre. Il ne dit pas qu'il &#233;tait l&#224; pour Barack Obama. Il dit simplement &#224; tous ceux qui sont autour de la table : &#171; je suis ici &#224; cause d'Ashley &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Je suis ici &#224; cause d'Ashley &#187;. En lui-m&#234;me, ce simple moment de reconnaissance entre cette jeune fille blanche et ce vieil homme noir n'est pas suffisant. Il n'est pas suffisant pour donner une assurance m&#233;dicale aux malades, ou un emploi aux ch&#244;meurs, ou l'&#233;ducation &#224; nos enfants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais c'est d'ici que nous partons. C'est ici que notre union devient plus forte. Et comme tant de g&#233;n&#233;rations l'ont compris durant deux cents vingt et un ans, depuis qu'un groupe de patriotes a sign&#233; ce document &#224; Philadelphie, c'est ici que la perfection commence.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Traduction : Jacques Coubard pour &lt;a href=&quot;http://www.humanite.fr&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;www.humanite.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(1) Vient d'&#234;tre r&#233;&#233;dit&#233; , avec une nouvelle pr&#233;face de Barack Obama aux Presses de la Cit&#233; ; 454 pages, 21 euros. (2) Ancienne directrice de la campagne d'Hillary Clinton, qui avait mis en cause la couleur de Barack Obama et qui d&#251; d&#233;missionner &#224; la suite de ces propos. (3) Nom du personnage noir caricatural d'une chanson , qui devint le symbole des lois racistes instituant la s&#233;gr&#233;gation. (4) Arr&#234;t de la cour supr&#234;me de 1954 interdisant la s&#233;gr&#233;gation scolaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Comment fut invent&#233; le peuple juif</title>
		<link>http://www.monde-diplomatique.fr/2008/08/SAND/16205#nb1</link>
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		<dc:date>2008-10-12T16:27:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Shlomo Sand - Le Monde diplomatique&lt;br&gt;www.monde-diplomatique.fr</dc:creator>
		


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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/IMG/arton16128.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;148&quot; height=&quot;233&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Le Qu&#233;bec : une identit&#233; en p&#233;ril</title>
		<link>http://www.vigile.net/Le-Quebec-une-identite-en-peril</link>
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		<dc:date>2008-01-12T13:26:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Catherine Bertho Lavenir - www.cerium.ca</dc:creator>
		


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		<description>&#192; d&#233;faut de croyances partag&#233;es pour les inscrire dans la dur&#233;e et de projet politique pour les projeter dans l'avenir, les dispositifs identitaires entrent en crise. Alors, les initiatives communautaires, culturelles ou artistiques de la soci&#233;t&#233; civile semblent se disperser, orphelines (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; d&#233;faut de croyances partag&#233;es pour les inscrire dans
la dur&#233;e et de projet politique pour les projeter dans
l'avenir, les dispositifs identitaires entrent en crise. Alors,
les initiatives communautaires, culturelles ou artistiques
de la soci&#233;t&#233; civile semblent se disperser, orphelines du
grand r&#233;cit qui leur donnerait du sens. L'exemple du
Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les groupes humains ont besoin d'un projet collectif pour se projeter
dans la dur&#233;e et assurer leur p&#233;rennit&#233;. Dans les soci&#233;t&#233;s occidentales,
l'&#201;tat, depuis l'&#233;poque moderne, prend en charge l'&#233;laboration symbolique
et la transmission de tout ce qui se rapporte au r&#233;cit d'un devenir commun.
Drapeaux, hymnes et c&#233;r&#233;monies, enseignement de l'histoire et &#233;rection de
statues, fabrication de monuments et organisation d'expositions, concourent
depuis des d&#233;cennies &#224; la cr&#233;ation d'un imaginaire collectif&#8230; Or, en ce d&#233;but
de XXIe si&#232;cle, ces dispositifs anciens sont en crise. Dans la vieille Europe
comme dans ses extensions du Nouveau Monde, passer de l'&#201;tat national &#224;
l'&#201;tat post-national met en tension les syst&#232;mes symboliques existants et
perturbe les outils de la transmission.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec, &#224; cet &#233;gard, est dans une position particuli&#232;rement d&#233;licate.
Malgr&#233; quarante ans de combat politique t&#234;tu, la &#171; belle province &#187; n'est
toujours pas un &#201;tat ind&#233;pendant, et rien n'indique qu'elle doive le devenir un
jour. L'id&#233;e m&#234;me de r&#233;f&#233;rendum sur l'autod&#233;termination est en train d'&#234;tre
abandonn&#233;e, et le gouvernement provincial est sur la d&#233;fensive dans les autres
domaines de la vie collective. Il peine, par exemple, &#224; d&#233;fendre le mod&#232;le
social-d&#233;mocrate qui caract&#233;risait le pays. L'expression d'un projet collectif
qui souderait ses habitants dans un &#171; d&#233;sir d'avenir &#187; commun est devenue
difficile. Crise des institutions, crise symbolique, il n'en faut pas plus pour
que le d&#233;sordre s'installe dans les lieux et formes du d&#233;bat public ainsi que
dans les c&#233;l&#233;brations et solennit&#233;s nationales. Et cela d'autant plus que l'&#201;tat
f&#233;d&#233;ral veille, habile &#224; profiter des failles pour imposer ses propres formes de
repr&#233;sentation et son propre agenda comm&#233;moratif.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;UN DISPOSITIF DE COMBAT POUR UNE IDENTIT&#201; &#192; CONQU&#201;RIR&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourtant, tout semblait bien parti. Pendant quarante ans, le Qu&#233;bec a
v&#233;cu un projet politique fort appuy&#233; sur un projet &#233;conomique et social clair :
construire une soci&#233;t&#233; francophone, la&#239;que, moderne, autonome, et lui donner
des bases &#233;conomiques inspir&#233;es par la social-d&#233;mocratie. Le projet politique,
l'ind&#233;pendance, &#233;tait intimement li&#233; &#224; un projet culturel. Imposer l'usage
de la langue fran&#231;aise comme vecteur d'une appartenance commune, c'&#233;tait
construire une litt&#233;rature, un cin&#233;ma, un th&#233;&#226;tre et une culture populaire
&#8211;- la chanson, la t&#233;l&#233;vision -&#8211; qui donneraient une forme contemporaine et
attrayante &#224; l'h&#233;ritage devenu d&#233;suet des Canadiens fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;th&#233;ocratique dans laquelle l'&#201;glise catholique contr&#244;lait les institutions,
la vie collective et les comportements priv&#233;s. Cette rupture fondatrice,
baptis&#233;e &#171; r&#233;volution tranquille &#187;, a donn&#233; naissance, en m&#234;me temps qu'elle
advenait, &#224; un grand r&#233;cit fondateur qui avait ses m&#233;diateurs -&#8211; les &#233;crivains,
les chanteurs, les dramaturges -&#8211; et ses milieux de transmission -&#8211; le th&#233;&#226;tre et
la chanson, le cin&#233;ma et les mus&#233;es&#8230; Le Qu&#233;bec francophone, &#233;merveill&#233; de sa
propre hardiesse, s'est ainsi inlassablement racont&#233; &#224; lui-m&#234;me, quarante ans
durant, la saga de son &#233;mancipation politique, avec ses &#233;v&#233;nements fondateurs
et ses h&#233;ros.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#201;V&#201;NEMENTS FONDATEURS&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Premier &#233;v&#233;nement fondateur, l'Exposition universelle de Montr&#233;al
en 1967. Cette ann&#233;e-l&#224;, l'Expo fait entrer le Qu&#233;bec dans une modernit&#233;
technique re&#231;ue comme un cadeau. Les films d'archives ressortis &#224; l'occasion
du quaranti&#232;me anniversaire de l'&#233;v&#233;nement, tout comme les t&#233;moignage
des visiteurs d'hier, en t&#233;moignent : l'Expo fut v&#233;cue comme une f&#234;te. Les
Qu&#233;b&#233;cois d&#233;couvraient qu'ils existaient aux yeux du monde. Qu'ils &#233;taient
capables de r&#233;aliser quelque chose de grand. Que la modernit&#233; &#233;tait un plaisir,
un projet &#233;conomique et un projet de soci&#233;t&#233;, le tout dans un d&#233;cor de plastique
orange.Second &#233;v&#233;nement fondateur, le discours du g&#233;n&#233;ral de Gaulle au balcon
de l'h&#244;tel de ville de Montr&#233;al, le 24 juillet de la m&#234;me ann&#233;e. L'h&#244;tel de ville,
il faut l'avouer, n'est pas un bien grand &#233;difice. Et le G&#233;n&#233;ral, agac&#233; pour des
tas de raisons par ses alli&#233;s anglais, &#233;mu, aussi, par le cheminement triomphal
qui lui avait &#233;t&#233; r&#233;serv&#233; tout au long du &#171; chemin du Roi &#187;, pavois&#233; en son
honneur entre Qu&#233;bec et Montr&#233;al, a un tantinet exag&#233;r&#233;. Mais quand m&#234;me !
&#171; Vive le Qu&#233;bec libre &#187;, &#224; l'heure des d&#233;colonisations, cela sonnait comme un
projet collectif mobilisateur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;H&#201;ROS&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un projet qui avait d&#233;j&#224; ses h&#233;ros et ses h&#233;rauts. H&#233;ros que Ren&#233;
L&#233;vesque, qui nationalise l'&#233;lectricit&#233; &#224; la barbe des grandes compagnies, qui
la&#239;cise et rapatrie au Qu&#233;bec l'aide sociale et la protection m&#233;dicale. Premier
ministre du Qu&#233;bec de 1976 &#224; 1985, toute sa vie politique est un combat pour la
souverainet&#233;, tendu vers un point unique : le r&#233;f&#233;rendum pour l'ind&#233;pendance.
Rien ne manque &#224; sa figure de grand homme, pas m&#234;me la trahison sournoise
des Premiers ministres des provinces canadiennes, se r&#233;unissant &#224; son insu
pour comploter derri&#232;re son dos un accord fatal&#8230; C'est ainsi, en tout cas,
que se raconte l'histoire lorsqu'en 2006 la cha&#238;ne francophone de la t&#233;l&#233;vision
publique r&#233;alise un t&#233;l&#233;film intelligent et sensible &#224; sa gloire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Des figures h&#233;ro&#239;ques plus famili&#232;res peuplent aussi la grande saga de la
modernisation du Qu&#233;bec. Celles, par exemple, des travailleurs qui ont construit,
le long des fleuves indompt&#233;s du Grand Nord, des barrages immenses. La
chanson en fait les h&#233;ritiers directs des b&#251;cherons durs &#224; la t&#226;che, partis, pour
la saison, travailler sur les &#171; chantiers &#187; et rapporter l'argent n&#233;cessaire &#224; la
survie de tous. Sous la plume de Georges Dor, chanteur et po&#232;te, le travailleur
de la manic' (le grand barrage de la Manicouagan) s'identifie ainsi &#224; la figure des
pionniers isol&#233;s loin des leurs et confront&#233;s &#224; l'hiver hostile. Les travailleurs
d'Hydro-Qu&#233;bec, la soci&#233;t&#233; nationale g&#233;ante et protectrice qui veille pendant
l'hiver sur la pr&#233;cieuse alimentation des grandes villes en &#233;lectricit&#233; sont
d'autres figures du m&#234;me h&#233;ro&#239;sme tranquille. Et lorsque, dans l'hiver 1998,
l'ensemble du r&#233;seau &#233;lectrique flanche brutalement sous un amas de verglas
et un blizzard terrible, c'est tout le Qu&#233;bec qui se sent vuln&#233;rable et solidaire.
Dans ce pays qui n'a pas connu de guerre et d'occupation depuis deux si&#232;cles,
&#171; la grande panne &#187; d'&#233;lectricit&#233; fait figure d'invasion, d'exode, de malheur
v&#233;cu et surmont&#233; en commun. Et la figure embl&#233;matique du combattant se
sacrifiant pour la survie de tous s'incarne dans la photographie, maintes fois
reproduite, d'un employ&#233; d'Hydro-Qu&#233;bec, dangereusement suspendu &#224; un
pyl&#244;ne au-dessus du fleuve glac&#233; pour r&#233;parer dans le blizzard et au p&#233;ril de
sa vie l'art&#232;re &#233;lectrique vitale qui alimente la capitale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;M&#201;DIATEURS&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le r&#233;cit national et populaire de la marche vers la modernit&#233; et la
souverainet&#233; a ses m&#233;diateurs. Comme il s'agissait de rompre avec le mod&#232;le
cl&#233;rical ancien, ce n'est pas l'&#233;cole, longtemps contr&#244;l&#233;e par l'&#201;glise, qui est le
vecteur principal du r&#233;cit national, mais ceux qui cultivent la langue autrement :
&#233;crivains, dramaturges et surtout chanteurs populaires. Au premier rang
des dramaturges qui construisent l'identit&#233; nouvelle du Qu&#233;bec, on trouve
Michel Tremblay, dont la pi&#232;ce Les Belles-Soeurs est jou&#233;e pour la premi&#232;re
fois en 1968 &#224; Montr&#233;al. Par un renversement d&#233;lib&#233;r&#233; des conventions, ce
sont des femmes issues du petit peuple francophone de Montr&#233;al, d'habitude
doublement oubli&#233;es et m&#233;pris&#233;es, du fait de leur sexe et de leur appartenance,
qui deviennent, les h&#233;ro&#239;nes de la pi&#232;ce. Et leur langue, le joual, m&#233;lange
(d&#233;tonnant) de fran&#231;ais archa&#239;que et d'anglais prol&#233;taire, est brutalement
projet&#233;e dans l'espace de la culture cultiv&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;LA SC&#200;NE MUSICALE, MILIEU DE TRANSMISSION&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les chanteurs, en mettant en musique leur po&#233;sie, donnent &#224; leur langue
&#224; la fois des lettres de noblesse et un public populaire. Nulle part peut-&#234;tre
autant qu'au Qu&#233;bec la chanson, cousine de la po&#233;sie, n'est porteuse d'une
lancinante interrogation sur soi. Il y a bien s&#251;r, parmi les p&#232;res fondateurs,
F&#233;lix Leclerc, auquel un mus&#233;e est aujourd'hui consacr&#233; dans son &#238;le
d'Orl&#233;ans natale, quelque part au milieu du Saint-Laurent. Apr&#232;s lui vinrent
les chanteurs engag&#233;s des ann&#233;es 70, les Gilles Vigneault, Robert Charlebois,
que le combat pour l'ind&#233;pendance rassemble pour de grands concerts qui
sont des &#233;v&#233;nements &#224; la fois artistiques et politiques. Et puis les filles, les
Linda Lemay, Ariane Moffatt, Marie-Annick L&#233;pine, qui explorent les mille et
une contradictions du f&#233;minisme moderne. Et C&#233;line Dion elle-m&#234;me, ic&#244;ne
ambigu&#235; et r&#233;v&#233;r&#233;e. M&#234;me quand on est branch&#233;, altermondialiste, musicologue
ou bourgeois, on ne dit pas de mal de C&#233;line Dion parce que, millionnaire &#224;
Las Vegas, C&#233;line est rest&#233;e gentille et fid&#232;le au pays&#8230; et qu'il y a toujours un
Canadien fran&#231;ais humili&#233; qui sommeille dans un Qu&#233;b&#233;cois moderne. Mais la
chanson populaire, ce n'est pas seulement une brochette de chanteurs connus
de ce c&#244;t&#233;-ci de l'Atlantique. C'est une myriade de petits groupes financ&#233;s par
les retomb&#233;es de la politique publique de soutien &#224; la langue fran&#231;aise, par
exemple les quotas de diffusion. Ils ont pour noms Les Cow-Boys fringants
ou Les Chaudronniers de l'enfer et hantent les festivals et les f&#234;tes locales.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D&#233;fendant aussi bien la country francophone (si ! si ! &#231;a existe) que le rock
garage, ils forment un r&#233;seau serr&#233; de producteurs, de tourn&#233;es, de festivals.
Tous ces chanteurs se citent, se chantent, reprennent des chansons anciennes,
rappellent la saga des concerts militants (au Qu&#233;bec, un concert peut &#234;tre,
sans abus de langage, qualifi&#233; d'&#171; historique &#187;). L'ensemble fonctionne comme
un milieu de transmission qui permet aux mille et une formes d'un r&#233;cit de soi
sans cesse recommenc&#233; de se propager.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;LE SYST&#200;ME DES MUS&#201;ES&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le syst&#232;me des mus&#233;es aussi peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un milieu
de transmission qui a v&#233;hicul&#233; durant ces quarante derni&#232;res ann&#233;es la
bonne nouvelle du Qu&#233;bec nouveau. &#171; Mus&#233;es de civilisation &#187; ou &#171; Centre
d'interpr&#233;tation &#187;, ils sont forc&#233;ment beaux, bien pens&#233;s et bien con&#231;us, et leur
contenu n'est jamais anodin. National sans en avoir l'air, le grand mus&#233;e de la
Civilisation, dans la capitale provinciale, raconte ainsi la conqu&#234;te agricole du
territoire, la construction d'une soci&#233;t&#233; catholique et francophone, et se cl&#244;t
sur les grands moments de la r&#233;volution tranquille ; dans la p&#233;nombre d'une
salle, le g&#233;n&#233;ral de Gaulle, sur un petit &#233;cran, c&#233;l&#232;bre en boucle le Qu&#233;bec
libre&#8230; D'autres mus&#233;es exaltent ce que Michel de Certeau appelait &#171; la beaut&#233;
du mort &#187;, enfermant une fois pour toutes dans leurs vitrines les signes d'un
monde disparu, celui-l&#224; m&#234;me que liquida la r&#233;volution tranquille. Et c'est au
mus&#233;e des Ursulines, &#224; Qu&#233;bec toujours, qu'est d&#233;volue la fonction de faire
&#233;l&#233;gamment le deuil de quatre cents ans de culture catholique. &#192; Montr&#233;al,
la d&#233;fense d'une identit&#233; francophone doit composer avec les r&#233;alit&#233;s d'une
vieille m&#233;tropole commerciale. Le multiculturel s'impose. Le mus&#233;e Pointe-&#224;-Calli&#232;re -&#8211; qui a adopt&#233; un nom g&#233;ographique, faute de savoir &#233;noncer son
projet exact -&#8211; c&#233;l&#232;bre ainsi la fa&#231;on dont on cohabite depuis quelques si&#232;cles
dans la vall&#233;e du Saint-Laurent, et insiste, dans ses derni&#232;res salles, sur
la beaut&#233; multiculturelle de la ville. Un peu plus loin, le Mus&#233;e municipal
illustre la saga des Irlandais et des &#201;cossais, des Italiens, des Juifs pieux et
des Ha&#239;tiens qui ont afflu&#233; dans la ville portuaire. Am&#233;rindiens et Inuits sont,
pour leur part mus&#233;ifi&#233;s &#224; Hull, sur les bords de la rivi&#232;re des Outaouais, dans
le plus beau &#171; mus&#233;e de civilisation &#187; du monde, sis, et ce n'est sans doute pas
un hasard, juste en face du Parlement f&#233;d&#233;ral.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;COMBAT POUR LA LANGUE&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais c'est bien s&#251;r le combat pour la langue qui a &#233;t&#233; au coeur de la
reconqu&#234;te d'une identit&#233; collective moderne. En quarante ans, Montr&#233;al, o&#249;
l'on parlait majoritairement anglais, dans le centre-ville du moins, est devenue
une ville francophone. &#192; la source de la transformation, il y a une loi qui
engage toute la puissance de l'&#201;tat derri&#232;re un projet culturel et politique.
Contraignante, la loi 101 n'est ni consensuelle ni aimablement culturelle. La
Charte de la langue fran&#231;aise &#8211; c'est son nom officiel &#8211; reprend un texte vot&#233;
en 1977, au temps du premier gouvernement L&#233;vesque, et fait obligation &#224;
tous, services publics et commer&#231;ants, d'offrir des services en fran&#231;ais dans la
ville. La moindre boutique a d&#251; obtemp&#233;rer. L'application aux &#233;coles est plus
drastique encore : l'enseignement doit &#234;tre donn&#233; en fran&#231;ais, et seuls peuvent
b&#233;n&#233;ficier d'un enseignement &#8211; public &#8211; en anglais ceux dont les parents ont
eux-m&#234;mes &#233;t&#233; &#233;duqu&#233;s en anglais. Les immigrants ont donc d&#251; s'y plier :
leurs enfants &#233;tudient en fran&#231;ais. Pour couronner le tout, et fournir des cadres
&#224; la nation, de grandes universit&#233;s publiques francophones se sont mises en
place. Elles sont les h&#233;riti&#232;res directes des universit&#233;s cr&#233;&#233;es au d&#233;but du
si&#232;cle par les ordres religieux catholiques, qui savaient, eux, qu'une universit&#233;
assure la transmission d'une vision du monde. Aujourd'hui, l'universit&#233; Laval
&#224; Qu&#233;bec, l'universit&#233; de Montr&#233;al et l'universit&#233; de Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al, mais
aussi l'universit&#233; Concordia, d&#233;livrent leurs cours en fran&#231;ais. Il y a des gens
qui avaient compris, il y a quarante ans, que l&#224; o&#249; il n'y a pas institution, il n'y
a pas transmission.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et pourtant, ce dispositif de combat est aujourd'hui en crise. Dans la
soci&#233;t&#233; postmoderne, ni le projet nationaliste ni le discours identitaire n'arrivent
plus &#224; s'&#233;noncer dans des formes recevables, et, en l'absence d'un &#201;tat fort, les
m&#233;diations anciennes n'arrivent plus &#224; proposer un futur collectif.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;FLOTTEMENT DANS LA SOUVERAINET&#201;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Premier &#233;l&#233;ment de l'h&#233;ritage &#224; se d&#233;faire, l'ind&#233;pendance n'est plus
aujourd'hui un horizon politique cr&#233;dible. Un deuxi&#232;me r&#233;f&#233;rendum sur la
souverainet&#233;, perdu de justesse et dans des conditions contestables en 1995,
a sonn&#233; le glas de l'autonomie politique du Qu&#233;bec. Le Canada, d'ailleurs,
n'aurait sans doute pas tol&#233;r&#233; que l'une des provinces fondatrices quitte la
f&#233;d&#233;ration. Douze ans plus tard, sondages et r&#233;sultats &#233;lectoraux sont formels :
l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec n'est plus un projet politique d&#233;fendable &#224; court
terme. Son plus solide soutien, le Parti qu&#233;b&#233;cois, a d&#251;, apr&#232;s une cinglante
d&#233;faite &#233;lectorale, remettre l'organisation d'un troisi&#232;me r&#233;f&#233;rendum &#224; des
temps ult&#233;rieurs. C'est son challenger, la populiste Alliance d&#233;mocratique
du Qu&#233;bec, qui a repris le flambeau de la recherche d'une forme nationale
qu&#233;b&#233;coise en d&#233;fendant la notion ambigu&#235; d'association au Canada. Deuxi&#232;me
point de rupture : le mod&#232;le &#233;conomique social-d&#233;mocrate peine aujourd'hui,
dans le monde entier, &#224; imposer sa l&#233;gitimit&#233; dans le d&#233;bat public, face aux
th&#233;oriciens du lib&#233;ralisme classique. Or les souverainistes avaient fermement
associ&#233; un projet &#233;conomique social-d&#233;mocrate &#224; leur projet politique. Le
Qu&#233;bec occupe encore &#224; cet &#233;gard une position originale en Am&#233;rique du Nord.
Il prolonge une conception de l'&#201;tat providence paradoxalement h&#233;rit&#233;e de
l'Angleterre d'avant Mme Thatcher : l'enseignement sup&#233;rieur y est public et
presque gratuit, la sant&#233; est financ&#233;e collectivement, et certaines ressources,
comme l'hydro&#233;lectricit&#233;, sont nationalis&#233;es. Or ce mod&#232;le tout impr&#233;gn&#233;
d'interventionnisme est aujourd'hui symboliquement d&#233;valoris&#233; sur l'Ancien
comme sur le Nouveau Continent. Il appara&#238;t aujourd'hui comme un archa&#239;sme
de plus, qui serait associ&#233; &#224; l'archa&#239;sme du projet politique souverainiste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;MENACES SUR LA NATION&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Troisi&#232;me difficult&#233; : le souverainisme n'est plus ce qu'il &#233;tait. Ou
plut&#244;t, la nation telle que la concevaient Ren&#233; L&#233;vesque et Gilles Vigneault
il y a quarante ans a subi, elle aussi, une s&#233;rieuse d&#233;valuation symbolique.
Nationalistes et catholiques &#8211; tout au moins de culture &#8211;, les Qu&#233;b&#233;cois ne
s'inscrivent pas dans l'air du temps. Apr&#232;s les guerres des Balkans et celles
du Liban, &#234;tre nationaliste et de culture chr&#233;tienne, c'est se rapprocher
dangereusement dans l'imaginaire collectif des bandes de Milo&#353;evic ou des
milices chr&#233;tiennes du Liban. Mauvais calcul.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement, la conception de la nation qui domine aujourd'hui
a chang&#233;. Lorsque Ren&#233; L&#233;vesque, en 1977, associait nation et &#201;tat, il
s'inscrivait, au-del&#224; de la r&#233;f&#233;rence coloniale, dans l'imaginaire de l'Europe des
&#201;tats-nations de 1848, revivifi&#233;e par les trait&#233;s de paix de 1918. Dans cette
perspective, chaque peuple, compris comme l'ensemble des citoyens partageant
une origine commune, une langue, une histoire et un projet, repr&#233;sent&#233; par
des &#233;lites d&#233;sireuses de prendre en charge le destin collectif, avait le droit de
se doter d'un &#201;tat.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette conception de la nation est aujourd'hui en concurrence avec des
notions toute diff&#233;rentes, issues de la culture politique anglaise, et d&#233;fendues
par les f&#233;d&#233;ralistes d'Ottawa. Par exemple, lorsque le Premier ministre
canadien conservateur, Stephen Harper, demande &#224; son Parlement, comme il
l'a fait en 2007, de reconna&#238;tre la &#171; nation &#187; qu&#233;b&#233;coise, ce n'est pas l'image de
la nation de 1848 qu'il a en t&#234;te. C'est tout autre chose. La nation qu&#233;b&#233;coise
ainsi &#171; reconnues &#187; est du m&#234;me ordre que la nation iroquoise ou que la nation
huronne. Le mot d&#233;signe alors un groupe partageant une origine ethnique,
une langue, parfois une religion, un pan d'histoire, qui a vocation &#224; &#234;tre
respect&#233; dans ses sp&#233;cificit&#233;s et comme minorit&#233;, mais pas &#224; &#234;tre dot&#233; d'une
autonomie politique. Et les Qu&#233;b&#233;cois, qui ont d&#233;lib&#233;r&#233;ment substitu&#233; le nom
de Qu&#233;b&#233;cois &#224; celui de Canadiens fran&#231;ais pour marquer leur d&#233;sir d'acc&#233;der
au statut de nation-&#201;tat, sont ici aux prises avec une contradiction centrale :
ils ne sont ni les premiers ni les seuls habitants du territoire qu'ils occupent
aujourd'hui. La minorit&#233; menac&#233;e, ce n'est pas ou ce n'est plus eux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les &#171; Premi&#232;res Nations &#187; ont conquis, en effet, une place de plus en plus
importante dans l'&#233;conomie des repr&#233;sentations symboliques en Am&#233;rique
du Nord au cours des quatre derni&#232;res d&#233;cennies. Les Inuits ont obtenu du
Canada la reconnaissance d'un territoire transnational qui leur est propre, le
Nunavut, qui couvre une partie du Grand Nord qu&#233;b&#233;cois. Les diverses nations
am&#233;rindiennes, quoique encore tr&#232;s faibles num&#233;riquement et cantonn&#233;es dans
des territoires marginaux, commencent &#224; acqu&#233;rir une identit&#233; politique. Par
ailleurs, le Qu&#233;bec est, depuis le XVIIIe si&#232;cle, peupl&#233; de non-francophones de
toutes origines : colons anglais, bien s&#251;r, mais aussi loyalistes de la Nouvelle-
Angleterre fuyant la r&#233;volution am&#233;ricaine, ou encore Irlandais &#8211; papistes et
parfois antianglais &#8211;, &#201;cossais &#8211; ils contr&#244;laient la banque &#224; Montr&#233;al &#8211;, Juifs
r&#233;fugi&#233;s d'Europe centrale, Italiens et Grecs arriv&#233;s entre les deux guerres,
Ha&#239;tiens, Libanais et Maghr&#233;bins francophones, Vietnamiens... Il faudrait
m&#234;me y ajouter, aux bordures nord-est de la province et dans les &#238;les de la
Madeleine, une petite population acadienne francophone dont l'histoire est
diff&#233;rente de celle des Qu&#233;b&#233;cois. Bref, il y a des minorit&#233;s dans la minorit&#233;. Et
le mainstream politique pr&#244;ne aujourd'hui la d&#233;fense de la minorit&#233;. Lorsque
les Qu&#233;b&#233;cois s'&#233;crient, &#224; l'adresse d'Ottawa : &#171; Respectez-nous, nous sommes
la minorit&#233; ! &#187;, la capitale f&#233;d&#233;rale a beau de jeu de r&#233;pondre : &#171; Pas du tout !
C'est vous qui opprimez vos minorit&#233;s, par exemple en les obligeant &#224; parler
fran&#231;ais. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;CATHOLICISME, LA&#207;CIT&#201;, ISLAM&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Autres minorit&#233;s aujourd'hui respectables &#8211; et d&#233;cid&#233;es &#224; le faire
savoir &#8211; les minorit&#233;s religieuses posent un autre probl&#232;me aux Qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le projet national port&#233; par la r&#233;volution tranquille &#233;tait clairement et de
fa&#231;on militante celui d'une soci&#233;t&#233; la&#239;que. Dans les ann&#233;es 70, le Qu&#233;bec
moderne a d&#233;confessionnalis&#233; en force et sans m&#233;nagements son syst&#232;me de
sant&#233; et d'assistance, de m&#234;me que son syst&#232;me scolaire. Dans son &#233;lan, il a
aussi fait dispara&#238;tre l'&#201;glise catholique. Les religieuses ont d&#251; quitter leur
voile, les religieux, abandonner leurs chaires d'enseignement. Les fid&#232;les ont
d&#233;sert&#233; les &#233;glises, et l'on a mis en vente les b&#226;timents eccl&#233;siastiques. Les
mouvements f&#233;ministes ont &#233;t&#233; au premier rang d'un mouvement v&#233;cu par
eux comme une &#233;mancipation. Le r&#233;sultat est net : le Qu&#233;bec est aujourd'hui
la contr&#233;e d'Am&#233;rique du Nord o&#249; il y a le nombre le plus &#233;lev&#233; de gens se
disant &#171; sans religion &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La m&#233;moire encore fra&#238;che de cette r&#233;volte contre la th&#233;ocratie
catholique rend particuli&#232;rement vifs les d&#233;bats autour des revendications
des communaut&#233;s religieuses d'aujourd'hui, musulmans et juifs orthodoxes de
la communaut&#233; Loubavitch. La situation est d'autant plus compliqu&#233;e que le
Qu&#233;bec doit respecter un texte fondamental du Canada dit Charte des droits
et des libert&#233;s de la personne. Inspir&#233;e par le droit anglais &#8211; donc am&#233;ricain
&#8211; et parfaitement en phase avec les sensibilit&#233;s contemporaines dominantes,
ce texte garantit &#224; tout citoyen canadien le libre exercice de sa pratique
religieuse. Lorsque ce libre exercice entre en conflit avec d'autres droits, l'on
doit chercher &#224; trouver ce que la langue qu&#233;b&#233;coise appelle officiellement
un &#171; accommodement raisonnable &#187;, compromis trouv&#233; pour chaque cas
particulier et qui ne vaut que pour celui-ci. Il est interdit, par exemple, de faire
entrer une arme dans un &#233;tablissement scolaire. Mais leur religion prescrit
aux jeunes sikhs de porter un poignard &#224; leur ceinture. L'accommodement
raisonnable autorisera le poignard mais demandera qu'il soit cousu dans un
&#233;tui&#8230; On imagine facilement la prolif&#233;ration des cas particuliers, les subtilit&#233;s
des argumentaires. Les controverses autour de la question du voile port&#233; par
les femmes de confession islamique ont ainsi occup&#233; une place importante dans
les m&#233;dias populaires lors de la campagne &#233;lectorale de 2007, provoquant un
travail de red&#233;finition de l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise&#8230; et la mise au jour des failles
qui la traversent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;H&#201;ROUXVILLE, NOUVEAU H&#201;RAUT DE LA NATION ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est dans une sorte de Bethl&#233;em qu&#233;b&#233;coise, l'improbable municipalit&#233;
d'H&#233;rouxville, situ&#233;e &#224; une centaine de kilom&#232;tres au nord de Montr&#233;al, que
s'est allum&#233; au printemps 2007 un d&#233;bat significatif des contradictions dans
lesquelles se sentent enferm&#233;s les Qu&#233;b&#233;cois &#171; de souche &#187; et de leur difficult&#233;
&#224; exprimer en des termes aujourd'hui acceptables ce qu'ils ressentent comme
leur identit&#233;. Le conseil municipal de ce gros bourg rural, connu jusqu'alors
pour le festival de musique country voisin, a adopt&#233; une d&#233;claration pr&#233;cisant,
&#224; l'intention d'immigr&#233;s potentiels et pour l'heure inexistants, les valeurs, us
et coutumes de la communaut&#233;. Le texte, fort bien r&#233;dig&#233; et que l'on trouve
sur Internet, &#233;tablit une liste d'usages associ&#233;s globalement &#224; l'islam (port
du voile, refus de la mixit&#233; dans les espaces publics, limitation du statut de
la femme, mais aussi lapidation&#8230;) dont il est dit explicitement qu'ils ne sont
pas acceptables &#224; H&#233;rouxville. Les usages et valeurs d&#233;finis au contraire
comme qu&#233;b&#233;cois sont ceux de la r&#233;volution tranquille &#8211; &#233;galit&#233; entre
hommes et femmes, mixit&#233; des activit&#233;s sportives et scolaires, la&#239;cisation de
la soci&#233;t&#233; &#8211;, mais donnent une place &#224; l'h&#233;ritage catholique dans sa version
patrimonialis&#233;e. Le conseil municipal d'H&#233;rouxville affirme en effet son droit
&#224; d&#233;penser l'argent public pour entretenir les croix de chemin et &#224; utiliser le
mot No&#235;l, contest&#233;s parce qu'il s'agirait l&#224; d'usages relatifs &#224; une communaut&#233;
religieuse particuli&#232;re (les catholiques) qui ne sauraient &#234;tre impos&#233;s &#224; tous. Sa
position se fonde cependant non pas sur une appartenance catholique mais sur
l'aspect patrimonial de ces vestiges. Les r&#233;dacteurs (locaux) du &#171; r&#232;glement &#187;
d'H&#233;rouxville ont rapidement obtenu ce qu'ils souhaitaient : l'attention
des m&#233;dias nationaux et le lancement d'un d&#233;bat public &#224; partir de leurs
positions. Bien s&#251;r, les gens branch&#233;s de Montr&#233;al ont stigmatis&#233; le populisme
r&#233;actionnaire des habitants d'H&#233;rouxville&#8230; et les habitants des r&#233;gions ont
stigmatis&#233; le multiculturalisme d&#233;cadent de Montr&#233;al, consacrant la coupure
imaginaire entre une capitale cosmopolite et son arri&#232;re-pays traditionaliste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce qui est le plus significatif, dans cette affaire, n'est pas tant le
discours tenu que la fa&#231;on dont il est entr&#233; dans le d&#233;bat public. C'est d'un
point marginal g&#233;ographiquement et politiquement &#8211; une petite municipalit&#233;
perdue quelque part au nord de la rivi&#232;re Saint-Maurice &#8211; qu'est parti le conflit.
Ce dernier s'est ensuite d&#233;velopp&#233; essentiellement &#224; la t&#233;l&#233;vision autour
d'intervenants peu connus : le maire d'H&#233;rouxville, un conseiller municipal,
de jeunes musulmanes venues manifester sur place, bref, des &#171; vraies gens &#187;,
porteurs d'une parole v&#233;cue comme authentique et relay&#233;e directement par
les m&#233;dias populaires. Autre sympt&#244;me : le vieux parti de Ren&#233; L&#233;vesque,
traditionnellement porteur du discours identitaire, n'a pas su prendre position
dans ce d&#233;bat. Il a laiss&#233; son &#171; jeune &#187; rival, l'Alliance d&#233;mocratique du Qu&#233;bec,
capitaliser sur le d&#233;sir d'une partie des populations &#171; historiques &#187; du Canada
fran&#231;ais de trouver un parti capable de revendiquer un h&#233;ritage culturel, un
ancrage chr&#233;tien, une appartenance territoriale, et de d&#233;fendre une s&#233;curit&#233;
&#233;conomique sans que ces choix soient d&#233;valoris&#233;s symboliquement comme un
retour au discours r&#233;actionnaire ant&#233;rieur &#224; la r&#233;volution tranquille.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;MES A&#207;EUX ET &#171; D&#201;G&#201;N&#201;RATION &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Des discours incroyablement r&#233;actionnaires, au sens propre du terme,
apparaissent en effet l&#224; o&#249; on ne les attendrait a priori pas. Par exemple dans
la chanson populaire, dont on a vu plus haut qu'elle avait &#233;t&#233; l'un des vecteurs
majeurs du projet national qu&#233;b&#233;cois. En 2006, un groupe folk, Mes A&#239;eux,
comme il en existe des dizaines au Qu&#233;bec et form&#233; de jeunes gens de moins
de trente ans, a &#233;crit et enregistr&#233; une chanson appel&#233;e D&#233;g&#233;n&#233;ration. Le
propos, adress&#233; &#224; l'auditeur en usant du tutoiement usuel qui affirme d'embl&#233;e
la proximit&#233; et la connivence, est d&#233;capant. Il r&#233;habilite la terre comme
seule possession qui vaille, fait l'&#233;loge du d&#233;fricheur et du paysan, exprime la
nostalgie des grandes fratries, des m&#232;res nourrici&#232;res et des f&#234;tes de famille. Il
fait le proc&#232;s de la ville, de l'individualit&#233;, de la libert&#233; sexuelle, des conqu&#234;tes
du f&#233;minisme. Bref, c'est mot pour mot l'inverse du projet de la r&#233;volution
tranquille.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or cette chanson n'est pas demeur&#233;e marginale. La pression des
auditeurs l'a impos&#233;e aux stations de radio, qui, au d&#233;part, n'en voulaient pas,
puis elle s'est install&#233;e durablement en t&#234;te des ventes. Le groupe lui-m&#234;me
a fini par &#234;tre invit&#233; un dimanche soir dans la grande &#233;mission de soci&#233;t&#233;
de la t&#233;l&#233;vision publique, successeur impr&#233;vu des chanteurs historiques de la
r&#233;volution tranquille.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;F&#202;TE NATIONALE &#192; CAUSAPSCAL&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le petit br&#251;lot folk s'est m&#234;me immisc&#233; dans le rituel officiel de la f&#234;te
nationale. La chose est moins surprenante qu'il n'y para&#238;trait au premier abord.
La f&#234;te nationale, au Qu&#233;bec, n'est en effet pas exclusivement &#171; nationale &#187;
&#8211; et pour cause &#8211;, et les rituels politiques qui accompagnent usuellement
l'&#233;v&#233;nement dans les nations-&#201;tats anciennement constitu&#233;es sont ici r&#233;cents,
fragiles et controvers&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si l'usage d'organiser une manifestation civique &#224; l'intention des
Canadiens fran&#231;ais remonte au milieu du XIXe si&#232;cle, c'est en 1977 que le
gouvernement L&#233;vesque instaure la Saint-Jean-Baptiste comme f&#234;te nationale.
Cette derni&#232;re emprunte des formes multiples qui l'inscrivent dans les rituels
de la culture populaire urbaine. La manifestation centrale, par exemple, est
depuis les ann&#233;es 70 un concert, associ&#233; &#224; un discours, organis&#233; sur les plaines
d'Abraham, vaste esplanade situ&#233;e pr&#232;s du Parlement provincial de Qu&#233;bec et
qui vit la victoire d&#233;cisive des soldats du g&#233;n&#233;ral anglais Wolfe en 1759. Par
ailleurs, des f&#234;tes et concerts sont organis&#233;s dans les villages, o&#249; ils co&#239;ncident
avec les festivit&#233;s traditionnelles li&#233;es au solstice d'&#233;t&#233;. &#192; leur initiative, les
particuliers pavoisent avec le drapeau bleu aux fleurs de lys. L'arm&#233;e est
absente ou peu pr&#233;sente. La responsabilit&#233; de la f&#234;te, en effet, n'est pas confi&#233;e
&#224; l'&#201;tat mais prise en charge par des associations. Si en 1977 c'est la soci&#233;t&#233;
Saint-Jean-Baptiste, d&#233;positaire de l'h&#233;ritage du mouvement d'&#233;mancipation
des Canadiens fran&#231;ais, qui en avait la charge, depuis quelques ann&#233;es une
autre organisation, jug&#233;e plus repr&#233;sentative de l'ensemble des communaut&#233;s
culturelles du Qu&#233;bec, lui a &#233;t&#233; substitu&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est donc une sorte de transplantation du domaine politique vers le
domaine culturel qui permet &#224; la f&#234;te d'exister. Ce d&#233;calage est visuellement
illustr&#233; par le fait que c'est autour d'une sc&#232;ne musicale que s'organise la
relation entre le discours, les drapeaux et la foule, les chanteurs occupant sur
la sc&#232;ne la place d&#233;volue dans les c&#233;r&#233;monies civiques aux repr&#233;sentants de
l'autorit&#233;. En 2006, par exemple, c'est &#224; un acteur qu'est attribu&#233;e la charge
d'&#233;crire et de lire le discours officiel. Le site de l'association responsable insiste
d'ailleurs sur la participation de la soci&#233;t&#233; civile aux c&#233;l&#233;brations. On n'attend
pas des b&#233;n&#233;voles qu'ils carburent uniquement &#224; l'enthousiasme national, et,
comme dans toute entreprise soucieuse de motiver ses troupes, un concours
et des cadeaux r&#233;compensent les plus efficaces producteurs de la symbolique
nationale. L'ensemble est parrain&#233; par une marque de bi&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il n'y a rien d'&#233;tonnant alors &#224; ce que l'on observe dans les c&#233;l&#233;brations non
pas la rigueur et l'unit&#233; &#8211; dans le c&#233;r&#233;monial et les discours &#8211; qui caract&#233;risent
les f&#234;tes des &#201;tats anciennement centralis&#233;s, mais une adaptation aux formes
nouvelles de la vie collective. Ainsi, &#224; Causapscal, bourgade de Gasp&#233;sie situ&#233;e
&#224; plus de mille kilom&#232;tres de Montr&#233;al, le discours officiel de la f&#234;te &#233;tait-il,
en ce mois de juin 2007, compos&#233; &#224; la fois de propos tenus par des &#233;lus, en
l'occurrence le maire et la d&#233;put&#233;e &#8211; ce qui rel&#232;ve du mod&#232;le classique &#8211;, et
de deux chansons, ins&#233;r&#233;es entre les discours et le feux d'artifice, comme si
elles &#233;taient elles-m&#234;mes un discours. Et, de fait, elles en faisaient fonction.
La premi&#232;re &#233;tait D&#233;g&#233;n&#233;ration, du groupe Mes A&#239;eux, cit&#233;e plus haut, qui
quittait ainsi clairement le registre du spectacle pour entrer dans celui de la
repr&#233;sentation politique. Quant &#224; la seconde, intitul&#233;e Lettre &#224; Ren&#233; L&#233;vesque
et due au groupe de papys militants Les Cow-Boy fringants, elle portait, elle
aussi, un message explicitement politique : un appel aux jeunes g&#233;n&#233;rations
pour qu'elles rel&#232;vent l'h&#233;ritage de Ren&#233; L&#233;vesque.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;HEURTS ET MALHEURS DU 400E&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le conseil municipal d'H&#233;rouxville, Mes A&#239;eux et Les Cow-Boys
fringants&#8230; ces porteurs de discours apparemment marginaux n'occupent le
devant de la sc&#232;ne qu'autant que les vecteurs traditionnels de la transmission
d'une identit&#233; nationale peinent &#224; remplir leur r&#244;le. En t&#233;moignent les
difficult&#233;s dans l'organisation des c&#233;r&#233;monies du 400e anniversaire de Qu&#233;bec.
En 2008, cela fera quatre cents ans &#8211; ou &#224; peu pr&#232;s &#8211; que Samuel de Champlain
a abord&#233; le site de Qu&#233;bec. L'anniversaire appelle une c&#233;l&#233;bration, et depuis
quelques dizaines de mois on s'agite autour de la question, tant &#224; Qu&#233;bec
qu'&#224; Ottawa et Paris. Les anniversaires &#224; Qu&#233;bec sont choses complexes et
politiques. Le 300e anniversaire, en 1908 avait donn&#233; lieu &#224; un magistral
tour de passe-passe par lequel Ottawa avait r&#233;cup&#233;r&#233;, pour le plus grand
profit symbolique de l'empire, l'initiative, &#224; l'origine modeste, des bourgeois
francophones de Qu&#233;bec. Le programme de 2008 est, lui aussi, objet de
controverses et sujet &#224; volte-face et transformations. Ottawa a un projet clair
et astucieux : c&#233;l&#233;brer l'arriv&#233;e via le port de Qu&#233;bec des centaines de milliers
d'immigrants qui ont fait le Canada multiculturel d'aujourd'hui. La ville de
Qu&#233;bec, dans cette perspective, est ramen&#233;e exclusivement &#224; sa fonction de
port. Son r&#244;le de capitale administrative et religieuse d'un territoire rural,
agricole et essentiellement francophone dispara&#238;t purement et simplement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais peut-on tenir un autre discours sans r&#233;veiller les flammes
du souverainisme ou encourir le reproche de nationalisme ethnique et
religieux ? La question donne des cauchemars au gouvernement provincial
lib&#233;ral de Jean Charrest, qui entend contenir toute vell&#233;it&#233; souverainiste et
qui cherche une voie moyenne entre l'enthousiasme multiculturel d'Ottawa
et l'inopportune c&#233;l&#233;bration d'un h&#233;ritage embarrassant. Comment c&#233;l&#233;brer
les Canadiens fran&#231;ais sans en parler tout en en parlant ? Ainsi, la grande
exposition sur l'Am&#233;rique fran&#231;aise pr&#233;vue &#224; l'origine ne se fera pas, ou plus
tard, ou autrement. &#192; la place, la France pr&#234;tera une exposition du mus&#233;e
du quai Branly, zappant les Canadiens fran&#231;ais au profit d'une c&#233;l&#233;bration
plus au go&#251;t du jour des cultures autochtones. Quant au Qu&#233;bec proprement
dit, son discours national s'engloutit dans les initiatives spectaculaires ou
sympathiques mais, au sens propre, insignifiantes. Le Cirque du Soleil, grande
entreprise du show-business, qu&#233;b&#233;coise et mondialis&#233;e, assurera l'essentiel
du spectacle, et, si ses managers le veulent bien, on aura C&#233;line Dion, autre
ic&#244;ne du succ&#232;s plan&#233;taire. Des chorales franco-qu&#233;b&#233;coises renoueront dans
la bonne humeur le lien social transatlantique. Quant &#224; la Saint-Jean-Baptiste
sur les plaines d'Abraham, elle repr&#233;sente un vrai probl&#232;me. Trop charg&#233;
de souvenirs, cet endroit ! Et s'il venait &#224; l'id&#233;e de quelques jeunes zozos de
se prendre pour F&#233;lix Leclerc, Gilles Vigneault et Robert Charlebois et de
rejouer la Superfrancof&#234;te de 1974 ? On a vu ce que &#231;a donnait lorsqu'on
laissait des chanteurs parler politique. Mieux vaut rester raisonnable et confier
aux f&#233;d&#233;rations de g&#233;n&#233;alogistes une exposition sur les &#171; familles-souches &#187;
(celles qui se sont install&#233;es au Qu&#233;bec au XVIIe si&#232;cle) et les &#171; familles-racines &#187;
(celles qui sont rest&#233;es en France, toujours au XVIIe si&#232;cle). Id&#233;e charmante,
certes, et sans danger politique imm&#233;diat, mais qui t&#233;moigne d'un repli frileux&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;sur la tradition. Crise symbolique, crise des institutions, avons-nous dit.
Pour la regarder sous un angle nouveau, on peut consid&#233;rer ce que dit de la
question des institutions Denis Moni&#232;re, politiste et partisan historique du
projet souverainiste. Le Qu&#233;bec, dit-il, a un &#201;tat faible, et &#231;a n'est pas bon.
Dans le cas particulier du Qu&#233;bec, un &#201;tat fort, paradoxalement, lib&#233;rerait les
individus. Certes, le projet souverainiste aujourd'hui ne consiste plus &#224; suivre
le mod&#232;le des d&#233;colonisations des ann&#233;es 70. Mais, si les Canadiens fran&#231;ais ont
surv&#233;cu comme groupe, c'est au prix d'une discipline individuelle et collective
s&#233;v&#232;re, encadr&#233;e par l'&#201;glise. C'est parce que les femmes avaient quatorze
enfants que le groupe a perdur&#233;. C'est parce que les familles parlaient fran&#231;ais
&#224; leurs enfants m&#234;me si cela avait un prix en termes de promotion sociale et
&#233;conomique que la langue, elle aussi, s'est maintenue dans un environnement
pourtant d&#233;favorable. Aujourd'hui, il n'est bien s&#251;r plus question de demander
aux familles d'assurer la survie du groupe, et le r&#244;le r&#233;gulateur de l'&#201;glise
s'est &#233;vanoui. Et si la langue subsiste, face &#224; la pression renouvel&#233;e de l'anglais,
c'est seulement gr&#226;ce &#224; la protection des pouvoirs publics exprim&#233;e par la loi
101 et aux politiques publiques de soutien &#224; la culture.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un &#201;tat souverain d&#233;livrerait, dit Denis Moni&#232;re, les individus de la
charge d'assurer la d&#233;fense de la langue et la p&#233;rennit&#233; du groupe en assumant
les fonctions symboliques et en veillant &#224; la transmission. On peut &#234;tre d'accord
ou non avec cette opinion, exprim&#233;e ici de fa&#231;on peut-&#234;tre trop sommaire. Il
n'en demeure pas moins qu'il y a l&#224; une cl&#233; pour comprendre la confusion
id&#233;ologique dans laquelle se d&#233;bat le Qu&#233;bec aujourd'hui. Confier la charge
de la production symbolique au th&#233;&#226;treux et aux chanteurs, c'est s'assurer,
en p&#233;riode de hautes eaux id&#233;ologiques, un fort potentiel de cr&#233;ativit&#233; et un
&#233;cho maximal dans la soci&#233;t&#233;. Mais, en p&#233;riode de reflux, c'est s'exposer &#224;
des d&#233;rives bizarres, &#224; la fragmentation des repr&#233;sentations, aux distorsions
des appartenances. Bref, il n'est pas anodin de ne pas r&#233;ussir &#224; organiser un
grand anniversaire, une f&#234;te nationale ou un grand mus&#233;e. C'est plut&#244;t un
sujet d'inqui&#233;tude.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;CATHERINE BERTHO-LAVENIR est professeur d'histoire contemporaine &#224; l'universit&#233;
Paris III-Sorbonne nouvelle. Elle s'est occup&#233;e, en 2006, de la chaire &#171; &#201;tude de la
France contemporaine &#187; &#224; l'universit&#233; de Montr&#233;al. Son dernier livre : Histoire des
m&#233;dias, de Diderot &#224; Internet, avec Fr&#233;d&#233;ric Barbier, Armand Colin.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;a href=&quot;http://www.cerium.ca/IMG/pdf/Quebec_Medium1.pdf&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;source&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Les fondements de l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise</title>
		<link>http://www.vigile.net/Les-fondements-de-l-identite</link>
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		<dc:date>2007-11-03T20:47:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>David Poulin-Litvak - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Les fondements de l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise Soyons humbles, disons : quelques fondements de l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise Monsieur Turcotte, Je me permets un commentaire, sur un de vos textes, o&#249; vous expliquiez que les trois fondements de l'Occident, dans lesquels prend racine (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les fondements de l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Soyons humbles, disons : quelques fondements de l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Monsieur Turcotte,&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je me permets un commentaire, &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/De-la-difficulte-de-Pauline-a&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;sur un de vos textes&lt;/a&gt;, o&#249; vous expliquiez que les trois fondements de l'Occident, dans lesquels prend racine l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise, sont le Christianisme, la Gr&#232;ce et Rome.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a aussi une autre question &#224; se poser, celle de l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise proprement dite. Autrement dit, qu'est-ce qui distingue le Qu&#233;bec &#224; l'int&#233;rieur de l'Occident ? Et plus particuli&#232;rement, qu'est-ce qui distingue le Qu&#233;bec &#224; l'int&#233;rieur de l'Am&#233;rique du Nord ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Car, apr&#232;s tout, tout ce beau monde s'inspire, &#224; divers degr&#233;s, du Christianisme, de la Gr&#232;ce et de Rome. L'Occident, pour moi, c'est un autre nom du monde chr&#233;tien, dont les racines historiques sont chr&#233;tiennes. Pour moi, la &#171; religion &#187;, c'est le nationalisme des civilisations. Ainsi, je dis l'Islam, le Christianisme, l'Hindouisme, le Bouddhisme, le Confucianisme, ce sont, avant tout, des ciments civilisationnels. On s'entend, il y a quelques hybrides, quelques ponts, quelques grands schismes, comme le sunnisme et le shiisme, comme le protestantisme, le catholicisme et les &#233;glises orthodoxes. Et &#224; l'int&#233;rieur de ces mondes civilisationnels, il y a des nations, parfois regroup&#233;es en mondes, anglo-saxons, francophonie, arabophonie, et ainsi de suite.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a aussi, ce qui justifie le terme Occident et ses d&#233;clinaisons, une rupture fondamentale au sein de ce monde aux racines chr&#233;tiennes, celle de la pens&#233;e scientifique, dont les ramifications - s&#233;cularismes, la&#239;cit&#233;s aux diff&#233;rentes teintes allant de l'am&#233;ricaine &#224; l'anti-religiosit&#233;, en passant par les scepticismes et les scientologies de tout genre &#8211; constituent une autre grande sph&#232;re de pens&#233;e humaine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La pens&#233;e scientifique, pour moi, c'est la religion de l'Occident, avec son penchant mat&#233;rialiste, que je ne partage pas, mais qui reste, en tant que pens&#233;e, d'une importance capitale pour l'humain moderne. C'est aussi, en ce sens, peut-&#234;tre la premi&#232;re des pens&#233;es de type civilisationnel qui a su avoir plus qu'une port&#233;e, justement, de civilisation. Il s'agit peut-&#234;tre de la premi&#232;re pens&#233;e mondialis&#233;e, de fait, mais aussi mondialisable. Mondialisable, parce qu'elle s'attaque au fondement de la pens&#233;e religieuse, elle en est, en quelque sorte, son antith&#232;se, en tout cas, pour les dogmatistes monoth&#233;istes, car le monoth&#233;isme est caract&#233;ris&#233;e par la croyance, le dogme, la foi, mais semble par ailleurs s'accommoder plus ais&#233;ment des courants de pens&#233;e orientaux, qui, eux, semblent plus fluides, et plus conformes, &#224; mon avis, &#224; la dimension critique de la pens&#233;e scientifique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faut dire que, dans ces mondes, ce qui est significatif, la religion et la philosophie ne sont pas s&#233;par&#233;es, ni s&#233;parables. Shankacharya n'est ni philosophe, ni religieux, ou, dit autrement, il est les deux. L'adva&#239;ta, sa philosophie, est une d&#233;clinaison de la religion. En ce sens, sa traduction, &#171; non-dualit&#233; &#187;, s'applique peut-&#234;tre &#224; merveille ! (Il ne s'agit cependant pas, h&#233;las, d'une &#233;cole de pens&#233;e sur la schizophr&#233;nie occidentale&#8230; il s'agit de la non-dualit&#233; de nature entre Dieu et l'&#226;me, si on veut traduire, l'Absolu et l'&#234;tre individu&#233;, si on veut d&#233;personnaliser.)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Reste que ce monde, n'est pas le n&#244;tre. L'Occident, ce primitif des choses spirituelles, reste un ma&#238;tre des choses mat&#233;rielles, et des choses mentales appliqu&#233;es, quoiqu'il lui manque la v&#233;ritable ma&#238;trise des choses spirituelles. Cette recherche doit faire partie de son effort pour se d&#233;velopper, en tant que civilisation. Il a n&#233;anmoins une doctrine qui fait bien pour le reste, et qui lui a permis de contribuer positivement au monde, de le f&#233;conder m&#234;me, et cette doctrine, c'est la pens&#233;e scientifique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La pens&#233;e scientifique, v&#233;ritable r&#233;volution de l'esprit, valorisation de la dimension mentale humaine, il est vrai, tronque l'humain, mais met cependant sa raison, sa t&#234;te, son mental, en &#233;vidence. On ne peut pas, premier point, vous excuserez la dissertation, donc, s&#233;parer l'Occident de la pens&#233;e scientifique, ils vont main dans la main. Je ne crois pas cependant que cette pens&#233;e est la seule globalisable, en fait, je crois qu'elle est la premi&#232;re manifestation de ce type de pens&#233;e mondialisable, mais qu'elle ne sera pas la derni&#232;re. J'ai insinu&#233; dans les quelques lignes ci-haut, que cette pens&#233;e est mat&#233;rialiste, mais surtout, qu'elle nie une dimension humaine : celle de l'esprit. Je crois donc, personnellement, qu'une synth&#232;se prenant compte &#224; la fois de la raison critique au fondement de la pens&#233;e scientifique et des pens&#233;es spirituelles, est n&#233;cessaire, il est n&#233;cessaire de les int&#233;grer, pour justement, en faire synth&#232;se et d&#233;passer l'une l'autre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Moi, je vois la R&#233;volution tranquille, caract&#233;ris&#233;e par le rejet de l'&#201;glise, comme une action christique, c'est-&#224;-dire imitant, en un sens le Christ. Car lui, disons-le bien franchement, &#233;tait anti-cl&#233;rical, il &#233;tait contre le clerg&#233; juif de son temps, et a cherch&#233; la solution dans une autre pens&#233;e religieuse ; &#224; l'&#233;poque, faire autrement, eut &#233;t&#233; simplement inconcevable. Au Qu&#233;bec, les gens ont dit : &#171; Non, on ne se laissera plus minoriser, infantiliser dans nos consciences par des clercs, et des th&#233;ologiens, et des papes. &#187; En cela, ils ont agi comme J&#233;sus qui violait ouvertement, et semble-t-il all&#232;grement, les lois juda&#239;ques, comme pour dire : &#171; Allez vous faire voir, bande d'&#233;pais. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je vois donc cette rupture, il est vrai, non-combl&#233;e, anomique, pour le moment, d'une mani&#232;re saine. La question, c'est comment combler l'anomie soci&#233;tale que vous d&#233;peignez, tout en d&#233;passant les formes anciennes de la religion, et m&#234;me, de la pens&#233;e scientifique mat&#233;rialiste. C'est &#231;a le grand d&#233;fi de l'Occident.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bon, l&#224;, j'ai vraiment fini mon premier point, petite parenth&#232;se, et je voudrais en revenir &#224; la question initiale de ce texte. La distinction Qu&#233;bec-Occident et Qu&#233;bec-Am&#233;rique du Nord. Disons cependant, il faut bien que je justifie mes digressions, que l'enjeu susmentionn&#233;, quoiqu'occidental, pourrait n&#233;anmoins distinguer le Qu&#233;bec &#224; l'int&#233;rieur de cet Occident qui n'a pas r&#233;solu son anomie spirituelle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec, pourquoi pas, pourrait &#234;tre l'Isra&#235;l de la modernit&#233;, le lieu o&#249; ces questions se r&#233;solvent, le germe d'une nouvelle grande pens&#233;e civilisationnelle-mondiale. L'Isra&#235;l, apr&#232;s tout, n'a jamais directement donn&#233; lieu &#224; une civilisation, mais elle a &#233;t&#233; le creuset de la pens&#233;e monoth&#233;iste, et des civilisations chr&#233;tienne et islamique. Ce que je veux dire, c'est que la petitesse d&#233;mographique n'est, en fait, ou plut&#244;t, ne doit &#234;tre, que le pr&#233;texte de la grandeur d'esprit. Isra&#235;l, aussi, &#233;tait petite, mais elle a su &#234;tre le terreau fertile &#224; la naissance de Y&#233;shouwa, et, comme on dit : Y&#233;shouwa pas tant qu'&#231;a ! (Y&#233;shouwa est le nom h&#233;bra&#239;que de J&#233;sus.)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Outre ce grand projet de r&#233;volution spirituelle, le Qu&#233;bec, en tant que lieu de rupture, car c'est &#231;a l'ind&#233;pendance, pourrait &#234;tre un lieu de d&#233;passement culturel et politique. Le moment de l'ind&#233;pendance, pourrait, je dirais m&#234;me devrait &#234;tre le moment d'une grande rupture, d'une r&#233;volution culturelle et politique. Car, sinon, faire l'ind&#233;pendance ne vaut tout simplement pas la peine. Les Am&#233;ricains n'ont pas que fait l'ind&#233;pendance, il y a 220 ans, ils ont fait une ind&#233;pendance-r&#233;volution, et la m&#234;me chose vaut pour les Bol&#237;vars et compagnie, en Am&#233;rique du Sud, qui ont d&#233;pass&#233; le monarchisme, politique et culturel, pour plonger t&#234;te premi&#232;re dans le r&#233;publicanisme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je crois donc qu'une r&#233;volution s'impose, cette fois-ci une vraie, pas une r&#233;volution de survivance comme la R&#233;volution tranquille, mais une r&#233;volution de d&#233;passement. Pour cela, il faut voir qu'au Qu&#233;bec, et en Occident, il y a des probl&#232;mes. Les gens sont d&#233;sabus&#233;s du politique, ils ne croient plus en les politiciens, et je crois bien, M. Turcotte, que vous &#234;tes un de ceux-l&#224;. De plus, au Qu&#233;bec, en particulier, p&#232;se une menace d'assimilation &#224; l'anglosaxophonie, et je ne parle pas de l'instrument, mais de langue porteuse de culture ! Il faut donc, au Qu&#233;bec, r&#233;volutionner les formes politiques devenues fonci&#232;rement, structurellement d&#233;su&#232;tes, et, de plus, affirmer l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise sur le fondement de la langue fran&#231;aise, principal vecteur de notre sp&#233;cificit&#233; occidentale. Le grand ensemble occidental en effet, est domin&#233;, ces temps-ci, par l'anglosaxophonie. Et le monde, lui-m&#234;me, est domin&#233; par ce L&#233;viathan ! Il faut donc construire un Qu&#233;bec, avec cela, comme r&#233;volution : spirituelle, politique et culturelle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La r&#233;volution des esprits, on l'admettra, est un peu hors de port&#233;e du mouvement ind&#233;pendantiste, bien qu'il s'agit l&#224;, en fait, de la vis&#233;e premi&#232;re de ce projet. En effet, la n&#233;o-colonisation si caract&#233;ristique de la mentalit&#233; qu&#233;b&#233;coise est une chose spirituellement malsaine. La politique aussi, dans l'&#233;tat actuel des choses, est une chose malsaine au Qu&#233;bec, avec toutes ces petites gens, intellectuellement et moralement, qui prennent trop de place. La p&#233;n&#233;tration culturelle de la canadiennet&#233; au Qu&#233;bec, enfin, est aussi une chose spirituellement malsaine, qui plonge le Qu&#233;bec dans un &#233;tat de tension permanent. Cependant, on l'admettra, le mouvement ind&#233;pendantiste attaque la r&#233;volution de l'esprit par la bande, en cherchant &#224; modifier les formes politiques et culturelles de mani&#232;re &#224; influer sur cette dimension. Ceci dit, il importera de garder &#224; l'esprit cette dimension, tout en sachant que le mouvement ind&#233;pendantiste, en tant que mouvement soci&#233;tal, doit avoir deux objectifs corollaires &#224; l'ind&#233;pendance &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;stricto sensu&lt;/i&gt; : la r&#233;volution culturelle et la r&#233;volution politique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour situer ces deux r&#233;volutions, compagnes de l'ind&#233;pendance, il faut aborder la question de la sp&#233;cificit&#233; qu&#233;b&#233;coise au sein de l'Occident. Il y a trois fondements, partag&#233;s, de cette sp&#233;cificit&#233;, qui se fondent en une sp&#233;cificit&#233; propre, qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le premier des fondements partag&#233;s est l'appartenance du Qu&#233;bec aux Am&#233;riques. Le Qu&#233;bec, continent oblige, est Am&#233;ricain. Nous partageons donc des r&#233;f&#233;rences et une situation g&#233;ographique avec cette Am&#233;rique. Plus particuli&#232;rement, nous sommes Nord-Am&#233;ricains, et &#234;tre Nord-Am&#233;ricain renvoie, entre autres, &#224; une nette domination de la culture et de la langue anglo-saxonne, dans sa d&#233;clinaison &#233;tatsunienne, notamment. De ce fait, cela renvoie aussi &#224; ce que les intellectuels de gauche, et les gens de gauche en Am&#233;rique Latine, en connaissance de cause, appellent l'empire am&#233;ricain. Cette forme politique, celle de la domination sauvage d'un peuple, d'une grande culture, sur les autres, doit &#234;tre d&#233;pass&#233;e, et, au risque d'effrayer les consciences fragiles, disons-le, elle s'ancre dans la d&#233;mocratie repr&#233;sentative, dans la d&#233;mocratie imp&#233;riale &#233;tats-unienne, et donc, sans vouloir faire tomber l'empire, il faut n&#233;anmoins, au Qu&#233;bec, comme ailleurs, chercher des formes politiques qui permettront de d&#233;passer directement les vices de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative, et, indirectement, celle de l'empire &#233;tats-unien et occidental. Il faut, donc, au Qu&#233;bec, faire une r&#233;volution politique, pour que le peuple, vraiment, ait contr&#244;le de son destin, non de mani&#232;re anarchique, mais organis&#233;e et structur&#233;e. L'&#233;thique sup&#233;rieure des peuples, elle, doit ainsi primer sur l'&#233;thique bourgeoise, ou de petites &#233;lites, comme on en a, nous aussi, au Qu&#233;bec. Il ne faut donc pas s'exclure de l'empire, on en fait partie, mais, plut&#244;t, il faut de l'int&#233;rieur, jouissant d'un &#233;tat ind&#233;pendant, chercher &#224; le d&#233;passer, et m&#234;me, ambition oblige, &#224; devenir le point de rupture, le germe de son d&#233;passement. Il s'agit de ce que je nomme la r&#233;volution politique qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Venons-en au deuxi&#232;me fondement partag&#233; du Qu&#233;bec au sein de l'Occident : sa francit&#233;. Ici, ce fondement partag&#233; a des liens g&#233;ographiques bien &#233;loign&#233;s, en Europe, via la France, et de l&#224;, avec le reste du monde &#224; d&#233;clinaison francophone. Et ce qui distingue le Qu&#233;bec au sein de l'Am&#233;rique du Nord, particuli&#232;rement, c'est le fran&#231;ais, le fait que le Qu&#233;bec est cet &#238;lot minuscule de fran&#231;ais en Am&#233;rique. La taille minuscule du Qu&#233;bec au sein de l'Am&#233;rique fait qu'il est port&#233; &#224; se rabattre sur la m&#233;tropole culturelle, la France, car il n'a pas les moyens, compl&#232;tement, comme les autres mondes linguistiques des Am&#233;riques, de d&#233;velopper des r&#233;f&#233;rences culturelles enti&#232;rement endog&#232;nes, ou disons beaucoup plus endog&#232;nes qu'exog&#232;nes. Le Qu&#233;bec est donc encore, culturellement, colonis&#233; par la France. Il doit donc chercher, avec l'appui de l'&#201;tat, &#224; d&#233;velopper et valoriser les germes de la qu&#233;b&#233;cit&#233; culturelle, qui le distingue de nos fr&#232;res et cousins, les Fran&#231;ais et les Parisiens !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'am&#233;ricanit&#233; et la francit&#233; sont donc les r&#233;f&#233;rences principales. Mais, il y a aussi une troisi&#232;me r&#233;f&#233;rence, ambigu&#235; &#224; l'extr&#234;me, celle de la canadiennet&#233;. La canadiennet&#233;, s'ancrait autrefois dans une appartenance &#224; l'empire britannique, mais depuis l'ind&#233;pendance de fait du Canada, apr&#232;s la Seconde Guerre Europ&#233;enne, des empires coloniaux europ&#233;ens, cette canadiennet&#233; est plut&#244;t ind&#233;pendante. Le Qu&#233;bec a n&#233;anmoins h&#233;rit&#233; de ce pass&#233; britannico-imp&#233;rial qui persiste, par ailleurs, formellement, bien qu'il y ait eu rupture de fait. Ceci dit, l'ambigu&#239;t&#233; de cette r&#233;f&#233;rence, c'est justement qu'elle est tiraill&#233;e, elle est une r&#233;f&#233;rence pour lesdits f&#233;d&#233;ralistes, je pr&#233;f&#232;re le terme n&#233;o-colonis&#233;s ou anglais, et une contre-r&#233;f&#233;rence pour les ind&#233;pendantistes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les Anglais au Qu&#233;bec, c'est encore le terme qu'on utilise, sont en fait des Canadiens au Qu&#233;bec. Leur identit&#233; est fondamentalement canadienne. Ce n'est pas qu'elle ne s'hybride pas un peu, mais elle a une dominante canadienne. Cette p&#233;n&#233;tration canadienne au Qu&#233;bec est le pivot du f&#233;d&#233;ralisme. Elle constitue un bloc, rigide, quasi int&#233;griste, et, aussi, ce qui est important, le facteur de la division des Qu&#233;b&#233;cois, des francophones. L'existence de ce bloc, cette intrusion canadienne en territoire qu&#233;b&#233;cois, est la menace qui p&#232;se continuellement sur le Qu&#233;bec. M&#234;me si le Qu&#233;bec &#233;tait ind&#233;pendant, si ce bloc persistait, ce serait toujours un facteur de division. Il faut donc expliquer aux Qu&#233;b&#233;cois, le dire, que l'ind&#233;pendance, c'est aussi la disparition de ce bloc, &#224; long terme. Autrement dit, l'ind&#233;pendance, c'est le d&#233;but d'une incorporation de ce bloc au corps national qu&#233;b&#233;cois, c'est sa francisation, pour ceux qui resteront, et l'exil, pour ceux qui partiront. C'est ce que je nomme : la r&#233;volution culturelle qu&#233;b&#233;coise. Il n'y a pas que &#231;a, il faut aussi, &#224; mon avis valoriser le fait qu&#233;b&#233;cois, distinctif de l'h&#233;ritage pr&#233;dominant fran&#231;ais, mais, essentiellement, l'incorporation ou l'exil de la communaut&#233; anglo-canadienne au Qu&#233;bec, c'est le c&#339;ur de cette dimension de la r&#233;volution qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Parce que ce bloc est un facteur de division, il convient de s&#233;parer les Qu&#233;b&#233;cois en n&#233;o-colonis&#233;s, dont le caract&#232;re distinctif est de voter pour le Parti Lib&#233;ral du Qu&#233;bec, et en autonomistes-souverainistes-ind&#233;pendantistes. Vous avez sans doute remarqu&#233; que ce dernier nom est un peu long&#8230; En effet, toutes les teintes, de la plus pure et la plus claire, celle de l'ind&#233;pendantiste, &#224; la plus m&#233;tiss&#233;e, existent. Le Qu&#233;bec est bien divis&#233;, et le Canada r&#232;gne en souverain. La cl&#233; de la polarisation vers la teinte pure, celle de l'ind&#233;pendantisme, c'est la guerre, c'est le fait de nommer un intrus, au Qu&#233;bec, de dire qu'ils doivent &#234;tre assimil&#233;s ou partir, et qu'il s'agit, comme le dirait Bol&#237;var, d'une guerre &#224; mort. Pas exactement dans le m&#234;me sens cependant, car notre guerre n'est pas une guerre de corps, c'est une guerre de langue, et de la culture port&#233;e par la langue. Soit, donc, cette culture dispara&#238;tra, mourra, elle-m&#234;me assimil&#233;e, soit elle vaincra, vivra, et se p&#233;rennisera en ayant pleine juridiction sur son territoire, le Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est donc clair, pour boucler la boucle, que cette &#171; canadiennet&#233; qu&#233;b&#233;coise &#187;, et en fait une polarisation identitaire au sein de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise, caract&#233;ris&#233;e par la mont&#233;e de l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise, et son d&#233;ploiement graduel au sein du territoire du Qu&#233;bec. Mais aussi, d'un affaiblissement relatif de l'identit&#233; canadienne. Ce chemin, in&#233;luctable, ne peut que continuer, il peut y avoir des creux, des ressacs, mais le Qu&#233;bec sera un jour ind&#233;pendant. Pourquoi ? Parce que toute minorit&#233; cherche &#224; r&#233;sister, et si elle n'est pas &#233;cras&#233;e, elle se renforce. &quot;Ce qui ne te tue pas te rend plus fort&quot;, et, pour le dire de mani&#232;re po&#233;tique, c'est parce que nous sommes que nous serons. Le sentiment de la nation, apr&#232;s tout, c'est une petite transcendance, qui unit et renforce. Il ne s'agit, cependant, que d'une petite transcendance, celle d'une culture humaine, elle-m&#234;me transcend&#233;e par une plus grande appartenance, celle d'une civilisation humaine, et, enfin, par une tr&#232;s grande transcendance, celle de l'humanit&#233;, puis, ensuite, comme le disaient les Anciens, M. le Th&#233;ologien, il y a Dieu, le Supr&#234;me, le Transcendant, l'Innommable, l'&#201;ternel.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;David Litvak&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>L'instant du vertige. Notes sur le repliement identitaire qu&#233;b&#233;cois</title>
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		<dc:creator>Dominic Desroches - Collaboration sp&#233;ciale</dc:creator>
		


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		<description>Sans d&#233;tour : la th&#232;se de ce court article est que la population du Qu&#233;bec, prise de vertige devant son avenir, a choisi la position du repli identitaire. Ainsi convient-il de se demander si cette position de repli, provisoire ou non, favorisera la reprise des projets qu&#233;b&#233;cois. Pacifiques et (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/IMG/arton9597.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;294&quot; height=&quot;204&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Texte publi&#233; en partie dans Le Soleil du dimanche 21 octobre 2007 sous le titre &quot;&lt;a href=&quot;http://www.cyberpresse.ca/article/20071021/CPSOLEIL/71018109/6732/CPOPINIONS&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Une crise identitaire ? Oui ! Le fran&#231;ais recule &#224; Montr&#233;al...&lt;/a&gt;&quot; (Photo : Le Soleil)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;br clear=all&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=right&gt;&#171; Celui qui est cause qu'un autre &lt;br&gt;
devient puissant se ruine lui-m&#234;me &#187;&lt;br&gt;
Machiavel, Le prince&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jamais neutre, la mar&#233;e peut monter ou descendre. Si elle se retire, le
sable s'avancera progressivement. La mar&#233;e est l'histoire des oscillations,
des forces et r&#233;actions. La mar&#233;e puise dans un cycle sa hauteur. Ainsi en
va-t-il &#233;galement dans les sports de combat et la vie politique : si l'un
des adversaires choisit le repli, l'autre, sentant la possibilit&#233;, en
profitera pour contre-attaquer. La logique veut que la contre-attaque vise
&#224; reprendre le territoire qui, perdu plus t&#244;t, s'ouvre &#224; nouveau devant
lui. Si la force est l'histoire d'un cycle, peut-on en vouloir &#224; celui qui
attaque de ne pas profiter de la faille qui s'ouvre dans le jeu de
l'adversaire ? Lorsque l'un des adversaires d&#233;cide de regarder l'&#233;tat de
son armure, ne doit-il pas s'attendre &#224; &#234;tre attaqu&#233; ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sans d&#233;tour : la th&#232;se de ce court article est que la population du
Qu&#233;bec, prise de vertige devant son avenir, a choisi la position du repli
identitaire. Ainsi convient-il de se demander si cette position de repli,
provisoire ou non, favorisera la reprise des projets qu&#233;b&#233;cois. Pacifiques
et sensibles, les Qu&#233;b&#233;cois &#233;tudient-ils leur armure pour la replacer ou la
d&#233;poser enfin ? Pour tenter de comprendre le moment pr&#233;sent, pr&#233;sentons les
grandes lignes de la th&#232;se du repli identitaire qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le recul du fran&#231;ais &#224; Montr&#233;al &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour le marcheur attentif aux sons ou le voyageur rentrant d'un long
s&#233;jour &#224; l'&#233;tranger, le premier signe de repli qu&#233;b&#233;cois se trouve dans
l'affaiblissement du fran&#231;ais &#224; Montr&#233;al. L'anglicisation croissante de
l'&#238;le de Montr&#233;al est, en effet, un ph&#233;nom&#232;ne ind&#233;niable depuis les ann&#233;es
1990. Non seulement le fran&#231;ais a-t-il perdu beaucoup de terrain par
rapport &#224; l'anglais, mais la raison s'en trouve en partie chez les
francophones eux-m&#234;mes qui r&#233;pondent directement en anglais, non pas aux
touristes, mais aux Montr&#233;alais de l'Ouest de l'&#238;le. Cela est si &#233;vident
que les citoyens, trop souvent, loin de s'en formaliser, ne s'en rendent
m&#234;me plus compte. Qui a relev&#233; au demeurant que l'on entend d&#233;sormais
parler la langue de Shakespeare &#224; l'Est de la rue Saint-Denis, ce qui &#233;tait
exceptionnel en 1990 ? Personne. Pourquoi ? Parce que les effets sont
pass&#233;s dans les m&#339;urs, surtout chez les jeunes, et que la mode est &#224;
l'anglais, ce qui vient culpabiliser les personnes qui ne s'expriment pas
tr&#232;s bien dans l'autre langue.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or le recul du fran&#231;ais comme langue de travail t&#233;moigne aussi de ce repli
identitaire. &#192; Montr&#233;al, par exemple, la moiti&#233; des immigrants travaillent
en anglais. Et cela n'est aucunement surprenant puisque 40% d'entre eux,
apr&#232;s leurs &#233;tudes primaires et secondaires, optent pour des &#233;tudes
sup&#233;rieures en anglais. Les allophones, pour leur part, choisissent
l'anglais &#224; 54 %. Outre les consid&#233;rations d'int&#233;gration et de
linguistique, il n'est pas inutile de pr&#233;ciser que l'informatisation et la
standardisation croissantes &#224; l'&#339;uvre dans les institutions, les bureaux et
les usines, la perc&#233;e rapide du vocabulaire n&#233;olib&#233;ral (et les slogans
justifiant une mondialisation de l'&#233;conomie) chez le commun ainsi que
l'absence de budget peuvent expliquer, au moins en partie, les raisons qui
incitent les employeurs &#224; tol&#233;rer, accepter, sinon valoriser le travail en
anglais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le probl&#232;me de l'affichage illustre bien s&#251;r l'ampleur du probl&#232;me. Les
citoyens consommateurs plient rapidement l'&#233;chine et acceptent sans
broncher les affiches r&#233;dig&#233;es en anglais exclusivement, sinon en d'autres
langues que le fran&#231;ais. Partout sur l'&#238;le de Montr&#233;al, mais surtout dans
l'Ouest, le fran&#231;ais est devenu une langue seconde. Si les commerces
n'h&#233;sitent plus &#224; bafouer la loi sur l'affichage, c'est qu'ils savent tr&#232;s
bien que ce genre d'infractions, devenues banales &#224; la longue, n'entra&#238;nera
pas de sanction, ni de pertes &#233;conomiques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quant aux raisons sociales, le probl&#232;me n'est pas qu&#233;b&#233;cois : il est
mondial. De plus en plus d'entreprises, souvent pour des raisons
n&#233;olib&#233;rales, refusent de traduire, pour la communaut&#233; d'accueil, leurs
noms. Si la liste de ces entreprises est trop longue pour &#234;tre donn&#233;e ici,
il faut au moins tenter d'expliquer le ph&#233;nom&#232;ne. On dit que cette
traduction, bien que souhaitable, entra&#238;ne des co&#251;ts et obligent &#224; faire
des efforts ; si tout &#233;tait r&#233;dig&#233; en anglais de deuxi&#232;me secondaire,
disent les compagnies, le commerce irait plus vite&#8230; La cons&#233;quence de ce
genre de raisonnement est simple : la culture, dans une soci&#233;t&#233; de
concurrence mondiale, passe apr&#232;s les consid&#233;rations bassement &#233;conomiques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'ali&#233;nation par le discours dominant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un autre fait tr&#232;s int&#233;ressant, ou assez r&#233;v&#233;lateur, pour comprendre le
repli de l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise est la nouvelle ali&#233;nation par le discours &#224;
la mode. Cette nouvelle ali&#233;nation est produite par l'acceptation du
discours dominant, souvent d'origine anglophone. En effet, on assiste de
plus en plus &#224; des sc&#232;nes troublantes chez les francophones quand ceux-ci,
sans comprendre les lois, insistent pour envoyer leurs enfants &#224; l'&#233;cole
anglaise. La chose est selon nous riche d'enseignement sur le plan
historique et culturel : confront&#233;s au discours mondialisant, de nombreux
Qu&#233;b&#233;cois estiment d&#233;sormais que l'anglais est la langue de l'avenir et que
le fran&#231;ais, pourtant une langue internationale parl&#233;e sur tous les
continents, n'est plus &#224; m&#234;me d'assurer leur libert&#233; et leur destin.
Certains r&#233;sidents du Sud-ouest de l'&#238;le, qui avaient peur de l'Union
sovi&#233;tique et du bloc de l'Est en 1970, insistent pour que leurs enfants
apprennent le mandarin d&#232;s le primaire&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Certes, puisque nous ne sommes pas &#224; une contradiction pr&#232;s et qu'il ne
nous revient pas de relever la pl&#233;iade d'incoh&#233;rences d'un peuple, nous
nous limiterons &#224; rappeller la signification de ce ph&#233;nom&#232;ne. Les peuples
conquis ont, souvent pour des raisons de survie, le r&#233;flexe d'adh&#233;rer au
discours que le dominant leur impose. Minoritaires et menac&#233;s en Am&#233;rique,
de nombreux r&#233;sidents du Qu&#233;bec, loin de se d&#233;nationaliser, s'ali&#232;nent plus
ou moins consciemment en croyant que l'anglais viendra les sauver. Pour qui
sait voir globalement, il n'est pas tant question d'un naufrage ou d'une &#171; d&#233;mission identitaire &#187;, mais d'un repli, d'une mise entre parenth&#232;ses :
dans la sph&#232;re publique, on accepte l'anglais et les valeurs que cette
langue v&#233;hicule et, dans la sph&#232;re priv&#233;e, on parle en fran&#231;ais,
honteusement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La critique simpliste du mod&#232;le qu&#233;b&#233;cois&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans ce contexte nouveau d'ali&#233;nation, il ne sera pas surprenant de voir
une multitude de Qu&#233;b&#233;cois embrasser la critique du mod&#232;le qu&#233;b&#233;cois, un
mod&#232;le qui, reconnaissons-le, a fait passer le Qu&#233;bec de province colonis&#233;e
&#224; un &#201;tat moderne ouvert sur le monde. Si le mod&#232;le les a si bien servis
pendant quarante ans, il n'en demeure pas moins victime de son succ&#232;s :
puisque nous avons des probl&#232;mes, ils doivent tous provenir de ce mod&#232;le
national...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce genre de raisonnement, un raisonnement d'humoriste en fait, fleurit
actuellement au Qu&#233;bec ; &#224; tous les jours un certain nombre de Qu&#233;b&#233;cois,
assez souvent des &#233;ditorialistes t&#233;l&#233;guid&#233;s par le milieu des affaires,
pourfendent les syndicats au profit des patrons, critiquent les
polyvalentes publiques et d&#233;fendent l'&#233;cole priv&#233;e, se moquent de nos
routes et louangent celles de nos voisins imm&#233;diats, s'en prennent &#224; nos
h&#244;pitaux pour vanter les cliniques priv&#233;es des &#201;tats-Unis, etc. C'est que
la mode propre au discours dominant est &#224; la remise en question des id&#233;aux
universalistes de l'&#201;tat-Providence, c'est-&#224;-dire l'appel au cong&#233;diement
de l'&#201;tat et &#224; la promotion de fameux PPP.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ici, soyons encore plus pr&#233;cis si c'est possible : la &#171; convergence &#187; la
plus int&#233;ressante est sans doute la critique des syndicats jumel&#233;e &#224; la
volont&#233; de privatisation des soci&#233;t&#233;s d'&#201;tat (SAQ, Loto-Qu&#233;bec,
Hydro-Qu&#233;bec). La cons&#233;quence la plus f&#226;cheuse de ce r&#233;flexe, qui souhaite
la fin des syndicats et la vente de feu des r&#233;seaux publics, c'est la
volont&#233; de refouler l'histoire du Qu&#233;bec moderne, un Qu&#233;bec qui s'est
construit sur l'&#233;galit&#233;, le partage de la richesse collective et la d&#233;fense
de la d&#233;mocratie. On trouvera derri&#232;re cette convergence le refrain
n&#233;olib&#233;ral emprunt&#233; au mod&#232;le anglo-saxon : plus de libert&#233; individuelle,
plus de libert&#233; d'entreprise, plus de d&#233;r&#232;glementations, donc plus de
profits. Le plus triste dans ce nouveau type d'ali&#233;nation &#233;conomique, c'est
que les Qu&#233;b&#233;cois, plut&#244;t que d'imiter les Su&#233;dois et les autres
Scandinaves en r&#233;novant eux-m&#234;mes leur mod&#232;le &#201;tat-Providentiel, se
soumettent au discours &#233;conomique des autres. Quand l'autre a raison sur
nous, nous connaissons la peur et nous faisons ce qu'il dit, bref : nous
nous replions d&#233;fensivement. En jouant le jeu des autres (qui sont souvent
des adversaires&#8230;), en refusant de relever le d&#233;fi de la cr&#233;ativit&#233;, le
Qu&#233;bec en vient &#224; se replier sur lui-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;dulcoration progressive du &#171; nous &#187; civique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si deux et deux font quatre, il est logique que l'ali&#233;nation croissante et
la critique pour le moins simpliste du mod&#232;le qu&#233;b&#233;cois conduisent les
Qu&#233;b&#233;cois &#224; &#234;tre m&#233;fiants envers eux-m&#234;mes d'abord, envers leurs propres
r&#233;alisations, et &#234;tre m&#233;fiants envers les autres ensuite. D&#232;s lors,
l'interminable &#171; autopsychanalyse sauvage &#187; et souffrante que constitue la
Commission Bouchard-Taylor sur les &#171; accomodements raisonnables &#187; et la
diversit&#233; culturelle s'impose comme le sympt&#244;me d'une jeune soci&#233;t&#233; qui se
cherche, s'inqui&#232;te et se questionne. Or, peu de commentateurs le rel&#232;vent,
mais l'histoire de la provocation sans fin des acommodements peu
raisonnables &#171; voile &#187; le vrai probl&#232;me politique du Qu&#233;bec : construire un
&#171; nous &#187; politique inclusif et ouvert sur le monde.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'int&#233;ressant, ce n'est pas tant la composition postmoderne de ce &#171; nous &#187;, mais ce qu'il peut apporter &#224; des projets concrets de soci&#233;t&#233;. Car le
Qu&#233;bec contemporain, on le voit bien, est constitu&#233; par une pluralit&#233;
d'appartenances. Or ces groupes doivent avoir la langue fran&#231;aise en
partage et d&#233;fendre des valeurs universelles et des int&#233;r&#234;ts communs. La
question du &#171; nous &#187; n'est pas ethnocentriste, elle dit ceci : une soci&#233;t&#233;
est plus que la somme de ses individus, pour reprendre ici les mots de
Rousseau. Une soci&#233;t&#233;, c'est une mosa&#239;que qui, loin de se baser sur
l'individualisme, se tient, tout en partageant une culture &#224; vocation
universelle. Or la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise, au lieu de regarder dehors et de
participer &#224; l'avenir du monde, semble avoir choisi la voie int&#233;rieure,
c'est-&#224;-dire le monologue conservateur plut&#244;t que le dialogue d'avenir, ce
qui illustre &#224; nouveau, s'il le faut, la th&#232;se du repliement identitaire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ici, certains diront sans doute que la jeune soci&#233;t&#233; ne montre pas la
maturit&#233; n&#233;cessaire pour s'affranchir de sa position culpabilisante &#224;
l'&#233;gard de l'autre. Prise au pi&#232;ge, la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise &#233;couterait le
discours des nouveaux venus et chercherait dans le pass&#233; une solution qui
ne s'y trouve pas. Cela n'est pas enti&#232;rement faux. Cependant, ce qu'il
faut retenir, c'est que les attaques contre le &#171; nous &#187; qu&#233;b&#233;cois ne visent
pas &#224; am&#233;liorer la politique qu&#233;b&#233;coise : elles veulent forcer les citoyens
du Qu&#233;bec &#224; accepter le mod&#232;le multiculturel canadien. Si le &#171; nous &#187; est
une force politique, le &#171; je &#187; juridique le d&#233;truit&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Devons-nous rire des fant&#244;mes du pass&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Notre th&#232;se du repli identitaire en arrive ici &#224; ses conclusions. &#192;
l'heure du triomphe de la mondialisation et du non-dit entourant la
diversit&#233; culturelle, certains qu&#233;b&#233;cois reviennent instinctivement en
arri&#232;re. Comment ? Certains reviennent &#224; la religion catholique dans
l'espace public, d'autres se disent eux-m&#234;mes immigrants en terre
qu&#233;b&#233;coise, d'autres enfin veulent remettrent le crucifix dans la cuisine
ou se convertir &#224; d'autres religions.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En v&#233;rit&#233;, n'approfondissant plus leur histoire, plusieurs Qu&#233;b&#233;cois,
surtout les jeunes, ont peur de ce qu'ils sont devenus. D&#233;sabus&#233;s, se
disant lucides, craignant le poids d&#233;mographique et tenant &#224; profiter des
progr&#232;s technologiques d'une modialisation &#224; la mode, nos jeunes h&#233;ritiers
refoulent les acquis de l'&#201;tat moderne et les forces sociales de la
coop&#233;ration. Tout se passe comme si le futur propri&#233;taire de la maison en
crise, refusant sa responsabilit&#233; re&#231;ue, d&#233;sirait devenir le valet de
lui-m&#234;me ! Plut&#244;t que de s'affirmer, les Qu&#233;b&#233;cois paraissent avoir choisi
de r&#233;sister secr&#232;tement, silencieusement, pacifiquement. Las des efforts de
r&#233;novation exig&#233;s par les effets de la R&#233;volution tranquille, on dirait
qu'ils ne veulent plus s'assumer. Refusant de se choisir eux-m&#234;mes, ils
pr&#233;f&#232;rent rire&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Soit dit en passant, la place d&#233;mesur&#233;e que l'humour joue chez nous peut
peut-&#234;tre s'expliquer par l'incapacit&#233; d'un peuple &#224; jouer le r&#244;le
historique qui lui revient. Coinc&#233; entre quelques &#233;checs historiques et de
grandes r&#233;alisations rapides, le peuple conna&#238;t le vertige, il h&#233;site,
tergiverse. Voil&#224; pourquoi la culture qu&#233;b&#233;coise trouve dans l'humour son
expression privil&#233;gi&#233;e. Nous passons au comique et &#224; l'humour, on le sait,
quand nous ne croyons plus avoir les moyens de changer s&#233;rieusement les
choses. V&#233;hicule d&#233;mocratique par excellence de la d&#233;sillusion politique,
l'humour, avec le hockey, s'impose d&#233;sormais comme le lien social, le
ciment des conquis, c'est-&#224;-dire une marque de sa r&#233;signation ou
l'acceptation de ses propres limites.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais l'humour est signe de repli et comme Machiavel l'a montr&#233; d&#232;s le XVe
si&#232;cle, la position du repli peut conduire &#224; la ruine si le peuple s'av&#232;re
incapable de reconqu&#233;rir sa libert&#233;. Honteux et d&#233;pass&#233;s par les &#233;v&#233;nements
r&#233;cents, reconnaissant l'instant du choix entre l'avenir difficile et le
pass&#233; de la r&#233;sistance, beaucoup de Qu&#233;b&#233;cois ont d&#233;cid&#233; de revenir &#224; la
politique de salon. Le vertige correspond &#224; la peur des hauteurs, la peur
de l'avenir. Une image l'illustre assez bien : faute de choisir, nous
revivons lentement les descriptions du Montr&#233;al anglophone des ann&#233;es 1950
qui font l'int&#233;r&#234;t des premiers romans de Michel Tremblay. L'identit&#233;
qu&#233;b&#233;coise, bien que construite sur une histoire territoriale, religieuse
et civique, demeure fragile et sujette &#224; une reconqu&#234;te : elle n'a pas
l'&#226;ge de la fran&#231;aise ni le mythe de l'am&#233;ricaine. Actuellement en crise,
suspendue au-dessus de l'ab&#238;me, elle se replie d&#233;fensivement. Si cela est,
&#233;vitons cependant de juger ou de condamner trop vite les effets d'un repli
identitaire, quel qu'il soit. Si le jugement moral n'est pas notre affaire,
il nous faut rappeler une &#233;vidence : le vertige appara&#238;t lorsque l'avenir
se pointe et qu'il exige de nous un choix. S'ils persistent dans la
position du repli identitaire, les Qu&#233;b&#233;cois redeviendront lentement des &#171; Canadiens fran&#231;ais &#187;. La question suivante se pose ainsi : serait-ce ce
qu'ils d&#233;sirent au plus profond d'eux-m&#234;mes ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dominic DESROCHES&lt;br&gt;
D&#233;partement de philosophie&lt;br&gt;
Coll&#232;ge Ahuntsic&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Charles Taylor, le mariage des cultures</title>
		<link>http://www.vigile.net/Charles-Taylor-le-mariage-des</link>
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		<dc:date>2007-09-04T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Denoncourt - www.tolerance.ca</dc:creator>
		


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		<description>Une nation comme le Qu&#233;bec est fond&#233;e tout autant sur des principes politiques d&#233;mocratiques que sur une certaine histoire de la nation canadienne-fran&#231;aise, consid&#233;r&#233;e par la majorit&#233; des Qu&#233;b&#233;cois comme absolument fondamentale. Le sentiment nationaliste peut effectivement se retourner contre (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le cadre d'une s&#233;rie d'articles sur les grandes personnalit&#233;s qui ont fait avancer la cause de la tol&#233;rance au Canada, Tolerance.ca&#174; pr&#233;sente Charles Taylor, philosophe montr&#233;alais de renomm&#233;e internationale et &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Le-philosophe-quebecois-Charles&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;laur&#233;at en 2007 du prestigieux Templeton&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est consid&#233;r&#233; comme l'un des plus brillants esprits que le Qu&#233;bec et le Canada aient produit. Promu Grand officier de l'Ordre national du Qu&#233;bec, d&#233;tenteur de la M&#233;daille d'or du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada pour l'ensemble de sa carri&#232;re, il a &#233;t&#233; honor&#233; &#224; plusieurs reprises et sa renomm&#233;e d&#233;passe aujourd'hui largement les fronti&#232;res du pays. Certains le situent m&#234;me dans le cercle restreint des dix plus importants philosophes contemporains. Ses champs d'int&#233;r&#234;ts sont vari&#233;s, allant de la philosophie du langage aux questions de l'identit&#233;. Il a donn&#233; des conf&#233;rences dans plusieurs pays et le pr&#233;sident Vaclav Havel l'a consult&#233; lors de l'&#233;clatement de la Tch&#233;coslovaquie, devenue deux pays distincts, la R&#233;publique tch&#232;que et la Slovaquie, dans les ann&#233;es 1990. Toutes ces reconnaissances n'emp&#234;chent pas Charles Taylor d'&#234;tre d'une amabilit&#233; et d'une simplicit&#233; d&#233;sarmantes en entrevue. La marque des grands, reconnaissons-le.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;N&#233; &#224; Montr&#233;al, en 1931, d'une m&#232;re francophone et d'un p&#232;re anglophone, Taylor a v&#233;cu son enfance au confluent des deux grandes cultures, dans le contexte des crises &#233;conomiques et sociales qui ont stigmatis&#233; les ann&#233;es 1930 et 1940.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce hasard le pr&#233;disposait-il &#224; la r&#233;flexion sur la tol&#233;rance et la recherche du compromis ? Le principal int&#233;ress&#233; admet sans ambages que sa fa&#231;on de voir le monde en fut fortement influenc&#233;e. &#171; L'int&#233;r&#234;t que je porte &#224; la philosophie de la langue vient de mon statut de citoyen bilingue. J'ai compris tr&#232;s jeune que les diff&#233;rences de langues conditionnent des visions diff&#233;rentes du monde. Les gens per&#231;oivent le monde d'un autre &#339;il selon la langue qu'ils parlent. Cela m'a ouvert les yeux sur les diff&#233;rences de culture et sur l'importance vitale, dans mon cas, d'une certaine coexistence entre les deux grandes cultures au pays, dit-il en riant. Lorsque les deux groupes se disputent, c'est toujours difficile pour moi, comme pour tous ceux qui sont un peu coinc&#233;s entre les deux et qui ont un int&#233;r&#234;t profond &#224; ce que l'on s'entende. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La voie de la philosophie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s l'obtention d'un baccalaur&#233;at en histoire &#224; l'Universit&#233; McGill en 1952, Taylor, excellent &#233;tudiant, d&#233;croche une prestigieuse bourse Rhodes et s'exile en Angleterre, &#224; l'Universit&#233; d'Oxford plus pr&#233;cis&#233;ment, pour y faire des &#233;tudes de ma&#238;trise en sciences politiques, en philosophie et en &#233;conomie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais c'est la pens&#233;e philosophique qui l'attire tout particuli&#232;rement. Il poursuivra ainsi un doctorat en philosophie &#224; la v&#233;n&#233;rable institution anglaise sous la f&#233;rule du professeur Isaiah Berlin, qui exercera par la suite sur lui une tr&#232;s forte influence. Il compl&#233;tera ses &#233;tudes europ&#233;ennes avec un passage &#224; l'&#201;cole normale sup&#233;rieure de Paris. &#171; Pendant toute la dur&#233;e de mon parcours intellectuel, j'ai tent&#233; de clarifier et de r&#233;concilier en moi cette question du dialogue et de la diff&#233;rence entre les cultures &#187; admet Taylor.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les influences philosophiques furent, outre Berlin, nombreuses sur le chemin de Taylor. Le philosophe allemand du XIXe si&#232;cle, W.G. Hegel, qui a su th&#233;oriser brillamment les changements de culture profonds, occupe une place de choix &#224; ce chapitre. &#171; J'ajouterai les th&#233;oriciens de la langue, Herder et Humboldt, qui ont tous deux con&#231;u la langue comme l'expression et la charpente m&#234;me de la culture. Pour eux, les langues ne sont pas que de simples instruments neutres servant &#224; communiquer ; elles conditionnent des fa&#231;ons de voir le monde. &#187;&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La tol&#233;rance ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; C'est une notion ambigu&#235; tr&#232;s difficile &#224; saisir. Car elle peut &#234;tre entendue dans un sens p&#233;joratif et traduire l'attitude que l'on adopte envers des gens que l'on n'aime pas : nous disons alors qu'''on les tol&#232;re''. Mais je crois qu'il existe une autre mani&#232;re, plus vertueuse de la d&#233;finir, et qui implique que l'on essaie de comprendre l'autre afin de trouver ce qu'il y a d'int&#233;ressant en lui. &#187;&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi, Taylor n'aura de cesse d'approfondir ses r&#233;flexions sur le choc des cultures et leur n&#233;cessaire cohabitation. Une notion centrale, la &#171; reconnaissance &#187;, emprunt&#233;e aux philosophes Rousseau et Hegel (qui en firent un &#233;l&#233;ment d&#233;terminant de la construction de l'identit&#233; des individus), lui servira de socle afin d'&#233;chafauder sa th&#233;orie sur la n&#233;cessit&#233; vitale, pour les cultures, d'&#234;tre reconnues et accept&#233;es pour ce qu'elles sont par les autres, tout comme c'est le cas pour les individus. &#171; Rousseau est le premier &#224; avoir sorti, en quelque sorte, cette th&#233;matique de la reconnaissance du cadre de l'&#233;lite aristocratique pour l'&#233;tendre &#224; tous. Selon lui, la reconnaissance &#233;tait un besoin commun &#224; tout les humains libres et &#233;gaux formant une communaut&#233; politique. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour Guy Laforest, professeur au d&#233;partement de sciences politiques de l'Universit&#233; Laval, qui a sign&#233; la pr&#233;face de son ouvrage Rapprocher les solitudes, et qui a &#233;galement organis&#233;, en France, un colloque intitul&#233; Charles Taylor et l'interpr&#233;tation de l'identit&#233; moderne, le philosophe montr&#233;alais a contribu&#233; de fa&#231;on inestimable &#224; la compr&#233;hension mutuelle des identit&#233;s nationales au Canada. &#171; Taylor fait partie de ces penseurs qui cherchent toujours &#224; comprendre la position de l'autre et &#224; &#233;lucider la leur pour parvenir &#224; une entente. Il a un fort penchant pour la synth&#232;se des dialogues et la r&#233;conciliation. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'ami Trudeau et la tentation politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A son retour d'Europe en 1961, Taylor amorce sa carri&#232;re de professeur &#224; l'Universit&#233; McGill. Il enseignera &#233;galement &#224; l'Universit&#233; de Montr&#233;al de 1963 &#224; 1971. Apr&#232;s un s&#233;jour &#224; Oxford de 1976 &#224; 1981 o&#249; il sera titulaire de la prestigieuse Chaire Chichele de philosophie sociale et politique, il reviendra &#224; McGill pour y enseigner jusqu'en 1993.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si l'institution universitaire l'a toujours passionn&#233;, Taylor se laissera aussi tenter par l'engagement politique au d&#233;but de sa carri&#232;re. &#201;pris de justice sociale et d&#233;sireux de mettre en pratique ses id&#233;aux, il sera, &#224; quatre reprises entre 1962 et 1968, candidat malheureux pour le Nouveau Parti D&#233;mocratique (NPD), lors d'&#233;lections f&#233;d&#233;rales. Il mordra la poussi&#232;re dans la circonscription de Mont-Royal en 1965 face &#224; un de ses bons amis qui avait pourtant d&#233;ploy&#233; tous ses efforts pour le faire &#233;lire lors de l'&#233;lection de 1963 : Pierre E. Trudeau.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jusqu'&#224; un certain point, les deux intellectuels, qui se sont connus dans les ann&#233;es 1950, symbolisent les d&#233;chirements internes qu'a connus le Qu&#233;bec depuis quarante ans. Unis par leurs origines biculturelles et des id&#233;aux de justice sociale, ils eurent cependant toujours des conceptions fort oppos&#233;es du nationalisme et de la place que devrait occuper le Qu&#233;bec dans l'ensemble canadien.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Taylor dit avoir pass&#233; de longues heures &#224; d&#233;battre la question avec l'ex-premier ministre canadien. &#171; On n'a jamais &#233;t&#233; d'accord. Il &#233;tait tr&#232;s hostile au nationalisme. Tandis que, pour moi, il y a des nationalismes sains et d'autres qui le sont moins. Pour cette raison, j'&#233;tais pr&#234;t &#224; envisager une soci&#233;t&#233; plurinationale pour le Canada, o&#249; une nation est embo&#238;t&#233;e dans une autre. Pour Trudeau, tout cela &#233;tait non seulement illogique, mais tr&#232;s dangereux. Il ne voulait absolument pas s'aventurer sur le terrain d'un statut particulier pour le Qu&#233;bec. C'&#233;tait impossible dans sa t&#234;te de faire un compromis l&#224;-dessus. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Taylor rappelle que Trudeau a &#233;t&#233; pour un temps nationaliste qu&#233;b&#233;cois quand il s'est oppos&#233; &#224; la conscription impos&#233;e par le gouvernement f&#233;d&#233;ral dans les ann&#233;es 1940. &#171; Il a senti que cet engagement avait &#233;t&#233; une erreur quand il a voyag&#233; en Europe apr&#232;s la guerre. Il consid&#233;rait qu'il avait adopt&#233; une vision trop &#233;troite. Et, comme c'est souvent le cas, sa r&#233;action contre ses premi&#232;res convictions fut tr&#232;s forte. Il n'a plus jamais &#233;prouv&#233; de sympathie pour le nationalisme qu&#233;b&#233;cois par la suite. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le r&#244;le du nationalisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Taylor continue aujourd'hui de maintenir qu'une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique doit prendre en consid&#233;ration les revendications identitaires l&#233;gitimes des groupes culturels. Certes, les soci&#233;t&#233;s occidentales sont fond&#233;es sur la supr&#233;matie du droit et ne reconnaissent que des citoyens &#233;gaux. Mais on doit &#233;galement tenir compte des contextes socio-historiques particuliers dans lesquels se situent les &#201;tats, plaide-t-il.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; On ne peut pas dire aux Qu&#233;b&#233;cois ou aux Danois d'oublier leur appartenance nationale. Il faut ajuster la politique en fonction de la r&#233;alit&#233;. Une nation comme le Qu&#233;bec est fond&#233;e tout autant sur des principes politiques d&#233;mocratiques que sur une certaine histoire de la nation canadienne-fran&#231;aise, consid&#233;r&#233;e par la majorit&#233; des Qu&#233;b&#233;cois comme absolument fondamentale. Le sentiment nationaliste peut effectivement se retourner contre la d&#233;mocratie parce qu'il peut mener &#224; des tentatives d'affirmation contre les droits des minorit&#233;s. Ce n'est pas une force uniquement pour le bien. Mais un nationalisme sain est in&#233;vitable pour certaines structures politiques. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les cons&#233;quences de la n&#233;gation de tout sentiment nationaliste seraient grandes dans certains cas, estime Taylor, et affecteraient la coh&#233;sion de pays qui pourraient m&#234;me dispara&#238;tre. &#171; Taylor reconna&#238;t la dette substantielle de l'&#234;tre humain face &#224; la communaut&#233; pour ce qui est du fa&#231;onnement de son identit&#233; individuelle. Mais cela ne se traduit pas en politique par une pr&#233;pond&#233;rance de la communaut&#233; sur l'individu, mais plut&#244;t par une cohabitation entre les droits individuels et les droits collectifs, qui prend une coloration particuli&#232;re dans chaque communaut&#233; politique selon les circonstance historiques &#187;, ajoute Laforest.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le pari du &#171; vivre ensemble &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ancien coll&#232;gue de classe de Taylor &#224; l'Universit&#233; McGill, Storrs McCall, rappelle que si son ami est tr&#232;s sensible aux revendications du Qu&#233;bec, il demeure un ardent f&#233;d&#233;raliste. &#171; Il croit que le Qu&#233;bec joue un r&#244;le absolument essentiel au sein du pays, et que, sans lui, le Canada ne pourrait pas r&#233;ellement exister. Le fait qu'il ait un pied dans chacune des cultures lui permet d'avoir une perspective que ni vous ni moi n'avons. C'est ce qui fait qu'il est unique. Sa contribution au dialogue entre les francophones et les anglophones est &#233;norme. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lors du r&#233;f&#233;rendum de 1980, Taylor avait effectivement pris clairement position en faveur du camp du NON. Il se fit par contre beaucoup plus discret en 1995, lors de la deuxi&#232;me campagne r&#233;f&#233;rendaire, continue Laforest. &#171; Il avait dit, apr&#232;s l'&#233;chec de l'Accord du lac Meech, qu'il avait appuy&#233;, que la constitution canadienne &#233;tait moralement morte au Qu&#233;bec. Il reconnaissait de ce fait, en 1995, que la donne &#233;tait plus complexe. Cependant, Taylor pensait que, malgr&#233; ses limites, l'exp&#233;rience canadienne devait se poursuivre. Il a s&#251;rement vot&#233; contre le projet souverainiste. Ce fut un de nos d&#233;saccords, qui n'affecta pas nos rapports pour autant. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Je crois qu'il faut cr&#233;er de nouvelles formes de coexistences plurinationales. Ce serait un &#233;chec pour moi si le Canada, qui a d&#233;j&#224; tellement chemin&#233; dans ce sens, se fracturait. J'ai beaucoup d'amis, au Sri Lanka et dans d'autres pays, qui peinent &#224; trouver des solutions &#224; leurs probl&#232;mes nationaux. Ce serait pour eux une tr&#232;s mauvaise nouvelle si le Canada, un pays riche qui vit en paix depuis plusieurs si&#232;cles, se brisait. Pour cette raison j'ai toujours cru qu'il fallait trouver des moyens de vivre ensemble &#187;, ajoute Taylor.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et le philosophe se dit encourag&#233; par les progr&#232;s observ&#233;s, tant d'un c&#244;t&#233; comme de l'autre, dans le dialogue Qu&#233;bec-Canada. &#171; Au Qu&#233;bec, il y a un sentiment d'acceptation de la diversit&#233; beaucoup plus important qu'il y a dix ou vingt ans. Les gens sont de plus en plus sensibilis&#233;s &#224; cette r&#233;alit&#233; fondamentale de nos soci&#233;t&#233;s. La diversit&#233; est un fait grandissant &#224; cause de la migration internationale, mais aussi du fait que les minorit&#233;s prennent de plus en plus conscience de leurs droits et de leurs diff&#233;rences. On peut esp&#233;rer encore des progr&#232;s dans ce sens, mais il faudrait trouver plus de moyens permettant une expression politique de la diff&#233;rence. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;T&#226;chons &#233;galement de voir au-del&#224; des discours des &#233;lites politiques et des m&#233;dias qui, parfois, jouent un r&#244;le n&#233;faste et contribuent &#224; entretenir le mythe des deux solitudes et du choc de cultures irr&#233;conciliables, encha&#238;ne Taylor. Pas de doute, dans l'esprit de Laforest, qu'on pourra compter sur son ami pour qu'il poursuive, &#224; sa mani&#232;re bien particuli&#232;re, ses efforts afin de rapprocher les groupes culturels. &#171; Le &quot;nous&quot; de Taylor varie selon qu'il parle en fran&#231;ais au Qu&#233;bec ou en anglais ailleurs au Canada. Par exemple il dira &#224; Toronto : &quot;we Canadians&quot; et &#224; Qu&#233;bec : &quot;nous Qu&#233;b&#233;cois&quot;. C'est volontaire et cela fait partie de son processus d'autocompr&#233;hension. Il essaie d'expliquer le Canada anglais aux Qu&#233;b&#233;cois et l'inverse. Cette capacit&#233; &#224; jouer sur ce registre fait de lui un personnage central et indispensable dans l'histoire de la philosophie politique et dans l'histoire intellectuelle au pays. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Intelligent, tol&#233;rant, simple, ouvert &#224; la diff&#233;rence, attentif aux autres, chaleureux&#8230; &#187; McCall et Laforest ne tarissent pas d'&#233;loges envers l'&#233;minent penseur. &#171; Il compte parmi ses amis le Dala&#239; Lama et le Pape ! &#187; lance avec admiration McCall. &#171; C'est aussi une personne charmante et passionn&#233;e qu'il est difficile de ne pas aimer. Lorsqu'il fait la critique d'un penseur ou de toute personne, il essaie toujours de le faire &#224; partir de ce que cet individu a de meilleur. C'est un signe de grande g&#233;n&#233;rosit&#233; &#187;, conclut Laforest.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.tolerance.ca/Article.aspx?ID=95&amp;L=fr&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Mise en ligne : 20.04.04 Mise &#224; jour : 15.03.07 &lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour en savoir plus :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ouvrages de Charles Taylor :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Multiculturalism and the Politics of Recognition&lt;/i&gt;, Princeton University Press, 1992.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Rapprocher les solitudes : &#233;crits sur le nationalisme et le f&#233;d&#233;ralisme au Canada&lt;/i&gt;, Presses de l'Universit&#233; Laval, 1992.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Grandeur et mis&#232;re de la modernit&#233;&lt;/i&gt;, Bellarmin, 1992.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Multiculturalisme : diff&#233;rence et d&#233;mocratie&lt;/i&gt;, Aubier, 1994, (Flammarion, collection Champs, 1997).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les sources du moi : la formation de l'identit&#233; moderne&lt;/i&gt;, Bor&#233;al, 1998.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sur l'&#339;uvre de Charles Taylor :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Philosophy in an Age of Pluralism : The Philosophy of Charles Taylor in Question&lt;/i&gt;, &#233;dit&#233; par James Tully, assist&#233; de Daniel Weinstock, Presses de l'Universit&#233; de Cambridge, 1994.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;* Services des archives, Universit&#233; McGill.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cet article fait partie d'une s&#233;rie de dix articles r&#233;alis&#233;e gr&#226;ce &#224; la contribution financi&#232;re de PATRIMOINE CANADA&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>D&#233;mocraties, identit&#233;s, mondialisation</title>
		<link>http://www.vigile.net/Democraties-identites</link>
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		<dc:date>2007-08-25T15:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Georges Leroux - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>L'inqui&#233;tude relative &#224; l'&#233;volution de la d&#233;mocratie au coeur du processus de la mondialisation semble le trait dominant de cette rentr&#233;e : plusieurs essais se donnent pour t&#226;che de mesurer les nouvelles responsabilit&#233;s des &#201;tats et des individus devant la croissance de pouvoirs qui (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;L'inqui&#233;tude relative &#224; l'&#233;volution de la d&#233;mocratie au coeur du processus de la mondialisation semble le trait dominant de cette rentr&#233;e : plusieurs essais se donnent pour t&#226;che de mesurer les nouvelles responsabilit&#233;s des &#201;tats et des individus devant la croissance de pouvoirs qui leur &#233;chappent. Signalons d'abord un essai (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Democraties-identites"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Les sports spectacle, un ersatz de pratique religieuse ?</title>
		<link>http://www.vigile.net/Les-sports-spectacle-un-ersatz-de</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Pierre Desjardins - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>Plus que jamais, dans les bars, dans les brasseries et sur tous les &#233;crans g&#233;ants du monde, du hockey au baseball en passant par le golf, les sports spectacle se font omnipr&#233;sents. L'engouement pour les &#233;v&#233;nements sportifs t&#233;l&#233;vis&#233;s d&#233;passe actuellement l'ordre rationnel des (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Plus que jamais, dans les bars, dans les brasseries et sur tous les &#233;crans g&#233;ants du monde, du hockey au baseball en passant par le golf, les sports spectacle se font omnipr&#233;sents. L'engouement pour les &#233;v&#233;nements sportifs t&#233;l&#233;vis&#233;s d&#233;passe actuellement l'ordre rationnel des choses. Et, chaque jour, de nouveaux types de sports (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Les-sports-spectacle-un-ersatz-de"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Adam et &#200;ve au mus&#233;e cr&#233;ationniste</title>
		<link>http://www.vigile.net/Adam-et-Eve-au-musee-creationniste</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Adam-et-Eve-au-musee-creationniste</guid>
		<dc:date>2007-06-22T13:49:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Nicolas B&#233;rub&#233; - La Presse </dc:creator>
		


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		<description>Petersburg, Kentucky - Adam et &#200;ve sont nus, plant&#233;s jusqu'&#224; la taille dans un bassin d'eau fra&#238;che. Adam est barbu et muscl&#233;. &#200;ve a les seins pudiquement recouverts de ses longs cheveux marron. Le couple se regarde dans les yeux avec toute l'intensit&#233; dont sont capables deux (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Petersburg, Kentucky - Adam et &#200;ve sont nus, plant&#233;s jusqu'&#224; la taille dans un bassin d'eau fra&#238;che. Adam est barbu et muscl&#233;. &#200;ve a les seins pudiquement recouverts de ses longs cheveux marron. Le couple se regarde dans les yeux avec toute l'intensit&#233; dont sont capables deux poup&#233;es Barbie grandeur nature. La sc&#232;ne est (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Adam-et-Eve-au-musee-creationniste"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>La conversion de Jean-Claude Guillebaud</title>
		<link>http://www.vigile.net/La-conversion-de-Jean-Claude</link>
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		<dc:date>2007-04-28T11:59:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Louis Cornellier - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>Dans les milieux intellectuels et m&#233;diatiques, les chr&#233;tiens n'ont pas tr&#232;s bonne r&#233;putation. Souvent moqu&#233;s et qualifi&#233;s de colporteurs de fables, ils ne font pas, dit-on, s&#233;rieux. R&#233;sultat : ils rasent les murs ou se replient dans un triste conservatisme identitaire et d&#233;fensif. Le (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Dans les milieux intellectuels et m&#233;diatiques, les chr&#233;tiens n'ont pas tr&#232;s bonne r&#233;putation. Souvent moqu&#233;s et qualifi&#233;s de colporteurs de fables, ils ne font pas, dit-on, s&#233;rieux. R&#233;sultat : ils rasent les murs ou se replient dans un triste conservatisme identitaire et d&#233;fensif. Le renomm&#233; journaliste et essayiste fran&#231;ais Jean-Claude (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/La-conversion-de-Jean-Claude"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>La majorit&#233; minoritaire</title>
		<link>http://www.vigile.net/La-majorite-minoritaire</link>
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		<dc:date>2007-03-30T00:42:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Elias Levy - Voir - www.voir.ca</dc:creator>
		


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		<description>Selon l'historien et sociologue G&#233;rard Bouchard, l'ind&#233;pendance nationale est la seule solution pour mettre fin &#224; la crise de l'identit&#233; et de la culture qu&#233;b&#233;coises. Rencontre avec le copr&#233;sident de la Commission de consultation sur les accommodements raisonnables. La (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Selon l'historien et sociologue G&#233;rard Bouchard, l'ind&#233;pendance nationale est la seule solution pour mettre fin &#224; la crise de l'identit&#233; et de la culture qu&#233;b&#233;coises. Rencontre avec le copr&#233;sident de la Commission de consultation sur les accommodements raisonnables. La majorit&#233; des 141 intellectuels que vous avez questionn&#233;s (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/La-majorite-minoritaire"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>State of the nation : It's about consensus and accommodation</title>
		<link>http://www.vigile.net/State-of-the-nation-It-s-about</link>
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		<dc:date>2007-03-29T14:54:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>John Ibbitson - The Globe and Mail </dc:creator>
		


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		<description>CANADA - le &#171; plusss meilleur pays du monde &#187;... Le Qu&#233;bec n'a pas sign&#233; la constitution canadian de 1982 - alors comme consensus-sans-accommodation, qui dit mieux ?... Vigile So, let's take stock. Every country on Earth is challenged by competing nationalisms, cultural conflicts, (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;CANADA - le &#171; plusss meilleur pays du monde &#187;... Le Qu&#233;bec n'a pas sign&#233; la constitution canadian de 1982 - alors comme consensus-sans-accommodation, qui dit mieux ?... Vigile So, let's take stock. Every country on Earth is challenged by competing nationalisms, cultural conflicts, class and ideological struggles. The most (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/State-of-the-nation-It-s-about"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	<item>
		<title>Et nous voil&#224; hypermodernes !</title>
		<link>http://www.vigile.net/Et-nous-voila-hypermodernes</link>
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		<dc:date>2007-03-24T04:08:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Louis Cornellier - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>C'est l'essoufflement de cette derni&#232;re, d'ailleurs, qui marque le monde actuel et incite Charles &#224; le qualifier d'hypermoderne. La postmodernit&#233; et l'hypermodernit&#233;, loin de constituer des ruptures avec la modernit&#233;, incarnent plut&#244;t une modernit&#233; qui se &#171; (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;C'est l'essoufflement de cette derni&#232;re, d'ailleurs, qui marque le monde actuel et incite Charles &#224; le qualifier d'hypermoderne. La postmodernit&#233; et l'hypermodernit&#233;, loin de constituer des ruptures avec la modernit&#233;, incarnent plut&#244;t une modernit&#233; qui se &#171; modernise &#187;, une &#171; modernit&#233; d&#233;pourvue de toute illusion (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Et-nous-voila-hypermodernes"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>La mythologie de la parole par-devant</title>
		<link>http://www.vigile.net/La-mythologie-de-la-parole-par</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/La-mythologie-de-la-parole-par</guid>
		<dc:date>2006-08-28T11:53:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Didier Fessou - Le Soleil</dc:creator>
		


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		<description>D&#233;concertant ! Pour comprendre le contenu de James Joyce, l'Irlande, le Qu&#233;bec, les Mots, il a fallu que je me r&#233;f&#232;re sans cesse au Dictionnaire qu&#233;b&#233;cois fran&#231;ais de Lionel Meney. Je n'ai jamais rencontr&#233; autant de qu&#233;b&#233;cismes dont le sens pr&#233;cis m'&#233;chappait. Un Cocorico (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;D&#233;concertant ! Pour comprendre le contenu de James Joyce, l'Irlande, le Qu&#233;bec, les Mots, il a fallu que je me r&#233;f&#232;re sans cesse au Dictionnaire qu&#233;b&#233;cois fran&#231;ais de Lionel Meney. Je n'ai jamais rencontr&#233; autant de qu&#233;b&#233;cismes dont le sens pr&#233;cis m'&#233;chappait. Un Cocorico moyen de Trifouillis-les-Oies serait incapable de (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/La-mythologie-de-la-parole-par"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	<item>
		<title>Isra&#235;l, l'Occident et le cochon</title>
		<link>http://www.vigile.net/Israel-l-Occident-et-le-cochon</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Israel-l-Occident-et-le-cochon</guid>
		<dc:date>2006-07-28T21:23:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Victor-L&#233;vy Beaulieu - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Je feuillette l'Ancien Testament que j'ai beaucoup fr&#233;quent&#233; quand j'&#233;crivais L'H&#233;ritage parce que Xavier Galarneau, ce fondamentaliste isol&#233; dans Trois-Pistoles, voulait savoir ce qui fait la diff&#233;rence entre le droit et la justice. Or, les Juifs, en tant que seul (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je feuillette l'Ancien Testament que j'ai beaucoup fr&#233;quent&#233; quand j'&#233;crivais &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'H&#233;ritage&lt;/i&gt; &lt;/i&gt; parce que Xavier Galarneau, ce fondamentaliste isol&#233; dans Trois-Pistoles, voulait savoir ce qui fait la diff&#233;rence entre le droit et la justice. Or, les Juifs, en tant que seul peuple &#233;lu de Dieu, ont toujours mis le droit au-dessus de tout et consid&#233;r&#233; la justice comme une corruption affaiblissante de celui-ci. Il n'y a donc jamais eu de justice en royaume de Jud&#233;e et il n'y en a pas davantage, deux mille ans plus tard, en pays d'Isra&#235;l.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Depuis que l'Occident s'adonne aux Chartes des droits et libert&#233;s (qui devraient s'appeler Chartes des justices et libert&#233;s), on comprend toute la g&#234;ne qu'on a &#224; discuter du cas singulier que repr&#233;sente un Isra&#235;l se vouant enti&#232;rement &#224; la d&#233;fense du droit au d&#233;triment de l'id&#233;e m&#234;me de justice. Au nom de son droit &#224; l'existence en tant que seul peuple &#233;lu de Dieu, et tel que c'est racont&#233; dans l'Ancien Testament, les Juifs ont toujours pr&#233;f&#233;r&#233; le bellicisme &#224; la diplomatie, l'&#201;tat guerrier &#224; l'&#201;tat de paix. L'Arche d'alliance, c'est avec leur dieu seul qu'il a rapport, ce qui explique sans doute qu'en toute son existence, le royaume de Jud&#233;e n'a jamais eu comme amie ou comme alli&#233;e une autre nation qu'elle-m&#234;me. Isra&#235;l ne se comporte pas autrement que le royaume de Jud&#233;e : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ce qui n'est pas moi est mon ennemi et je dois le d&#233;truire absolument. Voil&#224; le droit, voil&#224; mon droit.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fond&#233; sur cette pens&#233;e, l'&#201;tat d'Isra&#235;l agit en cons&#233;quence. Il n'agit m&#234;me pas par amour de lui-m&#234;me, mais par haine des autres. Pass&#233; ma&#238;tre dans l'art de jouer &#224; la victime, cet &#201;tat-l&#224; ne jouit vraiment que lorsqu'il est victimaire. Comme il excelle alors ! Et comme tous les moyens lui sont bons pour s'y d&#233;tenir ! L'Ancien Testament est plein de ces batailles pr&#233;ventives contre les suppos&#233;s ennemis de la Jud&#233;e : de l'assassinat s&#233;lectif &#224; la guerre totale, du g&#233;nocide &#224; l'extermination absolue, les armes du droit juda&#239;que ne connaissent pas la mesure, elles permettent m&#234;me l'inceste pour que les m&#232;res juives puissent remplacer impun&#233;ment les soldats qui manquent sur les presque &#233;ternels champs-charniers de bataille.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; relire ainsi l'Ancien Testament, on doit constater que l'&#201;tat d'Isra&#235;l n'est que la continuation, en esprit et en action, du royaume de Jud&#233;e. La seule diff&#233;rence, c'est que l'Occident, par profond et absurde sentiment de culpabilit&#233;, lui a fourni les armes meurtri&#232;res gr&#226;ce auxquelles Isra&#235;l peut maintenant imposer sa notion du droit, celui symbolis&#233; par son Arche d'alliance avec Dieu seul, au d&#233;triment du concept de justice. Que sont donc ces guerres contre la Palestine et le Liban, sinon des guerres d'extermination, sinon des g&#233;nocides odieux qui devraient, nous Occidentaux, nous couleurer du rouge de la honte de la t&#234;te aux pieds parce que ne dire mot, c'est consentir, c'est accepter qu'un &#233;tat totalitaire, d&#233;guis&#233; en d&#233;mocratie, d&#233;nature le droit en se l'appropriant pour lui seul ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Imaginons qu'un &#201;tat musulman agirait comme le fait Isra&#235;l, occuperait des territoires qui ne lui appartiennent pas, &#233;rigerait un mur de la Honte tout autour de lui, bombarderait les populations l'entourant, d&#233;ferait ses gouvernements pourtant &#233;lus d&#233;mocratiquement, s&#232;merait partout la souffrance et la mort. Croyez-vous vraiment que l'Occident le laisserait agir bien longtemps ? On aurait t&#244;t fait d'envahir ce pays-l&#224; musulman pour le forcer &#224; entendre droit et raison.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourquoi n'en fait-on rien avec cet Isra&#235;l belliqueux, haineux et totalitaire, pour ne pas dire plus simplement hitl&#233;rien ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; tous ceux-l&#224; qui, comme moi, cherchent d&#233;sesp&#233;r&#233;ment une r&#233;ponse, je sugg&#232;re de lire ou de relire &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La b&#234;te singuli&#232;re, les juifs, les chr&#233;tiens et le cochon&lt;/i&gt; de Claudine Fabre-Vassas (&#201;ditions Gallimard). Bien qu'on n'y apprendra pas comment mettre fin &#224; un bellicisme aveugl&#233; qui risque de d&#233;truire m&#234;me l'&#201;tat d'Isra&#235;l, on comprendra peut-&#234;tre mieux ce qui fait que nous les Occidentaux soyons aussi pervertis face &#224; ce qui se passe, si cochonn&#233;, au Proche-Orient.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Trois-Pistoles,
&lt;br /&gt;Le 18 juillet 2006&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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