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	<title>Vigile.net - Aquin, Hubert</title>
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	<description>Le portail ind&#233;pendantiste du Qu&#233;bec</description>
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		<title>Vigile.net</title>
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		<title>Hubert Aquin : nationalisme et existence</title>
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		<dc:creator>Simon Couillard - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>En fait, pour Hubert Aquin, la nation se d&#233;finit par son projet et il y a au Canada, non seulement deux groupes culturels-linguistiques, mais deux projets, deux cultures globales. Le nationalisme canadien-fran&#231;ais est l'expression politique d'une culture &#224; propension (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cet article fait suite &#224; un autre portant sur la gen&#232;se du nationalisme chez P.-E. Trudeau : &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Les-intellectuels-quebecois-et-le&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Les intellectuels qu&#233;b&#233;cois et le f&#233;d&#233;ralisme canadien : la tentation platonicienne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; L'universalisme ne doit &#233;voquer en rien les h&#233;g&#233;monies ou les anciens empires, et ne saurait s'&#233;difier sur le cadavre des cultures &#171; nationales &#187; non plus que sur les hommes. &#187; Hubert Aquin, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La fatigue culturelle du Canada Fran&#231;ais.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; L'homme civilis&#233; invente la philosophie du progr&#232;s pour se consoler de son abdication et de sa d&#233;ch&#233;ance &#187;. Charles Baudelaire, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Notes nouvelles sur Edgar Poe.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Plusieurs ont d&#233;j&#224; comment&#233; &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/_Aquin-Hubert_&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La fatigue culturelle du Canada fran&#231;ais&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;1. Aussi, nous n'aurons pas la pr&#233;tention, par ce court &#233;crit, d'en tirer la v&#233;rit&#233; substantielle, mais nous chercherons &#224; d&#233;gager une interpr&#233;tation qui pourrait permettre d'&#233;clairer la r&#233;alit&#233; qui est la n&#244;tre aujourd'hui. La beaut&#233; et la profondeur de cette herm&#233;neutique de la condition qu&#233;b&#233;coise se mesurent au fait qu'une telle d&#233;marche, ind&#233;pendamment de sa qualit&#233; propre, soit du moins possible2. Il s'agira donc de d&#233;montrer, en accord avec la pens&#233;e d'Hubert Aquin, qu'il existe des conditions objectives, sur les plans identitaire et national, qui limitent ou expriment les choix possibles d'une collectivit&#233;, et par extension des individus qui la composent, et d&#233;terminent ainsi la qualit&#233; de leur existence.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comprenons d'abord que &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La fatigue culturelle du Canada fran&#231;ais&lt;/i&gt; est en quelque sorte une r&#233;ponse &#224; la th&#232;se propos&#233;e par Pierre-Elliott Trudeau dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La nouvelle trahison des clercs&lt;/i&gt;. Plus sp&#233;cifiquement, c'est un passage injurieux o&#249; l'ancien premier ministre (il en a fait par la suite une habitude) constate l'indignit&#233; cong&#233;nitale des Canadiens fran&#231;ais qui a motiv&#233; Aquin &#224; &#233;crire son texte magnifique :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; On compte que la naissance de notre &#201;tat-nation lib&#232;rera mille &#233;nergies insoup&#231;onn&#233;es et que, par l&#224;, les Canadiens fran&#231;ais pourront enfin entrer en possession de leur h&#233;ritage. Bref, on croit &#224; une &#233;nergie cr&#233;atrice qui donnerait du g&#233;nie &#224; des gens qui n'en ont pas, et qui apporterait le courage et l'instruction &#224; une nation indolente et ignorante &#187;.3&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La r&#233;ponse d'Hubert Aquin est aussi l'occasion d'un souhait, la possibilit&#233; d'un id&#233;al fond&#233; sur le respect et le dialogue coop&#233;ratif. Pour l'&#233;crivain, la dialectique est l'essence de la libert&#233;, cependant qu'elle se fait dans la bonne volont&#233; et le calme des passions. Or voil&#224; le reproche &#233;l&#233;mentaire que l'auteur exprime au cit&#233;libriste : pour Aquin, Trudeau participe d'une tendance trop commune chez les intellectuels qui est une sorte de nervosit&#233; qui les pousse &#224; l'embrigadement, aux explications h&#226;tives et partielles et ultimement aux narcotiques conceptuels. Comment expliquer ce ph&#233;nom&#232;ne ? Sans tomber dans l'attaque &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ad hominem&lt;/i&gt;, s'impose tout de m&#234;me une d&#233;licate analyse quant aux raisons d'une telle disposition d'esprit, ce que d'autres ont fait avant Aquin4.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le cas qui le concerne, la question est : qu'est-ce qui pousse Trudeau &#224; formuler en quelques courtes pages une th&#233;orie historique simpliste aux implications les plus drastiques ? Cette &#171; causalit&#233; &#224; rabais &#187; qui &#171; minimise l'importance du ph&#233;nom&#232;ne de la guerre &#187;5 r&#233;pondrait de la pr&#233;cipitation devant une situation d'urgence. Pour Trudeau, il s'agit d'un choix binaire entre l'id&#233;ologie progressiste telle qu'il la d&#233;finit et le chaos. Or pour Aquin, on ne badine pas avec de tels sujets, &#171; la condamnation m&#234;me justifi&#233;e de la guerre ne remplacera jamais sa saisie rationnelle par l'esprit humain (&#8230;) &#187;6, il s'agit, id&#233;alement et pour le plus grand bonheur de tous, de faire pr&#233;valoir l'attitude scientifique sur l'attitude de combat : l'homme &#171; (&#8230;) doit &#233;tudier la guerre &#187;7. C'est plus simple en th&#233;orie qu'en pratique. N'avons-nous jamais connu la volupt&#233; atrabilaire, la puissance du sentiment de sup&#233;riorit&#233; morale, la chaleur et les relents acides des foules hypersensibles ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La guerre, de scandale, doit devenir un objet d'&#233;tude. C'est un sujet qui a la particularit&#233; de se profiler, de fa&#231;on performative, dans la mani&#232;re m&#234;me dont on l'aborde, par le dialogue. Un sujet s&#233;rieux donc, et Aquin indique qu'il devient imp&#233;ratif, pour le d&#233;passer, de ne pas user d'intimidations, de ne pas jouer sur les &#233;motions et d'&#233;viter les arguments empress&#233;s &#171; dont la malicit&#233; (sic) interne (&#8230;) sert d'assommoir &#224; la pens&#233;e &#187;8. Pensons par exemple &#224; la mani&#232;re dont certains utilisent aujourd'hui l'accusation de racisme, selon une acception hautement id&#233;ologique, et la rigoureuse efficacit&#233; de ce genre d'assassinat moral. Alors donc, comment penser la guerre ? Pour Aquin, elle est une fonction de l'homme, elle lui est propre au sens o&#249; elle est fond&#233;e dans sa nature sociale, dans les interactions. Le conflit arm&#233; proc&#232;de du dialogue, ce sont deux manifestations du m&#234;me, et le m&#234;me, c'est le ph&#233;nom&#232;ne de s&#233;paration des consciences. Dans les soci&#233;t&#233;s archa&#239;ques, cet &#171; &#233;cart &#187; devient synth&#232;se gr&#226;ce aux rituels h&#233;rit&#233;s, sorte de r&#233;sorption p&#233;riodique de la diff&#233;rence &#224; travers le langage symbolique et magique. Pour les soci&#233;t&#233;s civilis&#233;es, le d&#233;tour est plus long et s'exprime par les luttes collectives des groupes diff&#233;renci&#233;s. D'une mani&#232;re ou d'une autre, et malgr&#233; la dissemblance des moyens, &#171; l'&#171; &#233;cart &#187; engendre la lutte &#187;9, et cette lutte est &#224; la base de toute soci&#233;t&#233; humaine, elle est synonyme de son &#233;volution, au fil des compromis, des synth&#232;ses accomplies au nom d'une plus grande clart&#233;. Aquin ne s'aventure pas sur le terrain vaseux de l'eschatologie &#171; scientifique &#187; et &#233;vite donc de se situer dans la tradition h&#233;g&#233;lio-marxiste, contrairement &#224; Trudeau. On peut comprendre que cette &#233;volution dialectique est circonscrite, naturelle et contingente. Aussi se limite-t-il, sur le plan normatif, &#224; universaliser la qu&#234;te d'universalit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais voil&#224; le probl&#232;me : au Canada fran&#231;ais, on ne discute plus. Le Canada fran&#231;ais et son projet politique et globalement national se trouvent ench&#226;ss&#233;s dans le projet canadian, qui est en m&#234;me temps son concurrent. Le Canada agit au c&#339;ur de la dialectique canadienne-fran&#231;aise et brouille par son action int&#233;ress&#233;e le cours normal de celle-ci. Le r&#233;sultat est une tension improductive et lassante : &#171; les &#201;tats ou les groupes tels qu'ils sont con&#231;us, ne sauraient d&#233;sarmer devant les groupes qui, par un &#233;cart quelconque, les forcent &#224; se d&#233;finir comme des contraires &#187;10. Un groupe ne saurait tol&#233;rer une telle action externe et ali&#233;nante, &#171; l'universel ne doit exister que gr&#226;ce &#224; la participation libre et active de tous les &#233;l&#233;ments particuliers qui auront choisi (nous soulignons) de le cr&#233;er &#187;11. Qu'est-ce qui peut donc pousser un politicien ou un intellectuel &#224; travailler contre le dialogue particulier dans lequel il se trouve inscrit ? En somme, quelles erreurs commet Pierre-Elliott Trudeau dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La nouvelle trahison des clercs&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aquin croit d&#233;tecter une dose d'&#233;motivit&#233; dans l'argumentaire de Trudeau, une &#171; attitude personnelle univoque et tendue &#187; qui le conduit &#224; une &#171; rationalisation abusive &#187;, la sur&#233;valuation d'une co&#239;ncidence entre la guerre et le nationalisme qui se traduit par le lien causal qu'&#233;bauche rapidement Trudeau. Ensuite, il y aurait le refus chez ce dernier de penser la guerre. Trudeau vise en principe la paix mondiale, et ses consid&#233;rations l'am&#232;nent &#224; postuler que le particularisme, qu'il soit national, est un frein &#224; cette paix. Ce refus de se porter attentivement sur le ph&#233;nom&#232;ne de la guerre traduit pour Aquin cette nervosit&#233; d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;e, le jugement p&#233;remptoire sur l'histoire (le mal vient du morcellement, le bien, de la mondialisation) remplace l'&#233;tude, la crispation n&#233;antise tout ce qui ne cadre pas avec l'urgence. Tout doit se faire dans le sens de cette &#171; angoisse philosophique &#187; carburant aux concepts. Et parmi ces concepts consomm&#233;s &#224; la h&#226;te par l'homme aux pirouettes, il y a celui de &#171; nation &#187; qu'il assimile sans nuance &#224; celui d'&#171; ethnie &#187;12.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au Canada fran&#231;ais, il n'est pas question d'ethnie, mais d'un groupe culturel et linguistique, pr&#233;tend Aquin. Il d&#233;fend d'ailleurs sans arri&#232;re-pens&#233;es l'id&#233;e que le Canada fran&#231;ais est un p&#244;le d'int&#233;gration comme d'autres : &#171; Il en ira ainsi des Wolofs, des S&#233;r&#232;res et des Peuls du S&#233;n&#233;gal qui (&#8230;) deviendront un jour des S&#233;n&#233;galais &#187;13. En fait, pour Hubert Aquin, la nation se d&#233;finit par son projet et il y a au Canada, non seulement deux groupes culturels-linguistiques, mais deux projets, deux cultures globales. Le nationalisme canadien-fran&#231;ais est l'expression politique d'une culture &#224; propension totalisante. C'est l' &#171; (&#8230;) expression de la culture des Canadiens fran&#231;ais, en mal d'une plus grande homog&#233;n&#233;it&#233; &#187;14. La culture globale implique une matrice commune &#224; partir de laquelle le politique, comme les arts et la litt&#233;rature, puisse &#234;tre interpr&#233;t&#233;, et d'abord ce socle m&#234;me, cette perspective int&#233;grante qui d&#233;finit symboliquement l'espace social, permet la croissance d'un rameau politique qui cherche &#224; s'&#233;panouir, rameau que l'on coupe &#224; la fin octobre comme une asp&#233;rit&#233; g&#234;nante. Encore, le nationalisme canadien-fran&#231;ais est la manifestation d'une intentionnalit&#233; collective visant &#224; combler un vide et qui trouve &#224; m&#234;me la culture globale emp&#234;ch&#233;e ses justifications transcendantales. Le probl&#232;me est que cet emp&#234;chement est de taille. La branche politique est la plus mena&#231;ante pour l'ordre constitutionnel canadien, c'est pourquoi ce dernier travaille &#224; la s&#233;parer radicalement du reste de l'organisme et qu'ainsi, l'extension du concept de &#171; culture &#187;, ici, se voit circonscrit artificiellement &#224; l'int&#233;rieur des limites impos&#233;es par sa concurrente, plus puissante. Les Canadiens anglais auraient pris acte du potentiel r&#233;volutionnaire de notre aspiration &#224; la politique et ils auraient agi afin de canaliser la culture canadienne-fran&#231;aise pour l'emp&#234;cher d'&#233;voluer selon sa propension naturelle &#224; s'assumer comme ensemble cons&#233;quent, lui d&#233;niant sa compl&#233;tude. Le politique bout&#233; cat&#233;goriquement hors de son domaine, la culture a pris ici une forme ambig&#252;e et, visiblement, s'est pr&#234;t&#233;e &#224; la probl&#233;matique : &#171; Notre situation politique f&#233;d&#233;rale-provinciale nous a conduits &#224; d&#233;politiser le mot culture ou, plus pr&#233;cis&#233;ment, &#224; lui refuser sans h&#233;sitation la signification englobante qu'on lui reconna&#238;t dans la s&#233;mantique contemporaine &#187;15. Cette tension n&#233;cessaire entre l'ent&#233;l&#233;chie culturelle du Canada fran&#231;ais et l'&#233;cologie politique canadienne est sans doute l'une des causes de cette succession de conflits et de compromis strat&#233;giques qui marque les derniers si&#232;cles de notre histoire. Dans l'esprit d'Hubert Aquin, &#171; seule l'abolition de la culture canadienne-fran&#231;aise peut causer l'euphorie fonctionnelle au sein de la Conf&#233;d&#233;ration et permettre &#224; celle-ci de se d&#233;velopper &#171; normalement &#187; comme un pouvoir central au-dessus de dix provinces administratives et non plus de deux cultures globalisantes &#187;16.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La culture canadienne-fran&#231;aise, d&#233;politis&#233;e et inoffensive, subsisterait certes &#224; l'int&#233;rieur du Canada, son histoire et ses coutumes se vidant progressivement de leur sens, un folklore aux c&#244;t&#233;s d'autres, &#224; regarder comme spectateur. Qui pourrait nous bl&#226;mer ? Ce rameau qui s'acharne depuis 250 ans en combats d&#233;sesp&#233;r&#233;s : m&#234;me l'hydre de Lerne &#233;prouverait le spleen. Tant que notre culture minoritaire au Canada ne c&#233;dera pas sa vocation politique, nous demeurerons &#171; (&#8230;) un emp&#234;chement, un boulet de canon, une force d'inertie qui brise continuellement les grands &#233;lans de la majorit&#233; dynamique par ses revendications et sa susceptibilit&#233; (&#8230;) &#187;17. Mais la v&#233;rit&#233; et la justice ne c&#232;dent pas aussi facilement que la volont&#233;, &#171; la culture canadienne-fran&#231;aise, longtemps agonisante, renait souvent, puis agonise de nouveau et vit ainsi une existence faite de sursauts et d'affaissements &#187;18.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#201;crire sur le Qu&#233;bec pour un intellectuel qu&#233;b&#233;cois, c'est retourner dans tous les sens la hantise d'une situation exasp&#233;rante de d&#233;pendance et d'impuissance, o&#249; le supplice n'est pas physique, mais philosophique : c'est voir le rempart d&#233;labr&#233; qui contient avec peine l'absence et la servitude, c'est entendre le rire triomphant du machiav&#233;lien sans patrie. Hubert Aquin a servi son peuple, il repose en paix.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1-	Aquin, H. (1962), &#171; La fatigue culturelle du Canada fran&#231;ais &#187;, tir&#233; de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Blocs erratiques&lt;/i&gt;, Montr&#233;al : Quinze, 1977, 284 pages.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2-	Cf. JACQUES, D. (2008). La fatigue politique du Qu&#233;bec fran&#231;ais. Montr&#233;al : Bor&#233;al, 160 pages.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;3-	TRUDEAU, P.-E. (1967). Le f&#233;d&#233;ralisme et la soci&#233;t&#233; canadienne-fran&#231;aise, Montr&#233;al : &#201;ditions Hurtubise HMH, p. 182.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;4-	Cf ARON, R. (1955). L'opium des intellectuels. Paris : Calmann-L&#233;vy, 337 pages.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;5-	Op. cit. p.72&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;6-	Ibid. p.73&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;7-	Ibid.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;8-	Ibid.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;9-	Ibid. p.75&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;10-	Ibid.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;11-	Ibid, p.76&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;12-	Trudeau cite ainsi Lord Acton : &#171; The nation is here an ideal unit founded on the race (&#8230;) It overrules the rights and wishes of the inhabitants, absorbing their divergent interests in a fictitious unity ; sacrificing their several inclinations and duties to the higher claim of nationality, and crushes all natural rights and all established liberties for the purpose of vindicating itself. &#187; (Cit&#233; in Trudeau, f&#233;d&#233;ralisme et soci&#233;t&#233; canadienne-fran&#231;aise, p.178 (note de bas de page)).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;13-	Op. cit. p.82&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;14-	Ibid.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;15-	Ibid. p.84&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;16-	Ibid. p.87&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;17-	Ibid. p.88&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;18-	P.97&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Sortir de l'impasse : Hubert Guindon et le mouvement national</title>
		<link>http://www.vigile.net/Sortir-de-l-impasse-Hubert-Guindon</link>
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		<dc:creator>Simon Couillard - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Dans une perspective macrosociologique simple, les Qu&#233;b&#233;cois ne d&#233;sirent pas se s&#233;parer du Canada, mais il rejette ce qui est au fondement m&#234;me du Canada r&#233;el, le multiculturalisme. C'est une impasse que le parti lib&#233;ral du Qu&#233;bec tente de rel&#233;guer dans l'oubli &#224; travers une posture (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Les immigrants ne doivent &#234;tre ni bl&#226;m&#233;s ni f&#233;licit&#233;s ni r&#233;compens&#233;s.
Lorsque les chefs du pays souffrent de myopie, on ne peut reprocher &#224; ses
nouveaux citoyens craintifs de ne pas avoir une vue per&#231;ante &#187;1. Cette
phrase a &#233;t&#233; &#233;crite en d&#233;cembre 1980 par un sociologue d'origine
franco-ontarienne, ancien professeur des universit&#233;s d'Ottawa, de Montr&#233;al,
Concordia et bien d'autres &#224; travers le Canada, &lt;a href=&quot;http://www.erudit.org/revue/rs/2003/v44/n1/007188ar.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Hubert Guindon&lt;/a&gt;. Quelques
trente ans plus tard, ce constat a-t-il perdu de son actualit&#233; ? Est-ce que
la situation qui pr&#233;valait &#224; la suite de l'&#233;chec r&#233;f&#233;rendaire de 1980 offre
des parall&#232;les int&#233;ressants pour comprendre l'impasse politique dans
laquelle les Qu&#233;b&#233;cois se trouvent aujourd'hui ? En consultant le texte du
sociologue, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le r&#233;f&#233;rendum ou les le&#231;ons de la d&#233;faite&lt;/i&gt;, paru d'abord sous le
titre &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le R&#233;f&#233;rendum : Une autre d&#233;cennie d'instabilit&#233; politique&lt;/i&gt; dans
l'Action nationale, le lecteur est tent&#233; de r&#233;pondre par l'affirmative dans
un enthousiasme promptement raval&#233; par l'amertume.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_2598 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:131px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://classiques.uqac.ca/contemporains/guindon_hubert/guindon_hubert_photo/guindon_hubert_photo.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_24-guindon-hubert.jpg' width=&quot;131&quot; height=&quot;173&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;	D'abord, tentons de cerner cette impasse que la commission
Bouchard-Taylor, sachons lui reconna&#238;tre ce m&#233;rite, a d&#233;montr&#233;e de fa&#231;on on
ne peut plus explicite. Dans une perspective macrosociologique simple, les
Qu&#233;b&#233;cois ne d&#233;sirent pas se s&#233;parer du Canada, mais il rejette ce qui est
au fondement m&#234;me du Canada r&#233;el, le multiculturalisme. C'est une impasse
que le parti lib&#233;ral du Qu&#233;bec tente de rel&#233;guer dans l'oubli &#224; travers une
posture attentiste et sibylline qui se d&#233;clame de nos jours par une
m&#233;taphore horticole : &#171; le fruit n'est pas m&#251;r &#187;. Guindon &#233;tait d&#233;j&#224;
sceptique devant ce que pouvait &#234;tre le &#171; f&#233;d&#233;ralisme renouvel&#233; &#187;, on peut
imaginer sa perplexit&#233; quand lui ont succ&#233;d&#233; le &#171; f&#233;d&#233;ralisme coop&#233;ratif &#187;
et l' &#171; union conf&#233;d&#233;rale &#187;, et ce qu'il aurait pens&#233; du &#171; f&#233;d&#233;ralisme
asym&#233;trique &#187;, du &#171; f&#233;d&#233;ralisme d'ouverture &#187;, etc. Le cynique crie au
g&#233;nie devant la ruse qui consiste &#224; se m&#233;nager la paix en promettant d'agir
lorsque pousseront les pamplemousses sur les berges de la rivi&#232;re
Outaouais. D'autres souhaitent que la population prenne acte du fait que le
ROC ne renoncera pas au multiculturalisme et au principe d'&#233;galit&#233; des
provinces, qu'elle r&#233;alise ainsi qu'il vaudrait mieux ne pas entretenir de
vains espoirs tout en laissant pourrir la situation. Les d&#233;put&#233;s de
l'Assembl&#233;e Nationale, en majorit&#233;, avant les &#233;lections, &#233;taient de cette
seconde cat&#233;gorie d'individus. Pourtant, rien ne bouge malgr&#233; les sondages
qui grimpent et descendent. Ind&#233;cis les Qu&#233;b&#233;cois ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour Hubert Guindon, qui r&#233;fl&#233;chit sur le contexte politique &#224; l'or&#233;e des
ann&#233;es 1960, &#171; si les chefs de cette &#233;poque avaient choisi comme strat&#233;gie
politique l'obtention d'une bonne cote dans les sondages, il est &#233;vident
que leurs mouvements n'auraient jamais vu le jour &#187;2. Or l'analyse &#171; &#233;conomique &#187; de la politique est omnipr&#233;sente de nos jours, au sein des
partis politiques et parmi les journalistes (il suff&#238;t de lire les journaux
ou de regarder les &#233;missions sp&#233;cialis&#233;es pour s'en convaincre). Selon le
sociologue, c'est la surinstitutionnalisation du &#171; mouvement national &#187; qui
est d'abord responsable de l'impasse constitutionnel, et ce, malgr&#233; le
traitement coupable des m&#233;dias envers la politique. Il remarque que &#171; depuis la fin des ann&#233;es 50, les sondages et les enqu&#234;tes constituent les
techniques fondamentales de la mise en march&#233; dans les soci&#233;t&#233;s de
consommation. Au milieu des ann&#233;es 60, ces techniques sont &#233;galement
devenues le principal instrument du march&#233; politique. Ce qu'elles offrent &#224;
leurs clients, c'est leur capacit&#233; de pr&#233;dire les pr&#233;f&#233;rences des
consommateurs. Flatter ces pr&#233;f&#233;rences, consid&#233;r&#233;es comme des donn&#233;es
d&#233;finitives, devient l'&#233;l&#233;ment central de toute strat&#233;gie &#187;3. &#192; l'inverse
de ce proc&#233;d&#233;, dans le cas de la mobilisation politique, &#171; (&#8230;) il va de soi
que les pr&#233;f&#233;rences des &#171; consommateurs &#187; &#224; un certain moment doivent &#234;tre
modifi&#233;es par l'action politique &#187;4. La mobilisation politique a toujours
&#233;t&#233; le propre du mouvement national au Qu&#233;bec, par exemple, lors des
rebellions de 1837-38, durant la crise &#233;conomique des ann&#233;es 30 avec le
mouvement coop&#233;ratif et le Programme de restauration sociale, durant la
R&#233;volution tranquille et son &#171; Ma&#238;tre chez nous &#187; et aussi lors des deux
tentatives d'ind&#233;pendance. Entre ces r&#233;surgences spectaculaires &#224; la
surface, le mouvement national se trouve canalis&#233; au sein de la politique
institutionnelle qui l'am&#232;ne &#224; terme &#224; ruer dans des brancards rendus trop
&#233;troits, jusqu'&#224; ce qu'il s'en &#233;chappe. Ainsi, dans une situation o&#249; le ou
les partis l&#233;gataires du mouvement national assimilent compl&#232;tement la
logique institutionnelle, les Qu&#233;b&#233;cois se butent &#224; l'impasse.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Parti qu&#233;b&#233;cois, &#224; l'&#233;poque o&#249; Hubert Guindon cogitait sur le
cul-de-sac constitutionnel laiss&#233; par l'&#233;chec r&#233;f&#233;rendaire, aurait trahi
son impulsion initiale par une strat&#233;gie visant &#224; plaire &#224; ses opposants, &#171; le mouvement politique a &#233;t&#233; supplant&#233; par une organisation politique qui
fonctionnait comme le personnel des ventes d'une entreprise commerciale (&#8230;) &#187;5. L'organisation aurait ainsi d&#233;mobilis&#233; ses propres partisans dans une
campagne st&#233;rile de relation publique, accr&#233;ditant l'opinion qui lui
r&#233;sistait. Le Parti qu&#233;b&#233;cois &#171; (&#8230;) aura beau &#234;tre d&#233;mocratique, il sera
soup&#231;onn&#233; d'avoir des tendances fascistes ; il aura beau se prononcer en
faveur de la d&#233;mocratie lib&#233;rale, notamment de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, il sera
soup&#231;onn&#233; de tendances socialistes par les dirigeants d'entreprises &#187;6.
L'opposition a pu s'organiser tranquillement et sans crainte, brouillant
les cartes de sa strat&#233;gie de mise en march&#233;. Cela ne rappelle-t-il pas la
situation au Parti Qu&#233;b&#233;cois depuis 1995 ? N'a-t-on pas compar&#233; Lucien
Bouchard et Jacques Parizeau &#224; Hitler, et les r&#233;cents projets de loi sur
l'identit&#233; et la Constitution, dans les pages &#233;ditoriales d'un quotidien
respect&#233;, aux lois de Nuremberg ? Aussi, ne r&#233;ussit-on pas encore &#224;
confondre les souverainistes &#224; l'aide d'une d&#233;claration, somme toute
v&#233;ridique, vieille de presque 15 ans. Le soup&#231;on et la critique sont
souvent plus corrosifs envers ce parti qui porte, malgr&#233; tout, l'espoir
national. On l'aime ou on le d&#233;teste avec passion, c'est moins &#233;vident pour
le Parti lib&#233;ral.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par ailleurs, le parti du statut quo est beaucoup plus facile &#224; assumer
dans le contexte institutionnel, il est &#224; sa mesure. La politique, con&#231;u de
mani&#232;re &#171; &#233;conomique &#187; et se r&#233;sumant sur le plan strat&#233;gique au marketing
politique, est l'option de l'immobilisme. Le futur, en tant que promesse
d'un pr&#233;sent durable, remplace les consid&#233;rations sur l'avenir. Pour
Guindon, le &#171; f&#233;d&#233;ralisme renouvel&#233; &#187; est une incarnation tangible de cet
immobilisme : &#171; Cette option, comme tous le savent, &#233;tait un outil invent&#233;
par les maisons de sondage afin de quantifier les sentiments de la
population. Son seul d&#233;faut, et il est important, est de n'avoir aucun
contenu politique &#187;7&#8230; le changement s'est tout de m&#234;me impos&#233;, contre
l'inertie et contre le peuple.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aujourd'hui, o&#249; se trouve le mouvement national ? &#201;parpill&#233; entre
diff&#233;rentes factions de la gauche jusqu'&#224; la droite ? Est-il seulement
rep&#233;rable ? Pour Guindon, il doit &#234;tre pens&#233; comme une force historique. Sa
puissance et son unit&#233; r&#233;sident dans cette m&#233;moire qu'a en partage le
peuple qu&#233;b&#233;cois. De la sorte, la devise qu&#233;b&#233;coise, &#171; Je me souviens &#187;,
devient &#233;tonnamment proph&#233;tique : &#171; Elle relie les souvenirs douloureux et
les r&#234;ves irr&#233;alis&#233;s du pass&#233; aux promesses bris&#233;es d'un pr&#233;sent incertain ;
elle est aussi un lien secret entre des gens qui seraient autrement des
rivaux acharn&#233;s ; elle exprime la solidarit&#233; silencieuse d'un peuple et
transcende les conflits n&#233;s des politiques partisanes courantes. Elle
proclame la continuit&#233; qui relie pour toujours le futur au pass&#233; &#187;8. Cette
m&#233;moire, donc, ne nous appartient pas en propre, individuellement, mais
elle est n&#233;anmoins proprement humaine en tant que lien fondant la
solidarit&#233;. Elle m&#233;diatise la politique. Elle relie le temps en ces trois
dimensions constitutives : le pass&#233;, le pr&#233;sent et le futur. Ainsi, les
questions de l'h&#233;ritage, de la justice et de l'avenir (comme promesse
foudroyant les consid&#233;rations ontologiques et le nihilisme) peuvent
acqu&#233;rir un sens.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De ces &#171; souvenirs douloureux &#187; qui peuplent notre m&#233;moire, on en
d&#233;compte de nouveaux depuis le temps : le rapatriement de la Constitution
de 1982, l'&#233;chec de l'Accord du lac Meech, l'&#233;chec de l'Accord de
Charlottetown, l'&#233;chec r&#233;f&#233;rendaire, l'entente de Calgary, la loi sur la
clart&#233;, les fausses promesses conservatrices de 2006, les quelques 200
amendements touchant la loi 101, etc. R&#233;agir devient difficile tant
l'impasse est grande, la fatigue succ&#232;de aux &#233;checs &#224; un point o&#249; nos
&#233;lites (tel &#201;tienne Parent d&#233;fendant l'assimilation) se tournent en grand
nombre vers le pluralisme et le multiculturalisme. Les directions
&#233;ditoriales des deux plus importants quotidiens qu&#233;b&#233;cois, en termes de
lectorat, y sont favorables. Une partie du gratin intellectuel aussi, comme
en t&#233;moigne certaines r&#233;actions suite au d&#233;p&#244;t du rapport de la commission
Bouchard-Taylor. Pourtant, cette volont&#233; d'adh&#233;sion au Canada
multiculturel, en tant que cons&#233;cration du statut quo, est contraire &#224;
cette force qui a su, historiquement, d&#233;plac&#233; les montagnes malgr&#233;
l'adversit&#233; et malgr&#233; les &#233;checs r&#233;p&#233;t&#233;s. Il semble ainsi de plus en plus
manifeste que le &#171; non &#187; &#224; la souverainet&#233;, contrairement &#224; ce qu'on
pouvait encore pr&#233;tendre en mai 1980, ne puisse pas continuer de se
r&#233;clamer qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour Guindon, ce que propose le rapport Bouchard-Taylor serait sans
conteste de devenir &#171; membres de la minorit&#233; dans les cadres de la majorit&#233; &#187; c'est-&#224;-dire &#171; (&#8230;) bien socialis&#233;s ou efficacement neutralis&#233;s &#187; sous la
tutelle intellectuelle de la bonne pens&#233;e canadienne, prolongeant ainsi la
volont&#233; assimilatrice de la majorit&#233; &#224; notre &#233;gard : &#171; L'&#201;tat canadien est
n&#233; &#224; peine une d&#233;cennie avant que les pays europ&#233;ens occidentaux
n'entreprennent leur ru&#233;e imp&#233;rialiste aux quatre coins du globe. Au
Canada, l'imp&#233;rialisme a pris la forme d'une subordination voulue des
Fran&#231;ais dans leur propre patrie. En 1980, il y participe toujours et
demeure bien d&#233;termin&#233; &#224; laisser les choses comme elles sont &#187;9. La
dynamique canadienne travaille contre la sp&#233;cificit&#233; nationale du Qu&#233;bec.
Toutes ces consid&#233;rations ne sont pas sans rappeler, par ailleurs, ce que
disait Albert Memmi au sujet de la d&#233;shumanisation du colonis&#233; : &#171; Ce
qu'est v&#233;ritablement le colonis&#233; importe peu au colonisateur. Loin de
vouloir saisir le colonis&#233; dans sa r&#233;alit&#233;, il est pr&#233;occup&#233; de lui faire
subir cette indispensable transformation. Et le m&#233;canisme de ce rapetissage
du colonis&#233; est lui-m&#234;me &#233;clairant. Il consiste d'abord en une s&#233;rie de
n&#233;gations. Le colonis&#233; n'est pas cela. Jamais il n'est consid&#233;r&#233;
positivement ; o&#249; s'il l'est, la qualit&#233; conc&#233;d&#233;e rel&#232;ve d'un manque
psychologique ou &#233;thique &#187;10. Ce qui sera d&#233;terminant pour l'avenir, dans
cette optique, c'est le choix que fera le peuple qu&#233;b&#233;cois entre se
mobiliser et accomplir sa t&#226;che ou abdiquer sa m&#233;moire. Ce choix, on nous
l'a d&#233;tourn&#233; assez longtemps et c'est ce qui poussait Hubert Guindon &#224;
d&#233;clarer : &#171; (&#8230;) je refuse de croire que le castor soit le symbole du
Canada ; ce doit &#234;tre l'autruche plut&#244;t &#187;11.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; En vertu de la maxime : &#171; Mieux vaut &#234;tre un chien vivant qu'un lion
mort &#187;, fondement philosophique du r&#233;alisme politique, on descend au rang
des chiens, qui est pr&#233;cis&#233;ment le n&#244;tre aujourd'hui ; et l'on se console
en songeant que si les chiens portent un collier et re&#231;oivent des coups de
pieds dans les c&#244;tes, ils sont du moins nourris, et parfois caress&#233;s. Mais
c'est une duperie, car les lions ne meurent pas tous. &#187; - Jean Dutourd&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Nous reviendrons, nous aurons &#224; dos le pass&#233;, et &#224; force d'avoir pris en
haine toutes les servitudes, nous serons devenus des b&#234;tes f&#233;roces de
l'espoir &#187; - Gaston Miron&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Citations&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1-	GUINDON, Hubert, Tradition, modernit&#233; et aspirations nationales du
Qu&#233;bec, Montr&#233;al, &#201;ditions Saint-Martin, 1990, p.168&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2-	Ibid, p.159&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;3-	Ibid, p.158&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;4-	Ibid&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;5-	Ibid, p.160&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;6-	Ibid, p.159-160&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;7-	Ibid, p.166&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;8-	Ibid, p.214&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;9-	Ibid, p.167&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;10- MEMMI, Albert, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Portrait du colonis&#233;&lt;/i&gt;, pr&#233;c&#233;d&#233; de : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Portrait du
colonisateur&lt;/i&gt;, Paris, &#201;ditions Gallimard, collection Folio, 2002, p.103&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;11-	Op. cit, p.168&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Simon Couillard&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Les espions canadiens </title>
		<link>http://www.vigile.net/Les-espions-canadiens</link>
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		<dc:date>2008-11-22T14:46:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Dominic Desroches - Collaboration sp&#233;ciale</dc:creator>
		


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		<description>Maintenant que nous savons les possibilit&#233;s qu'offre l'espionnage et que nous savons &#233;galement ce qu'est un agent double, lequel peut collaborer, comploter ou agir par lui-m&#234;me afin d'assurer le succ&#232;s de sa mission, il ne reste plus qu'&#224; nous demander &#8211; nous (...)</description>

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		<title>Prochain &#233;pisode, d'Hubert Aquin</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Jean &#201;thier-Blais - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>La R&#233;volution tranquille correspond aussi &#224; un formidable essor culturel auquel contribuent de nouveaux talents, parmi lesquels Hubert Aquin. M. Hubert Aquin appartient &#224; une nouvelle g&#233;n&#233;ration de Canadiens fran&#231;ais. Ils ont fait leurs &#233;tudes &#224; Paris apr&#232;s la guerre, se sont perdus dans cette (...)</description>

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	<item>
		<title>Oublier Hubert Aquin ?</title>
		<link>http://www.vigile.net/Oublier-Hubert-Aquin,12943</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Lamberto Tassinari - Le Devoir (opinions)</dc:creator>
		


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		<description>Au Qu&#233;bec, il suffirait de citer certains passages de l'oeuvre d'Hubert Aquin pour &#233;clairer encore de fa&#231;on aigu&#235; et pertinente notre actualit&#233; sociale et politique. Et pourtant, &#224; vingt ans de son suicide, ni le milieu intellectuel ni les m&#233;dias n'ont senti, &#224; pr&#233;sent, la (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Au Qu&#233;bec, il suffirait de citer certains passages de l'oeuvre d'Hubert Aquin pour &#233;clairer encore de fa&#231;on aigu&#235; et pertinente notre actualit&#233; sociale et politique. Et pourtant, &#224; vingt ans de son suicide, ni le milieu intellectuel ni les m&#233;dias n'ont senti, &#224; pr&#233;sent, la n&#233;cessit&#233; de comm&#233;morer cet anniversaire. Une telle (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Oublier-Hubert-Aquin,12943"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	<item>
		<title>La fatigue culturelle du Canada fran&#231;ais </title>
		<link>http://www.vigile.net/La-fatigue-culturelle-du-Canada</link>
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		<dc:creator>Hubert Aquin - Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Il n'est pas besoin d'&#234;tre proph&#232;te pour affirmer que si la culture canadienne-fran&#231;aise existe, elle aura toujours tendance &#224; corriger les limites et les &#171; sp&#233;cialisations &#187; dans lesquelles elle se trouve &#171; encapsul&#233;e &#187; pour se manifester globalement. Cette culture, &#233;prise de (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/IMG/arton11760.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;365&quot; height=&quot;146&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Hubert Aquin, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Blocs erratiques&lt;/i&gt;, 1962, pp 69-103.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Il faut des nations pleinement conscientes pour une terre totale. &#187; (1) &lt;br&gt;&#8212; Teilhard de Chardin&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1587 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:123px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.edtypo.com/pagecat.asp?annee=2004&amp;codecat=cg&amp;no=16&amp;saison=20_ans_de_TYPO&amp;page=15&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_12-blocs-erratiques.jpg' width=&quot;123&quot; height=&quot;206&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Un relativisme qui ne s'avoue pas lui-m&#234;me impr&#232;gne l'esprit de tous nos &#171; penseurs &#187;, si bien que, sauf une minorit&#233; prudente qui r&#233;ussit &#224; garder une position d&#233;gag&#233;e ou neutre, chaque homme qui veut comprendre le probl&#232;me canadien-fran&#231;ais subit une vivisection mentale par laquelle on essaie de voir de quel c&#244;t&#233;, au fond, il se range. Aussit&#244;t qu'on a op&#233;r&#233; la coupe savante des cerveaux, on conteste aux penseurs tout pouvoir de connaissance parce que, d&#233;sormais et une fois pour toutes, on conna&#238;t leurs conditionnements. Nos hommes de science eux-m&#234;mes ont encourag&#233; ce relativisme qui, in&#233;vitablement, se retourne contre leur propre entreprise ; ainsi, inutile de pr&#234;ter attention &#224; ce que dit un Michel Brunet, historien de l'&#233;cole &#171; nationaliste &#187; ou bien, selon une optique divergente, &#224; un Jean-Charles Falardeau, sociologue de l'&#233;cole dite &#171; du p&#232;re L&#233;vesque &#187;, et conf&#233;d&#233;raliste avou&#233;. Les &#233;tiquettes, pour &#234;tre parfois moins grossi&#232;res ou plus rationalis&#233;es, sont exclusives, et je connais fort peu de journalistes ou d'universitaires qui ne soient pas ainsi brutalement r&#233;f&#233;r&#233;s &#224; leur groupe id&#233;ologique d&#233;terminant et imperm&#233;able. La pens&#233;e se trouve du coup tax&#233;e d'un coefficient de repr&#233;sentativit&#233; qui fait que, r&#233;duite &#224; une tendance ou &#224; une &#233;cole, elle se trouve d&#233;poss&#233;d&#233;e de toute efficacit&#233; dialectique. Un dialogue de sourds s'est ainsi &#233;tabli au Canada fran&#231;ais entre des penseurs qui, en r&#233;duisant leurs interlocuteurs &#224; des produits conditionn&#233;s, nous enl&#232;vent du m&#234;me coup tout espoir en ce qui concerne leur propre puissance d'intellection.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bien que je refuse, pour ma part, qu'un penseur puisse parler dogmatiquement du r&#233;el comme s'il d&#233;tenait, pour le d&#233;crire, un point de vue privil&#233;gi&#233; et totalement objectif, je ne veux pas entrer, d'autre part, dans cette petite guerre des tendances id&#233;ologiques et accuser les autres de repr&#233;senter un fragment du r&#233;el alors qu'ils tentent de me le faire comprendre dans son entier. La partie serait trop facile. Et aussi, je conf&#232;re &#224; l'acte de penser un certain pouvoir d'&#233;lucidation que nul conditionnement ne peut r&#233;sumer. En d'autres termes, la vraie dialectique est dialogue et non pas parall&#233;lisme de deux monologues. Il est encore possible de penser, et cet acte si important, m&#234;me s'il est accompli par un &#171; adversaire &#187; social ou politique, ne doit pas &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un cantique accessible aux seuls adeptes de la religion de celui qui le chante. L'adversaire peut d&#233;couvrir autant de v&#233;rit&#233; et peut comprendre autant de r&#233;el que celui qui est de &#171; mon &#187; c&#244;t&#233; ou de &#171; ma &#187; tendance.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est dans cette dialectique entre des tendances-situations qu'il importe de d&#233;finir ces situations, et non en dehors d'elle ou au-dessus. La lutte dialectique est g&#233;n&#233;ratrice de lucidit&#233; et de logique, mais, chose certaine, elle ne saurait toutefois descendre au niveau de l'opposition entre deux partis politiques qui, comme on le sait, se situent d'eux-m&#234;mes en dehors de toute entreprise de compr&#233;hension. La partisanerie politique est un mode d'action, non un mode de penser ; au mieux, les partis se veulent &#171; id&#233;ologieux &#187;, c'est-&#224;-dire embrigad&#233;s dans un syst&#232;me pr&#233;-con&#231;u de la soci&#233;t&#233; et dont l'absence de failles serait de nature &#224; nous renseigner sur sa pr&#233;carit&#233; ou son id&#233;alisme.
Si je prends ces pr&#233;cautions, c'est que je tiens &#224; marquer clairement que l'&#233;tude que j'entreprends, &#224; partir d'un article de Pierre Elliott Trudeau sur &#171; La nouvelle trahison des clercs &#187;(2), n'est ni exempte de motivations, ni d'autre part une tentative sournoise de prouver que la pens&#233;e de Trudeau n'est que le reflet plus ou moins brillant d'une tendance diff&#233;rente de celle qui me d&#233;finirait ! Son article t&#233;moigne d'un effort pr&#233;cis de raisonnement qu'il me d&#233;plairait de voir assimil&#233; &#224; un &#171; r&#233;flexe conditionn&#233; &#187; de partisan ou d'anti-s&#233;paratiste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le nationalisme et la guerre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette pens&#233;e tranchante m'est d'abord apparue comme un &#233;difice logique assez coh&#233;rent, bien articul&#233; et d'un style vigoureux. Et puisque Pierre Elliott Trudeau situe sa recherche sur le plan de la raison, c'est &#224; ce niveau m&#234;me que je m'efforcerai de dialoguer avec lui.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le nationalisme, je le reconnais avec lui, a souvent &#233;t&#233; une chose d&#233;testable, sinon m&#234;me innommable : les crimes commis en son nom sont peut-&#234;tre pires que ceux, fort c&#233;l&#232;bres, qu'on a commis au nom de la libert&#233;. Les guerres ont ponctu&#233;, au si&#232;cle dernier, l'&#233;veil des nationalit&#233;s et ont souill&#233; gravement toutes les formes possibles du nationalisme et tous les syst&#232;mes de pens&#233;e qui s'en r&#233;clament, &#171; ...cette id&#233;e a &#233;t&#233; cause de ce que les guerres soient devenues de plus en plus totales depuis deux si&#232;cles : c'est donc cette id&#233;e que je combats ici ... Les guerres inter-nationales ne prendront fin que dans le fondement de l'&#201;tat. Quant aux guerres inter-&#201;tatiques, elles ne cesseront que si les &#201;tats renoncent &#224; cet attribut dont l'essence m&#234;me les rend exclusifs et intol&#233;rants : la souverainet&#233; &#187;. (3)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le lien &#233;tabli entre les guerres et le nationalisme (&#171; l'id&#233;e de Nation-&#201;tat &#187;) ne semble pas tr&#232;s s&#251;r. (4) La convergence de ces deux faits, m&#234;me r&#233;p&#233;t&#233;e &#224; plusieurs exemplaires, ne fonde pas pour autant un lien de causalit&#233; r&#233;elle. La r&#233;surgence des guerres pose un probl&#232;me philosophique qu'il serait trop facile de circonscrire dans sa co&#239;ncidence avec les vagues de nationalisme ou les irruptions d' &#171; &#233;tatisme &#187; religieux ou id&#233;ologique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La guerre est l'extension collective, sinon mondiale, de la notion de conflit ; et je suis pr&#232;s de croire que si on &#233;tudiait scientifiquement la guerre (ce qui semble aussi urgent que de vouloir la paix), on y trouverait peut-&#234;tre des fondements d'explications qui concernent le ph&#233;nom&#232;ne humain global. Jusqu'&#224; maintenant les penseurs ont pris parti contre la guerre ou bien ont imagin&#233; des plans de paix (l'abb&#233; de Saint-Pierre en 1713, J&#233;r&#233;mie Bentham en 1789), mais, chose curieuse, peu d'entre eux ont appliqu&#233; leur esprit &#224; &#233;lucider le ph&#233;nom&#232;ne de la guerre. Une sorte de refoulement social ou individuel pousse l'homme de science &#224; se voiler la face devant la guerre. Il a fallu des si&#232;cles et un homme lucide pour isoler la terre du cosmos, et quelques si&#232;cles encore avant qu'un certain docteur viennois fasse du subconscient, irrigu&#233; par le sexe, un objet d'&#233;tude ; de la m&#234;me fa&#231;on, la guerre provoque encore des prises de position, des &#233;motions, des embrigadements chez les hommes de science, mais fort peu de lucidit&#233;. Si bien que ce ph&#233;nom&#232;ne, un des plus d&#233;vastateurs dans l'histoire de l'homme (5), se trouve pour ainsi dire &#224; la merci de toutes les explications h&#226;tives et partielles : les guerres sont caus&#233;es par Dieu, les Juifs, les conflits &#233;conomiques, les assassinats de princes, les familles royales, les fabricants de canons, les nationalismes, etc., selon le but id&#233;ologique que se propose celui qui utilise la guerre comme argument. Ainsi, dans l'article de Trudeau, la guerre est invoqu&#233;e comme une cons&#233;quence du nationalisme, sans, pour autant, que l'auteur explicite la corr&#233;lation qui existe entre ce micro-ph&#233;nom&#232;ne (l'&#233;mergence des Nations-&#201;tats) et son gigantesque corollaire, la guerre, qui a ensanglant&#233; l'humanit&#233; depuis ses d&#233;buts. Si la pens&#233;e doit d&#233;passer les apparences et chercher, sous des co&#239;ncidences incontestables mais peut-&#234;tre &#233;v&#233;nementielles, un r&#233;seau profond et exhaustif d'explications, il ne faut pas se servir d'une causalit&#233; &#224; rabais. Le lien causal &#233;tabli entre les guerres et les nationalismes est l&#233;ger et minimise l'importance du ph&#233;nom&#232;ne de la guerre. Comment donc de si petites crises historiques pourraient-elles engendrer un ph&#233;nom&#232;ne terrible et myst&#233;rieux qui s'est manifest&#233; &#224; l'homme bien avant les nations et qui d&#233;passe, par son extension m&#234;me, les supernations modernes ? (6)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La condamnation m&#234;me justifi&#233;e de la guerre ne remplacera jamais sa saisie rationnelle par l'esprit humain ; il en a &#233;t&#233; ainsi du sexe pendant longtemps... La guerre, &#233;v&#233;nement d&#233;cri&#233;, destructeur, dangereux, n'a provoqu&#233; que des attitudes de combat (refus, volont&#233; de paix, condamnation), mais fort peu d'attitudes scientifiques. La guerre totale pose un probl&#232;me philosophique &#224; l'homme, et ce dernier, pr&#233;occup&#233; jadis par une &#171; totalit&#233; &#187; jamais remise en question, doit aujourd'hui &#233;tudier la guerre comme il cherche &#224; comprendre la mort et, pour cela sans doute, cesser de voir en la guerre un mal pur et indiff&#233;renci&#233;. Objet de scandale et de conf&#233;rences de paix, la guerre doit passer au champ d'&#233;tude de l'homme et ne plus servir d'argument rapide dont la malicit&#233; interne et trop contest&#233;e sert d'assommoir &#224; la pens&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le &#171; subconscient &#187; de la paix&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La guerre est le myst&#232;re philosophique &#224; &#233;lucider. Li&#233;e intimement &#224; la sp&#233;cificit&#233; de l'homme, la guerre en constitue une des fonctions, et cela devrait, dans l'esprit des penseurs, r&#233;habiliter cette fonction &#171; honteuse &#187; entre toutes mais qui, si elle est consid&#233;r&#233;e comme fonction, se trouverait du coup nantie de tous les attributs contradictoires et ambivalents des fonctions humaines. Il serait, en tout cas, difficile de penser &#224; la paix sans reconna&#238;tre l'importance de son &#171; subconscient &#187; t&#233;n&#233;breux.
Qui sait si nos historiens de demain n'engloberont pas dans la notion de guerre les conf&#233;rences sur le d&#233;sarmement comme celle de Gen&#232;ve par exemple ? Car, de toute &#233;vidence, cette conf&#233;rence exprime un conflit dont l'objet est la cessation de tout conflit arm&#233;. Elle est, en quelque sorte, une variante de la guerre qui, int&#233;gr&#233;e &#224; la collection de toutes les autres variantes dont l'histoire regorge, peut aider &#224; nous faire comprendre la guerre comme un ph&#233;nom&#232;ne g&#233;n&#233;ral li&#233; &#224; la communication entre deux groupes quelle que soit la dimension de ceux-ci. Si tel &#233;tait le cas, et puisque la diplomatie de Gen&#232;ve ou les affrontements verbaux &#224; l'O.N.U. d&#233;finiraient la guerre avec autant de n&#233;cessit&#233; que les batailles militaires, il faudrait en arriver &#224; ne plus concevoir la guerre univoquement comme une catastrophe mais comme un affrontement qui, dans ses d&#233;riv&#233;s les plus apais&#233;s, se r&#233;duirait peut-&#234;tre au dialogue. (7) Les soci&#233;t&#233;s dites &#171; primitives &#187;, &#233;prises d'unanimit&#233;, exorcisaient les dissensions par un rituel d'affrontement et de combat r&#233;glement&#233; (&#171; Autrement dit, pas de minorit&#233; &#187;, &#233;crit Claude L&#233;vi-Strauss ; et j'esp&#232;re qu'on ne m'accusera pas ici de solliciter sa pens&#233;e !). &#171; En gros, ces soci&#233;t&#233;s sont &#233;galitaires, de type m&#233;canique, r&#233;gies par la r&#232;gle d'unanimit&#233; ... Au contraire, les civilis&#233;s fabriquent beaucoup d'ordre, mais ils fabriquent aussi beaucoup d'entropie : conflits sociaux, luttes politiques, toutes choses contre lesquelles nous avons vu que les primitifs se pr&#233;munissent ... Le grand probl&#232;me de la civilisation a donc &#233;t&#233; de maintenir un &#233;cart ... Elles utilisent pour leur fonctionnement une diff&#233;rence de potentiel, laquelle se trouve r&#233;alis&#233;e par diff&#233;rentes formes de hi&#233;rarchie sociale ... Nous avons vu cet &#233;cart s'&#233;tablir avec l'esclavage, puis avec le servage, ensuite par la formation d'un prol&#233;tariat. Mais, comme la lutte ouvri&#232;re tend, dans une certaine mesure, &#224; &#233;galiser le niveau, notre soci&#233;t&#233; a d&#251; partir &#224; la d&#233;couverte de nouveaux &#233;carts diff&#233;rentiels, avec le colonialisme, avec les politiques dites imp&#233;rialistes, c'est-&#224;-dire chercher constamment au sein m&#234;me de la soci&#233;t&#233;, ou par l'assujettissement de peuples conquis, &#224; r&#233;aliser un &#233;cart entre un groupe dominant et un groupe domin&#233; : mais cet &#233;cart est toujours provisoire ... &#187;. (8)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Selon cette vision, les &#171; &#233;cart &#187; individuels vite r&#233;sorb&#233;s par un rituel dans une soci&#233;t&#233; primitive, le sont, au niveau des grandes soci&#233;t&#233;s modernes, par des luttes collectives et, de plus en plus, au prix de vies humaines. Ces &#233;carts entre classes, &#233;tats ou groupes d'&#233;tats ou cultures sont les germes de toutes les luttes futures quelles que soient les formes, militaires ou parlementaires ou id&#233;ologiques, que prendront ces luttes. L' &#171; &#233;cart &#187; engendre la lutte ; il fonde ainsi, par sa m&#233;tamorphose prot&#233;enne ind&#233;finie et toujours nouvelle, la dialectique, en recr&#233;ant ind&#233;finiment les deux termes &#233;loign&#233;s (&#233;cart&#233;s) qui tendront logiquement &#224; s'&#233;galiser. Cette in&#233;galit&#233; basique de toute civilisation ne peut &#234;tre &#233;limin&#233;e que par le transfert de l'in&#233;galit&#233; sur un troisi&#232;me terme : la nature. Somme toute, la puissance ne serait plus fonction de la moindre puissance d'un autre groupe humain, mais partag&#233;e avec lui en tant que fonction comme puissance sur l'inertie, ce qui revient &#224; dire que le probl&#232;me du d&#233;sarmement ne peut se concevoir en dehors d'une r&#233;volution totale de toutes les soci&#233;t&#233;s qui, ayant purg&#233; puis d&#233;pass&#233; leur tension contre le terme sup&#233;rieur d'opposition, &#233;galis&#233;es donc en quelque sorte et sur tous les plans, pourraient commencer &#224; se d&#233;finir en fonction d'un nouveau terme dialectique : la nature, ou le cosmos. Les &#233;tats ou les groupes tels qu'ils sont con&#231;us, ne sauraient d&#233;sarmer devant les groupes qui, par un &#233;cart quelconque, les forcent &#224; se d&#233;finir comme des contraires. Pour d&#233;barrasser les groupes de cette vocation &#224; la contradiction et &#224; la lutte, il faut d'abord supprimer l'&#233;cart originel entre les groupes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est faire fausse route que de demander &#224; des groupes constitu&#233;s en groupes in&#233;gaux, inf&#233;rieurs ou &#233;cart&#233;s de sauter une &#233;tape du processus dialectique qui r&#233;git les ensembles internationaux. Il n'y a pas de raccourci possible pour passer de l'inf&#233;riorit&#233;, ressentie collectivement, &#224; la collaboration d'&#233;gal &#224; &#233;gal. &#192; moins peut-&#234;tre, que ce raccourci ne soit la suppression pure et simple du groupe en question en situation quelconque de minorit&#233;. &#171; En m&#234;me temps que l'on vous invite &#224; construire la civilisation de l'universel, on nous demande de renoncer &#224; notre culture... &#187;, a dit L&#233;opold Senghor, nous rappelant ainsi que l'&#171; universel &#187; ne doit exister que gr&#226;ce &#224; la participation libre et active de tous les &#233;l&#233;ments particuliers qui auront choisi de le cr&#233;er. Si les particularismes sont vraiment des extravagances ou des caprices insolites, ils ne r&#233;sisteront pas longtemps aux &#171; excommuni-cations &#187; dont ils sont l'objet.
&#171; Si l'on nous avait donn&#233; l'exemple d'un pays qui, pour &#234;tre plus progressiste que les autres, ait renonc&#233; unilat&#233;ralement &#224; la culture nationale, &#224; son pass&#233; - pour mieux s'universaliser, nous pourrions suivre cet exemple. Mais cela n'existe pas encore... Nous nous soucions d'&#233;laborer une culture nationale qui serait tout simplement, pour nous, un rempart de s&#233;curit&#233;, en attendant que la s&#233;curit&#233; de toute notre plan&#232;te soit r&#233;alisable. &#187; (9)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Nationalisme vs mondialisation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La guerre, me dira-t-on, nous &#233;loigne de notre point de d&#233;part. Non, et voici pourquoi. Si je me suis d'abord arr&#234;t&#233; au chapitre II de l'article de Pierre Elliott Trudeau o&#249; il &#233;tablit la corr&#233;lation causale nationalismes-guerres, c'est que cette premi&#232;re d&#233;faillance dialectique m'est apparue, paradoxalement, la plus difficile &#224; d&#233;celer. De fait, l'argument du nationalisme g&#233;n&#233;rateur de guerres est tr&#232;s efficace sur les esprits et, d'autre part, &#224; cause m&#234;me de son &#171; &#233;vidence &#187; historique, se discute tr&#232;s mal. C'est un argument qui impose le silence dans un salon et qui, apparemment fond&#233; sur des faits (quoi de plus incontestable, n'est-ce pas ?), ne r&#233;v&#232;le pas subitement sa vuln&#233;rabilit&#233; dialectique. Il provoque l'&#233;motion chez celui qui le re&#231;oit et, par cons&#233;quent, masque celle de celui qui l'utilise. L'&#233;motivit&#233; au sujet de la guerre a quelque chose de noble, de grand, d'excusable et, mieux encore, constitue le fondement de la pens&#233;e pacifiste et humanitaire. Mais ce n'en est pas moins de l'&#233;motivit&#233; que je crois reconna&#238;tre dans la pens&#233;e de Pierre Elliott Trudeau, c'est-&#224;-dire une attitude personnelle univoque et tendue devant un sujet donn&#233;. Cette &#233;motivit&#233;, manifeste dans le chapitre II intitul&#233; &#171; L'optique historique &#187;, me para&#238;t avoir deux composantes majeures : d'abord, une rationalisation abusive (soit une causalit&#233; &#233;tablie entre deux ordres de faits peu comparables l'un &#224; l'autre : les &#171; nationalismes &#187; et les guerres (10) ; et une sur&#233;valuation de ce qui ne peut &#234;tre, &#224; ce niveau d'explication, qu'une co&#239;ncidence dont le degr&#233; r&#233;el d' &#171; interaction &#187; est r&#233;el mais assez limit&#233; ; puis, deuxi&#232;mement, une attitude qui se caract&#233;rise par un refus de penser la guerre et par une volont&#233; de ne penser que la paix. Ce sch&#232;me &#171; structural &#187; comporte des corollaires &#233;vidents : par exemple, la guerre mena&#231;ant d&#233;sormais d'&#234;tre &#171; mondiale &#187;, la paix doit &#234;tre &#171; mondialisante &#187;. Second corollaire : cette sur&#233;valuation de la &#171; mondialisation &#187; de la paix &#224; organiser et de la guerre &#224; conjurer implique une d&#233;valuation de tout particularisme qui, dans une telle optique, ne peut &#234;tre compris que comme un freinage du processus de pacification mondiale, donc comme un facteur n&#233;gatif ou du moins &#171; r&#233;trograde &#187;. De l&#224; &#224; dire que le mal (la guerre) vient du morcellement et le bien (la paix mondiale, le d&#233;sarmement universel) de la mondialisation, il n'y a qu'un pas qui, dans le d&#233;roulement de l'article, est pr&#233;alablement franchi puisque c'est au d&#233;but de l'article que le couple nationalismes-guerres est &#233;voqu&#233;. La mondialisation &#224; laquelle nous convie l'auteur comporte logiquement le rejet de ce qui la contrarie au premier chef, soit le nationalisme qui va dans le sens du r&#233;tr&#233;cissement plut&#244;t que de l'&#233;largissement.
Il est donc logique, selon cette structuration, de frapper tout nationalisme d'un coefficient r&#233;gressif et presque mal&#233;fique. La seule att&#233;nuation apport&#233;e &#224; ce jugement se trouve incluse dans la notion de transition appliqu&#233;e au ph&#233;nom&#232;ne nation : &#171; Elles tiennent &#224; un stade transitoire de l'histoire du monde &#187;. (11) Si tel est le cas, on ne peut plus consid&#233;rer les nationalismes comme porteurs des guerres futures. On doit logiquement isoler ces deux termes et il serait m&#234;me possible de consid&#233;rer certains nationalismes, les plus isolationnismes ou les insulaires, comme des manifestations politiques d'un d&#233;sir d'&#233;chapper aux jeux des forces et des puissances dont la d&#233;g&#233;n&#233;ration se traduit en termes de guerres. De plus, s'il y a transition, cela doit &#234;tre dans une direction qui, d&#233;valorisant la nation parce qu'elle est transitoire, implique qu'une &#171; plus-value &#187; existentielle est li&#233;e au fait de n'&#234;tre pas transitoire. Mais pourquoi ? Car la vie humaine aussi est transitoire. Et par rapport &#224; quoi la r&#233;alit&#233; nationale ou &#233;tatique est-elle transitoire ? O&#249; se trouve le terme de comparaison et en quoi sa r&#233;alit&#233; sera-t-elle sup&#233;rieure &#224; toutes les autres ? S'il s'agit de Dieu, je ne discute plus. Mais si ce terme sup&#233;rieur est le monde ou m&#234;me le cosmos, qui me dit que ces r&#233;alit&#233;s ne sont pas elles aussi transitoires ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La paix transcendantale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; cet &#233;gard, la pens&#233;e pacifiste nous offre un exemple quotidien de &#171; mondialisation &#187; dialectique : &#171; C'est un engagement qui transcende tous ceux que l'on peut avoir envers une patrie, un syst&#232;me &#233;conomique ou une religion, parce que les patries, les syst&#232;mes &#233;conomiques et les religions n'ont de sens que si l'homme continue ... Les pacifistes ne succombent donc pas &#224; une &#233;motion facile ou &#224; un id&#233;alisme pu&#233;ril : ils ob&#233;issent &#224; la plus froide logique et ils s'attaquent au seul probl&#232;me dont la solution est pr&#233;alable &#224; celle de tous les autres &#187;. (12)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si, comme le veulent les pacifistes, le monde se trouve en &#233;tat d'urgence, toute activit&#233; qui ne s'inscrit pas dans le sens de cette peur se trouve d&#233;valu&#233;e et para&#238;t, &#224; la limite, assez d&#233;risoire. Ce raisonnement a &#233;t&#233; souvent formul&#233; : il consiste &#224; valoriser la d&#233;r&#233;liction atomique et &#224; frapper d'inauthenticit&#233; toute autre interrogation vitale. L'angoisse &#171; pacifiste &#187; s'affirme comme prioritaire sur toute autre forme de question.
Au nom d'une paix positive, on finit par nier toute d&#233;marche qui n'est pas la recherche de cette paix, ce qui &#233;quivaut &#224; une n&#233;antisation pr&#233;monitoire de toute probl&#233;matique qui &#233;chappe &#224; cette situation d'urgence. De l&#224;, le pacifisme conclut implicitement &#224; l'inimportance de toute autre probl&#233;matique ; il n&#233;antise &#224; priori toute autre philosophie. Au nom d'un projet de paix dont l'&#233;chec serait fatal au monde, on provoque la peur de cet &#233;chec, dont l'envers philosophique est le d&#233;tachement de la r&#233;alit&#233; quotidienne. Et cette peur du n&#233;ant atomique pr&#233;occupe jalousement celui qui l'&#233;prouve et combat tout autre engagement au r&#233;el devenu, par sa n&#233;antisation anticip&#233;e, une duperie sans importance, un sursis tout au plus.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'angoisse philosophique se nourrit de tout. C'est une attitude mentale qui consomme beaucoup de symboles et de justifications. Ce serait une erreur de ne voir dans les mouvements pacifistes contemporains que des attitudes strictement politiques. La bombe &#171; totale &#187; pose &#224; tous les hommes de la terre la question de &#171; l'&#234;tre et du n&#233;ant du monde &#187; ; elle &#233;largit au cosmos une antique h&#233;sitation qui dans le pass&#233; concernait seulement la vie individuelle et donc conf&#233;rait implicitement une r&#233;alit&#233; imperturbable au reste du monde.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je veux la paix, moi aussi, mais me refuse, au nom de ce ciel politique, &#224; d&#233;valuer tout ce qui n'est pas &#233;tranger &#224; cette mystique. Qui dit pacifisme dit peur de la bombe et cette peur, si efficace soit-elle politiquement, contient une ambigu&#239;t&#233; philosophique. (13) Mais revenons au nationalisme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les nations sont des concepts&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Faut-il cesser de faire des r&#233;volutions parce qu'on sait, de toute &#233;ternit&#233; ou presque, que les r&#233;volutions passent ? Faut-il, au nom de grands corps politiques f&#233;d&#233;ratifs ou imp&#233;riaux qui, eux aussi, sombreront au fond des &#226;ges, condamner des entreprises ou des r&#233;volutions qui finiront bien par finir ? Si le nationalisme de quelque groupe que ce soit, s&#233;n&#233;galais ou canadien-fran&#231;ais, est r&#233;trograde, j'ose croire que c'est pour d'autres raisons que la p&#233;rennit&#233; de la Communaut&#233; fran&#231;aise ou la sup&#233;riorit&#233; inh&#233;rente &#224; un grand ensemble comme la Conf&#233;d&#233;ration sur un petit ensemble comme l'&#201;tat du Qu&#233;bec.
Ce serait alors parce que le nationalisme engendre des guerres ? Je crois avoir d&#233;montr&#233; la fragilit&#233; de cette corr&#233;lation entre le nationalisme et la guerre. Ce serait donc parce que le nationalisme va fatalement vers la droite sociale-politique ? C'est l&#224; pr&#233;juger d'une orientation future d'apr&#232;s d'anciennes aventures politiques : et rien ne m'oblige &#224; croire que la r&#233;alit&#233; de demain sera selon celle, regrettable j'en conviens, d'hier et d'avant-hier.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je ne crois pas plus &#224; l'essence pr&#233;d&#233;termin&#233;e des peuples que je [ne] crois &#224; celle des personnes ; en politique, une doctrine essentialiste ne peut conclure qu'&#224; l'immobilisme. Les peuples n'ont pas d'essence. Pendant un temps donn&#233; d'observation, ils peuvent se caract&#233;riser par des attitudes ou des institutions sp&#233;cifiques ; mais cela n'est pas une essence. Les peuples sont ontologiquement ind&#233;termin&#233;s, et cette ind&#233;termination est le fondement m&#234;me de leur libert&#233;. L'histoire &#224; venir d'un groupe humain n'est pas fatale, elle est impr&#233;visible. &#171; Un homme se d&#233;finit par son projet &#187;, a dit Jean-Paul Sartre. Un peuple aussi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le nationalisme serait condamnable parce qu'il pr&#233;conise un r&#233;tr&#233;cissement communautaire alors que le mouvement de l'Histoire va dans le sens d'une mondialisation irr&#233;versible ? &#192; cela, je dirai que l'humanit&#233; offre &#224; l'historien une belle anthologie de chutes d'empires : Alexandre, Gengis Khan, Soliman le Magnifique, Mahomet, Franz Joseph, Hadrien, C&#233;sar, Victoria... ont proclam&#233; la p&#233;rennit&#233; d'empires polyethniques et polyculturels qui se sont tous &#233;galement r&#233;tr&#233;cis. Il se pourrait bien alors, si l'histoire avec un grand &#171; H &#187; a un sens, que ce soit dans le r&#233;tr&#233;cissement qu'on le trouve avec autant de preuves irr&#233;futables &#224; l'appui que dans l'int&#233;gration plan&#233;taire et mondiale. Mais je cherche encore pourquoi le nationalisme, selon Trudeau, et plus particuli&#232;rement son expression s&#233;paratiste actuelle au Canada fran&#231;ais, est un ferment de r&#233;gression historique, sociale, humaine et logique ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La Nation-&#201;tat est-elle un pi&#232;ge odieux dans lequel les meilleurs &#233;l&#233;ments de gauche se font prendre b&#234;tement parce qu'ils sont &#233;motifs ; ce concept comporte-t-il une sorte d'ips&#233;it&#233; mal&#233;fique et intrins&#232;quement n&#233;gative qu'il convient de bannir de nos esprits &#224; tout jamais comme une des &#171; phases transitoires &#187; de l'humanit&#233;, comme d'autres ont eu &#224; sublimer l'anthropophagie ? Voil&#224; la question &#224; laquelle Pierre Elliott Trudeau consacre une r&#233;ponse brillante, rh&#233;toriquement convaincante et qui, pourtant, me para&#238;t une question-charade ou, mieux, un pi&#232;ge dialectique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je m'explique. En posant comme pr&#233;misse que le s&#233;paratisme postule la Nation-Etat, il est relativement facile sinon agr&#233;able de r&#233;futer cette aspiration de la nation canadienne-fran&#231;aise &#224; se transmuer en Nation-&#201;tat. Or, pr&#233;cis&#233;ment, la Nation-&#201;tat est un concept vraiment p&#233;rim&#233; qui ne correspond ni &#224; la r&#233;alit&#233; ni aux derni&#232;res donn&#233;es de la science. La nation n'est pas, comme le laisse entendre Trudeau, une r&#233;alit&#233; ethnique. II n'y a plus d'ethnies, ou alors fort peu. Les d&#233;placements de population, l'immigration, les assimilations (que Jacques Henripin qualifie justement de &#171; transferts linguistiques &#187;) ont produit une interp&#233;n&#233;tration des ethnies dont un des r&#233;sultats incontestables, au Canada fran&#231;ais par exemple, est le regroupement non plus selon le principe de l'origine ethnique (la race, comme on disait encore il y a vingt-cinq ans) mais selon l'appartenance &#224; un groupe culturel (14) homog&#232;ne dont la seule sp&#233;cificit&#233; v&#233;rifiable se trouve au niveau linguistique. II suffit de regarder autour de soi, parmi les gens qu'on conna&#238;t, pour d&#233;nombrer rapidement le nombre de Canadiens fran&#231;ais pure laine : ils ne sont pas les seuls &#171; vrais &#187; Canadiens fran&#231;ais ! Les Mackay, les Johnson, les Elliott, les Aquin, les Molinari, les O'Harley, les Sp&#233;nart, les Esposito, les Globenski, etc., en disent long sur l'ethnie-nation canadienne-fran&#231;aise. Les &#171; transferts linguistiques &#187;, dont parle Henripin, se sont accomplis &#224; notre profit comme &#224; nos d&#233;pens, si bien que le noyau de colons immigr&#233;s qui a fait la survivance se trouve m&#234;l&#233; d&#233;sormais, sur le plan ethnique, &#224; tous les apports que l'immigration ou les hasards de l'amour ont donn&#233;s &#224; notre puret&#233; ethnique nationale. De fait, il n'y a plus de nation canadienne-fran&#231;aise mais un groupe culturel-linguistique homog&#232;ne par la langue. Il en ira ainsi des Wolofs, des S&#233;r&#232;res et des Peuls du S&#233;n&#233;gal qui, si rien ne vient interrompre le processus de scolarisation dont le r&#233;sultat lointain sera d'enfanter un groupe culturel-linguistique d'origine ethnique multiple, deviendront un jour des S&#233;n&#233;galais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Canada fran&#231;ais est polyethnique. Et ce serait pure folie, j'en conviens, de r&#234;ver pour le Canada-fran&#231;ais d'une Nation-Etat quand pr&#233;cis&#233;ment la nation canadienne-fran&#231;aise a fait place &#224; une culture globale, coh&#233;rente, &#224; base diff&#233;rentielle linguistique. Qu'on appelle nation ce nouvel agglom&#233;rat, je veux bien, mais alors il ne peut plus &#234;tre question de la nation comme du ferment du racisme et de tous ses abominables d&#233;riv&#233;s.
Ce qui diff&#233;rencie le Canada du Canada fran&#231;ais, ce n'est pas que le plus grand soit polyethnique et le second monoethnique mais que le premier soit biculturel et le second culturellement homog&#232;ne (ce qui n'exclut pas, Dieu merci, le pluralisme sous toutes ses formes).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le couple Nation-&#201;tat que fustige Pierre Elliott Trudeau ne correspond plus &#224; la r&#233;alit&#233; et ne saurait constituer une ambition sinc&#232;re que pour une minorit&#233; qui, de ce fait, ne r&#233;alisera jamais son r&#234;ve. II serait plus juste de parler d'un &#201;tat monoculturel. Si quelques attard&#233;s r&#234;vent encore d'un sang pur canadien-fran&#231;ais, consid&#233;rons-les tout bonnement comme des d&#233;linquants intellectuels ! Mais il m'appara&#238;t injuste de r&#233;futer le s&#233;paratisme actuel en le taxant des p&#233;ch&#233;s du racisme et de l'intol&#233;rance ethnique. Il convient plut&#244;t de l'&#233;tudier comme une expression de la culture des Canadiens fran&#231;ais, en mal d'une plus grande homog&#233;n&#233;it&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Selon cette perspective, et nous en tenant strictement &#224; l'&#233;tude de ce ph&#233;nom&#232;ne, le nationalisme n'est porteur ni de mal ni de bien a priori : il constitue une sorte de parole communautaire, qu'on demeure libre d'entendre ou de ne pas entendre. On peut le combattre au nom d'une id&#233;ologie politique, mais pas au nom de la lucidit&#233; et de la science. Le s&#233;paratisme d'ailleurs se pr&#233;sente comme une manifestation particuli&#232;re de l'existant national, mais il n'en est pas la seule, loin de l&#224;. La caract&#233;ristique du nationalisme est d'&#234;tre une expression politique d'une culture : dans le cas du Canada fran&#231;ais, il s'agit tr&#232;s nettement d'une aspiration &#224; la politique. &#192; cause de cela, il appara&#238;t aux non-Canadiens fran&#231;ais comme un &#233;l&#233;ment constitutif du groupe culturel francophone du Canada. En r&#233;alit&#233;, d'autres manifestations feraient aussi bien la preuve de l'existence de ce groupe culturel : les arts, la litt&#233;rature, la th&#233;matique globalisante de nos chercheurs en sciences humaines, et aussi, sans doute, la dynamique linguistique, la d&#233;mographie, les luttes sociales, le particularisme religieux, etc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous sommes donc en pr&#233;sence d'une culture que nous dirons &#171; nationale &#187; dont l'existence, si d&#233;bile soit-elle, peut &#234;tre v&#233;rifi&#233;e &#224; partir d'un certain nombre de manifestations. Le s&#233;paratisme canadien-fran&#231;ais n'est qu'une de ces manifestations constituantes. Sa &#171; force de frappe &#187; est plus grande que celle de toutes les autres formes d'existence culturelle parce qu'elle contient un germe r&#233;volutionnaire qui peut remettre en question l'ordre constitutionnel &#233;tabli &#224; l'&#233;chelle du Canada. Les Canadiens anglais s'en vont vite aper&#231;us qui se sont empress&#233;s d'isoler le nationalisme de toutes les autres expressions culturelles du Canada fran&#231;ais. Ils ont encourag&#233;, par exemple, avec d'autant plus de g&#233;n&#233;rosit&#233; et d'efficacit&#233; le particularisme artistique des Canadiens fran&#231;ais que cela augmente l'ambigu&#239;t&#233; d'un lien que les s&#233;paratistes s'efforcent de d&#233;finir comme univoque et &#171; inf&#233;riorisant &#187;. Ob&#233;issant en cela &#224; un comportement dont on conna&#238;t plusieurs analogues en d'autres r&#233;gions du monde, les Canadiens anglais ont investi beaucoup d'argent et d'attention sinc&#232;re dans les manifestations &#171; divertissantes &#187; de la culture canadienne-fran&#231;aise. Ils l'ont fait avec efficacit&#233; et empressement, si bien qu'une dichotomie s'est finalement install&#233;e dans la conscience des b&#233;n&#233;ficiaires entre leur all&#233;geance &#224; un gouvernement f&#233;d&#233;ral g&#233;n&#233;reux et leur enracinement peu rentable dans l'humus de leur peuple. Le d&#233;chirement a atteint un point douloureux sous le r&#233;gime mesquin de Duplessis qui, par son attitude intol&#233;rante et partisane, a jet&#233; de nombreux artistes et penseurs dans les bras du gouvernement f&#233;d&#233;ral, ce qui veut dire qu'il les a condamn&#233;s soit au d&#233;chirement st&#233;rile, soit &#224; devenir les porte-parole d&#233;racin&#233;s d'une culture qui, &#224; un moment donn&#233;, n'avait de prix que pour ceux qui en redoutaient la manifestation totale. Cette situation de fait a eu, entre autres cons&#233;quences, celle d'influencer l'acception canadienne du mot culture.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La culture, en effet, se trouve cantonn&#233;e au strict domaine des arts domaine des arts et des sciences humaines ; le mot culture s'est contract&#233; pour ne plus contenir que l'aspect artistique et cognitif d'un groupe, alors que, chez les anthropologistes et de nombreux penseurs &#233;trangers, il d&#233;crit l'ensemble des modes de comportement et des symboles d'un groupe donn&#233; et r&#233;f&#232;re ainsi &#224; une soci&#233;t&#233; organique souveraine, ce qui ne veut pas dire ferm&#233;e. Notre situation politique f&#233;d&#233;rale-provinciale nous a conduits &#224; d&#233;politiser le mot culture ou, plus pr&#233;cis&#233;ment, &#224; lui refuser sans h&#233;sitation la signification englobante qu'on lui reconna&#238;t dans la s&#233;mantique contemporaine. Le rapport Massey a codifi&#233; de fa&#231;on tr&#232;s pr&#233;cise cette r&#233;duction de la culture canadienne-fran&#231;aise &#224; son &#233;l&#233;ment de connaissance et d'expression artistique et exprime, de ce fait, &#224; une date o&#249; les grandes oeuvres anthropologiques &#233;taient accessibles et confirmaient une acception oppos&#233;e du m&#234;me terme, un refus de la culture canadienne-fran&#231;aise dans sa globalit&#233;. Il faut dire que les penseurs canadiens-fran&#231;ais ont accept&#233; d'embl&#233;e cette variante et vont jusqu'&#224; conformer avec z&#232;le leur attitude &#224; celle du Canada anglais en exhortant les Canadiens fran&#231;ais &#224; la qualit&#233; et &#224; la sp&#233;cialisation formaliste, comme pour conjurer ainsi l'expression d'un vouloir-vivre culturel global. Le probl&#232;me n'est donc pas de savoir si nos po&#232;tes deviendront meilleurs dans un &#233;tat ind&#233;pendant et une fois la nation exorbit&#233;e du r&#233;gime politique-&#233;motif qui l'inf&#233;riorise, mais bien de savoir si on reconna&#238;t l'existence r&#233;elle de la culture canadienne-fran&#231;aise, ou bien si on n'en accepte qu'un fragment limit&#233; qui peut s'ins&#233;rer dans un ensemble politique auquel on attribue une sorte de priorit&#233; d'existence.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une culture globale canadienne-fran&#231;aise ne postule aucunement une homog&#233;n&#233;it&#233; de fait. Une culture, si vivante soit-elle, est constitu&#233;e d'un r&#233;sidu d'&#233;l&#233;ments autochtones et d'&#233;l&#233;ments emprunt&#233;s : ces derniers qui, au d&#233;part, sont h&#233;t&#233;rog&#232;nes, sont finalement assimil&#233;s, homog&#233;n&#233;is&#233;s plus ou moins rapidement et finissent par fonder en r&#233;alit&#233; la culture globale autant que ses &#233;l&#233;ments originels. Il en va de m&#234;me pour la culture du Canada fran&#231;ais, d&#233;j&#224; p&#233;trie par au moins trois dimensions d'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; culturelle : fran&#231;aise, britannique, am&#233;ricaine nord-am&#233;ricaine ...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; C'est parce qu'une culture n'est pas une simple juxtaposition de traits culturels qu'il ne saurait y avoir de culture m&#233;tisse ... Et c'est pour cela aussi qu'une des caract&#233;ristiques de la culture, c'est le style, cette marque propre &#224; un peuple et &#224; une &#233;poque que l'on retrouve dans tous les domaines o&#249; se manifeste l'activit&#233; de ce peuple &#224; une &#233;poque d&#233;termin&#233;e ... Une objection &#224; cette th&#233;orie est que toute culture est un m&#233;lange d'&#233;l&#233;ments effroyablement h&#233;t&#233;rog&#232;nes. On rappellera le cas de la culture grecque form&#233;e d'&#233;l&#233;ments grecs, mais aussi d'&#233;l&#233;ments cr&#233;tois, &#233;gyptiens, asiatiques ... Il est bien vrai que la r&#232;gle ici est de l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233;. Mais attention : cette h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; n'est pas v&#233;cue en tant qu'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; ... Il s'agit d'une h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; v&#233;cue int&#233;rieurement comme homog&#233;n&#233;it&#233;. L'analyse peut bien r&#233;v&#233;ler de l'h&#233;t&#233;rog&#232;ne mais les &#233;l&#233;ments, quelque h&#233;t&#233;rog&#232;nes qu'ils soient, sont v&#233;cus par la conscience de la communaut&#233; comme siens, au m&#234;me titre que les &#233;l&#233;ments les plus typiquement autochtones. C'est qu'est intervenu un processus de naturalisation, lequel rel&#232;ve de la dialectique de l' &#171; avoir &#187;. (15)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#202;tre ou ne pas &#234;tre s&#233;paratiste, rel&#232;ve de l'option politique et je con&#231;ois fort bien que des Canadiens fran&#231;ais qui admettent de faire partie d'une culture globale pr&#233;f&#232;rent l'insertion de leur culture dans la Conf&#233;d&#233;ration &#224; tout autre r&#233;gime d'existence politique. D'ailleurs, personne n'est oblig&#233; de faire de la politique pas plus que de s'engager ; personne n'est contraint de se prononcer en faveur d'un syst&#232;me politique con&#231;u en fonction de la totalit&#233; de sa culture. Mais sur le plan th&#233;orique, cette vision parcellaire signifie le refus de la globalit&#233; de la culture du Canada fran&#231;ais. Dans cette optique, le s&#233;paratisme n'est plus rattach&#233;, en bonne relativit&#233;, au tout canadien-fran&#231;ais dont il n'est qu'un &#233;l&#233;ment, mais confront&#233; &#224; la Conf&#233;d&#233;ration. Il devient alors facile de conclure &#224; son &#233;troitesse en fonction de la mesure f&#233;d&#233;rale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le nationalisme canadien-fran&#231;ais est l'expression normale, sinon pr&#233;visible, d'une culture dont on a contest&#233; d'autant plus subtilement la globalit&#233; qu'on lui donnait d'autre part, l'argent n&#233;cessaire pour s'offrir des compensations mythiques. Avant m&#234;me de porter un jugement de valeur sur nos p&#233;ch&#233;s, nos d&#233;ficiences, nos fautes ou nos exploits, il importe froidement d'&#233;tudier le Canada fran&#231;ais d&#232;s maintenant comme une culture qui, m&#234;me d&#233;cevante, n'en est pas moins globale. Voil&#224; ce qui compte sur le plan de la raison, beaucoup plus que de se pr&#233;occuper si le s&#233;paratisme d'il y a six mois est d&#233;j&#224; &#233;teint. Il n'est pas besoin d'&#234;tre proph&#232;te pour affirmer que si la culture canadienne-fran&#231;aise existe, elle aura toujours tendance &#224; corriger les limites et les &#171; sp&#233;cialisations &#187; dans lesquelles elle se trouve &#171; encapsul&#233;e &#187; pour se manifester globalement. Cette culture, &#233;prise de globalit&#233; et d'homog&#233;n&#233;it&#233;, exprime ainsi son vouloir-vivre communautaire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sinon, on refuse le Canada fran&#231;ais comme tel : on ne lui permet d'exister que dans une Conf&#233;d&#233;ration inchangeable, attitude qu'on peut assimiler au &#171; radicalisme n&#233;gatif comme impossibilit&#233; assum&#233;e de tol&#233;rer le moindre changement au r&#233;gime &#187;. (16) Comment ne pas &#233;voquer ici ceux qui disent aux nationalistes canadiens-fran&#231;ais que tous les &#171; changements &#187; qu'ils d&#233;sirent sont permis et possibles &#224; l'int&#233;rieur de la constitutionnalit&#233;, ce qui est une fa&#231;on d'affirmer que tous les &#171; changements &#187; qu'ils d&#233;sirent sont permis et possibles sauf celui du r&#233;gime. De par la constitution canadienne actuelle, celle de 1867, &#171; les Canadiens fran&#231;ais ont tous les pouvoirs n&#233;cessaires pour faire du Qu&#233;bec une soci&#233;t&#233; politique o&#249; les valeurs nationales seraient respect&#233;es en m&#234;me temps que les valeurs proprement humaines conna&#238;traient un essor sans pr&#233;c&#233;dent &#187;. (17)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Nos succ&#232;s exceptionnels&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Seule l'abolition de la culture canadienne-fran&#231;aise peut causer l'euphorie fonctionnelle au sein de la Conf&#233;d&#233;ration et permettre &#224; celle-ci de se d&#233;velopper &#171; normalement &#187; comme un pouvoir central au-dessus de dix provinces administratives et non plus de deux cultures globalisantes. Cette abolition peut s'accomplir de bien des fa&#231;ons qui ne sont pas sans tol&#233;rer la survivance de certains st&#233;r&#233;otypes culturels canadiens-fran&#231;ais. En cessant d'&#234;tre globale, la culture du Canada fran&#231;ais impr&#233;gnerait, sans danger et de fa&#231;on d&#233;politis&#233;e, plusieurs aspects de la vie canadienne. Nous-m&#234;mes, de concert cette fois avec nos partenaires anglophones, attachons un certain prix aux survivances folkloriques des tribus am&#233;rindiennes. Nous avons m&#234;me invent&#233; le snobisme de la goutte de sans indig&#232;ne qui coulerait dans nos veines, concession raffin&#233;e &#224; une pr&#233;existence sauvage et instinctuelle ! En tant que colonisateurs et vainqueurs, nous avons le r&#233;flexe d'encourager l'art esquimau, la poterie huronne, la r&#233;p&#233;tition de chants guerriers des peuples dont la culture a cess&#233; d'&#234;tre globale et de se manifester comme un vouloir-vivre collectif. Plus l'attention du majoritaire-vainqueur devient particulariste et pleine de sollicitude, plus elle manifeste qu'il ne redoute plus les manifestations globales de la culture minoritaire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; cet &#233;gard, il faut reconna&#238;tre que le Canada anglais est venu bien pr&#232;s de ma&#238;triser d&#233;finitivement la situation, et il n'est pas dit qu'il n'aura pas raison finalement de notre fatigue culturelle qui est tr&#232;s grande. Chaque pouss&#233;e nationaliste le prend au d&#233;pourvu car il croyait, de bonne foi, avoir r&#233;gl&#233; le probl&#232;me ; puis, apr&#232;s un temps d'h&#233;sitation, d'inqui&#233;tude, il se reprend et consid&#232;re que, apr&#232;s tout, l'&#233;clatement &#171; nationaliste &#187; du minoritaire &#233;tait fond&#233; et qu'il faut payer une fois de plus la ran&#231;on de l'harmonie, en lui faisant une concession de plus. Ou bien, (il s'agit d'une attitude courante chez certains Canadiens fran&#231;ais qui r&#233;agissent selon l'axe de d&#233;globalisation culturelle du Canada fran&#231;ais), il se rassure en disant que le nationalisme se compare &#224; une fi&#232;vre jaune dont les crises reviennent p&#233;riodiquement selon un cycle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La mauvaise conscience et la culpabilit&#233; sinc&#232;re de la premi&#232;re attitude et l'exorcisme des menstrues nationalistes th&#233;oriques de l' &#171; &#233;ternel retour &#187; expriment la particularit&#233; de sa position de majoritaire. On ne domine jamais univoquement, sinon dans les films policiers ou les westerns. L'acte de dominer (qui correspond &#224; la position du plus nombreux et du plus fort) finit par g&#234;ner celui qui l'accomplit, et le pousse &#224; multiplier les &#233;quivoques, ce qui revient &#224; dire que, par mauvaise conscience r&#233;elle, il fait tout en son pouvoir pour camoufler la relation de domination. Le majoritaire, parfois exc&#233;d&#233;, en arrive &#224; accuser le minoritaire de le contre-dominer par la fonction de freinage et d'entrave qu'il finit par exercer de fait. Le minoritaire, ainsi accus&#233; d'&#234;tre un poids mort, assume de plus en plus douloureusement ce mauvais r&#244;le. En r&#233;alit&#233;, il tient le mauvais r&#244;le ; il est un emp&#234;chement, un boulet de canon, une force d'inertie qui brise continuellement les grands &#233;lans de la majorit&#233; dynamique par ses revendications et sa susceptibilit&#233;, et il le sait. (18)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ai-je besoin d'&#233;voquer, dans ce sens, tous les corollaires psychologiques de la prise de conscience de cette situation minoritaire : l'autopunition, le masochisme, l'autod&#233;valuation, la &#171; d&#233;pression &#187;, le manque d'enthousiasme et de vigueur, autant de sous-attitudes d&#233;poss&#233;d&#233;es que des anthropologues ont d&#233;j&#224; baptis&#233;es de &#171; fatigue culturelle &#187;. Le Canada fran&#231;ais est en &#233;tat de fatigue culturelle et, parce qu'il est invariablement fatigu&#233;, il devient fatigant. C'est un cercle vicieux. Il serait, sans aucun doute, beaucoup plus reposant de cesser d'exister en tant que culture sp&#233;cifique ; et de vendre une fois pour toutes notre &#226;me au Canada anglais pour une bourse du Conseil des Arts ou une r&#233;serve paisible sous la protection de la gendarmerie royale. Mais cette assomption culturelle n'est sans doute pas possible, &#233;tant donn&#233; notre nombre et aussi &#233;tant donn&#233; l'impr&#233;visible vouloir-vivre qui surgit &#233;pisodiquement, avec une puissance in&#233;gale, en chacun de nous.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D&#233;politis&#233;, le Canadien fran&#231;ais se comporte comme le tenant d'un groupe inimportant devant la grandeur infinie de ce qui le confronte : Dieu, le d&#233;sarmement mondial, l'enfer et la bombe totale, la Conf&#233;d&#233;ration. Cette inimportance sublime est la voie du mysticisme et cr&#233;e un &#171; ordre &#187; qui, tel un sacrement, frappe d'indignit&#233; ceux qui ne sont pas &#171; distingu&#233;s &#187; par lui. Le nationalisme, revendication profane et presque li&#233;e &#224; l'adolescence sacril&#232;ge, devient ainsi un p&#233;ch&#233; dont aucun de ses auteurs provisoires n'a r&#233;ussi &#224; se disculper tout &#224; fait. C'est une forme d'impulsion de jeunesse qu'on pardonne quand celui qui y a succomb&#233; la consid&#232;re, apr&#232;s coup, avec la s&#233;r&#233;nit&#233; ou le repentir de la maturit&#233;. Cette pratique impulsive et &#171; verbale &#187; du nationalisme est tol&#233;r&#233;e, rarement condamn&#233;e &#224; grands cris, ce qui explique qu'elle est devenue, au Canada fran&#231;ais, un psychodrame cathartique. Cette tol&#233;rance m&#234;me, c'est une forme accomplie de subordination et fait du nationalisme une sorte d'irruption peccamineuse ins&#233;r&#233;e &#224; l'avance dans le syst&#232;me qu'elle conteste avec incoh&#233;rence, mais n'&#233;branle jamais. Nationalistes, oui ; pour un temps, comme on traverse l'&#226;ge ingrat, mais pourvu qu'on finisse par s'occuper un jour de choses plus &#233;lev&#233;es et qui soient r&#233;elles.
Le nationalisme qui &#233;tonne d'abord, comme les premiers cris d'adolescence du fils, finit par &#234;tre consid&#233;r&#233; avec sollicitude non seulement par les f&#233;d&#233;ralistes mais par tous les Canadiens fran&#231;ais fatigu&#233;s &#224; la seule pens&#233;e qu'il faudrait faire un effort pour exister en dehors du syst&#232;me d'acceptation et de grandeur que proposent leurs leaders, ap&#244;tres de la compr&#233;hension, de l'union, des grands ensembles, de l'urgence des grands probl&#232;mes du monde ou de la religion. Ce syst&#232;me (aurait-il &#233;t&#233; pens&#233; qu'il ne serait pas plus coh&#233;rent !) fonctionne tr&#232;s bien et depuis longtemps, et ne comporte nullement la disparition du fait fran&#231;ais au Canada mais la domestication &#224; tous les niveaux et dans les consciences. La preuve de son efficacit&#233; r&#233;side dans sa diffusion au Canada fran&#231;ais o&#249; se trouvent ses meilleurs d&#233;fenseurs car, en fran&#231;ais et l'&#233;motion dans la voix, ils persuadent ais&#233;ment leurs compatriotes de la n&#233;cessit&#233; de rester canadiens-fran&#231;ais et prouvent d'un vieux souffle qu' &#171; il n'en tient qu'&#224; nous de nous faire valoir, car c'est en &#233;tant meilleurs qu'on donnera au Canada anglais l'image d'une culture canadienne-fran&#231;aise vigoureuse &#187;. &#171; Si le Qu&#233;bec devenait cette province exemplaire, si les hommes y vivaient sous le signe de la libert&#233; et du progr&#232;s, si la culture y occupait une place de choix, si les universit&#233;s &#233;taient rayonnantes et si l'administration publique &#233;tait la plus progressive du pays - et rien de tout cela ne pr&#233;suppose une d&#233;claration d'ind&#233;pendance ! -, les Canadiens fran&#231;ais n'auraient plus &#224; se battre pour imposer le bilinguisme, la connaissance du fran&#231;ais deviendrait pour l'anglophone un &quot;status symbol&quot;, cela deviendrait m&#234;me un atout pour les affaires et pour l'administration. Ottawa m&#234;me serait transform&#233;e, par la comp&#233;tence de nos politiques et de nos fonctionnaires &#187;. (19)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La logique du syst&#232;me semble inconsciemment fid&#232;le &#224; son but. Est-il besoin ici de faire le point avec l'entreprise, inconsciente s&#251;rement, de &#171; d&#233;r&#233;alisation &#187; du Canada fran&#231;ais dans sa globalit&#233; ? Celui qui veut percer doit renoncer &#224; l'&#233;lan culturel qui lui est donn&#233; par le Canada fran&#231;ais et, au d&#233;part, se trouve une situation de fatigue culturelle, dragon int&#233;rieur dont il doit triompher individuellement comme pour faire la preuve que, par lui, le Canada fran&#231;ais a droit &#224; l'existence ! Mais on oublie que cela ne peut se r&#233;aliser qu'au niveau de l'exception et, par cons&#233;quent, ne valorise que l'individu car, pour ce qui est de la culture qu'il incarne, sa d&#233;valuation se trouve impliqu&#233;e dans le triomphe &#171; exceptionnel &#187;. &#171; ... la r&#233;ussite personnelle et localis&#233;e tend d'autant plus &#224; se poser pour soi comme moment essentiel que la r&#233;ussite commune semble plus compromise ou plus &#233;loign&#233;e. &#187; (20)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La &#171; fonctionnarisation &#187; globale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais pourquoi faut-il que les Canadiens fran&#231;ais soient meilleurs ? Pourquoi doivent-ils &#171; percer &#187; pour justifier leur existence ? Cette exhortation &#224; la sup&#233;riorit&#233; individuelle est pr&#233;sent&#233;e comme un d&#233;fi in&#233;vitable qu'il faut relever. Mais ne l'oublions pas, le culte du d&#233;fi ne se con&#231;oit pas sinon en fonction d'un obstacle, d'un handicap initial, et peut se ramener, en derni&#232;re analyse, &#224; une &#233;preuve de force &#224; laquelle est soumis chaque individu. L'exploit seul nous valorise et, selon cette exigence pr&#233;cise, il faut convenir que Maurice Richard a mieux r&#233;ussi que nos politiciens f&#233;d&#233;raux. Nous avons l'esprit sportif sur le plan national et comme nous r&#234;vons de fabriquer des h&#233;ros plut&#244;t qu'un &#201;tat, nous nous effor&#231;ons de gagner individuellement des luttes collectives.
Si le d&#233;fi individuel que chaque Canadien fran&#231;ais tente en vain de relever d&#233;pend de la position du groupe canadien-fran&#231;ais consid&#233;r&#233; comme totalit&#233;, pourquoi faut-il relever ce d&#233;fi collectif comme s'il &#233;tait individuel ? Ne serait-il pas plus logique de r&#233;pondre collectivement &#224; une comp&#233;tition collective et de conjurer globalement une menace globale, inh&#233;rente &#224; la situation du Canada fran&#231;ais par rapport &#224; son partenaire f&#233;d&#233;ral anglophone ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Si l'&#201;tat canadien a fait si peu de place &#224; la nationalit&#233; canadienne-fran&#231;aise, &#233;crit Trudeau, c'est surtout parce que nous ne nous sommes pas rendus indispensables &#224; la poursuite de sa destin&#233;e. &#187; (21) Devenir indispensables &#224; la destin&#233;e de l'Autre, voil&#224; le th&#232;me de l'exorbitation culturelle exprim&#233; avec une rare pr&#233;cision. Cela consiste &#224; cr&#233;er dans le groupe majoritaire le besoin du minoritaire, cette &#171; indispensabilit&#233; &#187; nous conf&#233;rant du coup le droit &#224; la dignit&#233; minoritaire ; ainsi, selon ce sch&#232;me que Pierre Elliott Trudeau nous propose, mais qui est familier &#224; tout consommateur de pens&#233;e f&#233;d&#233;raliste canadienne-fran&#231;aise, le groupe minoritaire occuperait intens&#233;ment et pleinement le &#171; si peu de place &#187; qu'il occupe ou bien en occuperait une plus grande qu'il aurait m&#233;rit&#233;e. En d'autres mots, l'existence du groupe canadien-fran&#231;ais ne peut se justifier que si, demeurant greff&#233; &#224; sa majorit&#233; anglophone, celle-ci arrive &#224; ne plus pouvoir se passer de celui-l&#224;. Au terme de cette &#233;volution courageuse, le Canada fran&#231;ais d&#233;tiendrait une meilleure place dans l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral, mais ce ne serait toujours qu'une place, c'est-&#224;-dire un &#171; r&#244;le &#187;, plus grand ou &#224; sa mesure. Mais ce r&#244;le, plus ou moins grand, ne sera toujours qu'un r&#244;le : sa trajectoire politique serait infl&#233;chie d'avance par la majorit&#233; qui la lui conc&#233;derait et demeurerait fonction d'un ensemble dans lequel il devra[it] n&#233;cessairement s'ins&#233;rer harmonieusement. Selon cette perspective, le Canada fran&#231;ais d&#233;tiendrait un r&#244;le, le premier &#224; l'occasion, dans une histoire dont il ne serait jamais l'auteur. (22)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais cet avenir h&#233;ro&#239;que et glorieux ressemble singuli&#232;rement &#224; tout notre pass&#233;. Le Canada fran&#231;ais, depuis qu'il est encadr&#233; par une structure qu'il n'invente pas, a tenu un &#171; r&#244;le &#187; au f&#233;d&#233;ral, il a occup&#233; courageusement, brillamment ou avec lassitude, une place qui, ni plus ni moins, n'a jamais &#233;t&#233; qu'&#224; sa taille. Il aurait pu faire mieux, d'accord ; mais un fonctionnaire n'est pas un ministre : il est moins engag&#233; dans l'affaire, se fatigue vite, ne fait pas de z&#232;le, est plut&#244;t m&#233;fiant et pense souvent &#224; sa retraite. Or, qu'on me pardonne ce lien scolastique , le Canada fran&#231;ais globalement est &#171; fonctionnaris&#233; &#187; : il est employ&#233; par de grands patrons in&#233;branlables et justes : l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral ou l'&#201;glise catholique et, en choisissant la fonctionnarisation de pr&#233;f&#233;rence &#224; sa totalisation, il jouit de tous les avantages de la fonction (salaire, honneurs, s&#233;curit&#233;, promotion) et ne conna&#238;t pas d'autre responsabilit&#233;, ni d'autre inconv&#233;nient que ceux qui sont inh&#233;rents &#224; la subordination de toute fonction &#224; un organisme. Fid&#232;le &#224; son contrat d'embauche et sensible &#224; toutes les douceurs du paternalisme, le Canada fran&#231;ais, fonctionnaire collectif, ne fait pas d' &#171; histoires &#187; et n'en veut pas avec ses patrons. Un fonctionnaire n'est ni un entrepreneur, ni un politique. Et il me semble qu'un lien existe entre notre manque d'entrepreneurs, &#233;tabli dans le pass&#233; comme un d&#233;faut de race, et notre conscription globale et continuelle par de grands employeurs : l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral qui nous prot&#232;ge contre nous-m&#234;mes (lisez : Duplessis) et l'&#201;glise qui, longtemps, par sa structure pyramidale, nous a tenu lieu d'&#233;tat, &#224; ce point d'ailleurs que le Canada fran&#231;ais compte beaucoup d'institutions religieuses, un clerg&#233; nombreux, qui fonctionne bien, mais n'offre pas, en revanche, un grand exemple de foi, ni de saintet&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Canada fran&#231;ais en tant que tel est un bon fonctionnaire et son comportement regorge, en ce sens, d'indications qui d&#233;passent de beaucoup les analogies : identification au patron, volont&#233; de promotion, conformisme social tr&#232;s pouss&#233; (qui dit refoulement dit exc&#232;s !), aptitude marqu&#233;e &#224; la conciliation, volont&#233; g&#233;n&#233;rale d'&#233;lever son niveau de vie et, cela ach&#232;ve cruellement ma comparaison, int&#233;gration au syst&#232;me dont il est une fonction. Ainsi, nos repr&#233;sentants &#224; Ottawa sont &#233;lus &#171; d&#233;put&#233;s &#187; mais deviennent fonctionnaires une fois rendus sur la fameuse colline parlementaire. L'&#233;quivoque est donc totale &#224; leur sujet : ce sont des &#233;lus du peuple qui ne peuvent se concevoir eux-m&#234;mes, sauf de rares exceptions, que comme des fonctionnaires puisqu'ils repr&#233;sentent un peuple fonctionnaris&#233; !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'excentricit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La cl&#233; traditionnelle du succ&#232;s du Canada fran&#231;ais se trouve au dehors, dans une culture h&#233;t&#233;rog&#232;ne. Nos d&#233;put&#233;s &#224; Ottawa et nos &#233;crivains en France, en cherchant ailleurs une cons&#233;cration et leur &#233;panouissement, se sont impos&#233;s par le fait m&#234;me un handicap si grand qu'ils se sont condamn&#233;s &#233;galement &#224; une seule forme d'action et de r&#233;ussite : l'apoth&#233;ose. Dans les deux cas, l'exil courageux a comport&#233; un revers d&#233;moralisant. La perc&#233;e &#224; Ottawa et la ratification du talent &#224; Paris comportent un sacrifice st&#233;rile, sinon tout simplement accablant : le d&#233;racinement, g&#233;n&#233;rateur in&#233;puisable de fatigue culturelle, ou l'exil, le d&#233;paysement, le reniement ne lib&#232;rent jamais tout &#224; fait l'individu de son identit&#233; premi&#232;re et lui interdisent, en m&#234;me temps, la pleine identit&#233; &#224; son milieu second. Priv&#233; de deux sources, il se trouve ainsi doublement priv&#233; de patrie nourrici&#232;re : il est deux fois apatride, et cet orphelinage, voulu puis fatal, m&#234;me s'il ne se traduit pas par une irr&#233;gularit&#233; consulaire, est un t&#233;nia qui ronge, tandis que l'enracinement, au contraire, est une manducation constante, secr&#232;te et finalement enrichissante du sol originel.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Me dirait-on que Joyce a &#233;crit Ulysse &#224; cause de son exil, je r&#233;pondrais que pr&#233;cis&#233;ment Joyce n'a trouv&#233; un sens &#224; l'exil que dans un &#171; repaysement &#187; lyrique. Trieste, Paris, Zurich n'ont &#233;t&#233; pour lui que des tremplins de nostalgie d'o&#249; il a effectu&#233;, par une op&#233;ration mentale d&#233;lirante &#224; la fin, un retour quotidien, d'heure en heure, &#224; son Irlande fun&#232;bre. Qu'il ait &#233;t&#233; inhum&#233; quelque part hors de son &#238;le, dans un cimeti&#232;re suisse, cela semble un accident quand on consid&#232;re que son oeuvre enti&#232;re est une r&#233;surrection g&#233;niale de cette Irlande qu'il n'a jamais revue et qu'il n'aurait pu voir, de ses yeux &#233;teints, s'il y &#233;tait retourn&#233;. Il a enfant&#233; son pays natal dans des livres aussi d&#233;mesur&#233;s que son obsession. On peut m&#234;me se demander si l'anglais presque incompr&#233;hensible dont il a compos&#233; pendant son &#171; aveuglement &#187; Finnegans Wake n'est pas l'acte ultime et r&#233;volutionnaire de cet exil&#233; qui, d&#232;s sa jeunesse &#224; Dublin, l'&#233;tait d&#233;j&#224; par la langue devenue &#171; maternelle &#187; qu'on y parlait alors : l'anglais, langue &#171; &#233;trang&#232;re &#187;, historiquement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce n'est peut-&#234;tre pas tant son propre pays qu'il a fui si rapidement, mais sa propre langue, qu'il reniait en la parlant. Il a fui la langue anglaise par ces langues &#171; &#233;trang&#232;res &#187; qu'il enseignait au Berlitz et s'est attach&#233; ainsi &#224; tout ce qu'il y avait d' &#171; &#233;tranger &#187; (de non britannique) dans l'anglais. Condamn&#233; &#224; une langue &#233;trang&#232;re, il s'est myst&#233;rieusement veng&#233; en la rendant &#233;trang&#232;re &#224; elle-m&#234;me. Apr&#232;s l'avoir soumise totalement et lui avoir pr&#234;t&#233; une s&#233;mantique universelle, il s'est appliqu&#233; &#224; la d&#233;sarticuler jusqu'&#224; l'incoh&#233;rence ; il l'a d&#233;crite &#224; ce point que, par cette langue &#233;clat&#233;e, il a finalement exprim&#233;, mais au seuil de l'incommunicable, une exp&#233;rience douloureuse et passionnelle d'enracinement. L'utilisation concert&#233;e du ga&#233;lique, op&#233;ration qu'il tournait en d&#233;rision, ne pouvait lui appara&#238;tre que comme du chauvinisme, soit la preuve m&#234;me de la folklorisation et de l'inf&#233;riorisation de sa culture. Il a plut&#244;t choisi d'&#233;puiser cette langue &#171; maternelle &#187; mais &#233;trang&#232;re &#224; la fois, par une inflation folle de significations, de contresens, d'origines, de d&#233;riv&#233;s si bien que, sous ce flot irr&#233;sistible et magique de mots &#171; d&#233;pays&#233;s &#187;, c'est une Irlande natale qui se d&#233;voile, profond&#233;ment contamin&#233;e par les croisements de mots, une Irlande tragique, d&#233;risoire, h&#233;sitante, aim&#233;e et d&#233;test&#233;e, une &#238;le finie, patrie retrouv&#233;e mais presque impossible.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'autre part, mais je passe &#224; la r&#233;futation d'un Joyce d&#233;racin&#233; par une &#233;clipse, Faulkner, Balzac, Flaubert, Baudelaire, Mallarm&#233;, Goethe ont &#233;crit dans leurs pays des oeuvres universelles parce qu'enracin&#233;es. Plus on s'identifie &#224; soi-m&#234;me, plus on devient communicable, car c'est au fond de soi-m&#234;me qu'on d&#233;bouche sur l'expression. La compr&#233;hension ne d&#233;rive pas d'une d&#233;personnalisation pr&#233;alable et voulue des interlocuteurs ; au contraire, le dialogue est d'autant plus riche que les deux protagonistes sont plus profond&#233;ment et plus sp&#233;cialement eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; ce compte-l&#224;, la litt&#233;rature canadienne est d'une pauvret&#233; d&#233;solante ; nos auteurs, typiquement je dois dire, ont mis&#233; sur leur propre &#171; d&#233;paysement &#187;, l'ont syst&#233;matis&#233;, pour atteindre &#224; l'universel. D'autres, les &#171; r&#233;gionalistes &#187;, ont utilis&#233; une &#171; authenticit&#233; folklorique &#187; et se sont crus ainsi plus canadiens parce qu'ils monnayaient leur enracinement &#224; rabais ou qu'ils &#233;taient plus simplement m&#233;diocres. Ce n'est pas en rench&#233;rissant un texte de quelques &#171; fleurs du terroir &#187; que les reporters de Marie-Claire d&#233;tectent plus vite que nous, qu'un auteur peut s'acquitter de son origine. Parce qu'ils &#233;maillent une phrase, dont l'articulation est apprise, de quelques blasph&#232;mes, certains auteurs s'imaginent avoir donn&#233; une existence litt&#233;raire &#224; leur pays natal. Cela est d&#233;solant parce qu'ils finissent par se voir avec les yeux, avides d'exotisme, des &#233;trangers qui passent deux semaines au Qu&#233;bec. Ce qui est typique est profond et ne saurait s'assimiler &#224; des st&#233;r&#233;otypes superficiels ni au r&#233;gionalisme qui, selon moi, n'est enracin&#233; que par la localisation. Le probl&#232;me n'est pas d'&#233;crire des histoires qui se passent au Canada, mais d'assumer pleinement et douloureusement toute la difficult&#233; de son identit&#233;. Le Canada fran&#231;ais, comme Fontenelle sur son lit de mort, ressent &#171; une certaine difficult&#233; d'&#234;tre &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nos politiciens f&#233;d&#233;raux, ayant franchi l'&#233;tape premi&#232;re de la sublimation dans un grand &#171; tout &#187;, sont en &#233;tat d'exil &#233;motif continuel, sans quoi d'ailleurs leur situation m&#234;me serait ressentie par eux comme un d&#233;chirement. Ils sont temporisateurs par vocation et nous parlent constamment d'une Conf&#233;d&#233;ration qui de fait n'existe pas. C'est un r&#233;flexe conditionn&#233; : comment pourraient-ils sinc&#232;rement s'enraciner dans un Canada fran&#231;ais que politiquement, par leur pr&#233;sence m&#234;me au f&#233;d&#233;ral, ils acceptent de sacrifier sur l'autel du plus fort ? Tra&#238;tres, non ! Nos f&#233;d&#233;ralistes sont sinc&#232;res, de la leur ambigu&#239;t&#233;.
Le Canadien fran&#231;ais est, au sens propre et figur&#233;, un agent double. Il s'abolit dans l'&#171; excentricit&#233; &#187; et, fatigu&#233;, d&#233;sire atteindre au nirvana politique par voie de dissolution. Le Canadien fran&#231;ais refuse son centre de gravit&#233;, cherche d&#233;sesp&#233;r&#233;ment ailleurs un centre et erre dans tous les labyrinthes qui s'offrent &#224; lui. Ni chass&#233;, ni pers&#233;cut&#233;, il distance pourtant sans cesse son pays dans un exotisme qui ne le comble jamais. Le mal du pays est &#224; la fois besoin et refus d'une culture-matrice. Tous ces &#233;lans de transcendance vers les grands ensembles politiques, religieux ou cosmologiques ne remplaceront jamais l'enracinement ; compl&#233;mentaires, ils enrichiraient ; seuls, ces &#233;lans font du Canadien fran&#231;ais une &#171; personne d&#233;plac&#233;e &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je suis moi-m&#234;me cet homme &#171; typique &#187;, errant, exorbit&#233;, fatigu&#233; de mon identit&#233; atavique et condamn&#233; &#224; elle. Combien de fois n'ai-je pas refus&#233; la r&#233;alit&#233; imm&#233;diate qu'est ma propre culture ? J'ai voulu l'expatriation globale et impunie, j'ai voulu &#234;tre &#233;tranger &#224; moi-m&#234;me, j'ai d&#233;r&#233;alis&#233; tout ce qui m'entoure et que je reconnais enfin. Aujourd'hui, j'incline &#224; penser que notre existence culturelle peut &#234;tre autre chose qu'un d&#233;fi permanent et que la fatigue peut cesser. Cette fatigue culturelle est un fait, une actualit&#233; troublante et douloureuse ; mais c'est peut-&#234;tre aussi le chemin de l'immanence. Un jour, nous sortirons de cette lutte, vainqueurs ou vaincus. Chose certaine, le combat int&#233;rieur, guerre civile individuelle, se poursuit et interdit l'indiff&#233;rence autant que l'euphorie. La lutte est fatale, mais non sa fin.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Canada fran&#231;ais, culture fatigu&#233;e et lasse, traverse depuis longtemps un hiver interminable ; chaque fois que le soleil perce le to&#238;t de nuages qui lui tient lieu de ciel, ce malade affaibli et d&#233;sabus&#233; se met &#224; esp&#233;rer de nouveau le printemps. La culture canadienne fran&#231;aise, longtemps agonisante, rena&#238;t souvent, puis agonise de nouveau et vit ainsi une existence faite de sursauts et d'affaissements.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qu'adviendra-t-il finalement du Canada fran&#231;ais ? A vrai dire, personne ne le sait vraiment, surtout pas les Canadiens fran&#231;ais dont l'ambivalence &#224; ce sujet est typique ; ils veulent simultan&#233;ment c&#233;der &#224; la fatigue culturelle et en triompher, ils pr&#234;chent dans un m&#234;me sermon le renoncement et l'ambition. Qu'on lise, pour s'en convaincre, les articles de nos grands nationalistes, discours profond&#233;ment ambigus o&#249; il est difficile de discerner l'exhortation &#224; la r&#233;volution de l'appel &#224; la constitutionnalit&#233;, la fougue r&#233;volutionnaire de la volont&#233; d'ob&#233;ir. La culture canadienne-fran&#231;aise offre tous les sympt&#244;mes d'une fatigue extr&#234;me : elle aspire &#224; la fois &#224; la force et au repos, &#224; l'intensit&#233; existentielle et au suicide, &#224; l'ind&#233;pendance et &#224; la d&#233;pendance.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'ind&#233;pendance ne peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e que comme levier politique et social d'une culture relativement homog&#232;ne. Elle n'est pas n&#233;cessaire historiquement, pas plus que la culture qui la r&#233;clame ne l'est. Elle ne doit pas &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme un mode d'&#234;tre sup&#233;rieur et privil&#233;gi&#233; pour une communaut&#233; culturelle ; mais, chose certaine, l'ind&#233;pendance est un mode d'&#234;tre culturel tout comme la d&#233;pendance. Sur le plan de la connaissance, les modes d'&#234;tre d'un groupe culturel donn&#233; sont &#233;galement int&#233;ressants. La connaissance se pr&#233;occupe des r&#233;alit&#233;s, non des valeurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;FATIGUE DIALECTIQUE&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; La lutte est intelligibilit&#233;. &#187; (23) - Jean-Paul Sartre&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si la situation de tension est inh&#233;rente &#224; la dialectique et que celle-ci oppose deux p&#244;les adverses qui se r&#233;v&#232;lent l'un &#224; l'autre dans une situation progressive, c'est commettre un acte de l&#232;se-dialectique que de nier que le Canada est un cas dialectique bien d&#233;fini, o&#249; se confrontent deux cultures. Il est plus logique d'aller dans le sens de cette opposition critique des deux cultures, si l'on veut en arriver &#224; comprendre quelque chose &#224; la situation canadienne, que de d&#233;saxer la dialectique historique dans laquelle le Canada fran&#231;ais se trouve impliqu&#233;, en situant le p&#244;le sup&#233;rieur &#224; un niveau tr&#232;s &#233;lev&#233;. Ce d&#233;saxement logique revient &#224; dire ceci : &#171; Le Canada fran&#231;ais est bien petit face &#224; cette r&#233;alit&#233; X ... et sa globalit&#233; devient particularisme selon ce nouvel ordre de grandeur. &#187; Par exemple, on peut &#233;craser dialectiquement le Canada fran&#231;ais en lui octroyant comme point de comparaison, soit la grande masse am&#233;ricaine qui nous envahit, soit la menace d'une guerre atomique mondiale, soit l'urgence d'un d&#233;sarmement mondial, soit l'universalit&#233; de la religion catholique, soit le socialisme mondial, etc. L'invocation d'une r&#233;alit&#233; lointaine et id&#233;ale qui accable notre culture revient souvent chez nos id&#233;ologues et correspond, pratiquement, &#224; une volont&#233; de voir dans la culture canadienne-fran&#231;aise une r&#233;alit&#233; &#171; r&#233;duite &#187;. Les grandes r&#233;alit&#233;s appel&#233;es au secours par nos penseurs ne sont pas d&#233;pourvues de poids ou de signification, mais elles se caract&#233;risent, du point de vue du Canada fran&#231;ais, par un moindre degr&#233; d'action dialectique sur sa culture. Par leur d&#233;marche, elles d&#233;r&#233;alisent le Canada fran&#231;ais qui, sous le coup d'une comparaison accablante, devrait concevoir une grande culpabilit&#233; d'exister en tant que tel, alors qu'il y a de si grands probl&#232;mes.
Une autre fa&#231;on de d&#233;r&#233;aliser le Canada fran&#231;ais est de n'accepter que sa traduction administrative comme province. &#171; Le Qu&#233;bec est une province comme les autres &#187;, ce qui revient &#224; n'accepter la r&#233;alit&#233; de la culture canadienne-fran&#231;aise que selon les termes l&#233;galistes de la Conf&#233;d&#233;ration qui r&#233;gionalise et provincialise cette culture. Ce raisonnement est l'inversion de l'autre selon la grandeur du p&#244;le de confrontation mais le m&#234;me, structuralement, en ce qu'il escamote l'axe Canada fran&#231;ais-Canada anglais qui, historiquement et politiquement, est le plus constitutif, ce qui n'exclut pas les relations pluridimensionnelles du Canada fran&#231;ais avec le monde et l'histoire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Somme toute, nos penseurs ont &#224; maintes reprises refus&#233; la dialectique historique qui nous d&#233;finit et ont fait appel &#224; une autre dialectique qui, en &#233;largissant la confrontation ou en la rapetissant &#224; outrance, signifiait un refus de consid&#233;rer le Canada fran&#231;ais comme une culture globale. Ce refus a constitu&#233; la base id&#233;ologique de plusieurs syst&#232;mes de pens&#233;e au Canada. Nos penseurs ont d&#233;ploy&#233; un grand appareil logique pour sortir de la dialectique canadienne-fran&#231;aise qui demeure, encore aujourd'hui, &#233;puisante, d&#233;primante, inf&#233;riorisante pour le Canadien fran&#231;ais. Le &#171; comment en sortir ? &#187; a &#233;t&#233; le probl&#232;me fondamental de nos penseurs et leurs fuites dialectiques ne font qu'exprimer tragiquement ce go&#251;t morbide pour l'exil dont nos lettres, depuis Cr&#233;mazie, ne font que retentir. Ce qu'ils ont fui, dans le gaspillage id&#233;ologique ou les voyages, c'est une situation intenable de subordination, de m&#233;pris de soi et des siens, d'amertume, de fatigue ininterrompue et de d&#233;sir r&#233;affirm&#233; de ne plus rien entreprendre. Le Canadien fran&#231;ais se pr&#233;sente souvent, dans ses plus hauts porte-parole, comme un peuple blas&#233; qui ne croit ni en lui ni en rien. L'auto-d&#233;valuation a fait son &#339;uvre, depuis le temps, et s'il fallait n'en citer qu'une preuve, je mentionnerais la sur&#233;valuation d&#233;lirante dans laquelle donne maintenant le Canadien fran&#231;ais s&#233;paratiste. Il se bat les flancs, mais il faut dire, &#224; sa d&#233;charge, que s'il ne le fait pas, il risque bien, conditionn&#233; comme il l'est &#224; l'affaissement et &#224; la d&#233;faite, de se prendre pour le dernier des idiots et que son propre milieu ne manque jamais de lui faire savoir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Canada fran&#231;ais, culture agonisante et fatigu&#233;e, se trouve au degr&#233; z&#233;ro de la politique. Ceux qui ont r&#233;ussi en politique au Canada fran&#231;ais, ce sont les a-nationaux, c'est-&#224;-dire ceux qui &#171; repr&#233;sentaient &#187; le mieux ce pcuple d&#233;r&#233;alis&#233;, parcellis&#233; et d&#233;poss&#233;d&#233; par surcro&#238;t. La r&#233;ussite de nos politiciens au f&#233;d&#233;ral a repos&#233; sur leur d&#233;globalisation culturelle. Leur &#171; inexistence &#187; a &#233;t&#233; &#224; l'image de la culture harnach&#233;e qu'ils repr&#233;sentaient et qu'ils se sont &#224; peu pr&#232;s tous empresser de &#171; fatiguer &#187; encore plus en la folklorisant, si bien que le gouvernement f&#233;d&#233;ral, par sa dur&#233;e m&#234;me, proclame qu'il n'existe plus de tension dialectique entre la culture canadienne-fran&#231;aise et l'autre. Le gouvernement f&#233;d&#233;ral n'est pas le lieu d'une lutte fondamentale et constituante ; en fait, il ne l'a jamais &#233;t&#233;, ou si peu. Cette superstructure f&#233;d&#233;rale, en consacrant l'apaisement politique du Canada fran&#231;ais, ne r&#233;sulte pas de la dialectique historique des deux Canada, mais de la volont&#233; de supprimer cette dialectique, si bien qu'Ottawa, capitale entre deux cultures, r&#232;gne en fait sur dix provinces. Le portrait politique du Canada d&#233;figure la r&#233;alit&#233; de l'affrontement de deux cultures et noie cet affrontement dans un r&#233;gime unitaire d&#233;guis&#233; qui l&#233;galement consid&#232;re le Canada fran&#231;ais comme une province sur dix. La lutte dialectique entre les deux Canada ne se d&#233;roule pas &#224; Ottawa ; elle est &#171; d&#233;politis&#233;e &#187; en ce sens, du moins, que nulle &#171; institution &#187; n'&#233;mane d'elle, ni ne la contient. Cette lutte dialectique se d&#233;roule ailleurs, un peu partout et jusqu'au fond des consciences. Ce n'est pas &#224; nous de dire si elle aboutira, mais il importe de savoir qu'elle continue et qu'elle devient de plus en plus in&#233;vitable. La fatigue, si grande soit-elle, n'est pas la mort.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'universalisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On m'aurait mal compris si, au cours de ce texte on avait cru que je d&#233;pr&#233;ciais l'universalisme parce que j'ai tent&#233; de r&#233;tablir la r&#233;alit&#233; des phrases &#171; transitoires &#187; de l'Histoire, ainsi que l'importance d'une culture propre ou du &#171; fait national &#187;. (24)
L'universalisme ne doit &#233;voquer en rien les h&#233;g&#233;monies ou les anciens empires, et ne saurait s'&#233;difier sur le cadavre des cultures &#171; nationales &#187; non plus que sur celui des hommes. Je crois sinc&#232;rement que l'humanit&#233; est engag&#233;e dans une entreprise de convergence et d'union. Mais ce projet d'unanimisation, comme le d&#233;crit Senghor d'apr&#232;s Teilhard de Chardin, doit ressembler, pour s'accomplir, &#224; un projet d'amour et non de fusion am&#232;re dans une totalisation forc&#233;e et st&#233;rile. La dialectique d'opposition doit devenir une dialectique d'amour. La coh&#233;rence universelle ne doit pas se faire au prix de l'abdication de la personne ou des &#171; rameaux humains &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qu'on me permette ici de citer Teilhard de Chardin, dont la pens&#233;e me para&#238;t exprimer ad&#233;quatement cette r&#233;conciliation finale du particulier et du g&#233;n&#233;ral, de ce qui est &#171; propre &#187; et de ce qui est &#171; universel &#187; : &#171; L'amour a toujours &#233;t&#233; soigneusement &#233;cart&#233; des constructions r&#233;alistes et positivistes du Monde. Il faudra bien qu'on se d&#233;cide un jour &#224; reconna&#238;tre en lui l'&#233;nergie fondamentale de la Vie, oui, si l'on pr&#233;f&#232;re, le seul milieu naturel en quoi puisse se prolonger le mouvement ascendant de l'&#233;volution. L'amour qui resserre sans les confondre ceux qui s'aiment, et l'amour qui leur fait trouver dans ce contact mutuel une exaltation capable, cent fois mieux que tout orgueil solitaire, de susciter au fond d'eux-m&#234;mes les plus puissantes et cr&#233;atives originalit&#233;s. L'Union diff&#233;rencie, disais-je, ceci ayant pour premier r&#233;sultat de conf&#233;rer &#224; un Univers de convergence le pouvoir de prolonger, sans les confondre, les fibres individuelles qu'il rassemble. Dans un Univers de convergence, chaque &#233;l&#233;ment trouve son ach&#232;vement non point directement dans sa propre consommation, mais dans son incorporation au sein d'un p&#244;le sup&#233;rieur de conscience en qui seul il peut entrer en contact avec tous les autres. Par une sorte de retournement dans l'Autre, sa croissance culmine en don et en excentration &#187;. (25)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'union, d'accord ! mais entre des existants qui se reconnaissent mutuellement. Cette union plan&#233;taire, dont parle Teilhard de Chardin, ne saurait ressembler &#224; un r&#232;gne constitutionnel des plus forts sur les disparus virtuels ni &#224; la domination d'un tout l&#233;gal et ext&#233;rieur sur ses parties. Et je reprends la formule de Teilhard de Chardin : &#171; Il faut des nations pleinement conscientes, pour une terre totale &#187;, formule qui m'appara&#238;t plus comme l'expression d'un universalisme impatient de s'affirmer comme tel, f&#251;t-ce aux d&#233;pens de toutes les existences &#224; qui il propose l'extase, mais non le plus-&#234;tre individuel sans lequel il deviendrait futile de vouloir s'unir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le progr&#232;s continu et irr&#233;versible est peut-&#234;tre r&#233;el, mais selon un tel espace et une mesure si longue du temps humain, que nulle r&#233;volution ne peut dogmatiquement d&#233;cr&#233;ter que toutes celles qui ne semblent pas la continuer sont de trop ou p&#233;rim&#233;es. Qui donc peut se vanter d'avoir &#224; ce point fait avancer l'humanit&#233; que des entreprises, impr&#233;vues par lui, monopole certain de la r&#233;volution et n'a le droit, par cons&#233;quent, de condamner des r&#233;volutions divergentes ou selon une trajectoire. &#171; Id&#233;alement, &#233;crit Roland Barthes, la R&#233;volution &#233;tant une essence, a sa place partout, elle est logique et n&#233;cessaire en n'importe quel point des si&#232;cles &#187;. (26)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Hubert Aquin, 1962&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;f&#233;rences :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1. Oeuvres de Teilhard de Chardin, tome V, p. 74.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2. In &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Cit&#233; libre&lt;/i&gt;, num&#233;ro 46, avril 1962.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;3. P.E. Trudeau, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;idem&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;4. Les guerres &#171; nationalistes &#187; du 19i&#232;me si&#232;cle sont parfois attribu&#233;es, en remontant la cha&#238;ne des &#171; causes &#187;, au Congr&#232;s de Vienne de 1815, premier &#171; sommet &#187; pour la paix : &#171; &#192; Vienne, la carte de l'Europe est refaite. Mais la libert&#233;, l'esprit des nationalit&#233;s, le droit des peuples sont tenus &#224; l'&#233;cart de cette construction. L'acte final de Vienne contient la germe des guerres qui vont ensanglanter la deuxi&#232;me moiti&#233; du XIXe si&#232;cle. Les nationalit&#233;s opprim&#233;es dans leur &#233;lan accentueront la discorde entre les gouvernements et les peuples. &#187; F&#233;lix Ponteil, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#201;veil des nationalit&#233;s et le mouvement lib&#233;ral&lt;/i&gt;, P.U.F., Paris, 1960, p. 4.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;5. &#171; Le professeur Wright note qu'entre 1482 et 1941, c'est-&#224;-dire entre le trait&#233; d'Arras qui consacrait le succ&#232;s des efforts de Louis XV et en fait la fin de la f&#233;odalit&#233;, et l'entr&#233;e des &#201;tats-Unis dans la Deuxi&#232;me Guerre mondiale, on peut compter 278 guerres et 700 millions de victimes directes. &#187; G&#233;n&#233;ral Gallois, cit&#233; par Louis Armand, dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Plaidoyer pour l'avenir&lt;/i&gt;, Calman-L&#233;vy, 1961, p. 146.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;6. Pierre Elliott Trudeau mentionne aussi, comme autre cause ext&#233;rieure de la guerre, la technologie moderne. Sur ce point, il fait une invention causale. La corr&#233;lation technologie-guerre me para&#238;t fonctionner dans l'autre sens : c'est la guerre, assur&#233;ment, qui a cr&#233;&#233; l'outil et non celui-ci qui a engendr&#233; la guerre. L'outil toutefois a d&#251; agir, en retour, pour perfectionner ou &#233;tendre les moyens de destruction, mais on ne saurait accabler le progr&#232;s technique qui, sur le plan fonctionnel, peut aussi bien servir que d&#233;truire. Il en va ainsi du feu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;7. Je trouve dans Teilhard de Chardin cette phrase : &#171; ... la vraie paix n'est pas la cessation ni le contraire de la guerre, elle est bien plut&#244;t une forme naturellement sublim&#233;e de celle-ci. &#187; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Oeuvre&lt;/i&gt; de Pierre Teilhard de Chardin, tome V, p. 196.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;8. Claude L&#233;vi-Strauss, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Entretiens avec Claude L&#233;vi-Strauss&lt;/i&gt;, Paris, 1961, Julliard, pp. 41-45.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;9. Cheikh Anta Diop, in &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Pr&#233;sence Africaine&lt;/i&gt;, num&#233;ro 24-25, 1959, p. 376.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;10. &#171; Le concept de nation ... c'est un concept qui pourrit tout &#187;, p. 6, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;idem&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;11. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Idem&lt;/i&gt;, p. 15.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;12. Andr&#233; Langevin, &#171; Einstein et la paix &#187;, le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Nouveau Journal&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, avril 1962.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;13. &#171; Cette peur de la guerre fatale, cette peur qui ne voit de rem&#232;de &#224; la guerre que dans une peur accrue de la guerre, c'est cela qui empoisonne l'atmosph&#232;re autour de nous. &#187; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Oeuvres&lt;/i&gt; de Pierre Teilhard de Chardin, tome V, p. 191.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;14. La notion de culture, d'apr&#232;s E.B. Tylor, est : &#171; That complex whole which includes knowledge, belief, art, morals, laws, custom, and any other capabilities and habits acquired by man as a member of society &#187;, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Primitive culture&lt;/i&gt;, Londres, 1871, vol. 1, p. 1. Plus pr&#232;s de nous, Cl. L&#233;vi-Strauss pr&#233;cise : &#171; Le langage est &#224; la fois le fait culturel par excellence et celui par l'interm&#233;diaire duquel toutes les formes de la vie sociale s'&#233;tablissent et se perp&#233;tuent. &#187; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Anthropologie structurale&lt;/i&gt;, Paris, 1958, p. 392.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;15. Aim&#233; C&#233;saire, &#171; Culture et colonisation &#187;, conf&#233;rence prononc&#233;e &#224; la Sorbonne en septembre 1956.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;16. Jean-Paul Sartre, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Critique de la raison dialectique&lt;/i&gt;, Gallimard, Paris, 1960, p. 715.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;17. Pierre Elliott Trudeau, &#171; La nouvelle trahison des clercs &#187;, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Cit&#233; libre&lt;/i&gt;, avril 1962, p. 16.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;18. &#171; ... l'image qu'un peuple se fait de lui-m&#234;me n'est pas moins st&#233;r&#233;otyp&#233;e que celle qu'il se fait des autres, car elle proc&#232;de des m&#234;mes m&#233;thodes irrationnelles, arbitraires et irresponsables &#187;, Jean Stoctzel, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Jeunesse sans chrysanth&#232;me ni sabre&lt;/i&gt;, Paris, 1953, p. 15.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;19. Pierre Elliott Trudeau, &#171; La nouvelle trahison des clercs &#187;, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Cit&#233; libre&lt;/i&gt;, avril 1962, p. 16.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;20. Jean-Paul Sartre, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Critique de la raison dialectique&lt;/i&gt;, Gallimard, Paris, 1960, p. 572.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;21. Pierre Elliott Trudeau, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;idem&lt;/i&gt;, p. 10.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;22. Lord Durham disait vrai, en ce sens, quand il a &#233;crit que le Canada fran&#231;ais &#233;tait un peuple sans histoire ! L'Histoire &#233;tant &#233;videmment d&#233;volue au peuple canadien-anglais, il ne nous resterait qu'&#224; la prendre comme on prend un train. Si nous acceptons de jouer un r&#244;le, si noble soit-il, c'est forc&#233;ment &#224; l'int&#233;rieur d'une histoire faite par d'autres. On ne peut &#224; la fois &#234;tre une fonction et l'organisme qui la r&#233;git, une entit&#233; culturelle &#171; enr&#244;l&#233;e &#187; et une totalit&#233; historique. J'emploie ici le mot histoire dans son sens h&#233;g&#233;lien qui est aussi celui du Star de Montr&#233;al (&#171; History in the making &#187;). Pour ce qui est de la science historique, c'est autre chose. Nous en avons une ; h&#233;las, elle n'int&#233;resse que nous.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;23. Jean-Paul Sartre, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Critique de la raison dialectique&lt;/i&gt;, Gallimard, Paris, 1960, p. 753.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;24. &#171; Marx minimisait le fait national. Les jeunes nationalismes de couleur lui infligent un d&#233;menti. Mais l&#224; o&#249; les nationalistes ne veulent voir qu'un ph&#233;nom&#232;ne racial, religieux, politique ou social, Teilhard de Chardin d&#233;couvre une synth&#232;se &#171; ethnico-politico-culturelle &#187;. Il conclut : &#171; La subdivision ou unit&#233; naturelle d'humanit&#233; n'est donc ni la seule race des anthropologistes, ni les seules nations ou cultures des sociologues ; elle est un certain compos&#233; des deux, auquel, faute de mieux, je donnerai d&#233;sormais le nom de rameau humain &#187;. (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Oeuvres&lt;/i&gt; de Pierre Teilhard de Chardin, tome III, p. 284). Et de citer l'exemple de la France &#187; L&#233;opold S&#233;dar Senghor, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Pierre Teilhard de Chardin et la politique africaine&lt;/i&gt;, Seuil, Paris, 1962, p. 49.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;26. Roland Barthes, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Michelet par lui-m&#234;me&lt;/i&gt;, Seuil, Paris, 1954, p.55&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;25. Pierre Teilhard de Chardin, Oeuvres, V, pp. 75-76.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>On tire encore sur les intellos et sur le nationalisme qu&#233;b&#233;cois</title>
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		<description>Quand il rend hommage &#224; Hubert Aquin (Le Devoir, &#233;t&#233; 1997) , Lamberto Tassinari m'&#233;tonne et m'enchante, mais quand il pr&#233;tend que la question nationale emp&#234;che les gens de penser librement (Le Devoir, 24 juillet 2000), je ne sais plus si je dois rire ou pleurer... Eh oui, (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Quand il rend hommage &#224; Hubert Aquin (Le Devoir, &#233;t&#233; 1997) , Lamberto Tassinari m'&#233;tonne et m'enchante, mais quand il pr&#233;tend que la question nationale emp&#234;che les gens de penser librement (Le Devoir, 24 juillet 2000), je ne sais plus si je dois rire ou pleurer... Eh oui, Tassinari d&#233;plore, &#224; son tour &#171; l'absence des (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/On-tire-encore-sur-les-intellos-et"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Seconde mort d'Hubert Aquin</title>
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		<description>Il y a 30 ans aujourd'hui qu'Hubert Aquin a d&#233;cid&#233; de nous quitter. Je pense souvent &#224; lui. J'aurais voulu vieillir en sachant qu'il montait la garde. Est-il besoin de dire &#224; quel point il nous manque (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Il y a 30 ans aujourd'hui qu'Hubert Aquin a d&#233;cid&#233; de nous quitter. Je pense souvent &#224; lui. J'aurais voulu vieillir en sachant qu'il montait la garde. Est-il besoin de dire &#224; quel point il nous manque ? - &lt;a href="http://www.vigile.net/Seconde-mort-d-Hubert-Aquin"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Oublier Hubert Aquin ?</title>
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		<dc:creator>Lamberto Tassinari - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>Au Qu&#233;bec, il suffirait de citer certains passages de l'oeuvre d'Hubert Aquin pour &#233;clairer encore de fa&#231;on aigu&#235; et pertinente notre actualit&#233; sociale et politique. Et pourtant, &#224; vingt ans de son suicide, ni le milieu intellectuel ni les m&#233;dias n'ont senti, &#224; pr&#233;sent, la (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Au Qu&#233;bec, il suffirait de citer certains passages de l'oeuvre d'Hubert Aquin pour &#233;clairer encore de fa&#231;on aigu&#235; et pertinente notre actualit&#233; sociale et politique. Et pourtant, &#224; vingt ans de son suicide, ni le milieu intellectuel ni les m&#233;dias n'ont senti, &#224; pr&#233;sent, la n&#233;cessit&#233; de comm&#233;morer cet anniversaire. Une telle (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Oublier-Hubert-Aquin"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Une mort pr&#233;cipit&#233;e</title>
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		<description>http://www.fabula.org/actualites/ar... Il y a 30 ans, le 15 mars 1977, &#224; l'&#226;ge de 47 ans, Hubert Aquin s'enlevait la vie avec le fusil de chasse h&#233;rit&#233; de son p&#232;re. Il avait publi&#233; quatre romans. Sa vie fut br&#232;ve, une existence faite de sursauts et d'affaissements, &#224; (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;http://www.fabula.org/actualites/ar... Il y a 30 ans, le 15 mars 1977, &#224; l'&#226;ge de 47 ans, Hubert Aquin s'enlevait la vie avec le fusil de chasse h&#233;rit&#233; de son p&#232;re. Il avait publi&#233; quatre romans. Sa vie fut br&#232;ve, une existence faite de sursauts et d'affaissements, &#224; l'image de notre vie collective qui n'avait (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Une-mort-precipitee"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Le prince insurg&#233;</title>
		<link>http://www.vigile.net/Le-prince-insurge</link>
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		<dc:date>2007-03-10T13:25:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Andr&#233;e Ferretti - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>Aussi princier, aussi insurg&#233; qu'au d&#233;but des ann&#233;es 1960, mais si profond&#233;ment bless&#233; par notre inconsistance nationale, par l'indigence intellectuelle et la d&#233;loyaut&#233; envers le peuple de notre &#233;lite politique, &#233;conomique et culturelle et, plus que tout, par l'incoh&#233;rence de (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Aussi princier, aussi insurg&#233; qu'au d&#233;but des ann&#233;es 1960, mais si profond&#233;ment bless&#233; par notre inconsistance nationale, par l'indigence intellectuelle et la d&#233;loyaut&#233; envers le peuple de notre &#233;lite politique, &#233;conomique et culturelle et, plus que tout, par l'incoh&#233;rence de l'ensemble du mouvement ind&#233;pendantiste, (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Le-prince-insurge"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Le nationalisme honteux</title>
		<link>http://www.vigile.net/Le-nationalisme-honteux</link>
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		<dc:date>2006-11-11T14:39:44Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Denise Bombardier - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>Il ne faudrait pas s'&#233;tonner que, dans un avenir rapproch&#233;, les porte-voix divers de la rectitude politique exigent qu'on r&#233;&#233;crive les paroles de l'hymne national compos&#233; par Basile Routhier, &#171; &#212; Canada, terre de nos a&#239;eux &#187; &#233;tant per&#231;u comme offensant par tous ceux dont les (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Il ne faudrait pas s'&#233;tonner que, dans un avenir rapproch&#233;, les porte-voix divers de la rectitude politique exigent qu'on r&#233;&#233;crive les paroles de l'hymne national compos&#233; par Basile Routhier, &#171; &#212; Canada, terre de nos a&#239;eux &#187; &#233;tant per&#231;u comme offensant par tous ceux dont les anc&#234;tres viennent d'ailleurs. Les d&#233;bats (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Le-nationalisme-honteux"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	<item>
		<title>La libert&#233; : un peuple blas&#233; ? </title>
		<link>http://www.vigile.net/La-liberte-un-peuple-blase</link>
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		<dc:date>2006-11-10T14:12:27Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Hubert Aquin - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>&#171; La fatigue culturelle du Canada fran&#231;ais &#187;, dont est tir&#233; ce texte, a &#233;t&#233; publi&#233; en mai 1962 dans la revue Libert&#233;, Tous les jours de cette semaine, nous en publions des extraits correspondant au d&#233;bat du jour, auquel le public est convi&#233; &#224; la salle Marie-G&#233;rin-Lajoie de l'UQAM &#224; 20h (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&#171; La fatigue culturelle du Canada fran&#231;ais &#187;, dont est tir&#233; ce texte, a &#233;t&#233; publi&#233; en mai 1962 dans la revue Libert&#233;, Tous les jours de cette semaine, nous en publions des extraits correspondant au d&#233;bat du jour, auquel le public est convi&#233; &#224; la salle Marie-G&#233;rin-Lajoie de l'UQAM &#224; 20h (entr&#233;e libre). Le d&#233;bat est anim&#233; par Michel (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/La-liberte-un-peuple-blase"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	<item>
		<title>La honte : se fabriquer des h&#233;ros plut&#244;t qu'un &#201;tat </title>
		<link>http://www.vigile.net/La-honte-se-fabriquer-des-heros</link>
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		<dc:date>2006-11-09T14:25:06Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Hubert Aquin - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>L'exploit seul nous valorise et, selon cette exigence pr&#233;cise, il faut convenir que Maurice Richard a mieux r&#233;ussi que nos politiciens f&#233;d&#233;raux. Nous avons l'esprit sportif sur le plan national et comme nous r&#234;vons de fabriquer des h&#233;ros plut&#244;t qu'un &#201;tat, nous nous effor&#231;ons (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;L'exploit seul nous valorise et, selon cette exigence pr&#233;cise, il faut convenir que Maurice Richard a mieux r&#233;ussi que nos politiciens f&#233;d&#233;raux. Nous avons l'esprit sportif sur le plan national et comme nous r&#234;vons de fabriquer des h&#233;ros plut&#244;t qu'un &#201;tat, nous nous effor&#231;ons de gagner individuellement des luttes (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/La-honte-se-fabriquer-des-heros"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>La race : le Qu&#233;bec comme Etat monoculturel </title>
		<link>http://www.vigile.net/La-race-le-Quebec-comme-Etat</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/La-race-le-Quebec-comme-Etat</guid>
		<dc:date>2006-11-08T23:40:08Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Hubert Aquin - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>&#171; La Fatigue culturelle du Canada fran&#231;ais &#187;, dont est tir&#233; ce texte, a &#233;t&#233; publi&#233; en mai 1962 dans la revue libert&#233; *. Tous les jours de cette semaine, nous en publions des extraits correspondant au d&#233;bat du jour, auquel le public est convi&#233; &#224; la salle Marie-G&#233;rin-Lajoie de l'UQAM &#224; 20h (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&#171; La Fatigue culturelle du Canada fran&#231;ais &#187;, dont est tir&#233; ce texte, a &#233;t&#233; publi&#233; en mai 1962 dans la revue libert&#233; *. Tous les jours de cette semaine, nous en publions des extraits correspondant au d&#233;bat du jour, auquel le public est convi&#233; &#224; la salle Marie-G&#233;rin-Lajoie de l'UQAM &#224; 20h (entr&#233;e libre). Le d&#233;bat est anim&#233; par Michel (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/La-race-le-Quebec-comme-Etat"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>La guerre : le Qu&#233;bec est-il capable d'accepter l'affrontement ?</title>
		<link>http://www.vigile.net/La-guerre-le-Quebec-est-il-capable</link>
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		<dc:date>2006-11-07T18:19:09Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator> Collectif - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>La Fatigue culturelle du Canada fran&#231;ais, dont est tir&#233; ce texte, a &#233;t&#233; publi&#233; en mai 1962 dans la revue Libert&#233;. Tous les jours de cette semaine, nous en publions des extraits correspondant au d&#233;bat du jour auquel le public est convi&#233;, &#224; la salle Marie-G&#233;rin-Lajoie de l'UQAM &#224; 20h (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La Fatigue culturelle du Canada fran&#231;ais, dont est tir&#233; ce texte, a &#233;t&#233; publi&#233; en mai 1962 dans la revue Libert&#233;. Tous les jours de cette semaine, nous en publions des extraits correspondant au d&#233;bat du jour auquel le public est convi&#233;, &#224; la salle Marie-G&#233;rin-Lajoie de l'UQAM &#224; 20h (entr&#233;e libre). Le d&#233;bat est anim&#233; par Michel Lacombe &#224; la suite de l'&#233;mission de radio de la Premi&#232;re Cha&#238;ne diffus&#233;e &#224; 19h30.&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce soir, le th&#232;me &#171; Une soci&#233;t&#233; du consensus : sommes-nous capables d'accepter l'affrontement et donc de r&#233;soudre les conflits ? &#187; r&#233;unira Yvon Rivard, Jean-Marc Piotte, Jean-Christian Pleau et Christian Dufour.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est faire fausse route que de demander &#224; des groupes constitu&#233;s en groupes in&#233;gaux, inf&#233;rieurs ou &#233;cart&#233;s de sauter une &#233;tape du processus dialectique qui r&#233;git les ensembles internationaux. Il n'y a pas de raccourci possible pour passer de l'inf&#233;riorit&#233;, ressentie collectivement, &#224; la collaboration d'&#233;gal &#224; &#233;gal. &#192; moins peut-&#234;tre, que ce raccourci ne soit la suppression pure et simple du groupe en question en situation quelconque de minorit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; En m&#234;me temps que l'on vous invite &#224; construire la civilisation de l'universel, on nous demande de renoncer &#224; notre culture... &#187;, a dit L&#233;opold Senghor, nous rappelant ainsi que l'&#171; universel &#187; ne doit exister que gr&#226;ce &#224; la participation libre et active de tous les &#233;l&#233;ments particuliers qui auront choisi de le cr&#233;er. Si les particularismes sont vraiment des extravagances ou des caprices insolites, ils ne r&#233;sisteront pas longtemps aux excommunications &#187; dont ils sont l'objet.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Si l'on nous avait donn&#233; l'exemple d'un pays qui, pour &#234;tre plus progressiste que les autres, ait renonc&#233; unilat&#233;ralement &#224; la culture nationale, &#224; son pass&#233; - pour mieux s'universaliser, nous pourrions suivre cet exemple. Mais cela n'existe pas encore... Nous nous soucions d'&#233;laborer une culture nationale qui serait tout simplement, pour nous, un rempart de s&#233;curit&#233;, en attendant que la s&#233;curit&#233; de toute notre plan&#232;te soit r&#233;alisable. &#187; (Cheikh Anta Diop, dans Pr&#233;sence africaine, no 24-25, 1959, p. 376)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le nationalisme, un r&#233;tr&#233;cissement ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;[...] Faut-il cesser de faire des r&#233;volutions parce qu'on sait, de toute &#233;ternit&#233; ou presque, que les r&#233;volutions passent ? Faut-il, au nom de grands corps politiques f&#233;d&#233;ratifs ou imp&#233;riaux qui, eux aussi, sombreront au fond des &#226;ges, condamner des entreprises ou des r&#233;volutions qui finiront bien par finir ? Si le nationalisme de quelque groupe que ce soit, s&#233;n&#233;galais ou canadien-fran&#231;ais, est r&#233;trograde, j'ose croire que c'est pour d'autres raisons que la p&#233;rennit&#233; de la Communaut&#233; fran&#231;aise ou la sup&#233;riorit&#233; inh&#233;rente &#224; un grand ensemble comme la Conf&#233;d&#233;ration sur un petit ensemble comme l'&#201;tat du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce serait alors parce que le nationalisme engendre des guerres ? Je crois avoir d&#233;montr&#233; la fragilit&#233; de cette corr&#233;lation entre le nationalisme et la guerre. Ce serait donc parce que le nationalisme va fatalement vers la droite sociale-politique ? C'est l&#224; pr&#233;juger d'une orientation future d'apr&#232;s d'anciennes aventures politiques : et rien ne m'oblige &#224; croire que la r&#233;alit&#233; de demain sera selon celle, regrettable j'en conviens, d'hier et d'avant-hier.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je ne crois pas plus &#224; l'essence pr&#233;d&#233;termin&#233;e des peuples que je [ne] crois &#224; celle des personnes ; en politique, une doctrine essentialiste ne peut conclure qu'&#224; l'immobilisme. Les peuples n'ont pas d'essence. Pendant un temps donn&#233; d'observation, ils peuvent se caract&#233;riser par des attitudes ou des institutions sp&#233;cifiques ; mais cela n'est pas une essence. Les peuples sont ontologiquement ind&#233;termin&#233;s, et cette ind&#233;termination est le fondement m&#234;me de leur libert&#233;. L'histoire &#224; venir d'un groupe humain n'est pas fatale, elle est impr&#233;visible. &#171; Un homme se d&#233;finit par son projet &#187;, a dit Jean-Paul Sartre. Un peuple aussi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le nationalisme serait condamnable parce qu'il pr&#233;conise un r&#233;tr&#233;cissement communautaire alors que le mouvement de l'Histoire va dans le sens d'une mondialisation irr&#233;versible ? &#192; cela, je dirai que l'humanit&#233; offre &#224; l'historien une belle anthologie de chutes d'empires : Alexandre, Gengis Khan, Soliman le Magnifique, Mahomet, Franz Joseph, Hadrien, C&#233;sar, Victoria... ont proclam&#233; la p&#233;rennit&#233; d'empires polyethniques et polyculturels qui se sont tous &#233;galement r&#233;tr&#233;cis.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il se pourrait bien alors, si l'histoire avec un grand &#171; H &#187; a un sens, que ce soit dans le r&#233;tr&#233;cissement qu'on le trouve avec autant de preuves irr&#233;futables &#224; l'appui que dans l'int&#233;gration plan&#233;taire et mondiale. Mais je cherche encore pourquoi le nationalisme, selon Trudeau, et plus particuli&#232;rement son expression s&#233;paratiste actuelle au Canada fran&#231;ais, est un ferment de r&#233;gression historique, sociale, humaine et logique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Yvon Rivard, Jean-Marc Piotte, Jean-Christian Pleau, Christian Dufour&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Le prestige de l'ind&#233;pendance</title>
		<link>http://www.vigile.net/Le-prestige-de-l-independance</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Le-prestige-de-l-independance</guid>
		<dc:date>2006-11-07T17:53:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Andr&#233;e Ferretti - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Le peuple qu&#233;b&#233;cois est loin d'&#234;tre fatigu&#233;, si ce n'est de ses fatigants, de ses &#233;lites politiques de tous poils, nationalistes &#224; l'ancienne, tels les Robert Bourassa et ses disciples, &#224; la moderne, tels les Ren&#233; L&#233;vesque, ses successeurs et ses adeptes, qui tentent sans (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Texte lu par l'auteure, lundi 7 novembre, lors du d&#233;bat inaugurant le colloque Hubert Aquin.&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Afin de vous indiquer d'embl&#233;e mon point de vue sur le th&#232;me d&#233;battu ce soir, je vous informe que je suis ind&#233;pendantiste. Je le suis devenue &#224; l'automne 1956, en assistant &#224; quelques cours de l'historien Maurice S&#233;guin qui renouvelait radicalement la compr&#233;hension de notre histoire nationale. Depuis, je milite pour l'ind&#233;pendance nationale du Qu&#233;bec. Ce qui signifie qu'il y a 50 ans que j'ai irr&#233;versiblement rompu avec le nationalisme traditionnel, d'une part, et que, d'autre part, je n'ai jamais &#233;t&#233; une souverainiste aux diverses modes p&#233;quistes. Par cons&#233;quent, je ne suis pas fatigu&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Car, il s'agit bien de cela, n'est-ce pas ? Et vous le savez. Nous le savons tous. M&#234;me ceux qui par peur ou par opportunisme font semblant de ne pas le comprendre. Malheureusement, ils sont nombreux et occupent souvent des postes de pouvoir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qu'a donc &#233;crit Hubert Aquin dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La fatigue culturelle du Canada fran&#231;ais&lt;/i&gt; qui serait encore pertinent, pour ne pas dire plus actuel que jamais ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'abord, et c'est &#224; mon avis, l'id&#233;e centrale du texte, il affirme que &#171; Le Canada fran&#231;ais est une culture globale &#187; autrement dit, et il le dit, &#171; une culture nationale &#187; dont &#171; le s&#233;paratisme canadien-fran&#231;ais n'est qu'une de ses manifestations constituantes &#187; et sp&#233;cifie-t-il, &#171; sa force de frappe est plus grande que celle de toutes les autres formes d'existence culturelle parce qu'elle contient un germe r&#233;volutionnaire qui peut remettre en question l'ordre constitutionnel &#233;tabli &#224; l'&#233;chelle du Canada &#187;. Mais, pr&#233;cis&#233;ment, c'est parce que ce s&#233;paratisme n'est continuellement qu'un germe, que &#171; La culture canadienne-fran&#231;aise offre tous les sympt&#244;mes d'une fatigue extr&#234;me &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qu'en est-il aujourd'hui ? Le Qu&#233;bec en tant que culture globale est-il encore dans la fatigue d&#233;crite par Hubert Aquin ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je ne le crois pas.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le peuple qu&#233;b&#233;cois est loin d'&#234;tre fatigu&#233;, si ce n'est de ses fatigants, de ses &#233;lites politiques de tous poils, nationalistes &#224; l'ancienne, tels les Robert Bourassa et ses disciples, &#224; la moderne, tels les Ren&#233; L&#233;vesque, ses successeurs et ses adeptes, qui tentent sans cesse, sans vergogne, et heureusement sans r&#233;el succ&#232;s, de le d&#233;tourner du seul chemin qui le m&#232;nerait &#224; sa pleine &#233;mancipation, &#224; savoir &#224; son ind&#233;pendance nationale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Car, il s'agit bien de cela.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Loin d'&#234;tre fatigu&#233;, le peuple qu&#233;b&#233;cois est plus cr&#233;ateur, plus dynamique, plus solidaire, plus fier, plus puissant, plus vivant qu'il ne l'a jamais &#233;t&#233;, au cours de son histoire. On ne compte plus ses scientifiques et ses inventeurs, ses artistes et ses &#233;crivains dont les d&#233;couvertes et leurs applications, dont les &#339;uvres et leurs interpr&#233;tations ne soient reconnues ici et dans le monde autant pour leur caract&#232;re unique que pour leur exacte insertion dans la modernit&#233;. Il en est de m&#234;me du r&#244;le de l'industrie, de celui des institutions et de celui des inventions technologiques dans le d&#233;veloppement culturel. Et que dire des multiples manifestations de la culture populaire qui ne cessent de s'inventer des f&#234;tes et des festivals, de fouiller dans sa g&#233;n&#233;alogie, de fabriquer des fromages, de mettre en valeur chaque attrait touristique de ses villages. Et, progr&#232;s incommensurable par rapport au tournant des ann&#233;es 1960, le peuple qu&#233;b&#233;cois se prend lui-m&#234;me de plus en plus comme point de r&#233;f&#233;rences, les &#339;uvres des pr&#233;d&#233;cesseurs, dans tous les domaines du savoir, de l'art, et de l'entrepreneurship, devenant source d'inspiration et de re-cr&#233;ation, accomplissant, ce qu'Aquin disait : &#171; Plus on s'identifie &#224; soi-m&#234;me, plus on devient communicable, car c'est au fond de soi-m&#234;me qu'on d&#233;bouche sur l'expression. &#187; Ainsi, est disparu un des sympt&#244;mes de notre fatigue identifi&#233; par notre auteur : la n&#233;cessit&#233; du d&#233;racinement et de l'exil, de la perc&#233;e &#224; Ottawa et de la ratification du talent &#224; Paris.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Loin d'&#234;tre fatigu&#233;, le peuple qu&#233;b&#233;cois commence m&#234;me &#224; donner naissance &#224; des philosophes, c'est-&#224;-dire &#224; des penseurs qui posent sur sa soci&#233;t&#233; et sur le monde un regard qui lui est propre, et qui lui renvoie de lui-m&#234;me et du monde une repr&#233;sentation qui lui est &#224; la fois particuli&#232;re et universelle. C'est un des aboutissements, et pas le moindre, du travail de d&#233;sali&#233;nation entrepris par le mouvement ind&#233;pendantiste, &#224; la fin des ann&#233;es 1950 et men&#233; sans cesse depuis. Que cette repr&#233;sentation soit s&#233;v&#232;re pour lui-m&#234;me, voire m&#234;me n&#233;gative, parfois, n'est pas de la plus grande importance. L'important, c'est que, gr&#226;ce &#224; ce travail de la pens&#233;e, les Qu&#233;b&#233;cois ne se laissent plus d&#233;finir par les autres. Les vues m&#233;prisantes des Jane Wong et compagnie indignent d&#233;sormais jusqu'au d&#233;s&#226;m&#233; Jean Charest. En effet, un des plus grands acquis de la lutte pour l'ind&#233;pendance tient au fait que les Qu&#233;b&#233;cois de nationalit&#233; canadienne-fran&#231;aise se sont sorti de la n&#233;vrose collective du doute qui les amenait &#224; se laisser d&#233;finir par les autres, &#224; se percevoir comme un peuple ali&#233;n&#233; incapable de concevoir son identit&#233; nationale comme une et indivisible, aussi m&#233;tiss&#233;e qu'elle soit devenue, &#224; se percevoir comme un peuple toujours oblig&#233; de prouver la l&#233;gitimit&#233; de son existence. Et cela, malgr&#233; tous les discours adverses, tenus par les oligarchies politiques et &#233;conomiques canadiennes et leurs valets qu&#233;b&#233;cois, et puissamment diffus&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Loin d'&#234;tre fatigu&#233;, le peuple qu&#233;b&#233;cois est plus engag&#233; que jamais de mani&#232;re combative et efficace dans des mouvements de toutes sortes (8000 organismes communautaires locaux, des dizaines de mouvements sociaux organis&#233;s sur une base nationale et des centaines de syndicats) qui d&#233;fendent ses int&#233;r&#234;ts collectifs, dans tous les domaines : d&#233;veloppement de son &#233;conomie sociale ; protection de l'environnement, promotion de l'&#233;galit&#233; entre les hommes et les femmes ; promotion d'un plus juste partage de sa richesse, celle tir&#233;e de l'exploitation de ses ressources naturelles, celle tir&#233;e des fruits de son travail dans l'industrie, le commerce, l'&#233;ducation, celle tir&#233;e de sa cr&#233;ativit&#233;, de son savoir et de son savoir-faire. Sans oublier les projets de soci&#233;t&#233; qu'il &#233;labore, et les d&#233;bats id&#233;ologiques qu'ils proposent et suscitent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Loin d'&#234;tre fatigu&#233;, le peuple qu&#233;b&#233;cois maintient &#224; plus ou moins 45% son appui &#224; sa pleine &#233;mancipation nationale, alors m&#234;me qu'aucun leadership ind&#233;pendantiste ne la lui propose plus, depuis plus belle lurette. Alors m&#234;me, qu'au contraire, ceux qui se pr&#233;tendent les principaux porteurs du projet lui pr&#233;sente l'ind&#233;pendance comme une option radicale qu'ils n'osent m&#234;me pas appeler par son nom, pendant que les nationalistes flous et mous, la lui pr&#233;sente comme un mal n&#233;cessaire auquel il devra &#233;ventuellement se r&#233;signer apr&#232;s &#233;puisement de tous les compromis possibles. Et, pourtant l'option demeure bien vivante. Si bien qu'elle renouvelle son discours. Par cons&#233;quent, celui-ci porte de plus en plus sur les nouveaux enjeux qui fondent la n&#233;cessit&#233; et l'urgence de l'ind&#233;pendance qui sont : la transformation &#224; un rythme sans cesse acc&#233;l&#233;r&#233; de la f&#233;d&#233;ration canadienne en un &#201;tat unitaire ; la diversit&#233; ethnique grandissante du Qu&#233;bec ; la participation autonome au processus universel de la mondialisation de tous les &#233;changes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Oui, le Qu&#233;bec est une culture globale, port&#233;e fi&#232;rement &#224; bout de c&#339;ur et de bras par le peuple qu&#233;b&#233;cois, bien que men&#233;e &#224; bout de souffle par des politiciens assoiff&#233;s de pouvoirs, aussi provinciaux qu'ils soient ; par des hommes d'affaires assoiff&#233;s d'argent qui vendent impun&#233;ment aux soci&#233;t&#233;s &#233;trang&#232;res les plus offrantes, les entreprises qu'ils ont b&#226;ties avec l'argent du peuple, via le soutien de la Caisse de d&#233;p&#244;ts et placements et autres institutions nationales de financement, via, aussi, l'exploitation de son travail ; men&#233;e &#224; bout de souffle par des intellectuels qui n'accomplissent pas leur travail d'&#233;laboration de nos priorit&#233;s nationales, laissant &#224; l'ennemi l'espace o&#249; imposer sa vision et son langage, et qui trahissent ainsi leur fonction d'engagement et d'exemplarit&#233; ; par des journalistes de plus en plus soumis aux dictats patronaux d'une presse de plus en plus concentr&#233;e et convergente, et qui acceptent trop facilement d'&#234;tre les courroies de transmission des discours qui ont pour seul but de faire croire au peuple qu&#233;b&#233;cois que les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et politiques de toutes les Power Corporation du Qu&#233;bec, du Canada, voire du monde, sont les siens.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Non, le peuple qu&#233;b&#233;cois n'est pas fatigu&#233;. Ce sont ces d&#233;tenteurs des pouvoirs politique, &#233;conomique et m&#233;diatique qui dominent en nombre &#224; l'Assembl&#233;e nationale, dans les conseils d'administration des soci&#233;t&#233;s priv&#233;es et publiques, dans les partis politiques, dans les universit&#233;s, chez les chefs de pupitres et d'antennes qui cr&#233;ent de toute pi&#232;ce ce climat de morosit&#233; dans lequel nous baignons apparemment, depuis l'apr&#232;s-r&#233;f&#233;rendum de 1995. Ce sont eux qui d&#233;cr&#232;tent que le peuple qu&#233;b&#233;cois en a assez des d&#233;bats constitutionnels et politiques sur la question nationale et que le temps est venu de la d&#233;nationaliser en rapetissant sans fin la d&#233;finition de la nation, allant jusqu'&#224; la r&#233;duire &#224; la question citoyenne, comme s'il &#233;tait possible de mener &#224; bien la lutte pour l'ind&#233;pendance nationale sans la fonder sur l'exp&#233;rience historique de la nation canadienne-fran&#231;aise, qui forme encore aujourd'hui la majorit&#233; du peuple qu&#233;b&#233;cois. Ce sont eux qui d&#233;cr&#232;tent que ce peuple est fatigu&#233;, afin de lui renvoyer une image molle de lui-m&#234;me dans le but et l'espoir de le rendre inoffensif, aussi inoffensif qu'il l'&#233;tait avant l'av&#232;nement du mouvement ind&#233;pendantiste, au temps de la grande fatigue culturelle du Canada fran&#231;ais, telle que d&#233;crite et analys&#233;e par Hubert Aquin.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais le peuple n'est pas aussi dupe que le voudraient ces &#233;lites asservies, comme il le d&#233;montre avec force dans les conflits qui l'opposent &#224; ces int&#233;r&#234;ts &#233;trangers aux siens, non seulement dans des gestes de protestation, mais avec des propositions de mani&#232;res diff&#233;rentes de faire. Je crois qui si un intellectuel aussi clairvoyant qu'Hubert Aquin posait aujourd'hui son &#339;il de lynx sur le Qu&#233;bec comme culture globale, il y d&#233;c&#232;lerait moins nos quelques r&#233;els sympt&#244;mes de fatigue que les manifestations de notre formidable &#233;nergie nationale qu'il est urgent de canaliser. Et il nous inviterait alors au devoir de limpidit&#233; et &#224; la n&#233;cessit&#233; de r&#233;tablir le prestige de l'ind&#233;pendance, de la rendre d&#233;sirable.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Car il ne saurait y avoir &#339;uvre d'&#233;mancipation nationale - ni autre d'ailleurs - qu'inscrite dans une approche v&#233;ridique et sans concession de la r&#233;alit&#233;, puisqu'on ne peut mener un peuple, pas plus le peuple qu&#233;b&#233;cois qu'aucun autre, &#224; vouloir, &#224; faire et &#224; assumer son ind&#233;pendance, en pr&#233;tendant l'y conduire en catimini, dans une d&#233;marche qui l'&#233;carte totalement du processus.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est en effet devenu imp&#233;rieux que les groupes sociaux et mouvements politiques ind&#233;pendantistes, depuis trop longtemps assujettis &#224; l'h&#233;g&#233;monie du Parti qu&#233;b&#233;cois, reprennent l'initiative de leurs propres combats et retrouvent toute leur libert&#233; d'action.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Car il s'agit bien de cela.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La fatigue qui nous guette et qui pourrait nous entra&#238;ner dans un cul de sac d&#233;finitif est inscrite dans l'actuelle manque de mobilisation et d'action constante des forces de contestation de l'ordre constitutionnel et politique &#233;tabli. La fatigue qui nous guette est inscrite dans le report, une fois de plus, d'adopter une v&#233;ritable strat&#233;gie qui engagerait un v&#233;ritable combat men&#233; sur le terrain de l'ind&#233;pendance, le seul qui peut &#224; plus ou moins long terme conduire le Qu&#233;bec &#224; la victoire d&#233;cisive.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je termine en citant un tr&#232;s beau vers de Pierre Perrault :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La libert&#233; saute d'abord du train... et c'est au milieu du saut qu'elle se nomme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>La fatigue culturelle</title>
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		<dc:date>2006-11-06T13:19:21Z</dc:date>
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		<description>Premier de cinq textes Si le d&#233;fi individuel que chaque Canadien fran&#231;ais tente en vain de relever d&#233;pend de la position du groupe canadien-fran&#231;ais consid&#233;r&#233; comme totalit&#233;, pourquoi faut-il relever ce d&#233;fi collectif comme s'il &#233;tait individuel ? Ne serait-il pas plus logique de (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Premier de cinq textes Si le d&#233;fi individuel que chaque Canadien fran&#231;ais tente en vain de relever d&#233;pend de la position du groupe canadien-fran&#231;ais consid&#233;r&#233; comme totalit&#233;, pourquoi faut-il relever ce d&#233;fi collectif comme s'il &#233;tait individuel ? Ne serait-il pas plus logique de r&#233;pondre collectivement &#224; une comp&#233;tition collective et (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/La-fatigue-culturelle"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Cinq questions aux nationalistes d'aujourd'hui </title>
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		<dc:creator>Jacques Beauchemin - Le Devoir</dc:creator>, <dc:creator>Michel Lacombe - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>Le 15 mars 2007 marquera le 30e anniversaire de la mort tragique d'Hubert Aquin, le romancier auteur de Prochain &#233;pisode mais aussi l'essayiste. Le d&#233;but des ann&#233;es 60 voit na&#238;tre le projet de l'ind&#233;pendance politique du Qu&#233;bec. Le RIN vient d'&#234;tre fond&#233;, le FLQ ne (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le 15 mars 2007 marquera le 30e anniversaire de la mort tragique d'Hubert Aquin, le romancier auteur de Prochain &#233;pisode mais aussi l'essayiste. Le d&#233;but des ann&#233;es 60 voit na&#238;tre le projet de l'ind&#233;pendance politique du Qu&#233;bec. Le RIN vient d'&#234;tre fond&#233;, le FLQ ne s'est pas encore manifest&#233;, le Parti qu&#233;b&#233;cois verra le jour six ans plus tard, mais l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec est encore une id&#233;e marginale. L'&#233;poque porte cependant &#224; la discussion vigoureuse.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pierre Elliott Trudeau n'est encore que professeur de droit &#224; l'Universit&#233; de Montr&#233;al mais il &#233;crit r&#233;guli&#232;rement dans la revue Cit&#233; libre, o&#249; il vient de publier, en avril 1962, &#171; La nouvelle trahison des clercs &#187; pour d&#233;noncer le nationalisme qui, estime-t-il alors, nous a donn&#233; tant de guerres et s'inscrit contre le progr&#232;s de l'humanit&#233;. Hubert Aquin lui r&#233;pond, d&#232;s le mois de mai 1962, dans la revue Libert&#233; par un texte intitul&#233; &#171; La fatigue culturelle du Canada fran&#231;ais &#187;, dont Pierre Bourgault dira que c'est le plus beau texte qui ait jamais &#233;t&#233; &#233;crit sur le Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour plusieurs intellectuels qu&#233;b&#233;cois, Hubert Aquin est encore aujourd'hui le penseur le plus profond du nationalisme qu&#233;b&#233;cois, ou canadien-fran&#231;ais, comme on disait &#224; l'&#233;poque. &#171; La fatigue culturelle &#187; analyse les raisons de l'existence de ce nationalisme, en fonde la l&#233;gitimit&#233; et d&#233;signe les obstacles sur lesquels bute l'&#233;mancipation politique des Qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pens&#233;e oubli&#233;e&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela n'a pas emp&#234;ch&#233; qu'on ait eu tendance &#224; oublier la pens&#233;e d'Aquin alors m&#234;me que les th&#232;mes qu'il aborde d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 60 sont encore les n&#244;tres aujourd'hui. La m&#233;moire d&#233;faillante que nous conservons de ce grand penseur ind&#233;pendantiste soul&#232;ve plusieurs questions fondamentales.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'avons-nous oubli&#233; parce que sa pens&#233;e n'a plus rien &#224; nous dire ? Le sentiment si vif de la domination qui la traverse aurait-il disparu ? Aurions-nous r&#233;gl&#233; le probl&#232;me identitaire qui est celui du colonis&#233; et dont Aquin estimait qu'il nous paralysait ? De quelle fa&#231;on nous repr&#233;sentons-nous le Qu&#233;bec d'aujourd'hui en tant que collectivit&#233; alors que s'est affirm&#233; le pluralisme identitaire ? Cette diversit&#233; que nous c&#233;l&#233;brons a-t-elle pour effet de d&#233;l&#233;gitimer le projet souverainiste ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La semaine du 6 au 10 novembre sera l'occasion de revenir sur l'h&#233;ritage que laisse Hubert Aquin &#224; la pens&#233;e politique qu&#233;b&#233;coise. Cela prendra deux formes : des &#233;missions de radio diffus&#233;es &#224; la Premi&#232;re Cha&#238;ne et un colloque organis&#233; conjointement par Radio-Canada, la Chaire de recherche du Canada en mondialisation, citoyennet&#233; et d&#233;mocratie de l'Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al et Le Devoir. Les &#233;missions, pr&#233;par&#233;es par Michel Lacombe, seront pr&#233;sent&#233;es du lundi au vendredi de 19h30 &#224; 20h. Elles seront suivies chaque soir &#224; 20h par des tables rondes anim&#233;es par Michel Lacombe et qui se d&#233;rouleront devant public &#224; l'UQAM. &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nouvelle fatigue ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cinq th&#232;mes ont &#233;t&#233; d&#233;gag&#233;s des questions &#224; port&#233;e g&#233;n&#233;rale &#233;voqu&#233;es ci-dessus. Il nous faudra d'abord nous demander si le Qu&#233;bec d'aujourd'hui n'est pas retomb&#233; dans la &#171; fatigue culturelle &#187; dont parlait Aquin en 1962 et qui, &#224; ses yeux, ressemblait &#224; un genre de tentation de la mort, pour reprendre le titre de son tout premier roman.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous interrogerons ensuite notre capacit&#233; collective &#224; affronter lucidement les conflits dans lesquels nous plonge la question nationale. Et puis, deux questions fondamentales qui sont au coeur du d&#233;bat actuel sur l'avenir du Qu&#233;bec : sommes-nous bien sortis de l'ethnicisme canadien-fran&#231;ais ? De nombreux Qu&#233;b&#233;cois portent comme une tare ce pr&#233;tendu ethnicisme qui aurait si longtemps caract&#233;ris&#233; le nationalisme canadien-fran&#231;ais. Est-ce dire alors qu'il faudrait avoir honte de ce pass&#233; ? C'est un autre des th&#232;mes dont nous d&#233;battrons au cours de ce colloque.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous nous demanderons enfin si le projet &#233;mancipateur que portait Aquin avec tant d'intensit&#233; poss&#232;de encore une quelconque actualit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il s'agit d'une occasion unique non seulement de renouer avec la pens&#233;e d'Hubert Aquin mais aussi de retrouver l'essentiel du discours nationaliste qui se r&#233;invente au cours des ann&#233;es 60.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jacques Beauchemin&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sociologue &#224; l'Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Michel Lacombe&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Journaliste &#224; la radio de Radio-Canada&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Retour sur la pens&#233;e d'Hubert Aquin</title>
		<link>http://www.vigile.net/Retour-sur-la-pensee-d-Hubert</link>
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		<dc:date>2006-11-02T13:34:07Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Paul Cauchon - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>En mai 1962, Hubert Aquin publie dans la revue Libert&#233; un texte, &#171; La fatigue culturelle du Canada fran&#231;ais &#187;, en r&#233;plique &#224; un texte paru le mois pr&#233;c&#233;dent &#233;crit par Pierre Elliott Trudeau dans Cit&#233; libre. &#171; Selon tous les sp&#233;cialistes consult&#233;s, explique le journaliste Michel Lacombe, de (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;En mai 1962, Hubert Aquin publie dans la revue Libert&#233; un texte, &#171; La fatigue culturelle du Canada fran&#231;ais &#187;, en r&#233;plique &#224; un texte paru le mois pr&#233;c&#233;dent &#233;crit par Pierre Elliott Trudeau dans Cit&#233; libre. &#171; Selon tous les sp&#233;cialistes consult&#233;s, explique le journaliste Michel Lacombe, de Radio-Canada, c'est vraiment le texte fondateur, (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Retour-sur-la-pensee-d-Hubert"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Fatigue culturelle</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Francis Halin - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>La question nationale du Qu&#233;bec a refait surface de fa&#231;on plut&#244;t spectaculaire dans l'actualit&#233; politique lorsqu'un aspirant s&#233;rieux &#224; la direction du Parti lib&#233;ral du Canada (Ignatieff) a reconnu que le Qu&#233;bec formait bel et bien une &#171; nation &#187;. On se rend bien compte que, cette (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;La question nationale du Qu&#233;bec a refait surface de fa&#231;on plut&#244;t spectaculaire dans l'actualit&#233; politique lorsqu'un aspirant s&#233;rieux &#224; la direction du Parti lib&#233;ral du Canada (Ignatieff) a reconnu que le Qu&#233;bec formait bel et bien une &#171; nation &#187;. On se rend bien compte que, cette fois-ci, plusieurs d&#233;bats peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;s (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Fatigue-culturelle"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>La fougue r&#233;volutionnaire d'Hubert Aquin</title>
		<link>http://www.vigile.net/La-fougue-revolutionnaire-d-Hubert</link>
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		<dc:date>2006-07-08T09:19:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Guylaine Massoutre - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>Titre VO : Hubert Aquin, la course contre la vie Description : Jacques Beaudry, HMH Constantes, Montr&#233;al, 2006, 124 pages Quelle oeuvre peut tenir en une seule phrase de v&#233;rit&#233; ? Pas celle d'Hubert Aquin, dont la sensibilit&#233; exacerb&#233;e l'a conduit &#224; s'identifier &#224; sa nation. (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Titre VO : Hubert Aquin, la course contre la vie Description : Jacques Beaudry, HMH Constantes, Montr&#233;al, 2006, 124 pages Quelle oeuvre peut tenir en une seule phrase de v&#233;rit&#233; ? Pas celle d'Hubert Aquin, dont la sensibilit&#233; exacerb&#233;e l'a conduit &#224; s'identifier &#224; sa nation. Ce destin d'un homme et d'une (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/La-fougue-revolutionnaire-d-Hubert"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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