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	<title>Vigile.net - 09. 1840-1867 - Union du Bas et Haut-Canadas</title>
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	<description>Le portail ind&#233;pendantiste du Qu&#233;bec</description>
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		<title>Le deuxi&#232;me Canada (25/29)</title>
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		<dc:creator>Bruno Deshaies - Chronique de Bruno Deshaies</dc:creator>
		


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		<description>Ces faits historiques ne doivent pas &#234;tre trait&#233;s d'une mani&#232;re superficielle. Ils sont tr&#232;s graves au plan d&#233;mocratique. N'est-ce pas que la r&#233;bellion de 1837 dans les rues de Montr&#233;al &#224; l'&#233;poque de Gosford a &#233;t&#233; foment&#233;e par les Britanniques eux-m&#234;mes ? Il faut cesser de (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; de fait, ce fut l'&#233;poque des grandes immigrations et des envois de capitaux britanniques dans la colonie&#8230; ce n'&#233;tait pas la fin de l'empire. &#187;&lt;/strong&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://archives.vigile.net/06-6/1849-bell.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_2113 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:153px;'&gt;
&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_15-parlementbrule.jpg' width=&quot;153&quot; height=&quot;270&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/span&gt;L'incendie des &#233;difices du Parlement le 25 avril 1849&lt;/a&gt; par les citoyens britanniques du Bas-Canada n'est pas une histoire simple et surtout pas strictement accidentelle (cf. DOCUMENTS, illustrations nos 1et 3). Cette r&#233;action des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Montrealers&lt;/i&gt; est la cons&#233;quence d'une longue inqui&#233;tude des Britanniques du Bas-Canada qui ne cessent d'afficher leur volont&#233; d'en d&#233;coudre avec les Canadiens-Fran&#231;ais (cf. paragr. 74-a) et R&#201;F., no 4). &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Le-Parlement-brule&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_2114 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:134px;'&gt;
&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_15-elgin.jpg' width=&quot;134&quot; height=&quot;163&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/span&gt;Elgin a d&#251; fuir le Parlement en vitesse&lt;/a&gt;. On n'a pas pu trouver les coupables et 25 000 volumes tr&#232;s pr&#233;cieux ont &#233;t&#233; br&#251;l&#233;s (cf. R&#201;F., no 3 : Gallichan). Les &#233;meutiers ont aussi saccag&#233; la maison de LaFontaine. La Chambre ira si&#233;ger au March&#233; Bonsecours sous la surveillance de l'arm&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces faits historiques ne doivent pas &#234;tre trait&#233;s d'une mani&#232;re superficielle. Ils sont tr&#232;s graves au plan d&#233;mocratique. N'est-ce pas que la r&#233;bellion de 1837 dans les rues de Montr&#233;al &#224; l'&#233;poque de Gosford a &#233;t&#233; foment&#233;e par les Britanniques eux-m&#234;mes ? Il faut cesser de faire l'histoire &#224; l'envers ! (Cf. DOCUMENTS, illustrations nos 2 et 3.) C'est carr&#233;ment de l'intimidation. Cette pratique anglaise au Canada n'a jamais cess&#233; dans notre histoire &#224; l'&#233;gard des Canadiens-Fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sous le r&#233;gime des gouverneurs-premiers-ministres que nous avons cit&#233;s dans notre chronique 324, il faut savoir que l'arm&#233;e britannique a particip&#233; activement durant les p&#233;riodes &#233;lectorales &#224; l'intimidation des &#233;lecteurs. La r&#233;conciliation ou l'harmonie au plan politique exigeait un prix &#224; payer. Les changements surviendront avec la venue de lord Elgin.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le pouvoir que veut exercer le gouverneur Elgin s'accommode des dissensions au sein du Parlement. Ce gouverneur accepte le principe de la majorit&#233; &#224; la Chambre plut&#244;t que le pouvoir d'un groupe partisan qui viserait &#224; dominer sans avoir n&#233;cessairement la majorit&#233;. Ce probl&#232;me de la majorit&#233; dans le Bas-Canada soul&#232;ve la question de la majorit&#233; canadienne-fran&#231;aise que les Anglais de Montr&#233;al refusent d'accepter. Ils ne veulent d'aucune fa&#231;on c&#233;der le pouvoir &#224; une majorit&#233; canadienne-fran&#231;aise. Elgin fera tout ce qui est en son pouvoir pour faire fonctionner le syst&#232;me des partis politiques au Parlement en 1848. Mais la sanction le 25 avril 1849 du bill des indemnit&#233;s pour les victimes de la r&#233;bellion de 1837 et 1838 a mis imm&#233;diatement le feu aux poudres chez les Montrealers. Une r&#233;action naturelle pour ceux qui veulent gouverner le Canada (cf. paragr. 74-a).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le retour d'exil de Papineau et sa pr&#233;sence sur la sc&#232;ne politique ne r&#233;jouit pas n&#233;cessairement Elgin.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Son manifeste para&#238;t dans La Minerve le 20 d&#233;cembre 1847, dans La revue canadienne le 21 et dans L'Avenir le 24 d&#233;cembre 1847 et le 22 janvier 1848. Le texte est publi&#233; aussi sous forme d'un tir&#233;-&#224;-part. Selon Elgin, le document a produit une &#171; forte sensation &#187; dans l'opinion publique. Sous le regard d'aujourd'hui, 160 ans plus tard, nous pourrions nous interroger sur les difficult&#233;s des ind&#233;pendantistes &#224; ne pas parvenir &#224; comprendre le probl&#232;me de l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec de la m&#234;me mani&#232;re. Les id&#233;es sont toujours brouill&#233;es par le caract&#232;re f&#233;d&#233;ratif ou de l'Union ou de la Conf&#233;d&#233;ration qui laisse l'impression que deux majorit&#233;s pourraient gouverner le Canada. Le dilemme n'est pas encore r&#233;solu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://blogscienceshumaines.blogspot.com/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Bruno Deshaies&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Le deuxi&#232;me Canada (22/29)</title>
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		<description>Les Canadiens-Fran&#231;ais finirent donc par croire qu'ils avaient obtenu l'&#233;galit&#233; politique. Comme ils sont la majorit&#233; dans le Canada Est, ils pensent avoir acquis les pleins pouvoirs. LaFontaine ne voit pas que par sa participation au gouvernement de l'Union il agit au nom (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; L'Union est enfin d&#233;cr&#233;t&#233;e ! &#187; &lt;BR&gt;
(L.-H. LaFontaine, 25 ao&#251;t 1840)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Progressivement, par la force des choses, Louis-Hippolyte LaFontaine (1807-1864) en tant que jeune chef r&#233;formiste de trente-deux ans va accepter l'Union. Un mois apr&#232;s l'adoption par le Parlement de Londres de l'Acte d'Union de la Province of Canada le 23 juillet 1840, il proposera &#224; ses &#233;lecteurs de la circonscription de Terrebonne son programme politique. Dans ce manifeste, il proclame qu'il coop&#233;rera &#224; la r&#233;forme des institutions et au d&#233;veloppement g&#233;n&#233;ral du Canada (cf. paragr. no 51 et le Texte no 1-a). &#171; En fait, comme l'&#233;crit l'historien Marcel Trudel, il demande implicitement &#224; ses compatriotes de renoncer au r&#234;ve de fonder, &#224; l'int&#233;rieur des fronti&#232;res du Bas-Canada, une nation ind&#233;pendante. &#187; (Cf. R&#201;F., no 3 : p. 215.) Cette posture politique annonce d&#233;j&#224; les interpr&#233;tations F&#201;D&#201;RALISTES-OPTIMISTES &#224; l'int&#233;rieur et IND&#201;PENDANTISTES &#224; l'ext&#233;rieur (cf. Texte no 3).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On ne doit pas sous-estimer ce document fondateur de la pens&#233;e politique canadienne-fran&#231;aise. Il a influenc&#233; et influence encore aujourd'hui la pens&#233;e nationaliste des Qu&#233;b&#233;cois autant celle des souverainistes que celle des f&#233;d&#233;ralistes. Il faut lire le Texte no 1-a) avec beaucoup d'attention, car il est un bon r&#233;sum&#233; de la position des r&#233;formistes mod&#233;r&#233;s (cf. Texte no 1-b). Signalons que la correspondance de LaFontaine avec Sir Francis Hincks du Haut-Canada et ses relations politiques avec &#201;tienne Parent &#224; Qu&#233;bec lui serviront grandement, sans compter la collaboration de Robert Baldwin, chef du parti r&#233;formiste du Haut-Canada, qui lui offrira le si&#232;ge d'York (Toronto) pour compenser sa d&#233;faite dans Terrebonne. LaFontaine fut &#233;lu facilement le 23 septembre 1841 dans le Canada Ouest pour si&#233;ger &#224; l'Assembl&#233;e l&#233;gislative de la Province of Canada en tant que chef bas-canadien du parti r&#233;formiste mod&#233;r&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;LaFontaine a cherch&#233; &#224; se servir du r&#233;gime de l'Union pour aider les siens en apportant des solutions int&#233;ressantes aux probl&#232;mes &#233;conomiques et sociaux du Canada. Il croyait fermement que la responsabilit&#233; minist&#233;rielle offrirait les instruments politiques n&#233;cessaires &#224; la r&#233;forme des institutions du Bas-Canada. Il a refus&#233; un poste important au sein du Conseil ex&#233;cutif que lui offrait Sydenham parce qu'il savait qu'il n'aurait pas l'occasion d'obtenir le gouvernement responsable. Toutefois, il ne se rendait pas compte, par ailleurs, qu'il endossait les grands objectifs &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;canadians&lt;/i&gt; du gouverneur g&#233;n&#233;ral dont l'UNION en d&#233;pit de ses injustices et le refus d'accorder le gouvernement responsable mais aussi de vivre dans &#171; une seule Province relevant d'une administration unique &#187; (cf. Texte no 2).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les Canadiens-Fran&#231;ais finirent donc par croire qu'ils avaient obtenu l'&#233;galit&#233; politique. Comme ils sont la majorit&#233; dans le Canada Est, ils pensent avoir acquis les pleins pouvoirs. LaFontaine ne voit pas que par sa participation au gouvernement de l'Union il agit au nom d'une nationalit&#233; subordonn&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://blogscienceshumaines.blogspot.com/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Bruno Deshaies&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Le deuxi&#232;me Canada (21/29)</title>
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		<description>Depuis la D&#233;faite des Canadiens et de la France apr&#232;s la capitulation de Montr&#233;al en 1760, la Grande-Bretagne cherche par diff&#233;rentes mesures &#224; assimiler les Canadiens-Fran&#231;ais.</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &#8230; L'ontario plie sous une dette de 7 000 000 $ ; Thomson a dans ses poches l'argent suffisant pour remettre l'ontario sur ses pieds&#8230; &#224; la condition qu'ils acceptent l'union. &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En 1839, c'est Londres qui a le beau jeu sur le Haut-Canada qui n'a pas voulu, dans un premier temps, accepter l'union. Le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Family Compact&lt;/i&gt; est pris devant une dette de &#163;1 200 000. Mais la colonie ne peut pas demeurer sous la responsabilit&#233; de Colborne qui assume un int&#233;rim. Poulett Thomson est nomm&#233; en remplacement de Durham. Les instructions qu'on lui transmet le 7 septembre 1839 sont tr&#232;s importantes pour comprendre toute la port&#233;e de sa mission au Canada (cf. DOCUMENTS, Texte no 1).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1991 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:193px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Edward_Poulett_Thomson&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_17-tomson-poullet.jpg' width=&quot;193&quot; height=&quot;310&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Le travail de Thomson consistera &#224; mettre en pratique les objectifs que poursuit le gouvernement britannique. On lui conseille de faire vite. &#171; On ne saurait mettre trop de h&#226;te, &#233;crit Russell dans sa lettre, &#224; clore une discussion qui s'est prolong&#233;e au prix de tant de maux et de p&#233;rils encore plus grands pour les int&#233;r&#234;ts des provinces canadiennes et de ce royaume-ci. &#187; La Grande-Bretagne est une grande puissance qui surveille l'expansion des &#201;tats-Unis en Am&#233;rique en d&#233;fendant sa pr&#233;pond&#233;rance dans le monde. Le probl&#232;me de l'ind&#233;pendance du Texas et de son annexion aux &#201;tats-Unis inqui&#232;te les responsables de la politique internationale en Angleterre. Le Canada, en particulier, et ses autres colonies de l'Am&#233;rique du Nord britannique m&#233;ritent un sort diff&#233;rent de celui du Texas. Il n'est certes pas question que les Canadiens-Fran&#231;ais demeurent un obstacle au d&#233;veloppement des colonies anglaises de l'Am&#233;rique du Nord.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Depuis la D&#233;faite des Canadiens et de la France apr&#232;s la capitulation de Montr&#233;al en 1760, la Grande-Bretagne cherche par diff&#233;rentes mesures &#224; assimiler les Canadiens-Fran&#231;ais. Cependant, les moyens utilis&#233;s n'ont pas permis jusqu'en 1839 d'atteindre cet objectif. Mais, &#224; partir de Thomson, le gouvernement de Londres entend mettre tout son poids dans la balance afin de r&#233;soudre la crise canadienne permanente.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La r&#233;ponse globale &#224; ce probl&#232;me se trouve dans les Journaux du Conseil sp&#233;cial du Bas-Canada de novembre 1839 (cf. DOCUMENTS, Texte no 2). Elle servira de tremplin &#224; Thomson dans ses discussions avec les repr&#233;sentants du Haut-Canada. D&#232;s le 7 d&#233;cembre, Thomson d&#233;clare dans un message adress&#233; &#224; la L&#233;gislature du Haut-Canada sa position ferme : &#171; The time then is now arrived beyond which a settlement cannot be postponed. &#187; Le gouverneur g&#233;n&#233;ral ne peut mieux exprimer l'irritation du gouvernement britannique. Puis, le travail du gouverneur sera couronn&#233; par l'adoption des R&#233;solutions du Conseil l&#233;gislatif du Haut-Canada et de la Chambre d'assembl&#233;e du Haut-Canada respectivement les 14 et 23 d&#233;cembre 1839. Ainsi, une autre &#233;tape vers la r&#233;-union des deux Canadas vient d'&#234;tre franchie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les principaux &#233;l&#233;ments cette r&#233;-union sont expos&#233;s aux paragraphes 45 &#224; 47 ci-dessous de l'histoire du DEUXI&#200;ME Canada.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://blogscienceshumaines.blogspot.com/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Bruno Deshaies&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Le deuxi&#232;me Canada (17/29)</title>
		<link>http://www.vigile.net/Le-deuxieme-Canada-17-29</link>
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		<dc:creator>Bruno Deshaies - Chronique de Bruno Deshaies</dc:creator>
		


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		<description>Les extraits que nous pr&#233;sentons du rapport Durham (cf. DOCUMENT) sont tr&#232;s r&#233;v&#233;lateurs des grands probl&#232;mes v&#233;cus par la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise d'hier &#224; aujourd'hui. Ce serait se leurrer que d'occulter de notre conscience historique la crise nationale des ann&#233;es 1830 et le coup (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; l'Am&#233;rique du Nord est anglaise et tout ce qui n'est pas anglais &lt;br&gt;
para&#238;t y vivre dans un &#233;tat d'inf&#233;riorit&#233;. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si l'on se place dans la peau d'un imp&#233;rialiste britannique, ce qui est le cas de Durham, il est assez facile d'admettre le jugement qu'il porte sur la soci&#233;t&#233; canadienne-fran&#231;aise du Bas-Canada dans les ann&#233;es 1830. Par contre, vu sous l'angle des canadiens-fran&#231;ais comme groupement humain ou comme nationalit&#233;, le jugement para&#238;t terriblement s&#233;v&#232;re. Maurice S&#233;guin nous donne l'explication suivante dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Histoire de deux nationalismes au Canada&lt;/i&gt; (p. 286) :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette nationalit&#233; canadienne-fran&#231;aise, devrions-nous chercher &#224; la perp&#233;tuer (m&#234;me si nous pouvions le faire) ? Durham r&#233;pond qu'il ne conna&#238;t pas de distinctions nationales entra&#238;nant une inf&#233;riorit&#233; plus d&#233;sesp&#233;r&#233;e. L'Am&#233;rique du Nord est anglaise et tout ce qui n'est pas anglais para&#238;t y vivre dans un &#233;tat d'inf&#233;riorit&#233;. C'est pour faire sortir les Canadiens-Fran&#231;ais de cet &#233;tat d'inf&#233;riorit&#233; que Durham d&#233;sire donner au Canada-Fran&#231;ais dans le Bas-Canada le caract&#232;re anglais. Il souhaite l'assimilation autant pour les classes inf&#233;rieures que pour les classes instruites. Il souhaite l'assimilation pour les classes instruites parce que les hauts postes, les grandes carri&#232;res, leur seraient ferm&#233;s si elles continuaient &#224; parler seulement le fran&#231;ais ; il la souhaite aussi pour les classes inf&#233;rieures parce qu'elles sont destin&#233;es &#224; devenir des prol&#233;taires au service des capitalistes anglais. Durham voulait ainsi pr&#233;venir des conflits qui seraient &#224; la fois sociaux et nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le gouverneur Durham avait des objectifs clairs. Il devait parvenir &#224; trouver des solutions &#224; la crise des Canadas comme Colonies de l'empire britannique. Il est &#233;vident qu'il a cherch&#233; &#224; sauvegarder le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;British North America&lt;/i&gt; des pressions en provenance du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Republican North America&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire des &#201;tats-Unis. Les Canadians de l'&#233;poque le voulaient ardemment. Ils &#233;taient pr&#234;ts &#224; faire la lutte arm&#233;e contre les &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;French Canadians&lt;/i&gt;. D'ailleurs, ils ont &#233;t&#233; les premiers &#224; organiser la r&#233;volte de 1837. Ce pass&#233; est particuli&#232;rement lourd dans l'histoire canadienne en ce qui a trait &#224; la position qu'adopteront les Canadiens-Anglais pour la suite de l'histoire des Qu&#233;b&#233;cois-Fran&#231;ais ou de la nation qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les extraits que nous pr&#233;sentons du rapport Durham (cf. DOCUMENT) sont tr&#232;s r&#233;v&#233;lateurs des grands probl&#232;mes v&#233;cus par la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise d'hier &#224; aujourd'hui. Ce serait se leurrer que d'occulter de notre conscience historique la crise nationale des ann&#233;es 1830 et le coup de force de 1840 qui ont conduit &#224; l'Union. &#192; partir de cette date inoubliable, les Canadiens-Fran&#231;ais ont &#233;t&#233; mis irr&#233;versiblement en minorit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pr&#233;tendre qu'une &#171; conversation nationale &#187; agr&#233;ment&#233;e de petits gestes de souverainet&#233; de gouvernance &#171; provinciale &#187;, par-dessus le march&#233;, ouvrira les portes de l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec, ou c'est une fumisterie ou c'est le coup de la pens&#233;e magique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://blogscienceshumaines.blogspot.com/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Bruno Deshaies&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Le deuxi&#232;me Canada (16/29)</title>
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		<dc:creator>Bruno Deshaies - Chronique de Bruno Deshaies</dc:creator>
		


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		<description>Le Canada-Anglais s'est b&#226;ti progressivement sur l'inclusion des Canadiens-Fran&#231;ais &#224; d&#233;faut de les assimiler compl&#232;tement. Toutefois, ces derniers seront d&#233;finitivement mis en minorit&#233; et ils ne devront plus entraver le d&#233;veloppement et le progr&#232;s du Canada d'un oc&#233;an &#224; (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; les Canadiens sont une majorit&#233; dans le Bas-Canada ; &lt;br&gt;
ils n'ont pas le droit de bloquer le d&#233;veloppement &lt;br&gt;
d'une majorit&#233; g&#233;n&#233;rale plus nombreuse qu'eux&#8230; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans son &#233;tude du rapport Durham, Maurice S&#233;guin pr&#233;sente d'abord l'&#233;tat de la situation per&#231;ue par le gouverneur g&#233;n&#233;ral (cf. no 39, paragr. 1 &#224; 4). L'analyse et les explications sur la pens&#233;e de Durham suivent. Il ajoute au besoin ici et l&#224; ses propres commentaires que nous signalons en italique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Durham constate que le gouvernement de Londres est exasp&#233;r&#233; par l'attitude des Canadiens-Fran&#231;ais, que des id&#233;es circulent &#224; propos d'Union et d'assimilation et que la crise parlementaire autour de la liste civile et des subsides ne se r&#232;gle pas, au contraire, elle s'amplifie. Comment expliquer cette situation et quelles en sont les causes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il observe un point essentiel de la crise qu'il qualifie de lutte sans merci entre deux nations dans le Bas-Canada. D'une part, les Britanniques du Bas-Canada aspirent &#224; devenir la majorit&#233;. D'autre part, comme majorit&#233;, les Canadiens sont pr&#234;ts &#224; rendre justice aux Anglais &#224; condition de g&#233;rer eux-m&#234;mes la colonie. La coupe d&#233;borde. C'est alors que Durham comprend nettement qu'il s'agit d'une lutte de nation contre nation au sein d'un m&#234;me &#201;tat. Durham veut bien satisfaire les Canadiens, mais il ne peut ignorer les aspirations des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Montrealers&lt;/i&gt;, des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Britishers&lt;/i&gt; et des Loyalistes du Haut-Canada. Il est conscient que :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8211;	&#171; Si l'on c&#232;de aux Canadiens (sans union ni conf&#233;d&#233;ration) le self-government, ce qui &#233;quivaut &#224; une r&#233;publique fran&#231;aise&#8230; &#187; (cf. paragr. 10) ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8211;	&#171; &#8230;les Britanniques du Bas-Canada, qui ne se soumettront jamais aux Canadiens&#8230; &#187; (cf. paragr. 11) ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8211;	les Britanniques du Haut-Canada, qui ne pourront endurer la pr&#233;sence d'une r&#233;publique &#233;trang&#232;re entre eux et la mer &#187; (Ibid.) ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8211; &#171; Mieux vaut pour la Grande-Bretagne intervenir imm&#233;diatement&#8230; (cf. paragr. 12).
Ce sont ces fondements qui, hier, ont sous-tendu la pens&#233;e politique du Canada-Anglais dans cette &#171; querelle nationale &#187;. Or, aujourd'hui, c'est le gouvernement f&#233;d&#233;ral et la Cour supr&#234;me du Canada qui se sont substitu&#233;s au gouvernement imp&#233;rial, &#224; l'oligarchie de l'ext&#233;rieur et &#224; l'ex&#233;cutif colonial.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Canada-Anglais s'est b&#226;ti progressivement sur l'inclusion des Canadiens-Fran&#231;ais &#224; d&#233;faut de les assimiler compl&#232;tement. Toutefois, ces derniers seront d&#233;finitivement mis en minorit&#233; et ils ne devront plus entraver le d&#233;veloppement et le progr&#232;s du Canada d'un oc&#233;an &#224; l'autre. C'&#233;tait vrai hier (cf. paragr. 7 et 9) et c'est encore le cas aujourd'hui. Le Bloc qu&#233;b&#233;cois ne peut que se faire dire ce que nos anc&#234;tres, les Canadiens (fran&#231;ais), les nationalistes ou les patriotes, se sont fait dire depuis 1800 et m&#234;me depuis 1760 jusqu'&#224; 1800. La nouvelle &#171; conversation nationale &#187; annonc&#233;e par Pauline Marois ne peut &#234;tre qu'un pis-aller. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Que de na&#239;vet&#233; ! Ce n'est pas la premi&#232;re fois dans notre histoire. Quelle pauvret&#233; intellectuelle !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://blogscienceshumaines.blogspot.com/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Bruno Deshaies&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Le deuxi&#232;me Canada (14/29)</title>
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		<description>L'exasp&#233;ration nationale fait germer le sentiment de r&#233;volte chez les Canadiens au point o&#249; la simple r&#233;bellion se transforme d'une certaine mani&#232;re en une vision r&#233;volutionnaire, ce qui semble &#234;tre le but de la D&#233;claration d'ind&#233;pendance du Bas-Canada du 28 f&#233;vrier (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Le 6 novembre 1837 : un choc entre Canadiens et Anglais,&lt;br&gt;
rue St-Jacques &#224; Montr&#233;al. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; les Patriotes sont conduits par des &#233;trangers, des aventuriers&lt;br&gt;
comme il s'en trouve toujours dans ces &#233;poques troubles&#8230; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les deux r&#233;voltes de 1837 qui opposent les Fils de la libert&#233; et le Doric Club mettent en jeu deux ambitions de pr&#233;pond&#233;rance dans la colonie. Pour les Fils de la libert&#233;, il s'agit de mettre fin &#224; l'existence de gouvernements corrompus et aux lenteurs de Londres afin de corriger la situation qui ne refl&#232;te pas les principes d&#233;mocratiques (cf. DOCUMENTS : Texte no 1). Quant au Doric Club, repr&#233;sentant les int&#233;r&#234;ts des Montr&#233;alais britanniques, il cherche le combat arm&#233; en vue de mettre fin &#224; la politique de conciliation du gouverneur Gosford et de se faire &#233;couter de Londres.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le combat du 6 novembre ne peut se comprendre qu'&#224; la lumi&#232;re des cinq d&#233;cennies qui couvrent les ann&#233;es 1790 &#224; 1840. Cette marche vers la r&#233;bellion a des causes lointaines et imm&#233;diates (cf. DOCUMENTS : Texte no 2 et R&#201;F., no 3). Pour l'imm&#233;diat, comme le note Michel Lapalme : &#171; La troupe militaire du commandant Colborne qui patrouille dans les rues de Montr&#233;al intervient. Elle ouvre le feu sur les Fils de la libert&#233; qui prenne (sic) la fuite aussit&#244;t. Aucun mort, quelques carreaux cass&#233;s&#8230; L'&#233;tincelle suffisait n&#233;anmoins. &#187; (R&#201;F., no 4 : p. 31.)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si l'on juge les &#233;v&#233;nements dans l'esprit du manifeste des Fils de la libert&#233;, il appara&#238;t tangible que tous ces &#171; patriotes &#187; ne comprennent pas qu'ils cherchent &#224; continuer la lutte parlementaire en proposant un cadre de programme de gouvernement tout en croyant &#224; une lutte arm&#233;e (cf. R&#201;F., no 5 : p. 80-81). &#192; ce moment-l&#224;, pr&#233;cis&#233;ment, il aurait fallu l'appui de la majorit&#233; des Canadiens-Fran&#231;ais. D'o&#249; cette remarque tr&#232;s pertinente de Maurice S&#233;guin : &#171; &#8230;les Canadiens ont tout fait pour perdre ce r&#233;gime qui leur accordait beaucoup plus qu'ils n'auraient pu l'esp&#233;rer en 1760 &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'exasp&#233;ration nationale fait germer le sentiment de r&#233;volte chez les Canadiens au point o&#249; la simple r&#233;bellion se transforme d'une certaine mani&#232;re en une vision r&#233;volutionnaire, ce qui semble &#234;tre le but de la D&#233;claration d'ind&#233;pendance du Bas-Canada du 28 f&#233;vrier 1838 (cf. R&#201;F., no 5 : p. 86-88 et no 6 : p. 206-208 ainsi que la pr&#233;sentation des DOCUMENTS ci-dessous). En contrepartie, le gouvernement colonial poss&#232;de la capacit&#233;, les moyens et la force militaire pour d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts d'autant que leurs compatriotes anglais du Bas-Canada ont sonn&#233; en premier l'alarme en se rebellant. Les Montrealers viennent d'attirer sur eux l'attention de Londres apr&#232;s cinq d&#233;cennies de lutte (voir DOCUMENT : Texte no 2). L'arm&#233;e command&#233;e par Colborne veillera &#224; m&#226;ter les rassemblements de patriotes. Le gouverneur Durham, le nouvel envoy&#233; par Londres, terminera le travail de mise en minorit&#233; des Canadiens et de consolidation du pouvoir &#224; l'avantage des Britanniques dans un Canada-uni.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://blogscienceshumaines.blogspot.com/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Bruno Deshaies&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Le deuxi&#232;me Canada (8/29)</title>
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		<dc:creator>Bruno Deshaies - Chronique de Bruno Deshaies</dc:creator>
		


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		<description>L'union ne se fera pas &#224; l'avantage des Canadiens-Fran&#231;ais. Les Canadiens, une nation distincte : non ; le Bas-Canada aux Canadiens seulement : non encore. L'am&#233;lioration de l'union ne sera qu'un moindre mal pour les Canadiens-Fran&#231;ais. Mais le fait d'&#234;tre (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;b&gt;Le torchon br&#251;le dans les deux colonies continentales du Canada&lt;br&gt;
La Grande-Bretagne refuse de leur accorder l'ind&#233;pendance&lt;/b&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Londres se prononce contre l'union :&lt;br&gt;
&#171; Ceci a pour cons&#233;quence d'accentuer l'assurance nationaliste des Canadiens-fran&#231;ais. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'un des deux buts du projet d'union : &lt;br&gt;
&#171; Mettre les Canadiens-fran&#231;ais en minorit&#233; (ce serait r&#233;gler le probl&#232;me national) &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La chronique pr&#233;c&#233;dente ainsi que celle-ci doivent &#234;tre lues concomitamment parce qu'elles culminent sur deux &#233;v&#233;nements tr&#232;s controvers&#233;s : (1) le projet de loi de 1822 qui propose l'union du l&#233;gislatif, mais non de l'ex&#233;cutif ; (2) les d&#233;bats, en 1828, au Parlement de Westminster concernant un autre projet d'union r&#233;clam&#233;e par le groupe entourant le gouverneur Dalhousie. En 1822, Papineau et Neilson avaient pr&#233;sent&#233; au gouvernement imp&#233;rial une p&#233;tition de 60 000 signatures contre le projet d'union. En 1828, c'est au tour de Viger et encore de Neilson de combattre une nouvelle tentative de projet d'union.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans leur d&#233;marche, les Canadiens-fran&#231;ais ont raison fondamentalement. C'est un d&#233;sir naturel et de plus n&#233;cessaire pour assurer leur propre &#233;panouissement. Ils doivent &#234;tre ma&#238;tres. Toutefois, on peut leur reprocher de ne pas aller assez loin quant &#224; la n&#233;cessit&#233; d'une majorit&#233; l&#233;gislative et d'une majorit&#233; ex&#233;cutive. C'est un premier tort d'ordre id&#233;ologique. Le deuxi&#232;me tort d'ordre id&#233;ologique, c'est la &#171; french domination &#187;. Les chefs de file canadiens ne voient pas l'impossibilit&#233; pour les britanniques de c&#233;der sur leur pouvoir de conqu&#233;rant. Cet aveuglement est aussi partag&#233; par les britanniques m&#233;tropolitains. (cf. le paragr. no 19 ci-dessous).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au point de vue de leurs int&#233;r&#234;ts fondamentaux, les &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Montrealers&lt;/i&gt; ont raison sur les Canadiens-Fran&#231;ais. D'ailleurs, ils ont expos&#233; leurs griefs dans la p&#233;tition de 1822 (cf. R&#201;F., no 5). Ils ont des exigences tr&#232;s fermes. Ils en veulent aux Canadiens de vouloir former une &#171; nation canadienne &#187;. L'union est pour eux une n&#233;cessit&#233; &#233;conomique, politique et d&#233;mographique, soit pour le contr&#244;le du Saint-Laurent, pour le commerce et l'ouverture vers le Haut-Canada, une d&#233;fense contre les &#201;tats-Unis et aussi pour faciliter le peuplement britannique. &#192; leurs yeux, la nation anglaise ne doit pas &#234;tre au service d'une nation &#233;trang&#232;re. Ils pr&#233;parent sans le savoir la premi&#232;re condition d'un &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;self government.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;LE N&#338;UD GORDIEN DU PROBL&#200;ME. L'union ne se fera pas &#224; l'avantage des Canadiens-Fran&#231;ais. Les Canadiens, une nation distincte : non ; le Bas-Canada aux Canadiens seulement : non encore. L'am&#233;lioration de l'union ne sera qu'un moindre mal pour les Canadiens-Fran&#231;ais. Mais le fait d'&#234;tre un &#171; moindre mal &#187; ne veut pas dire un petit mal. Il y a eu des pendus et des guillotin&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bruno Deshaies &lt;br&gt;
&lt;a href=&quot;http://blogscienceshumaines.blogspot.com/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://blogscienceshumaines.blogspot.com/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p align=center&gt;&lt;b&gt;
HIST 585 Introduction &#224; l'histoire du Canada&lt;br&gt;
Maurice S&#233;guin&lt;/p&gt; &lt;p align=center&gt;Synth&#232;se g&#233;n&#233;rale de l'&#233;volution&lt;br&gt;
politique et &#233;conomique&lt;br&gt;
des deux Canadas&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;V. &#8211;	1814&#8230; etc. : D&#233;but de lutte dans le Haut-Canada entre Britanniques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;18.&#8211; Crise politico-&#233;conomico-sociale : Au lendemain de 1815, les premi&#232;res agitations se produisent :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &#224; l'Assembl&#233;e : il y a des leaders qui n'acceptent pas de voir l'Assembl&#233;e tenue en tutelle ; ils entrent en lutte contre l'oligarchie traditionnelle (voil&#224; pour l'aspect politique).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &#201;conomie : les colons, qui &#233;prouvent de la difficult&#233; &#224; obtenir des terres &#224; bon march&#233;, entreprennent la lutte contre les grands propri&#233;taires.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Sociale : nous sommes en face d'une population h&#233;t&#233;rog&#232;ne, form&#233;e de loyalistes, de r&#233;publicains et d'immigrants venus des &#238;les britanniques (apr&#232;s 1814). Aucun bloc, mais une foule de petites communaut&#233;s locales. Les nombreux colons n'acceptent pas de rester sous la domination de la colonisation loyaliste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Religieuse : la masse des m&#233;thodistes oppos&#233;e &#224; la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;High Church&lt;/i&gt; (&#201;glise anglicane), laquelle est en minorit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;VI. &#8211;	1818-1822 : Dans le Bas-Canada, 2e tentative de correction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;19.&#8211; Querelle des subsides : r&#233;ouverture par la Grande-Bretagne &#224; la suite des guerres napol&#233;oniennes. En Grande-Bretagne, il n'est pas question de donner l'ind&#233;pendance aux colonies. Londres demande aux assembl&#233;es de payer les d&#233;penses de l'administration, mais sans leur donner plus de pouvoirs qu'auparavant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;20.&#8211; Question du partage des douanes entre le Haut et le Bas-Canada :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le Haut-Canada, faible population, maigres revenus et travaux &#233;normes &#224; entreprendre. Les repr&#233;sentants du Bas-Canada ne r&#233;ussissent pas &#224; s'entendre avec ceux du Haut-Canada, sur les droits de douanes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;21.&#8211; En 1820, double d&#233;sorganisation des budgets du Haut et du Bas-Canada&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;22.&#8211; N&#233;cessit&#233; d'une l&#233;gislature unique dans la vall&#233;e du Saint-Laurent (Canada), car les Yankees sont en train de damer le pion aux colonies britanniques par les grands travaux du canal &#201;ri&#233;. Ici, il y aurait toute une &#339;uvre de canalisation &#224; entreprendre mais on est pris dans une crise politique et &#233;conomique&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;23.&#8211; 1820-1822 : deuxi&#232;me tentative de correction : Les auteurs de cette tentative : les marchands de Montr&#233;al aid&#233;s par Dalhousie et James Stuart (leur ancien alli&#233;).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les grands traits de cette tentative :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1.	union et &#233;galit&#233; de repr&#233;sentation. On pr&#233;conise l'unique en vue de donner une majorit&#233; artificielle aux Britanniques &#224; l'Assembl&#233;e. En effet il y a deux Britanniques pour trois Canadiens&#8230; Mais chaque partie aurait 60 d&#233;put&#233;s (dans ces conditions 3 Canadiens-fran&#231;ais seraient repr&#233;sent&#233;s par 2, et 2 Canadiens-anglais seraient repr&#233;sent&#233;s par 3).&lt;br&gt;
2.	langue anglaise seulement dans les &#233;crits et apr&#232;s 15 ans&#8230; dans les d&#233;bats aussi.
&lt;br&gt;3.	les cur&#233;s nomm&#233;s par le Gouverneur (l'&#201;tat).
&lt;br&gt;4.	deux ex&#233;cutifs :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;span class='spip_document_1390 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_13-bd-1.jpg' width=&quot;497&quot; height=&quot;39&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;5.	le Bas-Canada conserverait ses lois&#8230;
&lt;br&gt;6.	double but du projet d'union : &lt;br&gt;&#8211;	mettre les Canadiens-fran&#231;ais en minorit&#233; (ce serait r&#233;gler le probl&#232;me national) ;
&lt;br&gt;&#8211; m&#226;ter les agitations populaires dans les deux Chambres d'Assembl&#233;e et prot&#233;ger ainsi l'ind&#233;pendance de l'ex&#233;cutif (situation intenable).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;24.&#8211; 1822 : le bill est pr&#233;sent&#233; au Parlement de Londres ; le gouvernement anglais dit : &lt;br&gt;&#171; Faites vite, avant que les protestations arrivent, votez &#224; l'unanimit&#233;&#8230; &#187; Or l'opposition n'appuiera pas le projet.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;25.&#8211;	Protestations monstres dans le Bas-Canada : la majorit&#233; des gens qui &#233;taient en faveur de l'union protestent&#8230; les p&#233;titions circulent &#224; travers la province. &lt;br&gt;Protection majoritaire du Haut-Canada (cf. la question du s&#233;paratisme 1784-1791).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;VII. &#8211; 1822-1824 : La solution se pr&#233;cise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;26.&#8211; Plan de f&#233;d&#233;rer le B.N.A. par Sewell (l'ennemi de Stuart) et le juge Robinson. Sewell songe &#224; f&#233;d&#233;rer tout le B.N.A&#8230;. et &#224; conc&#233;der le Bas-Canada aux Canadiens-fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;27.&#8211; Stuart songe &#224; am&#233;liorer le projet de 1822 afin de le rendre acceptable aux Canadiens-fran&#231;ais&#8230; en laissant les clauses contre la langue et la nomination des cur&#233;s&#8230; et cela serait mieux pour le Canada-fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;28.&#8211; Dalhousie (1824) : l'union n'a pas pour but de faire dispara&#238;tre la langue fran&#231;aise et la religion catholique, qui sont de puissants remparts en face des Am&#233;ricains.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;VIII. &#8211; Rapport de 1828&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;29.&#8211; Enqu&#234;te par le parlement de la Grande-Bretagne : mauvaise administration &#224; corriger, mais sans conc&#233;der le self-government en mati&#232;re int&#233;rieure.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;30.&#8211;	On se prononce contre l'union&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;31.&#8211; 1811-1812 avait condamn&#233; le projet de 1810 ; &lt;br&gt;1828 : condamne le projet de 1822&#8230; &lt;br&gt;Ceci a pour cons&#233;quence d'accentuer l'assurance nationaliste des Canadiens-fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C &#8211; Troisi&#232;me g&#233;n&#233;ration (1828-1850) (suite &#224; la prochaine chronique en janvier 2008)&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;N. B. Nous remercions tous les internautes qui ont consult&#233; notre chronique du jeudi et qui, &#224; l'occasion, ont fait conna&#238;tre leur opinion. Nous vous souhaitons &#224; tous de Joyeuses F&#234;tes et nos meilleurs v&#339;ux pour la Nouvelle Ann&#233;e. BD&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#201;F&#201;RENCES :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(1) Maurice S&#201;GUIN, &#171; Synth&#232;se g&#233;n&#233;rale de l'&#233;volution politique et &#233;conomique des deux Canadas. &#187; Notes de cours &#233;tablies par les &#233;tudiants qui ont suivi le cours HIST 585 intitul&#233; &#171; Introduction &#224; l'histoire du Canada &#187; en 1961-1962. Description : &#171; Sociologie du national. Les principales explications historiques de l'&#233;volution des deux Canadas. &#187; (Universit&#233; de Montr&#233;al, D&#233;partement d'histoire.)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(2) Maurice S&#201;GUIN, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Histoire de deux nationalismes au Canada&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, Gu&#233;rin, &#201;diteur, 1997. Le&#231;on VIII : &#171; Projets d'union 1822-1828 &#187;, p. 210-218. L'intervention des colons-marchands de Montr&#233;al est capitale quant &#224; l'&#233;laboration d'un plan d'union l&#233;gislative en 1822 (cf. p. 184-186). Cette prise de position aura des cons&#233;quences sur la suite de l'histoire (cf. R&#233;f. no 5 ci-dessous).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(3) Une r&#233;union d'enseignants, Michel ALLARD, et &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;al.&lt;/i&gt;, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Histoire nationale du Qu&#233;bec. De sa d&#233;couverte &#224; nos jours&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, Gu&#233;rin, &#201;diteur, 1979. Chap. 4 : &#171; L'Acte constitutionnel, 1791-1805 &#187; et Chap. 5 : &#171; Les crises politiques, 1805-1834 &#187;. Un compendium simple pr&#233;par&#233; par une &#233;quipe de didacticiens de l'enseignement de l'histoire. Les faits historiques importants de cette p&#233;riode sont illustr&#233;s par des tableaux, des cartes, des encadr&#233;s et des illustrations (photos et fac-simil&#233;s). Mise en &#233;vidence des principaux probl&#232;mes historiques qui conduisent &#224; la cr&#233;ation d'un comit&#233; parlementaire de la Chambre des Communes &#224; Londres en 1828. Tr&#232;s succinct.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(4)	&#171; Rapport du comit&#233; de la Chambre des communes, 1828. &#187; Dans &lt;a href=&quot;http://www.canadiana.org/ECO/PageView?id=23d0e67e833ee5fc&amp;display=9_03426+0475&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&#171; Notre m&#233;moire en ligne &#187;.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(5)	Michel BRUNET, Guy FR&#201;GAULT et Marcel TRUDEL, &#233;ds, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Histoire du Canada par les textes. Tome I : Deuxi&#232;me Partie : 1760-1854&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, Fides, 1963, p. 182-184. Pour comprendre les d&#233;bats de 1828, il faut retourner &#224; la p&#233;tition des Britanniques de Montr&#233;al de 1822. Les colons-marchands de Montr&#233;al d&#233;clarent : &#171; Sans l'union cette population [canadienne du Bas-Canada] gardera sa pr&#233;pond&#233;rance dans le gouvernement du pays, et naturellement elle ne cessera pas d'elle-m&#234;me d'&#234;tre fran&#231;aise. [&#8230;] [N]oter l'&#233;tendue excessive des droits politiques qui ont &#233;t&#233; conf&#233;r&#233;s &#224; cette population [&#8230;] en m&#234;me temps que le sentiment de sa croissance en force, ont d&#233;j&#224; eu pour effet de faire na&#238;tre dans l'imagination de plusieurs le r&#234;ve de l'existence d'une nation distincte sous le nom de &#171; nation canadienne &#187; [&#8230;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Protestation contre le projet d'union de 1828&lt;/strong&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;PR&#201;SENTATION&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En mars 1828, la d&#233;l&#233;gation(*) Viger, Neilson, un r&#233;formiste, ami des Canadiens-Fran&#231;ais, ainsi que Cuvillier, arrive &#224; Londres. Mais avant leur d&#233;part du Canada, des instructions leur sont transmises le 6 f&#233;vrier 1828 par le Comit&#233; de Montr&#233;al. Il va de soi que ces instructions militent contre le projet d'union. Ceux qui les ont sign&#233;es portent les noms de Papineau, Quesnel, L.-M. Viger, A. N. Morin et d'autres (en tout dix-sept noms). Dans la missive, les auteurs souhaitent que les agents d&#233;l&#233;gu&#233;s &#224; Londres se pr&#233;occupent particuli&#232;rement des questions suivantes :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8211; Ils jugent essentiel de faire changer la composition du Conseil l&#233;gislatif. &lt;br&gt;(Malheureusement, c'est le point faible de leur raisonnement : il aurait plut&#244;t fallu dire du Conseil ex&#233;cutif.)
&lt;br&gt; &#8211; Ils d&#233;noncent le fait que l'ex&#233;cutif nomme qui il veut au Conseil l&#233;gislatif.
&lt;br&gt; &#8211; Ils r&#233;clament l'autonomie coloniale.
&lt;br&gt; &#8211; Ils d&#233;sirent une mise en accusation de Dalhousie. &lt;br&gt; &#8211; Ils se prononcent contre l'union.
&lt;br&gt; &#8211; Ils recommandent de pr&#233;senter sans faute les requ&#234;tes, m&#234;me si les ministres en Angleterre sont hostiles au projet et qu'ils partagent les id&#233;es de l'Administration de la colonie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les Agents partent tout de m&#234;me avec une &#171; p&#233;tition sign&#233;e par environ 87 000 habitants [du Bas-Canada &#187;] qui se plaignent de la conduite arbitraire du gouverneur de la province &#187;. (Dans Adam SHORTT et Norah STORY, &#233;ds, Documents concernant l'histoire constitutionnelle du Canada, 1819-1828. Ottawa, J.-O. Patenaude, 1935. (Voir le &lt;a href=&quot;http://www.canadiana.org/ECO/PageView?id=23d0e67e833ee5fc&amp;display=9_03426+0475&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&#171; Rapport du comit&#233; de la Chambre des communes, 1828 &#187;&lt;/a&gt;), p. 464. Il est manifeste que les forces d'opposition au projet d'union dans les deux Canadas l'emportent haut la main sur les pressions du groupe de Dalhousie aupr&#232;s du gouvernement de Londres. Ce dernier ordonne donc une enqu&#234;te &#224; la suite des d&#233;bats &#224; la Chambre des communes. Le projet de loi sera finalement retir&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; -&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(*) Les d&#233;l&#233;gu&#233;s du Bas-Canada :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;CUVILLIER, Austin (1779-1849), commer&#231;ant au d&#233;tail, encanteur, patriote, li&#233; au milieu de la finance et aussi d&#233;put&#233; de Huntingdon. &#171; Le fait qu'il &#233;voluait dans ce milieu domin&#233; par les Britanniques explique pourquoi, &#224; compter du d&#233;but des ann&#233;es 1800, d'abord dans les milieux anglophones puis aussi chez les francophones, il se fit de plus en plus appeler Austin, forme abr&#233;g&#233;e et anglicis&#233;e de son nom de bapt&#234;me. &#187; (Cf. R&#201;F., no 3)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(1) &lt;a href=&quot;http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&amp;Params=F1ARTF0002094&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&amp;Params=F1ARTF0002094&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(2) &lt;a href=&quot;http://www.assnat.qc.ca/FRA/Membres/notices/c/cuvia.htm&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.assnat.qc.ca/FRA/Membres/notices/c/cuvia.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(3) &lt;a href=&quot;http://www.biographi.ca/FR/ShowBio.asp?BioId=37462&amp;query&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.biographi.ca/FR/ShowBio.asp?BioId=37462&amp;query&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;NEILSON, John (1776-1848), journaliste et homme politique n&#233; en &#201;cosse ; il arrive au Canada en 1790, d&#233;put&#233; de Qu&#233;bec de 1818 &#224; 1834 ; d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; Londres en 1822 avec L.-J. Papineau et en 1828 avec D. B. Viger pour exposer au Parlement imp&#233;rial les griefs du Bas-Canada ; d&#233;put&#233; de Qu&#233;bec de 1841-1844 ; conseiller l&#233;gislatif de 1844-1848.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;VIGER, Denis Benjamin (1774-1861), d&#233;put&#233; &#224; la Chambre d'Assembl&#233;e et prisonnier politique 1837-1838. Chef de l'administration avec Draper en 1843 et conseiller l&#233;gislatif de 1848 &#224; 1858.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;DOCUMENT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Instructions aux agents envoy&#233;s en Angleterre&lt;br&gt;
(Par le Comit&#233; de Montr&#233;al, 6 f&#233;vrier 1828)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consulter le site Internet &#171; Notre m&#233;moire en ligne &#187; pour acc&#233;der &#224; la lecture int&#233;grale du document.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Adam SHORTT et Norah STORY, &#233;ds, Documents concernant l'histoire constitutionnelle du Canada, 1819-1828 . Ottawa, J.-O. Patenaude, 1935, p. 454-458. &lt;br&gt;Aller &#224; &lt;a href=&quot;http://www.canadiana.org/ECO/PageView?id=928c19bc7068e001&amp;display=9_03426+0466&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.canadiana.org/ECO/PageView?id=928c19bc7068e001&amp;display=9_03426+0466&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Comit&#233; de Montr&#233;al est bien persuad&#233; que :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(P. 454) Les Agents de la province, choisis &#224; l'unanimit&#233; par une d&#233;putation de personnes les plus influentes, r&#233;unies de toutes les parties de la Province, r&#233;pondront &#224; sa confiance, soit qu'ils re&#231;oivent ou ne re&#231;oivent pas d'instructions sur la mani&#232;re dont ils doivent remplir l'honorable mission qui leur est confi&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Comit&#233; de Montr&#233;al, en leur sugg&#233;rant les instructions suivantes, le fait moins pour leur prescrire ce qu'ils feront, que pour leur exprimer qu'ayant la plus (p. 455) enti&#232;re confiance dans leur Patriotisme &#233;clair&#233; il laisse &#224; leur sagesse de se conformer au d&#233;sir de ce Comit&#233; ou de s'en &#233;carter dans quelques d&#233;tails, selon que le bien du pays au service duquel ils se sont d&#233;vou&#233;s depuis tant d'ann&#233;es et se d&#233;vouent en ce moment leur para&#238;tra requ&#233;rir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Rendus en Angleterre, [&#8230;] ils vont demander la punition des actes d'oppression que nous avons soufferts sous la pr&#233;sente Administration Provinciale [celle de Dalhousie] et des garanties nouvelles et n&#233;cessaires contre leur r&#233;p&#233;tition sous des Administrations futures.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Notre constitution est model&#233;e sur celle de la M&#233;tropole. Il faut donc qu'elle ait &#233;t&#233; presque constamment Administr&#233;e dans un syst&#232;me d'opposition &#224; son esprit et ses principes puisque, chose impossible en Angleterre, l'Ex&#233;cutif a pu constamment m&#233;priser l'opinion publique ; d&#233;daigner les pri&#232;res du peuple ; repousser les Bills les plus utiles et en grand nombre adopt&#233;s par le Corps Repr&#233;sentatif ; se rendre impun&#233;ment l'Accusateur calomnieux de la Repr&#233;sentation du pays ; dilapider ses revenus et les distribuer pendant plusieurs ann&#233;es cons&#233;cutives sans l'autorit&#233; de la Loi : puis qu'il [l'Ex&#233;cutif] a pu composer le Conseil L&#233;gislatif et les Tribunaux d'hommes tellement dans sa d&#233;pendance que ces corps ne sont distincts que de nom de l'Ex&#233;cutif et dans la r&#233;alit&#233; ne sont que le m&#234;me pouvoir sous diverses formes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est r&#233;sult&#233; de cette erreur capitale que ce malheureux pays a &#233;t&#233; gouvern&#233; au milieu de dissensions telles qu'elles na&#238;traient en Angleterre, si l'on y pourvoit supposer un Roi, avec l'influence sur son Conseil Ex&#233;cutif seul et sans l'interm&#232;de d'une Chambre des Lords, essayant d'y gouverner et pendant plus de trente ans se trouvant toujours en minorit&#233; dans une Chambre des Communes qui aurait autant de poids et d'influence aupr&#232;s du peuple, comme en a dans le syst&#232;me actuel la Chambre des Communes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une haine inextinguible entre deux parties ; celui des Courtisans ne pouvant se maintenir que par le secours d'arm&#233;es venues et soudoy&#233;es du dehors, et celui de la Nation souffrant jusqu'&#224; ce qu'elle tomb&#226;t dans les malheurs de l'esclavage ou dans ceux de la r&#233;sistance &#224; main arm&#233;e, serait le r&#233;sultat d'un ordre de choses si contraire aux droits des Sujets Britanniques. Ce qui est la plus absurde des fictions pour l'Angleterre est l'expos&#233; vrai de l'&#233;tat de Sa Colonie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aussi une immense Majorit&#233; est-elle persuad&#233;e qu'il est essentiel que la composition actuelle du Conseil L&#233;gislatif soit chang&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le rappel et la punition m&#233;rit&#233;e du Gouverneur en Chef ne pr&#233;viendrait pas le retour des exc&#232;s qu'il s'est permis, si les m&#234;mes pi&#232;ges sont tendus par les m&#234;mes hommes &#224; ses Successeurs.
[&#8230;]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8230; le vice radical de la composition de ce corps [le Conseil l&#233;gislatif] o&#249; l'Ex&#233;cutif appelle qui bon lui semble, sans qu'aucune qualification n'offre de garanties, contre l'esprit de servitude ou contre la corruption de L&#233;gislateurs ainsi nomm&#233;s pour la dur&#233;e enti&#232;re de leur vie, est le plus grave des griefs nombreux qui y sont d&#233;taill&#233;s. Les Agents [&#8230;] repr&#233;senteront la n&#233;cessit&#233; qu'il y a de porter dans le Conseil [l&#233;gislatif] des hommes nouveaux, dignes &#233;galement de l'estime du Gouvernement et du public [&#8230;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(P. 456) [&#8230;] Ceci est une Loi que Notre L&#233;gislature est aussi comp&#233;tente &#224; passer, comme celle du Haut-Canada a pu en passer une pour &#233;tablir une qualification bas&#233;e sur la possession d'un revenu afin d'y &#234;tre &#233;ligible dans la Chambre d'Assembl&#233;e : ce que l'acte Constitutionnel n'avait pas exig&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce bienfait, tout grand qu'il soit, nous ne voulons pas le demander au Parlement Imp&#233;rial, non plus qu'aucune autre Loi que notre propre L&#233;gislature est comp&#233;tente &#224; passer ; parce que, si dans un temps o&#249; il est bien inform&#233; et par l'influence d'un Minist&#232;re lib&#233;ral, il nous donne une bonne loi, dans un moment o&#249; il serait mal inform&#233; et sous un Minist&#232;re illib&#233;ral, il aura pris l'habitude de faire pour nous des Lois que nous aurions pu faire nous-m&#234;mes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous consid&#233;rons notre Acte Constitutionnel comme le pacte le plus solennel et le plus inviolable que pouvait nous donner, pour assurer la conservation de nos droits, le Parlement Imp&#233;rial. C'est un contrat o&#249; il n'est qu'une des trois parties int&#233;ress&#233;es. [&#8230;] Les Agents doivent r&#233;pondre &#224; toute proposition ou tentative de changer cet acte par un autre, avec une inflexible fermet&#233;, qu'ils s'y opposent, maintenir que l'acquiescement des peuples des deux Provinces librement exprim&#233; par eux-m&#234;mes ou leurs Repr&#233;sentants est n&#233;cessaire pour l&#233;galiser tout changement non pr&#233;vu, non indiqu&#233; par l'Acte Constitutionnel m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si n&#233;anmoins des changements &#233;taient propos&#233;s en Parlement, tels qu'au sentiment des Agents ils dussent clairement &#234;tre pour l'avantage du Pays, tout en demandant qu'ils ne fussent adopt&#233;s que sous la condition qu'ils auraient l'acquiescement de la Province, ils ne manqueront pas d'applaudir &#224; toutes id&#233;es lib&#233;rales qui tendraient &#224; assurer aux Colonies Continentales de l'Am&#233;rique un plus grand degr&#233; de libert&#233; que celui dont elles joui, et une plus grande part et influence sur leur Gouvernement local, ainsi que le demandent la rapide progression de leur population, la division &#233;gale de la propri&#233;t&#233; parmi leurs habitants et leur proximit&#233; des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique &#224; qui elles ne doivent rien avoir &#224; envier.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Toute demande d'Union des L&#233;gislatures des deux Provinces, ci-devant repouss&#233;e avec indignation par leurs habitants, et maintenant sollicit&#233;e par le Gouverneur et la faible faction qui se rallier autour de lui, doit &#234;tre rejet&#233;e et d&#233;nonc&#233;e comme un crime de la part de celui qui [&#8230;.] a l'ind&#233;cence de proclamer publiquement que depuis longtemps il y demandait &#224; notre insu aupr&#232;s du Gouvernement de l'Empire des changements dont nous ne voulons pas.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(P. 457) Toute id&#233;e de d&#233;membrement de la Province du Bas-Canada, sous le pr&#233;texte de donner au Haut-Canada un port d'entr&#233;e, ou sous tout autre pr&#233;texte, doit &#234;tre rejet&#233;e comme pr&#233;parant une indigne spoliation des droits de propri&#233;t&#233; priv&#233;e qui pour les Canadiens deviendraient incertaines ou plut&#244;t seraient certainement d&#233;truite et envahie si une partie d'eux passaient sous le r&#233;gime d'une Province dont la grande Majorit&#233; des L&#233;gislateurs, des Administrateurs et des juges ne conna&#238;traient rien aux principes des Lois Civiles Fran&#231;aises sous lesquelles ont &#233;t&#233; acquis, transmis et r&#233;gis les biens dans le Bas-Canada : [&#8230;]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;le projet de cet inique morcellement du Canada ci-devant divis&#233; en deux Provinces dans le plan avou&#233; et qui &#233;tait de stricte justice de conserver, dans le Bas-Canada, aux sujets d'origine fran&#231;aise leurs Lois et leurs privil&#232;ges particuliers aussi longtemps qu'ils y seraient attach&#233;s, et aux sujets d'origine britannique leurs Lois et leurs privil&#232;ges particuliers, dans une autre Province, celle du Haut-Canada.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais si, contre toute attente et toute justice. [&#8230;] il faudrait, m&#234;me avec la perspective d&#233;courageante de ne rien obtenir contre leur influence [c'est-&#224;-dire celle de &#171; l'Administration du Bas-Canada &#187;], que les Requ&#234;tes fussent pr&#233;sent&#233;es au Parlement &#8211; pour apprendre &#224; ceux qui nous suivront que, lorsque nous avons souffert l'oppression, nous nous sommes plaint au Gouvernement dont le devoir &#233;tait de la faire cesser, et qu'il l'a appesantie sur nous ; qu'il a jet&#233; des semences dont il doit t&#244;t ou tard recueillir les fruits &#8211; l'amour, s'il est protecteur, la haine s'il est oppresseur.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;NDLE.&#8211; Nous avons apport&#233; certaines corrections au texte et nous avons aussi cr&#233;&#233; de nouveaux paragraphes afin de faciliter la lecture et la compr&#233;hension du document. Aucune autre modification n'a &#233;t&#233; apport&#233;e &#224; l'original, sauf quelques changements concernant certaines majuscules &#224; quelques mots.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Le deuxi&#232;me Canada (7/29)</title>
		<link>http://www.vigile.net/Le-deuxieme-Canada-7-29</link>
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		<dc:date>2007-12-06T12:27:27Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Bruno Deshaies - Chronique de Bruno Deshaies</dc:creator>
		


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		<description>La n&#233;cessit&#233; d'unir ou de f&#233;d&#233;rer le b.n.a. Les affrontements id&#233;ologiques entre les partisans et les opposants &#224; l'union &#171; Cette r&#233;flexion fait d&#233;couvrir aux anti-canadiens-fran&#231;ais assimilateurs le besoin de compter sur le particularisme des Canadiens-fran&#231;ais. &#187; La guerre (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p align=center&gt;&lt;b&gt;La n&#233;cessit&#233; d'unir ou de f&#233;d&#233;rer le b.n.a.&lt;br&gt;
Les affrontements id&#233;ologiques &lt;br&gt;
entre les partisans et les opposants &#224; l'union &lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=center&gt;&#171; Cette r&#233;flexion fait d&#233;couvrir aux anti-canadiens-fran&#231;ais assimilateurs le besoin de compter sur le particularisme des Canadiens-fran&#231;ais. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La guerre canado-am&#233;ricaine de 1812 a grandement apeur&#233; les britanniques royalistes du B.N.A. et en particulier ceux des deux colonies du Canada. Si bien que la lutte est ouverte entre les coloniaux et les m&#233;tropolitains. Le chass&#233;-crois&#233; prend beaucoup d'ampleur. Les Britanniques de Montr&#233;al, des Townships, de la ville de Qu&#233;bec et de Kingston discutent du projet d'union que le gouvernement de Londres s'appr&#234;te &#224; faire adopter par le Parlement en septembre 1822.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le canevas de Sewell-Robinson pr&#233;pare les id&#233;es en rapport avec une union l&#233;gislative des provinces. Il est combattu par James Stuart qui pr&#233;conise d'abord l'union des deux Canadas. M&#234;me s'il existe des d&#233;saccords entre les Canadiens anglais, il n'en demeure par moins qu'ils cherchent les moyens pour diminuer la pr&#233;pond&#233;rance ou l'influence des Canadiens-Fran&#231;ais dans le syst&#232;me colonial de 1791.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans ce contexte, deux &#233;coles de pens&#233;e se forment dans le camp des Canadiens-Fran&#231;ais : d'une part, l'&#233;cole &#171; s&#233;paratiste &#187; et, d'autre part, l'&#233;cole f&#233;d&#233;raliste. Le comportement politique de la nation qu&#233;b&#233;coise est clairement r&#233;sum&#233; par Maurice S&#233;guin au paragraphe no 17 ci-dessous. Les s&#233;paratistes acceptent &#171; un s&#233;paratisme provincial &#187; et les f&#233;d&#233;ralistes souhaitent un rapprochement entre Anglais et Canadiens-Fran&#231;ais. Le &#171; M&#233;moire &#187; des Canadiens de 1814 exprime leurs arguments pour d&#233;fendre leur nationalit&#233; &#224; la fin de la guerre de 1812 (cf. R&#201;F., no 2 pour l'analyse et le texte int&#233;gral du &#171; M&#233;moire &#187; des Canadiens, p. 173-179 et 187-197). Papineau se rend &#224; Londres en 1822 pour protester contre le projet d'Union (cf. Ibid., p. 211-212). Devant les protestations, le gouvernement britannique retire son projet de loi. Une bataille est gagn&#233;e ; cependant, la lutte politique et nationale ne se terminera pas l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette p&#233;riode de l'histoire des deux Canadas illustre la permanence du conflit national jusqu'&#224; nos jours. Pour leur part, les nationalistes Qu&#233;b&#233;cois-Fran&#231;ais ne parviennent pas encore &#224; comprendre le poids de cette histoire d'Annexion. D'autre part, le Canada-Anglais ne cesse de confirmer l'union de 1840 par-del&#224; les p&#233;rip&#233;ties des combats politiques que se livrent quotidiennement les Qu&#233;b&#233;cois et les Canadians d'hier &#224; aujourd'hui. Bien s&#251;r qu'il faut s'inqui&#233;ter de notre baisse d&#233;mographique en tant que Qu&#233;b&#233;cois-Fran&#231;ais. Mais mettre tous nos &#339;ufs dans ce combat est nettement insuffisant compte tenu de notre histoire. Le VRAI combat est celui de l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec. Tout le reste demeure et demeurera accessoire. Une question s'impose : &#171; &#192; quand cette union de toutes les forces vives ind&#233;pendantistes ? &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bruno Deshaies&lt;br&gt; &lt;a href=&quot;http://blogscienceshumaines.blogspot.com/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://blogscienceshumaines.blogspot.com/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p align=center&gt;&lt;b&gt;
HIST 585 Introduction &#224; l'histoire du Canada&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=center&gt;&lt;b&gt;Maurice S&#233;guin&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=center&gt;&lt;b&gt;Synth&#232;se g&#233;n&#233;rale de l'&#233;volution&lt;br&gt;
politique et &#233;conomique des deux Canadas&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;10.&#8211; La r&#233;ponse de Londres :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Liverpool, au Colonial Office, reconna&#238;t l'erreur de l'Angleterre : avoir donn&#233;e une Assembl&#233;e aux Canadiens&#8230; un peuple encore &#233;tranger ; on s'est aventur&#233; trop loin&#8230; Une analyse superficielle qui ne permettra pas de donner imm&#233;diatement une solution. Londres refuse de voir l'assembl&#233;e coloniale payer les d&#233;penses de l'administration.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;11.&#8211; Londres refuse aussi l'id&#233;e de consid&#233;rer le Conseil ex&#233;cutif comme un minist&#232;re :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'ex&#233;cutif peut administrer avec des revenus qui ne regardent pas l'assembl&#233;e : gouvernement m&#233;tropolitain.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;12.&#8211; Londres refuse donc d'intervenir : &#192; cause des circonstances (les guerres de Napol&#233;on), apr&#232;s une analyse superficielle, Londres d&#233;cide de ne rien faire ; l'Angleterre &#224; ce moment est li&#233;e &#224; la guerre avec la France et avec une menace de guerre de la part des &#201;tats-Unis. &lt;br&gt;Comme lors de la premi&#232;re g&#233;n&#233;ration, ici encore les Canadiens ont b&#233;n&#233;fici&#233; d'agitations ext&#233;rieures&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;III. &#8211;	1812-1814 Guerre entre le Republican North America et British North America&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;13.&#8211; Parmi les multiples causes [&#8230;], il faut compter aussi la cause continentale am&#233;ricaine : c'est-&#224;-dire le grand ensemble r&#233;publicain, dont le centre &#233;tait New-York, venait de s'approprier la r&#233;gion de la Louisiane et le Mississipi ; comment pouvait-il ne pas &#234;tre tent&#233;e par le Saint-Laurent, int&#233;ressante voie de commerce ; le Saint-Laurent &#233;tait encore plus pr&#232;s de New-York que le Mississipi. Il &#233;tait tout naturel aussi pour ces Am&#233;ricains anglo-saxons d'effacer ce dernier vestige du colonialisme europ&#233;en.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;14.&#8211; Les forces en pr&#233;sence : les Am&#233;ricains l'emportent de ce c&#244;t&#233; et grandement&#8230; et pourtant ils essuy&#232;rent un &#233;chec : &lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; divis&#233;s (Nouvelle-Angleterre)&lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; arm&#233;e mal organis&#233;e.&lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Mais aussi il fallait compter avec la puissance de la Grande-Bretagne qui peut se lib&#233;rer &#224; temps pour envoyer son arm&#233;e et sa marine de ce c&#244;t&#233;-ci : ainsi elle peut tenir t&#234;te aux Am&#233;ricains et les forcer &#224; demander la paix&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;15.&#8211; Le Canada anglais (British Central Canada) a pr&#233;serv&#233; son s&#233;paratisme : &lt;br&gt;C'est ce s&#233;paratisme qui est &#224; la base de sa future ind&#233;pendance qu'il n'avait pas encore ; ind&#233;pendance &#224; l'int&#233;rieur et &#224; l'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;IV. &#8211;	1814&#8230; etc : Influence de cette guerre sur la crise politique et nationale dans le Bas-Canada&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fatalement&#8230; la crise en sera color&#233;e :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;16.&#8211;	Chez les Canadiens-anglais : (1) la guerre rappelle au B.N.A. que si le Canada fran&#231;ais est un probl&#232;me, un obstacle majeur, l'ennemi no 1 le R.N.A. au lendemain de la proclamation de l'ind&#233;pendance des &#201;tats-Unis, on pensait qu'ils rentreraient bient&#244;t dans l'orbite anglais&#8230; L'Alarme a provoqu&#233; la peur&#8230; ils ont &#233;chapp&#233; &#224; l'annexion&#8230; la guerre les a fait r&#233;fl&#233;chir : N&#201;CESSIT&#201; D'UNIR ? DE F&#201;D&#201;RER LE B.N.A.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(2) Cette r&#233;flexion fait d&#233;couvrir aux anti-canadiens-fran&#231;ais assimilateurs le besoin de compter sur le particularisme des Canadiens-fran&#231;ais. Cette id&#233;e n'est pas neuve : des gens comme Murray, Carleton et Haldimand avaient jou&#233; cette note lors de la 1re g&#233;n&#233;ration. Ceux qui avaient envisag&#233; l'assimilation et le peuplement de la colonie, m&#234;me &#224; l'aide de R&#233;publicains (ils savaient que c'&#233;tait un risque) r&#233;visent maintenant leur plan : grouper et f&#233;d&#233;rer les forces du B.N.A. qui ne veulent pas passer du c&#244;t&#233; des &#201;tats-Unis, parmi lesquelles se trouvent les Canadiens-Fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(3) Sewell corrige son plan : un embryon de synth&#232;se : unir le B.N.A., tous les anti-am&#233;ricains, dont les Canadiens-Fran&#231;ais, toutes les colonies en donnant aux Anglais une majorit&#233; au-dessus des Canadiens-Fran&#231;ais. On fera aux Canadiens des concessions permanentes pour s'en faire des alli&#233;s utiles&#8230; La majorit&#233; anglaise sera naturelle (par la colonisation anglaise) ou artificielle (par une repr&#233;sentation fauss&#233;e &#224; l'Assembl&#233;e). On favorise encore la mani&#232;re autoritaire : le Conseil l&#233;gislatif encore nomm&#233; par Londres.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;17.&#8211; Chez les Canadiens-fran&#231;ais :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(1) Ils comprennent la diff&#233;rence entre appartenir &#224; l'empire britannique et &#234;tre annex&#233;s aux &#201;tats-Unis&#8230; La conscience des Canadiens-Fran&#231;ais fut &#233;branl&#233;e par la guerre, la menace d'&#234;tre engloutis par les &#201;tats-Unis. (2) Deux &#233;coles se forment : a)	l'&#233;cole &#171; s&#233;paratiste &#187; : les Canadiens veulent jouir de la constitution de 1791, contre la clique, les gens en place ; les Canadiens-Fran&#231;ais sont en majorit&#233;, donc ils doivent avoir la majorit&#233; des conseillers&#8230; Alliance entre Canadiens-Fran&#231;ais et la Grande-Bretagne, parce que les Canadiens-Fran&#231;ais, seuls devant les &#201;tats-Unis, sentent qu'ils ont besoin de protection : province de l'Empire britannique ; ils jurent sur leur vie qu'ils sont les plus loyaux des loyaux sujets de Sa Majest&#233;. C'est un esclavage qu'ils acceptent l&#224;&#8230; mais ils ont absolument besoin d'&#234;tre prot&#233;g&#233;s : ils raisonnent ainsi : &#171; nous accepterons pour toujours le drapeau britannique, pourvu que les Anglais ne nous gouvernent pas &#224; l'int&#233;rieur &#187;. Ils acceptent &#171; un s&#233;paratisme provincial &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;b)	l'&#233;cole f&#233;d&#233;raliste : veulent bien la constitution de 1791 mais comme province du B. N. A. f&#233;d&#233;r&#233; ; opinion de quelques individus seulement ; la masse des chefs et du peuple &#233;taient plut&#244;t favorable &#224; la premi&#232;re doctrine. Chez &#201;tienne Parent : &#171; pour mieux lutter vs les &#201;tats-Unis, un rapprochement entre Anglais et Canadiens-Fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La crise des ann&#233;es 1820 et les tentatives de solution (suite &#224; la prochaine chronique)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#201;F&#201;RENCES&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(1) Maurice S&#201;GUIN, &#171; Synth&#232;se g&#233;n&#233;rale de l'&#233;volution politique et &#233;conomique des deux Canadas. &#187; Notes de cours &#233;tablies par les &#233;tudiants qui ont suivi le cours HIST 585 intitul&#233; &#171; Introduction &#224; l'histoire du Canada &#187; en 1961-1962. Description : &#171; Sociologie du national. Les principales explications historiques de l'&#233;volution des deux Canadas. &#187; (Universit&#233; de Montr&#233;al, D&#233;partement d'histoire.)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(2) Maurice S&#233;guin, Histoire de deux nationalismes au Canada, Montr&#233;al, Gu&#233;rin, &#201;diteur, 1997.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Projets d'union f&#233;d&#233;rale (1823-1824) : &lt;br&gt; - Plan Sewell-Robinson, 213-215 ;&lt;br&gt; - Politique de Stuart, p. 215-216 ;&lt;br&gt; - Position du gouverneur Dalhousie, p. 216 ;&lt;br&gt; - Projet d'union f&#233;d&#233;rale de 1823-1824 : &#171; Annonce de 1840 et de 1867 &#187;, p. 217.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(3)	Michel ALLARD, et al., &#233;ds, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Deux-Canadas 1810-1867&lt;/i&gt;. Montr&#233;al, Gu&#233;rin, &#201;diteur, 1985 (Coll. &#171; L'histoire canadienne &#224; travers le document &#187;, vol. no 4.) Consulter l'introduction g&#233;n&#233;rale et celle de chacune des cinq parties de l'ouvrage (p. 14, 17, 55, 97-98, 141-142, 179). Il s'agit de documents qui couvrent les th&#232;mes qui suivent : population et immigration, apprentissage parlementaire, l'union l&#233;gislative, la vie &#233;conomique et la vie sociale. Nous signalons en particulier l'utilit&#233; des cartes, des tableaux des listes de gouverneurs, d'administrateurs, des ministres du Canada-Uni, des &#233;v&#234;ques catholiques de Qu&#233;bec et de Montr&#233;al, sans compter les graphiques tr&#232;s significatifs des structures administratives et gouvernementales pour cette p&#233;riode. ISBN : 2-7601-1426-0&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;DOCUMENTS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=center&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Union des deux Canadas ou&lt;br&gt;
f&#233;d&#233;ration du B.N.A. ?&lt;br&gt; (1823-1824)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Un jour ou l'autre, nous deviendrons un grand peuple &#8211; cela est certain &#8211; et nos fils vivront peut-&#234;tre assez longtemps pour voir cela &#187;. (Lettre de Robinson &#224; Macaulay en 1823, cit&#233;e dans le &lt;a href=&quot;http://www.biographi.ca/FR/ShowBio.asp?BioId=38798&amp;query=&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dictionnaire biographique du Canada&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; en ligne.)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;PR&#201;SENTATION&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s 1822, plusieurs projets de f&#233;d&#233;ration sont &#233;labor&#233;s. Le projet d'union Sewell-Robinson vise surtout une union l&#233;gislative du B.N.A. tout en acceptant l'existence d'administrations provinciales. Les auteurs flirtent avec l'id&#233;e de f&#233;d&#233;ration &#224; la place d'une simple union des deux Canadas.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, l'&#171; union l&#233;gislative des diverses provinces &#187; est demand&#233;e pour des raisons qui concernent les britanniques. Ceux-ci font miroiter aux yeux des Canadiens des motifs d'apparence. Par exemple, ils d&#233;fendent la n&#233;cessit&#233; de l'union avec les anglais pour lutter contre les am&#233;ricains en all&#233;guant que les canadiens perdront leur religion. Ils exploitent le sentiment anti-&#233;tasunien des Canadiens en flattant l'esprit de combattivit&#233; de leurs anc&#234;tres. Ils souhaitent conserver la loyaut&#233; des Canadiens-Fran&#231;ais &#224; leur avantage. Un but nettement machiav&#233;lique. Pour s'attirer la cote de l'&#201;glise catholique romaine, ils signalent qu'elle ne serait plus consid&#233;r&#233;e &#171; comme une &#201;glise &#233;tablie &#187; dans le cas o&#249; elle ne serait plus &#171; sous la domination de l'Angleterre &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le contexte des tensions entre le B.N.A.et les &#201;tats-Unis, les partisans de l'union l&#233;gislative des provinces consid&#232;rent qu'il faut r&#233;unir les forces du B.N.A. Ce serait, croient-ils, une excellente mesure pour assurer la d&#233;fense du Canada : &#171; au lieu de cinq, un seul code militaire serait en vigueur dans toutes les provinces &#187;. Cependant, il est &#233;vident que Sewell et Stuart ne croient pas au self-government colonial. Il y aura donc une lutte entre les conservateurs et les r&#233;formistes. Finalement, par-del&#224; les consid&#233;rations imm&#233;diates, l'axe Montr&#233;al-Toronto exige l'union ; et l'axe Montr&#233;al-Toronto associ&#233; aux autres provinces, c'est la f&#233;d&#233;ration.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avant de devenir procureur g&#233;n&#233;ral du Bas-Canada, le 31 janvier 1825, James Stuart r&#233;fl&#233;chit sur le texte de Sewell et de Robinson. Il accepte l'id&#233;e d'une union l&#233;gislative. Mais il veut d'abord une union des deux Canadas ; nous penserons apr&#232;s &#224; une f&#233;d&#233;ration. Il n'est pas n&#233;cessaire de cr&#233;er une f&#233;d&#233;ration si l'on peut avoir l'union des deux Canadas. Il d&#233;fend le projet de loi de 1822 avanc&#233; par le Parlement britannique. Pour Stuart, et c'est le fait important &#224; noter, il est n&#233;cessaire de passer par un r&#233;gime d'union avant d'avoir un gouvernement f&#233;d&#233;ral.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Source : Adam SHORTT et Norah STORY, &#233;ds, Documents concernant l'histoire constitutionnelle du Canada, 1819-1828. Ottawa, J.-O. Patenaude, 1935, p. 242-252. &lt;a href=&quot;http://www.canadiana.org/ECO/PageView?id=e0899b278678c376&amp;display=9_03426+0002&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;ICI &lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=center&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le plan Sewell-Robinson&lt;/strong&gt;(*)&lt;br&gt;
(1823-1824)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &#8230;on ne propose rien d'autre qu'une union l&#233;gislative des provinces&#8230; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consulter le site Internet &#171; Notre m&#233;moire en ligne &#187; pour acc&#233;der &#224; la lecture int&#233;grale du document. &lt;a href=&quot;http://www.canadiana.org/ECO/PageView?id=4c1fb3594738cff7&amp;display=9_03426+0254&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;ICI&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;PROJET D'UNION G&#201;N&#201;RALE DANS L'AM&#201;RIQUE DU NORD&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Extrait d'un document intitul&#233; : &#171; m&#233;moire sur la fa&#231;on de promouvoir les int&#233;r&#234;ts communs de la m&#232;re patrie et de ses colonies dans l'Am&#233;rique du Nord &#187;. [1824]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(P. 242) La province de Qu&#233;bec qui s'est d'abord compos&#233;e des deux Canadas et de la Nouvelle-&#201;cosse [&#8230;], le Haut-Canada au moment de la paix de 1783 [au trait&#233; de Paris qui a confirm&#233; la D&#233;claration d'ind&#233;pendance de 1776] fut colonis&#233; exclusivement par des officiers et des soldats licenci&#233;s ainsi que des r&#233;fugi&#233;es ; de tels gens s'&#233;tablirent aussi en grand nombre dans la Nouvelle-&#201;cosse et le Nouveau-Brunswick. Les colons que ces provinces re&#231;urent depuis cette date furent des loyalistes [&#8230;]. L'immense majorit&#233; des habitants des provinces est donc royalistes et, &#224; ce titre, elle est oppos&#233;e au Gouvernement des &#201;tats-Unis ; en outre, comme ces habitants sont prosp&#232;res, &#224; peu pr&#232;s exempts d'imp&#244;ts [&#8230;] ils n'ont aucune raison de devenir citoyens des &#201;tats-Unis : ce changement n'am&#233;liorerait pas leur situation. [&#8230;]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(P. 243) Le nombre des personnes d'origine britannique qui habitent le Bas-Canada s'&#233;l&#232;ve &#224; 30,000 [ &#171; ce nombre s'est accru et s'&#233;l&#232;ve maintenant &#224; 40,000 au bas mot &#187;] ; les autres habitants sont catholiques romains et d'origine fran&#231;aise. [&#8230;]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;[&#8230;] les anc&#234;tres de ces Fran&#231;ais [&#171; des d&#233;buts de la colonie &#187; en Nouvelle-France]&#8230; vinrent aux prises [contre les Am&#233;ricains] au cours d'incursions sur la fronti&#232;re qui [&#8230;] suscit&#232;rent chez le Canadien, [&#8230;] un esprit de revanche contre le &#171; Bostonnais &#187; (c'est le mot employ&#233; pour d&#233;signer l'Am&#233;ricain). Et la constatation des succ&#232;s que rapport&#232;rent ses anc&#234;tres [&#8230;] flatte sa vanit&#233; [&#8230;] pour repousser les Am&#233;ricains en 1775 et au cours de la derni&#232;re guerre [de 1812]. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En outre, le Fran&#231;ais devenu canadien [&#8230;] abhorre la pens&#233;e d'&#234;tre conquis par les &#201;tats-Unis, [&#8230;] redoute aussi l'abolition de sa langue &#224; laquelle il est peut-&#234;tre fortement attach&#233;. Mai il craint tout particuli&#232;rement l'abolition du syst&#232;me f&#233;odal actuellement en vigueur au Canada [&#8230;]. Il pense donc avoir des motifs personnels de d&#233;fendre la province contre les agressions des Am&#233;ricains [&#8230;].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; ces causes doit s'ajouter l'influence du clerg&#233; catholique romain. Il est notoire que les &#201;tats-Unis n'ont pas de religion &#233;tablie [&#8230;]. On y tol&#232;re pas la d&#238;me et le Gouvernement, en n'accordant ni traitement ni allocation, ne contribue pas au soutien d'une &#201;glise quelconque. En Am&#233;rique, [&#8230;] au cas o&#249; les &#201;tats-Unis s'empareraient du Canada, [&#8230;] cette &#201;glise [catholique romaine], parmi plusieurs autres, n'aurait pas le droit d'exiger de pr&#233;&#233;minence ou de jouir de certains avantages et, pour subvenir &#224; ses besoins, elle devrait compter uniquement sur l'appui volontaire de ses fid&#232;les.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au Canada, bien au contraire, l'&#201;glise catholique romaine se consid&#232;re (aussi longtemps que le Canada reste sous la domination de l'Angleterre) comme une &#201;glise &#233;tablie. [&#8230;]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(P. 244) [&#8230;] le contraste qui existe entre la situation de l'&#201;glise catholique romaine au Canada, sous le gouvernement de Sa Majest&#233;, et la situation dans laquelle elle se trouverait sous le gouvernement des &#201;tats-Unis est si grand que l'on ne saurait douter de ses cons&#233;quences [&#8230;]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;[&#8230;] au cas o&#249; les Am&#233;ricains envahissaient le pays, les habitants de la province s'efforceront de le d&#233;fendre [&#8230;]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans ces circonstances, il semble n&#233;cessaire de suivre une ligne de conduite qui contribuera &#224; consolider les int&#233;r&#234;ts et la puissance des provinces : [&#8230;] en cas de n&#233;cessit&#233;, toutes les forces de provinces ne peuvent &#234;tre r&#233;unies au moment voulu, sur un point quelconque de leur territoire, pour leur d&#233;fense, jusqu'&#224; ce qu'elles re&#231;oivent le secours ; et on ne saura obtenir ce r&#233;sultat &#224; moins que les mesures coloniales tant ex&#233;cutives que l&#233;gislatives, &#224; l'effet de pourvoir &#224; la d&#233;fense des provinces ne tiennent compte des deux provinces consid&#233;r&#233;es comme une entit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a actuellement en Am&#233;rique cinq l&#233;gislatures provinciales : les l&#233;gislatures du Bas-Canada, du Haut-Canada, de la Nouvelle-&#201;cosse, du Nouveau-Brunswick et de l'&#206;le du Prince-Edouard. Ces l&#233;gislatures ressemblent &#224; celle de la m&#232;re patrie et sont ind&#233;pendantes [&#8230;]. En outre, il est parfaitement vrai que la Couronne n'exerce qu'une faible influence sur les branches populaires de l'une quelconque de ces l&#233;gislatures provinciales ; et il est hors de conteste qu'elle est d&#233;pourvue de cette influence qui lui permettrait de faire adopter une seule mesure, m&#234;me opportune ou d'une absolue n&#233;cessit&#233; pour toutes les provinces ou pour l'Empire, &#224; l'encontre d'int&#233;r&#234;ts r&#233;gionaux quelconques qui pourraient militer contre cette mesure et &#234;tre utilis&#233;s contre son adoption.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En cons&#233;quence, quoiqu'il soit oblig&#233; de pourvoir &#224; la protection et &#224; la d&#233;fense des provinces, il est clair que le Gouvernement imp&#233;rial ne dispose pas de moyens qui lui permettent de tirer parti des ressources des provinces pour atteindre ces fins si importantes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;UNE UNION L&#201;GISLATIVE DES DIVERSES PROVINCES FERAIT, DANS UNE GRANDE MESURE, DISPARA&#206;TRE CES MAUX ET CONSOLIDERAIT LES INT&#201;R&#202;TS ET LA PUISSANCE DES PROVINCES POUR LES MOTIFS SUIVANTS [phrase mise en majuscules par nous] :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il existe actuellement cinq assembl&#233;es et il va de soi qu'il serait plus facile d'en &#233;riger une que de diriger cinq assembl&#233;es quelconques populaires et &#233;lectives.
[&#8230;]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(P. 245) Dans un seul parlement g&#233;n&#233;ral, la repr&#233;sentation d'une seule province ne constituerait pas une majorit&#233; ; en cons&#233;quence, les simples passions ou pr&#233;jug&#233;s locaux dispara&#238;traient et l'on consid&#233;rerait collectivement les int&#233;r&#234;ts de l'Empire et des provinces.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les officiers du gouvernement ex&#233;cutif de chaque province &#8211; qui sont, de fait, des officiers de l'Empire et non des provinces, surtout s'ils sont nomm&#233;s par le gouverneur g&#233;n&#233;ral &#8211; se sentiraient prot&#233;g&#233;s contre les attaques que d&#233;clenchent sans motif suffisant les branches populaires des l&#233;gislatures provinciales ; [&#8230;] la puissance du Gouvernement imp&#233;rial en serait donc consid&#233;rablement accrue.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au lieu de cinq, un seul code mili taire serait en vigueur dans toutes les provinces ; et leurs forces mat&#233;rielles ainsi soumises &#224; la direction du vice-roi ou du gouverneur g&#233;n&#233;ral pourraient &#234;tre r&#233;unies dans le dessein de r&#233;primer les r&#233;voltes locales ou de repousser une invasion &#233;trang&#232;re &#224; quelque moment que ce soit [&#8230;]. Voil&#224; une cons&#233;quence qui est par elle-m&#234;me si manifestement avantageuse &#224; toutes les provinces qu'elle semble, &#224; elle seule, constituer un motif suffisant d'union.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On doit toutefois observer que l'on ne propose rien d'autre qu'une union l&#233;gislative des provinces. On ne d&#233;sire pas faire dispara&#238;tre dans l'une quelconque des provinces l'un quelconque des postes &#224; la nomination de la Couronne. Bien au contraire, on a l'intention de laisser chaque province sous la direction d'un lieutenant-gouverneur et de maintenir dans chacune d'elles le d&#233;partement ex&#233;cutif.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;- - -&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(*) Les auteurs du m&#233;moire : Jonathan SEWELL, juge en chef dans le Bas-Canada et John Beverley ROBINSON, procureur g&#233;n&#233;ral dans le Haut-Canada.&lt;/p&gt; &lt;p align=center&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'opposition de James Stuart&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
(Londres, 8 avril 2004)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Consulter le site Internet &#171; Notre m&#233;moire en ligne &#187; pour acc&#233;der &#224; la lecture int&#233;grale du document. &lt;a href=&quot;http://www.canadiana.org/ECO/PageView?id=e0899b278678c376&amp;display=9_03426+0257&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;ICI&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(P. 246) Lorsque l'on d&#233;clare que cinq colonies &#8211; et m&#234;me six, selon une version, &#8211; sont aptes &#224; &#234;tre membres de la conf&#233;d&#233;ration projet&#233;e, l'impression produite sur l'esprit des gens qui ne connaissent pas ces colonies est excellente. Et pour corriger leur erreur, il devient n&#233;cessaire de savoir quelles sont ces colonies et, &#224; l'&#233;gard d'un semblable projet, d'&#233;tudier leur &#233;tat et leur situation. [&#8230;]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(P. 247) La faible population de ces pays, le peu de progr&#232;s qu'ils ont accomplis jusqu'ici ainsi que leur situation respective font qu'il n'est pas facile de d&#233;couvrir un motif quelconque justifiant &#224; l'heure actuelle la cr&#233;ation d'un syst&#232;me politique aussi important et on&#233;reux que le serait un gouvernement f&#233;d&#233;ratif ; et de fait, on ne saurait assigner &#224; un tel gouvernement un but quelconque [?].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(P. 248) Dans l'&#233;tat pr&#233;sent de la colonie, un gouvernement f&#233;d&#233;ratif ne saurait pourvoir efficacement &#224; la d&#233;fense des provinces, ce qui constituerait pour lui le plus important sujet de l&#233;gislation. Les pays vraiment expos&#233;s et dont l'invasion est &#224; redouter sont les Canadas ; mais leur situation est telle qu'ils ne peuvent gu&#232;re obtenir du secours des colonies-s&#339;urs : &#233;loign&#233;es comme elles sont, avec une population et des ressources si faibles [&#8230;]. Il semble donc &#233;vident que, pour le moment, une union de toutes les provinces britanniques ne remplirait aucune fin utile ou juste. [&#8230;] Mais vouloir &#233;tablir &#224; l'heure actuelle un tel gouvernement serait une entreprise tout &#224; fait pr&#233;matur&#233;e. [&#8230;] &#8230; les Fran&#231;ais du Bas-Canada ne voudraient pas, certes, y entrer, comme on l'a suppos&#233;, sur un pied d'&#233;galit&#233; avec l'&#206;le du Prince-Edouard et Terre-Neuve dont la population r&#233;unie et stable n'&#233;gale pas celle de l'une des villes de cette province. [&#8230;] La population du Bas-Canada d&#233;passe celle de toutes les autres provinces que l'on se propose de f&#233;d&#233;rer [fait inexact]. Et ce qui constitue un tr&#232;s s&#233;rieux obstacle &#224; toute union f&#233;d&#233;rative (p. 249) imm&#233;diate des provinces britanniques, c'est que cette province fran&#231;aise &#8211; car on peut la d&#233;signer ainsi &#224; l'heure actuelle &#8211; aurait le droit et ne pourrait gu&#232;re manquer d'exercer une influence pr&#233;pond&#233;rante dans toute union g&#233;n&#233;rale qui pourrait &#234;tre &#233;tablie actuellement [&#8230;]. Il est vraiment &#233;trange que les auteurs de ce projet aient cru que l'union g&#233;n&#233;rale projet&#233;e pourrait faire dispara&#238;tre l'un quelconque des maux auxquels on voulait rem&#233;dier par l'union des Canadas en une seule l&#233;gislature. [&#8230;]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(P. 250) Les auteurs de ce projet d'union g&#233;n&#233;rale [Sewell et Robinson] auraient &#233;t&#233; bien inspir&#233;s si, avant de s'opposer &#224; l'union des Canadas, ils s'&#233;taient demand&#233; quelle chance il y aurait d'accro&#238;tre la puissance et les ressources des Canadas et de les mettre en &#233;tat de se d&#233;fendre contre un ennemi du dehors en &#233;tablissant un mode de gouvernement qui tendrait &#224; rendre une si importante partie de la population hostile au gouvernement et &#224; en pr&#233;venir l'accroissement. [&#8230;] S'il est &#233;tabli, le gouvernement g&#233;n&#233;ral ne pourra &#234;tre rien d'autre qu'un placide spectateur de ces maux [c'est-&#224;-dire ceux que Sewell-Robinson pensent r&#233;gler].&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(P. 251) On croit tr&#232;s fermement, &#233;crit Stuart, qu'il serait impossible de prouver que l'union des Canadas nuirait d'une fa&#231;on quelconque &#224; l'une ou l'autre des provinces, quoique certains int&#233;r&#234;ts locaux et personnels puissent en souffrir. [&#8230;] L'union aurait pour r&#233;sultat d'&#233;tablir, sans violer un seul principe d'&#233;quit&#233;, une l&#233;gislature qui serait en bonne intelligence avec les autres branches du gouvernement, adopterait une politique qui s'inspirerait des int&#233;r&#234;ts de la m&#232;re patrie et des colonies, et obtiendrait par l'utile et intelligent exercice de son pouvoir le respect et la confiance de toute la population. [&#8230;] Les assembl&#233;es actuelles renferment trop de membres pour pouvoir subir une influence quelconque du gouvernement ex&#233;cutif ; et le principe m&#234;me qui pr&#233;side &#224; leur composition favorise l'action de l'esprit de parti et des pr&#233;jug&#233;s plus que ne le ferait l'assembl&#233;e plus consid&#233;rable des Canadas unis [ce qui est une pr&#233;vision douteuse]. &#8230; la majorit&#233; de l'assembl&#233;e des Canadas unis tiendrait compte de l'int&#233;r&#234;t public et, loin d'embarrasser le gouvernement ex&#233;cutif, faciliterait l'ex&#233;cution des importantes fonctions de ce corps. [&#8230;] (p. 252) &#8230; elle communiquerait tr&#232;s opportun&#233;ment aux habitants le sentiment de leur plus grande importance, l'union des provinces accro&#238;trait leur hostilit&#233; &#224; la domination am&#233;ricaine ainsi que de resserrer le lien qui les unit &#224; la Grande-Bretagne parce qu'il constitue pour eux l'unique moyen d'&#233;chapper au danger [?]. [&#8230;] Lorsqu'ils s'oppos&#232;rent &#224; une union, les Canadiens fran&#231;ais agirent sous le coup de l'&#233;motion passag&#232;re [ce qui est vrai et faux] que produisirent ces m&#234;mes articles et qui depuis longtemps s'est &#233;vanouie [influence de la pens&#233;e magique]. [&#8230;] Sans l'union, les lois, la religion et la langue des Canadiens fran&#231;ais seraient &#224; la merci d'une d&#233;mocratie am&#233;ricaine &#8230; ; avec l'union elles seraient peut-&#234;tre expos&#233;es au danger de s'alt&#233;rer graduellement, mais elles jouiraient, en somme, d'une grande s&#233;curit&#233; en vertu des garanties l&#233;gales qu'elles poss&#232;dent et de la protection du Gouvernement imp&#233;rial. En approuvant l'union, [&#8230;] il est certain que toute la population fran&#231;aise partagera bient&#244;t [il y aura 1837 !] l'opinion qui vient d'&#234;tre expos&#233;e. [&#8230;]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Somme toute, il semble qu'un examen impartial du projet doive porter &#224; tirer les conclusions suivantes : il ne serait pas opportun pr&#233;sentement d'&#233;tablir une union g&#233;n&#233;rale des provinces britanniques et il serait pr&#233;matur&#233; d'adopter ce projet ; l'adoption d'une telle mesure ne fera en aucune fa&#231;on dispara&#238;tre la n&#233;cessit&#233; d'obtenir l'union projet&#233;e des Canadas en une l&#233;gislature, mais au contraire, cette derni&#232;re mesure devrait &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme le pr&#233;lude de la premi&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Renseignements bibliographiques compl&#233;mentaires :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Le plan Sewell-Robinson a &#233;t&#233; largement diffus&#233; en Angleterre (1824 ?).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Robinson a aussi &#233;crit avec Jonathan Sewell : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Plan for a general legislative union of the British provinces in North America&lt;/i&gt; (Londres, [1824]), r&#233;imprim&#233; dans General union of all the British provinces of North America (Londres, 1824), 43, 20, 16 p. ; 22 cm.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Contenu : 1. Plan for a general legislative union of the British provinces, in North America [Mr. Sewell and Mr. Robinson] &#8212; 2. Remarks on a plan entitled, &quot;A plan for a general legislative union of the British provinces, in North America&quot; [Mr. Stuart] &#8212; 3. Observations on the policy of a general union of all the British provinces of North America (Rev. Dr. &lt;a href=&quot;http://www.answers.com/topic/john-strachan&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;John Strachan&lt;/a&gt;) Source : &lt;a href=&quot;http://www.gov.ns.ca/nsarm/library/library.asp?ID=1223&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Nova Scotia Archives &amp; Records Management.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; James Stuart critique le plan Sewell-Robinson (Londres, 8 avril 1824)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jame Stuart est l'auteur de : Observations on the proposed union of the provinces of Upper and Lower Canada, under one legislature, respectfully submitted to his majesty's government, by the agent of the petitioners for that measure (Londres, 1824) ; &lt;a href=&quot;http://www.canadiana.org/ECO/PageView/9_03426/0257?id=c5873a0fedd20d05&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&#171; Remarks on a plan, entitled &quot;A plan for a general legislative union of the British provinces in North America&quot; &#187;&lt;/a&gt;, paru dans General union of all the British provinces of North America (Londres, 1824). Nomm&#233; procureur g&#233;n&#233;ral du Bas-Canada le 31 janvier 1825. R&#233;digea le texte de la loi sur l'union des deux Canadas et celui de l'ordonnance qui cr&#233;ait les bureaux d'enregistrement. &lt;a href=&quot;http://www.assnat.qc.ca/FRA/Membres/notices/s/stuaj.htm&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Source&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Rev. Dr. John Strachan d&#233;fend le plan Sewell-Robinson&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;[&#192; l'occasion d'un s&#233;jour en 1824 en Angleterre], Strachan s'occupa &#233;galement d'un probl&#232;me politique fort important ; il s'agissait d'&#233;tablir lequel de ces deux r&#233;gimes &#233;tait le plus avantageux : l'union du Haut et du Bas-Canada ou l'union de toutes les provinces de l'Am&#233;rique du Nord britannique. La question n'&#233;tait pas nouvelle pour lui. Lorsqu'il avait entendu parler du projet d'union en 1822, il avait envoy&#233; presque aussit&#244;t une s&#233;rie d'objections au minist&#232;re des Colonies, soutenant que l'union des deux provinces rendrait celles-ci &#171; m&#233;contentes sinon rebelles &#187; et que la colonie tomberait au pouvoir des Canadiens fran&#231;ais parce que la minorit&#233; antigouvernementale du Haut-Canada allait s'unir &#224; un bloc solide de Canadiens fran&#231;ais pour dominer l'Assembl&#233;e unie. En outre, il s'&#233;tait mis en rapports &#233;pistolaires avec le procureur g&#233;n&#233;ral John Beverley Robinson qui avait &#233;t&#233; m&#234;l&#233; &#224; cette question en 1822, d&#232;s son arriv&#233;e &#224; Londres o&#249; il &#233;tait venu demander aux autorit&#233;s britanniques d'intervenir dans un litige commercial entre le Haut et le Bas-Canada. Quand le minist&#232;re des Colonies demanda &#224; Strachan d'exprimer ses vues, celui-ci pr&#233;senta un rapport dans lequel il affirmait que l'union envisag&#233;e allait nuire aux int&#233;r&#234;ts britanniques en g&#233;n&#233;ral et &#224; l'&#201;glise d'Angleterre en particulier. Au lieu de l'union des deux Canadas, il adoptait le plan mis de l'avant par Robinson visant &#224; une &#171; union l&#233;gislative g&#233;n&#233;rale des provinces britanniques de l'Am&#233;rique du Nord &#187;. Cette union offrait, selon lui, plusieurs avantages : entre autres, elle &#171; deviendrait une barri&#232;re importante contre les empi&#233;tements des &#201;tats-Unis &#187; et &#171; en ce qui a[vait] trait au [...] Bas-Canada, les opinions et les craintes qui pr&#233;sentement en troubl[ai]ent la paix se calmeraient peu &#224; peu [...]. Les Canadiens fran&#231;ais s'angliciseraient graduellement et sans heurt. &#187; Cit&#233; dans le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.biographi.ca/FR/ShowBio.asp?BioId=38851&amp;query=&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Dictionnaire biographique du Canada&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; en ligne&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Durham - Falsification de l'Histoire</title>
		<link>http://www.vigile.net/Durham-Falsification-de-l-Histoire</link>
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		<dc:creator>Normand Rousseau - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>&#192; l'occasion de l'affaire Durham, plusieurs journalistes et historiens anglophones se sont empress&#233;s d'affirmer que le Canada anglais n'avait jamais appliqu&#233; ses recommandations d'assimilation des Canadiens fran&#231;ais. &#192; ma grande surprise, aucun historien (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; l'occasion de l'affaire Durham, plusieurs journalistes et historiens anglophones se sont empress&#233;s d'affirmer que le Canada anglais n'avait jamais appliqu&#233; ses recommandations d'assimilation des Canadiens fran&#231;ais. &#192; ma grande surprise, aucun historien francophone n'a r&#233;pliqu&#233; &#224; cette falsification de l'Histoire canadienne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Canada anglais a appliqu&#233; le rapport Durham de trois fa&#231;ons.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'abord en faisant 12 lois anti-fran&#231;aises, deux dans chacune des provinces de l'Ouest, trois en Ontario dont le c&#233;l&#232;bre R&#232;glement 17, le School Act du Nouveau-Brunswick et la loi Tupper de la Nouvelle-&#201;cosse et une loi &#224; l'&#206;le-du-Prince &#201;douard. Il faut se souvenir que ces lois ont s&#233;vi sur pr&#232;s d'un si&#232;cle. La plupart des effets pervers d'assimilation linguistique n'ont pris fin qu'en 1969. C'est ainsi que le Qu&#233;bec est devenu la r&#233;serve des francophones. Dire que les Canadiens fran&#231;ais ont gard&#233; leur langue gr&#226;ce aux Anglais, comme l'a dit Chr&#233;tien, est donc une aberration colossale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Deuxi&#232;mement, le Canada anglais a fait exactement ce que Durham avait recommand&#233; en proc&#233;dant &#224; une immigration massive des Anglais au Canada. &#192; la fin du 19e si&#232;cle et au d&#233;but du 20e, particuli&#232;rement sous Laurier, le Canada anglais a fait entrer plus d'un million de Britanniques, dont les 100 000 orphelins de Victoria. On a tent&#233; ainsi de noyer les Canadiens fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Troisi&#232;mement, le Canada anglais payait le voyage des Britanniques et leur donnait des terres alors qu'un Qu&#233;b&#233;cois devait payer son voyage et acheter sa terre s'il voulait s'&#233;tablir dans une province de l'Ouest.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et les historiens qui essaient de justifier Durham en pr&#233;tendant qu'il voulait seulement, comme tous les Anglais de son &#233;poque, cr&#233;er l'homog&#233;n&#233;it&#233; sociale et culturelle, c'est faux, c'est un euph&#233;misme pour &quot;g&#233;nocide culturel&quot;, soit faire perdre aux colonis&#233;s leur langue, leur religion et leur culture et, quand les colonis&#233;s r&#233;sistaient &#224; leur belle &quot;homog&#233;n&#233;it&#233;&quot;, les Anglais les exterminaient ou les assimilaient de force, partout, en Afrique, en Inde, en Am&#233;rique, en Australie, en Irlande, etc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il ne faut pas se laisser leurrer par les mots. Dans les pays africains, comme les Anglais ne pouvaient r&#233;aliser &quot;l'homog&#233;n&#233;it&#233; raciale&quot; (blanchir des Noirs, c'est difficile), alors ils pratiquaient l'apartheid.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ceux qui d&#233;noncent le r&#233;visionnisme de l'Histoire se pr&#234;tent trop souvent &#224; une falsification de l'Histoire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Normand Rousseau&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Gatineau&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Panneau de Lord Durham : le Bloc exige des excuses</title>
		<link>http://www.vigile.net/Panneau-de-Lord-Durham-le-Bloc</link>
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		<dc:date>2007-11-24T13:39:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		
		


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		<description>Hugo de Grandpr&#233; - La controverse soulev&#233;e par une affiche de Lord Durham au centre-ville d'Ottawa continue &#224; faire des vagues au Parlement. Le Bloc qu&#233;b&#233;cois demande maintenant des excuses publiques du gouvernement pour des propos jug&#233;s offensants envers les Qu&#233;b&#233;cois. Le parti de (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Hugo de Grandpr&#233; - La controverse soulev&#233;e par une affiche de Lord Durham au centre-ville d'Ottawa continue &#224; faire des vagues au Parlement. Le Bloc qu&#233;b&#233;cois demande maintenant des excuses publiques du gouvernement pour des propos jug&#233;s offensants envers les Qu&#233;b&#233;cois. Le parti de Gilles Duceppe en a fait la requ&#234;te &#224; la Chambre des (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Panneau-de-Lord-Durham-le-Bloc"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>&#171; John &#187;</title>
		<link>http://www.vigile.net/John</link>
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		<dc:date>2007-11-16T16:48:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Fran&#231;ois Deschamps - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>http://www.septentrion.qc.ca/catalo... Voici un document &#224; ma connaissance in&#233;dit dans lequel les lecteurs de Vigile trouveront un r&#233;cit &#233;mouvant sur les d&#233;buts de la guerre civile canadienne. Il provient du cours sur les R&#233;bellions que Jean-Paul Bernard donnait &#224; la fin des ann&#233;es 1980 &#224; (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1256 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:147px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.septentrion.qc.ca/catalogue/livre.asp?id=2150&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/png/16-laporte.png' width=&quot;147&quot; height=&quot;198&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; Voici un document &#224; ma connaissance in&#233;dit dans lequel les lecteurs de
Vigile trouveront un r&#233;cit &#233;mouvant sur les d&#233;buts de la guerre civile
canadienne. Il provient du cours sur les R&#233;bellions que Jean-Paul Bernard
donnait &#224; la fin des ann&#233;es 1980 &#224; l'Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je le
pr&#233;sente tel quel. Un passage biff&#233; et quelques additions ont &#233;t&#233; plac&#233;s
entre crochets. Le t&#233;moignage crois&#233; de Driscoll ci-contre (&#171; L'hydre de la
r&#233;bellion &#187;) permet de cerner le moment d&#233;cisif du conflit, le &#171; &#954;&#945;&#953;&#961;&#959;&#962; &#187;, o&#249; tout bascule. Il est survenu
apr&#232;s la victoire des Patriotes &#224; Saint-Denis : tandis que Colborne, pris
de panique, envoie des courriers ordonnant le retrait imm&#233;diat de Wetherall
(aucun ne parviendra &#224; destination), celui-ci, au m&#234;me moment, conseill&#233;
par Gugy, entreprenait par le truchement du clerg&#233; une op&#233;ration de
d&#233;stabilisation de l'ennemi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avec &#171; John &#187;, c'est la voix de la trag&#233;die qui perce dans la conscience historique des Qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fran&#231;ois Deschamps&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;* (Importante)&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mr Jacques Langlois, arpenteur&lt;br&gt;
Nouvelle Orl&#233;ans&lt;br&gt;
Louisiana&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cher ami,&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai re&#231;u ta lettre dat&#233;e de la N[ouvelle] O[rl&#233;ans] le 4 d&#233;cembre
ultimo [1837]. Je t'aurais repondu avant ce tems, si y eut possibilit&#233; de
faire passer une lettre au dela des lignes ; tu es peut &#234;tre surpris de
m'entendre tenir ce langage, mais si tu connaissais l'espionage &amp; la duret&#233;
des autorit&#233;s, tu imaginerois alors combien notre sort est malheureux.
&#201;crire quelques lignes sur la politique ou plut&#244;t sur la tyrannie du
gouvernement anglais, c'est se rendre coupable de haute trahison. J'ignore
si tu as appris l'&#233;tat de nos affaires publiques &amp; c'est pourquoi je
m'efforcerai de t'en donner un apper&#231;u. Pour te mettre au fait des
&#233;v&#232;nemens qui ont eu lieu depuis quelques mois &amp; te signaler la marche qu'a
tenu le parti democratique ou Papineautiste, je commencerai par te dire ce
qui a precipit&#233; l'insurrection les malheurs du peuple &amp; les vues du parti
oligarchique ou anglais. &#8211; Voici donc comment ont commenc&#233; les troubles.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Messieurs Morin, - Legar&#233;, Lachance, Chasseur &amp; Trudeau qui conduisaient
le Lib&#233;ral, l'un commme &#201;diteur, les autres comme directeurs de
l'&#233;tablissement, furent arr&#234;t&#233;s &amp; mis en prison le 11 novembre dernier pour
sedition. Les Chefs du parti populaire &#224; Montr&#233;al s'imaginant qu'ils
auroient le m&#234;me sort &amp; qu'ils ne seroient pas plus respect&#233;s crurent
prudents de se tenir &#224; l'&#233;cart pendant quelque tems. Brown, qui ecrit mieux
qu'il ne se bat, avoit comme tu sais, form&#233; une soci&#233;t&#233; sous le nom des
fils de la libert&#233;. Son projet r&#233;ussisoit &#224; merveille, chaque jour ce corps
augmentoit en nombre, &amp; deja de pareilles soci&#233;t&#233;s se formaient dans les
campagnes. Le 6 nov., comme ces braves revenoient tranquillement de
parader, ils furent attaqu&#233;s par les hommes du Doric Club : ceux ci ayant
ete mis en d&#233;route, les premiers s'en retourn&#232;rent dans leurs foyers,
pensant bien que la le&#231;on qu'ils venoient de donner &#224; leurs adversaires,
leur apprendroit &#224; ne pas insulter personne. Ils ne furent pas plutot
separ&#233;s que les Dorics revinrent &amp; ne trouvant personne, ils saccag&#232;rent &amp;
pill&#232;rent les propri&#233;t&#233;s des patriotes. Les troupes furent appel&#233;s pour
intervenir, mais loin de faire leur devoir, ils laiss&#232;rent les turbulens se
porter &#224; tous les exc&#232;s imaginables. Le lendemain, les autorit&#233;s se
rendirent avec une force arm&#233;e au lieu o&#249; les fils de la libert&#233; tenoient
leurs s&#233;ances &amp; l&#224; ils s'empar&#232;rent des recors &amp; correspondances de la
soci&#233;t&#233;. Il paroit que plusieurs s'&#233;toient impliqu&#233;s [dans les proc&#233;d&#233;s ou
r&#232;glemens de] c'est ce qui fit que plusieurs des principaux laiss&#232;rent la
ville. O'Callaghan, Brown &amp; quelques autres se rendirent sur les bords du
Richelieu. Ayant d&#233;lib&#232;re sur ce qu'ils avoient &#224; faire, ils convoqu&#232;rent
des assembl&#233;es publiques &amp; expliquerent au peuple le danger qui
l'envirronnait. Les Canadiens qui connaissaient leurs chefs pour des hommes
qui s'&#233;toient sacrifi&#233;s pour eux, promirent de ne pas les abandonner au
moment du p&#233;ril &amp; que si on venoit pour les arr&#234;ter, ils mourraient en les
d&#233;fendant &#8211;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les Chefs voyant le peuple sympathiser avec eux, se prepar&#232;rent &#224;
opposer les troupes de la reine, si elles paroissoient. Wolfred Nelson eut
le commandement des patriotes de St-Denis &amp; T. S. Brown celui des patriotes
de St-Charles. Un d&#233;tachement de troupes partit de Sorel sous Col. Gore &amp;
un autre de Chambly sous Wetherall. Les patriotes firent prisonnier un
messager de Gore qui fit connaitre &#224; Nelson le nombre de troupes qu'il
aurait &#224; combattre. Il les attendit avec fermet&#233; &amp; le 23 de Novembre &#224; neuf
heures du matin les troupes au nombre de 450 arriverent au village de
St-Denis. Le signal ayant &#233;t&#233; donn&#233;, la bataille commen&#231;a &amp; continua
jusqu'&#224; deux heures et demi de l'apr&#232;s-midi. L'activit&#233;, le courage &amp; la
bravoure se montraient des deux cot&#233;s, mais vers midi et demi les
patriotes, voyant venir du renfort &#224; quelque distance, se mirent &#224; crier en
avant &amp; forc&#232;rent les soldats anglais &#224; abandonner leurs positions,
laissant 112 morts &amp; 4 bless&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ils &#233;taient a environ un demi arpent les uns des autres et chaque coup
etoit mortel. Les patriotes ne perdirent que 10 hommes &amp; s'empar&#232;rent d'un
canon non enclou&#233;, - 3 caisses remplies d'ammunitions &amp; de 116 fusils.
Brown ne fut pas aussi heureux &#224; St-Charles, il avoit imprudemment envoy&#233;
une partie de son monde, n'attendant pas que Wetherall arriveroit aussi
vite ; lorsque l'ennemi parut quoique bien plus foible, il s'obstina a
livrer bataille, &amp; malgr&#233; cela les patriotes disput&#232;rent pied &#224; pied le
terrain aux soldats &amp; ce ne fut que lorsqu'ils virent que c'&#233;toit folie
pour eux de resister, ils retrait&#232;rent apr&#232;s avoir tu&#233; 150 soldats.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il m'est impossible de te dire quelle fut la barbarie des bretons (traduction de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Britons&lt;/i&gt; - les Anglais. - ndlr ***), ils
ont assasin&#233; les bless&#233;s, vol&#233;, pill&#233; &amp; brul&#233; tout ce qu'ils rencontr&#232;rent,
sans distinguer si les gens avoient pris part &#224; l'insurrection. L'eglise,
les femmes et les filles ne furent aucunemment respect&#233;es, car on se servit
d'une pour &#233;curie, &amp; les femmes furent trait&#233;es comme des prostitu&#233;es. Les
anglais des villes fremissent eux-m&#234;mes, lorsqu'ils connaissent les
traitemens qu'ont eprouv&#233; les innocens.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1257 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:148px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.septentrion.qc.ca/catalogue/livre.asp?id=350&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/png/16-histoiredespatriotes.png' width=&quot;148&quot; height=&quot;195&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; Mais tu me demanderas, que faisait Nelson, que ne venoit-il au secours,
je vais te le dire. Aussit&#244;t qu'il apprit les desastres, il mit ses hommes
en rang &amp; leur dit ce dont il s'agissait, tous jur&#232;rent de venger leurs
fr&#232;res et voulurent partir instanter. Le chef qui se croyait plus fort dans
ses fortifications, leur dit qu'il falloit attendre les troupes qui
devoient descendre &#224; St-Denis. Le samedi &amp; le dimanche se pass&#232;rent sans
que les soldats parurent, mais h&#233;las pendant ce temps, bien des intrigues
avoient eu lieu. Wetherall, qui voyait qu'il n'avait pas &#224; faire &#224; des
enfants, envoya chercher le cur&#233; de St-Denis &amp; lui dit d'ecrire aux
habitans de St-Denis que s'ils ne se rendoient pas, il les vouait aux
tourmens de l'enfer et qu'il leur refuseroit la sepulture.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Eh bien que dira-t-on de la conduite d'un homme qui se dit l'apotre de
Dieu. Il vend son troupeau &#224; un protestant &amp; le livre par l'influence qu'il
poss&#232;de sur lui. Oh ! quel malheur pour les Canadiens de se voir ainsi
trait&#233;s. Le plan form&#233; par le Col[onel] anglais reussit &#224; merveille &amp; sur
500 hommes que commandait Nelson le dimanche au soir, il ne s'en trouve
plus que 50 lundi au matin qui ont pu resister aux menaces de leur cur&#233;.
Nelson abandonn&#233;, congedie les braves qui l'entourent &amp; qui veulent mourir
avec lui, mais les troupes n'osent pas se pr&#233;senter devant les Canadiens,
ils ont connu leur valeur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ils aim&#232;rent mieux reprendre le chemin de Montr&#233;al. Telle fut donc la
malheureuse influence qu'eut sur les Canadiens, le grand vicaire Demers,
qui aima mieux voir ses compatriotes enchain&#233;s, plut&#244;t que de les laisser
obtenir la libert&#233;. Les chefs voyant qu'ils avoient &#233;t&#233; trahis par des
membres du clerg&#233;, gagn&#232;rent les &#201;tats-Unis, esperant y trouver des amis.
Ils y furent bien re&#231;us, mais ce n'&#233;toit pas tout ce qu'on esperoit de la
nation am&#233;ricaine qui dit certainement connoitre l'avantage qui resulteroit
pour elle si les Canadas devenoient ind&#233;pendants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'apr&#232;s ce que nous pouvons juger, le Congr&#232;s est contre nous &amp; &#224; moins
de quelques changemens subis, le peuple Canadien va &#234;tre opprim&#233; &amp; devenir
esclave pour toujours. Oh ! que les Fran&#231;ais ne sont-ils pas nos voisins,
alors on verroit des hommes venir genereusement nous porter main forte.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Faut-il donc que 600,000 Canadiens soient subjugues par une poign&#233;e de
Bretons. Tu connois notre nombre &amp; nos droits, ainsi juge donc quelles
doivent &#234;tre nos pens&#233;es. On demandera peut &#234;tre, si vous &#234;tes si nombreux
&amp; vos adversaires si foibles, que n'exterminez vous vos tyrans. &#192; cela je
r&#233;ponds, c'est ce qui se fera tot ou tard, mais nous ne pouvons le faire
aujourd'hui ; car il existe parmi nous une classe d'hommes qui poss&#233;dant
beaucoup d'influence sur les masses, en usent mal. Je veux parler du
clerg&#233; catholique. Ah ! Ces messieurs, que veulent ils &amp; qu'ont-ils &#224;
craindre en se reunissant au peuple. Helas, mon cher ami, ils ont beaucoup
d'int&#233;r&#234;t &#224; voir exister le m&#234;me ordre de choses, ce sont les dimes qui les
inqui&#232;tent, &amp; ils auroient peur de voir le peuple demander &#224; &#234;tre d&#233;charg&#233;
du fardeau le plus on&#233;reux &amp; le plus injuste qu'il ait &#224; supporter.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La libert&#233; n'existe plus maintenant pour personne de nous, celui qui est
aujourd'hui libre &amp; cherchant &#224; vivre de son industrie, sera jett&#233; sans
qu'il en sache la raison, en prison &amp; train&#233; devant un tribunal pour &#234;tre
jug&#233; dans un district s&#233;par&#233; de celui qu'il habite, t&#233;moin l'emprisonnement
de messieurs H&#233;bert &amp; Proulx, MPP. Ils demeuroient &#224; Nicolet, district des
trois Rivi&#232;res &amp; en supposant qu'ils puissent &#234;tre arr&#234;t&#233;s, au moins on
auroit du les envoyer aux Trois Rivi&#232;res. Mais non, on les m&#232;ne &#224; Montr&#233;al
afin qu'ils y soient jug&#233;s par des militaires. Les Canadiens ont
aujourd'hui le meme sort des milliers d'Irlandais que tu as vu d&#233;barquer de
nos quais, ils vont etre oblig&#233;s d'emigrer &amp; de s'expatrier. Deja plus de
300 personnes marquantes sont dans les &#201;tat Unis &amp; il seroit impossible de
te dire combien il en emigrera sous peu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'arrogance des bretons est &#224; son comble, ils insultent &amp; maltraitent
m&#234;me &#224; Qu&#233;bec tous ceux qui portent un nom fran&#231;ais. Le nomm&#233; Symes que tu
connais fouille partout &amp; ne respecte pas plus le domicile de la veuve que
d'autre personne. La Chambre d'assembl&#233;e, ce bel edifice construit &amp; pay&#233;
avec l'argent du peuple est maintenant une caserne pour les troupes. Il n'y
avoit pas assez de voir le college des j&#233;suites dont les anglois se sont
empar&#233;s sans voir la batisse o&#249; s'assembloient les repr&#233;sentants du peuple
souill&#233; par des gens sns honneur &amp; sans principes. On soup&#231;onne et &#224; juste
droit que Lindsay, le greffier, a offert le batiment en question. Il existe
d'autres batisses pour loger les troupes, sans insulter le peuple en
violant un bien qui doit etre regard&#233; comme sacr&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai vu ta famille qui se porte bien. Je n'ai pas re&#231;u ta lettre pour
Suzanne que tu dois oublier, car elle ne m&#233;rite pas ton amiti&#233;. J'oubliois
de te dire &amp; te prier de tacher de faire publier sur l'Abeille une partie
ou toute cette lettre. S'il falloit implorer ou avoir l'influence de
quelqu'un, je pense que M. Belanger pourrait nous rendre ce service. Il est
utile &amp; avantageux que les Fran&#231;ais qui sympathisent avec tous les
malheureux, connoissent nos malheurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai trac&#233; ces lignes &#224; la h&#226;te &amp; tu dois consequemment m'excuser. Je
t'ecrirai sur le printems. Ne m'ecris rien sur la politique car tu pourrais
me compromettre aux yeux du gouvernement &amp; tu m'excusera de ne signer que
mon nom de Bapteme qui est celui d'un ami sinc&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quebec 22 F&#233;vrier 1838&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;John&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fais mes respects &#224; Eus&#232;be, dis lui qu'ils sont bien chez lui mais qu'on
ignore ce qu'est devenu Collect, nous pensons qu'il est naufrag&#233; mais qu'il
est sauv&#233;. &#8211; Si tu vois Paquet dis lui que j'ai vu son fr&#232;re &#224; Deschambault
qui est bien ainsi que sa femme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;John&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;*** &#171; Durant toute cette p&#233;riode, &lt;a href=&quot;http://www.salic-slmc.ca/showpage.asp?file=histoire_ling/debuts_dual_ling/eveil_nationalisme&amp;language=fr&amp;updatemenu=true&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;les anglophones ne se consid&#233;raient pas encore comme des Canadians&lt;/a&gt;. Ils s'affirmaient fi&#232;rement comme des Britons (en fran&#231;ais : Bretons) &#173; ce qui signifiait alors &#171; Anglais &#187; &#173; et n'avaient d'autre appartenance qu'&#224; la nation britannique, non &#224; la &#171; nation canadienne &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(Pr&#233;cision sugg&#233;r&#233;e par Claude Bariteau)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



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		<title>&#171; Un peuple deux fois conquis &#187;</title>
		<link>http://www.vigile.net/Un-peuple-deux-fois-conquis</link>
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		<dc:date>2007-11-16T14:48:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Fran&#231;ois Deschamps - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


[()


		<description>Qu'on arr&#234;te donc de nous conter des histoires avec la reconnaissance bidon de la &#171; nation qu&#233;b&#233;coise &#187; par les Feds &#224; Ottawa : le Canada s'est form&#233; pr&#233;cis&#233;ment en &#233;crasant son aspiration et son droit &#224; &#234;tre ind&#233;pendante. Rien &#224; voir avec le beau r&#234;ve de professeurs ou (...)</description>

[
(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1254 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:295px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.mccord-museum.qc.ca/fr/clefs/circuits/tourID/GE_P1_1_FR&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/png/16-37-38-1.png' width=&quot;295&quot; height=&quot;271&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; &#192; rebours du discours dominant, le ph&#233;nom&#232;ne de la guerre &#8211; de l'esp&#232;ce
qu'on appelle &#171; civile &#187; - doit &#234;tre replac&#233; au c&#339;ur de l'analyse des
R&#233;bellions. D&#232;s d&#233;cembre 1834, apr&#232;s sa victoire &#233;clatante, Papineau avait
avanc&#233; que la constitution, ayant &#171; cess&#233; d'exister de droit [&#8230;] ne
pourrait donc plus &#234;tre conserv&#233;e de fait que par la force et la violence &#187;
(Lamonde, 1998, 327). Le gouverneur Gosford reconna&#238;tra lui-m&#234;me en ao&#251;t
1837 qu'&#224; peine amorc&#233;e, l'abrogation de la session &#233;quivalait &#224; &#171; l'annihilation virtuelle de la constitution de laquelle le parlement d&#233;rive
son existence &#187; (Christie, 1865-1866 ; IV, 392 ; ma traduction). Et de
fait, le r&#233;gime militaire qui s'installe, trois mois plus tard, &#224; Montr&#233;al
et dans les environs, ne reprendra ses fonctions subalternes d'appoint aux
autorit&#233;s civiles qu'en 1841. &#171; Un peuple deux fois conquis &#187;, claironnera
le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Montreal Herald and Daily Commercial Advertiser&lt;/i&gt; dans son &#233;dition
hebdomadaire du 2 f&#233;vrier 1838.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ma th&#232;se est que les leaders du parti de la majorit&#233; n'ont pas pr&#233;vu
le coup, tandis que les tories, cumulant les postes dans l'arm&#233;e (leur
chasse gard&#233;e), les milices volontaires, la magistrature et une bonne
partie du milieu des affaires, y &#233;taient r&#233;solus depuis longtemps. Qui plus
est, en d&#233;pit de toutes les tentatives d'occultation dont elle est encore
l'objet, la r&#233;pression aveugle de &#171; l'hydre de la r&#233;bellion &#187;, en partie
seulement improvis&#233;e, est le r&#233;sultat d'un putsch maquill&#233; en &#171; agression
pr&#233;ventive &#187; (Aron, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Guerre et paix&lt;/i&gt;, 1962, 93).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je ne r&#233;crimine pas contre la l&#233;gitimit&#233; de la man&#339;uvre : m&#234;me s'il est
pass&#233; &#224; un cheveu de perdre sa mise apr&#232;s Saint-Denis, Colborne, le &#171; vieux
br&#251;lot &#187;, a fait ce qu'il devait faire. Une &#171; yafei nefesh &#187;, une &#171; &#194;me
sensible &#187;, trouvera certes &#224; redire &#224; propos de &#171; l'odieux brigandage &#187; des lois et de l'autorit&#233; civile (Rousseau, Lettres &#233;crites de la
montagne), etc. Le point essentiel reste qu'il s'agit en fait d'un &#171; double
soul&#232;vement &#187; (Maurice S&#233;guin, 1962) &#8211; th&#232;se dont on trouve les lin&#233;aments
dans le tr&#232;s beau livre de l'abb&#233; Dubois, Le feu de la rivi&#232;re du ch&#234;ne
(1937). Ce que je r&#233;cuse, ce sont les versions anesth&#233;siantes grand public
qui ont cours aujourd'hui. L'&#233;moi r&#233;cent autour de l'idole Durham nous le
rappelle : la d&#233;fense du f&#233;d&#233;ralisme canadien est bas&#233;e sur une m&#233;moire
tronqu&#233;e, voire frauduleuse.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le sens du r&#232;glement de comptes que nos bons vieux tories pr&#233;m&#233;ditaient
se r&#233;sume en deux points, qu'on peut lire, noir sur blanc, dans le
&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Blackwood Edinburgh Magazine&lt;/i&gt; de juin 1835 :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1) mettre la cl&#233; dans la porte de l'ex&#233;cr&#233; Parlement de Qu&#233;bec (l'arm&#233;e
r&#233;quisitionnera le b&#226;timent en d&#233;cembre 1837) ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2) r&#233;unir au plus sacrant le Haut et le Bas-Canada.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour y parvenir, rien de mieux ne s'est offert &#224; eux qu'un bon vieux
psychodrame d'all&#233;geance typiquement anglo-saxon &#8211; centr&#233; d'abord sur une
poign&#233;e de &#171; d&#233;magogues &#187;, mais &#233;largi bient&#244;t, par la force insoup&#231;onn&#233;e
des choses, &#224; l'ensemble d'un peuple de &#171; rebelles &#187; et de &#171; tra&#238;tres &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Partisans de la mani&#232;re forte, ces respectables &#171; citoyens du monde &#187;, pour
la plupart &#171; past masters &#187; &#224; St. Paul, la fameuse loge ma&#231;onnique qui
c&#233;l&#233;brera son deux centi&#232;me anniversaire en 1970, parviendront &#224; d&#233;capiter
le parti patriote de ses dirigeants par la criminalisation de tous les
d&#233;put&#233;s &#233;lus, la s&#233;questration arbitraire de leurs militants au moindre
soup&#231;on et un syst&#232;me de terreur g&#233;n&#233;ralis&#233;e bas&#233; sur la d&#233;lation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or, seul l'&#233;tablissement d'une junte militaire &#171; hors de toute
obligation juridique contractuelle &#187; (Starobinski, 1999, 288) pouvait leur
permettre d'arriver &#224; leurs fins. Les proc&#232;s ult&#233;rieurs des prisonniers
politiques devaient le montrer : les tribunaux ordinaires, soumis au
jugement par jury, allaient absoudre, un apr&#232;s l'autre, tous les militants
patriotes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Contrairement &#224; une id&#233;e simpliste, l' &#171; ascension aux extr&#234;mes &#187; qui
caract&#233;rise le ph&#233;nom&#232;ne de la guerre (Aron, ibid, 57), n'est pas le fait
seulement de la &#171; petite clique &#187; &#224; Papineau. &#192; l'intensification de la
strat&#233;gie d'obstruction des patriotes r&#233;pond, en effet, &#224; partir de 1835,
le sabotage syst&#233;matique par les tories du &#171; grand &#339;uvre de la conciliation &#187; sous le couvert de &#171; loyaut&#233; &#187; aux pr&#233;rogatives de la Couronne, alors que
celles-ci, au m&#234;me moment, avec le retour de Melbourne et des Whigs au
pouvoir, &#233;taient r&#233;duites, d&#233;sormais, &#224; une fonction purement d&#233;corative.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au-del&#224; des discours d'apparat, se dissimule donc, pour la direction de
l'&#201;tat et le contr&#244;le du Saint-Laurent, une lutte &#224; trois opposant un
groupe minoritaire tr&#232;s actif domin&#233; par les &#171; High flown Tories &#187;
montr&#233;alais, le parti de Papineau auquel une majorit&#233; de citoyens
am&#233;ricains et britanniques adh&#233;raient &#8211; parti rel&#233;gu&#233; cependant &#224;
perp&#233;tuit&#233; au r&#244;le d'opposition officielle - et le Parlement imp&#233;rial.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Erreur fatale : par l'effet d'une sorte d'ind&#233;crottable bonhomie, la
plupart des dirigeants patriotes ont n&#233;glig&#233; les pr&#233;paratifs militaires,
convaincus que les tories, &#224; Montr&#233;al, n'auraient pas l'audace de recourir
aux grands moyens. Par l'entremise de leur porte-parole, A.-N. Morin, le
parti de la majorit&#233; croyait na&#239;vement, en ao&#251;t 1837, pouvoir toujours
trouver une garantie constitutionnelle solide &#224; Westminster. Benjamin
Constant, grand admirateur du Rule of Law, ne dit pas autre chose :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Vainement compterait-on sur la force d'une majorit&#233; raisonnable, si
cette majorit&#233; n'avait pas de garantie dans un pouvoir constitutionnel hors
de l'assembl&#233;e &#187; (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#201;crits politiques&lt;/i&gt;, 1991, 341).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans l'optique de Constant, c'est la Chambre Haute des Lords qui, seule,
incarnant les int&#233;r&#234;ts permanents du pays, doit endiguer l'&#233;l&#233;ment
passionnel instable et la turbulence propres aux Communes, exactement comme
dans l'optique f&#233;d&#233;raliste actuelle, le parti majoritaire &#224; la Chambre des
Communes a le pouvoir de r&#233;primer les d&#233;rapages possibles des succursales
provinciales dans leurs vell&#233;it&#233;s autonomistes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais, &#224; l'encontre de sa propre th&#232;se sur l'&#233;quilibre tant vant&#233; du
constitutionnalisme anglais, Constant ajoute quelques paragraphes plus bas
(les ind&#233;pendantistes devraient en prendre bonne note) :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Une minorit&#233; bien unie, qui a l'avantage de l'attaque, qui effraie ou
s&#233;duit, argumente ou menace tour &#224; tour, domine t&#244;t ou tard la majorit&#233; &#187;
(343). Et Constant de conclure qu'en cas de paralysie entre les instances,
&#171; la force vient toujours &#224; l'appui de la n&#233;cessit&#233; &#187; (343).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le&#231;on classique : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;silent leges inter arma&lt;/i&gt; (&#171; les lois se taisent au
milieu des armes &#187;). Elle nous ram&#232;ne en ligne droite &#224; John Molson Jr.
qui, d&#232;s d&#233;cembre 1834, apr&#232;s le balayage patriote aux &#233;lections, affirmait
&#224; mots &#224; peine couverts que les tories montr&#233;alais &#233;taient r&#233;solus &#224; se
s&#233;parer de l'Empire, plut&#244;t que de se soumettre honteusement &#224; la tyrannie
d'une majorit&#233; de langue fran&#231;aise. &#192; partir de ce moment, jusqu'au
paroxysme de la crise trois ans plus tard, la notion de &#171; guerre civile &#187;,
telle un mantra, ne cessera de hanter la puissante Association
constitutionnelle de Montr&#233;al, qui pr&#233;tendait, &#224; elle seule, former &#171; the
first collective organ of the English inhabitants of this province &#187;, sinon
&#171; the temporary guardians of the interests of Lower Canada and even British
America &#187;. (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Montreal Herald and Daily Commercial Gazette&lt;/i&gt;, 25 juin 1836). En
ao&#251;t 1836, la r&#232;gle de l'unanimit&#233; am&#232;nera la s&#233;cession des &#233;l&#233;ments
lib&#233;raux group&#233;s autour d'Adam Ferrie et du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Morning Courier&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;meute du 6 novembre 1837 &#224; Montr&#233;al constitue, &#224; cet &#233;gard, une sorte
de r&#233;p&#233;tition g&#233;n&#233;rale avant le jour J. Se campant chacun dans son r&#244;le,
les diff&#233;rents intervenants (magistrats, jeunes loups du Doric Club,
officiers sup&#233;rieurs, journalistes, agents double, etc.) auront l'occasion
de m&#233;moriser et de coordonner leurs mouvements qui s'apparentent &#224; une
v&#233;ritable chor&#233;graphie. Tout devait &#234;tre r&#233;gl&#233; au quart de tour. Plus
personne ne devrait &#234;tre dupe d'une man&#339;uvre aussi grossi&#232;re : au moment o&#249;
les d&#233;tachements de l'arm&#233;e refoulaient les &#233;meutiers rassembl&#233;s devant le
domicile de Papineau (le &#171; Robespierre canadien &#187; &#233;crit le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Herald&lt;/i&gt;),
d'autres &#233;meutiers saccageaient, quelques rues &#224; peine plus loin, les
presses du Vindicator - journal r&#233;formiste de langue anglaise &#8211; objectif
ultime qu'avait fix&#233; son Excellence elle-m&#234;me, Sir John Colborne, deux mois
plus t&#244;t.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1255 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:418px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.histoirequebec.qc.ca/publicat/vol3num2/v3n2_3je.htm&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/png/16-37-38-stbenoit.png' width=&quot;418&quot; height=&quot;284&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Jusqu'&#224; la fin persistera une inconnue : l'ampleur de la r&#233;sistance des
paysans. Contre toute attente, &#224; l'heure du danger, les &#171; Habs &#187; se
r&#233;v&#233;leront, en d&#233;pit du manque d&#233;sastreux d'armes, de discipline et de
direction, de valeureux combattants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour parvenir &#224; leurs fins, les tories devaient, mine de rien,
court-circuiter les r&#232;gles de proc&#233;dure que tentait d'observer &#171; her
Majesty's Attorney &#187;, le procureur g&#233;n&#233;ral - un &#171; vaurien &#187; et un &#171; charlatan &#187;, &#233;crit charitablement le journal tory de la rue Saint-Gabriel.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par ailleurs, contrairement &#224; ce qui s'est pass&#233; &#224; Qu&#233;bec, Gosford n'a
pas proc&#233;d&#233; &#224; la mobilisation g&#233;n&#233;rale des loyalistes &#224; Montr&#233;al. C'est une
l&#233;gende urbaine. Une lecture bien faite de la r&#233;ponse du secr&#233;taire civil &#224;
McGill, en date du 15 novembre 1837, ne laisse subsister aucun doute :
petit chef-d'&#339;uvre de diplomatie, il s'agit bel et bien d'une fin de
non-recevoir. L'enjeu est de taille. Comme le dit si bien Shakespeare : &#171; If the matter of this paper be certain, you have mighty business in hand &#187;
(&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;King Lear&lt;/i&gt;, III, v, 13-14).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Non seulement, comme le reconna&#238;tra le lieutenant-colonel J. S. McCord
en mai 1838, le gouverneur a-t-il menac&#233; de lancer une proclamation contre
les miliciens tory sous ses ordres, mais, en plus, chose absolument
inconcevable et d&#233;risoire &#224; leurs yeux, pour &#233;viter tout d&#233;bordement,
Gosford entendait confier &#224; des compagnies compos&#233;es de Canadiens-Fran&#231;ais,
les &#171; Gosford Guards &#187;, la t&#226;che de soutenir les magistrats.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Montreal Gazette&lt;/i&gt; ne s'y trompera pas, qui cite Colborne lui-m&#234;me :
ayant &#224; ses risques et p&#233;rils arm&#233; 8,000 civils en proie &#224; la panique, le
commandant s'est de son propre chef plac&#233; au-dessus des lois, &#171; in the
presumption of future ratification &#187; comme l'&#233;crivait Hobbes &#224; la fin de
son c&#233;l&#232;bre livre anti-r&#233;publicain. Il s'agissait simplement de mettre
Gosford et l'Ex&#233;cutif devant le fait accompli. La chose faite - et achev&#233;
le sale boulot de r&#233;pression -, Colborne, promu sur les entrefaites au rang
d'Administrateur, remettra le 20 mars 1838 &#224; McCord sa pr&#233;cieuse commission
antidat&#233;e que l'honorable juge a eu la coquetterie de conserver. On peut la
consulter au Mus&#233;e qui porte son nom. Le monde &#224; l'envers.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Gosford, qu'on &#233;vince avec trop d'empressement, n'aura d'autre choix que
de menacer Colborne de de destitution s'il proc&#233;dait, comme l'y autorisait
la loi martiale instaur&#233;e le 5 d&#233;cembre, &#224; des pendaisons de d&#233;tenus
entass&#233;s &#224; Montr&#233;al sous l'inculpation fourre-tout de &#171; Haute trahison &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s le saccage, le pillage, les invasions de domicile, les arrestations
arbitraires, les viols et les incendies criminels perp&#233;tr&#233;s par les
miliciens tory et l'arm&#233;e, le Herald r&#233;clamera &#224; hauts cris la mort des &#171; tra&#238;tres &#187;. Il s'indignera lorsque, dans la Westminster Review de janvier
1838, John Stuart Mill demandera qu'on traite avec dignit&#233; les &#171; prisonniers de guerre &#187; patriotes. Les &#171; gibets voraces &#187; attendaient qu'on
les alimente, faute de quoi les miliciens, gracieusement arm&#233;s par les bons
soins de Sir John, se chargeraient eux-m&#234;mes d'abattre &#171; on the spot &#187; tout
contrevenant. Le silence et l'inaction du chef de l'&#201;tat-major accentueront
le malentendu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le sort des prisonniers sera remis entre les mains de Durham &#224; son
arriv&#233;e. Sa trop grande cl&#233;mence pr&#233;cipitera sa perte : d&#233;nonc&#233; par le
&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Herald&lt;/i&gt;, il sera d&#233;savou&#233; par ses &#171; amis &#187; r&#233;formistes &#224; Londres sur une
simple technicalit&#233;. Mais quand McCord et les cinq autres
lieutenants-colonels des milices volontaires tenteront de lui refiler la
facture pour leur &#171; loyaux services &#187;, Durham les enverra pa&#238;tre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Herald&lt;/i&gt; de reprendre la m&#234;me rengaine rageuse sur le sort cruel de
ces pauvres loyalistes montr&#233;alais qui &#171; sentent &#224; pr&#233;sent la pleine mesure
de leur d&#233;gradation ; le fer est entr&#233; dans leur &#226;me, persuad&#233;s qu'un
changement fondamental doit s'op&#233;rer dans leurs rapports avec les
Canadiens, que ce soit par l'entremise vigoureuse et impartiale du
Gouvernement britannique ou par leurs propres efforts. Ils connaissent &#224;
pr&#233;sent leur force et savent aussi comment s'en servir &#187; (septembre 1838,
ma traduction).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qu'on arr&#234;te donc de nous conter des histoires avec la reconnaissance bidon de la &#171; nation qu&#233;b&#233;coise &#187; par les Feds &#224; Ottawa : le Canada s'est form&#233; pr&#233;cis&#233;ment en &#233;crasant son aspiration et son droit &#224; &#234;tre ind&#233;pendante. Rien &#224; voir avec le beau r&#234;ve de professeurs ou d'artistes d&#233;sabus&#233;s en qu&#234;te d'&#233;motion. Et si l'on veut y parvenir, ce n'est certainement pas juste de patience qu'il faudra s'armer.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fran&#231;ois Deschamps&lt;br&gt;
Montr&#233;al&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Le point de vue des &#171; loyaux &#187;</title>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois Deschamps - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Pour d&#233;fendre le point de vue des &#171; loyaux &#187;, j'ai retenu l'allocution qu'a prononc&#233;e Henry Driscoll en mai 1838 lors d'un banquet offert pour souligner le d&#233;part de Colborne &#224; Qu&#233;bec. Outre Driscoll, officier dans le 2i&#232;me bataillon des milices volontaires &#224; Montr&#233;al (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour d&#233;fendre le point de vue des &#171; loyaux &#187;, j'ai retenu l'allocution
qu'a prononc&#233;e Henry Driscoll en mai 1838 lors d'un banquet offert pour
souligner le d&#233;part de Colborne &#224; Qu&#233;bec. Outre Driscoll, officier dans le
2i&#232;me bataillon des milices volontaires &#224; Montr&#233;al (quartier est), P.
McGill, J. S. McCord et A. Thom y ont aussi pris la parole. L'allocution a
&#233;t&#233; reproduite dans le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Montreal Herald and Daily Commercial Gazette&lt;/i&gt; qu'on
retrouve dans une abondante revue de presse &#224; la Rare Books Division de
l'Universit&#233; McGill.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il serait souhaitable qu'un &#233;diteur qu&#233;b&#233;cois publie
la traduction des meilleurs articles de ce journal. Curieusement, tous les
exemplaires de la p&#233;riode 1834-1841 ont longtemps &#233;t&#233; introuvables en
Am&#233;rique du Nord, comme si l'on avait voulu effacer les traces
compromettantes d'un crime parfait.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fran&#231;ois Deschamps&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Proposition de Samuel Gerrard, appuy&#233;e par ma&#238;tre Driscoll, conseiller de
la Reine.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Que nous devons &#224; la pr&#233;voyance, au jugement et au caract&#232;re d&#233;cid&#233; de
son Excellence, chef des forces arm&#233;es de Sa Majest&#233; en cette partie de
l'Empire de la pr&#233;servation - sous le regard de la Providence &#8211; de tout ce
qui nous tient &#224; c&#339;ur : nos vies, nos libert&#233;s, nos foyers, nos autels,
notre bonheur et notre paix, que mena&#231;ait de d&#233;truire la r&#233;cente
insurrection immotiv&#233;e. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ma&#238;tre Driscoll (C. R.) a dit qu'en appuyant cette proposition, il
s'acquittait d'un geste superflu envers ceux &#224; qui il avait l'honneur de
s'adresser, car, bien que cette proposition &#233;non&#231;ait une v&#233;rit&#233; que tous
ceux pr&#233;sents connaissaient, il importait de faire savoir &#224; ceux qui vivent
au loin quels p&#233;rils nous avons connus et celui qui nous a guid&#233;s &#224; travers
ces tribulations, tel que le relate la proposition. Nous connaissons tous,
et devons faire conna&#238;tre au peuple de Grande-Bretagne, la situation qui
pr&#233;valait dans cette province lorsque les &#233;v&#233;nements ont plac&#233; Sir John
Colborne au premier plan.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une politique de conciliation, poursuivie avec les meilleures
intentions, avait produit les r&#233;sultats les plus funestes. D&#233;voy&#233;s par des
d&#233;magogues intrigants, les Canadiens-Fran&#231;ais &#8211; attribuant &#224; la peur ce qui
proc&#233;dait de la g&#233;n&#233;rosit&#233; &#8211; se sont imagin&#233; qu'ils en imposaient au
Minist&#232;re et &#224; l'&#201;tat britanniques et ont pr&#233;par&#233; une r&#233;volte qu'ils
esp&#233;raient &#8211; en vain &#8211; mener &#224; bien. Ils avaient divis&#233; le pays en
arrondissements, chacun dot&#233; d'un Comit&#233; en correspondance avec le Comit&#233;
Central ici &#224; Montr&#233;al ; s'&#233;taient pourvus d'armes et de munitions et ne
semblaient nullement manquer de ressources en argent ; leurs meneurs
avaient prononc&#233; et continuaient de d&#233;clamer les harangues les plus
incendiaires au portail des &#233;glises le jour du sabbat ; leurs journaux
avaient contenu et continuaient de contenir, &#224; peine voil&#233;s, des appels &#224;
la r&#233;bellion ; - que dis-je ! - ils avaient pouss&#233; l'audace au point qu'une
de leurs associations s'intitulant &#171; les fils de la libert&#233; &#187;, dont les
membres portaient sur eux des armes, paradaient en plein jour dans les rues ; quelques centaines de m&#233;contents avaient pris l'habitude de faire &#224; la
vue de tous des exercices militaires sur une butte, d'o&#249; un canon &#224; bout
portant pouvait atteindre la ville et sa garnison.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour couronner le tout, le clerg&#233; semblait avoir perdu son influence ;
on se moquait des seigneurs ; on avait, &#224; plusieurs endroits hiss&#233; le
drapeau tricolore ; &#224; Saint-Charles, surmontant un autel sur lequel
plusieurs centaines s'&#233;taient engag&#233;s &#224; se r&#233;volter, on avait sculpt&#233; le
bonnet phrygien de la libert&#233; ; tout pr&#233;sageait la r&#233;it&#233;ration voulue des
sc&#232;nes sanguinaires de la R&#233;volution fran&#231;aise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jusque-l&#224;, le commandant en chef s'&#233;tait tenu en retrait, attentif
certes au cours des &#233;v&#233;nements, mais ne s'ing&#233;rant pas, en apparence, dans
les affaires du gouvernement civil. Toutefois, lorsqu'il est devenu patent
qu'une r&#233;volte &#233;tait imminente, il s'est install&#233; au c&#339;ur m&#234;me de
l'agitation, a fait froidement ses pr&#233;paratifs et a attendu de pied ferme
la temp&#234;te sur le point d'&#233;clater.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sa position n'&#233;tait pas encourageante ; le district, o&#249; presque tous
avaient fait d&#233;fection et o&#249; l'on d&#233;nombrait 240,000 Canadiens-Fran&#231;ais,
pouvait &#233;quiper une arm&#233;e de 30,000 hommes ; les loyaux, en comparaison,
assez peu nombreux, &#233;taient entour&#233;s par une population hostile &#8211; ici m&#234;me,
&#224; Montr&#233;al, les d&#233;loyaux formaient la grande majorit&#233;, il n'y avait qu'une
poign&#233;e de troupes r&#233;guli&#232;res et, en cette saison de l'ann&#233;e, on ne pouvait
y apporter des renforts de la province s&#339;ur que par un chemin p&#233;nible, ardu
et d&#233;sert. En r&#233;sum&#233;, l'&#233;tat d&#233;favorable aux man&#339;uvres et aux mouvements
des troupes, de la m&#233;t&#233;o et des routes &#233;tait pr&#233;cis&#233;ment celui qu'aurait
souhait&#233; une paysannerie insurg&#233;e se proposant de s'opposer &#224; une force
disciplin&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le premier acte des hostilit&#233;s a sembl&#233; plein de promesse aux insurg&#233;s,
dont un d&#233;tachement a attaqu&#233; pr&#232;s de Longueuil une petite troupe de
cavalerie de franc tenanciers, alors qu'elle ramenait en ville deux des
meneurs rebelles arr&#234;t&#233;s sous le chef de haute trahison : le d&#233;tachement
les fit battre pr&#233;cipitamment en retraite, puis lib&#233;ra les prisonniers. Il
est vrai que l'avantage du nombre, la position et la nature du terrain
avaient favoris&#233; l'assaillant aux d&#233;pens de l'assailli ; mais le grand
objectif des chefs rebelles &#233;tait atteint : ayant montr&#233; &#224; la paysannerie
qu'il est des circonstances o&#249; une force arm&#233;e indisciplin&#233;e peut avoir le
dessus, celle-ci, d&#233;sormais, s'&#233;tant engag&#233;e, ne pouvait plus se retirer.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La flamme de la guerre ayant &#233;t&#233; ainsi attis&#233;e, les chefs n'esp&#233;raient plus
qu'elle gagne rapidement la mati&#232;re qu'ils avaient rendu si inflammable. Et
en cela, ils ne se sont pas tromp&#233;s : l'allumage a &#233;t&#233; instantann&#233;, mais
c'est &#224; Saint-Denis que la flamme s'est &#233;lev&#233;e au point qu'il est devenu
n&#233;cessaire de l'&#233;teindre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L&#224; aussi les rebelles ont &#233;t&#233; victorieux contre une exp&#233;dition conduite,
certes, avec courage, mais sans la prudente attention aux d&#233;tails qui
n'aurait pas fait d&#233;faut si l'on s'&#233;tait attendu &#224; pareille r&#233;sistance. Les
effets de cette d&#233;convenue ne se sont pas limit&#233;s aux seules pertes
encourues, &#224; cette occasion, des effectifs : ses r&#233;sultats sur le moral ont
&#233;t&#233; consid&#233;rables et promettaient d'&#234;tre d&#233;vastateurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; Longueuil, une force de volontaires avait &#233;t&#233; dissip&#233;e ; &#224;
Saint-Denis, des troupes r&#233;guli&#232;res de l'Arm&#233;e britannique, disciplin&#233;es au
plus haut point et command&#233;es par des officiers courageux et exp&#233;riment&#233;s,
ont &#233;t&#233; repouss&#233;es et forc&#233;es de battre en retraite avec des pertes
humaines consid&#233;rables et &#8211; chose inhabituelle pour une force britannique &#8211;
la perte d'un canon.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'effet fut &#233;lectrisant : tous les rebelles sont devenus anim&#233;s et
confiants ; on a observ&#233; chez eux une effervescence g&#233;n&#233;rale ; une foule
d'aventuriers &#233;trangers, assoiff&#233;s de rapine, se sont mass&#233;s aux fronti&#232;res ; les loyaux sont devenus anxieux ; toute l'attention de la province s'est
avidement port&#233;e sur l'exp&#233;dition dont le succ&#232;s ou l'&#233;chec d&#233;terminerait
l'issue du conflit, semblait-on convenir, du moins jusqu'au printemps ; car
si elle &#233;chouait, l'insurrection se serait g&#233;n&#233;ralis&#233;e et cette ville,
soutenue par ses habitants rebelles (qui d&#233;passent en nombre les loyaux)
aurait &#233;t&#233; encercl&#233;e par un ennemi trop nombreux pour &#234;tre attaqu&#233; : la
famine, l'assaut, le feu et l'assassinat auraient, pour un temps, &#233;teint le
nom de Britannique dans ce pays (acclamation).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais quel sort &#233;tait r&#233;serv&#233; &#224; cette exp&#233;dition, priv&#233;e du support qu'on
avait envoy&#233; &#224; Saint-Denis ? Aucun loyaliste &#224; Montr&#233;al ne le savait. Le
Commandant en chef d&#233;p&#234;chait l'un apr&#232;s l'autre messagers et agents de
liaison qui, ou bien se faisaient capturer, ou bien revenaient bredouille ;
la mar&#233;e d'une population hostile encerclant cette exp&#233;dition nous l'avait
d&#233;rob&#233;e du regard et l'on ne pouvait supposer son itin&#233;raire que d'apr&#232;s
les fus&#233;es nocturnes de l'ennemi d'autant plus impressionnantes qu'elles
d&#233;notaient chez lui vigilance et organisation, ainsi que la pr&#233;sence dans
leur camp d'officiers &#233;trangers, tel que rapport&#233; par les services de
renseignements.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Maintenant, d&#233;pla&#231;ons nos regards de la sc&#232;ne d'un int&#233;r&#234;t plus imm&#233;diat
et embrassons l'ensemble du tableau pour examiner la position de Sir John.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout le Richelieu en armes, une arm&#233;e rebelle consid&#233;rable &#224; la fronti&#232;re,
attendant des renforts au prochain succ&#232;s ; les basses classes des
Etats-Unis en &#233;tat de fermentation, pr&#234;tes &#224; rallier les insurg&#233;s d&#232;s que
la fortune de la guerre leur sourirait, for&#231;ant ainsi peut-&#234;tre ou
entra&#238;nant leur propre gouvernement dans cette guerre ; tout le pays entre
le Richelieu et le Saint-Laurent occup&#233; par les rebelles ; les chemins dans
un &#233;tat tel &#8211; avec les glaces qui se formaient si t&#244;t &#8211; que les
communications avec Montr&#233;al mena&#231;aient d'&#234;tre interrompues, laissant &#224;
l'ennemi un intervalle de six semaines au moins pour compl&#233;ter son
organisation sans &#234;tre inqui&#233;t&#233;, apr&#232;s quoi la neige et la glace leur
fourniraient de faciles moyens de se concentrer avec c&#233;l&#233;rit&#233; : une arm&#233;e
rebelle au nord qu'on disait plus formidable que les autres &#8211; le reste de
la colonie pr&#234;t &#224; se soulever &#8211; la saison de la navigation termin&#233;e &#8211; les
communications de l'ennemi &#233;tant libres, actives et amples, tandis que les
n&#244;tres &#233;taient intermittentes ou g&#234;n&#233;es &#8211; les rebelles enhardis par une
victoire inesp&#233;r&#233;e, les loyaux abattus par un d&#233;sastre inattendu - le Haut
Canada pr&#233;sentant les sympt&#244;mes de cette conspiration qui &#233;clatera peu
apr&#232;s &#8211; la tentative enfin &#224; laquelle nous nous attendions, ici, &#224;
Montr&#233;al, d'une explosion et d'un massacre nocturne dont les suites, en cas
de succ&#232;s, pouvaient se d&#233;duire de la sauvage boucherie du Lieutenant Weir
et de l'assassinat de sang-froid de Chartrand (ovation).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour s'opposer &#224; tout ceci, notre Commandant en chef ne pouvait compter
que sur la victoire possible de l'exp&#233;dition suicide d'une poign&#233;e de
troupes r&#233;guli&#232;res et d'une petite arm&#233;e de braves et de loyaux volontaires
&#8211; quoique sans discipline ; mais il avait le recours de son sentiment
religieux, de son c&#339;ur impavide et de la fermet&#233; de son caract&#232;re. Au c&#339;ur
de la tourmente, il s'est av&#233;r&#233; intr&#233;pide ; calme au milieu de l'excitation
et, cern&#233; par les difficult&#233;s, il en a fait le tour d'un regard aigu et
p&#233;n&#233;trant qui lui a permis de discerner le moindre moyen de tourner
l'obstacle ; il s'est trouv&#233; si en possession de tous ses moyens que la
ma&#238;trise de l'ensemble des op&#233;rations n'a nullement d&#233;tourn&#233; son attention
du moindre d&#233;tail de l'organisation. Il ne refusait d'audience &#224; personne,
lors m&#234;me que les int&#233;r&#234;ts britanniques &#233;taient dans la balance. Pareilles
qualit&#233;s ne pouvaient manquer de lui assurer la victoire : celle de diriger
des soldats britanniques, aussi peu nombreux fussent-ils, soutenu par cette
loyaut&#233; qui a brill&#233; ici d'un tel &#233;clat et pour une si juste cause.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'exp&#233;dition qu'on croyait perdue frappa un coup terrible au c&#339;ur de
l'ennemi. Qu'il me suffise de dire &#171; Wetherall ! &#187;, &#171; Saint-Charles ! &#187;
(ovation).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De ce jour, la cause de la Royaut&#233; a prosp&#233;r&#233; ; au moyen de sages
dispositions et par l'&#233;nergie combin&#233;e &#224; la prudence, l'arm&#233;e du nord a &#233;t&#233;
&#233;parpill&#233;e aux quatre vents avec des pertes minimes pour le vainqueur ; l&#224;
o&#249; l'hydre de la r&#233;bellion montrait la t&#234;te, on l'&#233;crasait et la b&#234;te
elle-m&#234;me, finalement, fut &#233;trangl&#233;e, si bien que des t&#233;n&#232;bres
oppressantes, nous nous sommes &#233;lev&#233;s &#224; la lumi&#232;re victorieuse du soleil.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est vrai que dans tout ceci son Excellence a &#233;t&#233; au plus haut point
&#233;paul&#233;e par l'ardente loyaut&#233; des membres de cette partie de la population
en provenance de Grande-Bretagne ou des Etats-Unis, lesquels, du premier
jusqu'au dernier, ont d&#233;cid&#233; de combattre jusqu'au bout pour d&#233;fendre leur
foyer et leur nom d'Anglo-Saxons et, dussent-il p&#233;rir, tomber au pied de
leurs autels ; mais l'on doit rappeler que, s'ils ont fourni le mat&#233;riau,
son Excellence leur a donn&#233; la forme, les ordres et l'efficace.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sachant donc ceci, comme nous le savons &#8211; et l'ayant entendu de nous,
comme l'entendront ceux qui vivent au loin &#8211; ne sommes-nous pas justifi&#233;s
de le d&#233;clarer par cette Proposition que j'ai l'honneur d'appuyer ?
(applaudissements nourris).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

		</content:encoded>
]

		

	</item>



	<item>
		<title>R&#233;ponse du secr&#233;taire civil &#224; Peter McGill</title>
		<link>http://www.vigile.net/Reponse-du-secretaire-civil-a</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Reponse-du-secretaire-civil-a</guid>
		<dc:date>2007-11-16T12:48:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Fran&#231;ois Deschamps - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>15 novembre 1837 Monsieur, - J'ai eu l'honneur aujourd'hui de recevoir, puis de porter &#224; l'attention de son Excellence votre lettre du 13 courant. En r&#233;ponse &#224; ces concitoyens qu'une pareille mesure int&#233;resse, je suis mand&#233; de vous informer, qu'attentif &#224; (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;15 novembre 1837&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Monsieur, - J'ai eu l'honneur aujourd'hui de recevoir, puis de porter &#224;
l'attention de son Excellence votre lettre du 13 courant. En r&#233;ponse &#224; ces
concitoyens qu'une pareille mesure int&#233;resse, je suis mand&#233; de vous
informer, qu'attentif &#224; l'actualit&#233;, son Excellence a d&#233;j&#224; pr&#233;vu l'objet
qui les occupe en ordonnant depuis peu la mise sur pied et l'&#233;quipement
d'une force municipale auxiliaire adapt&#233;e &#224; l'urgence de l'heure et apte,
l'esp&#232;re-t-elle, &#224; contrer les desseins des m&#233;contents et maintenir la paix
publique. &#192; ceux des habitants de Montr&#233;al qui d&#233;sireraient d&#232;s maintenant
se manifester pour d&#233;fendre la cause de l'ordre public, ceci leur offrira
l'occasion d'appuyer les instances &#233;tablies dans leur effort en vue de
garantir l'ob&#233;issance aux lois, ainsi que la protection des personnes et
des biens. Je suis, etc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;S. Walcott, Secr&#233;taire civil.&lt;br&gt;
Honorable Peter McGill, &#201;cuyer.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;November 15, 1837&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sir, - I have had the honor to receive this day your letter of the 13th
instant, respecting the formation under the sanction of the
Governor-in-Chief of a Volunteer force for the protection of the City of
Montreal, and having submitted the same for His Excellency's consideration,
I am directed to acquaint you in reply for the information of these
citizens who are interested in such a measure that His Excellency, alive to
passing events, has already anticipated the object they have in view, in
the direction he has lately given for the organization and equipment of an
auxiliary municipal force to an extent commensurate with the exigencies of
the times, and adequate, as he trusts to frustrate the designs of all
disaffected, and to preserve public tranquillity. This will present to such
of the inhabitants of the City of Montreal as may be desirous of now coming
forward to aid in promoting the cause of good order, an opportunity of
affording the services of the constituted authorities in these efforts to
secure obedience to the laws and protection to persons and property. I have
&amp;c.,&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;S. Walcott, Civil Secretary&lt;br&gt;
Honorable P. M'Gill, Esq.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

		</content:encoded>
]

		

	</item>



	<item>
		<title>Rapport Durham, toujours en vigueur</title>
		<link>http://www.vigile.net/Rapport-Durham-toujours-en-vigueur</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Rapport-Durham-toujours-en-vigueur</guid>
		<dc:date>2007-11-13T15:29:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		
		


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		<description>RAPPORT DURHAM, TOUJOURS EN VIGUEUR Ce n'est qu'une question de temps et de mode ; il ne s'agit que de d&#233;cider si le petit nombre de Fran&#231;ais qui habitent pr&#233;sentement le Bas-Canada seront anglicis&#233;s sous un Gouvernement qui peut les prot&#233;ger ; ou si l'op&#233;ration sera (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;RAPPORT DURHAM, TOUJOURS EN VIGUEUR&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce n'est qu'une question de temps et de mode ; il ne s'agit que de d&#233;cider si le petit nombre de Fran&#231;ais qui habitent pr&#233;sentement le Bas-Canada seront anglicis&#233;s sous un Gouvernement qui peut les prot&#233;ger ; ou si l'op&#233;ration sera retard&#233;e jusqu'&#224; ce qu'un plus grand nombre ait &#224; subir, sous la violence de ses rivaux sans frein, l'extinction d'une nationalit&#233; renforc&#233;e et aigrie par une existence prolong&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un esprit d'exclusion a interdit l'acc&#232;s des professions les plus &#233;lev&#233;es aux classes instruites chez les Canadiens fran&#231;ais, plus peut-&#234;tre qu'il n'&#233;tait absolument n&#233;cessaire ; mais il est impossible, avec la plus grande lib&#233;ralit&#233; de la part du Gouvernement britannique, de donner une position &#233;gale, dans la concurrence g&#233;n&#233;rale de son immense population, &#224; ceux qui parlent une langue &#233;trang&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il doit s'&#233;couler, comme de raison, beaucoup de temps avant que le changement de langue puisse s'&#233;tendre &#224; tout un peuple.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lord Durham&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au moment o&#249; la gouvernement du Canada, la Commission de la capitale f&#233;d&#233;rale, son pr&#233;sident unilingue anglais Russell Mills et son ministre responsable, Lawrence Cannon, rendent hommage &#224; Lord Durham, &#224; l'occasion d'une exposition c&#233;l&#233;brant le 150e anniversaire de la capitale du Canada, il convient de reprendre contact avec les recommandations du Rapport Durham, qui avaient comme objectif le g&#233;nocide du peuple fran&#231;ais en Am&#233;rique, pour constater que la plupart d'entre elles sont toujours en vigueur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous vous invitons &#224; relire le Rapport Durham, ci-dessous : vous constaterez que depuis sa publication, tous les gouvernements centraux et ceux des provinces &#224; majorit&#233; anglaise ont bien compris le Rapport et oeuvrent &#224; sa r&#233;alisation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'histoire r&#233;cente n'est d'aucun r&#233;confort : m&#234;me depuis la Commission Laurendeau-Dunton, qui a document&#233; les causes et les risques de l'in&#233;galit&#233; des deux peuples fondateurs du Canada, et recommand&#233; des mesures importantes en vue de r&#233;tablir l'&#233;quilibre, malgr&#233; la reconnaissance constitutionnelle de l'&#233;galit&#233; des deux langues au Canada dans la Constitution de 1982, et malgr&#233; la reconnaissance du droit &#224; l'&#233;ducation en fran&#231;ais au Canada, la portion francophone au Canada devient de plus en plus congrue, comme les statistiques suivantes en t&#233;moignent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De l'histoire r&#233;cente, je ne peux occulter la lutte d'une g&#233;n&#233;ration de francophones qui, devant les tribunaux de toutes les provinces canadiennes-anglaises, a perdu pour une g&#233;n&#233;ration et ses descendants, le droit &#224; l'&#233;ducation en fran&#231;ais, pourtant reconnu dans la Constitution canadienne. Ces provinces ont su mettre en &#339;uvre les recommandations de Lord Durham.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Plus r&#233;cemment, le Plan Dion sur les langues officielles, parce qu'il &#233;vite de se doter de mesures d'&#233;valuation concr&#232;tes, ne constitue pas une solution aux pertes encourues par les francophones du Canada. Pour contrer le d&#233;clin du fran&#231;ais au Canada, il convient que tant le gouvernement f&#233;d&#233;ral que le gouvernement du Qu&#233;bec se dotent d'objectifs concrets et de moyens importants pour accro&#238;tre, dans les faits, la part de langue fran&#231;aise au Canada et au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voici les donn&#233;es statistiques qui confirment que l'objectif de Lord Durham est en voie de r&#233;alisation :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A. Langue maternelle&lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; au Canada, entre 1951 et 2001, la proportion de Canadiens de langue maternelle fran&#231;aise est pass&#233;e de 29 &#224; 23 % ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &#224; l'ext&#233;rieur du Qu&#233;bec, entre 1951 et 2001, la proportion de Canadiens de langue maternelle fran&#231;aise a d&#233;cru, passant de 7,3 % en 1951 &#224; 4,4 % en 2001 ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;B. Langue d'usage&lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; au Canada, entre 1971 et 2001, la proportion de Canadiens - incluant le Qu&#233;bec - parlant le fran&#231;ais le plus souvent &#224; la maison est pass&#233; de 25,7 % en 1971 &#224; 22 % en 2001 ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; hors Qu&#233;bec, entre 1971 et 2001, le pourcentage de Canadiens qui ont le fran&#231;ais comme principale langue d'usage &#224; la maison est pass&#233; de 4,3 % en 1971 &#224; 2,7 %, trente ans apr&#232;s l'adoption de la Loi sur les langues officielles.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C. Connaissance des langues&lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; En 1951, 31,9 % de la population canadienne avait une connaissance du fran&#231;ais. Cette proportion est aujourd'hui de 31 % ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; En contrepartie, la connaissance de l'anglais, pour la m&#234;me p&#233;riode est pass&#233;e de 79,3 % &#224; 86 %.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D. Transferts linguistiques (assimilation)&lt;br&gt;
Au Qu&#233;bec, si le fran&#231;ais &#233;tait en bonne sant&#233;, il attirerait 83,1% des nouveaux locuteurs et l'anglais 10,5 % si on prend les statistiques de la langue d'usage. Or, en 2001, l'anglais avait attir&#233; 55 % des locuteurs qui ont l'adopt&#233; comme nouvelle langue d'usage contre 45 % pour le fran&#231;ais. Dans la r&#233;gion de Montr&#233;al, la situation est encore plus dramatique : l'anglais y a attir&#233; 65 % des locuteurs qui ont adopt&#233; une nouvelle langue d'usage et le fran&#231;ais 35 %.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;E. Fonction publique f&#233;d&#233;rale (machine assimilatrice)&lt;br&gt;
Au Qu&#233;bec, l'anglais est surrepr&#233;sent&#233; dans la fonction publique f&#233;d&#233;rale. C'est ainsi que le gouvernement f&#233;d&#233;ral y a d&#233;sign&#233; 60 % de ses postes bilingues pour desservir 10 % de la population qu&#233;b&#233;coise qui est anglophone ; de plus, le si&#232;ge social du gouvernement f&#233;d&#233;ral est tellement anglophone, que les fonctionnaires f&#233;d&#233;raux du Qu&#233;bec doivent correspondre en anglais avec Ottawa, selon une autre &#233;tude du Commissariat aux langues officielles.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Paul Perreault&lt;br&gt;
Pr&#233;sident&lt;br&gt;
Imp&#233;ratif fran&#231;ais&lt;br&gt;
Recherche et communications&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Adresses utiles :&lt;br&gt;
Le ministre responsable de la Commission de la capitale f&#233;d&#233;rale, M. Lawrence Cannon, ainsi que la Commission elle-m&#234;me appr&#233;cieraient grandement recevoir vos commentaires aux adresses suivantes :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lawrence Cannon&lt;br&gt;
Ministre responsable de la Commission de la capitale f&#233;d&#233;rale&lt;br&gt;
Cannon.L@parl.gc.ca&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Commission de la capitale f&#233;d&#233;rale&lt;br&gt;
info@ncc-ccn.ca&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;**************&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Rapport sur la situation des Fran&#231;ais au Canada&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
par Lord Durham &#224; sa Majest&#233; de l'Angleterre&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Janvier 1839&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Avertissement au lecteur : Certains propos tenus par Lord Durham peuvent &#234;tre choquants. La lecture de ce texte devrait &#234;tre r&#233;serv&#233; &#224; un public averti.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le rapport Durham&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1232 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:228px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/francophonie/Rbritannique_Durham.htm&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/png/13-durham.png' width=&quot;228&quot; height=&quot;322&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Charg&#233; par le gouvernement de Londres d'enqu&#234;ter sur la situation au pays &#224; la suite des troubles de 1837, Lord Durham arriva &#224; Qu&#233;bec en mai 1838. Il repartit pour l'Angleterre en novembre de la m&#234;me ann&#233;e. Et en janvier 1839, il remit son rapport au gouvernement britannique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un an plus tard, ce m&#234;me gouvernement donnait suite aux recommandations explicites du rapport Durham par l'adoption de l'Acte d'Union des deux Canada (le Haut et le Bas). En 1867, cette Union &#233;tait &#233;largie par l'adoption par Londres de l'Acte de l'Am&#233;rique du nord britannique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour qui veut comprendre la raison des tiraillements qui troublent notre vie collective au Qu&#233;bec, la lecture du rapport Durham est indispensable.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La traduction fran&#231;aise qui suit est l'oeuvre d'une &#233;quipe dirig&#233;e par M. S&#233;guin (r&#233;f. : &quot;CANADA-QU&#201;BEC : synth&#232;se historique&quot;, publi&#233; aux &#233;ditions du renouveau p&#233;dagogique en 1970).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les sous-titres et les caract&#232;res gras sont de L'ACTION NATIONALE.&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Un peuple ignorant, inactif et stationnaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les institutions de la France durant la p&#233;riode de colonisation du Canada &#233;taient, peut-&#234;tre plus que celles d'aucune autre nation europ&#233;enne, propres &#224; r&#233;primer l'intelligence et la libert&#233; de la grande masse du peuple.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces institutions suivirent le colon canadien au-del&#224; de l'Atlantique. Le m&#234;me despotisme central, mal organis&#233;, stationnaire et r&#233;pressif l'opprima.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Non seulement on ne lui accorda aucune voix dans le Gouvernement de sa province ou dans le choix de ses gouvernants, mais il ne lui &#233;tait m&#234;me pas permis de s'associer &#224; ses voisins pour la r&#233;gie de ces affaires municipales que l'autorit&#233; centrale n&#233;gligeait sous pr&#233;texte de les diriger.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il obtenait ses terres d'apr&#232;s une tenure remarquablement calcul&#233;e pour augmenter son bien-&#234;tre imm&#233;diat et pour entraver son d&#233;sir d'am&#233;liorer sa condition ; il fut plac&#233; &#224; la fois dans une vie de travail constant et uniforme, d'un grand confort mat&#233;riel, et de d&#233;pendance f&#233;odale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'autorit&#233; eccl&#233;siastique &#224; laquelle il avait &#233;t&#233; habitu&#233; &#233;tablit ses institutions chez lui ; et le pr&#234;tre continua &#224; exercer sur lui son ancienne influence.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aucune disposition g&#233;n&#233;rale ne fut prise en faveur de l'instruction ; et comme la n&#233;cessit&#233; n'en &#233;tait pas appr&#233;ci&#233;e, le colon ne fit aucun effort pour r&#233;parer la n&#233;gligence de son Gouvernement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela ne doit pas nous surprendre que, dans de telles circonstances, une race d'hommes habitu&#233;s aux travaux incessants d'une rude et rudimentaire agriculture, et habituellement enclins aux r&#233;jouissances de la soci&#233;t&#233;, rassembl&#233;s dans des communaut&#233;s rurales, occupant des portions d'un sol enti&#232;rement disponible et suffisant pour pourvoir chaque famille de biens mat&#233;riels bien au-del&#224; de leur anciens moyens, ou presque de leurs conceptions qu'ils n'avanc&#232;rent gu&#232;re au-del&#224; des premiers progr&#232;s d'une aisance forc&#233;ment impos&#233;e par la fertilit&#233; du sol, - qu'ils demeur&#232;rent, sous les m&#234;mes institutions, le m&#234;me peuple ignorant, inactif et stationnaire. (...)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ils s'attach&#232;rent aux anciens pr&#233;jug&#233;s, aux anciennes coutumes et aux anciennes lois, non pas &#224; cause d'un fort sentiment de leurs effets avantageux mais avec la t&#233;nacit&#233; irraisonn&#233;e d'un peuple ignare et stationnaire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La conqu&#234;te les a tr&#232;s peu chang&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ils n'&#233;taient pas non plus d&#233;pourvus des vertus d'une vie simple et industrieuse, ni de celles que, d'un commun accord, on attribue &#224; la nation dont ils sont issus.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les tentations qui dans les autres &#233;tats de soci&#233;t&#233; conduisent aux d&#233;lits contre la propri&#233;t&#233; et les passions qui incitent &#224; la violence &#233;taient peu connues parmi eux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ils sont doux et bienveillants, frugaux, industrieux et honn&#234;tes, tr&#232;s sociables, gais et hospitaliers et se distinguent par une courtoisie et une vraie politesse qui p&#233;n&#232;trent toutes les classes de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La conqu&#234;te les a tr&#232;s peu chang&#233;s. Les classes plus &#233;lev&#233;es et les habitants des villes ont adopt&#233; quelques coutumes et quelques sentiments anglais : mais la n&#233;gligence constante du Gouvernement britannique laissa la masse du peuple sans aucune des institutions qui l'auraient &#233;lev&#233;e &#224; la libert&#233; et &#224; la civilisation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il les a laiss&#233;s sans l'instruction et sans les institutions de self-government local qui (...) auraient assimil&#233; leur caract&#232;re et leurs habitudes, de la mani&#232;re la plus facile et la meilleure, &#224; ceux de l'empire dont ils devinrent partie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ils demeurent une soci&#233;t&#233; vieillie et stationnaire dans un monde nouveau et progressif. Essentiellement, ils sont encore fran&#231;ais, mais des Fran&#231;ais diff&#233;rents sous tous aspects de ceux de la France actuelle. Ils ressemblent plut&#244;t aux Fran&#231;ais des provinces sous l'ancien r&#233;gime. (...)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce fut peu de temps apr&#232;s la conqu&#234;te qu'un autre classe plus nombreuse de colons anglais commen&#231;a &#224; p&#233;n&#233;trer dans la Province.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les richesses du pays attirent le capital&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le capital anglais &#233;tait attir&#233; au Canada par la vaste quantit&#233; et la nature pr&#233;cieuse des produits d'exportation du pays et les grandes facilit&#233;s de commerce que procurent les moyens naturels de communications int&#233;rieures.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'ancien commerce du pays fut conduit sur une &#233;chelle plus grande et plus profitable et de nouvelles sources d'industries furent exploit&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les habitudes r&#233;guli&#232;res et actives des capitalistes anglais &#233;limin&#232;rent de toutes les branches les plus profitables de l'industrie leurs concurrents inertes et insouciants de race fran&#231;aise ; mais en ce qui concerne la plus grande partie (presque la totalit&#233;) du commerce et des manufactures du pays, on ne peut pas dire que les Anglais aient empi&#233;t&#233; sur les Fran&#231;ais ; car en fait, ils ont cr&#233;&#233; des emplois et des profits qui n'avaient jamais exist&#233; auparavant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quelques-uns de l'ancienne race ont souffert de la perte occasionn&#233;e par le succ&#232;s de la concurrence anglaise ; mais tous ont ressenti encore plus vivement l'accroissement d'une classe d'&#233;trangers entre les mains desquels la richesse du pays paraissait se concentrer et dont le faste et l'influence &#233;clipsaient ceux de la classe qui avait auparavant occup&#233; le premier rang du pays.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'intrusion des Anglais ne s'est pas limit&#233;e, non plus, aux entreprises commerciales.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Petit &#224; petit, ils ont occup&#233; de grandes &#233;tendues de terre ; ils ne se sont pas born&#233;s &#224; la r&#233;gion inculte et &#233;loign&#233;e des townships.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le riche capitaliste a investi son argent dans l'achat de propri&#233;t&#233;s seigneuriales ; et l'on estime aujourd'hui qu'une bonne moiti&#233; des meilleures seigneuries appartiennent actuellement &#224; des propri&#233;taires anglais. (...)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ils ont d&#233;velopp&#233; les ressources du pays ; ils ont construit ou am&#233;lior&#233; les moyens de communication, ils ont cr&#233;&#233; le commerce int&#233;rieur et ext&#233;rieur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout le commerce en gros et une grande partie du commerce de d&#233;tail de la Province, ainsi que les fermes les plus profitables et les plus florissantes, sont maintenant dans les mains de cette minorit&#233; num&#233;rique de la population. (...)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; l'emploi des capitalistes anglais&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La grande masse de la population ouvri&#232;re est fran&#231;aise &#224; l'emploi des capitalistes anglais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La classe la plus exp&#233;riment&#233;e d'artisans se compose g&#233;n&#233;ralement d'Anglais ; mais au sein des occupations les plus p&#233;nibles, les Canadiens fran&#231;ais d&#233;fendent bien leur terrain contre la rivalit&#233; anglaise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;migration qui a eu lieu, il y a quelques ann&#233;es, a introduit une classe qui est entr&#233;e en concurrence plus directe avec les Fran&#231;ais quand &#224; quelques-unes des occupations dans les villes ; mais les individus qui ont souffert de cette concurrence ne furent pas tr&#232;s nombreux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je ne crois pas que l'animosit&#233; qui existe entre les classes ouvri&#232;res des deux origines soit la cons&#233;quence n&#233;cessaire d'une opposition d'int&#233;r&#234;ts ou d'une jalousie qu'excite le succ&#232;s sup&#233;rieur de la main-d'oeuvre anglaise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais les pr&#233;jug&#233;s nationaux exercent naturellement la plus grande influence sur les illettr&#233;s ; la diff&#233;rence de langue est moins facilement surmont&#233;e ; les diff&#233;rences de mani&#232;res de d'usages, moins facilement accept&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les ouvriers que l'&#233;migration a introduits comptaient un nombre de personnes tr&#232;s ignorantes, turbulentes et d&#233;moralis&#233;es, dont la conduite ainsi que les mani&#232;res r&#233;voltaient les natifs de la m&#234;me classe, plus disciplin&#233;s et plus courtois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les ouvriers se rang&#232;rent naturellement du c&#244;t&#233; des hommes instruits et riches parmi leurs propres compatriotes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une fois engag&#233;s dans le conflit, leurs passions &#233;taient moins contenues par l'instruction et par la prudence ; et maintenant l'hostilit&#233; nationale de d&#233;cha&#238;ne plus f&#233;rocement entre ceux que les int&#233;r&#234;ts, en r&#233;alit&#233;, mettent le moins en conflit.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les deux races, ainsi distinctes, ont &#233;t&#233; amen&#233;es &#224; former la m&#234;me soci&#233;t&#233; dans des circonstances qui in&#233;vitablement faisaient de leurs contacts une occasion d'affrontement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La diff&#233;rence de langue d'abord les tenait s&#233;par&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Deux nations&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce n'est nulle part une vertu de la race anglaise de tol&#233;rer toutes mani&#232;res, coutumes ou lois qui lui apparaissent &#233;trang&#232;res ; accoutum&#233;s &#224; se former une haute opinion de leur propre sup&#233;riorit&#233;, les Anglais ne prennent pas la peine de cacher aux autres leur m&#233;pris et leur aversion pour leurs usages.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ils ont trouv&#233; chez les Canadiens fran&#231;ais une somme &#233;gale de fiert&#233; nationale ; fiert&#233; ombrageuse mais inactive qui porte ce peuple non pas &#224; s'offenser des insultes, mais plut&#244;t &#224; se garder &#224; l'&#233;cart de ceux qui voudraient le tenir dans l'abaissement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les Fran&#231;ais ne pouvaient que reconna&#238;tre la sup&#233;riorit&#233; de l'esprit d'entreprise des Anglais ; ils ne pouvaient ignorer les succ&#232;s remport&#233;s par les Anglais dans toutes les entreprises qu'ils touchaient ni la constante sup&#233;riorit&#233; qu'ils acqu&#233;raient.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ils regard&#232;rent leurs rivaux avec alarme, jalousie et enfin avec haine. Les Anglais le leur rendirent par une morgue qui bient&#244;t aussi rev&#234;tit la m&#234;me forme de haine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les Fran&#231;ais se plaignaient de l'arrogance et de l'injustice des Anglais ; les Anglais reprochaient aux Fran&#231;ais les vices d'un peuple faible et conquis et les accusaient de bassesse et de perfidie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'enti&#232;re d&#233;fiance que les deux races ont ainsi appris &#224; concevoir des intentions de l'autre les amena &#224; donner la pire interpr&#233;tation &#224; la d&#233;marche la plus innocente, &#224; juger chaque mot, chaque action et chaque intention injustement &#224; attribuer les plus odieux desseins et &#224; rejeter toute avance de g&#233;n&#233;rosit&#233; ou d'impartialit&#233; comme dissimulant des desseins secrets de perfidie et de malignit&#233;. (...)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Deux mentalit&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aucune instruction commune n'a servi &#224; supprimer et &#224; affaiblir les disparit&#233;s d'origine et de langue. Les associations de jeunesse, les jeux de l'enfance et les &#233;tudes qui modifient le caract&#232;re de l'&#226;ge m&#251;r sont distincts et totalement diff&#233;rents.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#224; Montr&#233;al et &#224; Qu&#233;bec il y a des &#233;coles anglaises et des &#233;coles fran&#231;aises ; les enfants de ces &#233;coles sont habitu&#233;s &#224; se battre nation contre nation, et les querelles de rue entre gar&#231;ons pr&#233;sentent souvent une division entre Anglais d'un c&#244;t&#233; et Fran&#231;ais de l'autre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ils sont instruits s&#233;par&#233;ment, et leurs &#233;tudes sont distinctes. La litt&#233;rature famili&#232;re aux uns et aux autres est celle de leur langue respective ; et toutes les id&#233;es que les hommes puisent dans les livres leur viennent de sources totalement diff&#233;rentes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La diff&#233;rence de langue produit &#224; cet &#233;gard d'autres effets que ceux qu'elle a dans le simple rapport des deux races. Ceux qui ont r&#233;fl&#233;chi sur la puissante influence de la langue sur la pens&#233;e s'apercevront combien des hommes qui parlent une langue diff&#233;rente sont enclins &#224; penser diff&#233;remment ; et ceux qui sont familiers avec la litt&#233;rature fran&#231;aise savent que la m&#234;me opinion sera exprim&#233;e par un auteur anglais et un auteur fran&#231;ais contemporain non seulement dans des termes dissemblables mais dans un style tellement diff&#233;rent qu'il indiquera des habitudes de penser totalement &#233;trang&#232;res. (...)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les funestes dissensions d'origine, qui sont la cause des maux les plus importants, seraient aggrav&#233;es au moment pr&#233;sent par tout changement qui donnerait &#224; la majorit&#233; plus de pouvoir qu'elle n'en a jusqu'ici poss&#233;d&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La solution : une seule nation !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le plan par lequel on se proposerait d'assurer la tranquillit&#233; du gouvernement du Bas-Canada doit renfermer en lui-m&#234;me les moyens de mettre fin &#224; l'agitation des querelles nationales &#224; la l&#233;gislature, en d&#233;terminant une fois pour toutes le caract&#232;re national de la Province.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je n'entretiens aucun doute au sujet de ce caract&#232;re national qui doit &#234;tre donn&#233; au Bas-Canada : ce doit &#234;tre celui de l'Empire britannique ; celui de la majorit&#233; de la population de l'Am&#233;rique britannique, celui de la grande race qui doit, dans un laps de temps de courte dur&#233;e, &#234;tre pr&#233;dominante sur tout le continent nord-am&#233;ricain.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sans op&#233;rer le changement ni trop rapidement ni trop rudement pour ne pas froisser les sentiments et ne pas sacrifier le bien-&#234;tre de la g&#233;n&#233;ration actuelle, ce doit &#234;tre d&#233;sormais la premi&#232;re et ferme intention du Gouvernement britannique d'&#233;tablir une population anglaise, avec les lois et la langue anglaises, dans cette Province, et de ne confier son gouvernement qu'&#224; une L&#233;gislature d&#233;cid&#233;ment anglaise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;ponse aux coeurs faibles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut dire que c'est une mesure s&#233;v&#232;re pour un peuple conquis ; que les Fran&#231;ais &#233;taient originairement la totalit&#233; et sont encore la masse de la population du Bas-Canada ; et que les Anglais sont de nouveaux venus qui n'ont pas le droit de r&#233;clamer la disparition de la nationalit&#233; d'un peuple au milieu duquel les a attir&#233;s leur esprit d'entreprise commerciale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut dire que si les Fran&#231;ais ne sont pas une race aussi civilis&#233;e, aussi &#233;nergique, aussi avide de gain financier que celle qui les environne, ils sont un peuple aimable, vertueux et satisfait, poss&#233;dant tout l'essentiel du confort mat&#233;riel et qu'ils ne doivent pas &#234;tre m&#233;pris&#233;s ou maltrait&#233;s parce qu'ils cherchent &#224; jouir de ce qu'ils ont sans imiter l'esprit d'accumulation qui influence leurs voisins.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Leur nationalit&#233; est, apr&#232;s tout, un h&#233;ritage ; et ils ne doivent pas &#234;tre trop s&#233;v&#232;rement punis parce qu'ils ont r&#234;v&#233; de maintenir sur les rives lointaines du Saint-Laurent et de transmettre &#224; leur post&#233;rit&#233; la langue, les usages et les institutions de cette grande nation qui pendant deux si&#232;cles donna le ton de la pens&#233;e au continent europ&#233;en.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si les querelles des deux races sont irr&#233;conciliables, on peut r&#233;torquer que la justice exige que la minorit&#233; soit forc&#233;e de reconna&#238;tre la supr&#233;matie des anciens et plus nombreux occupants de la Province, et qu'elle ne pr&#233;tende pas imposer ses propres institutions et coutumes &#224; la majorit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais avant de d&#233;cider laquelle des deux nations doit maintenant &#234;tre plac&#233;e en &#233;tat de supr&#233;matie, il n'est que prudent de se demander laquelle des deux doit en fin de compte pr&#233;valoir ; car il n'est pas sage d'&#233;tablir aujourd'hui ce qui, apr&#232;s une dure lutte, doit &#234;tre renvers&#233; demain.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les pr&#233;tentions des Canadiens fran&#231;ais &#224; la possession exclusive du Bas-Canada priveraient la population anglaise d&#233;j&#224; plus nombreuse du Haut-Canada et des Townships de l'acc&#232;s par le plus grand canal naturel &#224; ce commerce qu'eux seuls ont cr&#233;&#233; et maintenant poursuivent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La possession de l'embouchure du Saint-Laurent ne concerne pas seulement ceux qui accidentellement se sont &#233;tablis sur l'&#233;troite bande qui le borne, mais tous ceux qui maintenant habitent ou qui &#224; l'avenir habiteront dans le grand bassin de ce fleuve.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Car nous ne devons pas regarder seulement le pr&#233;sent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La question est de savoir par quelle race il est vraisemblable que la zone sauvage qui couvre maintenant les riches et vastes r&#233;gions entourant les districts comparativement petits et resserr&#233;s o&#249; sont &#233;tablis les Canadiens fran&#231;ais soit par la suite convertie en un pays peupl&#233; et florissant ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si cela doit se faire dans les possessions britanniques, comme dans le reste de l'Am&#233;rique du Nord, par quelque proc&#233;d&#233; plus rapide que la croissance naturelle de la population, ce doit &#234;tre par l'immigration venant des &#206;les anglaises ou des &#201;tats-Unis, les pays qui fournissent les seuls colons qui sont entr&#233;s ou qui entreront en grand nombre dans les Canadas.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On ne peut pas interdire &#224; cette &#233;migration de passer &#224; travers le Bas-Canada, ni m&#234;me lui d&#233;fendre de s'&#233;tablir dans cette province.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout l'int&#233;rieur des possessions britanniques doit avant longtemps se remplir d'une population anglaise qui, chaque ann&#233;e, augmentera rapidement sa sup&#233;riorit&#233; num&#233;rique sur les Fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Est-il juste que la prosp&#233;rit&#233; de cette grande majorit&#233; et de cette vaste &#233;tendue de pays soit pour toujours, ou m&#234;me pour un temps, entrav&#233;e par l'obstacle artificiel que les lois et la civilisation arri&#233;r&#233;es d'une partie, et d'une partie seulement, du Bas-Canada &#233;l&#232;veraient entre elles et l'oc&#233;an ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Peut-on supposer qu'une telle population anglaise se soumette jamais &#224; un pareil sacrifice de ses int&#233;r&#234;ts ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je ne dois pas cependant pr&#233;sumer qu'il est possible que le Gouvernement anglais adopte la politique de placer ou tol&#233;rer un frein quelconque &#224; l'affluence des immigrants anglais dans le Bas-Canada, ou un obstacle quelconque &#224; l'emploi profitable des capitaux anglais qui y sont d&#233;j&#224; investis.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les Anglais d&#233;tiennent d&#233;j&#224; la majorit&#233; des plus grandes propri&#233;t&#233;s du pays ; ils ont pour eux une incontestable sup&#233;riorit&#233; d'intelligence ; ils ont la certitude que la colonisation doit augmenter leur nombre jusqu'&#224; devenir une majorit&#233; ; et ils appartiennent &#224; la race qui d&#233;tient le Gouvernement imp&#233;rial et qui domine sur le continent am&#233;ricain.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si nous les laissons maintenant en minorit&#233;, ils n'abandonneront jamais l'assurance de devenir une majorit&#233; par la suite et ne cesseront jamais de poursuivre le conflit actuel avec toute la fureur avec laquelle il fait rage en ce moment.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans un pareil conflit, ils compteront sur la sympathie de leurs compatriotes d'Angleterre ; et si elle leur est refus&#233;e, ils sont tr&#232;s confiants d'&#234;tre capables d'&#233;veiller celle de leurs voisins de m&#234;me origine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ils ont conscience que si le Gouvernement britannique entend maintenir son emprise sur les Canadas, il ne peut compter que sur la seule population anglaise ; que s'il abandonne ses possessions coloniales, ils devront devenir une partie de la grande Union qui lancera promptement ses essaims de colons et qui, par la force du nombre et de l'activit&#233;, ma&#238;trisera rapidement toute autre race.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les Canadiens fran&#231;ais, d'autre part, ne sont que les restes d'une ancienne colonisation, et sont et devront toujours &#234;tre isol&#233;s au milieu d'un monde anglo-saxon.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quoi qu'il puisse arriver, que le gouvernement qui sera &#233;tabli au-dessus d'eux soit britannique ou am&#233;ricain, ils ne peuvent entrevoir aucune esp&#233;rance pour leur nationalit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ils peuvent se s&#233;parer de l'Empire britannique ou attendre que quelque cause commune de m&#233;contentement les en d&#233;tache ainsi que les colonies voisines pour former une conf&#233;d&#233;ration anglaise : ou bien, s'ils en sont capables, effectuer seuls la s&#233;paration pour ainsi se fondre dans l'Union am&#233;ricaine ou maintenir pendant quelques ann&#233;es un mis&#233;rable semblant de m&#233;diocre ind&#233;pendance, ce qui les exposerait plus que jamais &#224; l'intrusion de la population environnante.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Loin de moi le d&#233;sir d'encourager aveugl&#233;ment ces pr&#233;tentions &#224; la sup&#233;riorit&#233; chez aucune race en particulier ; mais tant que la plus grande partie de chaque r&#233;gion du continent am&#233;ricain sera encore ind&#233;frich&#233;e et inoccup&#233;e et tant que les Anglais montreront une activit&#233; si constante et si marqu&#233;e pour la colonisation, il sera vain de s'imaginer qu'il existe une partie quelconque de ce continent o&#249; cette race ne p&#233;n&#233;trera pas et o&#249;, quand elle y aura p&#233;n&#233;tr&#233;, elle ne pr&#233;dominera pas.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce n'est qu'une question de temps et de mode ; il ne s'agit que de d&#233;cider si le petit nombre de Fran&#231;ais qui habitent pr&#233;sentement le Bas-Canada seront anglicis&#233;s sous un Gouvernement qui peut les prot&#233;ger ; ou si l'op&#233;ration sera retard&#233;e jusqu'&#224; ce qu'un plus grand nombre ait &#224; subir, sous la violence de ses rivaux sans frein, l'extinction d'une nationalit&#233; renforc&#233;e et aigrie par une existence prolong&#233;e.
L'assimilation&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et cette nationalit&#233; canadienne-fran&#231;aise, en est-elle une que, pour le simple avantage de ce peuple, nous devrions chercher &#224; perp&#233;tuer, m&#234;me si c'&#233;tait possible ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je ne connais pas de distinction nationale marquant et continuant une inf&#233;riorit&#233; plus d&#233;sesp&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La langue, les lois et le caract&#232;re du continent nord-am&#233;ricain sont anglais ; et toute autre race que la race anglaise (j'applique ce mot &#224; tous ceux qui parlent la langue anglaise) y appara&#238;t dans un &#233;tat d'inf&#233;riorit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est pour les tirer de cette inf&#233;riorit&#233; que je d&#233;sire donner aux Canadiens notre caract&#232;re anglais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je le d&#233;sire dans l'int&#233;r&#234;t des classes instruites que les distinctions de langue et de mani&#232;res tiennent s&#233;par&#233;es du grand Empire auquel elles appartiennent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au mieux, le sort du colon instruit et ambitieux pr&#233;sente actuellement peu d'espoir et peu de champ d'activit&#233; ; mais le Canadien fran&#231;ais est rejet&#233; encore plus loin dans l'ombre par une langue et des habitudes &#233;trang&#232;res &#224; celles du Gouvernement imp&#233;rial.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un esprit d'exclusion a interdit l'acc&#232;s des professions les plus &#233;lev&#233;es aux classes instruites chez les Canadiens fran&#231;ais, plus peut-&#234;tre qu'il n'&#233;tait absolument n&#233;cessaire ; mais il est impossible, avec la plus grande lib&#233;ralit&#233; de la part du Gouvernement britannique, de donner une position &#233;gale, dans la concurrence g&#233;n&#233;rale de son immense population, &#224; ceux qui parlent une langue &#233;trang&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je d&#233;sire la fusion encore plus dans l'int&#233;r&#234;t des classes inf&#233;rieures.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Leur situation actuelle dans une aisance rudimentaire et &#233;gale se d&#233;t&#233;riore rapidement sous la pouss&#233;e de la population &#224; l'int&#233;rieur des &#233;troites limites dans lesquelles ces classes sont confin&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si ces gens essaient d'am&#233;liorer leur condition, en s'&#233;tendant sur le pays environnant, ils se trouveront n&#233;cessairement de plus en plus m&#234;l&#233;s &#224; une population anglaise ; s'ils pr&#233;f&#232;rent rester sur place, la plupart d'entre eux deviendront des manoeuvres &#224; l'emploi des capitalistes anglais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans l'un ou l'autre cas, il semblerait que la grande masse des Canadiens fran&#231;ais soit condamn&#233;e, jusqu'&#224; un certain point, &#224; occuper une position inf&#233;rieure et &#224; d&#233;pendre des Anglais pour l'emploi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les maux de la pauvret&#233; et de la d&#233;pendance seraient tout bonnement aggrav&#233;s ou d&#233;cupl&#233;s par les sentiments d'une nationalit&#233; jalouse et rancuni&#232;re qui s&#233;pareraient la classe ouvri&#232;re de la soci&#233;t&#233; des possesseurs de la richesse et des employeurs de main-d'oeuvre. (...)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Un peuple sans histoire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On ne peut gu&#232;re concevoir de nationalit&#233; plus d&#233;pourvue de tout ce qui peut vivifier et &#233;lever un peuple que celle que pr&#233;sentent les descendants des Fran&#231;ais dans le Bas-Canada, du fait qu'ils ont conserv&#233; leur langue et leurs coutumes particuli&#232;res.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ils sont un peuple sans histoire et sans litt&#233;rature.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La litt&#233;rature d'Angleterre est &#233;crite dans une langue qui n'est pas la leur ; et la seule litt&#233;rature que leur langue leur rend famili&#232;re est celle d'une nation dont ils ont &#233;t&#233; s&#233;par&#233;s par quatre-vingt ans de domination &#233;trang&#232;re et encore plus par ces changements que la R&#233;volution fran&#231;aise et ses cons&#233;quences ont op&#233;r&#233;s dans tout l'&#233;tat politique, moral et social de la France.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cependant c'est d'un peuple, dont les s&#233;parent si compl&#232;tement l'histoire r&#233;cente, les moeurs et mani&#232;res de penser, que les Canadiens fran&#231;ais d&#233;pendent compl&#232;tement en ce qui concerne presque toute l'instruction et toutes les distractions procur&#233;es par les livres ; c'est de cette litt&#233;rature essentiellement &#233;trang&#232;re, qui traite d'&#233;v&#233;nements, d'id&#233;es et d'habitudes de vie qui leur sont tout &#224; fait &#233;trangers et inintelligibles, qu'ils sont contraints de d&#233;pendre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De la m&#234;me mani&#232;re, leur nationalit&#233; a pour effet de les priver des plaisirs et de l'influence civilisatrice des arts.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bien que descendante du peuple qui en g&#233;n&#233;ral aime le plus au monde l'art dramatique et qui l'a cultiv&#233; avec le plus de succ&#232;s et quoiqu'elle vive sur un continent o&#249; presque chaque ville, grande ou petite, a un th&#233;&#226;tre anglais, la population fran&#231;aise du Bas-Canada, isol&#233;e de tout peuple qui parle sa langue, ne peut faire vivre un th&#233;&#226;tre national.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les plus r&#233;fl&#233;chis comprendront !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans ces circonstances, je serais en v&#233;rit&#233; surpris si les plus r&#233;fl&#233;chis d'entre les Canadiens fran&#231;ais entretenaient &#224; pr&#233;sent l'espoir de continuer &#224; pr&#233;server leur nationalit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qu'elle que soit leur lutte contre (ce ph&#233;nom&#232;ne), il est &#233;vident que le processus de l'assimilation aux habitudes anglaises est d&#233;j&#224; commenc&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La langue anglaise gagne du terrain comme le fera naturellement la langue des riches et des employeurs de main-d'oeuvre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il apparut par quelques-unes des rares r&#233;ponses que re&#231;ut le commissaire de l'enqu&#234;te sur l'&#233;tat de l'&#233;ducation, qu'il y a environ dix fois autant d'enfants fran&#231;ais &#224; Qu&#233;bec qui apprennent l'anglais que d'enfants anglais qui apprennent le fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il doit s'&#233;couler, comme de raison, beaucoup de temps avant que le changement de langue puisse s'&#233;tendre &#224; tout un peuple ; et la justice comme la saine politique demandent &#233;galement que, tant que le peuple continuera &#224; faire usage de la langue fran&#231;aise, son Gouvernement ne prenne pas, pour lui imposer la langue anglaise, des moyens qui, de fait, priveraient la grande masse de la soci&#233;t&#233; de la protection des lois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'union d&#232;s maintenant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais, je r&#233;p&#232;te que le changement du caract&#232;re de la Province doit &#234;tre imm&#233;diatement entrepris et poursuivi avec fermet&#233; quoique avec m&#233;nagement ; que dans tout plan susceptible d'&#234;tre adopt&#233; pour l'administration future du Bas-Canada le premier objectif doit &#234;tre d'en faire une Province anglaise ; et que, avec cette fin en vue, l'influence dominante ne soit jamais de nouveau plac&#233;e en d'autres mains que celles d'une population anglaise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En v&#233;rit&#233;, &#224; l'heure actuelle, c'est &#233;videmment n&#233;cessaire : dans l'&#233;tat d'esprit o&#249; j'ai d&#233;crit la population canadienne-fran&#231;aise non seulement comme il existe maintenant mais comme il doit vraisemblablement rester longtemps, lui confier une autorit&#233; enti&#232;re sur cette Province ne serait de fait que faciliter la r&#233;bellion.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Bas-Canada doit &#234;tre gouvern&#233; maintenant, comme il doit l'&#234;tre &#224; l'avenir, par une population anglaise ; et ainsi la politique que les exigences du moment nous imposent est conforme &#224; celle que sugg&#232;re une vue d'ensemble du progr&#232;s &#233;ventuel et durable de la Province. (...)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je crois qu'on ne peut r&#233;tablir la tranquillit&#233; qu'en assujettissant la Province &#224; la domination vigoureuse d'une majorit&#233; anglaise et que le seul gouvernement efficace serait celui qui serait form&#233; par une union l&#233;gislative.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;En minorit&#233;, ils perdront tout espoir...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si la population du Haut-Canada est justement estim&#233;e &#224; 400 000, les habitants anglais du Bas-Canada &#224; 150 000 et les Fran&#231;ais &#224; 450 000, l'union des deux Provinces ne donnerait pas seulement une majorit&#233; anglaise absolue mais une majorit&#233; qui s'accro&#238;trait chaque ann&#233;e sous l'influence de l'&#233;migration anglaise ; et je ne doute gu&#232;re que les Fran&#231;ais, une fois plac&#233;s en minorit&#233; par le cours l&#233;gitime des &#233;v&#233;nements et par le fonctionnement de causes naturelles, abandonneraient leurs vaines esp&#233;rances de nationalit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je ne veux pas dire qu'ils renonceraient imm&#233;diatement &#224; leurs animosit&#233;s actuelles et abandonneraient tout de suite l'espoir d'atteindre leur fin par des moyens violents.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais l'exp&#233;rience des deux Unions dans les &#206;les britanniques peut nous enseigner avec quelle efficacit&#233; le bras puissant d'une l&#233;gislature &#8220;populaire&#8221; peut contraindre &#224; la soumission une population r&#233;calcitrante ; et la perte irr&#233;m&#233;diable de tout espoir de succ&#232;s att&#233;nuerait peu &#224; peu les haines actuelles et porterait graduellement les Canadiens fran&#231;ais &#224; accepter leur nouvelle existence politique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je n'aimerais certainement pas assujettir les Canadiens fran&#231;ais &#224; la domination de la m&#234;me minorit&#233; anglaise contre laquelle ils ont lutt&#233; depuis si longtemps ; mais de la part d'une majorit&#233; &#233;manant d'une source tellement plus &#233;tendue, je ne crois pas qu'ils aient aucune oppression ou injustice &#224; redouter ; et dans ce cas, la tr&#232;s grande partie de la majorit&#233;, n'ayant jamais &#233;t&#233; entra&#238;n&#233;e dans un conflit ant&#233;rieur avec eux, ne les regarderait pas avec une haine susceptible de pervertir son sens naturel de la justice. (...)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;* * * * *&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Source :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Paul Perreault&lt;br&gt;
Pr&#233;sident&lt;br&gt;
Imp&#233;ratif fran&#231;ais&lt;br&gt;
Recherche et communications&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C.P. 449, succ. Aylmer&lt;br&gt;
Gatineau (Qu&#233;bec)&lt;br&gt;
J9H 5E7&lt;br&gt;
T&#233;l. : 819 684-8460&lt;br&gt;
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Imperatif@imperatif-francais.org&lt;br&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.imperatif-francais.org&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.imperatif-francais.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Les r&#233;bellions de 1837-1838 revues et corrig&#233;es</title>
		<link>http://www.vigile.net/Les-rebellions-de-1837-1838-revues</link>
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		<dc:date>2007-11-09T13:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Mario Cloutier - La Presse </dc:creator>
		


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		<description>Le mus&#233;e Pointe-&#224;-Calli&#232;re pr&#233;sente jusqu'au 27 avril 2008 l'exposition 1837-1838, R&#233;bellions, Patriotes vs Loyaux. Cette magnifique le&#231;on d'histoire se visite comme un roman photo avec plusieurs artefacts peu connus, voire in&#233;dits. Des murs rouge sang. Toute (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Le mus&#233;e Pointe-&#224;-Calli&#232;re pr&#233;sente jusqu'au 27 avril 2008 l'exposition 1837-1838, R&#233;bellions, Patriotes vs Loyaux. Cette magnifique le&#231;on d'histoire se visite comme un roman photo avec plusieurs artefacts peu connus, voire in&#233;dits. Des murs rouge sang. Toute l'exposition 1837-1838 R&#233;bellions Patriotes vs Loyaux de (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Les-rebellions-de-1837-1838-revues"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Erasing history</title>
		<link>http://www.vigile.net/Erasing-history</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>John Robson - The Ottawa Citizen</dc:creator>
		


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		<description>annoying activist... So now we learn that &quot;Radical Jack&quot; was actually &quot;Reactionary Jerk&quot; and swiftly airbrush another page out of our national history. Take that, you dead white anglo male. The background here is quite embarrassing. The National Capital Commission, in its Sparks Street (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;annoying activist... So now we learn that &quot;Radical Jack&quot; was actually &quot;Reactionary Jerk&quot; and swiftly airbrush another page out of our national history. Take that, you dead white anglo male. The background here is quite embarrassing. The National Capital Commission, in its Sparks Street exhibit celebrating the 150th anniversary of Ottawa (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Erasing-history"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Controverse autour de Lord Durham : des anglophones en furie</title>
		<link>http://www.vigile.net/Controverse-autour-de-Lord-Durham</link>
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		<dc:date>2007-11-08T13:49:55Z</dc:date>
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		<description>La CCN a d&#233;cid&#233; de retirer ce panneau lundi apr&#232;s la publication d'un texte dans La Presse qui a provoqu&#233; un toll&#233; chez les francophones. Mais la CCN s'attire maintenant les foudres des anglophones, qui jugent totalement inacceptable l'id&#233;e de retirer le portrait de Lord (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;La CCN a d&#233;cid&#233; de retirer ce panneau lundi apr&#232;s la publication d'un texte dans La Presse qui a provoqu&#233; un toll&#233; chez les francophones. Mais la CCN s'attire maintenant les foudres des anglophones, qui jugent totalement inacceptable l'id&#233;e de retirer le portrait de Lord (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Controverse-autour-de-Lord-Durham"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Un Lord Durham fort malvenu</title>
		<link>http://www.vigile.net/Un-Lord-Durham-fort-malvenu</link>
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		<dc:date>2007-11-07T16:17:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Yves Saint-Denis - Le Droit</dc:creator>
		


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		<description>Le 5 novembre 2007 ? Ainsi la Commission de la capitale nationale rend hommage au perfide Lord Durham pour marquer les 150 ans de la capitale canadienne. C'est l&#224; un vilain accroc &#224; l'histoire mais aussi et surtout un opprobre, une honte, une fl&#233;trissure, une infamie, une ignominie. (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Le 5 novembre 2007 ? Ainsi la Commission de la capitale nationale rend hommage au perfide Lord Durham pour marquer les 150 ans de la capitale canadienne. C'est l&#224; un vilain accroc &#224; l'histoire mais aussi et surtout un opprobre, une honte, une fl&#233;trissure, une infamie, une ignominie. Lord Durham aura &#224; peine connu l'existence (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Un-Lord-Durham-fort-malvenu"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Durham's question</title>
		<link>http://www.vigile.net/Durham-s-question</link>
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		<dc:date>2007-11-07T14:16:00Z</dc:date>
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		<description>Ajzenstat*Janet - Should Lord Durham's portrait be displayed on the streets of Ottawa ? It hardly matters. His &quot;Report on the Affairs of British North America&quot; lives. It was published in 1839 and has been in print ever since. It will be read as long as there is a Canada, and - dare I say (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Ajzenstat*Janet - Should Lord Durham's portrait be displayed on the streets of Ottawa ? It hardly matters. His &quot;Report on the Affairs of British North America&quot; lives. It was published in 1839 and has been in print ever since. It will be read as long as there is a Canada, and - dare I say it ? - even afterward. In the 1840s, both (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Durham-s-question"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Revisiting Lord Durham</title>
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		<dc:date>2007-11-07T14:16:00Z</dc:date>
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		<description>Lord Durham deserves a grander and more detailed tribute than the three sentences the National Capital Commission gave him on Sparks Street. In a four-month stint as governor general in 1838, John George Lambton, Earl of Durham, laid the foundations for democratic government not only in (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Lord Durham deserves a grander and more detailed tribute than the three sentences the National Capital Commission gave him on Sparks Street. In a four-month stint as governor general in 1838, John George Lambton, Earl of Durham, laid the foundations for democratic government not only in Canada, but in British possessions around the world. (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Revisiting-Lord-Durham"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	<item>
		<title>Montr&#233;al, lieu-cl&#233; de 1837-38</title>
		<link>http://www.vigile.net/Montreal-lieu-cle-de-1837-38</link>
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		<dc:date>2007-11-06T15:15:49Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Isabelle Par&#233; - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>&#201;mergence autour du canal Lachine d'une nouvelle &#233;conomie et d'une richesse d&#233;tenue massivement par les Britanniques et arriv&#233;e massive sur les quais d'immigrants entra&#238;nant une concurrence pour les terres. M&#234;me si le Parlement &#233;tait &#224; Qu&#233;bec, Montr&#233;al restera toujours le (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Novembre 1837. Saint-Denis, Saint-Charles, Saint-Eustache, Saint-Beno&#238;t : autant de lieux embl&#233;matiques associ&#233;s aux Patriotes qui r&#233;sonnent du fond du pass&#233; des Qu&#233;b&#233;cois. Cent soixante-dix ans plus tard, le &lt;a href=&quot;http://www.pacmusee.qc.ca/index.aspx&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;mus&#233;e Pointe-&#224;-Calli&#232;re&lt;/a&gt; replonge dans ce pass&#233; trouble, en levant le voile sur des dizaines d'artefacts in&#233;dits qui offrent une nouvelle mise en perspective de ce qui demeure l'une des pages les plus fascinantes de l'histoire du Canada.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Terrain glissant que celui des r&#233;bellions de 1837-38. Pr&#232;s de deux cents ans apr&#232;s ce soul&#232;vement, les historiens d&#233;chirent encore leur chemise sur la pertinence d'utiliser le terme r&#233;bellion, que certains voudraient plut&#244;t voir associer &#224; un mouvement l&#233;gitime d'&#233;mancipation. Pour sa part, le mus&#233;e Pointe-&#224;-Calli&#232;re a choisi de faire fi des querelles et de sauter &#224; pieds joints dans ce sujet explosif.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1193 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:208px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.pacmusee.qc.ca/index.aspx&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/png/6-1837-ld.png' width=&quot;208&quot; height=&quot;303&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;En pr&#233;sentant &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;bellions : Patriotes vs Loyaux&lt;/i&gt;, le Mus&#233;e d'arch&#233;ologie et d'histoire de Montr&#233;al fait le pari de brosser un tableau plus large, en braquant son objectif autant sur les oppresseurs que sur les oppress&#233;s, et surtout en ramenant Montr&#233;al au centre de l'&#233;chiquier politique, social et &#233;conomique qui a men&#233; &#224; la naissance lente de ce conflit historique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; On se souvient surtout des combats qui ont eu lieu &#224; l'ext&#233;rieur de Montr&#233;al, or la m&#233;tropole n'a pas souvent la place qui lui revient dans le rappel de ces &#233;v&#233;nements. Or, c'est ici, &#224; deux pas de Pointe-&#224;-Calli&#232;re que se sont jou&#233;s plusieurs des &#233;v&#233;nements-cl&#233;s de cette p&#233;riode &#187;, souligne Mme Francine Leli&#232;vre, directrice g&#233;n&#233;rale du mus&#233;e Pointe-&#224;-Calli&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;M&#234;me si la m&#233;moire collective a souvent r&#233;duit les r&#233;bellions de 1837-38 &#224; un strict conflit ethnique entre Anglais et Fran&#231;ais, Mme Leli&#232;vre estime que les recherches des derni&#232;res ann&#233;es concluent &#224; une r&#233;alit&#233; bien plus complexe, nourrie par d'autres facteurs, dont les famines, les probl&#232;mes &#233;conomiques et l'&#233;mergence, au m&#234;me moment, d'autres mouvements r&#233;volutionnaires anti-imp&#233;rialistes un peu partout sur la plan&#232;te. Plus d'une douzaine d'historiens ont &#233;t&#233; mis &#224; contribution pour rendre compte de la plus grande diversit&#233; des points de vue et des connaissances.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au-del&#224; des explications historiques, tout l'int&#233;r&#234;t de l'exposition tient dans la pr&#233;sentation de pr&#232;s d'une centaine d'artefacts in&#233;dits, retrouv&#233;s aupr&#232;s de collectionneurs priv&#233;s, qui charrient une force &#233;motive unique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut ainsi se pencher pour la premi&#232;re fois sur des albums de dessins et des textes de Patriotes &#233;crits pendant leur d&#233;tention &#224; la prison neuve, r&#233;dig&#233;s pour des amies de coeur et sign&#233;s avec des noms de code. Parmi ces objets exceptionnels qui valent bien cent cours d'histoire, une courtepointe fabriqu&#233;e &#224; m&#234;me les habits rouges et tach&#233;s de sang des soldats d'Argenteuil qui se sont battus lors des r&#233;bellions. Provenant d'une collection priv&#233;e, on note aussi le journal de Caroline Debartzch, fille du seigneur de Saint-Charles, qui relate avec finesse les premiers affrontements survenus dans la vall&#233;e du Richelieu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Parmi ces autres objets coup-de-poing, la lettre originale &#233;crite par le Chevalier de Lorimier &#224; Guillaume L&#233;vesque quelques heures avant sa pendaison, ainsi que le registre manuscrit des ex&#233;cutions des Patriotes effectu&#233;es &#224; la Prison du Pied-du-Courant. Du nombre de ces objets rarement vus, le fusil d'un Patriote ayant servi durant le soul&#232;vement, un tambour rescap&#233; de la bataille d'Odelltown ainsi que toute une s&#233;rie d'objets personnels ayant appartenu &#224; Louis-Joseph Papineau.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Nous avons r&#233;ussi &#224; mettre la main sur des pi&#232;ces dont on ignorait m&#234;me l'existence. Environ 40 % des artefacts pr&#233;sent&#233;s le sont pour la premi&#232;re fois, et plus de 45 pr&#234;teurs ont &#233;t&#233; contact&#233;s pour &#233;laborer cette exposition &#187;, pr&#233;cise Mme Leli&#232;vre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le parall&#232;le entre les r&#233;bellions du Bas et du Haut-Canada est aussi &#233;voqu&#233;, appuy&#233; par la pr&#233;sentation de correspondances entre Louis-Joseph Papineau et William Lyon Mackenzie, leader des R&#233;formistes du Haut-Canada, peu de temps apr&#232;s l'exil forc&#233; des chefs r&#233;volutionnaires en Australie et aux Bermudes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Des documents d'&#233;poque, dont des &#233;crits sur Voltaire et un livre de Thomas Payne sur la r&#233;volution fran&#231;aise, annot&#233;s par Papineau, permettent d'ailleurs de bien comprendre le terreau philosophique auquel s'abreuvaient les principaux acteurs de ces mouvements autonomistes de l'&#233;poque. Ailleurs dans le monde, apr&#232;s la France, les m&#234;mes &#233;crits nourrissaient des soul&#232;vements en Irlande, en Afrique du Sud, au Mexique, en Am&#233;rique du Sud...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Souvent rel&#233;gu&#233;s dans l'ombre, les insurg&#233;s du Bas-Canada, dont 18 furent aussi pendus haut et court, trouvent aussi leur place dans cette exposition, qui tente en parall&#232;le de tracer le profil des principales figures de proue des Loyaux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Chose certaine, qu'il s'agisse de Patriotes ou de Loyaux, ce parcours au coeur des r&#233;bellions nous rappelle que des pans entiers de l'histoire se sont jou&#233;s dans le coeur historique du Vieux-Montr&#233;al, &#224; deux pas de la Pointe-&#224;-Calli&#232;re. &#201;mergence autour du canal Lachine d'une nouvelle &#233;conomie et d'une richesse d&#233;tenue massivement par les Britanniques et arriv&#233;e massive sur les quais d'immigrants entra&#238;nant une concurrence pour les terres. M&#234;me si le Parlement &#233;tait &#224; Qu&#233;bec, Montr&#233;al restera toujours le quartier g&#233;n&#233;ral des Loyaux et des Patriotes, et c'est rue Saint-Jacques qu'auront lieu les premiers actes sanglants entre &#171; Fran&#231;ais et Anglais &#187;. &#192; deux pas de l&#224;, un certain 6 novembre 1837, &#233;clateront les premi&#232;res &#233;chauffour&#233;es entre le Doric Club et les Fils de la libert&#233;. L'histoire ne faisait que commencer...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1837-38, R&#233;bellions : Patriotes vs Loyaux&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mus&#233;e de la Pointe-&#224;-Calli&#232;re&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Du 6 novembre 2007 au 27 avril 2008&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;a href=&quot;http://www.ledevoir.com/2007/11/06/163294.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;source&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<description>Un Lord Durham fort malvenu - Yves Saint-Denis, Hawkesbury Le Droit 6 novembre Lord Durham continue de faire des vagues - Le Droit 6 novembre</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Un Lord Durham fort malvenu - Yves Saint-Denis, Hawkesbury Le Droit 6 novembre Lord Durham continue de faire des vagues - Le Droit 6 novembre - &lt;a href="http://www.vigile.net/novembre,10158"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Lord Durham reported missing</title>
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		<dc:creator>Hubert Bauch - The Gazette (Montreal) </dc:creator>
		


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		<description>It has not been determined whether Lord Durham is actually spinning in the grave in which he has lain the better part of two centuries, but he's been causing something of a stir of late. He was baptized John George Lambton, but he's better known by his title, a name that to (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;It has not been determined whether Lord Durham is actually spinning in the grave in which he has lain the better part of two centuries, but he's been causing something of a stir of late. He was baptized John George Lambton, but he's better known by his title, a name that to Qu&#233;b&#233;cois minds lives in infamy. So it was bound to get (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Lord-Durham-reported-missing"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Ottawa honore Lord Durham</title>
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		<description>Presse Canadienne (PC) - Lord Durham, qui avait d&#233;j&#224; propos&#233; l'assimilation des francophones du Canada, reprend vie sur un panneau historique de la Commission de la capitale nationale (CCN) affich&#233; sur un &#233;difice du Mail de la rue Sparks, &#224; Ottawa. http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/franc... (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Presse Canadienne (PC) - Lord Durham, qui avait d&#233;j&#224; propos&#233; l'assimilation des francophones du Canada, reprend vie sur un panneau historique de la Commission de la capitale nationale (CCN) affich&#233; sur un &#233;difice du Mail de la rue Sparks, &#224; Ottawa. http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/franc... Ce panneau souligne les &#233;tapes marquantes du (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Ottawa-honore-Lord-Durham"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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