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	<title>Vigile.net - Intervention militaire</title>
	<link>http://www.vigile.net/+-Armee-violence-apres-un-OUI-+</link>
	<description>Le portail ind&#233;pendantiste du Qu&#233;bec</description>
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		<title>Vigile.net</title>
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	<item>
		<title>R&#233;action d&#233;mocratique du ROC &#224; la souverainet&#233; ou &quot;tough love&quot; ?</title>
		<link>http://www.vigile.net/Reaction-democratique-du-ROC-a-la</link>
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		<dc:creator>Gilles Bousquet - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>2 sc&#233;narios : Premier : On est au lendemain d'un OUI, gagn&#233; &#224; 51 % le 24 juin 2020. Notre Assembl&#233;e nationale d&#233;clare unilat&#233;ralement le Qu&#233;bec souverain, vu qu'il n'y a plus d'association requise dans le programme du PQ. Ni le pr&#233;sident de la France &quot;qui ne devrait (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2 sc&#233;narios :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Premier : On est au lendemain d'un OUI, gagn&#233; &#224; 51 % le 24 juin 2020. Notre Assembl&#233;e nationale d&#233;clare unilat&#233;ralement le Qu&#233;bec souverain, vu qu'il n'y a plus d'association requise dans le programme du PQ.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ni le pr&#233;sident de la France &quot;qui ne devrait plus &#234;tre M. Sarkozy&quot; ni les pays de l'Ouest incluant nos voisins am&#233;ricains ne veulent le reconna&#238;tre pour ne pas d&#233;plaire &#224; leur puissant ami, le Canada qui vient de d&#233;clarer, de son c&#244;t&#233;, qu'il ne reconna&#238;t pas la validit&#233; de cet exercice l&#224; comme M. Chr&#233;tien n'aurait pas reconnu, pour le gouvernement f&#233;d&#233;ral, une courte victoire du OUI, au r&#233;f&#233;rendum de 1995, selon ses r&#233;centes m&#233;moires.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec demande alors aux entreprises et aux individus de cesser de payer leurs imp&#244;ts et taxes &#224; Ottawa qui se d&#233;p&#234;che de d&#233;clarer que le gouvernement provincial p&#233;quiste agit dans l'ill&#233;galit&#233; et qu'il ne peut pas demander &#231;a. M. Harper et son autorit&#233;, le Gouverneur-g&#233;n&#233;ral, d&#233;clarent que le PQ est inapte &#224; gouverner SA province de Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Canada d&#233;p&#234;che des troupes, qui campent sur les Plaines d'Abraham, dont certains militaires montent la garde sur la colline parlementaire de Qu&#233;bec pour bien montrer qu'ils repr&#233;sentent l'autorit&#233; canadienne. L'Ouest de Montr&#233;al, Westmount et l'Outaouais et plusieurs r&#233;serves indiennes, qui ont tous vot&#233; NON, demandent d'&#234;tre rattach&#233;s au ROC au cas o&#249; la s&#233;paration du Qu&#233;bec se r&#233;aliserait.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les ind&#233;pendantistes frustr&#233;s injurient les militaires et commencent &#224; leur lancer des roches et de la m.....et donnent quelques coups de pieds dans le cul des militaires qui, se &quot;sentant&quot; menac&#233;s et en danger, ripostent et tuent 3 souverainistes agressifs, en blessent 15 et en emprisonnent 200 &#224; la Citadelle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Est-ce que &#231;a serait le d&#233;but de soul&#232;vements un peu partout au Qu&#233;bec comme en 1837/38 ? Ou comme en Palestine, qui veut un vrai pays aussi mais qui est bl&#226;m&#233;e par notre gouvernement f&#233;d&#233;ral pour leurs lancers de roquettes et de pierres aux Isra&#233;liens, f&#233;licit&#233;s par tous les pays &quot;d&#233;mocratiques&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Impossible ? Improbable ? Le Canada est trop d&#233;mocrate ? Oh, yes ? !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Deuxi&#232;me sc&#233;nario :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Canada est bien tann&#233; du Qu&#233;bec qu'il ne croit plus capable d'angliciser ou de mater et fait contre mauvaise fortune, bon c&#339;ur de se faire couper le pays en deux par le Qu&#233;bec qui veut s'en s&#233;parer. Le ROC transf&#232;re au Qu&#233;bec ses Parcs Nationaux et ses immeubles, incluant les Plaines d'Abraham, et le quart de la dette nationale, promet de ne pas proc&#233;der &#224; un boycott &#233;conomique et demande aux autres pays de reconna&#238;tre ce nouveau pays-ami.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est le premier sc&#233;nario qu'il faudrait &#233;viter en cherchant une solution plus&#8230;s&#233;curitaire qui va rallier un plus haut pourcentage de Qu&#233;b&#233;cois. Voil&#224; la raison principale de ma suggestion de CONF&#201;D&#201;RATION &#224; la place d'une simple s&#233;paration &quot;souverainet&#233; pure&quot;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	<item>
		<title>De Londres &#224; Ottawa, le terrorisme d'&#201;tat dans l'histoire du Qu&#233;bec</title>
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		<dc:date>2009-03-01T00:34:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Andr&#233;e Ferretti - L'Action nationale&lt;br&gt;www.action-nationale.qc.ca</dc:creator>
		


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		<description>Invit&#233;e &#224; t&#233;moigner de ses m&#233;faits sur plusieurs tribunes, &#224; l'occasion du trenti&#232;me anniversaire de la promulgation de la Loi sur les mesures de guerre, Andr&#233;e Ferretti, elle-m&#234;me arr&#234;t&#233;e et emprisonn&#233;e pendant 51 jours, pr&#233;f&#232;re livrer cette analyse de l'&#233;v&#233;nement et la donne &#224; (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Invit&#233;e &#224; t&#233;moigner de ses m&#233;faits sur plusieurs tribunes, &#224; l'occasion du trenti&#232;me anniversaire de la promulgation de la Loi sur les mesures de guerre, Andr&#233;e Ferretti, elle-m&#234;me arr&#234;t&#233;e et emprisonn&#233;e pendant 51 jours, pr&#233;f&#232;re livrer cette analyse de l'&#233;v&#233;nement et la donne &#224; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Action nationale&lt;/i&gt; pour publication.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le 16 octobre 1970, &#224; quatre heures du matin, Pierre-Elliot Trudeau, premier ministre du Canada proclamait la Loi des mesures de guerre et avant m&#234;me le lever du jour, l'arm&#233;e canadienne qui la veille avait subrepticement commenc&#233; &#224; envahir le Qu&#233;bec, l'occupait officiellement en vertu de cette loi. &#192; la m&#234;me heure et en vertu de cette m&#234;me loi, 242 personnes dont plusieurs &#233;crivains et artistes, syndicalistes et candidats du PQ aux &#233;lections pr&#233;c&#233;dentes &#233;taient arr&#234;t&#233;es et conduites en prison. La journ&#233;e n'&#233;tait pas termin&#233;e que des dizaines d'autres connaissaient le m&#234;me sort. En quelques jours, 465 personnes avaient &#233;t&#233; emprisonn&#233;es, leurs maisons fouill&#233;es et quelques fois saccag&#233;es, leur famille apeur&#233;e et dans certains cas, leurs enfants laiss&#233;s seuls. Elles furent presque toutes lib&#233;r&#233;es sans m&#234;me avoir &#233;t&#233; interrog&#233;es. Le 21e jour de cette manifestation de force, seules 32 personnes furent mises en accusation, d&#233;tenues encore pendant plusieurs semaines pour &#234;tre enfin lib&#233;r&#233;es sans avoir subi de proc&#232;s, la Cour d&#233;clarant qu'il n'y avait pas mati&#232;re &#224; proc&#233;der (nolle prosequi).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'op&#233;ration d&#233;clench&#233;e sous le pr&#233;texte de l'urgence &#224; contrer une mont&#233;e subite des actes ill&#233;gaux et de la violence politique du FLQ, alors que les membres des cellules du mouvement qui l'exer&#231;aient &#233;taient d&#233;j&#224; connus et fil&#233;s par la police et auraient pu &#234;tre arr&#234;t&#233;s aux seuls moyens des techniques polici&#232;res habituelles, ce qui est d'ailleurs arriv&#233; quelques semaines plus tard, s'av&#232;re &#224; l'&#233;vidence, avec le recul, une entreprise soigneusement planifi&#233;e. Elle avait pour v&#233;ritable but de terroriser le peuple qu&#233;b&#233;cois et d'&#233;craser par ricochet le mouvement ind&#233;pendantiste qui portait &#224; un niveau encore in&#233;gal&#233; sa conscience nationale et sa volont&#233; d'autod&#233;termination.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Car il s'agit bien de cela. La promulgation et l'application simultan&#233;es de la Loi des mesures de guerre en octobre 1970 qui permit &#224; l'arm&#233;e canadienne d'envahir le Qu&#233;bec et aux effectifs de la Gendarmerie royale du Canada, de la S&#251;ret&#233; du Qu&#233;bec et des diff&#233;rents corps de police municipaux d'arr&#234;ter sans mandat et d'emprisonner sans accusations sp&#233;cifiques des centaines de partisans de l'Ind&#233;pendance du Qu&#233;bec n'est pas un accident de parcours, un acte exceptionnel qui aurait &#233;t&#233; provoqu&#233; par la violence politique du FLQ. Dans les dizaines de livres et les centaines d'articles publi&#233;s depuis trente ans, consacr&#233;s &#224; l'histoire et &#224; l'analyse de la Crise d'octobre (1), il est d&#233;montr&#233; de mani&#232;re irr&#233;futable que les membres des diverses cellules se r&#233;clamant de leur appartenance au FLQ &#233;taient tous, non seulement bien connus des autorit&#233;s politiques et polici&#232;res, mais qu'ils avaient depuis plusieurs mois et m&#234;me, dans certains cas, depuis quelques ann&#233;es, fait l'objet d'une constante filature et autres formes de surveillance.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'o&#249; il ressort clairement que les actions ill&#233;gales du FLQ, en particulier les enl&#232;vements de James Cross, attach&#233; commercial &#224; Montr&#233;al du Haut-Commissariat de la Grande-Bretagne et de Pierre Laporte, ministre du travail et vice-premier ministre dans le gouvernement lib&#233;ral qu&#233;b&#233;cois de Robert Bourassa, n'ont &#233;t&#233; que l'occasion d&#233;sir&#233;e et attendue par le gouvernement canadien, alors sous la f&#233;rule de Pierre Elliot-Trudeau, de passer &#224; l'action afin de frapper, &#224; travers la pr&#233;tendue n&#233;cessit&#233; de combattre un pr&#233;tendu mouvement clandestin, toutes les forces ind&#233;pendantistes du Qu&#233;bec. Celles-ci venaient de manifester leur puissance d'attraction de mani&#232;re &#233;clatante, lors des &#233;lections du 29 avril pr&#233;c&#233;dent, en amenant 24 % des &#233;lecteurs &#224; accorder leur suffrage au Parti Qu&#233;b&#233;cois, malgr&#233; la campagne de peur men&#233;e par les establishments qui n'h&#233;sit&#232;rent pas &#224; recourir aux tactiques les plus malhonn&#234;tes, dont le c&#233;l&#232;bre &#171; coup de la Brinks &#187;, pour faire croire &#224; l'&#233;lectorat qu'une &#233;lection du PQ entra&#238;nerait une chute vertigineuse de son niveau de vie. Ren&#233; L&#233;vesque &#224; juste titre qualifia cette menace de &#171; terrorisme &#233;conomique &#187;. &#192; juste titre aussi, au soir de l'&#233;lection, il clama avec fiert&#233; devant des milliers de militants qui accueillirent ses propos avec enthousiasme : &#171; Cette d&#233;faite ressemble &#224; une victoire &#187;. Cette compr&#233;hension de l'&#233;v&#233;nement &#233;tait enti&#232;rement partag&#233;e par toute la classe politique et &#233;conomique du Canada et du Qu&#233;bec f&#233;d&#233;raliste. Quelques mois plus tard, elle en donna le signe en promulguant la Loi des mesures de guerre, passant du terrorisme &#233;conomique au terrorisme politique et militaire qui est une des constantes de la logique interne de l'histoire canadienne depuis la Conqu&#234;te anglaise. Ce terrorisme fait partie des nombreux processus de r&#233;pression de la nation conquise. L'&#201;tat y a recours chaque fois qu'il prend celle-ci en flagrant d&#233;lit de volont&#233; d'existence autonome et avant qu'elle ne devienne en mesure d'assumer sa souverainet&#233;, m&#234;me quand le rapport des forces en pr&#233;sence ne le justifie aucunement. Terrorisme qui, d&#233;j&#224;, signait le passage de l'arm&#233;e britannique sur la rives du Saint-Laurent, pendant la guerre de conqu&#234;te.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Au commencement &#233;tait le terrorisme, peut-on dire.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout a en effet commenc&#233; d&#232;s la fin de l'&#233;t&#233; 1759, quand les troupes de Wolfe d&#233;barqu&#233;es sur la C&#244;te de Beaupr&#233; en incendi&#232;rent les villages sous les regards atterr&#233;s de leurs habitants sans armes, impuissants &#224; les d&#233;fendre. En face, sur la C&#244;te Sud, de Saint-Vallier &#224; L&#233;vis, d'autres soldats envahissaient ces villages derri&#232;re leur canons, placardaient sur les portes des &#233;glises la Proclamation d&#233;cr&#233;tant la chute de la Nouvelle-France et pendaient devant leur maison les quelques audacieux qui protestaient, tel, le capitaine Nadeau de Saint-Michel (2), &#171; pour avoir essay&#233; de soulever ses concitoyens contre nous &#187;, comme le rapporte dans son journal de campagne un d&#233;nomm&#233; Knox, capitaine d'escadron dans l'arm&#233;e de Sa Majest&#233; britannique qui menait ainsi dans les r&#232;gles habituelles au genre sa guerre de conqu&#234;te de la Nouvelle-France.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(Car il y a bel et bien eu guerre de conqu&#234;te. Toutes les d&#233;n&#233;gations &#224; la Jacques Godbout et autres colporteurs sur nos grands et petits &#233;crans d'une cession sans coup f&#233;rir du Canada par la France &#224; la Grande-Bretagne n'y changeront rien. Elle a eu lieu et a elle dur&#233; pr&#232;s de quatre ans. Elle a commenc&#233;e en 1757, avec l'arriv&#233;e au pouvoir &#224; Londres de William Pitt, francophobe avou&#233;. Cet homme d'&#201;tat, d&#233;termin&#233; &#224; &#233;tendre l'h&#233;g&#233;monie de l'Empire britannique, aussi bien en Am&#233;rique qu'en Asie, s'empressa de c&#233;der aux pressions des colonies anglo-am&#233;ricaines qui supportaient mal le voisinage d'un Canada fran&#231;ais et catholique et qui se montraient pr&#234;tes &#224; engager la lutte contre lui, consid&#233;r&#233; comme un important et importun concurrent sur les march&#233;s. Elle s'est poursuivie pendant plus de deux ans au cours de nombreux affrontements remport&#233;s de haute lutte par les forces fran&#231;aises et canadiennes pourtant consid&#233;rablement inf&#233;rieures en nombre, jusqu'&#224; ce que l'arm&#233;e britannique forte de 63 000 hommes prennent d&#233;finitivement le dessus &#224; la fin de l'&#233;t&#233; 1759 et leur fasse, apr&#232;s un long si&#232;ge, subir la d&#233;faite sur les Plaines d'Abraham. La guerre de conqu&#234;te ne s'est pourtant termin&#233;e qu'un an plus tard, en septembre 1760, avec la capitulation de Montr&#233;al et la reddition de tout le pays. Ce n'est que trois ans plus tard, le 10 f&#233;vrier 1763, que le trait&#233; de Paris ratifiera la situation de fait cr&#233;&#233;e par la d&#233;faite des soldats et miliciens de Montcalm et de Vaudreuil aux mains de l'envahisseur britannique).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La guerre de conqu&#234;te achev&#233;e et l'acte de cession ratifi&#233;e, les Parlements britannique, d'abord, puis canadien ne furent pas constamment dans la n&#233;cessit&#233; de d&#233;ployer leurs forces militaires et polici&#232;res contre la nation conquise puis annex&#233;e pour l'assujettir et l'ali&#233;ner. Ils leur suffirent le plus souvent d'avoir recours &#224; des mesures l&#233;gislatives et &#224; des politiques &#233;conomiques qui lui &#233;taient d&#233;favorables pour maintenir leur domination, de m&#234;me qu'&#224; des coups de force constitutionnels : l'Union des Haut et Bas-Canada, en 1840 ; le Rapatriement de la Constitution en 1982, par exemple. Pourtant, sous le r&#233;gime britannique, l'&#201;tat par deux fois au moins, en 1810 et en 1837-1838, r&#233;prima par la violence les tentatives des Canadiens - qui ne s'identifieront comme Canadiens fran&#231;ais qu'avec l'Union, oblig&#233;s d'ainsi se sp&#233;cifier, le conqu&#233;rant s'&#233;tant alors appropri&#233; jusqu'au nom du peuple conquis - d'exercer leurs droits et de prendre leur destin en main. Sous le r&#233;gime f&#233;d&#233;ral canadien, l'&#201;tat fera appel par trois fois, en 1870-1885, en 1918 et en 1970, &#224; l'arm&#233;e pour mater les mouvements rebelles &#224; ses politiques imp&#233;rialistes et centralisatrices.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1810. Bien qu'&#224; compter des ann&#233;es 1800, elle fut majoritaire &#224; l'Assembl&#233;e, la d&#233;putation canadienne demeurait impuissante &#224; vraiment exercer le pouvoir d&#233;tenu, en fait, par le Conseil ex&#233;cutif et le Conseil l&#233;gislatif, tous deux entre les mains du Parti anglais. Les d&#233;put&#233;s canadiens ne pouvaient que faire obstruction aux projets de loi d&#233;favorables aux int&#233;r&#234;ts de la majorit&#233; du peuple. En 1810, les d&#233;put&#233;s du Parti canadien refus&#232;rent de voter le budget. Afin de contrer cette opposition, le gouverneur Craig dissout l'Assembl&#233;e l&#233;gislative pour la deuxi&#232;me ann&#233;e cons&#233;cutive. Sous la pouss&#233;e du Parti anglais, il fait saisir le journal Le Canadien, principal support de l'action parlementaire des d&#233;put&#233;s canadiens, fait arr&#234;ter et emprisonner ses r&#233;dacteurs. Il convoque de nouvelles &#233;lections et pour &#233;viter que la population renvoie les m&#234;mes &#233;lus &#224; l'Assembl&#233;e, il d&#233;ploie, les jours de votation, avec l'intention de la terroriser, des contingents de soldats dans les rue de Montr&#233;al et de Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1837/1838. Est-il besoin de rappeler comment, apr&#232;s avoir militairement &#233;cras&#233; les mouvements de r&#233;bellion actifs dans ses colonies du Haut et du Bas-Canada qui r&#233;clamaient un gouvernement responsable, l'&#201;tat mena sa guerre de r&#233;pression dans le seul Bas-Canada, en incendiant quelques villages dont ceux de Saint-Eustache et de Saint-Beno&#238;t, en pillant et incendiant, ailleurs, les fermes des habitants favorables au mouvement, en confisquant les biens des combattants, en violant de nombreuses femmes trouv&#233;es seules au foyer, sans oublier les exils, les d&#233;portations et les pendaisons. Est-il besoin de souligner la cause de cette diff&#233;rence du traitement appliqu&#233; aux rebelles des deux colonies. Qui ignore que les revendications politiques des patriotes anglo-saxons du Haut-Canada &#233;taient principalement fond&#233;es sur des griefs d'ordre &#233;conomique, tandis que celles, tant &#233;conomiques et sociales que politiques, des patriotes canadiens &#233;taient toutes d&#233;termin&#233;es par la question nationale. C'est parce que l'objectif majeure des patriotes canadiens &#233;tait l'ind&#233;pendance du Bas-Canada, consid&#233;r&#233;e comme seul moyen de lib&#233;rer leur nation de la domination politique et &#233;conomique des industriels, des marchands et des financiers anglais de la colonie soutenus par toutes les instances de l'&#201;tat colonial, que cet &#201;tat se livra &#224; des actes terroristes inutiles pour assurer sa victoire militaire, mais n&#233;cessaires pour briser chez le peuple conquis toute volont&#233; de continuer la lutte.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(Pourtant, bien que ces r&#233;bellions aient &#233;chou&#233; et que son mouvement bas-canadien ait &#233;t&#233; compl&#232;tement &#233;cras&#233;, la r&#233;volte des Canadiens n'en continuait pas moins d'apeurer les autorit&#233;s britanniques qui ordonn&#232;rent une vaste enqu&#234;te sur ses causes et d&#233;p&#234;ch&#232;rent Lord Durham sur les lieux pour la mener &#224; bien. Dans son rapport publi&#233; en janvier 1839, l'enqu&#234;teur non seulement reconna&#238;t l'existence de la nation canadienne fran&#231;aise, mais attribue &#224; sa conscience nationale et &#224; son d&#233;sir d'autod&#233;termination la responsabilit&#233; des troubles. Pour l'emp&#234;cher de nuire &#224; nouveau, il propose la mise en vigueur de politiques propres &#224; la rendre minoritaire et &#224; l'assimiler. Et c'est le coup de force : l'Union des Haut et Bas-Canada sanctionn&#233;e par la reine Victoria, le 23 juillet 1840. Inauguration du processus d'annexion et d'enfermement de la nation canadienne fran&#231;aise dans un engrenage constitutionnel, juridique, politique, d&#233;mographique et &#233;conomique qui la marginalise, la soumet &#224; des int&#233;r&#234;ts &#233;trangers et l'ali&#232;ne. Pr&#233;lude de l'union f&#233;d&#233;rative de 1867 qui, sous le nom de &#171; Conf&#233;d&#233;ration &#187; - d&#233;nomination abusive puisqu'elle n'a jamais eu pour but l'association de collectivit&#233;s politiquement souveraines -, pr&#233;side aux destin&#233;es de la nation canadienne fran&#231;aise qui, aujourd'hui, au Qu&#233;bec, constitue la majorit&#233; du peuple qu&#233;b&#233;cois, majorit&#233; qui aspire &#224; l'ind&#233;pendance et lutte pour son av&#232;nement.)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1870-1885. L'histoire est longue qui conduit &#224; la r&#233;pression sanglante de la deuxi&#232;me r&#233;bellion des Blancs et des M&#233;tis du Nord-Ouest, et &#224; la pendaison de Louis Riel. Elle commence en 1868, quand le Canada ach&#232;te &#224; la compagnie de la Baie d'Hudson le vaste territoire qui comprend aujourd'hui les trois provinces de l'Ouest et les territoires du Nord-Ouest, pour en faire une colonie d'Ottawa. Les habitants qui n'avaient pas &#233;t&#233; consult&#233;s r&#233;agirent mal &#224; cette annexion. Les M&#233;tis et les Blancs, en majorit&#233; catholique et de langue fran&#231;aise, s'unirent pour revendiquer des lois et des pouvoirs qui leur garantiraient leurs droits territoriaux, linguistiques et religieux. Sous la direction de Louis Riel, ils &#233;tablirent &#224; Rivi&#232;re-Rouge un gouvernement provisoire, &#233;tablirent une &#171; liste des droits &#187;, exig&#232;rent l'ouverture de n&#233;gociations avec Ottawa. Cette premi&#232;re lutte mena, apr&#232;s bien des p&#233;rip&#233;ties violentes, &#224; la cr&#233;ation de la province du Manitoba, en juillet 1870. La population qu&#233;b&#233;coise avait soutenu le mouvement et avait exig&#233; du gouvernement d'Ottawa qu'il n&#233;gocie avec Riel des clauses qui inscriraient dans la liste des droits l'&#233;galit&#233; linguistique et scolaire du fran&#231;ais et de l'anglais. Les Britanniques de la r&#233;gion, appuy&#233; par les Ontariens ne l'entendirent pas de la m&#234;me mani&#232;re. Il n'&#233;tait pas question pour eux de laisser se d&#233;velopper une province francophone et catholique au coeur des Prairies et d'ouvrir ainsi la porte de l'Ouest &#224; l'&#233;migration canadienne fran&#231;aise du Qu&#233;bec. Ils s'opposent &#224; l'amnistie de Louis Riel qu'ils accusent de meurtre, mettent sa t&#234;te &#224; prix, apr&#232;s qu'il se fut exil&#233;. Ils s'attaquent sans r&#233;pit aux M&#233;tis qui, d&#233;poss&#233;d&#233;s de leur terre et sans chef, quittent le Manitoba pour s'&#233;tablir plus &#224; l'Ouest o&#249; ils sont victimes des m&#234;mes ennuis et pers&#233;cutions. En 1885, Ceux-ci rappellent Louis Riel et l'histoire se r&#233;p&#232;te. Mais face &#224; une arm&#233;e de 8000 hommes appuy&#233;s par des canons et des mitrailleuses, les troupes de Riel succomb&#232;rent rapidement, les villages et les fermes des M&#233;tis furent pill&#233;es et incendi&#233;es et les habitants refoul&#233;s encore plus &#224; l'Ouest. Riel se rendit, subit un proc&#232;s devant un jury anglais et protestant qui le trouva coupable de haute trahison et le condamna &#224; la pendaison. Toute l'op&#233;ration encore une fois, au del&#224; de ses causes imm&#233;diates, fut men&#233;e contre le Canada fran&#231;ais. Il s'agissait de faire comprendre &#224; la population du Qu&#233;bec que l'expansion vers l'Ouest devait &#234;tre le fait du Canada anglais et servir ses seuls int&#233;r&#234;ts de tous ordres.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1918. Quand en 1917, de retour de Londres o&#249; il avait particip&#233; &#224; une s&#233;ance du Cabinet anglais de guerre, Robert Borden, alors premier ministre du gouvernement canadien, d&#233;cida d'imposer la Conscription, les Canadiens fran&#231;ais firent imm&#233;diatement conna&#238;tre leur farouche opposition &#224; l'adoption d'une telle mesure. Ils ne voyaient pas pourquoi ils serviraient de chair &#224; canon &#224; l'arm&#233;e de sa Majest&#233; britannique, certainement pas parce que le Canada anglais s'&#233;tait engag&#233; &#224; lui fournir des soldats, alors qu'ils venaient de perdre coup sur coup les batailles de l'enseignement du fran&#231;ais en Ontario et des &#233;coles s&#233;par&#233;es au Manitoba. Borden tenta alors de former un gouvernement d'Union nationale et d'y faire entrer Laurier. Celui-ci refusa. Le premier ministre r&#233;alisa n&#233;anmoins son projet et forma un cabinet compos&#233; de treize conservateurs et dix lib&#233;raux dont deux Canadien fran&#231;ais qui s'en retireront bient&#244;t, puis il d&#233;clencha des &#233;lections qui auront lieu le 17 d&#233;cembre. Deux semaines avant ce jour, Borden, inquiet de l'opposition grandissante &#224; la conscription, tant au Canada qu'au Qu&#233;bec, fit publier un d&#233;cret minist&#233;riel qui en exemptait les fils des agriculteurs. Manoeuvre qui lui permet de remporter une victoire &#233;clatante, mais non de faire taire l'opposition &#224; la conscription qui, au Qu&#233;bec, est presque unanime, tr&#232;s active et parfois violente. La situation atteignit son point culminant au printemps 1918. Suite &#224; l'arrestation dans la rue, le 29 mars, &#224; Qu&#233;bec, d'un homme qui ne pouvait pas fournir sur le champ son certificat d'exemption du service militaire, la r&#233;volte des t&#233;moins se r&#233;pandit comme une tra&#238;n&#233;e de poudre et des &#233;meutes &#233;clat&#232;rent qui dur&#232;rent jusqu'au 2 avril. La police fit appel &#224; l'arm&#233;e, un bataillon canadien anglais bas&#233; &#224; Toronto fut d&#233;p&#234;ch&#233; &#224; Qu&#233;bec, la loi martiale appliqu&#233;e. Dans la soir&#233;e du premier avril, les soldats tir&#232;rent sur la foule d&#233;sarm&#233;e, firent cinq morts et des dizaines de bless&#233;s, en plus d'emprisonner sans mandat et sans cautionnement de tr&#232;s nombreux citoyens. L'&#201;tat, une fois de plus, tentait de mater par la force la r&#233;sistance du peuple conquis &#224; ses politiques imp&#233;rialistes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1970. Les &#233;v&#233;nements imm&#233;diats et officiels qui ont d&#233;clench&#233; la Crise d'octobre remontent longuement mais directement &#224; la naissance, &#224; la fin des ann&#233;es 1950, du mouvement ind&#233;pendantiste contemporain. C'est un mouvement r&#233;volutionnaire qui, &#224; l'instar de mouvements similaires &#224; l'oeuvre partout dans le monde, depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, appelle le peuple &#224; lutter contre toutes les formes d'assujettissement : domination politique, exploitation &#233;conomique, oppression sociale et culturelle. Les forces ind&#233;pendantistes qu&#233;b&#233;coises d'alors con&#231;oivent l'ind&#233;pendance non seulement comme une lutte politique ayant pour objectif essentiel la cr&#233;ation d'un &#201;tat souverain, mais aussi comme un projet de lib&#233;ration nationale, c'est-&#224;-dire une remise en question globale du syst&#232;me colonial canadien et une prise en main par le peuple de tous les instruments de son d&#233;veloppement collectif. La r&#233;alisation d'un tel projet n&#233;cessite la formation d'une v&#233;ritable conscience nationale, plut&#244;t que nationaliste, qui am&#232;ne la nation conquise puis annex&#233;e &#224; affirmer et &#224; d&#233;fendre tous les attributs de son identit&#233;, dont son droit inali&#233;nable &#224; l'autod&#233;termination, de m&#234;me qu'&#224; croire &#224; sa capacit&#233; de l'assumer.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les enjeux du combat s'av&#232;rent ainsi colossaux. En effet, l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec en tant que pr&#233;alable indispensable &#224; une v&#233;ritable lib&#233;ration nationale menacent objectivement les int&#233;r&#234;ts capitalistes de la grande bourgeoisie canadienne dont l'&#201;tat canadien est non seulement le repr&#233;sentant mais, plus fondamentalement, le noyau institutionnel et le soutien inconditionnel (3). Il s'agit donc en premier lieu de fissurer ce noyau. Toutes les organisations qui composent le mouvement ind&#233;pendantiste, poursuivent cet objectif. Malgr&#233; la diversit&#233; des discours qu'elles tiennent et des strat&#233;gies qu'elles adoptent, inspir&#233;s par des id&#233;ologies et des int&#233;r&#234;ts sociaux plus ou moins diff&#233;rents, elles s'attaquent donc avec une m&#234;me d&#233;termination aux institutions, aux symboles et aux entreprises de cette classe dominante qui poss&#232;de alors la presque totalit&#233; des ressources naturelles, financi&#232;res et industrielles du Qu&#233;bec et en contr&#244;le ainsi le d&#233;veloppement &#233;conomique et l'organisation politique, en plus d'imposer &#224; la main d'oeuvre qu&#233;b&#233;coise sa langue et ses conditions de travail. Engag&#233;s dans une lutte &#224; finir avec le colonialisme et ses s&#233;quelles, les mouvements et partis engag&#233;s dans la lutte pour l'ind&#233;pendance basent leur action sur la n&#233;cessit&#233; de politiser et de mobiliser le peuple, conscients que sa d&#233;termination constitue la seule force susceptible de renverser les pouvoirs &#233;tablis. Tous sont anim&#233;s par ce m&#234;me souci d&#233;mocratique, y compris le FLQ. Seul, cependant, celui-ci agira dans la clandestinit&#233; et aura recours &#224; des actions violentes (si l'on excepte la dizaine de membres de l'ALQ et de l'ARQ dont l'existence sera de courte dur&#233;e et dont les actions d'&#233;clat seront confondues dans l'opinion publique avec celles du FLQ), tous les autres n'auront toujours recours qu'&#224; des moyens l&#233;gaux, bien que non conventionnels, pour convaincre les Qu&#233;b&#233;cois de la n&#233;cessit&#233; de l'ind&#233;pendance et de l'urgence de la r&#233;aliser.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De plus, jamais, jusqu'&#224; la cr&#233;ation du Mouvement Souverainet&#233;-Association, ils ne tenteront d'occulter l'ampleur et la difficult&#233; de la t&#226;che &#224; accomplir, en diluant l'objectif de libert&#233; dans celui d'&#233;galit&#233;, en diluant la revendication d'une autod&#233;termination pleine et enti&#232;re &#224; celle d'un partage de la souverainet&#233; du Qu&#233;bec avec l'&#201;tat canadien dominant et ennemi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourtant, en 1970, deux ans apr&#232;s la fondation du Parti qu&#233;b&#233;cois, issu du MSA, et l'ascendant h&#233;g&#233;monique qu'il exerce sur le mouvement ind&#233;pendantiste qu'il finira par r&#233;duire &#224; la marginalit&#233;, les bourgeoisies canadienne et qu&#233;b&#233;coise au pouvoir &#224; Ottawa et &#224; Qu&#233;bec et dont les int&#233;r&#234;ts sont int&#233;gr&#233;s, s'opposent aussi farouchement au compromis l&#233;v&#233;quiste de r&#233;am&#233;nagement de la Constitution qui accorderait &#224; l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois un pouvoir politique &#233;gal &#224; celui de l'&#201;tat canadien, qu'&#224; celui de l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec. Elles jugent irrecevable cette proposition de partage de leurs lieux de pouvoir et de d&#233;cision, m&#234;me si le projet ne remet aucunement en question les tenants et aboutissants du d&#233;veloppement global du capitalisme nord-am&#233;ricain. Et ces puissantes bourgeoisies ont peur. Malgr&#233; tous les moyens qu'elles ont mis en oeuvre pour manipuler l'&#233;lection du 29 avril, les r&#233;sultats se sont av&#233;r&#233;s plus importants que pr&#233;vus et lui font craindre que le Parti qu&#233;b&#233;cois puisse prendre le pouvoir d&#232;s l'&#233;lection suivante. Ainsi averties et affol&#233;es, elles somment leurs gouvernements et leurs m&#233;dias d'utiliser toutes leurs ressources pour emp&#234;cher cette &#233;ventualit&#233; de devenir r&#233;alit&#233;, leur enjoignant de ne reculer devant aucun moyen. Elles se sentent d'autant plus menac&#233;es que l'agitation ouvri&#232;re ne cesse de prendre de l'ampleur partout au Qu&#233;bec et qu'elle est soutenue par plusieurs groupes et groupuscules ind&#233;pendantistes et socialistes et par le FLQ, d'une part. D'autre part, un parti progressiste qui &#233;pouse la plupart des revendications populaires de tous ces mouvements voit le jour au d&#233;but de l'&#233;t&#233;, &#224; Montr&#233;al. Le Front d'action politique (FRAP) a pour objectif de merer la lutte, lors des &#233;lections pr&#233;vues pour le 25 octobre, &#224; l'administration Drapeau-Saulnier qui les repr&#233;sente sur la sc&#232;ne municipale montr&#233;alaise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est dans ce contexte que les Partis au pouvoir, particuli&#232;rement le Parti lib&#233;ral du Canada par la voix de son chef, Pierre Elliot-Trudeau, ennemi jur&#233; du nationalisme qu&#233;b&#233;cois, a fortiori de l'ind&#233;pendantisme, opposant farouche &#224; toutes les revendications nationales du peuple qu&#233;b&#233;cois exigeant des pouvoirs accrus pour le Qu&#233;bec, entreprirent de discr&#233;diter le Parti qu&#233;b&#233;cois en associant souverainisme et terrorisme. Il s'agissait, comme les en a accus&#233; Ren&#233; L&#233;vesque &#171; de condamner le Qu&#233;bec &#224; l'impuissance &#187;. La mise en vigueur de la Loi des mesures de guerre en octobre 1970 n'avait pas d'autre but.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En 1970, comme aujourd'hui, comme jadis et nagu&#232;re, le Canada anglais refuse l'existence nationale du peuple qu&#233;b&#233;cois et, aujourd'hui comme autrefois, il est pr&#234;t &#224; utiliser tous les moyens pour le r&#233;duire &#224; n&#233;ant ou, tout au moins l'emp&#234;cher de nuire au d&#233;veloppement de ses int&#233;r&#234;ts nationaux. Il est le peuple conqu&#233;rant qui trouve justifi&#233;e sa domination sur le peuple conquis, qui trouve justifi&#233; de d&#233;ployer son arm&#233;e contre lui, chaque fois qu'il a l'impudence de s'affirmer. En 1970, pour pr&#233;server l'int&#233;grit&#233; de son pouvoir mal acquis et mal conserv&#233;, bien que le rapport des forces en pr&#233;sence ne l'exigeait pas, il a saut&#233; sur l'occasion que lui offrait le FLQ. pour &#233;craser la d&#233;marche &#233;minemment l&#233;gitime et d&#233;mocratique et l'action politique l&#233;gale du Parti qu&#233;b&#233;cois, repr&#233;sentant alors &#224; ses yeux la menace ind&#233;pendantiste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Car, il est important de le souligner, les moyens de la lutte employ&#233;s par les forces ind&#233;pendantistes importe peu &#224; l'&#201;tat canadien, seule compte &#224; ses yeux leur efficacit&#233; r&#233;elle ou appr&#233;hend&#233;e. Et le terrorisme fait partie des armes &#224; sa disposition pour la contrer.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tant qu'en grande majorit&#233; nous n'aurons pas une conscience aig&#252;e que nous sommes en guerre et tant que nous ne serons pas vraiment d&#233;termin&#233;s &#224; vaincre l'ennemi, nous serons victimes de ses coups de force et de ses actes de terrorisme. Il faut esp&#233;rer que nous d&#233;velopperons ces qualit&#233;s avant qu'il ne soit trop tard pour que les luttes de nos parents et a&#239;eux pour la reconnaissance de nos droits et pour notre souverainet&#233; n'aient pas &#233;t&#233; men&#233;es en vain.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1. Pour &#233;crire cet article, je me suis toutefois principalement r&#233;f&#233;r&#233;e &#224; l'ouvrage de Louis Fournier : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;FLQ histoire d'un mouvement clandestin&lt;/i&gt;, r&#233;&#233;dit&#233; en 1998 par Lanct&#244;t &#233;diteur, et, pour l'histoire g&#233;n&#233;rale, parus chez le m&#234;me &#233;diteur, en 1999, les 2 tomes de Robert Lahaise et No&#235;l Vallarand : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Nouvelle France&lt;/i&gt; (1524-1760) et &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec sous le r&#233;gime anglais&lt;/i&gt; (1760-1867), de m&#234;me qu'&#224; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Canada pourquoi l'impasse&lt;/i&gt;, de &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/archives/auteurs/h/hollowayk.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Kaye Holloway&lt;/a&gt;, publi&#233; &#224; Montr&#233;al, en 1984 par les &#233;ditions Nouvelle-Optique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Bulletin des Recherches Historiques&lt;/i&gt;, vol. III, p.64, cit&#233; dans une monographie consacr&#233;e &#224; l'histoire de Saint-Michel de Bellechasse.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;3. Voir &#224; ce sujet l'ouvrage de l'historien Stanley Br&#233;haut-Ryerson : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Capitalisme et Conf&#233;d&#233;ration&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De Londres &#224; Ottawa, le terrorisme d'&#201;tat dans l'histoire du Qu&#233;bec. par Andr&#233;e Ferretti &lt;br&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Action nationale&lt;/i&gt;, vol. 90, no 8, octobre 2000, pp. 67-79.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Octobre 1970</title>
		<link>http://www.vigile.net/Octobre-1970</link>
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		<dc:date>2008-12-15T01:20:57Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Louis Lapointe - Billet de Louis Lapointe</dc:creator>
		


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		<description>J'ai pens&#233; &#224; toutes ces innocentes victimes de Pierre Trudeau - &#171; just watch me ! &#187; qu'il avait dit - lorsque j'ai vu Stephen Harper parler des s&#233;paratistes comme de personnes auxquelles les f&#233;d&#233;ralistes ne pouvaient pas s'associer. Si l'on se fie aux propos (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je me souviendrai toujours de ces jours d'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;octobre 1970&lt;/i&gt;, o&#249;, en plein coeur des &#233;v&#233;nements qui allaient marqu&#233; &#224; tout jamais la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise, comme le faisait notre famille cinq fois l'an, nous avions encore une fois travers&#233; le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Parc La V&#233;rendrye&lt;/i&gt; cet automne-l&#224; et &#233;tions venus passer la fin de semaine chez mes grands-parents &#224; Montr&#233;al. Nous arrivions tard le vendredi soir et nous levions t&#244;t le samedi pour aussit&#244;t nous pr&#233;cipiter dans le bas de la ville, tout pr&#232;s du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Quartier latin&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sortant &#224; peine de notre traditionnelle s&#233;ance de magasinage du samedi matin chez &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dupuis fr&#232;res&lt;/i&gt;, alors que toute la famille d&#233;ambulait sur la rue Ste-Catherine, mon p&#232;re lan&#231;a tout &#224; coup un grand cri qui ne f&#251;t pas sans nous rappeler le &#171; call &#187; de l'orignal abitibien : &#171; Gaston &#8230; ! &#187;. L'&#233;cho ne se fit pas longtemps attendre : &#171; Roland&#8230; ! &#187;. La r&#233;ponse venait de l'autre bord de la rue, juste en face de la librairie Hachette, &#224; c&#244;t&#233; du Da Giovanni, notre restaurant favori o&#249; une longue file d'attente nous interdisait malheureusement l'acc&#232;s. Nous avions maintes fois entendu parler de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Gaston Miron&lt;/i&gt; comme d'un excentrique qui r&#233;citait ses po&#232;mes sur le coin des rues de Montr&#233;al. Je l'avais imagin&#233; affubl&#233; d'une veste de cuir de chevreuil &#224; grandes franges, d'un chapeau d'archer et de mocassins montant &#224; mi-jambes, un m&#233;lange de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ti-Jean Carignan&lt;/i&gt; et de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Robin des bois&lt;/i&gt; d&#233;clamant des po&#232;mes dont la calligraphie s'&#233;tendait sur un long rouleau de papier parchemin qu'il tenait au bout de ses bras.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Grande d&#233;ception, Gaston Miron &#233;tait habill&#233; exactement comme notre p&#232;re l'&#233;tait &#224; la semaine longue, comme un v&#233;ritable g&#233;rant de caisse populaire, un habit anthracite, une chemise blanche et une fine cravate dont la couleur fonc&#233;e r&#233;ussissait &#224; peine &#224; dissimuler les abondantes taches de nourriture qui la tapissaient. Probablement de la sauce &#224; spaghetti de la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;pizz&#233;ria Napoli&lt;/i&gt;, l&#224; o&#249; Gaston Miron nous emmena d&#238;ner cet apr&#232;s-midi-l&#224;, juste en face de la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Biblioth&#232;que St-Sulpice.&lt;/i&gt; En plus, il avait le malheur de porter de vilaines lunettes en corne noire qui n'avait rien d'original, semblables &#224; celles que ma m&#232;re venait tout juste de m'acheter, l'optom&#233;triste les ayant d&#233;crites comme les plus r&#233;sistantes aux &#233;preuves sportives.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Heureusement, cette trompeuse impression fit rapidement place &#224; une grande f&#233;brilit&#233;. &#171; La police me suit depuis plusieurs jours, regarde, ce sont ces deux gars-l&#224; derri&#232;re, &#231;a ne te d&#233;range pas trop Roland ? &#187; Wow ! Nous &#233;tions m&#234;l&#233;s &#224; une v&#233;ritable histoire de filature polici&#232;re malgr&#233; nous. Remarquez bien, nous appr&#238;mes plus tard que notre p&#232;re avait lui aussi &#233;t&#233; fil&#233;, que notre t&#233;l&#233;phone &#233;tait sous &#233;coute, qu'il &#233;tait pass&#233; &#224; un cheveu d'&#234;tre arr&#234;t&#233; par la police avec son ami &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Th&#233;o Gagn&#233;&lt;/i&gt;, le h&#233;ros de la gr&#232;ve de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Murdochville&lt;/i&gt;, et que cette op&#233;ration aurait &#233;t&#233; annul&#233;e gr&#226;ce &#224; une intervention in extremis de Jacques Parizeau pendant que plusieurs autres s&#233;paratistes, dont Gaston Miron, avaient d&#233;j&#224; commenc&#233; leur s&#233;jour forc&#233; en prison. Qui pourrait croire aujourd'hui que les g&#233;rants de caisse populaire et les po&#232;tes aient pu un jour avoir une vie aussi dangereuse dans une soci&#233;t&#233; qu'on disait alors &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;libre et d&#233;mocratique&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comment, quand on est enfant, peut-on vivre avec le souvenir de voir son p&#232;re et sa m&#232;re injustement emprisonn&#233;s ? Sinc&#232;rement, je ne sais pas, mais cette question est venue me hanter r&#233;cemment apr&#232;s qu'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Andr&#233;e Ferretti&lt;/i&gt; m'e&#251;t racont&#233; avoir pass&#233; 51 jours en prison loin de ses enfants. En entendant Stephen Harper s'adresser aux Canadiens alors qu'il sortait de la r&#233;sidence de la gouverneure g&#233;n&#233;rale du Canada, un premier ministre aussi arrogant qu'avait pu l'&#234;tre jadis Pierre Trudeau, j'ai r&#233;alis&#233; &#224; quel point notre famille avait alors fr&#244;l&#233; la catastrophe. Comment un premier ministre peut-il humainement ordonner l'arrestation de gens qui n'ont commis aucun crime, juste parce qu'ils sont des s&#233;paratistes ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je n'ai donc pu m'emp&#234;cher de penser &#224; cette p&#233;riode de ma vie et &#224; toutes ces innocentes victimes de Pierre Trudeau - &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;just watch me !&lt;/i&gt; &#187; qu'il avait dit - lorsque j'ai vu Stephen Harper parler des s&#233;paratistes comme de personnes auxquelles les f&#233;d&#233;ralistes ne pouvaient pas s'associer. Si l'on se fie aux propos nuanc&#233;s prononc&#233;s par Stephen Harper ce jour-l&#224;, un homme qui p&#232;se chacun de ses mots lorsqu'il parle en fran&#231;ais, les ind&#233;pendantistes qu&#233;b&#233;cois auraient le droit de s'associer &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;entre eux&lt;/i&gt;, mais pas avec des f&#233;d&#233;ralistes, m&#234;me si le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;droit d'association&lt;/i&gt; est reconnu &#224; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;l'article 2 de la Charte canadienne des droits et libert&#233;&lt;/i&gt;. J'ai imm&#233;diatement pens&#233; &#224; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;l'apartheid&lt;/i&gt; et aux l&#233;gendaires &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#233;coles s&#233;par&#233;es&lt;/i&gt; du sud des &#201;tats-Unis o&#249; les noirs &#233;taient eux aussi &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;entre eux&lt;/i&gt;, tout comme Stephen Harper souhaite voir les s&#233;paratistes du Qu&#233;bec, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;entre eux&lt;/i&gt; dans leur coin, m&#234;me au Parlement, mais toujours &#224; l'int&#233;rieur du Canada.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lorsque je l'ai vu et entendu &#224; la t&#233;l&#233;vision, sortant de chez la gouverneure g&#233;n&#233;rale du Canada, cela m'a frapp&#233; en pleine face. J'ai eu le pressentiment qu'il ne se g&#234;nerait s&#251;rement pas pour nous refaire le coup &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;d'octobre 1970&lt;/i&gt; s'il devenait majoritaire. Il n'y aurait absolument rien &#224; son &#233;preuve. J'ai imagin&#233; que cet homme pouvait tr&#232;s bien interpr&#233;ter la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Charte canadienne des droits et libert&#233;s&lt;/i&gt; comme certains &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ex&#233;g&#232;tes&lt;/i&gt; interpr&#232;tent la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Bible&lt;/i&gt; et le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Coran&lt;/i&gt; ; qu'un homme aussi persuasif qui venait de r&#233;ussir &#224; l'encontre de tout &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;bon sens&lt;/i&gt; &#224; faire proroger une session parlementaire &#224; peine commenc&#233;e, alors qu'il &#233;tait minoritaire et n'avait pas la confiance de la chambre, n'aurait probablement aucune difficult&#233; &#224; obtenir la collaboration de la gouverneure g&#233;n&#233;rale pour prot&#233;ger ce qu'il estimerait &#234;tre l'int&#233;grit&#233; politique du Canada en temps de crise, une fois devenu majoritaire. Il trouverait bien une &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;r&#232;gle de droit&lt;/i&gt; ou une &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;r&#232;gle constitutionnelle&lt;/i&gt; l'autorisant &#224; le faire. &#192; d&#233;faut, la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Cour Supr&#234;me&lt;/i&gt; lui dirait comment faire !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je me suis aussi demand&#233; ce qui &#233;tait &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;raisonnable&lt;/i&gt; &#187; pour un homme comme Stephen Harper au sens de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;l'article 1* de la Charte canadienne des droits et libert&#233;s&lt;/i&gt;. Quelle situation pourrait &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;raisonnablement&lt;/i&gt; justifier qu'on suspende les droits de certaines personnes, ceux des s&#233;paratistes du Qu&#233;bec par exemple, pour un homme qui venait tout juste d'essayer de suspendre les droits des partis politiques, des travailleurs et des femmes, pour un homme qui avait r&#233;ussi &#224; faire proroger les travaux du Parlement canadien alors que rien ne l'autorisait &#224; le faire dans les circonstances que nous connaissons tous, un homme qui venait d'affirmer que des partis politiques canadiens ne pouvaient pas &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;s'associer&lt;/i&gt; &#224; un parti s&#233;paratiste, que ce n'&#233;tait pas &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;raisonnable&lt;/i&gt; ? Il n'avait qu'&#224; faire comme Pierre Trudeau l'avait d&#233;j&#224; fait avant lui et qui avait certainement pr&#233;vu une porte de sortie pour ce genre de situation, la recette devait bien &#234;tre &#233;crite en quelque part ! La &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;constitution de 1982&lt;/i&gt; devait bien permettre de trouver une solution &#224; ce genre de probl&#232;me si cela devenait un jour n&#233;cessaire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je me suis aussit&#244;t pr&#233;cipit&#233; sur ma &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Charte canadienne des droits et libert&#233;s&lt;/i&gt; pour lire l'article 1* et j'ai eu un frisson, un tr&#232;s grand frisson qui me glace encore le dos quand j'y repense aujourd'hui et que je me rappelle &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;d'octobre 1970&lt;/i&gt; ! Je me suis alors souvenu de Gaston Miron, de Pauline Julien, de G&#233;rald Godin, d'Andr&#233;e Ferretti et de tous ceux que Pierre Trudeau avait jug&#233;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; raisonnable&lt;/i&gt; d'emprisonner pendant plusieurs semaines, m&#234;me s'ils n'avaient rien fait, simplement parce qu'ils &#233;taient s&#233;paratistes, m&#234;me si cela n'avait aucun &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;bon sens&lt;/i&gt;, comme cette histoire de prorogation des travaux de la chambre des communes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous le savons tous d'exp&#233;rience, comme en toute chose, il y a toujours une premi&#232;re fois, apr&#232;s, il n'y a plus d'innocence !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Louis Lapointe&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;* 1. La Charte canadienne des droits et libert&#233;s garantit les droits et libert&#233;s qui y sont &#233;nonc&#233;s. Ils ne peuvent &#234;tre restreints que par une &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;r&#232;gle de droit&lt;/i&gt;, dans des limites qui soient &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;raisonnables&lt;/i&gt; et dont la justification puisse se d&#233;montrer dans le cadre &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;d'une soci&#233;t&#233; libre et d&#233;mocratique&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title> Compte rendu - manifestations et MISE EN GARDE</title>
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		<dc:date>2008-12-08T18:00:48Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Ren&#233; Marcel Sauv&#233; - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Mais &#224; quoi vous attendiez-vous donc Ma&#238;tre Roy ? Vous croyiez r&#233;ellement qu'en vous promenant dans le West Island en montrant patte blanche pour l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec, on vous saluerait et vous donnerait m&#234;me l'accolade ? Vous n'avez pas la moindre id&#233;e de leur (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais &#224; quoi vous attendiez-vous donc Ma&#238;tre Roy ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vous croyiez r&#233;ellement qu'en vous promenant dans le West Island en montrant patte blanche pour l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec, on vous saluerait et vous donnerait m&#234;me l'accolade ? Vous n'avez pas la moindre id&#233;e de leur haine &#224; notre &#233;gard. M&#234;me si nous n'existions pas, ce serait d&#233;j&#224; trop pour eux et elles que nous aurions pu avoir exist&#233;. None is too many.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est la politique du Vernichtung et il existe assez de fanatiques pour s'en pr&#233;valoir et souhaiter avoir l'occasion de l'appliquer. Nous &#233;tions destin&#233;s &#224; dispara&#238;tre sans laisser de traces. Si nous avons surv&#233;cu et pris de l'expansion et de la force, c'est &#224; cause de conditions g&#233;opolitiques que j'explique dans G&#233;opolitique et avenir du Qu&#233;bec. J'ai fait des expos&#233;s de mes th&#232;ses un peu partout au Qu&#233;bec mais le d&#233;faitisme et la peur sont difficiles &#224; effacer. J'ai fait des expos&#233;s aux &#201;tats Unis et les Am&#233;ricains ont bien compris. Nous avons surv&#233;cu et grandi en force &#224; cause de conditions g&#233;ographiques et historiques qui ont &#233;chapp&#233; &#224; la conscience des g&#233;n&#233;rations pr&#233;c&#233;dentes. Il est temps que nous en prenions conscience.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vous n'&#233;tiez pas avec nous, militants de la premi&#232;re heure, du temps de la fondation de l'Alliance Laurentienne. Nous n '&#233;tions pas na&#239;fs. Nous savions &#224; qui nous avions affaire et nous n'entretenions aucune illusion sur l'adversaire,dont nous connaissons la haine et la f&#233;rocit&#233; depuis longtemps. S'il ne nous a pas extermin&#233;s comme il voulait, c'est parce qu'il n'&#233;tait pas en position de force et n'avait pas les moyens de le faire. Autrement il l'aurait fait, soyez-en s&#251;r.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les Anglais savent pourquoi les Qu&#233;b&#233;cois n'ont pas &#233;t&#233; d&#233;port&#233;s et menac&#233;s d'extermination comme les Irlandais et nous commen&#231;ons &#224; le savoir depuis que nous prenons conscience de la m&#233;thode g&#233;opolitique inconnue chez les historiens. Nous allons peu &#224; peu cesser de croire cette propagande qui nous dit combien nous avons &#233;t&#233; trait&#233;s avec tous les &#233;gards qu'on n'accorde g&#233;n&#233;ralement pas aux peuples &quot;vaincus&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La v&#233;rit&#233;, comme nous l'apprend la g&#233;opolitique, c'est que nous n'avons jamais &#233;t&#233; vaincus. Pas m&#234;me la bataille des plaines d'Abraham que nous aurions gagn&#233;e si les Fran&#231;ais avaient attendu l'intervention de nos milices territoriales. Et nous l'avons prouv&#233; le printemps suivant, le 18 avril 1760, avec la bataille de Sainte Foy.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Naifs et archi na&#207;fs que nous sommes. La politique est affaire d'int&#233;r&#234;ts, de rapports de forces et d'effecitivit&#233;, non de faveurs ou d'affection. Mais nous croyons aux apparences.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D&#232;s les d&#233;buts, en 1954, nous avions pourvu un programme de d&#233;fense patriotique et territoriale, sachant que nous en aurons besoin. Il a &#233;t&#233; alors convenu que tous les militants membres des Forces Arm&#233;es Canadiennes et de la GRC seraient tenus &#224; la r&#232;gle du silence le plus strict, devaient rester dans leurs formations, s'entra&#238;ner, s'instruire, se former car il &#233;tait certain que nous aurions besoin d'une puissante force arm&#233;e pour nous d&#233;fendre en cas de besoin.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous devions r&#233;gler en partant un probl&#232;me majeur d'ordre moral, car la majorit&#233; de nos membres &#233;taient croyants et pratiquants. Que faire en cas de n&#233;cessit&#233;, au cas o&#249; nous devrions retourner nos armes contre nos &quot;ma&#238;tres&quot;, qui nous menaceraient d'user de la force arm&#233;e pour nous tenir sous leur giron, nous briser et nous soumettre ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La r&#233;ponse est dans les proc&#232;s de N&#251;remberg, ceux qui ont suivi la seconde Guerre mondiale et qui ont condamn&#233; les militaires allemands pour crimes de guerre. Les Allemands se sont d&#233;fendus en disant qu'ils n'avaient fait qu'ob&#233;ir aux ordres. Les tribunaux les ont condamn&#233;s parce que tout militaire doit ob&#233;ir &#224; sa conscience en premier lieu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pendant les ann&#233;es que j'ai pass&#233;es comme officier des Canadian Armed Forces, j'ai constat&#233; la m&#234;me mentalit&#233; chez les militaires Anglo-Canadians que chez les Allemands. Donnez leur l'ordre de tirer sur les &quot;lousy frogs&quot;, c'est ainsi qu'ils nous appellent, et ils n'h&#233;siteront pas &#224; le faire. Pendant la crise d'Octobre 70, ils n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; pointer leurs armes charg&#233;es sur des gens sans d&#233;fense, y compris des enfants. Au Royal 22e R&#233;giment, lorsque nous avons fini par nous en rendre compte, nous nous sommes demand&#233;s contre qui nous devrons tourner nos armes ? C'&#233;tait au Qu&#233;bec, non en Europe ou en Afrique ou en Asie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Parlement f&#233;d&#233;ral d'Ottawa avait d&#233;clar&#233; la guerre au Qu&#233;bec car c'est pr&#233;cis&#233;ment ce que signifie le War Measures Act.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fin Octobre 70, on a commenc&#233; &#224; se rendre compte &#224; Ottawa que nous, Qu&#233;b&#233;cois du Royal 22e R&#233;giment, si nous allons prendre les armes, ce ne sera pas contre notre peuple, que nous savions innocent et nullement en train de pr&#233;parer une r&#233;bellion, insurrection ou autre forme de soul&#232;vement. J'en tremble de rage rien qu'&#224; y penser. Non, nos armes, nous savions contre qui nous allions les tourner. En peu de temps, Ottawa a retir&#233; toutes ses troupes hors du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;P.E. Trudeau savait ce qu'il risquait &#224; maintenir l'arm&#233;e au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et ce n'&#233;tait pas fini. En 1971, l'Arm&#233;e surveillait et espionnait les syndicats qu&#233;b&#233;cois. En 1971 &#233;galement, l'arm&#233;e pr&#233;parait un autre plan d'intervention majeure contre le Qu&#233;bec, plan qui a &#233;t&#233; tu&#233; dans l'oeuf parce que nous l'avons expos&#233; au grand public. De m&#234;me en 1972, avec les exercices Northern Express.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De nouveau en 1977, alors qu'une intervention arm&#233;e &#233;tait ordonn&#233; par Trudeau pour abattre le gouvernement L&#233;vesque, qui &#233;tait pourtant inoffensif.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous avions alors un plan de contigentement et avions fait des arrangements pour acheter des armes, non en Russie ou en Chine communiste comme le voulaient ou le souhaitaient nos ennemis mortels, mais en Angleterre, avec un emprunt de 200 millions de Livres Sterling. Vous voulez vous battre, alors battons-nous. Trudeau a retir&#233; ses menaces.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si le r&#233;f&#233;rendum de 95 avait &#233;t&#233; gagn&#233;, il y aurait eu intervention arm&#233;e sur ordre d'Ottawa, par le gouvernement de Jean Chr&#233;tien qui n'aurait jamais accept&#233; une telle d&#233;faite. Que l'oligarchie de Bay Street ait approuv&#233; cette intervention arm&#233;e, personne n'en doute. Paul Desmarais approuvait aussi, au nom de la &quot;d&#233;fense de la d&#233;mocratie et de la libert&#233;&quot;, expression de son cr&#251; qu'il a servie &#224; Bernard Landry qui n'a pas trouv&#233; moyen de lui r&#233;pondre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les oligarques n'ont conscience que de l'argent et la force et nul ne doit s'attendre &#224; la moindre humanit&#233; de leur part. C'est une faiblesse inacceptable pour eux. Peu importe le nombre de morts et de vies d&#233;truites pourvu qu'ils ne perdent pas d'argent. Et puis, pensez aux gros contrats de &quot;reconstruction&quot; qui surgissent apr&#232;s une guerre. La guerre, y'a d'l'argent &#224; faire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que les soldat ob&#233;issent, bombardent et tuent lorsqu'on leur en donne l'ordre. Ils ne sont que des pions alors qu'ils ob&#233;issent. C'est l'argent qui m&#232;ne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et maintenant qu'Ottawa et le Canada sont en danger de dislocation, danger dont nous ne sommes nullement responsables, l'un et l'autre ont d&#233;ja commenc&#233; &#224; se chercher des boucs &#233;missaires, dont le Bloc Qu&#233;b&#233;cois, en attendant autre chose.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Soyez s&#251;rs et certains que ces boucs &#233;missaires sont tous au Qu&#233;bec et sont tous les &quot;lousy f.. frogs&quot; &#224; leurs yeux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vous verrez des gens qui vont chercher &#224; jeter le bl&#226;me sur nous et &#224; nous chercher noise et partant, &#224; justifier une intervention arm&#233;e contre le Qu&#233;bec, afin de distraire l'attention hors de l'essentiel, c'est-&#224;-dire les pertes d'argent des oligarques, que le gouvernement se pr&#233;pare &#224; d&#233;panner avec l'argent du peuple.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous avons le devoir moral strict de nous d&#233;fendre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si nous allons &#234;tre frapp&#233;s d'une mani&#232;re ou de l'autre, mieux vaut alors mourir honorablement les armes &#224; la main que mis&#233;rablement comme des chiens qu'on abat. Dans une soci&#233;t&#233; comme la n&#244;tre, les plus forts doivent prendre les moyens de prot&#233;ger les plus faibles en cas de guerre. Et la seule mani&#232;re, c'est de dissuader l'ennemi o&#249; &#224; d&#233;faut, de frapper court et dur afin que la guerre finisse le plus vite possible.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par contre, nous pouvons &#233;galement nous inspirer de Sun Tsu, pour qui le meilleur guerrier est celui contre qui personne n'ose faire la guerre. Cel&#224; s'appelle la dissuasion.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans notre cas, pour les raisons d&#233;j&#224; expliqu&#233;es il y a trente ans au gouvernement L&#233;vesque, la dissuasion et possible, souhaitable, r&#233;alisable et n&#233;cessaire. ET la n&#233;cessit&#233; n'a pas de loi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par contre, la dissuasion doit &#234;tre CR&#201;DIBLE et &#224; cette fin, il y a du travail &#224; faire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pr&#233;paration logistique en premier. Nous avons besoin de trois ans de stocks alimentaires et toutes nos terres doivent servir &#224; cette seule fin.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Deuxi&#232;me pr&#233;paration : D&#233;fense civile. C'est l&#224; un vaste programme sur lequel nous devons nous instruire et nous pr&#233;parer.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Troisi&#232;me pr&#233;paration : D&#233;fense arm&#233;e. Nous n'avons pas d'arm&#233;e et nous n'en avons pas besoin.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce que nous allons faire ressemble &#224; ce que fait la Suisse, qui n'a pas d'arm&#233;e mais compte parmi les pays les plus fortement organis&#233;s au monde pour la d&#233;fense.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous n'avons pas de camps ni d'installations militaires et nous n'en avons pas besoin.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous devons organiser et entra&#238;ner des milliers de commandos pr&#234;ts pour des frappes rapides et d&#233;cisives. Quiconque veut en faire partie doit d&#232;s maintenant s'entra&#238;ner &#224; la marche et &#224; la course, apprendre carte et boussoles, jour, nuit et par tous les temps. apprendre la survie &#224; l'ext&#233;rieur, la discipline des marches et des bivouacs et &#233;tudier et pr&#233;parer la formation et l'entrainement de commandos. Tout doit se faire en silence et dans le plus grand secret. Tout individu qui se permet la moindre incartade &#224; cette r&#232;gle et &#224; beaucoup d'autres qui viendront doit &#234;tre renvoy&#233; du programme de d&#233;fense.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une organisation est d&#233;j&#224; en place et s 'occupera du reste. Le combat et le tir s'apprennent en dernier.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je n'aime pas la guerre, loin de l&#224;. Personne parmi nous n'aime la guerre et c'est parce que nous n'aimons pas la guerre que nous devons la pr&#233;parer. Nous n'aurons pas le choix. La guerre est comme le cancer. Si on veut l'&#233;viter, il y a beaucoup de pr&#233;cautions &#224; prendre et de travail &#224; faire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;JRMS&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Original Message -----&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;From : Daniel Roy, C.A.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Compte rendu - manifestations et MISE EN GARDE&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Compte rendu de la course pour appuyer le PQ &#224; Pierrefonds et de la manifestation Anti-Charest &#224; Montr&#233;al le 4 d&#233;cembre 2008.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#183; Une dizaine de milliers d'automobilistes et de camionneurs ont vu le drapeau du Qu&#233;bec, une pancarte PQ et un chandail Qu&#233;bec un pays, d&#233;ambuler le long du boulevard St-Charles &#224; Pierrefonds et sur la voie &#233;lev&#233;e passant au dessus de l'autoroute 40, jeudi matin &#224; l'heure de pointe le 4 d&#233;cembre 2008. Plusieurs ont klaxonn&#233; en guise d'approbation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#183; Quelques milliers d'automobilistes et passants ont vu le drapeau du Qu&#233;bec, une pancarte PQ , une pancarte Non Charest et un chandail Qu&#233;bec un pays, devant le bureau de M. Charest &#224; Montr&#233;al, au coin des rues Sherbrooke et McGill, jeudi &#224; midi le 4 d&#233;cembre 2008. Plusieurs, principalement des &#233;tudiants de l'Universit&#233; anglophone McGill, me lan&#231;ant des injures, ont finalement compris apr&#232;s des discussions parfois houleuses, que le projet d'un pays du Qu&#233;bec ne veut pas dire que nous ferons aux Anglais ce qu'ils nous ont fait. J'ai m&#234;me eu l'occasion de serrer quelques mains et eu droit &#224; une interview par une journaliste de Global News.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#183; MISE EN GARDE : Je ne peux passer sous silence les actions malheureuses que j'ai d&#251; endurer durant ces deux manifestations pacifiques :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;- Plusieurs m'ont fait le signe du majeur en l'air.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;- Plusieurs m'ont fait le signe ou m'ont dit de sauter en bas de la voie &#233;lev&#233;e, en criant &#171; jump &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;- Un automobiliste a donn&#233; un coup de volant, faisant bifurquer sa voiture vers le trottoir, en mena&#231;ant de m'&#233;craser.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;- Plusieurs m'ont lanc&#233; des injures telles que &#171; Fuck you, fuck Quebec &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;- Un homme m'a cri&#233; en plein centre ville &#171; Fuck Quebec &#187; Je lui r&#233;pondis : &#171; Ne parlez-vous pas contre la province o&#249; vous vivez pr&#233;sentement ? &#187;, il me cria &#171; If Quebec ever separate from Canada, I will move to Ontario and come back with a gun and kill you all. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;- Malgr&#233; que je sois pr&#234;t &#224; recommencer n'importe quand, je recommande que les manifestions se fassent en rangs serr&#233;s et avec le plus grand nombre de personnes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Daniel Roy, C.A.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Entrevue avec Antonio Lamer</title>
		<link>http://www.ledevoir.com/2008/10/27/212736.html</link>
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		<dc:date>2008-10-27T13:41:36Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Alain-Robert Nadeau - Le Devoir (opinions)</dc:creator>
		


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		<description>ALAIN-ROBERT NADEAU &#8212; J'ai not&#233; l'absence, dans l'&#233;nonciation des d&#233;cisions les plus importantes rendues par la Cour supr&#234;me, du Renvoi sur le rapatriement de la Constitution (1981) et du Renvoi sur la s&#233;cession du Qu&#233;bec (1998). Est-ce &#224; dire, selon vous, que ces (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;ALAIN-ROBERT NADEAU &#8212; J'ai not&#233; l'absence, dans l'&#233;nonciation des d&#233;cisions les plus importantes rendues par la Cour supr&#234;me, du Renvoi sur le rapatriement de la Constitution (1981) et du Renvoi sur la s&#233;cession du Qu&#233;bec (1998). Est-ce &#224; dire, selon vous, que ces d&#233;cisions ne comptent pas pour vous parmi les plus (...) - &lt;a href="http://www.ledevoir.com/2008/10/27/212736.html"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	<item>
		<title>Garantie constitutionnelle et d&#233;monstration publique de la force</title>
		<link>http://www.vigile.net/Garantie-constitutionnelle-et</link>
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		<dc:date>2008-10-09T12:51:42Z</dc:date>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois Deschamps - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>La discussion sur le s&#233;paratisme des Anglo-Qu&#233;b&#233;cois et les fantasmes de partition oriente le d&#233;bat national dans la bonne direction. Il soul&#232;ve &#224; mon avis le point tr&#232;s sensible de la pertinence, &#224; l'heure de la &#171; global cosmopolitain society &#187;, de la d&#233;monstration publique de la force (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La discussion sur le s&#233;paratisme des Anglo-Qu&#233;b&#233;cois et les fantasmes de partition oriente le d&#233;bat national dans la bonne direction. Il soul&#232;ve &#224; mon avis le point tr&#232;s sensible de la pertinence, &#224; l'heure de la &#171; global cosmopolitain society &#187;, de la d&#233;monstration publique de la force &#8211; hors de laquelle les arguties l&#233;gales des juristes et autres experts en paperassie constitutionnelle n'auraient pas de terme - et appelle l'exploration du dossier historique. On a une tout une c&#244;te &#224; remonter avant d'aborder les choses de fa&#231;on sereine. De Garneau &#224; Groulx en passant par Filteau jusqu'&#224; Fernand Dumont et L&#233;tourneau, la r&#233;pugnance des intellectuels &#224; prendre le taureau par les cornes illustre l'esp&#232;ce d'ang&#233;lisme de nos intellectuels sur la question, qu'ils portent des soutanes ou des vestes de tweed. Je tire de l'&#233;vocation du Pacte de 1291 (&#171; Foedus aeternum fratum &#187;) de Jean Starobinski mon axe argumentatif :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voici ce que savaient les hommes de 1291 d'une connaissance imm&#233;diate dont ils ont eu le courage de tirer les cons&#233;quences : les hommes sont violents, et il faut d&#233;passer cette violence. Ce n'est pas en ignorant la violence qu'on la surmontera, mais en prenant contre elle toutes les mesures appropri&#233;es. Pour repousser l'assaut dess violents contra impetus malignorum, il faut commencer par s'entraider dans la r&#233;sistance. Mais la violence interne n'est pas moins &#224; craindre que l'agression venue du dehors. Les contractants de 1291 prennent des mesures communes contre les meurtriers et les incendiaires. &#187; (La lettre internationale, 32, Printemps 1992, 69).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En ce qui a trait &#224; nos racines historiques - la guerre civile canadienne (1832-1849), la source m&#234;me de nos institutions -, ce n'est qu'avec une extr&#234;me r&#233;ticence que le grand Papineau envisagera le recours aux armes, tandis que l'oligarchie tory, forte de ses liens avec des bandes de casseurs urbains que le film Gangs of New York rappelle (Axe Handle Guards, British Rifle Corps, Doric Club, etc.) et l'&#233;tat-major, y &#233;tait r&#233;solue. Veut-on une illustration de ce pacifisme parlementaire ? Prenons le cas d'un des porte-parole du parti patriote, A.-N. Morin. M&#234;me s'il faut toujours faire la part de la rh&#233;torique dans le discours, par son entremise, la plupart des supporteurs du parti de Papineau s'imaginaient encore na&#239;vement, en ao&#251;t 1837, prendre appui &#171; on the highest metropolitain authorities from who we looked for justice and protection &#187; (Christie, 1866, IV, 383). Les f&#233;d&#233;ralistes ne pensent pas autrement aujourd'hui. Benjamin Constant, grand admirateur du Rule of Law ne dit pas lui aussi autre chose :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Vainement compterait-on sur la force d'une majorit&#233; raisonnable, si cette majorit&#233; n'avait pas de garantie dans un pouvoir constitutionnel hors de l'assembl&#233;e. &#187; (&#201;crits politiques, 1991, 341).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans l'optique de Constant, c'est la Chambre haute des Lords qui seule, incarnant les int&#233;r&#234;ts permanents du pays, doit endiguer l'&#233;l&#233;ment passionnel instable et la turbulence propres aux Communes. Mais, &#224; l'encontre de sa propre th&#232;se sur l'&#233;quilibre tant vant&#233; du constitutionnalisme anglais, Constant ajoute quelques lignes plus loin :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Une minorit&#233; bien unie, qui a l'avantage de l'attaque, qui effraie ou s&#233;duit, argumente ou menace tour &#224; tour, domine t&#244;t ou tard la majorit&#233; &#187; (ib., 343). Et Constant de conclure qu'en cas de paralysie entre les instances, &#171; la force vient toujours &#224; l'appui de la n&#233;cessit&#233; &#187; (ib., 343).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je pense que dans l'hypoth&#232;se d'un bras de fer entre Qu&#233;bec et Ottawa, les corps policiers d&#233;j&#224; constitu&#233;s (Fraternit&#233; des policiers notamment et la SQ) seraient parfaitement aptes &#224; assurer la s&#233;curit&#233; publique. Ce qui ne veut pas dire qu'un travail d'infiltration des agences f&#233;d&#233;rales au plus haut niveau ou la formation de milices volontaires soient &#224; n&#233;gliger. Au lieu d'alller se faire descendre en Afghanistan dans une guerre inutile, leur &#233;nergie serait beaucoup mieux canali&#233;es ici.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour ce qui est de la communaut&#233; anglophone, les souverainistes ne devraient pas rechigner &#224; y trouver des interlocuteurs dispos&#233;s &#224; discuter d'une meilleure repr&#233;sentation &#224; l'int&#233;rieur de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois. Ce dossier est au c&#339;ur des motivations historiques qui les ont pouss&#233;s dans les ann&#233;es 1830 soit &#224; promouvoir l'Union l&#233;gislative, l'annexion pure et simple de Montr&#233;al &#224; l'Ontario ou m&#234;me la constitution d'une province s&#233;par&#233;e &#224; Montr&#233;al sur le mod&#232;le de l'&#206;le-du-Prince-&#201;douard. Fran&#231;ois Deschamps&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Joindre un fichier&lt;/strong&gt; : &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/ecrire/?exec=forms_telecharger&amp;id_donnee=7347&amp;champ=fichier_1&amp;retour=spip.php%3Faction%3Dforms_exporte_reponse_article%26amp%3Barg%3D7347%26amp%3Bhash%3D60c37a7459dd515580c1f09fb0fc18fb%26amp%3Bredirect%3D%253Fexec%253Dforms_reponses%2526amp%253Bid_form%253D28%2526amp%253Bretour%253D%2525253Fexec%2525253Dforms_tous%2526amp%253Bsupp_reponse%253D7362&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;IMG/protege/form28/De_la_garantie_dans_un_pouvoir_constitutionnel_hors_de_l_assemblee.docx &lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Raymond Poulin et Ren&#233; Marcel Sauv&#233; ont bien raison ! Et Ren&#233; L&#233;vesque a eu tort</title>
		<link>http://www.vigile.net/Raymond-Poulin-et-Rene-Marcel</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Raymond-Poulin-et-Rene-Marcel</guid>
		<dc:date>2008-06-23T22:05:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Georges-&#201;tienne Cartier - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Au sujet de l`attitude de Ren&#233; L&#233;vesque face &#224; ce probl&#232;me crucial, une anecdote &#8230; La seule fois o&#249; je l`ai vraiment rencontr&#233;, (malgr&#233; l`auto sacrifice que constitua ma candidature de 73 dans le comt&#233; de N. de G... o&#249; (dans la paroisse N.D. de G) j`&#233;tais n&#233; en 1940 pour ensuite y vivre (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au sujet de l`attitude de Ren&#233; L&#233;vesque face &#224; ce probl&#232;me crucial, une anecdote &#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La seule fois o&#249; je l`ai vraiment rencontr&#233;, (malgr&#233; l`auto sacrifice que constitua ma candidature de 73 dans le comt&#233; de N. de G... o&#249; (dans la paroisse N.D. de G) j`&#233;tais n&#233; en 1940 pour ensuite y vivre durant 23 ans : j`&#233;tais un ancien du RIN&#8230;) ce fut au hasard d`une visite chez des amis.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il sauta alors litt&#233;ralement sur l`occasion de mettre &#224; l`&#233;preuve de mon expertise psychiatrique son opinion sur Parizeau qu`il jugeait, sarcastiquement, parano&#239;de face au F&#233;d&#233;ral et &#224; la GRC.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais, pas de chance : mon &#171; expertise &#187; historique ( j`en d&#233;vore depuis l`enfance&#8230;), parce que trop lourde de faits pour &#234;tre ignor&#233;e sans niaiserie, pr&#233;valait d`embl&#233;e et largement . J`&#233;tais donc, au contraire de ce qu`il esp&#233;rait, du m&#234;me avis que Parizeau ! Malaise&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On se rappellera que c`est &#224; cause de sa &#171; honte &#187; ( l`Histoire se r&#233;p&#233;tant : voir &#171; le miroir &#187; de l`autre&#8230;) que Camille Laurin d&#251;t renoncer &#224; sa Loi 1 au profit d`une version &#233;dulcor&#233;e, la Loi 101, ce qui envoyait &#224; l`adversaire le message sans &#233;quivoque de soumission qu`il recherchait et qui le regaillardit ( j`en avais d`ailleurs pr&#233;venu un ministre que je connaissais en l`implorant de ne pas tomber dans le pi&#232;ge : celui ci m`avait, &#224; la l&#233;g&#232;re, r&#233;pondu par une pirouette&#8230;).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On comprendra que d&#232;s lors, consid&#233;rant par ailleurs sa pens&#233;e &#171; pogn&#233;e &#187; ( &#171; je m`excuse&#8230; votre humble serviteur&#8230; j`ai honte&#8230; &#187;) et ambigu&#235;, son discours ambivalent et sa d&#233;marche trop souvent h&#233;sitante, la mystique de l` &#171; h&#233;ritage sacr&#233; de Ren&#233; L&#233;vesque &#187; qu`on nous lance dans les jambes &#224; tout propos pour nous faire tr&#233;bucher me laisse de marbre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et ce d`autant plus que, par exp&#233;rience, &#171; sacr&#233; &#187; signifie &#171; ta gueule &#187;, et que RIEN quant &#224; moi n`est donc sacr&#233; !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Non pas que l`homme n`ait pas &#233;t&#233; grand, par beaucoup de ses actes d`&#201;tat et autres. Mais l`exp&#233;rience de &#171; tol&#233;rance &#187;, na&#239;ve au point d`en &#234;tre compromettante, qu`il Nous a amen&#233;s &#224; vivre collectivement, Nous son &#171; quelque chose comme ( !) un Grand Peuple &#187;, est d&#233;sormais D&#201;PASS&#201;E .&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et Nous sommes cens&#233;s avoir assez m&#251;ri pour tirer les le&#231;ons qui s`imposent des erreurs commises : ce qui devrait Nous rendre d&#233;sormais capables de recevoir utilement des messages d`experts comme ceux de &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Le-plus-grand-obstacle-a-l&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Raymond Poulin&lt;/a&gt; et de &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/_Sauve-Rene-Marcel_&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Ren&#233; Marcel Sauv&#233;&lt;/a&gt; pour assurer la naissance du Pays.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Car, en cette mati&#232;re o&#249; l`on n`improvise qu`&#224; ses d&#233;pens, des EXPERTS ils sont !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Alors que Ren&#233; L&#233;vesque, aveugl&#233; et paralys&#233; par sa &#171; honte &#187; r&#233;v&#233;rencielle, ne l`&#233;tait certes pas !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Le plus grand obstacle &#224; l'ind&#233;pendance</title>
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		<dc:date>2008-06-22T16:37:31Z</dc:date>
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		<dc:creator>Raymond Poulin - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Monsieur Bousquet, depuis le d&#233;but de votre campagne conf&#233;d&#233;raliste, vous oubliez un d&#233;tail : une conf&#233;d&#233;ration doit &#234;tre n&#233;goci&#233;e entre &#201;tats souverains, pas entre une province et le pays dont elle fait partie, de sorte qu'il faut d'abord en passer par l'ind&#233;pendance &#8212; (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/_Bousquet-Gilles_&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Monsieur Bousquet&lt;/a&gt;, depuis le d&#233;but de votre campagne conf&#233;d&#233;raliste, vous oubliez un d&#233;tail : une conf&#233;d&#233;ration doit &#234;tre n&#233;goci&#233;e entre &#201;tats souverains, pas entre une province et le pays dont elle fait partie, de sorte qu'il faut d'abord en passer par l'ind&#233;pendance &#8212; v&#233;rifiez aupr&#232;s de n'importe quel juriste en droit international. Alors, si votre choix d'une conf&#233;d&#233;ration s'appuie sur la conviction que cette formule s&#233;curiserait davantage la majorit&#233; des Qu&#233;b&#233;cois et, par cons&#233;quent, obtiendrait plus facilement leurs suffrages, c'est loup&#233; ! Et s'il faut d'abord faire l'ind&#233;pendance, pourquoi, une fois r&#233;alis&#233;e, aller la diluer dans une conf&#233;d&#233;ration alors que tous les am&#233;nagements ult&#233;rieurs entre &#201;tats voisins, comme partout ailleurs, peuvent se faire par la conclusion de trait&#233;s ? Et ne me ramenez pas l'exemple de la Communaut&#233; europ&#233;enne, qui n'est absolument pas une conf&#233;d&#233;ration mais un machin pseudo-imp&#233;rial dont &#224; peu pr&#232;s 80% des d&#233;cisions &#233;manent de hauts fonctionnaires qui ne rendent de comptes &#224; personne. La d&#233;mocratie de la CE ? Du vent ! Mais ce n'est pas par Radio-Canada que vous allez l'apprendre ni m&#234;me par Le Devoir, o&#249;, habituellement, un seul journaliste sait de quoi il parle, lorsque toutefois il en parle, sur cette question. Les autres se contentent de potasser les articles du Monde, de Lib&#233;ration et du Nouvel Observateur, qui sont atlantistes et n&#233;o-lib&#233;raux bien plus qu'ils n'en ont l'air, sauf exception. Alors ils braillent chaque fois que le peuple ordinaire, que ce soit en Irlande, en France ou aux Pays-Bas, envoie chier, par r&#233;f&#233;rendum, les bonzes de Bruxelles, parce qu'il sait tr&#232;s bien qu'il se fait f...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quant aux menaces de partition du territoire et autres b&#233;belles de la m&#234;me farine, il existe un moyen de s'en pr&#233;munir : la constitution d'une milice arm&#233;e avant de faire l'ind&#233;pendance, et on n'a m&#234;me pas besoin d'attendre la d&#233;cision du gouvernement qu&#233;b&#233;cois pour la mettre sur pied : rien, dans le syst&#232;me canadien, n'interdit la constitution d'une milice par qui que ce soit. Il va de soi qu'elle doit &#234;tre disciplin&#233;e et fortement encadr&#233;e. Il est extr&#234;mement difficile &#224; une arm&#233;e d'invasion d'occuper un territoire et de maintenir cette occupation lorsque la population dispose d'une milice populaire capable de pratiquer la gu&#233;rilla ; il n'est m&#234;me pas n&#233;cessaire de disposer d'artillerie ni d'aviation, au contraire : la force d'une milice repose sur sa formation et la l&#233;g&#232;ret&#233;, la mobilit&#233;, la rapidit&#233;, les attaques surprises et le repli, la complicit&#233; d'une partie de la population. Si vous connaissez un peu la configuration physique du Qu&#233;bec et la g&#233;opolitique, vous pourrez constater qu'il s'agit d'un territoire plus facile &#224; d&#233;fendre que bien d'autres. Il faut &#224; l'occupant une troupe au moins dix fois plus nombreuse que la milice. Le gouvernement canadien et la D&#233;fense nationale le savent tellement bien que, depuis les ann&#233;es 95, ils ont pratiquement vid&#233; les entrep&#244;ts militaires en sol qu&#233;b&#233;cois de munitions et d'armes lourdes parce qu'ils sont certains qu'en cas d'une tentative de mise au pas muscl&#233;e, la plupart des militaires qu&#233;b&#233;cois d&#233;fendraient le Qu&#233;bec et non le Canada. Et, par exp&#233;rience acquise dans le milieu militaire,je puis dire qu' ils ont vu juste. Par ailleurs, les militaires qu&#233;b&#233;cois sont surtout concentr&#233;s dans l'infanterie, ce qui leur assurerait une longueur d'avance. Je suis tout &#224; fait conscient qu'en g&#233;n&#233;ral, les Qu&#233;b&#233;cois n'imaginent m&#234;me pas que le seul fait de prendre les pr&#233;cautions normales en cas d'invasion emp&#234;che neuf fois sur dix la possibilit&#233; que cela se produise. Il y a tout de m&#234;me un certain danger ? Ben oui, le m&#234;me que de traverser la rue Ste-Catherine le jour du boxing day. En automobile : une chance sur treize d'avoir un accident ; pourtant, qui s'emp&#234;che d'utiliser une automobile pour autant ? Il faut bien vivre, n'est-ce pas ? Idem pour l'ind&#233;pendance. Tous ceux qui tiennent &#224; la vie &#224; n'importe quelle condition se condamnent &#224; vivre dans de mauvases conditions. Politiquement, nous vivons dans de mauvaises conditions, m&#234;me avec notre char, notre blueberry, notre cellulaire, notre cin&#233;ma-maison et nos vacances en Floride pourrie. Du pain et des jeux, &#231;a vous dit quelque chose, sans doute.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous sommes collectivement des enfants, monsieur Bousquet, des enfants qui ont peur dans le noir et qui appellent m&#244;man. Le vrai danger ne vient pas du gouvernement d'Ottawa, il r&#233;side dans notre mentalit&#233; colonis&#233;e et annex&#233;e, et c'est l&#224; le plus grand obstacle &#224; l'ind&#233;pendance. Nous sommes des mous par fatalit&#233; historique, mais ce n'est pas irr&#233;m&#233;diable ; ce n'est pas une condamnation, loin de l&#224;, mais une constatation. On peut bl&#226;mer tant qu'on veut les chefs ind&#233;pendantistes, qui ont leurs faiblesses comme tout le monde, &#231;a n'a presque jamais constitu&#233; le noeud du probl&#232;me. Je parle ici des chefs qui ont exerc&#233; le pouvoir gouvernemental, pas de ceux qui s'imaginent qu'il suffit de pratiquer l'art rh&#233;torique pour construire un parti, prendre le pouvoir et faire l'ind&#233;pendance. Viser et r&#233;ussir la lib&#233;ration politique d'un peuple ne s'improvise pas dans un salon, dans un colloque universitaire ni m&#234;me dans Vigile, et il faut y pr&#233;parer le peuple en &#233;tant avec lui, pas le sermonner en lui disant de mani&#232;re m&#233;prisante qu'il n'a rien compris chaque fois qu'il ne r&#233;agit pas comme on l'esp&#232;re, attitude qu'on a vu trop souvent au Parti qu&#233;b&#233;cois, et pas toujours de la part des chefs. Des chefs dont la plupart ont n&#233;glig&#233; les activit&#233;s de renseignement et la n&#233;cessit&#233; de pr&#233;voir les coups, m&#234;me militaires : des scouts. Un &#201;tat, comme le r&#233;p&#232;te Ren&#233;-Marcel Sauv&#233;, &#231;a se d&#233;fend. Le seul qui ait vraiment compris cela, c'est Jacques Parizeau et, une seule fois, Ren&#233; L&#233;vesque mais pas pour longtemps. Tout le monde il n'est pas beau, tout le monde il n'est pas gentil ; un rapport de force, &#231;a se construit, longuement, patiemment, et parfois &#231;a salit un peu les mains.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Le temps des semences</title>
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		<dc:date>2008-04-01T03:55:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Christian Maltais - Chronique de Christian Maltais</dc:creator>
		


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		<description>D'une mani&#232;re ou d'une autre, on ne trouvera rien sur Terre qui soit capable de vivre tout seul. La grande loi de la nature, je sais que c'est une h&#233;r&#233;sie de le croire et un p&#233;ch&#233; de l'affirmer, mais ce n'est pas la comp&#233;tition : c'est la (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai plant&#233; des tomates. Enfin, je vais le faire ce dimanche, ou vendredi prochain. Ce sera fait d'ici &#224; ce que vous lisiez ces lignes. Des poireaux, aussi. D'autres trucs encore. Je n'ai aucune id&#233;e comment faire. J'ai trucid&#233; de mes mains ce que la nature a fait de plus imp&#233;rissable, dont plusieurs cactus (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;picpicus increvabilis&lt;/i&gt;). J'ai, &#224; l'amorce de ma n&#233;gligente vingtaine, laiss&#233; d&#233;p&#233;rir le jardin bio que mon p&#232;re avait plant&#233; &#224; H&#233;bertville. Ma grande r&#233;ussite agricole, c'est le champ couvert de chiendent. Le pouce vert, connais pas.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#199;a m'a pris quand m&#234;me. Un sentiment vague, que j'ai commenc&#233; &#224; percevoir l'an dernier. Le souvenir des radis du jardin de ma grand-m&#232;re. La joie que me communique mon corps quand je trouve et que je mange quelque chose de non irradi&#233;, non og&#233;&#232;mis&#233;, non engraischimiquifi&#233;, non pesticidificationn&#233;, non charri&#233;-par-un-camion-et-entass&#233;-dans-un-entrep&#244;t-pendant-trois-semaines-is&#233;, quand je mets dans mon corps quelque chose de nourri au soleil et qui vient d'&#234;tre cueilli. C'est donc comme &#231;a qu'un &#234;tre humain est cens&#233; se sentir quand il mange ? Mais c'est merveilleux, ciboire ! Suis pas v&#233;g&#233;talien, remarquez. J'aime autant mes pop-tarts que mon voisin. Des cheese-begueux ? Yes sir, Madame. N'emp&#234;che.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1946 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:145px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.lesechos.fr/patrimoine/immobilier/300236413.htm&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_30-shiller.jpg' width=&quot;145&quot; height=&quot;222&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Alors qu'est-ce que je fais, comment je fais ? J'ai demand&#233; &#224; mon amie Huguette. Elle m'a donn&#233; tout un paquet de documents qu'elle a r&#233;dig&#233;, genre l'agriculture &#233;cologique pour les nuls, ou comme pour moi, les tr&#232;s tr&#232;s nuls. Les semis : deux pouces de terre, 14 heures de lumi&#232;re par jour (pr&#233;voir un n&#233;on si possible), les contenants appropri&#233;s, la p&#233;riode o&#249; il faut les faire (mi-mars environ, donc maintenant). Le compagnonnage : les plantes qui aiment pousser ensemble, qui font &#233;loigner les insectes, les mauvaises herbes qui n'en sont pas, etc. Et puis il y a le compostage. Je comprends pas tout. Une chose &#224; la fois. Et puis, me dis-je en mon for int&#233;rieur, &#231;a n'a l'air compliqu&#233; que parce que je n'ai jamais appris comment le faire. Je sais seulement qu'une fois, j'ai fait reverdir une tige de bois plant&#233;e dans un pot, trouv&#233;e sur le bord de l'escalier dans le bloc o&#249; je restais. Je l'ai mis dans la douche une bonne heure par jour pendant une semaine. Je lui ai envoy&#233; des ondes positives ; m&#234;me que je lui ai parl&#233;. Les pousses ont apparu. Elle s'en est sortie, ma vieille branche. C'est fort, la vie. &#199;a veut vivre, la vie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1945 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:253px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.jaimelekrach.com/article-17717574.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_30-ouserezvous.jpg' width=&quot;253&quot; height=&quot;319&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;J'ai parl&#233; de mon projet de jardinage &#224; quelques personnes autour de moi. Je me suis rendu compte qu'on &#233;tait quelques-uns &#224; avoir senti la m&#234;me chose. Pas des tonnes de personnes, bien s&#251;r ; mais on dirait bien que c'est dans l'air. Un genre de retour &#224; la nature, sans le c&#244;t&#233; &#171; on d&#233;m&#233;nage dans une commune en banlieue de Saint-Agapit &#187;. Je n'ai rien contre les communes, ni d'ailleurs contre Saint-Agapit, communaut&#233; que je sais que je trouverai charmante si j'ai jamais la chance d'y &#234;tre invit&#233;. Seulement je me dis que si on cherche des solutions pratiques &#224; ce qu'on appelle &#171; les probl&#232;mes de soci&#233;t&#233; &#187; - et il n'y a rien de plus pratico-pratique que de planter des choux, ce qui est aussi &#224; mon programme &#8211; il faut bien se dire qu'il y a peu de chances que l'ensemble de la population plan&#233;taire d&#233;cide d'abandonner leurs iPods et de d&#233;serter les villes, grandes et petites, pour des cabanes en bois rond. Ce qui n'est d'ailleurs pas n&#233;cessaire. C'est que la ville moderne a &#233;t&#233; organis&#233;e (on devrait donc pouvoir la r&#233;organiser autrement) suivant une mani&#232;re de pens&#233;e qui consid&#232;re que la nature est quelque chose d'&#233;tranger &#224; l'&#234;tre humain, un adversaire qu'il faut asservir et dominer. Ce qui est emb&#234;tant, puisque l'homo sapiens fait lui-m&#234;me partie de la nature. Nous sommes des cr&#233;ateurs, des penseurs, bien d'autres choses, mais nous sommes aussi des mammif&#232;res. Notre syst&#232;me respiratoire compl&#233;mente celui des plantes. Et nous pouvons bien fabriquer des sacs en plastique qui prennent dix ou cent mille ans &#224; se d&#233;composer, mais nos corps, eux, sont &#233;minemment biod&#233;gradables. &#199;a entretient le sol qui nous nourrit. &#199;a fait partie d'un tout.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;quilibre naturel, ce me semble et je m'emporte un peu, ce n'est pas celui qui se trouve entre les Lib&#233;raux et l'Action D&#233;mocratique, ou les R&#233;publicains et les D&#233;mocrates, ou l'&#201;glise et Dieu sait qui ; c'est celui qui pr&#233;vaut depuis trois milliards d'ann&#233;es (&#226;ge estim&#233; des premi&#232;res bact&#233;ries primitives) entre tout ce qui bouge, pousse, vole, nage, et se min&#233;ralise sur cette plan&#232;te, sans parler des autres dont on ne sait rien. Tout cela s'harmonise, se compl&#232;te, s'interp&#233;n&#232;tre, et vit ensemble. Il y en a qui en mangent d'autres. Ben oui. Il y a aussi un oiseau qui se nourrit en curant les dents des rhinoc&#233;ros, qui du coup est bien content. Y a les abeilles et le pollen. D'une mani&#232;re ou d'une autre, on ne trouvera rien sur Terre qui soit capable de vivre tout seul. La grande loi de la nature, je sais que c'est une h&#233;r&#233;sie de le croire et un p&#233;ch&#233; de l'affirmer, mais ce n'est pas la comp&#233;tition : c'est la coop&#233;ration. Y a plein de choses dans la nature mais, pyramide alimentaire ou pas, on n'y trouve gu&#232;re de pharaons. La loi du plus fort ? &#171; Survival of ze fittest ? &#187; On voit toujours ce que l'on veut. Un beau jour par exemple, des zoologues ont d&#233;cid&#233; que le lion &#233;tait le roi des animaux, le roi de la jungle (non, attendez, &#231;a c'est Tarzan). Or il fout rien, le lion : c'est madame qui chasse. Lui il baille au soleil. Il prend les meilleurs morceaux quand ils arrivent. Se fait entretenir, en somme. Je le verrais plut&#244;t dans le r&#244;le de bobonne qu'en chef pl&#233;nipotentiaire, notre ami L&#233;o. Me semble que tout &#231;a en dit plus long sur les thurif&#233;raires du pouvoir absolu que sur le m&#233;tabolisme de la Grande Bleue. Enfin. Bref. Le concret. Les villes. Le ici et le maintenant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1947 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:159px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.lesechos.fr/info/analyses/4707120.htm&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_30-fabra.jpg' width=&quot;159&quot; height=&quot;198&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Je vais semer des tomates, de la sauge, deux ou trois autres choses. Un peu plus tard dans la saison, quand ce sera le temps, on va y aller pour les poireaux, les pommes de terre, les carottes, les radis. Pas de c&#233;leri, je n'aime pas tellement. Je vais m'acheter une composti&#232;re (25 $ &#224; mon &#201;co-quartier), peut-&#234;tre me trouver un ou deux barils pour ramasser l'eau de pluie. Pour le terrain, je m'entends avec mon voisin d'en bas. D'une mani&#232;re ou d'une autre, si j'ai trop de l&#233;gumes pour moi tout seul, je partage. Je fais tout &#231;a parce que &#231;a me tente, qu'une voix en moi me dit de le faire, et que je trouve que &#231;a a l'air amusant. Le plus dr&#244;le dans tout &#231;a ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est qu'on nous dit que l'&#233;conomie ne va pas bien, mais alors pas bien du tout. Augmentation de 40 % des co&#251;ts alimentaires de la plan&#232;te en 2007. Explosion du co&#251;t de la vie. &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_des_subprimes&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Crise hypoth&#233;caire, devenue crise de liquidit&#233;s pour les banques qui ne se font plus confiance pour se pr&#234;ter mutuellement l'argent dont elles ont besoin pour &#171; faire rouler l'&#233;conomie &#187;&lt;/a&gt;. On passera sous silence la guerre en Irak, dont on estimait r&#233;cemment le co&#251;t total (avec projection des soins pour les soldats estropi&#233;s, etc.) &#224; 4 trillions de dollars, i.e. 4 000 milliards de dollars. Les banques centrales des Etats-Unis, de Grande-Bretagne, d'Europe et d'Asie sont au bord de la panique. Sixi&#232;me baisse drastique des taux pr&#233;f&#233;rentiels de la Fed am&#233;ricaine depuis le mois de septembre. Des sommes colossales d'argent inject&#233;es par les gouvernement pour maintenir le march&#233; &#224; flot : 100 milliards de dollars par ci, 200 milliards d'euros par l&#224;. La toute puissante Bear Stearns, dont les actions valaient 160 $ pi&#232;ce il y a un an, chute &#224; 70 $, puis &#224; 30 $ en quatre ou cinq jours : on la force de vendre la totalit&#233; de ses actions &#224; un concurrent &#224; 2 $ l'action. &#171; Pour sauver le syst&#232;me financier mondial &#187;, a dit un porte-parole de je ne sais plus trop quoi. C'&#233;tait dimanche dernier, &#224; l'heure o&#249; j'&#233;cris. Et le plus beau ? En entrevue &#224; la t&#233;l&#233; fran&#231;aise deux jours plus tard, un repr&#233;sentant de Bear Stearns a r&#233;pondu &#224; une question sur l'&#233;tat g&#233;n&#233;ral de la situation, je le cite, cramponnez-vous &#224; vos orteils : &#171; Dieu ne permettra pas que notre syst&#232;me &#233;conomique s'effondre &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1942 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:242px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.alterinfo.net/La-crise-des-subprimes-n-est-que-la-premiere-vague-annonciatrice-d-un-grand-tsunami-financier_a14231.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_30-tsunami.jpg' width=&quot;242&quot; height=&quot;226&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Ouaip. C'est l&#224; qu'on en est rendu. Aux derni&#232;res nouvelles, Dieu ne retournait pas les appels de la Banque Mondiale. Quant &#224; la situation environnementale, pas besoin de vous faire un dessin. Et &#224; ce sujet, on n'a pas id&#233;e de l'impact environnemental d'un peu de verdure, quelques jardins par exemple, dans une grande ville. C'est encore Huguette qui m'expliquait. Le bitume fait monter la temp&#233;rature ; les plantes la font redescendre. Les feuilles accumulent les poussi&#232;res qui nuisent &#224; la respiration, au syst&#232;me immunitaire. Et puis il y a l'oxyg&#232;ne. Tout un paquet d'impacts sur la sant&#233;, physique et &#233;motive.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a quelques mois, on me posait la question, celle qui tue : &#171; vous critiquez beaucoup le capitalisme, mais qu'est-ce que vous proposez en &#233;change ? &#187; A&#239;e. Bonne question. J'y ai, je l'avoue, beaucoup pens&#233; depuis. Passe l'automne, vienne l'hiver, on est au printemps, je ne sais toujours pas comment r&#233;pondre. Personne ne le sait.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et pendant ce temps-l&#224;, j'ai une petite voix qui me dit : fait pousser des tomates. Fais donc ce qui te tente. &#201;coute-toi un peu. Ridicule, que je me dis. Vous avez vu l'ampleur des probl&#232;mes ? &#199;a prend un projet de soci&#233;t&#233;, un projet politique, un nouveau syst&#232;me de d&#233;veloppement &#233;conomique, quelque chose de rassembleur, de gros, d'important, la r&#233;ponse &#224; toutes nos questions, nos peurs, nos incertitudes&#8230; &#199;a va d&#233;j&#224; assez mal de m&#234;me, si en plus y faut qu'on se garroche n'importe o&#249;&#8230; Mais pourquoi est-ce que quelqu'un trouve pas quelque chose ? Pourquoi est-ce que personne sait quoi faire, &#224; commencer par ceux qui font semblant de savoir, dont la solution est invariablement de continuer &#224; faire pr&#233;cis&#233;ment ce qui nous a mis dans ce fouillis (je reste poli), &#224; en rajouter, &#224; faire plus de guerres, &#224; raser plus de for&#234;ts, &#224; rendre les riches encore plus riches ? Combien au juste faut-il cr&#233;er de richesses pour commencer &#224; la r&#233;partir ? Combien &#231;a leur prend de milliards pour qu'y se d&#233;cident &#224; partager un peu ? C'est-tu donc si compliqu&#233; que &#231;a, vivre sur le sens du monde ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1943 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:84px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.voir.ca/blogs/antidote/archive/2008/03/05/al-gore-et-les-zinzins.aspx&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_30-rebello.jpg' width=&quot;84&quot; height=&quot;84&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Et c'est l&#224; que je me dis, je suis peut-&#234;tre fou, je sais que je le suis un peu, comme tout le monde sans doute qui vit aujourd'hui, c'est pas grave&#8230; je me dis que la r&#233;ponse, c'est justement qu'il n'y a pas de r&#233;ponse, et que c'est tant mieux. On cherche loin, trop loin, partout sauf sous nos pieds ou au bout de notre nez. Le monde s'essouffle, parce qu'on s'est mis &#224; courir sans apprendre &#224; marcher. Si tu veux construire une tour de cent &#233;tages, tu vas pas commencer en d&#233;cidant de la couleur du papier peint de la suite 119. Tu commences par la base ; m&#234;me pas les fondations : la terre. Solide ou pas ? Est-ce que le terrain est sujet aux inondations ? Est-ce que le sol est capable de supporter le poids de l'&#233;difice ? Or, qu'est-ce que l'&#233;conomie, &#224; la base ? Pourquoi a-t-on invent&#233; pareille chose ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1944 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:337px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.jaimelekrach.com/article-7040480.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_30-subprimes-1.jpg' width=&quot;337&quot; height=&quot;357&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Parce qu'un corps humain, il faut que &#231;a mange, que &#231;a boive de l'eau, que &#231;a dorme, que &#231;a se prot&#232;ge des intemp&#233;ries. L'&#233;conomie, c'est &#231;a. Subvenir aux besoins humains, en ordre de priorit&#233;, merci Maslow. Or, des profits, &#231;a peut bien s'investir dans une usine de Corn Flakes si on veut, mais en tant que tel une colonne de chiffres &#231;a nourrit pas son homme. Quant au reste, j'ai jamais vu une famille manger un tank Abrams pour souper, ni m&#234;me une voiture de police. Il me semble d'ailleurs que c'est &#233;trange qu'on ait des lois pour prot&#233;ger la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, mais qu'on en n'ait pas pour nous prot&#233;ger de la faim. Le ch&#244;mage (pardon, &#171; l'assurance-emploi &#187;), &#231;a dure six mois, et c'est fini. Le bien-&#234;tre social paye &#224; peine le loyer. Pour l'&#233;picerie, arrangez-vous, mais fraudez pas, sinon on vous coupe. De toute fa&#231;on, on coupe les ch&#232;ques, para&#238;t que &#231;a incite au travail. On nous dit que c'est &#224; cause de la loi du march&#233;. La main invisible d'Adam Smith s'occupe de nous nourrir, mais il faut lui ob&#233;ir. Pour l'instant, &#231;a ne marche pas tr&#232;s fort. &#199;a fait 250 ans que &#231;a dure, mais on attend toujours les preuves. On dirait m&#234;me que plus on fait ce que nous dicte le &#171; march&#233; &#187;, ou en tout cas ses oracles, moins &#231;a marche. La mondialisation, vous vous souvenez ? Le libre-&#233;change ? Mais je m'&#233;carte, je radote, je vais trop loin sans doute. Ici, maintenant : qu'est-ce que je sens sous mes pieds ?
La terre. Si je plante une graine, &#231;a pousse. Il faut l'arroser, ce qui n'est pas trop un probl&#232;me, vu que l'eau tombe du ciel. &#199;a prend du soleil. Ici aussi, l'approvisionnement ne pose pas trop de probl&#232;me. Alors, qu'est-ce qu'on fait ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je sais pas vous autres, mais moi je s&#232;me des tomates. C'est bon, les tomates.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Mais apr&#232;s &#231;a ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je vais semer des poireaux et planter des patates. Y en a plein de sortes, de toutes les couleurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Oui, mais apr&#232;s &#231;a ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#199;a me tente pas mal d'apprendre &#224; faire du savon.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Oui, mais apr&#232;s &#231;a ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s &#231;a, on verra ben. Quand on sera rendu l&#224;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



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		<title>Ali&#233;nation institutionnelle et identit&#233; : une page tourne</title>
		<link>http://www.vigile.net/Alienation-institutionnelle-et</link>
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		<dc:date>2008-03-24T10:53:03Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Christian Maltais - Chronique de Christian Maltais</dc:creator>
		


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		<description>Qu'est-ce au juste que l'identit&#233; ? De quoi se compose-t-elle ? Quelle est son importance r&#233;elle dans la vie d'un &#234;tre humain particulier ou d'une culture, d'une soci&#233;t&#233; ? Existe-t-il m&#234;me des identit&#233;s, quelles qu'elles soient, ou celles-ci ne sont-elles que (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qu'est-ce au juste que l'identit&#233; ? De quoi se compose-t-elle ? Quelle est son importance r&#233;elle dans la vie d'un &#234;tre humain particulier ou d'une culture, d'une soci&#233;t&#233; ? Existe-t-il m&#234;me des identit&#233;s, quelles qu'elles soient, ou celles-ci ne sont-elles que des illusions, un agr&#233;gat de pr&#233;jug&#233;s et de complexes, que par son &#233;volution l'humanit&#233; est appel&#233;e &#224; d&#233;passer ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'afficherai ma position d'entr&#233;e de jeu : je crois qu'il existe bel et bien quelque chose comme des identit&#233;s, notamment culturelles, que cela me semble d'ailleurs une &#233;vidence (bien que celles-ci puissent &#234;tre trompeuses) ; et que l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise, quelle qu'elle soit, est incompatible avec l'&#201;tat canadien, pour des raisons que je ne crois pas avoir besoin d'&#233;num&#233;rer ici. Ceci dit la question identitaire, telle qu'elle s'est articul&#233;e sous l'influence du paradigme capitaliste, y a pris comme tout le reste une forme plus ou moins ali&#233;n&#233;e. R&#233;duite &#224; sa plus simple expression, l'ali&#233;nation est ce qui d&#233;nature tout en se posant dans le m&#234;me mouvement comme la nature elle-m&#234;me. L'ali&#233;nation est un attachement &#233;motif &#224; une abstraction intellectuelle qui d&#233;nature son objet, mais se pr&#233;sente dans le m&#234;me mouvement comme sa v&#233;rit&#233; essentielle, universelle. La nature r&#233;elle n'en dispara&#238;t pas pour autant, pas plus qu'un magicien qui d'une main agite sa baguette scintillante, avec de larges mouvements ostentatoires et des grands cris d'abracadabra, ne fait r&#233;ellement dispara&#238;tre la pi&#232;ce de trente sous que de son autre main il glisse dans sa poche.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Chacun de nous est affect&#233; par l'ali&#233;nation, puisque nous baignons, de notre naissance &#224; notre mort, dans le bassin id&#233;ologique qui l'entretient et la nourrit. Dire que nous croyons &#224; cette id&#233;ologie serait &#224; mon avis inexact : nous nous disons que nous y croyons, nous t&#226;chons de nous en convaincre nous-m&#234;mes, et nous y r&#233;ussissons en g&#233;n&#233;ral jusqu'&#224; un certain point. Mais ce point, il est impossible de le d&#233;passer. Les parties de moi qui sont ali&#233;n&#233;es forment ce &#224; quoi je choisis de m'identifier, de me pr&#233;senter &#224; moi-m&#234;me et aux autres comme ce en quoi je crois, et ce que je suis ; ce faisant, je choisis de ne pas m'identifier &#224; cette autre partie de moi qui sait que je n'y crois pas. Je fais de la sorte l'apprentissage qui va me mener &#224; consid&#233;rer cette part de mes pens&#233;es, &#233;motions, intuitions, comme &#233;tant indignes de moi. L'ali&#233;nation est attachement, elle est projection sur une id&#233;e abstraite de quelque chose de r&#233;el en moi, mais elle est aussi refoulement de cette part r&#233;elle et de ce qui l'accompagne. Or ce refoulement est source de malaise, que nous ressentons, dont nous voudrions qu'il disparaisse, dont nous savons comment le gu&#233;rir, mais que nous endurons et entretenons parce que ce savoir est pr&#233;cis&#233;ment celui que nous refoulons par le choix, entretenu par le R&#233;gime et ses institutions, mais en derni&#232;re analyse d&#233;cid&#233; par nous, de l'ali&#233;nation. Ainsi le malaise perdure, augmente, et s'ext&#233;riorise sous d'autres formes : maladies, d&#233;pressions, etc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout ce qu'on enterre finit un jour par remonter &#224; la surface. Toutes les plaies que l'on ignore doivent un jour &#234;tre gu&#233;ries. Un malaise ne dispara&#238;t pas parce qu'on lui donne le nom de &#171; bonheur &#187; ou de &#171; libert&#233; &#187;. Et la libert&#233; n'est pas, nous rappelle Falardeau, une marque de yogourt ; pas plus qu'elle n'est un tampon hygi&#233;nique, une carte de cr&#233;dit, ou un plan d'&#233;pargne retraite. La libert&#233; est cette qualit&#233; que je poss&#232;de, en tant qu'&#234;tre humain, et par laquelle je fais entrer en jeu dans le monde toutes les &#233;nergies qui sont en moi. J'ai cette &#233;nergie, parce que je suis vivant. La libert&#233;, c'est ma vie elle-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qu'en est-il sur le plan social ? L'action et l'interaction des particuliers et de leur &#233;nergie, l'expression cr&#233;atrice de leur libert&#233;, permettent de cr&#233;er tel ou tel r&#233;sultat, passager ou plus ou moins durable. Dans ce dernier cas, on donne famili&#232;rement au r&#233;sultat le nom d'institution, ou de syst&#232;me &#8211; politique, &#233;conomique. Un syst&#232;me, comme la monarchie ou le capitalisme, n'a d'existence que parce que ses institutions en ont une. Le syst&#232;me est un autre mot pour d&#233;signer l'ensemble des institutions. Et qu'est-ce qu'une institution ? C'est quelque chose de vague, un cadre peut-&#234;tre, cr&#233;&#233; autour de certaines activit&#233;s humaines et qui dure de par la force de ses symboles. L'institution n'a en fait d'existence que comme construction mentale et affective. Elle ne d&#233;signe qu'un attachement &#224; certaines attitudes, &#224; des comportements devenus habituels, incarn&#233;s sous la forme symbolique de titres, de costumes, d'un certain d&#233;cor traditionnel, de rituels et de d&#233;clamations : l'accoutrement du juge et son marteau de bois ; l'uniforme militaire, le salut, les parades, les tambours et les trompettes ; la massue qu'on fait entrer solennellement sur un coussin &#224; la Chambre des Communes. Rien de tout cela n'est l'institution elle-m&#234;me, dirait-on avec raison : ce ne sont que des symboles pour diverses fonctions. Pourtant, sans symboles il ne peut y avoir d'institution. Retirez d&#233;cors et costumes, et que reste-t-il ? Quelques hommes ordinaires qui parlent, qui font des exercices de tir ou qui r&#233;digent sur des bouts de papier. Ce sont les symboles qui cr&#233;ent l'institution, parce qu'ils sont mat&#233;riels, et donc durables, face &#224; une activit&#233; humaine qui n'est qu'&#233;vanescence. Avant tout, les symboles dont on use &#224; la cour o&#249; aux Communes (et tous ces lieux physiques ont eux-m&#234;mes avant tout une fonction symbolique) repr&#233;sentent donc, bien avant le jeu de leurs diverses connotations, le caract&#232;re de leur dur&#233;e, c'est-&#224;-dire de leur permanence. Toute institution lance comme premier et dernier message l'affirmation de son &#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour nous qui vivons ici en 2008, comme pour &#224; peu pr&#232;s tout le monde sur la plan&#232;te, la permanence que pr&#233;tend asseoir le r&#233;seau de nos institutions, c'est celui de l'&#233;quilibre d'un certain rapport de forces. L'esclavage est peut-&#234;tre disparu, mais les ma&#238;tres, eux, sont rest&#233;s. Certains sont &#233;lus, d'autres sont nomm&#233;s, ou se nomment eux-m&#234;mes. Ces gens exercent le pouvoir, enfin ce qu'on appelle le pouvoir, d&#233;clin&#233; selon le mode de la politique, de l'&#233;conomie, ou de la religion. Ils disent ce qu'ils faut faire ; c'est ce qu'ils font. C'est leur fonction sociale. Ils prennent des d&#233;cisions. Nous aussi. Quand nous ne sommes pas d'accord avec leurs d&#233;cisions, nous protestons, nous mettons plus ou moins de n&#233;gligence &#224; remplir les t&#226;ches qu'on nous assigne, ou nous nous taisons. Quand eux ne sont pas d'accord avec nos d&#233;cisions, ils nous ignorent, nous menacent, ou nous punissent. C'est le rapport de forces.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'aucuns auront remarqu&#233; ce que cette situation peut avoir d'infantilisant. Au sens le plus strict, le rapport qu'entretiennent avec nous les classes dirigeantes est paternaliste. Ceci est lourd de cons&#233;quences pour l'image que nous avons de nous-m&#234;mes en tant qu'&#234;tres humains. Car la figure patriarcale de ceux qui nous gouvernent &#8211; politiciens, &#233;v&#234;ques, businessmen &#8211; n'est pas seulement celle qui nous punit, nous r&#233;compense m&#234;me parfois : c'est aussi, surtout, celle qui nous nourrit et qui nous prot&#232;ge. Tant qu'elle remplit ces deux fonctions, que nous ne savons pas comment assumer par nous-m&#234;mes, nous acceptons de payer le prix de leur pouvoir. Sans eux, qui va faire rouler l'&#233;conomie, qui va nous prot&#233;ger des seigneurs de la guerre ? Certes, nous vivons avec la peur furtive ou trop r&#233;elle de la dette, de la fermeture d'usine, du ch&#244;mage, ou de la faim. Mais nous vivons quand m&#234;me. Oui, des ann&#233;es de prison pour un vol de cinquante dollars ou pour une once de mari. Mais sans la prison, qui va me prot&#233;ger des violeurs, des p&#233;dophiles, comment va-t-on punir la m&#233;chancet&#233; ? Quant &#224; la violence, bien s&#251;r les bavures et la brutalit&#233;, bien s&#251;r la surveillance constante, bien s&#251;r les matraques et les d&#233;charges &#233;lectriques, bien s&#251;r les gaz lacrymog&#232;nes, bien s&#251;r les mesures de guerre. Mais c'est rare, ou assez rare en tout cas. Juste assez. Et puis si jamais&#8230; moi je n'ai rien &#224; me reprocher&#8230; j'esp&#232;re&#8230; et au pire, n'y a-t-il pas la d&#233;lation ? Si j'accuse mon voisin, ne ferai-je pas la preuve que je suis un bon citoyen, ne serai-je pas en s&#233;curit&#233; ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ceci fa&#231;onne mon identit&#233;. Je deviens ce que je pense, ce que je dis, et ce que je fais. Je ne suis pas la somme de mes choix, ni m&#234;me de ce qui a pu m'&#234;tre impos&#233;. Je suis le choix que je fais &#224; l'instant m&#234;me : qu'est-ce que je retiens, qu'est-ce que je laisse aller, qu'est-ce que je cr&#233;e avec mon &#233;nergie ? Je suis toujours libre. Je suis la libert&#233; elle-m&#234;me, le choix qui s'affirme ou qui se nie, toujours ici, maintenant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce n'est pas ce que j'ai appris, ce n'est pas ce que je lis &#224; tous les jours. C'est rarement, semble-t-il, ce que je vois autour de moi. &#171; C'est la nature humaine &#187;, dit-on. Partout de la l&#226;chet&#233;, de la paresse, de la cupidit&#233;, de la jalousie, de la bassesse. Menteurs, fraudeurs, voleurs, violeurs, p&#233;dophiles, assassins, quelle diff&#233;rence ? Tous des monstres. C'est g&#233;n&#233;tique. C'est &#233;crit. C'est la nature humaine. Ma nature &#224; moi. Qu'est-ce que je suis, alors ? Qu'est-ce que je choisis d'&#234;tre ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai voulu &#233;crire ces quelques lignes parce que j'avais lu un article dans un quotidien qui s'attriste de jour en jour, lequel nous donnait &#224; conna&#238;tre une femme pr&#233;sent&#233;e comme &#171; la psychologue et chroniqueuse Susan Pinker &#187;, ce qu'elle est sans doute. Mme Pinker, r&#233;sume la journaliste assign&#233;e &#224; ce petit texte, soutient que &#171; [l']&#233;cart entre les deux sexes qui persiste toujours apr&#232;s plus de 40 ans de lutte ne d&#233;coule pas uniquement d'une discrimination. Il d&#233;pend aussi en grande partie de diff&#233;rences biologiques entre les hommes et les femmes qui influent sur leurs choix de carri&#232;re, leurs motivations, voire leurs aspirations. Les femmes ne sont pas des copies conformes des hommes [&#8230;] Susan Pinker s'attend &#224; faire sursauter certaines f&#233;ministes pures et dures qui accepteront mal ses arguments puis&#233;s dans la biologie compte tenu qu'autrefois, la biologie &#233;tait utilis&#233;e contre les femmes. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'avais pens&#233; souligner le proc&#233;d&#233; &#233;cul&#233;, que les Qu&#233;b&#233;cois connaissent bien, qui consiste &#224; pr&#233;senter l'indignation devant une &#233;normit&#233; comme le fait de &#171; purs et durs &#187;. J'aurais mentionn&#233; que l'argumentaire de Mme Pinker, endoss&#233; tacitement par le journal en question, semble ignorer que le probl&#232;me n'a jamais &#233;t&#233; l'utilisation de la biologie contre les femmes, mais le fait d'utiliser la biologie &#171; tout court &#187; pour tenter de justifier, par le recours &#224; l'autorit&#233; dite scientifique, par de soi-disant d&#233;terminations naturelles, l'existence d'un ph&#233;nom&#232;ne social. J'aurais, en recommandant la lecture par exemple de Surveiller et punir de Michel Foucault, d&#233;montr&#233; que la d&#233;couverte par Mme Pinker du soi-disant &#171; argument &#187; biologique ne fait que reprendre mot pour mot un vieux poncif invent&#233; au XIXe si&#232;cle, dans le but de d&#233;montrer &#171; scientifiquement &#187; que les femmes, ou les travailleurs, ou ceux qui &#171; attentent &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e &#187;, et ainsi de suite selon les besoins, devaient &#234;tre trait&#233;s comme des &#234;tres inf&#233;rieurs. J'aurais r&#233;sist&#233; &#224; la tentation de dire que ce d&#233;tournement, cette ali&#233;nation donc, de la biologie, a largement fait la preuve de son caract&#232;re odieux, le XXe si&#232;cle l'ayant vu pousser jusqu'&#224; son ultime logique durant la br&#232;ve existence d'un r&#233;gime europ&#233;en dont on se plait pourtant de fa&#231;on r&#233;guli&#232;re &#224; nous rappeler l'ignominie. Je comptais en profiter pour r&#233;p&#233;ter encore une fois que toutes les luttes sont solidaires, et qu'il n'y a qu'une mani&#232;re de se lib&#233;rer une fois pour toutes d'une forme d'oppression, c'est de mettre un terme &#224; l'oppression elle-m&#234;me, sous toutes ses formes. La r&#233;action, elle, est toujours solidaire. Prenons-en acte. Si j'en avais eu le courage, j'aurais poursuivi ma critique en relevant que le fait de consigner la question des femmes au terme r&#233;ducteur de &#171; discrimination &#187; tente de jouer &#224; la reconnaissance du probl&#232;me tout en balayant l'essentiel du revers de la main. J'aurais pr&#233;sent&#233; cette petite phrase, &#171; les femmes ne sont pas une copie conforme des hommes &#187;, pour ce qu'elle est : l'affirmation d'une &#233;vidence en des termes qui laissent croire qu'elle est ni&#233;e par un adversaire que l'on juge in abstentia, une mani&#232;re de lui mettre des mots dans la bouche pour pouvoir ensuite les d&#233;noncer ; proc&#233;d&#233; ratoureux qui &#224; l'&#233;poque du s&#233;nat de Rome avait au moins le m&#233;rite de n'&#234;tre vieux que de quelques si&#232;cles. J'aurais dit que c'est bien le comble que tandis que les &#171; masculinistes &#187; n'ont de cesse de d&#233;crier le d&#233;terminisme biologique des &#171; f&#233;minisses &#187;, ce qui permet de se demander sur quelles sources est construite leur lecture du f&#233;minisme, si tant est qu'ils en aient d'autres que le Deut&#233;ronome, et alors m&#234;me que l'int&#233;grisme chr&#233;tien m&#232;ne sa lutte ant&#233;diluvienne contre le droit &#224; l'avortement et pour le retour de l'autorit&#233; du m&#226;le dans la famille, avec d&#233;pliants, livres et sites Internet expliquant l'importance du ch&#226;timent corporel pour discipliner les &#233;pouses rebelles (je n'invente rien)&#8230; j'aurais dit que c'est bien le comble.
Mais je ne le ferai pas.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'aurais voulu dire enfin que les questions identitaires n'ont l'importance (r&#233;elle) que nous leur connaissons que parce que nous vivons dans un R&#233;gime o&#249;, pour maintenir un rapport de forces d&#233;risoire, on juge bon de nous dire ce que nous sommes et ce que nous ne sommes pas, de nous imposer en somme ce que nous aurions le droit d'&#234;tre. Qu'on nous inculque ce qu'il nous faut dire et faire pour assumer l'identit&#233; qui nous permettra de ne pas &#234;tre puni par l'injure, la calomnie, ou la force brute. Qu'on nous apprend &#224; agir et &#224; r&#233;agir selon ce que dicte l'imagination complex&#233;e de gens qui, quoi qu'ils disent et m&#234;me souvent quoiqu'ils puissent penser, n'ont pas d'amour pour nous. Et que cela fait partie du prix que nous payons pour le luxe de nous laisser infantiliser. Que c'est comme cela que nous avons choisi jusqu'ici d'utiliser notre cr&#233;ativit&#233;, notre libert&#233; et nos vies. Que ce n'est pas une raison pour se sentir coupables. Mais qu'on peut choisir de prendre d'autres voies, qui m'apparaissent nettement plus agr&#233;ables et, pourquoi pas, plus jouissives.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que mon choix ne d&#233;pend pas des autres.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que l'amour comme la vie n'impose jamais rien.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que m&#234;me si le libre arbitre &#233;tait une illusion, je fais quand m&#234;me le choix d'y croire, et d'agir en cons&#233;quence.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et que quant au reste, le fait que le R&#233;gime en soit venu au point qu'il est forc&#233; d'avoir recours &#224; des proc&#233;d&#233;s id&#233;ologiques de plus en plus grossiers, loin d'&#234;tre une proclamation de triomphe, est bien plut&#244;t le signe de sa panique, qui trahit sa reconnaissance de la fin imminente d'un long, trop long, chapitre de l'histoire de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Parce que l'enfance, c'est bien. Mais tout le monde sait que &#231;a ne dure qu'un temps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Rien n'est chang&#233; depuis la crise d'octobre</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Ren&#233; Marcel Sauv&#233; - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Le gouvernement d'Ottawa est accus&#233; de contrer les demandes d'acc&#232;s &#224; l'information. Les membres du Bloc &#224; Ottawa sont entour&#233;s &#171; d'assistants &#187; qui ne seraient que des agents de la propagande officielle, voire de la GRC et du SCRS. Les commandites sont toujours en (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Harper-exerce-un-controle-excessif&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Le gouvernement d'Ottawa est accus&#233; de contrer les demandes d'acc&#232;s &#224; l'information.&lt;/a&gt; Les membres du Bloc &#224; Ottawa sont entour&#233;s &#171; d'assistants &#187; qui ne seraient que des agents de la propagande officielle, voire de la GRC et du SCRS. Les commandites sont toujours en vigueur dans les r&#233;seaux de communications. On les voit &#224; l'oeuvre en train d'imposer l'agenda f&#233;d&#233;ral aux f&#234;tes du 400e anniversaire de la fondation de Qu&#233;bec. Comme dans les r&#233;gimes totalitaires, les agents de l'&#201;tat centralisateur, unitaire et arbitraire sont partout.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cet enserrement n'a pas commenc&#233; avec la crise d'octobre 70 mais plusieurs ann&#233;es avant, alors que le Ralliement pour l'Ind&#233;pendance Nationale fond&#233; par Pierre Bourgault et Andr&#233; d'Allemagne gagnait en faveur populaire. J'ai pu le v&#233;rifier dans l'arm&#233;e alors que j'y servais comme officier. J'en ai pr&#233;venu Andr&#233; d'Allemagne, ancien camarade de facult&#233;. Il m'a r&#233;pondu ce que cela ne l'inqui&#233;tait pas. Le RIN n'avait pas assez de poids pour attirer une intervention militaire majeure contre le Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'&#233;tait pendant l'&#233;t&#233; 1966. Quatre ans plus tard, une trentaine &#224; peine de membres du FLQ provoquaient une intervention polici&#232;re et arm&#233;e de grande envergure. Les pr&#233;paratifs de cette intervention se poursuivaient depuis plusieurs ann&#233;es dans l'arm&#233;e. Et ce n'&#233;tait pas encore assez.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que l'intervention arm&#233;e contre le Qu&#233;bec pendant la crise d'octobre 70 n'ait eu aucune justification, ainsi que je le mentionne dans un article publi&#233; et conserv&#233; dans Vigile depuis octobre 2007, ne change rien &#224; la d&#233;termination obstin&#233;e, voire la petitesse, la bassesse, la malice, la m&#233;chancet&#233;, l'outrecuidance et l'esprit chagrin d'Ottawa de tenter de nous r&#233;duire, nous, Qu&#233;b&#233;cois, en attendant de trouver moyen de nous fossiliser.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Rien n'est chang&#233; depuis la crise d'octobre. Rien du tout. En 1971-72, le Quartier G&#233;n&#233;ral de la Force Mobile &#224; Saint Hubert pr&#233;parait l'op&#233;ration Neat Pitch, toujours pour en finir avec le Qu&#233;bec, qui non seulement avait atteint le statut de nation mais avait construit et construit encore les assises de son propre &#201;tat, un &#201;tat naturel et optimal.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Expos&#233;e au grand public, cette op&#233;ration a &#233;t&#233; &#233;vent&#233;e, mais pour le moment seulement. Nos ennemis sont tenaces.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vint ensuite l'op&#233;ration Northern Express, pr&#233;par&#233;e &#224; Gagetown, Nouveau Brunswick. Les exercices miltaires pr&#233;paratoires &#224; cette nouvelle intervention arm&#233;e contre le Qu&#233;bec eurent lieu &#224; Bardufoss, en Norv&#232;ge, dans l'irrespect total des conventions tacites des forces de l'OTAN, qui ne permettent pas d'exploiter l'OTAN pour des interventions arm&#233;es internes. De toutes mani&#232;re, les Norv&#233;giens ont r&#233;alis&#233; que le Canada trichait et les exercices ont &#233;t&#233; annul&#233;s. La Norv&#232;ge, qui entendait bien exploiter l'OTAN pour se hisser en position de force en face de l'URSS, ne voulait pas se m&#234;ler des affaires internes du Canada. Officier en service &#224; l'&#201;tat major de la Force Mobile, j'ai pu suivre ces &#233;v&#233;nements de tr&#232;s pr&#232;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Peu apr&#232;s l'&#233;lection de novembre 1976, qui porta au pouvoir Ren&#233; L&#233;vesque et son &#233;quipe, les Canadian Armed Forces entreprirent contre le Qu&#233;bec de nouveaux pr&#233;paratifs d'intervention militaire, sous l'euph&#233;misme de &quot;Canadian Unity Studies&quot;. Fin 1977, P.E. Trudeau, qui devait savoir que ces pr&#233;paratifs avaient tout pr&#233;vu ou presque cette fois, mena&#231;a d'une nouvelle intervention arm&#233;e le Qu&#233;bec de Ren&#233; L&#233;vesque et de Jacques Parizeau. Il le fit dans une entrevue avec Roy Bonisteel du r&#233;seau de langue anglaise de Radio Canada.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sauf que cette fois, L&#233;vesque avait encore une carte. Il fit publier dans le journal &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Jour&lt;/i&gt; le document de cinquante pages que je lui avais soumis pendant l'&#233;t&#233; 1975, document qui pr&#233;voyait un plan de contingentement pour la d&#233;fense du Qu&#233;bec en cas de besoin. Et puisque les provocations ouvertes de Trudeau pouvaient mener vers une guerre civile, il importait que cette guerre soit tu&#233;e dans l'oeuf. De plus, j'avais fait des d&#233;marches pour acheter des armes pour le Qu&#233;bec, non en Russie sovi&#233;tique ni en Chine maoiste comme le racontait bassement la propagande d'Ottawa, mais en Angleterre, l&#224; o&#249; personne ne m'attendait. Je l'ai dit plus tard aux officiers s&#233;niors de la GRC venus me rendre visite &#224; Longueuil : &#171; Si je monte une arm&#233;e de d&#233;fense pour le Qu&#233;bec qui ira se battre contre vous, je vous tirerai dans la face avec des armes anglaises. Elles vous feront plus mal.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La manoeuvre a r&#233;ussi. Trudeau a officiellement retir&#233; ses menaces d'intervention arm&#233;e contre le Qu&#233;bec et le projet Canadian Unity Study a &#233;t&#233; momentan&#233;ment abandonn&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il repris de plus belle avec les commandites appuy&#233;es sur une maitrise quasi absolue des communications &#233;lectroniques et &#233;crites. Les agents d'Ottawa s'infiltrent partout, se mettent les pattes dans tout. Entre autres, je dois subir les attaques du savant professeur Jocelyn L&#233;tourneau, &#224; la solde d'Ottawa bien entendu. Il est responsable de d&#233;molir les m&#233;thodes de g&#233;opolitique et de strat&#233;gie d'&#201;tat que j'ai apprises chez nul autre que les Britanniques. Personne au Qu&#233;bec ne doit s'instruire de l'&#201;tat surtout pas des principes qui gouvernent toute strat&#233;gie d'&#201;tat, strat&#233;gie d'envergure s'il en est une. Un tel programme est interdit dans les universit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Rien ou presque n'&#233;chappe &#224; nos ennemis... sauf l'essentiel.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et l'essentiel n'est &#233;crit nulle part, sauf dans le R&#233;el, insaisissable, qui nous sollicite chaque instant, nous invite &#224; avancer quoiqu'il arrive. C'est le R&#233;el qui a fait que nous avons non seulement surv&#233;cu, mais progress&#233; jusqu'&#224; construire les assises de notre nation et notre propre &#201;tat.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce R&#233;el, les Ath&#233;niens l'ont compris mais non les Spartiates.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous vaincrons nos ennemis tout comme Ath&#232;nes a vaincu Sparte, par cette connaissance du R&#233;el qui leur &#233;chappe et leur fait choisir l'accessoire plut&#244;t que l'essentiel.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'essentiel est existentiel, ontologique si on pr&#233;f&#232;re. Il est l'ensemble des continuit&#233;s qui nous ont fait subsister, exister, progresser et acc&#233;der aux statuts reconnus de nation et d'&#201;tat, envers et contre l'adversit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous devons toutefois nous mettre en &#233;tat de d&#233;fense, mais sans basculer dans le militarisme. Un autre d&#233;fi parmi tant d'autres. Nous ne voulons pas de guerre et c'est parce que nous voulons la paix que nous devons maintenant pr&#233;parer la guerre. Il y a beaucoup &#224; apprendre et nous devons r&#233;ussir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous y reviendrons.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;JRMS&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Quelques le&#231;ons de la crise d'octobre </title>
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		<dc:creator>Ren&#233; Marcel Sauv&#233; - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Le peuple qu&#233;b&#233;cois n'a pas encore franchi la derni&#232;re &#233;tape de son histoire : celle de l'&#201;tat. Il n'a pas encore d&#233;cid&#233; de se gouverner lui-m&#234;me et de se d&#233;faire d'Ottawa, dont il n'a nul besoin pour &#234;tre bien gouvern&#233;. Une question d'&#201;tat d'une telle (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'&#233;tais officier dans l'arm&#233;e canadienne pendant la crise d'octobre 70, cantonn&#233; &#224; la base militaire de Saint Jean sur Richelieu. Officier du Royal 22e R&#233;giment mais n'&#233;tant pas en service avec un des trois bataillons d'infanterie r&#233;guli&#232;re, je n'ai pas &#233;t&#233; appel&#233; &#224; servir &#224; Montr&#233;al et appuyer les corps de police dans leurs recherches des suppos&#233;s dangereux terroristes du Front de Lib&#233;ration du Qu&#233;bec. Les coll&#232;gues qui y sont all&#233;s m'ont tenu au courant de ce qui s'est pass&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Premi&#232;re source d'emb&#234;tement : une proportion &#233;lev&#233;e de soldats, sous-officiers et officiers subalternes du R&#233;giment &#233;taient souverainistes depuis plusieurs ann&#233;es, ce qui ne nuisait nullement &#224; leur service. En effet, les Qu&#233;b&#233;cois, qu'ils soient souverainistes ou non, paient leurs contributions au gouvernement unitaire d'Ottawa et en cons&#233;quence, ont le droit et m&#234;me le devoir de se pr&#233;valoir des biens et services offerts par le syst&#232;me f&#233;d&#233;ral canadien. Pendant longtemps, au cours de mes 28 ann&#233;es de service, nous &#233;tions inform&#233;s que Qu&#233;b&#233;cois et Canadiens fran&#231;ais contribuaient &#224; raison de 34% du budget de la d&#233;fense du Canada mais que notre repr&#233;sentation ne s'&#233;levait qu'&#224; 8% des effectifs, militaires et civils. De plus, nous savions que les gros contrats octroy&#233;s par le Minist&#232;re de la D&#233;fense Nationale &#224; Ottawa &#233;chouaient rarement aux entreprises qu&#233;b&#233;coises.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Donc, il aurait &#233;t&#233; juste et &#233;quitable que Qu&#233;b&#233;cois et Canadiens fran&#231;ais soient quatre fois plus nombreux dans les Forces Arm&#233;es Canadiennes, sans compter les contrats. Souvent, les militaires Qu&#233;b&#233;cois ont tent&#233; de faire comprendre aux Qu&#233;b&#233;cois que, compte tenu de leur participation financi&#232;re aux services de la d&#233;fense canadienne, ils ne devraient pas h&#233;siter &#224; servir plus nombreux dans l'arm&#233;e, l'aviation, la marine et les services de recherches en mati&#232;re de d&#233;fense. Que les Qu&#233;b&#233;cois soient massivement contre l'arm&#233;e, traumatis&#233;s comme ils l'ont &#233;t&#233; par l'arm&#233;e britannique qui a envahi le territoire du Qu&#233;bec et l'a r&#233;guli&#232;rement investi par la force, suivie de la Canadian Army qui en fait autant, cela est compr&#233;hensible. Ce qui l'est moins, c'est l'incapacit&#233; qu&#233;b&#233;coise de sortir de ses traumatismes et d'envisager la situation actuelle avec une certaine objectivit&#233;. Un peuple colonis&#233; ne peut se lib&#233;rer sans avoir appris &#224; se d&#233;fendre au point de dissuader la puissance occupante de le retenir par la force. Il n'y a nulle honte &#224; s'instruire chez la puissance dominante, quitte ensuite &#224; se retourner contre elle. C'est une loi de la nature. Ce n'est pas de la morale &#224; l'eau de rose.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;S'ils avaient &#233;t&#233; quatre fois plus nombreux dans les Forces Arm&#233;es Canadiennes comme il se doit, personne n'aurait os&#233; proclamer la Loi des mesures de guerre contre le Qu&#233;bec et contre le Qu&#233;bec exclusivement en octobre 1970, et personne n'aurait os&#233; faire appel &#224; des unit&#233;s de langue anglaise pour venir aider la police qui n'avait nul besoin d'aide.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1077 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:200px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www3.sympatico.ca/historia/octobre.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/png/17-octobre70.png' width=&quot;200&quot; height=&quot;190&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Le Front de Lib&#233;ration du Qu&#233;bec ne se composait que d'une trentaine de jeunes gens sans d&#233;fense, sans moyens et qui manquaient de toutes les connaissances n&#233;cessaires pour organiser une insurrection, une r&#233;bellion majeure ou un coup d'&#201;tat. Le FLQ ne soutient aucune comparaison avec les Hell's Angels, autrement plus nombreux, mieux organis&#233;s et disposant de vastes moyens pour intervenir par la force et se d&#233;fendre en cas de besoin. Pourtant, jamais le gouvernement d'Ottawa n'est intervenu pour proclamer la Loi des mesures de guerre contre les Hell's Angels. Une escouade de police a suffi pour faire le travail.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Alors pourquoi la Loi des mesures de guerre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans l'arm&#233;e, les listes qui nous arrivaient concernant les personnes &#224; trouver et arr&#234;ter nous laissaient perplexes. Des syndicalistes, des membres du Parti Qu&#233;b&#233;cois, nouvellement organis&#233;, des militants inoffensifs, des intellectuels suppos&#233;ment de gauche. Aucune concentration de l'effort sur les membres du FLQ proprement dit. C'&#233;tait ridicule. Beaucoup de soldats du Royal 22e R&#233;giment ont r&#233;agi &#224; leur mani&#232;re contre ce qui leur apparaissait comme une criante injustice. Ils ont pass&#233; tout droit devant les maisons, ou sont all&#233;s avertir les personnes d&#233;sign&#233;es qu'ils avaient eu l'ordre de les arr&#234;ter mais ne le feraient pas. Dans plusieurs cas, dont celui de Pierre Bourgault, les soldats ont offert de le conduire vers un lieu s&#251;r.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aucun soldat ne peut agir contre sa conscience au nom du serment port&#233; &#224; la Reine. Les proc&#232;s de N&#252;remberg sont les pr&#233;c&#233;dents des temps actuels dans la d&#233;termination de la conduite des militaires arm&#233;s et en uniforme. Aux proc&#232;s qui ont suivi la seconde Guerre mondiale en Allemagne, officiers et soldats allemands ont tent&#233; de justifier leurs crimes de guerre au nom de l'ob&#233;issance aux ordres. Ils ont &#233;t&#233; condamn&#233;s au nom de la conscience morale qui doit les guider en toutes circonstances, comprenant le refus d'ob&#233;ir &#224; des ordres immoraux ou criminels, m&#234;me au risque d'y perdre leur vie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1078 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:202px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.cvm.qc.ca/glaporte/metho/a01/a145.htm&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/png/17-pet.png' width=&quot;202&quot; height=&quot;228&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Une insurrection est un soul&#232;vement, arm&#233; ou non, contre l'autorit&#233; en place, qui implique plus de la moiti&#233; d'une population donn&#233;e. Tel &#233;tait loin d'&#234;tre le cas au Qu&#233;bec en octobre 70. Le FLQ &#233;tait seul et m&#234;me s'il s'&#233;tait attir&#233; la sympathie d'une partie de la population, cette sympathie ne s'&#233;tait pas traduite en acte. Comment les dirigeants de l'&#233;poque pouvaient-ils &#234;tre ignorants au point de ne pas discerner entre sympathie et participation active ? Un peuple inf&#233;od&#233; et habitu&#233; &#224; la soumission servile comme les Qu&#233;b&#233;cois s'agite mais n'agit pas. Un peuple souverain et exasp&#233;r&#233; agit, descend dans la rue et se d&#233;barrasse des autorit&#233;s en place jug&#233;es inaptes ou trop malhonn&#234;tes pour gouverner. Ce n'est pas le cas du peuple qu&#233;b&#233;cois qui ne sait pas ce que veut dire se gouverner lui-m&#234;me et en cons&#233;quence n'en conna&#238;t pas les principes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les Qu&#233;b&#233;cois ont toujours &#233;t&#233; gouvern&#233;s par les autres. Comme les Norv&#233;giens, les Su&#233;dois et les Finlandais avant leur ind&#233;pendance. Appliqu&#233; au Qu&#233;bec et au Canada, l'expression &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;insurrection appr&#233;hend&#233;e&lt;/i&gt; est fonci&#232;rement vicieuse et ne peut &#233;maner que d'autorit&#233;s coloniales ou post-coloniales d&#233;termin&#233;es &#224; prot&#233;ger l'oligarchie en place, quelle que soit l'injustice qui s'abattra sur la t&#234;te d'un peuple d&#233;pourvu et sans d&#233;fense. Ce comportement proc&#232;de d'une indescriptible mesquinerie, de la l&#226;chet&#233; et d'une ignorance crasse des principes qui gouvernent toute strat&#233;gie d'&#201;tat. C'est de la bassesse, de la petitesse, de la m&#233;chancet&#233;, de la malice, de l'outrecuidance et de l'esprit chagrin. Quelle honte que d'&#234;tre gouvern&#233;s par des gens de cette sorte !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1076 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/+-Crise-d-octobre-70-+&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/png/16-oct70.png' width=&quot;515&quot; height=&quot;143&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il n'y avait aucun danger de coup d'&#201;tat non plus contre les gouvernements en place de l'&#233;poque. Un coup d'&#201;tat est simple et consiste &#224; saisir les communications de l'&#201;tat dominant pour leur substituer un autre message. C'est ce qu'a compris L&#233;on Trotsky dans la Russie de 1917, alors qu'il a fait pr&#233;c&#233;der son coup d'&#201;tat par une insurrection g&#233;n&#233;rale qui vit le peuple entier descendre dans la rue contre le r&#233;gime tsariste, inefficace et corrompu jusqu'&#224; la mo&#235;lle. Un renversement d'une telle ampleur n'&#233;tait possible que dans la g&#233;ographie et l'histoire russe. Il n'aurait probablement pas &#233;t&#233; possible ailleurs, sauf en France, en Allemagne et aux &#201;tats Unis. Mais nous avons affaire &#224; des peuples qui se gouvernent eux-m&#234;mes depuis des si&#232;cles, non des peuples inf&#233;od&#233;s et habitu&#233;s &#224; la soumission servile comme dans des colonies. Compte tenu des communications telles qu'elles &#233;taient en 1917, il &#233;tait possible de les saisir. Rien de semblable ne pouvait se produire, ni au Qu&#233;bec ni au Canada, en 1970.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le peuple qu&#233;b&#233;cois n'a pas encore franchi la derni&#232;re &#233;tape de son histoire : celle de l'&#201;tat. Il n'a pas encore d&#233;cid&#233; de se gouverner lui-m&#234;me et de se d&#233;faire d'Ottawa, dont il n'a nul besoin pour &#234;tre bien gouvern&#233;. Une question d'&#201;tat d'une telle envergure n'a rien &#224; avoir avec une insurrection, une r&#233;bellion, un coup d'&#201;tat, du s&#233;paratisme ou autre chose du genre. C'est une question de maturit&#233; et de volont&#233; collective. Qu'arrivera-t-il lorsque cette Volont&#233; qu&#233;b&#233;coise de se prendre en charge se traduira en acte, et qui a le courage et la lucidit&#233; d'oser r&#233;pondre &#224; cette question qui ne s'adresse qu'&#224; un peuple adulte ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ren&#233; Marcel Sauv&#233;, Capitaine d'infanterie (retrait&#233;), g&#233;ographe et auteur de
&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;G&#233;opolitique et avenir du Qu&#233;bec&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Une mince victoire du Oui n'aurait pas suffi, dit Chr&#233;tien</title>
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		<dc:date>2007-10-14T16:00:00Z</dc:date>
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		<description>Presse Canadienne (PC) Par Isabelle Rodrigue - Une victoire du camp du Oui par une mince majorit&#233; au r&#233;f&#233;rendum sur la souverainet&#233; de 1995 n'aurait pas &#233;t&#233; suffisante pour s&#233;parer le Qu&#233;bec du Canada, confie le premier ministre f&#233;d&#233;ral de l'&#233;poque, Jean Chr&#233;tien, dans ses m&#233;moires (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Presse Canadienne (PC) Par Isabelle Rodrigue - Une victoire du camp du Oui par une mince majorit&#233; au r&#233;f&#233;rendum sur la souverainet&#233; de 1995 n'aurait pas &#233;t&#233; suffisante pour s&#233;parer le Qu&#233;bec du Canada, confie le premier ministre f&#233;d&#233;ral de l'&#233;poque, Jean Chr&#233;tien, dans ses m&#233;moires portant sur ses 10 ans &#224; la t&#234;te du pays. Levant (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Une-mince-victoire-du-Oui-n-aurait"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Le roi est mort. Bon d&#233;barras !</title>
		<link>http://www.vigile.net/Le-roi-est-mort-Bon-debarras</link>
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		<dc:date>2007-06-12T17:04:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Christian Maltais - Chronique de Christian Maltais</dc:creator>
		


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		<description>On peut, et on doit, faire le lien entre le capitalisme mondial et le f&#233;d&#233;ralisme canadien, parce que ce dernier nous concerne directement, parce que c'est la forme particuli&#232;re que prend chez nous une oppression plan&#233;taire, et parce que c'est donc seulement &#224; partir de lui que nous (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p align=right&gt;&#171; Le parti qui mange ses chefs en aura d&#233;vor&#233; un autre. Avis aux int&#233;ress&#233;s &#224; sa succession, le Parti qu&#233;b&#233;cois a toujours autant de mal &#224; apprendre de ses erreurs. &#187;&lt;br&gt; &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Entre-le-chef-et-le-programme&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Michel C. Auger&lt;/a&gt;, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Cyberpresse&lt;/i&gt;, 9 mai&lt;/p&gt; &lt;p align=right&gt;&#171; Le Parti qu&#233;b&#233;cois n'est pas comme les autres partis. On exag&#232;re &#224; peine en disant que ce sont les militants qui dirigent, le chef n'&#233;tant &#224; leurs yeux que leur porte-parole. Celui-ci ne peut, sans risque d'&#234;tre bl&#226;m&#233;, s'&#233;loigner de l'orthodoxie partisane. &#187;&lt;br&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/L-avenir-d-Andre-Boisclair&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Bernard Desc&#244;teaux&lt;/a&gt;, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Devoir&lt;/i&gt;, 5 mai.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La d&#233;sint&#233;gration d'Andr&#233; Boisclair a ramen&#233; &#224; l'avant-sc&#232;ne la question du leadership du mouvement ind&#233;pendantiste. On nous a peint le portrait habituel du chef bien intentionn&#233;, trahi par des militants ingrats : les radicaux, les irr&#233;alistes, les &#171; extr&#233;mistes &#187;. Si on choisit de se fier aux opinions interchangeables des chroniqueurs politiques, la fin du r&#232;gne de Monsieur Boisclair n'est en aucun cas sa responsabilit&#233;, mais bien celle du peuple, ou plut&#244;t de l'id&#233;e abstraite du peuple que se font les &#233;crivains &#224; gage du R&#233;gime : une population homophobe, r&#233;actionnaire, incapable de comprendre la n&#233;cessit&#233; de coupures sauvages dans les programmes sociaux, etc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les &#171; r&#233;formes n&#233;cessaires &#187; de Monsieur Boisclair, son refus de consid&#233;rer l'avis des militants ou le programme qu'ils se sont donn&#233;s, cela &#233;tait prometteur, cela laissait croire en son &#171; leadership &#187;. Mais le brave Boisclair a &#233;t&#233; trahi par sa base, par ces hommes et ces femmes qui refusent d'&#234;tre contraints au silence le plus absolu, sauf quand vient le moment d'applaudir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tandis que j'&#233;cris ces mots, il semble que Pauline Marois se dirige vers un couronnement assur&#233;. Parmi les pi&#232;ges qu'elle doit &#233;viter, le magnanime Vincent Marissal laisse tomber, du haut de sa chaire de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Presse&lt;/i&gt;, qu'un des plus importants est de &#171; tuer dans l'oeuf les d&#233;bats st&#233;riles sur la date r&#233;f&#233;rendaire et &#224; consid&#233;rer les &#171; purs et durs &#187; pour ce qu'ils sont : une minorit&#233; bruyante, mais d&#233;connect&#233;e de la majorit&#233; de leurs concitoyens. &#187; (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Les-cinq-defis-de-Mme-Marois&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;&#171; Les cinq d&#233;fis de Pauline Marois &#187;&lt;/a&gt;, La Presse, mercredi 16 mai).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Monsieur Marissal &#233;crit pour un journal non seulement f&#233;d&#233;raliste, mais qui lors de la derni&#232;re campagne r&#233;f&#233;rendaire a interdit &#224; ses employ&#233;s d'&#233;crire quoi que ce soit qui serait favorable de pr&#232;s ou de loin &#224; l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec. Quant &#224; l'id&#233;e que les &#233;ditorialistes de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Presse&lt;/i&gt; sont la voix du peuple, on se contentera d'un seul exemple : quand on a donn&#233; le nom de Pierre-Elliott Trudeau &#224; l'a&#233;roport de Dorval, Andr&#233; Pratte a tout de go admis que &#171; La nouvelle &#233;tait &#224; peine annonc&#233;e&#8230;que notre Bo&#238;te aux lettres d&#233;bordait de courriels de protestation &#187; (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Presse&lt;/i&gt;, 22 ao&#251;t 2003) ; ce qui ne l'a pas emp&#234;ch&#233;, de m&#234;me que ses coll&#232;gues Yves Boisvert, Joel-Denis Bellavance, et monsieur Marissal lui-m&#234;me, d'&#233;crire une s&#233;rie d'articles et de billets applaudissant la d&#233;cision, et vouant aux g&#233;monies tous ceux qui douteraient de la saintet&#233; du Prince d&#233;funt.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;R&#232;gle g&#233;n&#233;rale, il n'est pas trop pr&#233;somptueux de croire que les lecteurs des pages &#233;ditoriales de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Presse&lt;/i&gt; savent bien qu'en lisant la prose d'Alain Dubuc, Lysiane Gagnon, ou n'importe quel autre, ils auront toujours droit &#224; une d&#233;fense du R&#233;gime canadien, quoi qu'il dise et quoi qu'il fasse. Le PLQ ou le PLC ne seront critiqu&#233;s que quand ils perdront des &#233;lections, ou qu'ils baisseront trop dans les sondages, comme c'est le cas de l'Honorable Jean Charest, un &#171; mauvais porte-parole pour des r&#233;formes n&#233;cessaires &#187;...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De l'aveu m&#234;me de ses propri&#233;taires, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Presse&lt;/i&gt; existe pour se faire le propagandiste des int&#233;r&#234;ts de la famille Desmarais. Celui qui oserait pr&#233;tendre que ces int&#233;r&#234;ts sont conformes, voire compatibles, avec ceux de tous les Qu&#233;b&#233;cois, celui-l&#224; serait bel et bien d&#233;connect&#233; de la majorit&#233; de ses concitoyens.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourtant, l'opinion de Monsieur Marissal a une certaine r&#233;sonnance. Pourquoi ? Pourquoi a-t-elle un &#233;cho chez &#224; peu pr&#232;s tous les politologues et chroniqueurs ? Seule Jos&#233;e Legault, en tant qu'ind&#233;pendantiste affich&#233;e, fait figure d'OVNI dans ce paysage. &#192; moins de consid&#233;rer Gilles Proulx comme un journaliste. Il serait certes int&#233;ressant de se demander pourquoi la voix de Mme Legault est tol&#233;r&#233;e par la machine id&#233;ologique, de la m&#234;me fa&#231;on qu'on invite Pierre Falardeau aux Francs-Tireurs. La mise en sc&#232;ne d'une objectivit&#233;, &#224; laquelle personne par ailleurs ne croit, est-elle pourtant n&#233;cessaire &#224; la survie du discours de l'oppression, qui permet &#224; cette derni&#232;re de faire croire qu'elle n'existe pas ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si on se concentre toutefois sur l'affirmation de Vincent Marrisal, on est bien forc&#233; d'admettre que l'anath&#232;me jet&#233; aux &#171; purs et durs &#187; ob&#233;it &#224; une tradition bien &#233;tablie, celle d'un m&#233;pris &#224; peine dissimul&#233;, non seulement pour ceux que l'on cible ouvertement, mais bien pour tous les militants et, &#224; travers eux, pour la population en g&#233;n&#233;ral. Car le discours dominant, celui qui dans nos esprits maintient la l&#233;gitimit&#233; de ceux qui nous gouvernent, c'est que nous vivons en &#171; d&#233;mocratie &#187;, le pouvoir par le peuple, h&#233;rit&#233; de la Gr&#232;ce Antique et de la R&#233;publique romaine, gage de la civilisation la plus &#233;volu&#233;e. Le peuple est libre. Le probl&#232;me &#233;tant que tout l'&#233;difice id&#233;ologique s'effondre d&#232;s que l'on tente de d&#233;finir cette libert&#233;. Car tout libre qu'il soit, le bon militant ne remet pas en question le chef, qui qu'il soit, quoi qu'il fasse. Le bon employ&#233; ne remet pas en question le patron, ni son salaire, ni ses conditions de travail. La bonne &#233;pouse ne remet pas en question son mari. Le bon fils ne remet pas en question son p&#232;re. Le bon citoyen ne remet pas en question son premier ministre ou son pr&#233;sident. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Who's the boss ? Father knows best.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La d&#233;mocratie, tout comme le f&#233;d&#233;ralisme canadien, a deux existences. La premi&#232;re, celle que l'on vit &#224; tous les jours, c'est celle d'un pouvoir d&#233;tenu par une poign&#233;e de milliardaires, colonialistes de p&#232;res en fils, archev&#234;ques et papes d'une &#233;glise diffusant une morale psychotique : comp&#233;tition, exploitation, corruption, r&#233;pression. Ces gens ne savent que vendre, acheter, et d&#233;truire. Ce sch&#233;ma est ensuite reconduit du haut en bas de l'&#233;chelle. Le domin&#233; doit dominer &#224; son tour. On trouve toujours plus petit que soi. C'est l&#224; le premier r&#244;le social jou&#233; par les ch&#244;meurs, les assist&#233;s sociaux, les itin&#233;rants, les junkies, les malades mentaux, les marginaux, faites votre choix.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Accuser un premier ministre de corruption soulignera &#224; coup s&#251;r l'indignation bien pensante, et les poursuites judiciaires avenantes. Qui s'&#233;meut du meurtre d'une prostitu&#233;e ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'auteur de ces lignes a vu pendant un an une jeune &#171; pute &#187; venir se cacher des policiers dans le club vid&#233;o o&#249; il travaillait. Ces bons petits gars, les forces de l'ordre, l'arr&#234;taient de temps en temps. Parfois, ils l'emmenaient au poste. Le reste du temps, ils partaient avec elle, la violaient, puis la laissaient sur un coin de rue ou dans une ruelle. Elle avait 23 ans. Elle consommait, de son propre aveu, 5 &#224; 6 grammes de coca&#239;ne par jour. Sa m&#232;re s'occupait de ses quatre enfants. Elle avait deux gros chiens, ramenait toujours ses films en retard, je crois bien qu'elle &#233;tait un peu folle, et &#224; sa place je l'aurais &#233;t&#233; aussi. Je me souviens de son nom. Je ne sais pas si elle morte ; je suis raisonnablement assur&#233; que les policiers vivent toujours. Mais s'ils meurent, attaqu&#233;s par une putain exasp&#233;r&#233;e, je sais qu'ils auront leur photo &#224; la une du journal, je sais qu'on les appellera des h&#233;ros. Et pour le R&#233;gime, ils en sont.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La deuxi&#232;me existence du R&#233;gime, c'est celle de la propagande. Un monde imaginaire, une cat&#233;ch&#232;se renforc&#233;e chaque jour &#224; coups de milliards de dollars. Article premier : en d&#233;mocratie, vous et moi avons autant de pouvoir, et autant d'influence aupr&#232;s des politiciens, que Paul Desmarais ou que le Pr&#233;sident de Lockheed Martin, de Monsanto, de WalMart, que toute cette classe anachronique et criminelle. Un mythe aussi grotesque que celui qui veut que l'exploitation des hommes et femmes du Tiers Monde ne nous affecte pas, que nous ne sommes pas en quelque sorte reli&#233;s les uns aux autres, membres d'une seule humanit&#233;, d'une seule plan&#232;te.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On entend souvent, surtout depuis l'irruption du n&#233;o-lib&#233;ralisme, des d&#233;nonciations &#8211; dans la rue, tr&#232;s rarement dans les m&#233;dias &#8211; des &#171; exc&#232;s &#187; de quelques politiciens, d'un ou deux hommes d'affaires maladroits. On trouve, non sans raison, que monsieur le pr&#233;sident Bush est une crapule, et que Stephen Harper n'est gu&#232;re mieux. On dit souvent, &#224; juste titre, que ces gens sont de la graine (passablement germ&#233;e) de fascistes. Du coup, on d&#233;pense beaucoup d'&#233;nergie &#224; se dire qu'il faut d&#233;fendre la d&#233;mocratie. On ne peut d&#233;fendre quelque chose qui n'a jamais exist&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La d&#233;mocratie est le nom que s'est donn&#233; le R&#233;gime. C'est tout. C'est un nom. Ce n'est pas parce que votre cousin s'appelle Alexandre qu'il faut en conclure qu'il a conquis Babylone. Ses parents l'ont appel&#233; Alexandre parce que c'&#233;tait plus joli que Visage-Fripp&#233;-Qui-Pleure-Tout- Le-Temps, m&#234;me si cette derni&#232;re appellation &#233;tait sans doute plus fid&#232;le au moment de son bapt&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et qui a baptis&#233; le R&#233;gime ? Ses parents, c'est-&#224;-dire un groupuscule de riches propri&#233;taires blancs qui, au-del&#224; de leurs belles d&#233;clarations, n'avaient l'intention de se d&#233;barrasser ni de leurs plantations, ni de leurs colonies, ni de leurs serfs et esclaves, ni de bobonne. Ce qu'ils n'ont d'ailleurs jamais fait. Ils nous ont plut&#244;t donn&#233; l'air conditionn&#233; et la semaine de quarante heures. Tant que tout le monde comprend qui est-ce qui dirige. Si vous croyez que cela, c'est la Libert&#233; et la D&#233;mocratie, alors pas de probl&#232;me. Sinon, y a la police. Buvez Coke.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut, et on doit, faire le lien entre le capitalisme mondial et le f&#233;d&#233;ralisme canadien, parce que ce dernier nous concerne directement, parce que c'est la forme particuli&#232;re que prend chez nous une oppression plan&#233;taire, et parce que c'est donc seulement &#224; partir de lui que nous pouvons agir, et renverser, l'exploitation globalis&#233;e. Si nous voulons non seulement vaincre, mais en plus rester fid&#232;les &#224; nous-m&#234;mes ; si nous voulons ce faisant nous attirer l'appui ind&#233;fectible des peuples innombrables qui sont exploit&#233;s sur Terre ; si nous voulons, surtout, cesser une fois pour toutes de nous trahir, et recouvrer notre dignit&#233; humaine et notre plein pouvoir cr&#233;atif ; alors nous devons comprendre et accepter que notre projet est, &#224; la base, r&#233;volutionnaire, qu'il vise &#224; abolir un rapport de domination, non seulement parce que nous en sommes les victimes, mais parce que tous les rapports de domination doivent &#234;tre abolis.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et si tel est le cas, le mouvement de lib&#233;ration nationale doit lui-m&#234;me &#234;tre conscient de sa responsabilit&#233; d'abolir en lui tout ce qui alimente le rapport de domination, ce qui &#224; chaque jour permet &#224; l'oppression de se renouveler. Cette question ne doit jamais s'&#233;loigner de la conscience du mouvement. Le prix de l'inconscience est trop &#233;lev&#233;. Pour l'&#233;viter, nous devons donc chercher &#224; comprendre pourquoi tant de mouvements lib&#233;rateurs sont tomb&#233;s dans ce pi&#232;ge.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Posons la question autrement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourquoi l'&#234;tre domin&#233; accepte-t-il de se soumettre, alors que par un geste de solidarit&#233; il pourrait an&#233;antir cent fois les tr&#244;nes qui encombrent la surface de notre plan&#232;te ? La r&#233;ponse, chaque Qu&#233;b&#233;cois est &#224; m&#234;me de la comprendre : l'opprim&#233; apprend &#224; se voir selon le regard de l'oppresseur. Il incorpore sa logique, ses arguments, sa morale, son esth&#233;tique. Il se trouve stupide et arri&#233;r&#233;, faible et d&#233;raisonnable, il per&#231;oit sa douleur comme une faiblesse de son propre c&#339;ur, sa col&#232;re comme une maladie, ses r&#234;ves comme une honte.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Combien de femmes battues affirment qu'elles ont provoqu&#233; la violence que leur fait subir leur conjoint ? &#171; Il est tellement bon avec moi &#187;. Combien d'enfants &#233;lev&#233;s &#224; coups d'abus, de folie et de terreur, se convainquent qu'ils le m&#233;ritent, qu'ils sont eux-m&#234;mes des monstres ? Comment en serait-il autrement des peuples battus et abus&#233;s ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La violence, physique et verbale, n'est pas une arme parce qu'elle cr&#233;e une douleur momentan&#233;e, mais parce que cette derni&#232;re a un effet psychologique qui lui est plus durable, a fortiori quand la violence est sans cesse renouvel&#233;e. Le soumis doit apprendre &#224; se soumettre, &#224; aimer son bourreau, &#224; le voir comme le mod&#232;le de la justice et de la v&#233;rit&#233;, et enfin de l'autorit&#233;. Ce faisant, il apprend &#224; faire taire la seule autorit&#233; qui compte pour tout &#234;tre libre : celle de son propre jugement et de son propre c&#339;ur. &#192; sa place se cr&#233;e une image distordue, o&#249; la violence subie est toujours justifi&#233;e, et o&#249; la parole de celui qui l'inflige est toujours sage. L'id&#233;e de l'autorit&#233; devient conforme au portrait de l'oppresseur. L'id&#233;e de force, elle, est identifi&#233;e &#224; la capacit&#233; de faire subir de la douleur, plut&#244;t qu'&#224; la volont&#233; d'&#234;tre fid&#232;le &#224; soi-m&#234;me. De l'acceptation de cette &#171; autorit&#233; &#187; et de cette &#171; force &#187;, de cette usurpation, na&#238;t ce qu'on appelle la l&#233;gitimit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La violence est normale, et n&#233;cessaire, nous la m&#233;ritons, il n'y a rien d'exceptionnel &#224; cela, nous sommes des ignorants, des &#233;go&#239;stes, des b&#234;tes. Seul celui qui frappe, celui qui m&#233;prise, celui qui ignore la douleur d'autrui, est &#224; m&#234;me de les diriger. Car celui-l&#224; a tant incorpor&#233; le mod&#232;le du ma&#238;tre qu'il a choisi d'en devenir un. Il parle les mots du p&#232;re, du patron, du R&#233;gime. Et de sa main engourdie des coups qu'il a donn&#233;s, il flatte la t&#234;te de ceux qu'il a fait se soumettre &#224; ses pieds.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La normalit&#233; de la violence, la banalit&#233; d'en &#234;tre la victime quotidienne, provoque enfin dans l'esprit de l'opprim&#233; le moment ultime de l'ali&#233;nation, son alpha et son om&#233;ga : parce qu'elle est normale, la violence cesse d'&#234;tre vue comme violente, elle perd tout son sens dans l'esprit de celui de la victime : elle devient naturelle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et qu'est-ce que cela signifie, dans un monde bas&#233; sur l'&#233;conomie, o&#249; l'&#233;conomie est avant toute chose bas&#233;e sur l'exploitation destructrice de la Nature, et o&#249; la Nature doit donc &#234;tre d&#233;sign&#233;e du nom d' &#171; environnement &#187;, c'est-&#224;-dire comme quelque chose qui nous entoure, mais qui est &#224; l'ext&#233;rieur de nous, s&#233;par&#233; de nos corps, toujours lointain, inconnaissable, et de l&#224; l'objet d'une angoisse silencieuse et fondamentale, objet inatteignable comme le souffle des morts ? Dans un monde qui entretient, et qui repose, sur la fiction d'un tel cauchemar, la naturalisation de la violence ne peut que rendre cette derni&#232;re invisible, sa v&#233;rit&#233; engloutie sous les larmes et le sang qui lubrifient la machine sociale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; ceux qui seraient tent&#233;s &#8211; et nous le sommes tous &#8211; de soutenir que le m&#233;pris est tout de m&#234;me moins pire que la fusillade, que la peur de la faim, qui est le ciment du travail salari&#233; et avec lui du capitalisme, est acceptable puisque, tout de m&#234;me, les travailleurs ont de quoi &#224; manger, quand ils ne vivent pas dans le &#171; luxe &#187; ; &#224; ceux qui trouvent honteux &#8211; encore ce mot &#8211; de comparer notre terreur diffuse &#224; celle qu'inspire la guerre &#8211; comme par exemple celle qu'infligent &#171; nos soldats &#187; aux barbares du Monde entier -, il est peut-&#234;tre temps de rapporter ce qu'en pensent les professionnels. Heureusement, ces derniers, par n&#233;gligence ou par dessein, nous ont fait la gr&#226;ce de nous offrir des livres d'instruction : les manuels de torture de la CIA. Rendus publics dans les ann&#233;es 90, ces documents, intitul&#233;s &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;KUBARK Counterintelligence Interrogation&lt;/i&gt; (KUBARK est un nom de code que la CIA se donne &#224; l'interne) et &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Human Ressource Exploitation Training Manual&lt;/i&gt; &#8211; 1983, ont &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;s afin d'aider les experts am&#233;ricains &#224; entrainer les polices d'Am&#233;rique du Sud. C'est cela qu'on appelle &#171; l'aide internationale &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On trouve dans ces pages le r&#233;sultat de recherches qui se sont &#233;chelonn&#233;es pendant des d&#233;cennies, men&#233;es par les gouvernements et leurs bras militaires, et auxquelles le &#171; plus beau pays au monde &#187; a particip&#233; avec d&#233;vouement et enthousiasme, des bureaux du Defence Research Board canadien aux salles prestigieuses de l'Universit&#233; McGill. Le but de ces recherches, c'est de trouver le point de rupture, ou &#171; r&#233;gression &#187;, le moment d'effondrement de la psych&#233; humaine, o&#249; on peut enfin en faire ce qu'on veut. Et qu'y lit-on ?&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; La menace de la coercition affaiblit ou d&#233;truit habituellement la r&#233;sistance de mani&#232;re beaucoup plus efficace que la coercition elle-m&#234;me. La menace d'infliger de la douleur, par exemple, peut engendrer des peurs qui causeront beaucoup plus de dommages que la sensation imm&#233;diate de la douleur. En fait, la plupart des gens sous-estiment leur capacit&#233; &#224; endurer la douleur. Le m&#234;me principe s'applique aux autres peurs : soutenue pendant assez longtemps, une forte peur de quoi que ce soit de vague ou d'inconnu induit la r&#233;gression, tandis que la mat&#233;rialisation de cette peur, l'affliction d'une forme quelconque de punition, aura de bonnes chances d'&#234;tre un soulagement&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La suite du texte devrait nous en dire long sur la douceur avec laquelle on nous traite, et sur la tol&#233;rance du R&#233;gime pour l'expression de nos petites crises :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Les menaces prof&#233;r&#233;es froidement sont plus efficaces que celles qui prennent la forme de cris enrag&#233;s. Il est particuli&#232;rement important qu'une menace ne soit pas formul&#233;e en r&#233;ponse aux propres expressions d'hostilit&#233; de celui qu'on interroge. Celles-ci, si on les ignore, peuvent induire des sentiments de culpabilit&#233;, tandis que des r&#233;ponses aussi hostiles soulagent les &#233;motions du sujet. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce sont ces conclusions qui sont &#224; la source du raffinement de Guantanamo, d'Abu Ghraib, ou de Tranquility Bay. Vous ne connaissez pas ? C'est un camp o&#249; les parents am&#233;ricains peuvent envoyer leurs adolescents &#171; &#224; probl&#232;me &#187; - ceux qui ont une vie sexuelle, ceux qui haussent la voix, ceux qui r&#233;sistent &#224; l'autorit&#233;. Un camp parmi des dizaines d'autres, appartenant par un homme de l'Utah, Ken Hay, et pr&#233;sident de la World-Wide Association of Specialty Programs and Schools (WWASPS). Un membre de l'industrie dite du &#171; behavior modification &#187;, la modification du comportement. WWASPS (un tel nom ne s'invente pas) a eu l'an dernier un chiffre d'affaire d'environ 80 millions de dollars. Les parents payent pour que &#171; leurs &#187; adolescents soient transform&#233;s, et &#231;a marche. On soumet les jeunes exactement au m&#234;me traitement que les prisonniers de la &#171; guerre contre la terreur &#187;. Des hordes de survivants ont form&#233; des organisations, des sites internet, comme &lt;a href=&quot;http://www.tbfight.com/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.tbfight.com/&lt;/a&gt;. Ils racontent leurs histoires. Ils ont des photos, des vid&#233;os.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourquoi personne n'en entend-il parler ? Poser la question, c'est y r&#233;pondre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On dit qu'&#224; ce jour 10 000 enfants am&#233;ricains ont &#233;t&#233; envoy&#233;s par leurs parents dans ces camps de concentration. C'est une industrie florissante, il faut le dire, proche de la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;christian right&lt;/i&gt; am&#233;ricaine et du parti R&#233;publicain. Des gens proches de Dieu, les d&#233;fenseurs de la famille et du libre-march&#233;. La r&#233;duction &#224; son plus simple de ce qu'est le R&#233;gime capitaliste, et de ce qu'il exige. Un monstre, qui voudrait achever de faire des monstres de nous tous. Une folie collective qui n'a que trop dur&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tous ces &#233;v&#233;nements, ces paroles, ces comportements, ne sont pas isol&#233;s. La mis&#232;re de la putain de la rue Ontario, la torture des enfants, la guerre &#233;ternelle et illimit&#233;e contre un ennemi dont la d&#233;finition change continuellement&#8230; l'emprisonnement et la mise &#224; mort des syndicalistes du Sud, et les lois sp&#233;ciales du Nord, l'endettement individuel perp&#233;tuel &#8211; cartes de cr&#233;dit, pr&#234;ts &#233;tudiants, hypoth&#232;ques -, le transfert des usines dans les pays colonis&#233;s, hier ouvertement, aujourd'hui par la Banque Mondiale&#8230; l'air irrespirable des villes, la fonte des glaces de l'Arctique, l'empoisonnement du sol&#8230; les morts infantiles, les maladies, les &#233;pid&#233;mies&#8230; les famines, celle d'Afrique, celle en Inde, qui l'an dernier a pouss&#233; des dizaines de milliers de cultivateurs au suicide &#8211; famines caus&#233;es par l'imposition d'une agriculture consacr&#233;e &#224; l'exportation, ou par des terres surexploit&#233;es, comme nos mers... la disparition des poissons, des insectes (&#234;tes-vous all&#233;s dans un parc r&#233;cemment ?)&#8230; le policier du tiers-monde, qui bat le travailleur exploit&#233;, qui bat sa femme &#233;puis&#233;e, qui bat ses enfants&#8230; les cam&#233;ras dans tous les centres-villes, les campagnes contre les &#171; gangs de rue &#187;, qui passent myst&#233;rieusement sous silence les grandes organisations criminelles qui les emploient, qui elles se paient un maire ou un s&#233;nateur&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La honte, la col&#232;re et le d&#233;sespoir des Ha&#239;tiens, des Alg&#233;riens, des Qu&#233;b&#233;cois, des Tunisiens, des Lettons, des Fran&#231;ais, des Beurs, des Palestiniens, des Tch&#233;ch&#232;nes, des Mayas, celle des progressistes et m&#234;me celle des r&#233;actionnaires&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Toutes ces choses forment l'&#201;tat actuel de l'Humanit&#233;, et de la plan&#232;te &#224; laquelle elle appartient. Une crise dont nous ne sortirons qu'en comprenant la cause profonde du mal qui nous ronge depuis des mill&#233;naires, et dont le capitalisme n'est que la phase la plus avanc&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lequel ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous ne partageons pas. Nous n'&#233;coutons pas. Nous n'entendons que notre peur du manque, et la voix d&#233;risoire des oppresseurs. Mais ces derniers ne sont pas nos adversaires les plus importants. Celui que nous devons abattre, c'est l'oppresseur que nous entretenons nous-m&#234;mes, celui que nous avons appris &#224; recr&#233;er par nos paroles et nos gestes. Chacun de nous apprend &#224; &#234;tre son propre oppresseur. Ce n'est que de cette mani&#232;re que nous pouvons devenir celui de notre voisin. Nous devons apprendre &#224; &#234;tre des lib&#233;rateurs. Ce qui signifie avant tout, et par un travail incessant, se lib&#233;rer soi-m&#234;me. L'apprentissage de la libert&#233; : c'est le travail militant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le peuple qu&#233;b&#233;cois est opprim&#233;. Il l'est par le peuple canadien anglais, m&#234;me si ce dernier aime croire &#224; sa propre inexistence, et donc &#224; son innocence. Mais nous le sommes aussi, bien entendu, par l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, qui n'est lui-m&#234;me que l'expression de l'oppression capitaliste, mondiale celle-l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ayons le courage de reconna&#238;tre enfin la validit&#233; de ce qu'affirmaient, et affirment encore, certaines de ces pestif&#233;r&#233;es que sont les f&#233;ministes radicales : nos civilisations oppriment les femmes, non pas par une quelconque m&#233;chancet&#233; inn&#233;e des m&#226;les, mais pour des raisons syst&#233;miques, institutionnelles, et que nulle simple r&#233;forme, nulle nomination, ne modifiera fondamentalement. L'oppression des femmes est b&#226;tie dans notre organisation sociale de la m&#234;me fa&#231;on que celle des peuples &#171; inf&#233;rieurs &#187; ou des travailleurs salari&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces formes d'oppression ne sont pas hi&#233;rarchis&#233;es : aucune n'est pire ou meilleure, ni plus importante, ni moins terrible. Chacune se nourrit de l'autre. La survivance ou la reconduction d'une forme d'oppression appelle le retour de toutes les autres. C'est la le&#231;on que nous a donn&#233;e l'Union Sovi&#233;tique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'oppression du peuple qu&#233;b&#233;cois est aussi importante que toutes les autres. En nous battant, en r&#233;alisant notre libert&#233;, nous agissons pour nous, mais nous exer&#231;ons aussi notre pouvoir de lib&#233;rer l'Humanit&#233; elle-m&#234;me. Cependant, une telle lib&#233;ration n'aurait aucun sens si elle se basait sur les principes de nos oppresseurs, si elle ne faisait pas le deuil de l'id&#233;e m&#234;me de l'oppression, telle qu'elle s'exprime non pas seulement au niveau mondial ou national, mais aussi personnel. Il ne s'agit donc surtout pas de nous r&#233;primer nous-m&#234;mes, de refouler nos tendances oppressives, apprises et inculqu&#233;es de g&#233;n&#233;ration et g&#233;n&#233;ration. Car cela, ce serait encore une violence, et certainement la plus r&#233;pandue : celle que l'on s'impose &#224; soi-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous sommes libres. Nous avons tous les pouvoirs, aujourd'hui, maintenant. Nous n'avons qu'&#224; exercer cette libert&#233;. Nous avons toujours le choix : mon geste sera-t-il oppressif, ou sera-t-il lib&#233;rateur ? Est-ce que je ferme les yeux sur la douleur d'autrui, ou est-ce que je l'accepte comme la mienne ? Est-ce que je sens que je me trahis, ou que je suis digne de moi-m&#234;me ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Personne n'a dit que ce serait facile. Mais ce sera assur&#233;ment beaucoup plus amusant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Presse&lt;/i&gt; ? D&#233;risoire, comme toujours.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et la chefferie du Parti Qu&#233;b&#233;cois, du mouvement ind&#233;pendantiste ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'ind&#233;pendance n'a pas de chef. C'est le principe, pour peu qu'on y pense. Bien s&#251;r, il faut s'organiser, trouver des mani&#232;res de travailler ensemble. On ferait bien d'accepter toutefois que de temps en temps, quand on ne s'entend pas, il vaut mieux travailler chacun de son c&#244;t&#233; que de tenter de &#171; convaincre &#187; l'autre, ce qui ne serait rien d'autre que de tenter de dominer sa volont&#233;. Si les arguments d'un militant r&#233;ussissent &#224; en toucher un autre, ou m&#234;me celui qui jusqu'alors &#233;tait un adversaire, alors tant mieux, bien s&#251;r. La discussion fait partie de notre travail et de nos vies. Mais t&#226;cher de convaincre quelqu'un, c'est encore tenter de le conqu&#233;rir. Tactique inefficace, puisqu'elle ne peut que rencontrer l'hostilit&#233; de l'&#234;tre humain libre que vous avez devant vous, et qui a, bien qu'on soit parfois tent&#233; d'en douter, son propre pouvoir de juger par lui-m&#234;me ce qui lui semble vrai. &#171; Convaincre &#187; est par ailleurs une tactique frustrante, pour ne pas dire &#233;puisante, consid&#233;rant son faible taux de r&#233;ussite&#8230; Car on ne convainc jamais que celui qui veut &#234;tre convaincu. Le mieux que l'on peut esp&#233;rer, c'est d'&#234;tre celui ou celle qui exprime ou confirme un raisonnement d&#233;j&#224; amorc&#233;, qui valorise une certaine sensibilit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si le Parti Qu&#233;b&#233;cois a &#233;chou&#233; aussi lamentablement &#224; r&#233;aliser l'ind&#233;pendance politique, si notre peuple est toujours prisonnier de l'id&#233;e de nous qu'ont encore aujourd'hui les fils de nos conqu&#233;rants, ce n'est donc pas faute d'argumentaire. Car l'id&#233;e m&#234;me d'un argumentaire, c'est encore celle de convaincre quelqu'un d'autre de la validit&#233; de notre propre opinion contre l'invalidit&#233; de la sienne, par une s&#233;rie de slogans et de r&#233;flexions pr&#233;dig&#233;r&#233;es qui fait totalement fi du pouvoir cr&#233;atif de chaque instant. Vouloir imposer une volont&#233; aux d&#233;pens d'une autre n'est pas une tactique susceptible de mener au changement que tant de nous veulent de tous leurs c&#339;urs. Imposer sa volont&#233;, tenter d'&#233;craser quelqu'un, ce serait lui nier l'humanit&#233; que nous tentons de restaurer non seulement aux autres, mais surtout &#224; nous-m&#234;mes.
Ceci, incidemment, s'applique aussi &#224; ceux qui voudraient &#234;tre chefs du mouvement, en mettant les militants au pas.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; bon entendeur, salut.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Biopsie de la campagne post-&#233;lectorale</title>
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		<dc:date>2007-05-13T03:23:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Christian Maltais - Chronique de Christian Maltais</dc:creator>
		


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		<description>Nous allons faire l'Ind&#233;pendance du Qu&#233;bec. Car un jour nous serons assez &#224; nous souvenir de ce sentiment, qu'ignorent les partis, cet &#233;tat d'irr&#233;pressible beaut&#233; qui est l'&#233;tat naturel de la race humaine, et qu'on appelle (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voil&#224; maintenant les choses revenues &#224; la normale. La campagne est finie. Le dernier mot a &#233;t&#233; dit : Mario Dumont est le grand gagnant, avec sa cryptique voie du milieu. L'Honorable Jean Charest est r&#233;&#233;lu, avec le mandat clair d'ob&#233;ir &#224; Bay Street et d'applaudir aux inepties n&#233;o-coloniales de Stephen Harper. Quant au Parti Qu&#233;b&#233;cois, sa d&#233;confiture est due au conservatisme qu&#233;b&#233;cois, homophobe (message con&#231;u pour alimenter notre honte collective d'exister) et r&#233;actionnaire (ce qui est cens&#233; nous consoler). On n'emploie pas le mot &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;r&#233;actionnaire&lt;/i&gt;, bien s&#251;r ; cet &#233;pith&#232;te est r&#233;serv&#233; pour notre volont&#233; d'&#233;mancipation, notre &#171; nationalisme ethnique &#187;, que nous aurions dit-on rejet&#233; en rel&#233;guant le P.Q. au rang de troisi&#232;me parti. Non, le triomphe proclam&#233; de la droite &#233;go&#239;ste, racoleuse, aveugle &#224; la souffrance qu'elle cause, mais rapide &#224; ameuter les matraques quand le d&#233;sespoir donne lieu &#224; la rage, cette purulence r&#233;actionnaire a le droit de se draper des noms les plus nobles. La raison a parl&#233;, voyez-vous. Nous voil&#224; enfin entr&#233;s dans la modernit&#233;, n'est-ce pas. Le capitalisme est la source de tous les progr&#232;s du vingti&#232;me si&#232;cle, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;comme qu'y disent&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mario Dumont a gagn&#233; le c&#339;ur des Qu&#233;b&#233;cois ; c'est ce que j'apprends en ouvrant le journal (n'importe lequel), ou en &#233;coutant la radio, ou en allumant le meuble insignifiant avec des images qui bougent et des annonces de shampoing. Triomphe de la droite. Les pauvres s&#233;paratistes divis&#233;s et an&#233;antis par leur cuisante d&#233;faite. Le Canada enfin lib&#233;r&#233; du r&#232;gne de l'ingratitude des n&#232;gres blancs, nous les fourbes, d&#233;sormais ralli&#233;s &#224; la loi du plus fort. Coupons tous les programmes sociaux. Abolissons le salaire minimum. Acceptons dans l'all&#233;gresse les d&#233;sastres &#233;cologiques provoqu&#233;s par nos pharaons de la grande entreprise. Allons tuer des Arabes. Vive le progr&#232;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_524 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:149px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://vigile.net/ds-idees/index-humour.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/png/18-kiki.png' width=&quot;149&quot; height=&quot;135&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; Je ne sais pas pour vous, mais moi j'ai l'impression qu'il y a quelque chose qui cloche dans cette belle unanimit&#233;. Le genre d'impression qu'on a quand un vendeur de voitures usag&#233;es nous apprend que la splendide Pinto 77 qu'il va nous faire &#224; un prix imbattable est en parfait &#233;tat, ayant appartenu &#224; une bonne s&#339;ur qui ne s'en servait pour ainsi dire jamais. Ou quand un acteur &#224; la retraite nous vante les m&#233;rites d'un produit miracle qui fait pousser les cheveux, ou d'une po&#234;le &#224; frire r&#233;volutionnaire. C'est s&#251;rement vrai : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#231;a passe &#224; la t&#233;l&#233;vision&lt;/i&gt;. Pourtant, je m'interroge. Alors, pour passer le temps entre deux manifestations massives &#224; la gloire de notre glorieuse Reine, je m'amuse &#224; faire des liens sans importance. Des calculs innocents. Des petites observations insignifiantes. Note : je n'ai pas l'orgueil de me croire aussi brillant que les grands esprits du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Journal de Montr&#233;al&lt;/i&gt; ou de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Salut Bonjour&lt;/i&gt;. Si Radio-Canada invite tout le temps les &#233;ditorialistes de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Presse&lt;/i&gt; pour nous dire quoi penser, c'est qu'elle sait ce qu'elle fait. Et si tout ce beau monde dit la m&#234;me chose, c'est s&#251;rement parce que c'est la seule conclusion intelligente qui existe, et certainement pas parce que leur job est de dire ce que le Boss veut qu'ils disent. Si je croyais une telle chose, je serais extr&#233;miste, et les extr&#233;mistes, c'est pas beau. Alors si mes calculs insignifiants laissent entendre que tout ce qui se dit dans les m&#233;dias est de la propagande absurde, &#233;norme et grotesque, c'est forc&#233;ment que je dois &#234;tre un extr&#233;miste, parce que tout le monde qui se m&#233;fie des journalistes et des politiciens est un extr&#233;miste. Honte &#224; nous. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Astheure&lt;/i&gt;, adonnons-nous au plaisir sulfureux de nous rappeler ce que c'est que d'avoir l'esprit critique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La Droite a le triomphe un peu facile&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'abord, le &quot;tsunami&quot;, le &quot;raz de mar&#233;e&quot;, la &quot;vague de fond&quot;, la pluie de sauterelles ad&#233;quiste. Avec tout le respect, sinc&#232;re, que je dois aux Qu&#233;b&#233;cois qui se sont sentis assez frustr&#233;s ou d&#233;sesp&#233;r&#233;s pour voter pour eux, il faut bien dire que la Droite a le triomphe un peu facile. L'ADQ est arriv&#233;e en deuxi&#232;me place dans un contexte de gouvernement minoritaire. Le nombre de si&#232;ges qu'il a r&#233;colt&#233;s ne tient pas, on le sait, de l'expression proportionnelle de la volont&#233; populaire, mais des al&#233;as de la carte &#233;lectorale. C'est d'ailleurs ce fait incontest&#233; qui permet &#224; la caste f&#233;d&#233;raliste de proclamer &#224; chaque victoire &#233;lectorale ind&#233;pendantiste que les r&#233;sultats ne veulent rien dire. Ils sont bien plac&#233;s pour le savoir. Si on veut avoir une id&#233;e r&#233;elle de l'esprit des &#233;lecteurs, il vaut mieux commencer par un chiffre qui, lui, n'est pas insignifiant : le pourcentage des votes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Mais&quot;, entends-je dire les sycophantes habituels, &quot;on les connait les r&#233;sultats : 32 % pour le PLQ, des bons Canadiens Loyaux ; et 31 % pour notre belle Droite dor&#233;e de l'ADQ, Dieu b&#233;nisse son nom. Qu&#233;bec, tu es en mon pouvoir. Vive le Canada ! &quot;
&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#199;a se peut-tu !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Prenons un grand respir, et regardons les chiffres. Tous les chiffres. C'est-&#224;-dire en incluant le grand n&#233;glig&#233; des arguties de nos moines de l'Ordre de Saint-Herm&#233;neute, la petite Aurore des politologues patent&#233;s, la statistique-martyre, j'ai nomm&#233; : le taux d'abstention.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le taux d'abstention est de 29 %. Premi&#232;re constatation, &#233;vidente : pr&#232;s d'un Qu&#233;b&#233;cois sur trois, dont votre humble serviteur, a manifest&#233; son enthousiasme pour le discours des trois partis en restant chez eux. Pour un peuple qui lors du dernier r&#233;f&#233;rendum a particip&#233; au vote &#224; hauteur de 97 %, cette abstention n'est pas sans signification. Bien s&#251;r, ce que ce silence &#233;lectoral cherche &#224; envoyer comme message restera de l'ordre de la conjecture. Aucun journaliste n'a daign&#233; s'abaisser &#224; savoir ce que le bon peuple pense vraiment. D&#233;tail insignifiant, apr&#232;s tout. Nous sommes en d&#233;mocratie. Buvez Coke.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;N&#233;anmoins, on peut faire au moins une supposition : c'est que, selon nos braves m&#233;dias d'information objective, l'ADQ avait le vent dans les voiles. Si vous vouliez voter pour ce parti, votre heure &#233;tait venue. Le petit Mario, dont on nous chante la gloire depuis des ann&#233;es (il-est-jeune-il-est-beau-il-incarne-le-vrai-changement), allait enfin acc&#233;der au tr&#244;ne tant m&#233;rit&#233;. L'objectif, pour ceux &#224; qui la manoeuvre aurait &#233;chapp&#233;, &#233;tant de faire sortir au maximum le vote ad&#233;quiste. C'est donc dire qu'il a selon toute vraisemblance fait le plein des votes qu'il est capable d'aller chercher. Ce qui &#233;tait d'autant plus important que le parti de M&#233;ga-Mario &#233;tait, trois mois avant les &#233;lections, &#224; l'article de la mort. Lui et ses &quot;id&#233;es&quot;. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Devoir&lt;/i&gt; se lamentait telle une pleureuse au tombeau d'&#201;gisthe : &quot;De deux choses l'une. Ou bien le message ne passe pas, faute d'un argumentaire solide. Ou bien le messager ne parvient pas &#224; faire vibrer les cordes sensibles.&quot; L'article s'appelait &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Non-aux-lucides&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Non aux Lucides&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. C'&#233;tait le 11 janvier, sign&#233; de la plume de G&#233;rard B&#233;rub&#233;. M&#234;me le pr&#233;sident de CROP en remettait, atterr&#233; par la solidarit&#233; pathologique de la peuplade tribale : &quot;Les Qu&#233;b&#233;cois sont tr&#232;s attach&#233;s &#224; leur social-d&#233;mocratie. (...) Contrairement &#224; nos hypoth&#232;ses de d&#233;part (notez le parti-pris, NdA), les jeunes g&#233;n&#233;rations ne semblent pas particuli&#232;rement (notez l'euph&#233;misme, NdA) enclines &#224; vouloir r&#233;duire les services de l'&#201;tat pour r&#233;duire la dette qui leur reviendra (notez la plogue id&#233;ologique, NdA). Au contraire, ils semblent plus que tous, proportionnellement, attach&#233;s &#224; la social-d&#233;mocratie qu&#233;b&#233;coise&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_523 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:211px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.ledevoir.com/2007/01/11/127058.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/png/18-solidaires.png' width=&quot;211&quot; height=&quot;272&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; &quot;Il y a une limite &#224; ce qu'on peut biaiser notre questionnaire&quot;, avait rajout&#233; le ma&#238;tre es sondages, sans susciter de surprises. (Citation extraite d'un autre article de la m&#234;me &#233;dition du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Devoir&lt;/i&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.ledevoir.com/2007/01/11/127058.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Qu&#233;b&#233;cois plus solidaires que lucides&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, par Alexandre Shields).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est beau la d&#233;mocratie. Trois mois plus tard, au lendemain d'une &#233;lection pr&#233;cipit&#233;e pour tirer profit de la d&#233;confiture d'un chef p&#233;quiste n&#233;o-lib&#233;ral, voil&#224; qu'on nous apprend que le Qu&#233;bec, le myst&#233;rieux Qu&#233;bec profond, sage (parce que r&#233;actionnaire) et pourtant consanguin (parce que Qu&#233;b&#233;cois), venait de d&#233;couvrir la vertu transcendante des coupures sociales et de la maximisation des profits, le tout teint&#233; d'un bon vieux repli sur soi crypto-raciste. Bien plus, ces r&#233;sultats ne d&#233;montreraient-ils pas que, nonobstant l'article d&#233;vastateur du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Devoir&lt;/i&gt;, dont l'encre venait &#224; peine de s&#233;cher, nonobstant le m&#233;contentement universel suscit&#233; par le banditisme l&#233;galis&#233; du r&#233;ingi&#233;nieur en chef (bonjour le Mont Orford), nonobstant notre refus cat&#233;gorique et ininterrompu du radical-capitalisme de Mike Harris, Ralph Klein, et autres George W. Machin, nonobstant notre d&#233;go&#251;t visc&#233;ral du profit imp&#233;rial et du parfum sanglant des p&#233;tro-dollars, nonobstant enfin tout contact avec la r&#233;alit&#233; la plus criante, on nous apprenait que le Qu&#233;bec avait toujours, dans le fond, &#233;t&#233; &#224; Droite, qu'il avait toujours m&#233;pris&#233; les pauvres, et baign&#233; de larmes de remerciements les bienheureux pieds des Seigneurs de Bay Street. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Hosannah au plus haut des cieux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout &#231;a parce que le petit Dumont a fait 31 % des votes exprim&#233;s. EXPRIM&#201;S.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Retournons &#224; la r&#233;alit&#233; partag&#233;e par 98,97 % de la population terrestre, qu'on appelle aussi la raison. Pour ce faire, d&#233;cortiquons une fois pour toutes les r&#233;sultats de la derni&#232;re &#233;lection. Mais cette fois, soyons plus respecteux de l'intelligence de tous les Qu&#233;b&#233;cois, en l'occurence la v&#244;tre, et ajustons les chiffres en tenant compte du taux d'abstention. En prenant compte des &#233;lecteurs qui ont choisi de ne pas voter, quel pourcentage des Qu&#233;b&#233;cois a r&#233;ellement vot&#233; pour chacun des partis ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voici ce que &#231;a donne :&lt;/p&gt; &lt;pre&gt;
Abstentions : 29 %
PLQ : 23 %
ADQ : 22 %
PQ : 20 %
Partis progressistes : 6 %&lt;/pre&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;22 % pour l'ADQ&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vous conviendrez que ce n'est pas tout-&#224;-fait un triomphe digne d'Alexandre. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Idem&lt;/i&gt; pour les deux autres &quot;gros partis&quot;, d'ailleurs. En termes de r&#233;sultats, finalement, c'est plut&#244;t Schtroumpf Vert / Vert Schtroumpf.&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; It is the kif-kif.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les &quot;accommodements raisonnables&quot;... Pactole pour le R&#233;gime&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Maintenant, voici un brin d'analyse sans cons&#233;quence, n'&#233;tant pas homologu&#233;e par la Ligue de D&#233;fense Objective du F&#233;d&#233;ralisme et de la Grande Entreprise, B&#233;nis Soient Leurs Noms.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;ADQ : A fait le plein des votes en tablant sur les difficult&#233;s financi&#232;res de la classe moyenne, bl&#226;m&#233;es naturellement sur les assist&#233;s sociaux qui profitent du syst&#232;me, contrairement aux milliardaires que nous subventionnons grassement ; a touch&#233; le gros lot en capitalisant sur le malaise dit des &quot;accommodements raisonnables&quot;, prenant bien soin de l'envenimer dans les limites de l'ind&#233;cence. A pris bien soin de taire le fait que si les Qu&#233;b&#233;cois r&#233;agissent tant &#224; cette derni&#232;re question, c'est pour deux raisons bien simples :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1) Le Canada, non content d'assimiler notre peuple, nous a interdit par la honte et la calomnie de nous nommer, et d'exprimer notre culture. C&#233;line Dion qui chante la chanson de Titanic &#224; la f&#234;te du Canada : voil&#224; la culture Canadienne-Fran&#231;aise que nos amis Anglais nous permettent. Sinon, vlan ! Un expos&#233; dans le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;New Yorker&lt;/i&gt; ou le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Spiegel&lt;/i&gt; sur notre antis&#233;mitisme g&#233;n&#233;tique, notre haine farouche de la libert&#233;, notre alcoolisme, nos mauvaises mani&#232;res, notre mauvais parler, notre d&#233;bilit&#233;, et la gr&#226;ce infinie de nos ma&#238;tres victoriens qui condescendent &#224; laisser notre troupeau profiter d'une aide sociale g&#233;n&#233;ralis&#233;e qu'il ne m&#233;rite m&#234;me pas. Nous sommes b&#234;tes et laids, car nous ne sommes pas Anglais, eux dont la langue est celle des affaires, la langue internationale, comme le latin l'&#233;tait aux belles heures de Rome.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le nouveau chef de l'Opposition a saisi cette frustration, et lui a donn&#233; une voie, &#212; combien modeste, pour s'exprimer. Et aujourd'hui qu'il a convaincu le troupeau des damn&#233;s &#224; se rallier &#224; lui, le preux Mario propose de signer l'inique constitution de 1982. Pour faire accepter cette trahison, et d&#233;tourner notre col&#232;re, nul doute qu'il nous convaincra du bien-fond&#233; de casser la gueule aux m&#233;chants extr&#233;mistes musulmans.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2) Parlons-en des musulmans. Voil&#224; cinquante ans qu'ils se font bombarder par &quot;le monde libre&quot;. Quand ils &#233;lisent des mod&#233;r&#233;s, on les massacre. Quand ils tentent de renverser les dictateurs mis en place aux bons soins de l'Occident, on les massacre. Quand un de ces dictateurs refuse d'ob&#233;ir aux ordres, comme en 1990, on les massacre. Quand, l'URSS &#233;tant &#233;croul&#233;, le complexe militaro-industriel a besoin d'un nouveau Frankenstein, on les massacre. Et quand une poign&#233;e de musulmans en a marre, et qu'ils se tournent vers ce qui para&#238;t le moins mauvais d'une liste de choix catastrophiques, et adoptent l'int&#233;grisme... Alors, on les traite de sauvages, jusqu'au dernier, et on les massacre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le peuple qu&#233;b&#233;cois n'est quand m&#234;me pas si b&#234;te qu'on aime le faire croire. Vous &#233;tiez de quel bord, vous, quand l'&#201;tat d'Isra&#235;l a encore une fois bombard&#233; le Liban ? C'est pour cela que la pol&#233;mique sur les accomodements raisonnables est une telle aubaine pour nos g&#233;rants de la succursale imp&#233;riale. Nous avons une r&#233;action &#233;pidermique &#224; l'int&#233;grisme musulman, parce que nous avons connu l'int&#233;grisme catholique. Nos bons cur&#233;s, tandis qu'ils r&#233;&#233;crivaient l'histoire pour se donner le r&#244;le de sauveurs de l'&#226;me canadienne fran&#231;aise, excommuniaient les patriotes et allaient voir les marchands britanniques pour leur promettre qu'ils tiendraient en laisse le peuple rebelle. March&#233; conclu. Pendant ce temps, les petits marchands collabos, ayant surv&#233;cu &#224; la r&#233;pression de 1837-1838, et devenus rois-n&#232;gres, se sont fait honneur de nous vendre aux colonisateurs britanniques en 1867. Et puis, les barons-voleurs, potentats du chemin de fer, avaient besoin d'une population servile pour payer l'expansion n&#233;cessaire &#224; ses profits. Ils &#233;taient dans le trou. Nous avons pay&#233; leur dette. C'est cela, le pacte conf&#233;d&#233;ratif. Avec le b&#233;n&#233;fice suppl&#233;mentaire d'une nouvelle police mont&#233;e, fond&#233;e dans le but avou&#233; de massacrer les m&#233;tis et les travailleurs r&#233;calcitrants. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;The mounties always get their man&lt;/i&gt;. C'est eux qu'on envoie traditionnellement nous mitrailler quand nous refusons de prendre les armes &#224; la gloire de l'Empire. B&#233;nies soient ces balles. Nous avons endur&#233; tout cela. 123 ans de clerg&#233;. Un long si&#232;cle de honte, &#224; genoux s'il-vous-plait. Puis nous en avons eu assez. Fini les sermons &#224; la gloire de la famine et de la soumission &#233;ternelle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais un peuple &#224; qui on refuse le droit d'exister n'a pas le droit de dire son histoire. Ces choses, nous devons nous les r&#233;apprendre nous-m&#234;mes. Et &#231;a prend du temps. Monsieur Dumont, lui, n'a pas ce handicap. Il peut dire ce qu'il veut, quand il veut : il a toujours derri&#232;re lui trente chroniqueurs objectifs pour le trouver brillant. Issu d'un peuple vaincu et &#233;cras&#233;, mais qui a appris &#224; se relever, ce politicien, promis aux honneurs qu'on doit aux commis de province, donne &#224; notre col&#232;re confuse un ennemi facile, qui ne r&#233;alise pas la maladresse d'afficher sa r&#233;bellion derri&#232;re un voile qui nous rappelle trop de choses. L'int&#233;grisme nous fait injure sans qu'on n'ait jamais pu, faute d'&#234;tre libres, lui expliquer pourquoi. Les soi-disant extr&#233;mistes musulmans, cach&#233;s dans chaque Merguez, un couteau entre les dents, comprendraient-ils la cause de notre intol&#233;rance ? Comprendrions-nous celle de la leur ? Ce n'est pas dans le Canada qu'on va le savoir. On ne dialogue pas dans un R&#233;gime oppressif. On &#233;coute le ma&#238;tre nous dire ce que nous devons dire. C'est comme &#231;a qu'on sait que le r&#233;gime est oppressif. Ce n'est pas par l'inconfort : c'est pas l'obligation constante, et toute naturelle, de nous &#233;craser. La politesse de parler anglais. L'impolitesse de parler fran&#231;ais. On nous a appris &#224; int&#233;grer cela.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les &quot;accommodements raisonnables&quot;... Pactole pour le R&#233;gime. Divisez pour r&#233;gner. Air connu. Nous n'avons pas le droit d'exister, mais nous avons le droit d'ha&#239;r, pourvu qu'il s'agisse d'un autre opprim&#233;. Et tandis que s'entred&#233;chirent les &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;natives&lt;/i&gt; qu'il tient sous sa botte, le fils de Britannia pleure des larmes s&#232;ches devant tant de barbarie, et se f&#233;licite d'&#234;tre de la plus belle civilisation au monde.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voil&#224; pour Mario. Un frelateur de col&#232;re. Un homme, &#224; tous &#233;gards, petit.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;PLQ : N&#233;ant. Ne r&#233;colte plus gu&#232;re que les votes de ceux qui de Westmount crient au g&#233;nocide et appellent &#224; la partition. Plus quelques banquiers, peut-&#234;tre. Adjoignons &#224; son &#233;lectorat l'&#233;quipe &#233;ditoriale de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Presse&lt;/i&gt;, journal satyrique bien connu de la r&#233;gion m&#233;tropolitaine, qu'&#224; force de ridicule tout le monde a appris &#224; ne jamais prendre au s&#233;rieux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;PQ : Ah.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Depuis presque quatre d&#233;cennies, le mouvement de lib&#233;ration nationale s'entred&#233;chire. Faut-il appuyer le Parti Qu&#233;b&#233;cois ? Les arguments de part et d'autre, vous les connaissez. Nous les avons tous entendus, et r&#233;p&#233;t&#233;s, des milliers de fois. Avec passion, avec col&#232;re, avec l'urgence de notre volont&#233; d'&#234;tre libres.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le PQ n'a pas cette volont&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Parti Qu&#233;b&#233;cois est un outil important dans notre lutte. Mais il n'est que cela. Un outil, parmi tant d'autres. Un parti, op&#233;rant dans les limites restreintes d'un R&#233;gime dont chaque institution est consacr&#233;e &#224; notre soumission ou notre disparition, ne peut pas &#234;tre notre principal cheval de bataille. Il ne doit pas l'&#234;tre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Beaucoup de gens que j'aime militent pour le Parti Qu&#233;b&#233;cois. Je respecte cet engagement. Ils le font parce qu'ils croient en notre ind&#233;pendance. Ils le font parce qu'ils veulent enfin vivre comme des femmes et des hommes libres. Ils le font parce qu'ils consid&#232;rent que c'est le meilleur choix strat&#233;gique, le meilleur endroit o&#249; canaliser leurs &#233;nergies.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ils ne le font pas parce qu'ils consid&#232;rent que le Parti Qu&#233;b&#233;cois est un grand parti. Ils ne sont pas fous.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ceci dit, c'est la confiance que nous avons accord&#233;e au Parti Qu&#233;b&#233;cois pendant si longtemps qui nous a men&#233;s &#224; la situation que nous connaissons aujourd'hui. Parce que le Parti Qu&#233;b&#233;cois ne travaille pas pour l'ind&#233;pendance nationale, pour la solidarit&#233; avec les autres peuples de la Terre, pour aucune des causes qui nous tiennent &#224; coeur, pas m&#234;me pour la survie du peuple qu&#233;b&#233;cois. Le PQ n'est pas cela ; et, &#224; l'exception peut-&#234;tre du bref r&#232;gne de Jacques Parizeau, il ne l'a jamais &#233;t&#233;. Son unique adversaire, ce n'est pas le Canada, ni le colonialisme, ni l'imp&#233;rialisme, ni la faim, ni la mis&#232;re, ni l'injustice, ni rien de toutes ces choses avec lesquelles il s'accommode tr&#232;s bien.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Son ennemi, ce sont les &quot;purs et durs&quot;. Et qui sont ces gens ? Ce sont ceux qui refusent la ligne dict&#233;e par l'ex&#233;cutif du parti. Lequel n'a pas &#233;t&#233; fond&#233; pour faire l'ind&#233;pendance, au contraire du RIN, que Ren&#233; L&#233;vesque trouvait bien extr&#233;miste ; mais bien pour r&#233;aliser une r&#233;forme du f&#233;d&#233;ralisme, baptis&#233;e souverainet&#233;-association, afin de r&#233;aliser enfin le fantasme d'un &#233;tat bi-national r&#234;v&#233; par Henri-Bourassa trente ans apr&#232;s la cr&#233;ation du plus beau pays au monde, dans un document intitul&#233; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Acte d'Am&#233;rique du Nord Britannique&lt;/i&gt;.&lt;br&gt;
Britannique.&lt;br&gt;
Britannique.&lt;br&gt;
British.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Speak White&lt;/i&gt;. L'expression revient &#224; la mode, &#224; ce qu'il para&#238;t. Elle est en tout cas assez bonne pour les commentateurs de la CBC. Ne cherchez pas le second degr&#233;. Il n'y en a pas.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; la fin de la conf&#233;rence de Qu&#233;bec, en 1864, o&#249; ont &#233;t&#233; &#233;tablies les 72 r&#233;solutions adopt&#233;es en 1867 pour donner naissance au Canada, le p&#232;re de la conf&#233;d&#233;ration George Brown s'est exclam&#233;, triomphant : &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/avant-garde/charronmythe1.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&quot;Is it not wonderful ? French Canadianism entirely extinguished ! &quot;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Georges &#201;tienne-Cartier n'a rien dit. Il est parti convaincre les d&#233;put&#233;s canadiens-fran&#231;ais de l'excellence de la nouvelle entente. Il a r&#233;ussi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Canada a pris notre nom. Il a pris notre libert&#233;. Il a pris notre dignit&#233;. Et nous avons fait comme tous les peuples opprim&#233;s : nous avons appris &#224; aimer nos ma&#238;tres, et &#224; redouter leur col&#232;re. L'ennemi est devenu non pas celui qui nous m&#233;prise, mais celui qui d&#233;nonce ce m&#233;pris. Et r&#233;p&#232;te la facilit&#233; de s'en lib&#233;rer. Suffit de vouloir. Le pire qu'ils peuvent faire, c'est de nous envoyer l'arm&#233;e. Et apr&#232;s ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La libert&#233; fait toujours peur, au d&#233;but. Et nous avons honte de cette peur. La peur et la honte. C'est comme &#231;a que le Canada a surv&#233;cu jusqu'ici.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Parti Qu&#233;b&#233;cois n'a jamais aim&#233; parler d'oppression. &quot;Le Canada n'est pas le goulag&quot;, disait l'autre. Et il s'est b&#226;ti, on l'oublie trop souvent, en opposition aux m&#233;chants extr&#233;mistes terroristes assoiff&#233;s de sang du FLQ. Quand l'arm&#233;e h&#233;ro&#239;que du Canada d&#233;barque sur nos terres pour nous montrer qui est-ce qui m&#232;ne, le Parti a son heure de gloire. Bien s&#251;r, affirme-t-il, il faut comprendre que les felquistes expriment une frustration r&#233;elle... mais nous sommes mod&#233;r&#233;s, pas comme ces sales barbus.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quand on d&#233;couvre le cadavre de Pierre Laporte, la population occup&#233;e militairement est doublement sous le choc. Quelle est la part de r&#233;pulsion ? De peur ? De honte ? De satisfaction ? C'est le grand traumatisme de la r&#233;pression de 1970. Traumatiser les gens, c'est le but vis&#233;. C'est &#231;a, la r&#233;pression. Les ma&#238;tres agissent toujours ainsi. Pour maintenir l'oppression, qui est ce que nous vivons &#224; tous les jours.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s le choc de 1970, il y a un divorce. Les radicaux, progressistes, sont peu &#224; peu all&#233;s rejoindre les Marxistes-L&#233;ninistes. &#192; l'&#233;poque, &#231;a se d&#233;fendait. Comble de l'ironie, se basant sans doute sur un vieux texte de Staline, ils ont d&#233;cid&#233; de devenir f&#233;d&#233;ralistes. L'union de tous les travailleurs &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ad Mari usque ad Mare&lt;/i&gt;, et tout ce genre de choses. Ils se sont sabord&#233;s apr&#232;s la premi&#232;re d&#233;faite r&#233;f&#233;rendaire. Les gens n'avaient plus le go&#251;t de se battre. Allez savoir pourquoi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quand aux ind&#233;pendantistes, bless&#233;s, meurtris, honteux, leurs &#233;motions un capharnaum de contradictions - les felquistes avaient raison, mais ils ont tu&#233; un homme - ils sont all&#233;s rejoindre le parti m&#234;me dont le manque de scrupules et l'opportunisme avaient pouss&#233; de jeunes militants de la Rive-Sud &#224; se joindre au FLQ 70. Le parti m&#234;me qui n'aurait de cesse d'exclure et de ridiculiser tous les militants dont le discours lib&#233;rateur effrayait les apparatchiks. Un parti dont la plate-forme, et les tactiques - &#224; commencer par le fameux r&#233;f&#233;rendum, une invention tardive - seraient concoct&#233;es par un agent double &#224; la solde d'Ottawa (d'aucuns disent m&#234;me Washington). Tactiques et discours qui demeurent les m&#234;mes longtemps apr&#232;s que Claude Morin ait &#233;t&#233; d&#233;masqu&#233;. On l'invite encore dans les m&#233;dias, d'ailleurs, Monsieur Morin. En tant qu'ancien strat&#232;ge p&#233;quiste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Histoire sempiternelle du Parti. La m&#234;me peur de la d&#233;faite, et surtout de la victoire. Le m&#234;me tabou de la Libert&#233;. Le m&#234;me aveuglement aux injures, aux pr&#233;paratifs d'agression, &#224; l'hyst&#233;rie de ceux qui nous dominent depuis tellement longtemps qu'ils en sont venus &#224; croire que c'est normal. Et pour eux, ce l'est. Notre libert&#233; les obligerait &#224; se remettre en question ; elle est dangereuse. On oublie que le Canada a peur de nous. Presque autant que le Parti Qu&#233;b&#233;cois...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On continue d'exclure les &quot;purs et durs&quot;, les &quot;int&#233;gristes de la langue&quot;, ceux qu'un v&#233;ritable mouvement appelle ses militants. Alors ceux-ci votent ADQ, ou pour le Parti Vert, ou Qu&#233;bec Solidaire. Ou ils restent &#224; la maison.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;20 % d'entre eux, 20 % d'entre nous, esp&#232;rent qu'ils peuvent encore croire au Parti Qu&#233;b&#233;cois. Je crois qu'il y a beaucoup de chagrin chez ces gens. Je peux me tromper.
J'aime bien Ren&#233; L&#233;vesque, malgr&#233; moi, parce qu'il nous a quand m&#234;me rappel&#233; une fois que nous &#233;tions &quot;peut-&#234;tre quelque chose comme un grand peuple&quot;. Il avait un c&#244;t&#233; attachant, ti-poil. Mais ce n'&#233;tait pas le Messie. Et, amis p&#233;quistes, excusez-moi, mais est-ce qu'on peut se parler franchement ? Ni Ren&#233; L&#233;vesque, ni son parti, n'ont jamais &#233;t&#233; ind&#233;pendantistes. Ni, d'ailleurs, progressistes, dans le sens o&#249; nous l'entendons. Quelques d&#233;put&#233;s, oui, bien s&#251;r. Mais pas le parti. Il n'a pas &#233;t&#233; fond&#233; pour &#231;a. S'il l'&#233;tait, apr&#232;s quarante ans, on s'en serait rendu compte. Je sais que c'est dur. Mais le coureur a eu sa chance. C'&#233;tait &#224; lui de nous &#233;couter. Il ne l'a jamais fait. Jamais. Il nous a dit de lui ob&#233;ir, pour la cause. Nous l'avons fait. Comment va la cause ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La cause va bien.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La cause, c'est nous.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous tous, avec nos espoirs et nos engueulades, nos petites catastrophes et nos grandes victoires. Dont la plus grande est celle que nous sommes en train de remporter sur nos illusions. Ce n'est pas grave, d'avoir eu des illusions. &#199;a prouve que nous sommes humains. &#199;a va.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous allons faire l'Ind&#233;pendance du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Car un jour nous serons assez &#224; nous souvenir de ce sentiment, qu'ignorent les partis, cet &#233;tat d'irr&#233;pressible beaut&#233; qui est l'&#233;tat naturel de la race humaine, et qu'on appelle &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Libert&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>La pr&#233;f&#233;rence f&#233;d&#233;raliste</title>
		<link>http://www.vigile.net/La-preference-federaliste</link>
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		<dc:date>2007-04-14T16:21:10Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Yvonnick Roy - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>REGARD CRITIQUE SUR LES OPTIONS POLITIQUES DU QU&#201;BEC &#171; Je r&#234;ve un Canada fran&#231;ais autonome, Une vraie Nouvelle-France&#8230; &#187; Jules Paul Tardivel, 1890 Le Qu&#233;bec fran&#231;ais est en soi un miracle d'adaptation et d'opportunisme. L'&#233;chec de la colonisation fran&#231;aise en Am&#233;rique (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;REGARD CRITIQUE SUR LES OPTIONS POLITIQUES DU QU&#201;BEC&lt;/p&gt; &lt;p align=right&gt;&#171; Je r&#234;ve un Canada fran&#231;ais autonome,&lt;br&gt; Une vraie Nouvelle-France&#8230; &#187;
Jules Paul Tardivel, 1890&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec fran&#231;ais est en soi un miracle d'adaptation et d'opportunisme. L'&#233;chec de la colonisation fran&#231;aise en Am&#233;rique du Nord, consomm&#233; par le Trait&#233; de Paris de 1763, aurait pu signifier sa disparition pure et simple, car la colonisation anglaise qui s'en est suivie lui &#233;tait au moins aussi hostile que sympathique. La colonisation culturelle et &#233;conomique exerc&#233;e par les &#201;tats-Unis ne permet pas d'envisager l'avenir sans inqui&#233;tude. N&#233;anmoins, le Qu&#233;bec f&#234;tera en 2008 quatre si&#232;cles d'enracinement fran&#231;ais en Am&#233;rique du Nord. Le r&#234;ve dont parle Jules Paul Tardivel ne s'est pas &#233;teint et nos m&#232;res, selon Madeleine Gleason-Huguenin (1912), y ont largement contribu&#233; :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Il faudrait le d&#233;fil&#233; des m&#232;res qui n'ont jamais cess&#233; de chanter aupr&#232;s des berceaux, pour comprendre comment il se fait que deux si&#232;cles et demi ont pass&#233; sur nous sans rien changer &#224; notre id&#233;al, sans rien entamer de notre langue et de notre religion. Les m&#232;res &#233;taient l&#224; au lendemain de la d&#233;faite, des grands h&#233;ros qui, dans Qu&#233;bec, succomb&#232;rent sous la tra&#238;trise et le nombre ; elles &#233;taient l&#224; les m&#232;res, meurtries, bris&#233;es, mais non vaincues. Elles portaient en elles la force qui assure les d&#233;finitifs triomphes, et l'&#226;me ulc&#233;r&#233;e, elles courb&#232;rent la t&#234;te et se pench&#232;rent sur les tout-petits, en jurant que l&#224; ou les hommes avaient &#233;chou&#233;, les femmes r&#233;ussiraient, et, de ce jour nous les avons vu &#224; la t&#226;che&#8230; &#187; (1)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette touchante d&#233;claration &#8220;f&#233;ministe&#8221; avant la lettre, presque triomphaliste m&#234;me, fait une place &#224; la religion qu'elle n'a probablement plus de nos jours, quoique le pr&#233;ambule de la loi constitutionnelle canadienne de 1982 fait r&#233;f&#233;rence &#224; ce corpus religieux : &#171; Attendu que le Canada est fond&#233; sur des principes qui reconnaissent la supr&#233;matie de Dieu et la primaut&#233; du droit. &#187; Par contre, la &#8220;foi&#8221; en la culture fran&#231;aise demeure encore bien vivace chez la majorit&#233; des qu&#233;b&#233;cois et dans la transmission de ce patrimoine culturel, les m&#232;res ont certainement jou&#233; un r&#244;le d&#233;terminant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le cin&#233;aste Pierre Perrault partage le m&#234;me r&#234;ve (1992) qu'il associe clairement &#224; la r&#233;alisation d'un projet politique coh&#233;rent, la cr&#233;ation d'un foyer national pour les fran&#231;ais d'Am&#233;rique :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Je plaide coupable de n'attendre que ce moment-l&#224;. Coupable d'en r&#234;ver. De r&#234;ver d'un pays. D'un tout petit pays. Je ne r&#233;clame pas un empire. Je ne demande qu'une parcelle de l'empire. Je r&#233;clame &#224; l'anglophonie triomphante qui poss&#232;de l'Angleterre, l'&#201;cosse et l'Irlande, qui occupe l'Australie, la Nouvelle-Z&#233;lande l'Afrique du Sud et le sud de l'Afrique, rien de moins que les minuscules &#201;tats-Unis, les territoires du Nord-Ouest et les &#238;les de l'Arctique, j'ose r&#233;clamer une toute petite province que j'ai d&#233;frich&#233;e de p&#232;re en fils durant quatre si&#232;cles. Et mon nationalisme leur para&#238;trait mesquin. Il l'est en effet : je suis sans ambition. Je me contenterais de ce qui m'appartient. Je n'ai aucune envie de conqu&#233;rir. Ni la terre des autres. Ni l'&#226;me de tout le monde&#8230; Ils occupent d&#233;j&#224; la moiti&#233; de la plan&#232;te. Ils sont en train de coloniser l'autre. Et ils pensent qu'ils n'ont rien &#224; partager&#8230; &#187; (2)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8220;L'anglophonie triomphante&#8221; dont parle Perrault repr&#233;sente 305 millions de personnes en Am&#233;rique du Nord, 282 millions aux &#201;tats-Unis, 23 millions au Canada, comparativement &#224; 6 millions de francophones qu&#233;b&#233;cois et pr&#232;s de 1 million de francophones hors Qu&#233;bec. Les fran&#231;ais d'Am&#233;rique ne repr&#233;sentent que 2,3 % de la population anglophone et le ratio n'est pas pr&#232;s de s'inverser, compte tenu du faible taux de remplacement des g&#233;n&#233;rations et du taux important de mortalit&#233; violente (accidents, homicides, noyades et suicides) chez les jeunes adultes masculins du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qu'il en d&#233;coule un sentiment de fragilit&#233; ou de vuln&#233;rabilit&#233; identitaire chez les francophones et que ce sentiment se traduise par la recherche inlassable, soit d'une reconnaissance constitutionnelle sp&#233;cifique, soit d'une affirmation nationale &#233;mancipatrice ne devrait pas surprendre. Aux &#201;tats-Unis, ils &#233;taient 8,3 millions d'am&#233;ricains &#224; d&#233;clarer une ascendance d'origine fran&#231;aise lors du dernier recensement effectu&#233; en 2000, mais les citoyens de ce pays se consid&#232;rent d'abord comme am&#233;ricains, de culture anglaise, et tout est fait depuis l'&#233;cole pour le leur rappeler. Aucun n'a le privil&#232;ge de vivre dans sa culture d'origine. Le Canada a choisi une autre avenue, a priori moins radicale que le melting-pot culturel, le multiculturalisme, mais cette voie n'enl&#232;ve rien au pouvoir d'attraction de la culture dominante en Am&#233;rique du Nord.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La constitution canadienne de 1982 ne r&#233;pond pas aux pr&#233;occupations culturelles des francophones. On y parle du Canada, des provinces et une dizaine d'articles sont consacr&#233;s sp&#233;cifiquement au Nouveau-Brunswick, un clin d'&#339;il &#224; sa population acadienne, 236 000 francophones, dont les anc&#234;tres ont eu largement leur part d'arbitraire et de souffrances.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'Accord du lac Meech sign&#233; en 1987 par le premier ministre Brian Mulroney et par les dix premiers ministres provinciaux aurait inscrit dans la Constitution m&#234;me une reconnaissance du Qu&#233;bec en tant que soci&#233;t&#233; distincte. L'Accord aurait &#233;galement limit&#233; le recours au pouvoir f&#233;d&#233;ral de d&#233;penser en accordant aux provinces le droit de se d&#233;sister, avec indemnisation, de tout programme &#224; frais partag&#233;s relevant de la comp&#233;tence provinciale. Il aurait pr&#233;cis&#233; les pouvoirs provinciaux en mati&#232;re d'immigration, impos&#233; le choix de trois des neuf juges de la Cour supr&#234;me parmi les membres du Barreau civil du Qu&#233;bec, et modifi&#233; la proc&#233;dure d'amendement en exigeant le consentement unanime dans le cas de certains changements institutionnels. L'accord est tomb&#233; en nullit&#233; parce que les assembl&#233;es l&#233;gislatives du Manitoba et de Terre Neuve ne l'ont pas ratifi&#233; dans le d&#233;lai prescrit de trois ans. Or, ces deux provinces, ne repr&#233;sentant que 5 % de la population canadienne, ont eu le pouvoir d&#233;mesur&#233; de bloquer l'&#233;volution constitutionnelle du pays pour plusieurs ann&#233;es. Ce n'est pas l&#224;, &#224; proprement parler, un fleuron des plus glorieux de la d&#233;mocratie canadienne, compte tenu que selon la constitution, toute modification affectant le partage des comp&#233;tences doit recevoir l'aval du Parlement f&#233;d&#233;ral et des l&#233;gislatures d'au moins sept provinces dont la population confondue repr&#233;sente au moins 50 % de la population totale des provinces, ce qui &#233;tait largement acquis &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au contraire, apr&#232;s le rejet de l'Accord du lac Meech, l'entente sur l'Union sociale entre les provinces et le gouvernement f&#233;d&#233;ral, excluant le Qu&#233;bec, sign&#233;e le 4 f&#233;vrier 1999, autorise le f&#233;d&#233;ral &#224; r&#233;investir dans les programmes sociaux en s'arrogeant des comp&#233;tences qui rel&#232;vent normalement des provinces, et ce, avec l'accord tacite des provinces signataires, mettant encore une fois le Qu&#233;bec en mode d&#233;fensif.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette &#233;volution du f&#233;d&#233;ralisme canadien est devenue une constante. Si on ne peut reprocher au Canada anglais repr&#233;sentant plus de 75 % de la population canadienne de vouloir se d&#233;finir un pays &#224; sa convenance, selon les r&#232;gles d&#233;mocratiques usuelles, en contrepartie, cela signifie clairement que le wagon qu&#233;b&#233;cois est d&#233;sormais solidement arrim&#233; quelque part derri&#232;re la locomotive f&#233;d&#233;rale, parmi les autres provinces canadiennes, et il ne lui sert plus &#224; rien de s'&#233;gosiller &#224; apostropher le conducteur qui a re&#231;u l'aval des canadiens pour construire l'identit&#233; canadienne selon les v&#339;ux de la majorit&#233; constituante.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec ne peut plus penser imposer ou satisfaire pleinement ses aspirations nationales &#224; l'encontre des aspirations de la majorit&#233;, encore moins esp&#233;rer former un pays &#224; l'int&#233;rieur du pays canadien. Les tensions r&#233;centes autour du contr&#244;le de la radio par satellite, de la repr&#233;sentativit&#233; du gouvernement qu&#233;b&#233;cois en mati&#232;re de relations internationales dans ses champs de comp&#233;tence ou encore, de la r&#233;glementation f&#233;d&#233;rale des march&#233;s financiers, laquelle suppose pour certains l'abolition des commissions provinciales, alors m&#234;me que le gouvernement qu&#233;b&#233;cois vient &#224; peine de cr&#233;er l'Agence nationale d'encadrement du secteur financier, sont quelques exemples de la gu&#233;rilla juridico administrative permanente &#224; laquelle se livrent le Canada et le Qu&#233;bec. Une gu&#233;rilla co&#251;teuse, malheureuse et st&#233;rile qui ne peut que lasser la population et conduire &#224; l'&#233;puisement politique de la partie minoritaire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si le Qu&#233;bec ne peut imposer ses vues, parce qu'il n'est pas ma&#238;tre de l'agenda politique canadien, cela ne signifie nullement par contre que l'&#233;pop&#233;e des fran&#231;ais d'Am&#233;rique doive se terminer en queue de poisson, dans un vide ou un non-lieu historique absolu. Ce serait tout &#224; fait absurde d'abdiquer de la sorte, se faire injure incroyablement, apr&#232;s avoir parcouru le continent de Port-Royal aux Rocheuses, de la Baie d'Hudson &#224; l'embouchure du Mississipi et apr&#232;s avoir tant lutt&#233;, tant r&#233;sist&#233; pour implanter, conserver et d&#233;velopper l'h&#233;ritage culturel des premiers colons fran&#231;ais sur ce continent. Il faut comprendre et faire comprendre, si c'est encore n&#233;cessaire, que la personnalit&#233; intrins&#232;que du Qu&#233;bec, son &#226;me en quelque sorte, ne repose pas sur les gains sociaux et &#233;conomiques formidables des 45 derni&#232;res ann&#233;es dans tous les domaines des sph&#232;res publiques et priv&#233;es, en sant&#233;, en &#233;ducation en mati&#232;re de d&#233;veloppement &#233;conomique et financier, mais essentiellement dans sa personnalit&#233; fran&#231;aise, son acharnement &#224; vouloir vivre dans cette culture et &#224; en assurer la p&#233;rennit&#233;. Et ce n'est pas facile, semble-t-il, d'&#234;tre bien compris sur ce plan.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Allan Greer mentionne que &#171; pour Francis Parkman, historien de la Nouvelle-Angleterre de l'&#232;re victorienne, presque chaque aspect de la soci&#233;t&#233; de la Nouvelle-France est frapp&#233; du sceau du despotisme royal et &#233;cras&#233; par une &#233;glise outrecuidante : la colonie souffre d'une tare irr&#233;m&#233;diable, la Providence la destine donc &#224; l'in&#233;vitable d&#233;faite. Plus tard, les historiens fid&#232;les &#224; la tradition de Parkman, am&#233;ricains et canadiens anglais, consid&#233;rerons eux aussi la soci&#233;t&#233; de la Nouvelle France comme intrins&#232;quement d&#233;ficiente. &#187; (3)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est probable que cette mentalit&#233;, ce &#8220;chauvinisme de grande nation&#8221;, ces pr&#233;jug&#233;s soient toujours dominants chez les canadiens anglais, et nuisent &#224; l'&#233;volution du f&#233;d&#233;ralisme canadien. Peut-on malgr&#233; tout esp&#233;rer &#234;tre compris, accept&#233;s et respect&#233;s par les autres canadiens dans ce choix qui est n&#244;tre de demeurer fran&#231;ais en Am&#233;rique ? Est-il encore pensable et possible d'obtenir que d'ici les f&#234;tes du 25&#232; anniversaire de la constitution canadienne, en 2007, le Qu&#233;bec y retrouve la reconnaissance de son statut de foyer national des fran&#231;ais d'Am&#233;rique du Nord assortie d'un partage clair des comp&#233;tences constitutionnelles dans les sph&#232;res les plus sensibles : la famille, la langue, la culture et l'&#233;ducation ? Cet enjeu est capital.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La priorit&#233; qui s'offre aux qu&#233;b&#233;cois ne serait-elle pas de relancer le processus de r&#233;vision constitutionnelle ? R&#233;int&#233;grer par la grande porte la constitution canadienne en proposant un Lac Meech bonifi&#233; est une proposition qui peut para&#238;tre frileuse par rapport au r&#234;ve fabuleux de cr&#233;er un foyer national pour les fran&#231;ais d'Am&#233;rique. Mais ne faut-il pas avoir le courage de ses pr&#233;tentions ? Car, choisir la voie de la s&#233;cession suppose une coh&#233;sion morale, sociale et politique &#224; toute &#233;preuve, une pr&#233;paration de tous les instants, une conviction et un engagement sans failles que nous n'avons pas et que n'ont pas m&#234;me ceux qui pr&#233;conisent la s&#233;cession. En 37 ans d'existence, les ma&#238;tres &#224; penser de la souverainet&#233; du Parti qu&#233;b&#233;cois n'ont jamais &#233;t&#233; capables de poser &#224; leurs compatriotes la seule question franche et honn&#234;te qui s'imposait &#8211; &#171; Voulez-vous que la province de Qu&#233;bec devienne un pays souverain ? &#187; Point &#224; la ligne. Faut-il rappeler que le r&#233;f&#233;rendum de 1980 ne portait pas sur la souverainet&#233; du Qu&#233;bec, mais sur un projet quelconque d'amendement constitutionnel. M&#234;me le r&#233;f&#233;rendum de 1995 secondarisait la souverainet&#233; &#224; une offre formelle de partenariat. Comment s'&#233;tonner ensuite que l'&#233;lectorat ne croit pas des gens dont les convictions fragiles se limitent &#224; des strat&#233;gies politiciennes ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Certes, avec des mots et quelques coups de plume il est ais&#233; de d&#233;faire un pays, ou d'en cr&#233;er un nouveau. Mais la r&#233;alit&#233; n'est pas aussi simple. Ceux qui ont besoin de s'en convaincre devraient relire l'histoire des &#201;tats Unis, surtout le chapitre qui porte sur la guerre d'ind&#233;pendance de ce pays, une guerre qui a dur&#233; six ou sept ans, ou encore consulter attentivement la carte g&#233;ographique de l'Am&#233;rique du Nord et se demander honn&#234;tement si le Canada anglais et les &#201;tats Unis par le fait m&#234;me vont accepter facilement de se retrouver avec deux canadas, un &#224; l'est, l'autre &#224; l'ouest, avec un nouveau pays au centre ? Ils devraient aussi s'interroger sur le sort social et &#233;conomique r&#233;el des pays, notamment africains, qui ont acc&#233;d&#233; &#224; leur ind&#233;pendance au cours des ann&#233;es 60. Plusieurs ont connu des gouvernements nationaux despotiques pour ne pas dire g&#233;nocidaires, gouvernements au moins aussi pr&#233;dateurs que ceux des pays colonisateurs de jadis.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Oui, il faut avoir des ambitions &#224; la mesure de son courage et surtout ne pas en avoir honte, car de quoi s'agit-il enfin, si ce n'est de l'avenir et de la s&#233;curit&#233; de 7,5 millions de personnes, qu'elles soient n&#233;es de souche fran&#231;aise ou n&#233;es hors de cette souche. La population du Qu&#233;bec n'a pas &#224; cautionner l'amateurisme, les chicanes et les lubies des politiciens et certainement pas &#224; en faire les frais. Et &#224; la limite, le statu quo est nettement pr&#233;f&#233;rable &#224; l'aventurisme mal pr&#233;par&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faut reconna&#238;tre que m&#234;me si le Qu&#233;bec n'a pas sign&#233; la constitution canadienne de 1982, celle-ci fait du fran&#231;ais l'une des deux langues officielles du Canada au m&#234;me titre que l'anglais. Le statu quo actuel n'emp&#234;che nullement par ailleurs la province de vaquer &#224; ses affaires, de d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts sur toute les tribunes qui s'offrent &#224; elle, y compris au Conseil de la f&#233;d&#233;ration. En outre, la situation sociale et &#233;conomique actuelle du Qu&#233;bec, loin d'&#234;tre d&#233;sesp&#233;r&#233;e, continue d'&#233;voluer de fa&#231;on positive, malgr&#233; toutes les emb&#251;ches rencontr&#233;es. Parlant du mod&#232;le qu&#233;b&#233;cois, Jean-Fran&#231;ois Lis&#233;e pr&#233;cise que &#171; nous sommes donc en pr&#233;sence d'un mod&#232;le &#233;conomique qui fait cro&#238;tre la richesse, depuis au moins une d&#233;cennie, plus vite que chez ses voisins. L'Institut de la statistique du Qu&#233;bec parle d'un &#171; rattrapage significatif &#187; d&#251; &#224; une meilleure comp&#233;titivit&#233; de notre &#233;conomie. Pour la premi&#232;re fois de son histoire, le Qu&#233;bec a d&#233;pass&#233; le Canada pour son revenu m&#233;dian et va bient&#244;t le rattraper en termes de richesse par habitant. &#187; (4) Peut-&#234;tre s'agit-il d'une perception trop triomphaliste de la r&#233;alit&#233; qu&#233;b&#233;coise qui ne tient pas compte de sa fragilit&#233; intrins&#232;que. Mais, tout colonis&#233; qu'il puisse &#234;tre, le Qu&#233;bec se classe tout de m&#234;me dans le peloton de t&#234;te parmi les 195 pays recens&#233;s par l'ONU.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La perspective d'&#233;lire pour la &#233;ni&#232;me fois un &#8220;bon&#8221; gouvernement provincial avec mandat de faire un jour un r&#233;f&#233;rendum sur la souverainet&#233; que, de toute fa&#231;on, la loi f&#233;d&#233;rale C 20, adopt&#233;e en 1999, encadre et limite d&#233;j&#224; solidement n'est gu&#232;re prometteuse. Devoir revivre les sc&#232;nes disgracieuses du r&#233;f&#233;rendum de 1995, mises en lumi&#232;re par l'&#233;mission de Radio-Canada de septembre 2005, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Point de rupture&lt;/i&gt;, revoir des canadiens fran&#231;ais s'invectiver joyeusement, se postillonner copieusement au visage comme de vrais colonis&#233;s, voir un leader souverainiste humili&#233; par un autre leader souverainiste, ou se faire faire la le&#231;on par les carri&#233;ristes, les opportunistes de tout acabit qui sont mont&#233;s &#224; Ottawa pour suppos&#233;ment d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts de leurs compatriotes du Qu&#233;bec n'a rien de r&#233;jouissant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;N'est-il pas pr&#233;f&#233;rable que les tensions inh&#233;rentes au f&#233;d&#233;ralisme canadien soient trait&#233;es et r&#233;solues &#224; la mani&#232;re canadienne, par des discussions ouvertes, des n&#233;gociations franches, et la recherche de consensus, comme les grands politiques que furent Louis-Hippolyte La Fontaine, Georges-&#201;tienne Cartier, Wilfrid Laurier ou Louis Saint-Laurent le firent en leur temps ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et si un jour la province de Qu&#233;bec devait choisir la s&#233;cession, parce que la discussion n'est plus possible, la population devra &#234;tre parfaitement bien inform&#233;e et pr&#234;te &#224; en assumer les cons&#233;quences politiques, &#233;conomiques et sociales. Mais avant d'en arriver l&#224;, il faudra r&#233;soudre le paradoxe suivant : si un jour le dialogue devait s'av&#233;rer impossible dans le cadre f&#233;d&#233;ratif actuel, alors comment sera-t-il davantage possible hors de ce cadre ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;___&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1. FERRETTI, Andr&#233;e et Gaston Miron. &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Pour-depasser-250-ans-d&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les grands textes ind&#233;pendantistes 1774-1992&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &#201;d. Typo, 2004, p. 631.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ibidem&lt;/i&gt;, p.621-626.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;3. GREER, Allan. &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/hist/histnat/nf/cornelliergreer.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Br&#232;ve histoire des peuples de la Nouvelle-France&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &#201;ditions du Bor&#233;al, 1997, p.11-14.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;4. LIS&#201;E, Jean-Fran&#231;ois. &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/ds-lisee/docs/lisee-mauvais-proces.doc&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Un mauvais proc&#232;s au mod&#232;le qu&#233;b&#233;cois&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. &#201;tude des pi&#232;ces &#224; conviction, Options CSQ no 23, 2005.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Yvonnick Roy &lt;br&gt;
&#201;conomiste&lt;br&gt;
Qu&#233;bec&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	<item>
		<title>Il faut s'armer d'une longue patience</title>
		<link>http://www.vigile.net/Il-faut-s-armer-d-une-longue</link>
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		<dc:date>2007-04-07T02:29:20Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Jos&#233; Fontaine - Chronique de Jos&#233; Fontaine</dc:creator>
		


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		<description>L'&#233;chec du PQ n'emp&#234;che pas que le Qu&#233;bec est une nation, que son aspiration &#224; la souverainet&#233; est bien connue dans le monde. En somme, les &#233;lections d'hier ne sont pas un &#233;chec, mais prennent place dans le lent travail historique qui fera de certaines nations dans le monde, (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai quelques amies et amis qu&#233;b&#233;cois &#224; qui l'&#233;chec du PQ a fait vraiment mal et introduit dans leur &#226;me le doute.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'analyse la plus pertinente de la question qu&#233;b&#233;coise, je l'ai lue dans la th&#232;se de Christophe Traisnel comparant Wallonie et Qu&#233;bec. A vrai dire, ce n'est pas par la comparaison elle-m&#234;me que mon ami Traisnel en arrive &#224; la conclusion dont je viens de parler mais d'une simple r&#233;flexion de bon sens : sur des questions capitales, il est difficile en d&#233;mocratie de r&#233;unir une majorit&#233;. L'exemple des r&#233;f&#233;rendums fran&#231;ais sur l'Europe est l&#224; pour le montrer m&#234;me si en 1992, le OUI &#224; l'Europe l'emporta, c'est de justesse (1% de plus que la moiti&#233;). Et en 2005 c'est le NON qui gagna avec une avance bien plus confortable. Mais dire NON, ce n'est pas tout &#224; fait une opinion car si le OUI est clair, le NON a mille sources diverses et contradictoires.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ajoute peut-&#234;tre aussi un autre &#233;l&#233;ment &#224; cette r&#233;flexion. Nous avons tendance &#224; comparer nos projets nationalistes en esp&#233;rance avec les nationalismes r&#233;alis&#233;s, ceux des Nations classiques qui sont souveraines et reconnues dans le monde. Mais il est une chose &#224; remarquer dont il est &#233;tonnant qu'on ne l'ait pas assez soulign&#233;e : c'est que les nationalismes institu&#233;s ont tous profit&#233; d'une situation de violence - de violence m&#234;me tr&#232;s grave - qui a oblig&#233; les membres de la nation &#224; se rassembler &#224; un tel point que le sentiment national a &#233;t&#233; - au moins un instant &#8211; unanime. Je pense que les nationalismes belge, fran&#231;ais, allemand, italien, anglais, espagnols, am&#233;ricain, canadien, russe, polonais, danois, norv&#233;gien, su&#233;dois, irlandais (on pourrait faire le tour du monde), plongent leurs racines dans une situation de violence &#8211; de violence parfois extr&#234;me - v&#233;cue par ces pays.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bien que je n'aie pas connu la guerre, elle est encore pr&#233;sente &#224; travers tant de souvenirs v&#233;cus par mes a&#238;n&#233;s que je peux me repr&#233;senter ce qu'elle signifie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le King Albert's Book&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On sait que le 4 ao&#251;t 1914, l'arm&#233;e allemande aligna 1 million d'hommes qui devaient atteindre Paris et prendre ensuite l'arm&#233;e fran&#231;aise stationn&#233;e &#224; l'est &#224; revers. Mais en traversant la Belgique dont on supposait qu'elle n'oserait pas s'opposer &#224; une telle multitude arm&#233;e. Or le roi des Belges Albert Ier et son gouvernement d&#233;cid&#232;rent de s'opposer &#224; cette invasion comme la Belgique s'y &#233;tait engag&#233;e par trait&#233;. Devant Li&#232;ge, l'arm&#233;e allemande aligna deux brigades, soit 40.000 hommes. Mais, alors que la condition n&#233;cessaire de la r&#233;alisation du plan allemand &#233;tait la vitesse de progression des troupes, le 5 ao&#251;t, certaines unit&#233;s allemandes n'avaient progress&#233; que de quelques kilom&#232;tres et certaines m&#234;me r&#233;gress&#233;. Les Allemands mass&#232;rent alors 100.000 hommes et &#233;norm&#233;ment d'artillerie... Mais ils pi&#233;tin&#232;rent deux semaines.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La veille, le Chancelier allemand avait solennellement d&#233;clar&#233; devant le Parlement allemand que l'Allemagne violait le droit international en traversant la Belgique, mais qu'elle ne s'y &#233;tait r&#233;solue qu'en raison de la menace militaire fran&#231;aise et le Chancelier promettait aux Belges de r&#233;parer les d&#233;g&#226;ts caus&#233;s par la guerre. En fait, pour des raisons li&#233;es &#224; la peur &#233;norme qu'entra&#238;ne la guerre, en raison de vieux souvenirs entretenus dans la tradition allemande militaire (les francs-tireurs de la guerre franco-allemande de 1870), les Allemands, sentant que la r&#233;sistance militaire belge profitait &#224; la France (objectivement), contrecarrait le principal objectif qui &#233;tait d'aller vite, estim&#232;rent vite (d&#232;s les premi&#232;res heures), que leurs troupes n'avan&#231;aient pas pour des causes ill&#233;gitimes et ils crurent r&#233;ellement que le Gouvernement belge avait organis&#233; des francs-tireurs mettant gravement en difficult&#233; leur arm&#233;e. Rien qu'en Wallonie (par hasard, elle &#233;tait principalement sur le chemin d'invasion), les troupes allemandes fusill&#232;rent 6.000 civils et d&#233;truisirent 15.000 maisons. Ce n'&#233;tait pas de la barbarie, c'&#233;tait une &#8220;fausse croyance sinc&#232;re&#8221; (qu'il y avait des gens qui vous tiraient dans le dos). Mais cela donna au gouvernement anglais et au gouvernement fran&#231;ais l'&#233;l&#233;ment leur permettant de dire qu'ils menaient la &#8220;guerre du droit&#8221; et que leur entr&#233;e en guerre &#233;tait aussi une volont&#233; de faire respecter le droit international.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme le Roi Albert apparaissait comme le chef de l'arm&#233;e belge et comme un h&#233;ros antique en s'opposant aux &#8220;barbares&#8221;, un journal anglais demanda &#224; des personnalit&#233;s principalement de ces deux pays &#8211; et surtout des intellectuels, des pr&#234;tres, des &#233;v&#234;ques, des personnalit&#233;s morales &#8211; de dire ce qu'elles pensaient du Roi des Belges. Ce que l'on lit dans ce livre est parfois effarant, notamment ce que dit le philosophe fran&#231;ais Henri Bergson, allant jusqu'&#224; parler des &#8220;travaux philosophiques&#8221; du roi, ce qui est un pur fantasme. Je ne donne que cet exemple. Mais pas pour rendre Bergson ridicule, pour montrer que la guerre est une lutte &#224; mort et qu'en pr&#233;sence de la mort, on fait des folies pour vivre &#224; tout prix.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec menac&#233; de mort ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je connais bien le vocabulaire nationaliste au Qu&#233;bec qui estime que le Qu&#233;bec est menac&#233; dans son existence m&#234;me. Cela a &#233;t&#233; dit mille fois aussi en Wallonie et notamment dans les ann&#233;es 1960 en regard de la d&#233;mographie, panique soulign&#233;e par le grand sociologue fran&#231;ais Alfred Sauvy. C'est vrai que beaucoup de Wallons ont &#233;prouv&#233; dans ces ann&#233;es-l&#224; la menace de mort &#233;conomique pesant sur la Wallonie, soulign&#233;e par les menaces d&#233;mographiques. Et c'est vrai aussi que, dans ces ann&#233;es-l&#224;, il y eut une mobilisation extr&#234;me notamment des syndicats. Pourtant, lorsque l'on compare avec la mobilisation qu'entra&#238;ne la guerre, les menaces en temps de paix, aussi graves soient-elles, ne permettent pas d'aller aussi loin. Je pense avoir &#233;prouv&#233; avec beaucoup de Wallons le sentiment de mort qui pesait alors sur la Wallonie, mais aucun monument n'est l&#224; pour en entretenir le souvenir, il n'y a pas de morts autour desquels se rassembler pour communier dans la r&#233;volte de l'injure que l'on fit subir &#224; la patrie, rien de tout cela.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le nationalisme en temps de paix &#8211; somme toute quand la d&#233;mocratie joue &#224; fond, qu'il y a d&#233;bat contradictoire etc. - n'entra&#238;ne pas aussi &#233;videmment au combat qu'en p&#233;riode de guerre. Je pense que la difficult&#233; du Qu&#233;bec est celle-l&#224;. Que le Qu&#233;bec a &#224; cr&#233;er un sentiment national qui ne soit pas li&#233; &#224; la violence paroxystique qu'est la guerre. Je dis paroxystique car la guerre, c'est &#8211; il faut s'imaginer cela ! - des dizaines de milliers d'hommes s'avan&#231;ant dans votre pays, avec des armes &#224; feu terribles, des canons. Des milliers de vos compatriotes sont tu&#233;s, des dizaines de milliers. Face &#224; cela, il n'y a pas de r&#233;f&#233;rendum &#224; faire, ni de d&#233;bat &#224; entamer. On ne peut qu'&#234;tre avec la nation, dans la nation. E. Weber, l'historien am&#233;ricain, pr&#233;tend m&#234;me que, &#224; la veille de 1914, il y avait encore une majorit&#233; de Fran&#231;ais qui ne parlaient pas le fran&#231;ais et ne se sentaient pas fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je mets mes amis qu&#233;b&#233;cois en face de cela, non pas pour les consoler &#224; bon compte, mais parce que la loi de la d&#233;mocratie en temps de paix est celle-l&#224; : il faut s'armer d'une longue patience en vue de convaincre et, si possible, chercher &#224; ce que ce travail traverse les g&#233;n&#233;rations, car si un projet est mis en d&#233;bat, il est rare au d&#233;part qu'il recueille une majorit&#233;, tandis que le projet de se d&#233;fendre si l'on est attaqu&#233; par des soldats produit en quelques jours &#8211; en quelques heures ! - non pas m&#234;me seulement une majorit&#233; mais une sorte d'unanimit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;chec du PQ n'emp&#234;che pas que le Qu&#233;bec est une nation, que son aspiration &#224; la souverainet&#233; est bien connue dans le monde. En somme, les &#233;lections d'hier ne sont pas un &#233;chec, mais prennent place dans le lent travail historique qui fera de certaines nations dans le monde, non plus le produit de l'unanimit&#233; face &#224; la violence, mais le fruit du d&#233;bat pacifique o&#249; chaque &#234;tre aura pu s'exprimer.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je parie que des nations engendr&#233;es comme cela &#8211; et qui n'existent pas encore &#8211; ont plus de chance de durer, qu'elles sont cette modernit&#233; que Teilhard de Chardin exprimait en termes religieux disant que l'humanit&#233; serait un jour plac&#233;e devant le dilemme : ou bien le suicide ou bien l'adoration.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les Qu&#233;b&#233;cois et les Wallons &#8211; entre autres peuples &#8211; ne sont pas seulement nationalistes, ils inventent une autre fa&#231;on de faire soci&#233;t&#233;. Ils sont hypermodernes et en avance sur le monde, ils peuvent parfois &#234;tre incompris, m&#234;me au Qu&#233;bec et en Wallonie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jos&#233; Fontaine&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Quiz : o&#249; commence la satire ?</title>
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		<dc:creator>Christian Maltais - Chronique de Christian Maltais</dc:creator>
		


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		<description>Nous n'avons jamais v&#233;cu en d&#233;mocratie. Je conviens qu'il s'agit l&#224; d'une banalit&#233;. N&#233;anmoins, &#224; quelques jours du moment o&#249; les Qu&#233;b&#233;cois (du moins ceux qui ne sont pas totalement d&#233;go&#251;t&#233;s par le processus &#233;lectoral) seront appel&#233;s &#224; voter, il est peut-&#234;tre bon de le (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous n'avons jamais v&#233;cu en d&#233;mocratie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je conviens qu'il s'agit l&#224; d'une banalit&#233;. N&#233;anmoins, &#224; quelques jours du moment o&#249; les Qu&#233;b&#233;cois (du moins ceux qui ne sont pas totalement d&#233;go&#251;t&#233;s par le processus &#233;lectoral) seront appel&#233;s &#224; voter, il est peut-&#234;tre bon de le r&#233;p&#233;ter. Dire que le pouvoir appartient au peuple dans le r&#233;gime capitaliste est une phrase aussi polie qu'obligatoire, de l'ordre de celle qu'on prononce quand votre belle-m&#232;re vous demande si vous aimez sa tarte au rutabaga, ou quand votre voisine s'enquiert &#224; savoir si vous trouvez que son b&#233;b&#233; est vraiment le plus beau b&#233;b&#233; au monde.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sur Terre, en 2006, le pouvoir - tel que nous le d&#233;finissons g&#233;n&#233;ralement -appartient aux 946 milliardaires que le magazine &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Forbes&lt;/i&gt; vient de recenser pour l'ann&#233;e 2006. Les journalistes ne cessent de s'extasier &#224; ce sujet : tant de richesses, partag&#233;es par tant de beau monde. 946 personnes. Bonheur et exaltation. Remplissez l'auditorium de Verdun pour un gala de lutte, et vous serez quatre fois plus nombreux qu'eux. Remplissez deux cent cinquante mille fois l'auditorium de Verdun (soit un gala de lutte par jour pendant 685 ans)&#8230; et mis ensemble vous serez toujours plus pauvres que le plus d&#233;muni de ces milliardaires.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Leur valeur combin&#233;e est de 3.5 billions de dollars (une hausse de 900 milliards depuis 2005), ou 3 500 000 000 000.00 $, ou 3,5 x 109 $. Chacun d'entre eux est un citoyen exemplaire, qui a travaill&#233; tr&#232;s, tr&#232;s fort, beaucoup plus fort que trois milliards d'&#234;tres humains mis ensemble, &#231;a c'est s&#251;r. Pas un seul d'entre eux n'a encaiss&#233; le pactole en rachetant les soci&#233;t&#233;s d'&#233;tat qui ont &#233;t&#233; privatis&#233;es partout dans le monde, jetant les populations locales dans la mis&#232;re. Aucun n'a sur la conscience la mort ou l'amputation d'un travailleur, l'alcoolisme de g&#233;n&#233;rations de ch&#244;meurs, ni le suicide d'une m&#232;re mono-parentale. Les pauvres ? Qu'ils se bottent le cul ! Regardez ces braves Russes qui se sont joints au club select : ne dites pas que ce sont des maffieux et des meurtriers. Ces gens travaillent fort. Un exemple pour nous tous. Le r&#234;ve am&#233;ricain dans toute sa splendeur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;p&#233;tez bien la le&#231;on : il n'y a pas de classes sociales. Le pouvoir appartient au peuple. Alors si vous n'&#234;tes pas milliardaire apr&#232;s quarante ans au salaire minimum, c'est que vous &#234;tes soit paresseux, soit imb&#233;cile. Il n'y a aucun lien entre le fait que vous peiniez &#224; payer le loyer ou l'hypoth&#232;que, tandis que le propri&#233;taire d'un quotidien montr&#233;alais tr&#232;s s&#233;rieux, un Parnasse de la pens&#233;e politique et pas du tout de la propagande f&#233;d&#233;raliste de droite miteuse et r&#233;actionnaire, tandis donc que ce bon canadien-fran&#231;ais qui a r&#233;ussi d&#233;pense trois cent millions de dollars pour se faire b&#226;tir un palais dans Charlevoix. Aucun lien du tout. Quoi ! Ne me dites pas que vous &#234;tes socialiste !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il n'y a aucun lien non plus entre la richesse pharaonique de ces surhommes milliardaires, et les probl&#232;mes sociaux. Les criminels ne le sont pas parce qu'ils souffrent de la pauvret&#233;, ou qu'ils refusent l'autorit&#233;. Non, ils brisent la loi parce qu'ils naissent mauvais. Je l'ai appris en lisant Batman : &#171; criminals are a superstitious and cowardly lot &#187;. Notez que Batman est en r&#233;alit&#233; Bruce Wayne, un milliardaire philanthrope, dont les parents ont &#233;t&#233; tu&#233;s par un cambrioleur assoiff&#233; de sang. Pour le fun. D'ailleurs, les ennemis de Batman (et donc du Bien) sont tous fous. Et il faut &#234;tre fou pour voir quelque injustice dans nos belles lois, que nous ont donn&#233;es nos sages gouvernants, pour &#234;tre ensuite l&#226;chement bris&#233;es par les dangereux criminels. Regardez combien il y a de millionnaires qui croupissent en prison ! Comparez ce chiffre au nombre de noirs am&#233;ricains qui ont &#233;t&#233; innocent&#233;s apr&#232;s leur ex&#233;cution. N'est-ce pas la preuve que le syst&#232;me fonctionne ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Plus de flics, voil&#224; ce qu'il nous faut. Plus de prisons, pour les pauvres paresseux, superstitieux, alcooliques et stupides qui ne travaillent pas assez fort pour devenir milliardaires.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et des jobs, bien s&#251;r. Il est entendu, disons-le, que nous sommes une masse de brutes incultes, en tout point inf&#233;rieurs &#224; nos patrons ; sinon nous serions tous milliardaires. Nous avons donc besoin de ces derniers pour nous faire la gr&#226;ce de nous cr&#233;er des emplois. Autrement, nous passerions la journ&#233;e &#224; manger des roches, le regard vide, la bave aux l&#232;vres, buvant de la O'Keefe tablette et fumant du crack en regardant &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Symphorien en rappel&lt;/i&gt;. Heureusement que le boss est l&#224;. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Devoir&lt;/i&gt; a bien raison de se scandaliser parce que les contrats de Lockheed Martin &#233;chappent au Qu&#233;bec. Nous avons besoin de jobs, &#224; fabriquer des missiles nucl&#233;aires et des bombardiers furtifs qui serviront &#224; tuer tous les sales arabes extr&#233;mistes qui ha&#239;ssent notre belle d&#233;mocratie. C'est payant le g&#233;nocide. Demandez aux 946 milliardaires qui sourient dans les pages de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Forbes&lt;/i&gt;, leurs dents blanches comme leurs consciences immacul&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les riches sont nos amis ; ils cr&#233;ent de la richesse, qui ruisselle jusqu'&#224; nous. Voil&#224; comment le r&#233;gime a cr&#233;&#233; le bonheur universel, que nous observons &#224; chaque jour. N'&#234;tes vous pas heureux ? Mme Boivin chante tous les matins que le bon Dieu am&#232;ne, trop contente de travailler &#224; 22 000 $ par ann&#233;e comme caissi&#232;re apr&#232;s cinquante ans d'anciennet&#233;. Mme Taillefer, ricane comme une gamine en encaissant sa pension de 491,93 $ par mois (elle a droit au maximum) ; l'an prochain, elle va s'acheter avec tout cet argent un beau palais dans Charlevoix. M. Simard, lui, remercierait encore tous les matins le petit J&#233;sus pour son travail dans une aluminerie de Jonqui&#232;re, s'il n'&#233;tait pas mort en crachant de la bauxite &#224; 54 ans. Et le petit Blackburn, qui revient d'Afghanistan, a peut-&#234;tre perdu une jambe et la moiti&#233; de son visage, mais il a gard&#233; tellement de beaux souvenirs de son combat pour la d&#233;mocratie qu'&#224; chaque matin il s'&#233;veille en pleurant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les chefs des &#171; trois grands partis &#187; le savent bien. C'est pourquoi ils sont tous d'accord pour aider l'entreprise priv&#233;e, &#224; grands coups de centaines de millions. Bon, pour subventionner encore plus SNC-Lavallin ou les compagnies pharmaceutiques log&#233;es &#224; Montr&#233;al, il va falloir faire des choix difficiles, et expliquer &#224; la population que m&#234;me si elle a le pouvoir parce que nous sommes en d&#233;mocratie, il n'en demeure pas moins que nos &#233;lus sont l&#224; pour gouverner, qu'il faut du changement, que c'est la faute au gouvernement pr&#233;c&#233;dent, qu'il faut &#234;tre comp&#233;titif, et qu'on n'a vraiment pas les moyens de payer &#224; la fois les soins m&#233;dicaux universels et les subventions n&#233;cessaires pour convaincre l'industrie militaire am&#233;ricaine de s'installer ici, ou d'y rester. Il faut &#234;tre lucide.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous avons donc le choix entre :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1) Un social-d&#233;mocrate de droite, nomm&#233; par l'ex&#233;cutif de son parti, endoss&#233; par l'apparition miraculeuse de 40 000 nouveaux membres, et qui affirmait le 30 septembre dernier, &#224; l'antenne de la Soci&#233;t&#233; d'&#201;tat, ouvrez les guillemets : &#171; Les Qu&#233;b&#233;cois ont peur du succ&#232;s&#8230; il faut soulager le capital, il faut que le Qu&#233;bec devienne l'endroit au monde o&#249; le capital est le mieux accueilli possible &#187;. C'est tout un d&#233;fi. Car il va falloir se lever de bonne heure pour rivaliser avec des pays comme la Colombie. Ils accueillent tr&#232;s bien le capital, l&#224;-bas. Ils ont des escadrons de la mort pour tuer les syndicalistes et autres candidats de gauche, l&#224;-bas. Ils ne badinent pas avec la rondelle, l&#224;-bas. C'est pour &#231;a que monsieur le pr&#233;sident George W. Bush les aime tant. Et n'est-ce pas notre r&#234;ve &#224; tous d'&#234;tre aim&#233;s de George W. Bush ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2) Un centriste de droite, dont les politiques ne sont pas du tout ha&#239;es par 70% de la population, qui n'a pas du tout &#233;t&#233; grassement soudoy&#233; pour venir sauver le Canada (je r&#233;p&#232;te, messieurs les avocats, que le candidat myst&#232;re auquel je fais allusion, c'est peut-&#234;tre Amir Khadir, qu'il est par ailleurs pur et innocent, blanc comme la neige virginale, r&#233;put&#233; pour son amour d&#233;sint&#233;ress&#233; de l'humanit&#233;, qu'il aime les enfants et les chatons, qu'il repasse lui-m&#234;me ses chemises, et que quiconque ose insinuer qu'il a re&#231;u des millions en pots-de-vin pour daigner s'abaisser &#224; mettre au pas la province r&#233;calcitrante est une sale vip&#232;re calomnieuse) et qui promet, cette fois, qu'il va vraiment, vraiment baisser les imp&#244;ts et r&#233;gler les soins de sant&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;3) Et un rebelle d'ultra-droite, fils putatif de Maurice Duplessis comme N&#233;ron &#233;tait celui de Claude, &#233;mule de Mike Harris, qui incarne cette belle jeunesse de droite, qui sait que les r&#233;gions sont &#224; droite, qui croit au moratoire sur l'ind&#233;pendance, qui comprend que les syndicats (et les travailleurs en g&#233;n&#233;ral) sont la source de tous les p&#233;ch&#233;s, qui a compris (lui ou ses bailleurs de fonds) que la meilleure mani&#232;re de d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts du peuple qu&#233;b&#233;cois est de d&#233;tourner le discours nationaliste de son c&#244;t&#233; &#233;mancipateur, pour le r&#233;duire &#224; la caricature grotesque qui fait les d&#233;lices du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Globe and Mail&lt;/i&gt;. En voil&#224; un qui va plaire &#224; tous les Qu&#233;b&#233;cois qui s'ennuient de l'&#233;poque de la drave, de la loi du cadenas, de la chasse aux &#171; communisses &#187;, et du petit cat&#233;chisme !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces gens nous aiment mieux en porteurs d'eau qu'en porteurs d'espoir. C'est mieux pour la stabilit&#233; &#233;conomique. C'est mieux pour l'Unit&#233; Canadienne, aussi. Et on sait, gr&#226;ce &#224; St&#233;phane &#171; Nobel &#187; Dion et autres Charles &#171; h&#233;g&#233;lien en-soi &#187; Taylor, que le Canada est vachement important dans le monde, en tant qu'exemple de soci&#233;t&#233; bi-multi-poly-culturelle o&#249; tout le monde s'aime et o&#249; le gouvernement cr&#233;&#233; par l'&#233;lite financi&#232;re coloniale anglaise n'a pas du tout, du tout pass&#233; deux cents ans &#224; tenter de d&#233;truire la culture canadienne-fran&#231;aise (devenue qu&#233;b&#233;coise par d&#233;faut, vu l'assimilation massive et pourtant fortuite dans les autres provinces), &#224; d&#233;porter les Acadiens, &#224; massacrer les m&#233;tis et les autochtones, &#224; mettre les gauchistes en prison, et &#224; regarder ailleurs quand un de ses citoyens est d&#233;port&#233; en Syrie pour se faire torturer pendant un an par des sous-contractants de la CIA, son crime &#233;tant de porter un nom &#224; consonance &#224; peu pr&#232;s arabe.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Oui, si le Canada devait se dissoudre &#224; cause de la fourberie des s&#233;paratistes r&#233;visionnistes tribaux anti-s&#233;mites cannibales p&#233;dophiles, &#231;a serait bien terrible. Les Belges se suicideraient par groupes de mille. Le trou dans la couche d'ozone triplerait de grandeur. Satan ressusciterait Milli Vanilli. Windows crasherait tout le temps, et Bill Gates serait quand m&#234;me l'homme le plus riche sur Terre. &#199;a serait la guerre partout dans le monde. Le grand capital refuserait de r&#233;gler la crise environnementale pour ne pas nuire &#224; ses profits. Les &#233;lections ne voudraient plus rien dire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et le peuple, qui a le pouvoir, devrait trouver d'autres solutions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Jean Charest et la partition du Qu&#233;bec</title>
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		<description>Le chef du Parti lib&#233;ral du Qu&#233;bec (PLQ) d&#233;clare en anglais que le Qu&#233;bec n'est pas indivisible.</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le chef du Parti lib&#233;ral du Qu&#233;bec (PLQ) d&#233;clare en anglais que le Qu&#233;bec n'est pas indivisible.&lt;/p&gt; &lt;object width=&quot;425&quot; height=&quot;350&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/ka8VffPCAvg&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.youtube.com/v/ka8VffPCAvg&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; wmode=&quot;transparent&quot; width=&quot;425&quot; height=&quot;350&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>La guerre de la langue (n'est pas celle qu'on croit)</title>
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		<dc:creator>Christian Maltais - Chronique de Christian Maltais</dc:creator>
		


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		<description>Pourtant nous sommes forts, comme seuls peuvent l'&#234;tre ceux qui se battent pour la libert&#233; de tous, avec comme seule arme la dignit&#233; de celui qu'on a fait mettre &#224; genoux, et qui a appris &#224; se dresser debout.</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Mes chers fr&#232;res, n'oubliez jamais, quand vous entendrez vanter le progr&#232;s des lumi&#232;res, que la plus belle des ruses du diable est de vous persuader qu'il n'existe pas ! &#187;&lt;br&gt; Charles Baudelaire&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La situation mondiale, et &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;a fortiori&lt;/i&gt; celle du Qu&#233;bec, est en fait tr&#232;s simple.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous vivons dans un monde d'abondance, qui permettrait avec un minimum d'efforts de nourrir, v&#234;tir et loger confortablement tout le monde sur Terre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le r&#233;gime politique qui, sous une forme ou une autre, pr&#233;vaut actuellement sur la plan&#232;te, interdit la libre redistribution des ressources. Ses institutions &#8211; m&#233;dias, partis, empires commerciaux - sont maintenues en place parce qu'elles servent les int&#233;r&#234;ts d'un petit groupe d'hommes et de femmes, qui occupent le sommet de la pyramide sociale. Ces gens forment ce qu'on appelle l'Establishment.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; la place d'une redistribution &#233;quitable des ressources mondiales, le R&#233;gime impose ce qu'il appelle le Libre March&#233;, la Libert&#233; de Commerce, ou la D&#233;mocratie et la Libert&#233; du March&#233;, parmi d'infinies variations sur le m&#234;me th&#232;me. Toutes ces appellations ne d&#233;signent qu'une chose, et c'est le maintien du rapport de force entre d'un c&#244;t&#233; l'Establishment, de l'autre les milliards d'&#234;tres humains qu'il exploite et domine ; un rapport de force qui doit &#234;tre maintenu co&#251;te que co&#251;te, et qui pour nos ma&#238;tres est bien plus important que la survie de la plan&#232;te, et de l'esp&#232;ce humaine, &#224; laquelle elle appartient pourtant. Nous portons tous le fardeau de sa honte.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce n'est pas que l'&#201;lite soit fonci&#232;rement m&#233;chante. Le probl&#232;me est plut&#244;t que pour reconna&#238;tre l'&#233;tendue de la catastrophe qui s'&#233;tend depuis longtemps, l'Establishment devrait assumer qu'il en est directement responsable. Et ceci, de toute &#233;vidence, est un pas trop effrayant pour les petites consciences des grands de ce monde - &#224; supposer qu'ils soient pr&#233;dispos&#233;s &#224; l'introspection, ce dont ils n'ont gu&#232;re fait la preuve, du moins au cours des derniers mill&#233;naires.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Non, il est bien plus facile d'affirmer que les &#171; communistes &#187;, &#171; terroristes &#187; ou &#171; s&#233;paratistes &#187; sont des fous fanatiques, des menteurs et des fourbes qui manipulent cyniquement des masses de clones d&#233;biles, une lie &#224; peine digne de servir de carburant pour les chambres &#224; gaz&#8230; que de chercher &#224; comprendre la col&#232;re, la douleur et l'espoir qui les motive r&#233;ellement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sur la col&#232;re et l'espoir, nous reviendrons dans un instant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et la douleur ? Elle est, sans doute, indissociable du R&#233;gime. Car la beaut&#233; de dernier, c'est qu'il nous rend tous responsables et complices de ses hypocrisies, fid&#232;les dans une liturgie du silence. Et cela, cette eucharistie de l'impuissance, nous tue sans que nous sachions dire pourquoi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous avons appris &#224; ne parler que quand le pr&#234;tre le demande, l&#224; o&#249; il l'exige, avec les mots qu'il a consacr&#233;s ; et nous attisons nous-m&#234;mes les flammes de l'enfer o&#249; br&#251;lent les apostats. Nous appelons cela &#171; la libert&#233; d'expression &#187;. Nous d&#233;battons de l'insignifiance de tel chef plut&#244;t qu'un autre, et nous parlons de &#171; cr&#233;ation d'emploi &#187;, de &#171; comp&#233;titivit&#233; &#187;, nous huons ceux qui &#171; nuisent &#224; l'&#233;conomie &#187;, nous apprenons &#224; discourir de la &#171; s&#233;curit&#233; publique &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nos l&#232;vres d&#233;gorgent d'expressions qui feraient pleurer le plus cynique des sophistes : &#171; soci&#233;t&#233; distincte &#187; (plut&#244;t que peuple), &#171; maintien de la Paix &#187; (plut&#244;t qu'occupation militaire), &#171; stabilit&#233; &#233;conomique &#187;, &#171; s&#233;curit&#233; nationale &#187;, &#171; contr&#244;le des fronti&#232;res &#187;, &#171; dommages collat&#233;raux &#187;, &#171; bombes intelligentes &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous excommunions les &#171; racistes &#187; ; ce faisant nous acceptons en silence qu'un pays qui nie organiquement l'existence de notre propre peuple n'est pas raciste, mais &#171; multi-culturel &#187; et &#171; ouvert sur le monde &#187;. Qu'il endosse tous les massacres am&#233;ricains n'entre m&#234;me pas dans l'&#233;quation. Nous d&#233;non&#231;ons les &#171; extr&#233;mistes &#187;, sans remettre en question le dogme selon lequel toute position f&#233;d&#233;raliste de droite (en existe-il une autre sorte ?) est forc&#233;ment &#171; mod&#233;r&#233;e &#187;. Tout le monde, y compris au Bloc et au Parti Qu&#233;b&#233;cois, semble s'accommoder tr&#232;s bien de ce que la politique du gouvernement f&#233;d&#233;ral (Conservateurs et Lib&#233;raux confondus) est de promouvoir la partition du Qu&#233;bec. C'est cela, la mod&#233;ration.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais Falardeau est extr&#233;miste. Yves Michaud est extr&#233;miste. Pierre Bourgault &#233;tait extr&#233;miste. Robert Bourassa, ah, lui c'&#233;tait un mod&#233;r&#233;, il faut tout rebaptiser &#224; son nom, Bourassa, qui pour acc&#233;der aux premiers &#233;chelons de l'Establishment s'est mari&#233; &#224; une famille que la rumeur persistante de son &#233;poque consid&#232;re comme des petits maffieux de Sorel, Bourassa qui a demand&#233; &#224; Trudeau d'envoyer l'arm&#233;e en 1970 (ce que l'Establishment canadian comptait bien faire de toute fa&#231;on), Bourassa qui le 9 mai 1972 a fait emprisonner tous les chefs syndicaux, Bourassa qui le soir m&#234;me o&#249; il d&#233;clarait : &#171; aujourd'hui et &#224; jamais le Qu&#233;bec est ma&#238;tre de son destin &#187;, appelait au t&#233;l&#233;phone la fine fleur de l'Establishment canadian pour leur expliquer que ce n'&#233;tait que poudre aux yeux, vous comprenez il faut bien que la col&#232;re du petit peuple se tasse, Bourassa l'&#233;conomiste, Bourassa le Lib&#233;ral, Bourassa le barrage, Bourassa &#233;tait un mod&#233;r&#233;, &#233;tait une ic&#244;ne, &#233;tait un saint.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous cherchons le &#171; juste milieu &#187;, parmi les &#171; chicanes &#187; de politiciens, de journalistes, de chroniqueurs et d'hommes d'affaires, sans nous rendre compte que le juste milieu, c'est eux. Et comme ils sont justes ! &#201;coutez-les, eux qui d&#233;fendent le droit au profit et &#224; la haine, la justice de mettre les pauvres en prison (tous des p&#233;dophiles et des tueurs en s&#233;rie), le droit &#224; la faim, l'obligation morale pour un ch&#244;meur d'aller se faire engueuler par un adolescent en uniforme et qui sent les glorieuses frites de l'Empire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme les &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Justes&lt;/i&gt;, nous pleurons la mis&#232;re des pauvres flics, de nos braves soldats qui manquent de munitions pour abattre des femmes afghanes (li&#233;es &#224; Al-Qaida quand m&#234;me) ; nous baissons les yeux et promettons les plus humiliants chemins de croix d&#232;s lors qu'un fort en gueule nous crache : &#171; on fait rire de nous &#187;, parce que notre margarine n'est pas color&#233;e, ou parce que nos frais de scolarit&#233; n'emp&#234;chent pas assez de pauvres de s'&#233;duquer, ou parce que nous parlons fran&#231;ais, parce que nous existons, parce que nous sommes vivants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous avons appris la langue du ma&#238;tre, traduite dans notre dialecte &#171; tribal &#187;, ses mots ensuite r&#233;p&#233;t&#233;s par nos dynastes-n&#232;gres, affich&#233;s, publicis&#233;s, rediffus&#233;s, jusqu'&#224; ce qu'enfin ils soient br&#251;l&#233;s, dans nos cerveaux comme sur nos langues, du fer rouge de la honte.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et notre douleur n'a plus pour s'exprimer que les mots qui l'avilissent.
Il n'a pas suffi au R&#233;gime et ses laquais de violer tous ces mots porteurs d'espoir, mis un &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;copyright&lt;/i&gt; sur la justice et le progr&#232;s, jusqu'&#224; ce que nous n'osions plus les prononcer qu'&#224; contrec&#339;ur. Encore leur a-t-il fallu nous interdire &#8211; non par une vulgaire loi, mais encore une fois par la honte &#8211; d'utiliser tout autre mot que ceux dont on nous permet l'usage. Capitalisme, classes sociales, colonialisme, imp&#233;rialisme, ces termes sont strict &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;verboten&lt;/i&gt; dans la bonne soci&#233;t&#233;. Ce sont des mots d'une autre &#233;poque, et il faut &#234;tre de son temps. &#201;coutez la bonne parole, et joignez en ch&#339;ur : &#171; Profit, d&#233;mocratie, profit, droit de vote, profit, loi sp&#233;ciale, profit, gr&#232;ve ill&#233;gale, profit, partition, profit, prison. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les journalistes savent quels mots employer. &#201;coutez les journalistes. Il n'y a pas de contr&#244;le de l'information au Canada, il n'y a pas de probl&#232;mes sociaux, il n'y a pas de peuple qu&#233;b&#233;cois, il n'y a pas de probl&#232;me, sauf les soins de sant&#233; qui heureusement demain seront privatis&#233;s, et la col&#232;re que vous ressentez ? Vous &#234;tes s&#251;rement malades, nous vivons en Utopie, prenez plut&#244;t un cachet, et regardez RDI : on y pacifie l'Afghanistan. C'est beau la paix. Buvez Coke.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le monde imaginaire cr&#233;&#233; et entretenu par le langage du R&#233;gime, le capitalisme du XIXe si&#232;cle de Mario Dumont repr&#233;sente des &#171; id&#233;es nouvelles &#187; ; la liquidation du Qu&#233;bec, jusqu'au Mont-Orford, montre bien le &#171; courage &#187; de Jean Charest et de ses &#171; r&#233;formes n&#233;cessaires &#187; ; et la d&#233;confiture d'une coquille vide, impos&#233;e par les hautes instances d'un parti &#171; souverainiste &#187;, ne peut-&#234;tre que la faute de l'homophobie qu&#233;b&#233;coise (qui n'existait pas hier, mais ne le mentionnez pas, ils vont nous refaire le coup du chanoine Groulx), et ne saurait avoir aucun lien avec le fait que les ind&#233;pendantistes sont bien souvent allergiques &#224; l'id&#233;ologie de droite que d&#233;fend leur vedette d&#233;chue.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On leur dirait bien, &#171; messieurs les grands hommes, nous, la droite, on n'est plus capables d'en entendre parler, plus capables de la voir en peinture, on veut r&#233;gler le vrai probl&#232;me, pis le probl&#232;me c'est du monde comme vous autres &#187;, mais il est peu probable qu'ils nous entendraient. Il faut pr&#233;server la tranquilit&#233; de ces &#226;mes sensibles. Et puis ce n'est pas tout le monde qui le pense. La col&#232;re de gauche est toujours suspecte, la col&#232;re qu&#233;b&#233;coise encore plus. Alors on emploie le langage du R&#233;gime, de la mod&#233;ration, un langage express&#233;ment con&#231;u pour &#234;tre incapable de v&#233;hiculer de telles id&#233;es. Ou m&#234;me de les penser. On n'&#233;crit pas des chansons d'amour avec des formules alg&#233;briques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aujourd'hui, c'est l&#224; le plus grand champ de bataille. Nous devons seulement nous souvenir que nous avons le choix des armes. Nous n'avons pas &#224; enrober nos propos de haine ; nous n'avons qu'&#224; refuser d'employer ceux qui dissimulent la nature r&#233;elle du R&#233;gime. Que chacune de nos paroles devienne une victoire. Il n'y a rien de plus facile, ni de plus puissant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai parl&#233; de &#171; gauche &#187; et de &#171; droite &#187;, mais &#233;videmment ces mots aussi sont limit&#233;s. La gauche officielle sert le R&#233;gime, et le R&#233;gime sert l'injustice globalis&#233;e. La derni&#232;re astuce de son langage, c'est de nous faire oublier que les mots ne d&#233;signent jamais la r&#233;alit&#233;. Ce sont des compromis, des raccourcis pour tenter d'exprimer ce qu'il y a en nous. Et il est tr&#232;s difficile de camoufler le c&#339;ur de celui qui les emploie. Il est assez ais&#233; de savoir que si l'Honorable Jean Charest se mettait &#224; parler de &#171; justice sociale &#187;, ce serait tout comme quand le pr&#233;sident Am&#233;ricain &#8211; George Bush ou un autre &#8211; parle de &#171; paix &#187; et de &#171; s&#233;curit&#233; &#187;, ou &#224; la rigueur d'environnement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces gens servent un R&#233;gime con&#231;u pour accaparer les denr&#233;es surabondantes de la Terre entre quelques mains.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous vivons dans un monde d'abondance.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Accessoirement, la version canadienne du R&#233;gime a le passe-temps institutionnel de superviser la disparition du peuple qu&#233;b&#233;cois. Notre r&#244;le &#224; nous est de sourire et de dire &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;thank you&lt;/i&gt;. C'est la c&#233;l&#232;bre politesse canadian.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourtant nous sommes forts, comme seuls peuvent l'&#234;tre ceux qui se battent pour la libert&#233; de tous, avec comme seule arme la dignit&#233; de celui qu'on a fait mettre &#224; genoux, et qui a appris &#224; se dresser debout.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a moyen de nourrir tout le monde, de les loger, de les v&#234;tir, de mettre un terme &#224; l'h&#233;morragie environnementale, de vivre en paix, et de s'assurer que chaque individu, comme chaque culture, ait enfin les moyens de d&#233;velopper son plein potentiel cr&#233;atif, et de le partager avec tous.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On a bien trouv&#233; un rem&#232;de pour le cancer.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais ce moyen, nous ne le trouverons jamais avec les mots du R&#233;gime.
Il est peut-&#234;tre temps pour nous de r&#233;apprendre &#224; nous parler.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je parle avec col&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je veux parler d'espoir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je veux parler de nous.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Le Monde br&#251;le-t-il ?</title>
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		<dc:date>2007-02-12T18:52:03Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Christian Maltais - Chronique de Christian Maltais</dc:creator>
		


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		<description>Tout va bien. Bien s&#251;r, le Monde est au bord de la crise. Le gouffre, le pr&#233;cipice, l'Armaggedon, comme vous le sentez. L'Iran, qui n'a rien fait &#224; personne, est sur le point de subir l'holocauste des bombes am&#233;ricaines et isra&#233;liennes. Les bateaux de guerre et les (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout va bien.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bien s&#251;r, le Monde est au bord de la crise. Le gouffre, le pr&#233;cipice, l'Armaggedon, comme vous le sentez. L'Iran, qui n'a rien fait &#224; personne, est sur le point de subir l'holocauste des bombes am&#233;ricaines et isra&#233;liennes. Les bateaux de guerre et les porte-avions imp&#233;riaux sont pr&#234;ts &#224; l'attaque. La gestion de la guerre a &#233;t&#233; confi&#233;e, il y a quelques jours, au StratCom (Strategic Command), dont la principale t&#226;che est d'op&#233;rer les armes nucl&#233;aires &#233;tats-uniennes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De toute fa&#231;on, il semblerait qu'Isra&#235;l ait l'intention d'&#233;trenner ses jouets nucl&#233;aires. Au nom d'un mensonge, tellement gros que plus personne n'a la force de le d&#233;mentir ; un autre canular meurtrier. Hier c'&#233;tait les armes de destruction massive en Irak. Aujourd'hui, nouveau bonhomme sept-heures : le programme atomique des mollahs persans.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Rappelons-le : tout le monde, des Iraniens eux-m&#234;mes &#224; la CIA, affirme que l'&#233;tat islamique n'a ni les moyens, ni l'intention de d&#233;velopper des armes nucl&#233;aires. Ils tentent de d&#233;velopper des centrales &#233;lectriques, sans grand succ&#232;s d'ailleurs. Mais comme leurs centrales seraient &#224; &#233;nergie atomique, ils doivent mourir. Au cas-o&#249;. On appelle cela le g&#233;nocide pr&#233;ventif.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout va bien.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un groupe de savants internationaux est mandat&#233; pour confirmer ce que tout le monde sait d&#233;j&#224; : l'imminence d'une catastrophe &#233;cologique sans pr&#233;c&#233;dent, menant &#224; l'extinction probable (et rapide) de toute vie sur Terre. Les changements climatiques, le r&#233;chauffement de la plan&#232;te, les gaz &#224; effet de serre, autant de formules pour d&#233;signer le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne. Le principal responsable, c'est l'industrie, &#224; commencer par celle du p&#233;trole. Bogue : on parle du grand capital. Les ma&#238;tres du monde. Les cr&#233;ateurs d'emplois, les b&#226;tisseurs d'empire, les requins de la finance, les vautours qui salivent en survolant les charniers qu'ils essaiment un peu partout. Des gens honorables comme les patrons de Stephen Harper. Il n'y a d'ailleurs que ce dernier, et Richard Martineau, pour pr&#233;tendre que l'industrie du p&#233;trole n'est pas le principal fautif. L&#226;che pas, Richard.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quant aux savants, ils font une pr&#233;diction prudente, du genre que l'on conna&#238;t pour l'avoir entendue toute notre vie. Il y a quarante ans on nous disait qu'il restait cinquante ans avant qu'il soit trop tard. Il y a dix ans, on nous a dit qu'il nous restait vingt ans pour agir, au plus. Aujourd'hui, il y a des tornades &#224; Londres, les oranges g&#232;lent en Californie, les neiges du Kilimandjaro ont presque fini de fondre, et l'hiver montr&#233;alais a commenc&#233; &#224; la mi-janvier. Les savants nous disent qu'il faut agir maintenant. Dans le sens de tout de suite.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Tr&#232;s Honorable Stephen Harper affirme que c'est un complot socialiste. Le petit St&#233;phane Dion, tout en p&#233;tant ses bretelles vertes, avoue que pour changer vraiment les choses, il faudrait attaquer l'industrie p&#233;troli&#232;re albertaine, et que &#231;a ne se fait pas. Comme c'est un homme s&#233;rieux, il est probablement retourn&#233; aux vraies affaires, comme trouver de nouveaux pr&#233;textes pour envahir la future R&#233;publique du Qu&#233;bec. L&#226;che pas, professeur St&#233;phane.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourtant tout va bien.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Pentagone a publi&#233; un rapport en 2003 sur les changements climatiques. &#199;a s'intitule &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;An Abrupt Climate Change Scenario and its Implications for United States National Security&lt;/i&gt;. Ses conclusions : comme le principal facteur de destruction (et de loin) est le p&#233;trole, et qu'il n'est pas question de r&#233;duire l'utilisation du p&#233;trole &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;because&lt;/i&gt; les &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;profits my dear&lt;/i&gt; ; et comme les fameux changements vont entra&#238;ner des famines, des &#233;pid&#233;mies, des torrents de r&#233;fugi&#233;s, des &#233;meutes et des r&#233;volutions, alors, il s'en suit logiquement que les &#201;tats-Unis, en tant que lumi&#232;re des temps modernes, ont tout &#224; gagner de la situation, pour peu qu'ils adoptent ce que le rapport appelle des &#171; no-regret policies &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D&#233;j&#224; que le Pentagone n'est g&#233;n&#233;ralement pas consid&#233;r&#233; comme &#233;tant tr&#232;s port&#233; aux regrets. En gros, il s'agit de piller tout ce qui est n&#233;cessaire &#224; la survie am&#233;ricaine, et comme les pays pill&#233;s risquent de s'opposer&#8230; hop les bombes. &#192; titre d'exemple, ils donnent (p.19) l'hydro-&#233;lectricit&#233; canadienne. Ce qui signifie qui exactement, &#224; votre avis ? Deux sc&#233;narios sont pr&#233;sent&#233;s : soit le Canada en entier accepte l'annexion, soit il y a une crise aux Etats-Unis, et il faut la r&#233;gler. Devinez comment ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Personne n'a plus de besoins que les Etats-Unis. Personne n'a plus le droit de vivre qu'eux. Bon, en fait, personne n'a le droit de vivre, sauf eux. Remarquez bien que cette r&#232;gle du Pentagone ne s'applique pas &#224; la Nouvelle-Orl&#233;ans, aux noirs, aux chicanos, ni aux pauvres. Il faut des priorit&#233;s. Et, on le sait, la plus grande priorit&#233;, c'est l'&#233;conomie.
Avant, le Capital nous tuait &#224; l'ouvrage. Maintenant qu'il ach&#232;ve de d&#233;truire la plan&#232;te, il a d&#233;cid&#233; de nous &#233;pargner cet effort, et de nous tuer tout de suite. Tant il est vrai que l'industrie priv&#233;e est synonyme d'efficacit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quand M. le Pr&#233;sident George W. Bush, ou n'importe quel autre de son genre, nous explique qu'il a enfin compris &#224; quel point les changements climatiques sont graves, ce n'est pas Hubert Reeves qu'il a en t&#234;te. Ce sont les id&#233;es du Pentagone, ou d'un quelconque Think Tank qui s'en fait la courroie de transmission. Quand un journaliste passe cela sous silence, par ignorance ou par omission, c'est qu'il a choisi son camp, par b&#234;tise ou par l&#226;chet&#233;, quand ce n'est pas par int&#233;r&#234;t. Idem les politiciens. Grand bien leur fasse &#224; tous.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Car tout va bien.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Faut-il parler encore de l'OCDE et de son rapport sur la zone Euro, qui explique que tout va bien aller pourvu que l'Europe enti&#232;re abandonne toutes les formes imaginables de protection pour les travailleurs et les citoyens ? Comme quoi un brillant avenir est promis &#224; tout pays qui brise tous les syndicats, abolit le salaire minimum, met la hache dans l'ensemble des programmes sociaux, et ouvre ainsi la porte &#224; une &#232;re de prosp&#233;rit&#233; g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Faut-il rappeler que ce programme est exactement le m&#234;me qu'on tente de nous vendre ici, sans succ&#232;s d'ailleurs ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Faut-il mentionner que r&#233;duire drastiquement les salaires et couper le financement en sant&#233; et en &#233;ducation, tout en multipliant les budgets militaires, policiers et p&#233;nitentiaires, envoie un message tr&#232;s clair sur la soci&#233;t&#233; qu'envisagent les sages de l'&#233;conomie mondiale et leurs laquais parlementaires ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Doit-on expliquer ici comment l'arm&#233;e am&#233;ricaine est en transformation profonde, dans le but avou&#233; d'&#234;tre &#224; m&#234;me de mater des populations urbaines ? Comment le gouvernement &#201;tats-Unien a achet&#233; en 2006 des prisons portatives, qui lui permettent d&#233;sormais de d&#233;tenir du jour au lendemain des centaines de milliers de &#171; pr&#233;sum&#233;s terroristes &#187; ? Comment il y a belle lurette que la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;plus grande d&#233;mocratie au monde&lt;/i&gt;&#169; s'est donn&#233;e les justifications l&#233;gales pour abolir le peu qui la s&#233;pare de l'&#201;tat policier ? Comment le Canada est &#224; ce sujet tr&#232;s en avance, bravo la Loi des Mesures de Guerre et sa nombreuse prog&#233;niture ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Faut-il faire la narration de l'infiltration par l'extr&#234;me-droite &#171; chr&#233;tienne &#187; de toutes les strates de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine, aux points les plus n&#233;vralgiques, de la pr&#233;sidente de la commission scolaire la plus recul&#233;e aux g&#233;n&#233;raux quatre &#233;toiles ? Comment les strat&#232;ges R&#233;publicains s'en vantent ? Comment le parti D&#233;mocrate, &#224; commencer par Hillary Clinton, est financ&#233; par les m&#234;mes sources que les ayatollahs du Grand Old Party ? Comment 25 % de la population des &#201;tats-Unis appelle de son c&#339;ur la th&#233;ocratie born-again, quand on sait qu'il a suffi de 30 % pour qu'ait lieu la R&#233;volution de 1776 ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Faut-il &#233;num&#233;rer point par point comment les id&#233;es et le discours de Jean Charest, Mario Dumont et le n&#233;o-lucide Lucien Bouchard (lui qui jadis nous laissa croire qu'il incarnait les espoirs de tout un peuple, pauvre Lucien) reprennent dans le d&#233;tail l'argumentaire des m&#234;mes puissances &#233;conomiques qui, afin de rester au chaud pendant l'&#233;ternel hiver qu'ils nous machinent, s'appr&#234;tent &#224; embraser le Monde ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Oui, il faut le faire. L'esprit r&#233;siste, &#224; juste titre, devant l'&#233;normit&#233; de la situation. Et ce que nous sentons tous, &#224; savoir l'&#233;tendue de la catastrophe qui s'annonce, et donc l'urgence qu'il y a d'agir, devient difficile &#224; accepter quand on tente de l'analyser. On se dit que &#231;a fait th&#233;orie du complot. On se dit que &#231;a ne peut pas &#234;tre aussi pire. On le voit, on l'entend, mais &#231;a ne peut pas &#234;tre vrai. Or, non seulement tout cela est-il amplement document&#233;, mais le portrait est infiniment pire dans la r&#233;alit&#233;. Et nous le savons.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le plus grand probl&#232;me, en effet, n'est pas tout ce que je viens d'&#233;num&#233;rer, ni la liste tout aussi valide que vous seriez capables de dresser. Parce qu'en v&#233;rit&#233;, il y a des d&#233;cennies que nous savons que nous nous dirigeons vers une telle crise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le probl&#232;me c'est que nous ne savons pas quoi faire &#8211; et que nous attendons que quelqu'un nous le dise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous attendons qu'on nous dise quoi faire parce que c'est comme cela depuis la nuit des temps.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et il s'est toujours trouv&#233; quelqu'un pour nous faire plaisir. Un ma&#238;tre de service, en quelque sorte. C&#233;sar ou Charest, peu importe : m&#234;me combat. Ils ne savent pas plus que vous ce qu'il faut faire, mais ils savent que nous voulons un sauveur, m&#234;me un petit arriviste minable, quelqu'un pour endosser le r&#244;le de celui qui sait, celui qui comprend, celui qui gouverne, celui qui ordonne. Il est l&#224; parce que nous le lui avons demand&#233;. Il a le pouvoir que nous lui avons donn&#233;. Pas en votant, cela est accessoire ; mais en croyant en lui, c'est-&#224;-dire en son poste, sa fonction de p&#232;re symbolique, omniscient et omnipotent. Quelqu'un pour &#234;tre Dieu &#224; notre place.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et son mandat premier, ce que nous lui demandons vraiment, c'est de nous r&#233;p&#233;ter ce que nous voulons entendre, &#224; savoir qu'il est meilleur que nous. C'est toute l'ironie d'une formule comme &#171; on n'a que les gouvernements que l'on m&#233;rite &#187;. Car nous ne subissons la calamit&#233; de tels gouvernements &#8211; politiques ou financiers &#8211; que parce que nous croyons que c'est tout ce que nous m&#233;ritons.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous les avons laiss&#233; faire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous avons cru en eux parce que cela faisait notre affaire. Peu importe pourquoi, en v&#233;rit&#233;. Il serait amusant de le savoir, mais l'heure est grave, et il vaut mieux vaquer au plus urgent. Nous avons voulu croire qu'il nous fallait des ma&#238;tres, et il s'en est pr&#233;sent&#233;. Ils ont cr&#233;&#233; et accapar&#233; les instruments du pouvoir ; r&#233;sultat oblig&#233; : ils ont peur de les perdre. Ils ont d'ailleurs peur de bien des choses. Ils ont surtout peur de vous et moi (&#224; quoi sert l'escouade anti-&#233;meutes ?). Peur qu'on cesse de croire l'illusion que nous-m&#234;mes avons invent&#233;e, et qui les a port&#233;s au pouvoir. L'illusion de notre faiblesse, de notre inf&#233;riorit&#233;, de notre b&#234;tise collective, de notre culpabilit&#233; : le mythe, transpos&#233;, de la tache originelle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mirage que tout cela. Calembredaine. Fac&#233;tie. Sottise. Blague. Comptine. Sornette. N'importe quoi. En bon qu&#233;b&#233;cois : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;c'est m&#234;me pas vrai&lt;/i&gt;. M&#234;me si on choisit d'y croire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces gens n'ont que la force de nos convictions. Et le choix de les croire, quoi que l'on se raconte, est toujours libre. Il faut d'ailleurs beaucoup d'efforts et de moyens pour tenter de convaincre quelqu'un &#8211; et &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;a fortiori&lt;/i&gt; un peuple - qu'il n'est pas libre. La t&#233;l&#233;vision sert &#224; cela. L'arm&#233;e et la police (qui sont l&#224; pour nous prot&#233;ger de nous-m&#234;mes, n'est-ce pas) servent &#224; cela.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pensez que les gens qui nous gouvernent sont notoirement proches de &#171; leur &#187; argent. Je ne crois pas avoir besoin d'expliciter. Maintenant, quel est le co&#251;t combin&#233; de toutes les d&#233;penses militaires, polici&#232;res, et publicitaires en Occident ? Le chiffre est sans doute de l'ordre du nombre de Jos Louis qu'il faut empiler pour se rendre de la Terre &#224; Proxima du Centaure. Voil&#224; le prix que mettent ces pingres impuissants pour nous faire croire que nous avons besoin d'une bande de g&#226;teux - ou de jeunes vieux - pour nous dire comment agir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et tout cela, ces montagnes de milliards br&#251;l&#233;s quotidiennement, au service d'une illusion, qu'il nous a plu de croire, pour b&#226;tir une forteresse de nuage et de vent. La balle d'un soldat peut bien nous abattre, mais comment tous les canons du monde pourraient-ils contraindre m&#234;me un seul homme &#224; changer la voix de sa conscience ? Chacun a son propre coeur, et chacun est libre de ses choix.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous avons cru avoir besoin de ma&#238;tres, et voyez ce que leur sagesse a fait de notre plan&#232;te. Alors : sont-ils meilleurs que n'importe qui d'entre nous ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et que disent-ils, encore et toujours ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les seigneurs de guerre pointent leurs ogives vers l'Iran, et nous disent que nous n'avons pas le choix.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les grands argentiers condamnent le monde &#224; la faim, la maladie et la mis&#232;re, et nous disent que nous n'avons pas le choix.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les princes de pacotille regardent tout cela, et la Plan&#232;te qui meurt, et ils nous disent qu'on n'a pas le choix , pas le choix, pas le choix.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vous avez le choix.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vous avez, pour commencer, le choix de les croire. Ou pas.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je choisis plut&#244;t de croire au c&#339;ur humain, de croire en vous, et surtout de croire en moi, qui suis pareil que chacun de vous.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et c'est pour &#231;a que tout va bien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Ren&#233;-Marcel Sauv&#233;</title>
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		<dc:creator>Ren&#233; Marcel Sauv&#233;</dc:creator>
		


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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/IMG/arton4317.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;86&quot; height=&quot;125&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		
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		<title>Le temps des tulipes</title>
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		<dc:creator>Christian Maltais - Chronique de Christian Maltais</dc:creator>
		


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		<description>Octobre nous m&#232;ne au deuxi&#232;me point : la menace, rarement &#233;voqu&#233;e de vive voix mais toujours pr&#233;sente, d'une op&#233;ration militaire pour nous ramener dans le droit chemin de la d&#233;mocratie, des droits des minorit&#233;s, et du libre march&#233;. Il vaut la peine de s'attarder un instant sur cette (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Semper Augustus&lt;/i&gt;. Il y a dans ces deux mots toute l'ironie &#8211; douce ou cruelle &#8211; de la folie des grandeurs, de la d&#233;raison du pouvoir, de l'illusion de la permanence. C'est d'abord un &#233;pith&#232;te r&#233;serv&#233; aux dieux, signifiant &#171; toujours b&#233;ni &#187;. Puis cela devient un titre accord&#233; aux empereurs romains : Octave en fut le premier r&#233;cipiendaire, et ainsi on a pris l'habitude de l'appeler Auguste, mais le titre fut port&#233; par tous ses successeurs. Charlemagne reprend l'appellation cinq si&#232;cles plus tard. Enfin, c'est au tour des empereurs du Saint-Empire Romain, qui (fait amusant ) sont &#224; l'&#233;poque des Allemands. En jouant sur l'&#233;tymologie, ces derniers donnent au titre un nouveau sens : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;zu alien Zeiten Mehrer des Reichs&lt;/i&gt;, &#8220;celui qui en tout temps agrandit l'Empire&#8221;. De grands titres, pour de grands hommes, &#224; la gloire &#233;ternelle : qui n'a pas entendu parler d'Otton 1er ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Puis ce fut une fleur. Une tulipe, baptis&#233;e la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Semper Augustus&lt;/i&gt;, vendue en 1634 pour un prix record qui aurait pay&#233; le salaire annuel de vingt travailleurs ; deux de ces fleurs vous auraient valu un manoir &#224; Amsterdam. Car nous sommes en Hollande, et c'est l'&#233;poque de la tulipomanie. Tout le monde se les arrache. Une sp&#233;culation alors sans pr&#233;c&#233;dent. Mais rassurez-vous : le march&#233; des tulipes est solide, il ne peut aller que vers le haut, c'est la prosp&#233;rit&#233; assur&#233;e pour les si&#232;cles des si&#232;cles, et puis en 1637 c'est le crash, tout le monde est ruin&#233;, et on n'en parle plus.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; l'&#233;poque, Amsterdam est par ailleurs la capitale d'une grande puissance commerciale et coloniale, dont la flotte vogue brasser de grosses affaires jusqu'au Br&#233;sil. Aujourd'hui, le centre du monde est c&#233;l&#232;bre pour ses coffee shops. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Sic transit gloria mundi&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour la petite Histoire, qui nous concerne directement : quinze ans apr&#232;s le crash des tulipes, les Hollandais s'installent en Afrique du Sud. Ils en viennent rapidement &#224; se convaincre que c'est leur responsabilit&#233; de droit divin de mater les races inf&#233;rieures. &#201;poque dor&#233;e, qui dure jusqu'&#224; ce que l'Empire Britannique d&#233;barque 250 ans plus tard. La Hollande n'est plus qu'un acteur mondial &#224; peu pr&#232;s insignifiant. Les Anglais, eux, nous ont d&#233;j&#224; conquis. Ils sont en train de battre Napol&#233;on. Ils prennent le contr&#244;le de l'Afrique du Sud, une terre riche en diamants, je mentionne &#231;a comme &#231;a. Les Hollandais et les Britanniques se battent &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;on and off&lt;/i&gt; pendant cent ans. &#199;a finit par donner la guerre des Boers. &#199;a saigne. L'empire britannique demande l'appui de ses fid&#232;les colonies. Nos amis canadiens exultent. Nous, pas tellement. Ce sera la premi&#232;re crise de la conscription. On est en 1899.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les Britanniques gagnent, on chante le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;God Save the King&lt;/i&gt; dans les bureaux de la Bank of Montreal, et c'est sous le r&#232;gne des Britanniques que l'Apartheid est proclam&#233;, en 1948, un effondrement &#233;conomique, deux guerres mondiales, deux crises de la conscription, et un Reich-mill&#233;naire-qui-a-dur&#233;-douze-ans plus tard.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faut dire que des empires, voire m&#234;me de simples monarchies, il ne reste plus grand chose. L'Angleterre ? Le joyau de sa couronne, l'Inde (un ancien empire, d&#233;chu), vient de d&#233;clarer son ind&#233;pendance, apr&#232;s de nombreux affrontements violents, certes, mais surtout par une r&#233;volution pacifique men&#233;e par un vieillard sans le sou. Les ind&#233;pendantistes ont &#233;t&#233; ridiculis&#233;s, emprisonn&#233;s, fusill&#233;s par milliers. Mais le soleil s'est finalement couch&#233; sur Britannia. L'Inde a depuis bien des probl&#232;mes, mais au moins ce sont d&#233;sormais les siens. Et &#224; la base de tout cela, il y a le message d'un homme ordinaire, qui a pass&#233; des ann&#233;es &#224; r&#233;p&#233;ter un message simple : &#171; tu dois devenir le changement que tu veux voir dans le Monde &#187;. Et le Monde a chang&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est ce qu'on a dit d'ailleurs quand les tours jumelles se sont effondr&#233;es, &#224; New Amsterdam. Le Monde a chang&#233;, ce ne sera plus jamais pareil, c'est eux contre nous, les terroristes contre la civilisation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais, le message qu'on nous offre depuis quelques ann&#233;es, c'est le contraire de celui de ce vieux fou de Gandhi. D'abord, bien s&#251;r, &#224; cause de la guerre perp&#233;tuelle, le New Normal cher au regrett&#233; Donald Rumsfeld. Mais aussi, ce qui est plus subtil mais infiniment plus important : vous n'&#234;tes pas le changement, vous n'&#234;tes rien, vos manifestations ne donnent rien, votre opinion ne vaut rien, vous ne savez rien. Laissez-faire les grandes personnes. Et on envahit l'Afghanistan. Puis route vers Bagdad, capitale d'un autre empire d&#233;chu, il y a bien longtemps, &#224; l'&#233;poque des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Mille et une nuits&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est pour le p&#233;trole, s'est tout de suite dit la plan&#232;te enti&#232;re (&#224; l'exception notable des gens s&#233;rieux, politiciens et journalistes par exemple). C'est vrai, mais ce n'est pas tout. Le p&#233;trole, en quelque sorte, est l'arbre qui cache la for&#234;t, laquelle est en feu, ce qui est un cocktail explosif, vous en conviendrez.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'abord, mettons-nous d'accord : le p&#233;trole est un liquide noir&#226;tre et naus&#233;abond, un jus f&#233;tide compos&#233; en bonne partie de la mac&#233;ration de vieux dinosaures enfouis depuis des milliers d'ann&#233;es. En soi, il n'a pas plus de valeur que le compost, le sable d'une plage, ou la tourti&#232;re de matante Germaine. Ce qui lui donne son importance, c'est qu'on s'est rendu compte qu'en le br&#251;lant on pouvait faire fonctionner des machines. Des v&#233;hicules, surtout. Lesquels transportent &#224; peu pr&#232;s toutes les marchandises de la plan&#232;te (dont une bonne part est faite en plastique, qui est un autre d&#233;riv&#233; plus r&#233;cent du m&#234;me p&#233;trole).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ergo&lt;/i&gt;, le commerce d&#233;pend du p&#233;trole. Et les empires d&#233;pendent du commerce. Ce qui veut dire que celui qui contr&#244;le cette ressource, contr&#244;le en derni&#232;re ligne la destin&#233;e imp&#233;riale. C'est cette derni&#232;re id&#233;e qu'il faut retenir : ceci n'est pas une guerre pour une ressource en tant que telle, f&#251;t-elle rare et pr&#233;cieuse, mais pour son contr&#244;le, c'est-&#224;-dire le pouvoir, en l'occurrence plan&#233;taire, mais aussi le pouvoir au sein de la caste dirigeante. M&#234;me l'argent n'est qu'un pr&#233;texte, un symbole du pouvoir actuel. Et c'est ici que le parfum du p&#233;trole commence &#224; se confondre avec celui des tulipes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La base du pouvoir plan&#233;taire, c'est l'argent. Or, ce qui permet au dernier de se maintenir en place, c'est la menace de la force militaire. C'est sch&#233;matiser grossi&#232;rement que de pr&#233;senter les choses ainsi. C'est aussi un portrait assez juste de la situation. Voyez, pour prendre un exemple au hasard : l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec. Le premier argument s&#233;rieux, pass&#233; les platitudes sur la beaut&#233; lyrique des montagnes rocheuses et autres sanglots longs des violons de l'automne saskatchewanais, c'est que la s&#233;paration est mauvaise pour l'&#233;conomie. L'incertitude &#233;conomique fait fuir les investisseurs. Le Qu&#233;bec ne pourra payer la dette. Les Canadiens ne voudront plus nous vendre leur salade (si c'&#233;tait vrai&#8230;) En gros, si le Qu&#233;bec n'ob&#233;it pas, il va crever de faim. Logique &#224; laquelle on nous a habitu&#233;s &#224; la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;factory&lt;/i&gt;. Dans les ann&#233;es soixante, on ajoutait que les Qu&#233;b&#233;cois &#233;taient, somme toute, trop &#233;pais pour faire de l'argent. Il n'y a peut-&#234;tre pas de lien de cause &#224; effet, mais le th&#232;me de notre faiblesse h&#233;r&#233;ditaire a cess&#233; apr&#232;s les bombes du FLQ.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Octobre nous m&#232;ne au deuxi&#232;me point : la menace, rarement &#233;voqu&#233;e de vive voix mais toujours pr&#233;sente, d'une op&#233;ration militaire pour nous ramener dans le droit chemin de la d&#233;mocratie, des droits des minorit&#233;s, et du libre march&#233;. Il vaut la peine de s'attarder un instant sur cette question.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour ceux qui l'ignorent, quand l'arm&#233;e d&#233;barque au Qu&#233;bec en Octobre 1970, elle se pr&#233;pare depuis 6 ans &#224; une guerre civile devant durer de dix &#224; quinze ans, jusqu'&#224; la victoire finale de la paix et de la justice. Le plan militaire canadien mentionne &#224; plusieurs reprises &#8211; ce n'est pas des blagues &#8211; le recours aux armes nucl&#233;aires. Mais peut-&#234;tre que j'invente des histoires ? Je vous en conjure, ne me croyez pas sur parole, et v&#233;rifiez vous-m&#234;mes. Vous retrouverez le plan, reproduit int&#233;gralement, dans les m&#233;moires d'un officier, Dan G. Loomis : &#171; Not much glory : quelling the FLQ &#187;, publi&#233; en 1984. Son seul regret, c'est qu'on ne lui ait pas &#233;rig&#233; de statue. Je doute que vous soyez nombreux &#224; partager son sentiment.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'arm&#233;e d'occupation n'attend qu'un pr&#233;texte, une &#233;meute, un cri. &#171; Just watch me &#187;, dit le seigneur de guerre canadien, celui que l'in&#233;narrable Jacques Godbout appelle Trudeau le pacifiste. Allez lire les minutes du cabinet Trudeau pendant la crise, sur le site de la fondation Octobre 70. En quelque sorte, la mort de Laporte a &#233;vit&#233; un bain de sang. C'est terrible mais c'est comme &#231;a. L'engouement croissant du public pour le message, sinon les actions, des r&#233;volutionnaires qu&#233;b&#233;cois, s'est &#233;teint d'un seul coup. La guerre n'est plus n&#233;cessaire. Pour Ottawa, c'est le meilleur sc&#233;nario. La cellule de Financement Ch&#233;nier, la &#171; gang de la Rive Sud &#187;, ne peut pas le savoir, non plus que Lanct&#244;t et ses camarades. Mais le R&#233;gime est tr&#232;s bon pour se servir de la mort des autres. Il a l'habitude. C'est sa &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;game&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quand Trudeau rapatrie de force la Constitution, la premi&#232;re chose qu'il fait c'est d'y ajouter une Charte des Droits dont l'objectif avou&#233;, malgr&#233; son titre fleuri, est d'invalider la loi 101 et de rendre taboue l'existence du peuple qu&#233;b&#233;cois. La deuxi&#232;me chose que fait Trudeau, c'est d'ajouter une nouvelle loi &#224; celle des Mesures de Guerre, qui lib&#232;re le gouvernement canadien de l'obligation de respecter la charte en cas de crise politique, dont la d&#233;finition est laiss&#233;e comme toujours &#224; la discr&#233;tion du cabinet f&#233;d&#233;ral. Faites-leur confiance. Gr&#226;ce &#224; cette nouvelle loi, Ottawa se donne notamment le droit l&#233;gal de cr&#233;er des camps de concentration. Bien s&#251;r, l'ennemi s&#233;paratiste est vaincu, le r&#233;f&#233;rendum de 1980 est une plaie b&#233;ante, le Qu&#233;bec est partag&#233; entre la n&#233;gation, le m&#233;pris de soi, et une d&#233;pression collective qui va durer dix ans. Mais on n'est jamais trop prudent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La nature belliqueuse du Canada, non seulement &#224; l'&#233;tranger mais sur son propre territoire, est un sujet in&#233;puisable. Quand la crise &#233;conomique des ann&#233;es 30 est venue, on a d&#233;tenu des ch&#244;meurs dans des camps g&#233;r&#233;s par l'arm&#233;e. Ceux qui fuyaient &#233;taient abattus. Quand les manifestations de gens affam&#233;s se sont multipli&#233;es, on a envoy&#233; la GRC tirer dans la foule. &#171; A splendid time was had by all &#187;, se rem&#233;more un officier de la police mont&#233;e. Durant les deux guerres mondiales, on a &#233;rig&#233; des camps de concentration au Canada : Japonais, Allemands y sont intern&#233;s, mais aussi, et avant eux, des militants de gauche, des syndicalistes&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La liste des actes r&#233;v&#233;lateurs de la nature fondamentale du R&#233;gime canadien est beaucoup, beaucoup trop longue pour l'&#233;taler ici. Mais il n'est pas besoin d'aller aussi loin pour se faire une juste id&#233;e du pacifisme f&#233;d&#233;raliste. Pensez au mouvement partitioniste, ces grands d&#233;mocrates encourag&#233;s par Jean Chr&#233;tien et le nouveau sauveur du Canada, le bient&#244;t tr&#232;s honorable St&#233;phane Dion. Une flamme attis&#233;e par tout ce qui se publie chez nos amis canadians, &#224; commencer par la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Montreal Gazette&lt;/i&gt;. Des truands en tweed, dont les tactiques incluent le harc&#232;lement t&#233;l&#233;phonique et les menaces de mort &#224; trois heures du matin. Maintenant, demandez-vous : si le Qu&#233;bec refuse ce chantage, ce qui est conforme au Droit international, qu'est-ce qui arrive ? Quand un peuple en domine un autre, en toute bonne conscience, depuis plus de deux cent ans &#8211; et qu'il se justifie en se convainquant que l'autre, c'est-&#224;-dire nous, sommes des menteurs, des brutes racistes, des nazis, qu'arrive-t-il lorsqu'il sent son pouvoir dispara&#238;tre, et avec lui ses illusions sur sa propre sup&#233;riorit&#233; morale ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pendant la campagne r&#233;f&#233;rendaire de 1995, l'arm&#233;e canadienne a envoy&#233; en pleine nuit ses h&#233;licopt&#232;res se poser dans les banlieues de Montr&#233;al. La population, largement immigrante, &#233;tait terroris&#233;e. Jacques Parizeau s'est indign&#233;. Jean Chr&#233;tien l'a trait&#233; de parano&#239;aque. C'est une op&#233;ration militaire normale, semble-t-il. L'arm&#233;e a expliqu&#233; qu'elle faisait de telles man&#339;uvres sur une base r&#233;guli&#232;re. Si l'arm&#233;e le dit&#8230; Radio-Canada a donn&#233; raison &#224; Ottawa, et n'en a jamais reparl&#233;. Je me souviens.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce qui complique notre situation, c'est que notre voisin direct au Sud est aussi le seul empire qui subsiste sur la plan&#232;te, et qu'il repr&#233;sente depuis 1945 la plus grande puissance &#233;conomique et militaire de l'Histoire connue. Je ne doute pas un instant de l'excellente recherche que Jean-Fran&#231;ois Lis&#233;e a effectu&#233;e, qui le m&#232;ne &#224; conclure que Washington est relativement sympathique (ou indiff&#233;rent) &#224; l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec. Je respecte M. Lis&#233;e, mais tout document&#233;e qu'elle soit, je crois que cette th&#232;se est un peu courte. Il y a de multiples raisons pour justifier un sain scepticisme, mais en bout de ligne, &#224; supposer qu'Ottawa adopte la ligne la plus dure avec le Qu&#233;bec, ce qu'il ne cesse de promettre depuis des d&#233;cennies, de quel c&#244;t&#233; pensez-vous que l'h&#233;ritier de l'Empire britannique pencherait ? Avec les gentils canadiens pacifistes et un peu ennuyeux, mais qui penchent toujours de son bord ; ou avec la peuplade socialisante qui ne parle m&#234;me pas anglais, et qui pourrait donner des mauvaises id&#233;es aux hispanophones du Sud, aux Puerto Ricains, &#224; des milliers d'autres ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le grand paradoxe de notre situation, c'est qu'on a souvent &#233;vit&#233; de poser ces questions &#233;videntes, par crainte de faire peur &#224; la population. Or, la population, c'est nous. Et loin de nous apeurer, ce constat devrait finir de dissiper les craintes auxquelles nous pouvions rester attach&#233;s. Car les menaces de repr&#233;sailles du Canada &#224; notre &#233;gard, tant &#233;conomiques que militaires, sont ridicules sans les gros bras du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;big brother&lt;/i&gt; am&#233;ricain.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et l'empire am&#233;ricain est d&#233;sormais ruin&#233;. Fini. Kaput. Comme les trois mille empires qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233;. Le colosse est abattu (en fait, il s'est tir&#233; dans le pied, mais vu la taille de ses canons, et le fait qu'il persiste &#224; continuer &#224; tirer&#8230;) ; et le choc pour nous tous quand il va se fracasser est impossible &#224; pr&#233;voir. Il y a d'excellentes chances que l'&#233;conomie mondiale le suive, et avec lui le capitalisme, et toutes les bases de tous les pouvoirs qui s'en nourrissent. L'Humanit&#233; n'a sans doute jamais connu un bouleversement comme celui qui, tout l'indique, est &#224; nos portes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La base de l'empire am&#233;ricain, c'est le dollar. Et le dollar est une monnaie vide, qui n'a aucun point de r&#233;f&#233;rence dans la r&#233;alit&#233; concr&#232;te. Les monnaies avaient jadis une valeur li&#233;e &#224; l'or d&#233;tenu par le pays &#233;metteur. Depuis les ann&#233;es 70, avec la dissolution des accords de Bretton-Woods, l'&#233;talon-or a &#233;t&#233; abandonn&#233; pour toutes les monnaies. Le nouvel &#233;talon est devenu le dollar am&#233;ricain lui-m&#234;me. Ainsi, toutes les monnaies se transigent en billets verts.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La valeur du dollar US, elle, est bas&#233;e sur la confiance qu'inspire la puissance am&#233;ricaine aux grandes banques qui ach&#232;tent et vendent les monnaies nationales. C'est tout. L'argent am&#233;ricain est de la monnaie de carte. L'&#233;conomie am&#233;ricaine n'a connu aucune croissance r&#233;elle depuis pr&#232;s de trente ans. Pour simuler (et non stimuler) la croissance &#233;conomique, comme pour payer les salaires de ses employ&#233;s (fonctionnaires, policiers, professeurs&#8230;), et m&#234;me pour payer les comptes courants, les &#201;tats-Unis empruntent depuis tout ce temps. Pour se maintenir &#224; flot, le vaisseau amiral du capitalisme mondial doit emprunter 2.5 milliards de dollars par jour.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La dette accumul&#233;e est entre les mains de banques &#233;trang&#232;res, comme celles de Chine ou du Japon. Donc, si la banque du Japon croit que les Etats-Unis sont tout puissants, et que tout va toujours bien aller, tout va bien. Si elle cesse d'y croire, alors&#8230; personne ne sait exactement ce qui se passe. Il n'y a aucune alternative au dollar US.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'euro ? N'y pensez pas. S'il augmente, personne n'aura le moyen d'acheter les produits europ&#233;ens, l'industrie va s'effondrer, exit l'euro, retour &#224; la case d&#233;part. L'OCDE le dit explicitement : &#171; certains risques ne peuvent &#234;tre totalement &#233;cart&#233;s, notamment un ralentissement plus prononc&#233; que pr&#233;vu aux Etats-Unis (&#8230;) et une appr&#233;ciation brutale de l'euro en cas de r&#233;alignement des taux de change face aux d&#233;s&#233;quilibres des balances courantes &#224; l'&#233;chelle mondiale. &#187; (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#201;tude &#233;conomique sur la zone euro&lt;/i&gt;, 2007, p. 3-4) Le ton de ce document demeure optimiste, mais le message est clair, beaucoup plus en fait que dans cette seule citation. Le crash mondial est &#224; nos portes, et personne ne sait quoi faire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Parce que, voyez-vous, c'est l'impression de puissance qui donne au dollar sa cr&#233;dibilit&#233;. La seule puissance qu'ont les Etats-Unis depuis trente ans, c'est sa force de frappe militaire. Ou plus exactement, la terreur qu'elle est capable d'inspirer. C'est le potentiel meurtrier de cette machine &#224; holocauste qui inspire confiance dans le c&#339;ur des grands d&#233;cideurs &#233;conomiques. Le dollar am&#233;ricain, le fil dont est tiss&#233; le pourpre des ma&#238;tres du monde, est rest&#233; fort jusqu'ici, uniquement parce son arm&#233;e est capable de tuer plus de monde. Tout le monde, en fait. Plusieurs fois. Du moins sur papier. Parce que dans la vraie vie, l'arm&#233;e am&#233;ricaine, malgr&#233; son pouvoir de destruction, est incapable de gagner une guerre contre des ennemis plus puissants que l'&#238;le de la Grenade. Son arm&#233;e est faite pour intimider, par pour se battre. Tout le monde dans l'Establishment, &#224; commencer par l'industrie p&#233;troli&#232;re, le savait tr&#232;s bien depuis longtemps. Et comme le montre le rapport Baker, ils paniquent. Eux comprennent parfaitement ce qui est en train de se passer.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les N&#233;o-conservateurs qui entourent Bush forment la frange la plus radicale et d&#233;connect&#233;e de l'&#233;lite mondiale. C'est un mouvement qui a pris trente ans &#224; se hisser au sommet du pouvoir mondial. Il leur a fallu le dixi&#232;me de ce temps pour l'an&#233;antir. Ils l'ont fait par b&#234;tise et par ignorance ; par na&#239;vet&#233; surtout. Le ma&#238;tre du monde n'est pas cens&#233; croire toute la propagande qu'il adresse &#224; ses sujets pour les tenir tranquilles, tout comme un illusionniste court &#224; la catastrophe s'il se convainc qu'il a r&#233;ellement le pouvoir de scier une femme en deux. La seule question qui reste dans une telle situation, c'est le temps que prendra la foule pour mettre un terme &#224; ce triste spectacle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les Neo-Cons&#8230; Ils se sont crus C&#233;sars, ila n'&#233;taient m&#234;me pas Picrochole. Ils ont voulu gouverner, seuls et par la force, les destin&#233;es de notre Terre enti&#232;re. Ils ont intimid&#233;, bombard&#233;, envahi, occup&#233;, pill&#233;, tortur&#233;, massacr&#233;, s&#251;rs de leur invincibilit&#233;, intoxiqu&#233;s par leur propre cin&#233;ma. C'est de cette mani&#232;re qu'en trois ou quatre ans ils ont bris&#233; leur arm&#233;e d'apparat. Un tel jouet ne se r&#233;pare pas, encore moins en le lan&#231;ant contre le mur iranien.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le sort en est jet&#233;. Il ne reste plus rien pour soutenir le dollar, et avec lui les fortunes du grand Capital. Il ne lui reste qu'&#224; faire son deuil du pouvoir. Il en est encore &#224; l'&#233;tape de la n&#233;gation. La prochaine, la pire pour nous, sera celle de la col&#232;re. Je crois, chers amis, que nous n'avons encore rien vu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais quand cela sera fini, il ne restera plus de l'empire que le souvenir d'un parfum d&#233;mod&#233;. Ce sera &#224; chacun de s'assurer que personne ne tente de le remettre au go&#251;t du jour. Quant &#224; la suite de l'Histoire, il n'appartient pas &#224; un homme seul de l'&#233;crire. C'est nous tous qui la cr&#233;ons. Mais vous savez tout cela.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Car vous &#234;tes tout l'espoir du Monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Loi C-20</title>
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		<title>Forces Arm&#233;es Nationales du Qu&#233;bec</title>
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