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	<title>Vigile.net - Nationalisme qu&#233;b&#233;cois</title>
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	<description>Le portail ind&#233;pendantiste du Qu&#233;bec</description>
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		<title>Vigile.net</title>
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	<item>
		<title>&lt;i&gt;The Haunted House&lt;/i&gt;</title>
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		<dc:creator>Dominic Desroches - Collaboration sp&#233;ciale</dc:creator>
		


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		<description>Il ne reste plus qu'&#224; esp&#233;rer que cette jeune g&#233;n&#233;ration de chasseurs de fant&#244;mes aura appris &#224; ne pas reculer lorsqu'elle entendra siffler&#8230; Si le vent ne souffle pas encore de leur c&#244;t&#233;, les chasseurs les plus patients trouveront bien, dans les opportunit&#233;s &#224; venir, de (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Il ne reste plus qu'&#224; esp&#233;rer que cette jeune g&#233;n&#233;ration de chasseurs de fant&#244;mes aura appris &#224; ne pas reculer lorsqu'elle entendra siffler&#8230; Si le vent ne souffle pas encore de leur c&#244;t&#233;, les chasseurs les plus patients trouveront bien, dans les opportunit&#233;s &#224; venir, de petites chances de transformer notre peur historique en (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/The-Haunted-House"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>La politique spectrale</title>
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		<dc:creator>Dominic Desroches - Collaboration sp&#233;ciale</dc:creator>
		


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		<description>Insouciants d'&#234;tre encore aujourd'hui hant&#233;s par notre pass&#233;, nous sommes partis pour dispara&#238;tre dans la joie du hockey r&#233;volu et la pr&#233;sence spectrale de la monarchie britannique. Devenus des &#171; revenants &#187; pour eux-m&#234;mes, on peut douter que les Qu&#233;b&#233;cois - qui auront eu droit en (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Insouciants d'&#234;tre encore aujourd'hui hant&#233;s par notre pass&#233;, nous sommes partis pour dispara&#238;tre dans la joie du hockey r&#233;volu et la pr&#233;sence spectrale de la monarchie britannique. Devenus des &#171; revenants &#187; pour eux-m&#234;mes, on peut douter que les Qu&#233;b&#233;cois - qui auront eu droit en 2009 &#224; tous les signes que peuvent leur donner les (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/La-politique-spectrale"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Le nationalisme remis en question</title>
		<link>http://www.vigile.net/Le-nationalisme-remis-en-question</link>
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		<dc:date>2009-11-06T14:23:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Georges Paquet - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Je viens de faire l'acquisition d'un bouquin fort int&#233;ressant, l'&#201;tat du monde 2010 (La D&#233;couverte/Bor&#233;al) qui contient des analyses de 50 des meilleurs observateurs de l'actualit&#233; mondiale qui en d&#233;gagent autant d'id&#233;es-forces pour comprendre ce qu'ils (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je viens de faire l'acquisition d'un bouquin fort int&#233;ressant, l'&#201;tat du monde 2010 (La D&#233;couverte/Bor&#233;al) qui contient des analyses de 50 des meilleurs observateurs de l'actualit&#233; mondiale qui en d&#233;gagent autant d'id&#233;es-forces pour comprendre ce qu'ils appellent le grand tournant de ce 21e si&#232;cle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je ne tiens pas n&#233;cessairement &#224; faire de la publicit&#233; pour que vous achetiez ce volume, qui passe en revue et analyse de fa&#231;on brillante les &#233;v&#232;nements r&#233;cents, mais je tiens &#224; reproduire ici, ce que ces 50 analystes ont pondu ensemble, comme observation principale et comme conclusion de leur travail. On retrouve en postface un petit texte qui devrait alimenter les r&#233;flexions de tous les citoyens, mais en particulier des Qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut lire : &quot;Rarement le monde a-t-il chang&#233; aussi rapidement autour de nous. En quelques mois, le pr&#233;sident Barack Obama a marqu&#233;, au moins verbalement, la rupture avec son pr&#233;d&#233;cesseur. Le krach financier s'est transform&#233; en crise &#233;conomique et sociale mondiale, montrant &#224; quel point le temps de la souverainet&#233; avait c&#233;d&#233; la place &#224; celui de l'interd&#233;pendance...&quot;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Le Qu&#233;b&#233;cois, cet Autre</title>
		<link>http://www.vigile.net/Le-Quebecois-cet-Autre</link>
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		<dc:date>2009-10-31T11:32:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Beno&#238;t Rheault - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Au sein du Canada, le Franco-Qu&#233;b&#233;cois est condamn&#233; au r&#244;le de l'Autre. ...semblable &#224; celui d&#233;nonc&#233; par de Beauvoir, concernant la femme. Car l'Autre n'est pas sujet ; l'Autre est objet. Il sert au sujet. L'Autre est d&#233;fini par ce sujet, selon ses int&#233;r&#234;ts. Il ne (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Chaque conscience poursuit la mort de l'Autre.&lt;/i&gt; &#8212; Hegel&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le n&#233;o-nationalisme qu&#233;b&#233;cois est en partie &#233;tranger &#224; l'ancien, groulxiste et bourassiste. Il est n&#233; en fait de cette grande &#233;bullition des ann&#233;es 60, ayant produit le mouvement afro-am&#233;ricain des droits civiques, l'anticolonialisme, le mouvement des droits des gais et le f&#233;minisme de deuxi&#232;me vague. Ce faisant, il balaya une grande part du messianisme chim&#233;rique et du conservatisme attard&#233; qui affligeait ses pr&#233;d&#233;cesseurs, l'ancrant davantage dans le r&#233;el et l'action. Et d&#232;s lors que ce nationalisme quitta le monde du fantasme (voyant le Canadien fran&#231;ais investit de la t&#226;che divine d'&#233;vang&#233;liser l'Am&#233;rique, ou de reprendre contr&#244;le du Canada par la natalit&#233;... du fantasme, vous dis-je)... d&#232;s qu'il retourna sur terre, donc, il n'e&#251;t d'autre choix que d'y constater l'impasse que la Conf&#233;d&#233;ration lui imposait.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Outre leur id&#233;al &#233;mancipateur, ces divers mouvements ont eu en commun d'analyser les rapports de domination par la philosophie, la psychanalyse et le marxisme. La dynamique entre le dominant et le domin&#233;, ou le sujet et l'Autre, et la dynamique conditionnant l'un et l'autre furent au centre de leur r&#233;flexion. Cette approche fut utilis&#233;e pour le Qu&#233;bec, ce qui attira les regards des principaux penseurs de l'anticolonialisme. Albert Memmi, auteur du n&#233;cessaire &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Portrait du colonisateur, Portrait du colonis&#233;&lt;/i&gt;, avait reconnu chez les Qu&#233;b&#233;cois les attributs de l'homme colonis&#233;. Il y consacra d'ailleurs un texte, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Canadiens fran&#231;ais sont-ils des colonis&#233;s ?&lt;/i&gt;, joint &#224; une &#233;dition de 1972 du classique. Jacques Berque s&#233;journa au Qu&#233;bec et livra la m&#234;me opinion en conf&#233;rence, ainsi qu'au journal riniste (1) &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Ind&#233;pendance&lt;/i&gt;, en mars 1964. Aim&#233; C&#233;saire fut flatt&#233; (2) par la reprise du concept de n&#233;gritude par Pierre Valli&#232;res (3) et m&#234;me Jean-Paul Sartre a su affich&#233; son soutien pour l'ind&#233;pendance (r&#233;volutionnaire, bien-s&#251;r) du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce type d'analyse est toujours honor&#233; au sein des autres mouvements &#233;mancipatoires, et ce, tout en d&#233;battant de ses limites pour le monde actuel. Le mouvement du Qu&#233;bec fait figure d'exception : avec la brisure de 1980, son peuple en a fait un tabou, un lieu d'amn&#233;sie... comme il lui est caract&#233;ristique faire &#224; tant d'autres sujets. Nous verrons pourquoi. Pourtant, l'analyse se retrouvant au sein de ces th&#233;ories ont encore r&#233;sonance dans le Qu&#233;bec d'aujourd'hui, notamment dans ce rapport entretenu avec le peuple canadien anglais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En fait, la condition qu&#233;b&#233;coise trouve r&#233;sonance chez &#171; l'Autre &#187;, concept s'apparentant &#224; la dialectique h&#233;g&#233;lienne, repris par l'anticolonialiste Frantz Fanon. Toutefois... dans ce texte, je ne ferai d'abord r&#233;f&#233;rence &#224; Fanon qu'en filigrane. Cette optique pouvant sembler &#8212; faussement &#8212; lointaine pour le Qu&#233;b&#233;cois, je ferai plut&#244;t r&#233;f&#233;rence &#224; cette pens&#233;e connexe ayant utilis&#233; ce m&#234;me concept : soit, le f&#233;minisme. Apr&#232;s-tout, le Qu&#233;bec est immanquablement assimil&#233; &#224; la femme du &#171; couple &#187; canadien. J'aurai donc pour entreprise, dans ce texte, de tisser le lien logique entre la pens&#233;e de Simone de Beauvoir et la situation qu&#233;b&#233;coise, tout en sugg&#233;rant Fanon, illustrant ainsi l'aspect commun de domination et d&#8216;ali&#233;nation.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le regard&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Pendant pr&#232;s d'un si&#232;cle, Montr&#233;al a &#233;t&#233; le poumon &#233;conomique du Canada. Puis, dans les ann&#233;es 1960 et 1970, les grandes entreprises anglophones partirent s'installer &#224; Toronto, fuyant les exc&#232;s du nationalisme qu&#233;b&#233;cois. Les querelles constitutionnelles incessantes n'aidant pas, la ville connut deux d&#233;cennies de marasme &#233;conomique. Son prestige touristique reposait en grande partie sur sa proximit&#233; avec les &#201;tats-Unis, qui voyaient en elle un coin d'Europe sans d&#233;calage horaire, et sur sa r&#233;putation de ville festive, datant de la prohibition am&#233;ricaine des ann&#233;es 1920. Ces dix derni&#232;res ann&#233;es, le changement a &#233;t&#233; spectaculaire. Montr&#233;al a reconstruit son &#233;conomie [...] Quant au particularisme francophone, la cause de tous ses maux, il fait aujourd'hui sa plus grande force. [...] Montr&#233;al r&#233;unit aujourd'hui le meilleur de la France et du Canada.&lt;/i&gt; (4)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi s'ouvre l'&#233;dition montr&#233;alaise de 2008 d'un guide de voyage tr&#232;s branch&#233;, le Wallpaper City Guide. Le Qu&#233;bec et son histoire, une conqu&#234;te, une r&#233;bellion et une annexion, une tentative de disparition programm&#233;e, une lutte pour la survie, un &#233;veil des noirceurs, une &#233;poustouflante reprise en main d'un peuple refoul&#233;, l'effervescence d'une culture renaissante... tout cela a bien peu d'importance.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le r&#233;cit est plut&#244;t celui-ci. Jadis fut le temps b&#233;ni du Montr&#233;al anglais. Les &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;French&lt;/i&gt; nous servaient de l'alcool lors de nos soir&#233;es festives et leur curieux patois &#233;tranger nous amusait. Puis, les &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; separatists &#187;&lt;/i&gt; ont tout g&#226;ch&#233;, en demandant d&#8216;&#234;tre &#171; respect&#233;s &#187;. Les anglophones ont quitt&#233; et, naturellement, le soleil a suivi. Mais heureusement, depuis 10 ans (depuis l'&#233;chec r&#233;f&#233;rendaire et la mort providentielle du nationalisme), la lumi&#232;re (donc, l&#8216;anglophone) revient, les pelouses reverdissent, les oiseaux gazouillent (...et taisons que la reprise &#233;conomique a eu lieu sous la gouverne s&#233;paratiste). Les &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;French&lt;/i&gt; redeviennent dociles, et nous pouvons enfin appr&#233;cier Montr&#233;al comme on a toujours voulu le faire : comme un gros pavillon fran&#231;ais du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Epcot Center&lt;/i&gt; au Canada, un &#171; village historique &#187; de 2 millions de figurants. &#171; Un coin d'Europe sans d&#233;calage horaire, le meilleur de la France et du Canada &#187;, ceci, donc, est l'image du Qu&#233;bec offerte &#224; lui-m&#234;me et au monde.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On aura vite compris que ce texte fut compos&#233; par un anglophone. Wallpaper, magazine britannique (fond&#233; par un Canadien anglais) a donn&#233; tout naturellement la parole &#224; une personne de langue anglaise pour d&#233;crire la deuxi&#232;me plus grande ville francophone du monde. Ce dernier livra la vision &#233;triqu&#233;e du Qu&#233;bec commune en ce milieu. Cette approche est syst&#233;matique. Dans les moments les plus prolifiques du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Quebec Bashing&lt;/i&gt; dans les m&#233;dias, les journaux allemands, la t&#233;l&#233;vision am&#233;ricaine et les autres m&#233;dias internationaux n'agissent pas diff&#233;remment. Lorsque des activistes anglophones ont compar&#233; le Qu&#233;bec contemporain au sud s&#233;gr&#233;gationniste &#233;tatsunien ou &#224; l'Allemagne nazie, ces m&#233;dias &#233;trangers ont accept&#233; ces groupes marginaux comme de dignes repr&#233;sentants locaux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;S'il en est ainsi, c'est que seule la perspective anglo-canadienne est v&#233;ritablement souveraine, et explique le pays au monde. &#192; l'&#233;tranger, le Canada est un pays anglais, o&#249; il y a des Fran&#231;ais ; et ce parce que la conception anglo-canadienne est celle d'un pays d'abord anglais, o&#249; il y a des Fran&#231;ais. Par cons&#233;quent, il ne viendrait pas m&#234;me &#224; l'esprit de l'&#233;tranger moyen de demander ce que pense le francophone. Comprenons-nous bien : pour conna&#238;tre l'&#226;me de l'Australie, on ne demandera pas l'avis du kangourou. Ce dernier est l&#224; comme d&#233;cor exotique ; il est &#234;tre passif, non &#234;tre agissant. On demandera plut&#244;t &#224; l'anglo-saxon ce qu'il pense du kangourou. ...et ce que ce dernier lui apporte. De la m&#234;me fa&#231;on, &#224; la porte d'une r&#233;sidence, on demandera &#171; l'homme de la maison &#187;, &#224; la femme qui nous accueille. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Take me to your leader ! &#187;&lt;/i&gt;, disait l'extra-terrestre du film de s&#233;rie B.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;L'Autre&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela s'explique ! Au sein du Canada, le Franco-Qu&#233;b&#233;cois est condamn&#233; au r&#244;le de l'Autre. ...semblable &#224; celui d&#233;nonc&#233; par de Beauvoir, concernant la femme. Car l'Autre n'est pas sujet ; l'Autre est objet. Il sert au sujet. L'Autre est d&#233;fini par ce sujet, selon ses int&#233;r&#234;ts. Il ne peut &#234;tre d&#233;fini par lui-m&#234;me. Il n'a droit au respect qu'en mesure de sa ressemblance, ou de ce qu'il peut lui apporter ; son utilit&#233;. S'il s'en diff&#233;rencie, et se fait par cons&#233;quent sujet, il sera rabaiss&#233;. &#171; [L'Homme] repr&#233;sente le type humain id&#233;al. Tout ce qui diff&#233;rencie la femme, on le bl&#226;me, on le consid&#232;re comme une faute &#187;, &#233;crivait la philosophe. (5) Le Canada ne refuse-t-il pas toute reconnaissance du caract&#232;re distinct du Qu&#233;becois ? Ne l'affuble-t-il pas des pires calomnies lorsque ce dernier affirme ce caract&#232;re ? Alors, la seule mani&#232;re que le Qu&#233;b&#233;cois puisse regagner l'estime du Canada est en s&#8216;y fondant &#224; nouveau. Un livre du journaliste Peter Desbarats sur Ren&#233; L&#233;vesque a pour titre &#171; A Canadian in Search of a Country &#187; et Lucien Bouchard, &#224; son d&#233;part, fut ironiquement honor&#233; du titre de &#171; Great Canadian &#187;. L'Autre ne peut &#234;tre sympathique, et ne peut avoir de valeur, qu'en mesure o&#249; il ressemble &#224; soi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Demandez au Torontois ce qu'il pense du Qu&#233;bec. D'abord, il circonscrira le Qu&#233;bec entier &#224; Montr&#233;al, la ville o&#249; il trouve ce qui lui ressemble. Tout au plus, il mentionnera la ville de Qu&#233;bec comme curiosit&#233; de passage, qui lui rappelle les villages d'une France lointaine et imaginaire. Chicoutimi, pour sa part, est une distante consid&#233;ration (...mais, North Hatley, dans les &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Townships &#187;&lt;/i&gt;, peut-&#234;tre...). Dans la bouche du Torontois, Montr&#233;al sera invariablement, immanquablement, indubitablement &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; so multicultural &#187;&lt;/i&gt;, m&#234;me si elle l'est dans les chiffres beaucoup moins que sa propre ville ! C'est insens&#233;, &#224; moins bien-s&#251;r qu'on consid&#232;re les francophones comme une ethnie Canadian parmi d'autres. Aussi, on ne manquera pas de souligner &#224; gros trait, et ce, deux fois plut&#244;t qu'une, combien les habitants francophones sont &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; so european &#187;&lt;/i&gt;... &#171; so &#187; &#233;tranger, donc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jamais ne fera-t-on r&#233;f&#233;rence &#224; la culture qu&#233;b&#233;coise, ou si peu. D'ailleurs, dans la citation du guide de voyage, on notera que l'unique mention de l'adjectif &#171; qu&#233;b&#233;cois &#187; est n&#233;gative, et que, tant qu'il s'affirme (plut&#244;t que se donner en spectacle), le &#171; particularisme francophone &#187; du Qu&#233;bec est &#171; la cause de tous ses maux &#187;. Jamais ne concevra-t-on cette soci&#233;t&#233; de l&#8216;int&#233;rieur (le propre du sujet). On la concevra de l&#8216;ext&#233;rieur (le propre de l&#8216;objet). La citation adopte le point de vue du touriste, et de l'anglophone, les seuls sujets possibles. Quand ce sujet quitte, la vie quitte, puisque sans lui, l'objet n'est d'aucune utilit&#233;. Il n'y a point de r&#233;ciprocit&#233; : le Canadien existe sans le Qu&#233;b&#233;cois ; pas l'inverse. Jamais ne valorisera-t-on la diff&#233;rence du Franco-Qu&#233;b&#233;cois ; elle ne peut &#234;tre que distraction, ou nuisance. Jamais ne fera-t-on r&#233;f&#233;rence &#224; son enracinement. On valorisera plut&#244;t &#8212; et ce, d&#233;mesur&#233;ment &#8212; son d&#233;racinement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De Beauvoir &#233;crivait : &#171; Mais ce que l'homme veut vraiment dire quand il parle de la sensibilit&#233; de la femme, c'est son manque d'intelligence, son irresponsabilit&#233; quand il parle de charme, sa tra&#238;trise quand il parle de caprice. &#187; (6) Souvent, les plus grands compliments cachent les plus grandes insultes. &#171; Aimez-vous le Qu&#233;bec ? &#187;, demandait-on &#224; l'auteur Mordechai Richler. &#171; Bien-s&#251;r, j'ai un chalet dans les Cantons-de-l'Est ! &#187;, r&#233;pondait-il, comme on dirait d'une femme &#171; Bien-s&#251;r que je l'aime ; lui avez-vous vu l'air ? &#187; Dans la relation avec l'Autre, seules les qualit&#233;s ext&#233;rieures, superficielles, utiles &#224; soi peuvent susciter l'admiration. Dans une entrevue, lorsqu'on demanda &#224; Richler pourquoi il ne voulait pas parler en fran&#231;ais, il r&#233;pondit &#224; la journaliste : &#171; Et vous, parlez-vous Yiddish ? &#187; L'ethnicisation. La minorisation, toujours la minorisation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En cantonnant le domin&#233; au r&#244;le de l'Autre, le dominant justifie la domination de celui-ci. Dans notre cas, il lui est donc n&#233;cessaire d'enfermer le Qu&#233;b&#233;cois dans son r&#244;le d'&#233;tranger en Am&#233;rique, comme la femme est &#233;trang&#232;re au monde de l'homme. Il lui faut affirmer la possession du territoire du Qu&#233;bec par le Canada, comme le corps de la femme, au final, n'&#233;tait pas sien. Faire autrement serait faire du Qu&#233;b&#233;cois un sujet de sa propre existence, invalidant la hi&#233;rarchie. Le multiculturalisme est un leurre, car pour permettre l'enracinement total de l'anglophone partout au Canada, il est n&#233;cessaire de d&#233;raciner le francophone partout au Canada. La situation a pour effet de minoriser le domin&#233;, puis de le &#171; d&#233;personnaliser &#187;. Le d&#233;poss&#233;dant de toute valorisation propre, on lui retire alors toute pr&#233;tention l&#233;gitime &#224; la libert&#233;, &#224; l&#8216;&#233;galit&#233;, voir &#224; l&#8216;existence m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La dislocation, l'effritement, l'an&#233;antissement&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;moi je gis, mur&#233; dans la bo&#238;te cr&#226;nienne&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;d&#233;po&#233;tis&#233; dans ma langue et mon appartenance&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;d&#233;phas&#233; et d&#233;centr&#233; dans ma co&#239;ncidence&lt;/i&gt; &#8212; Gaston Miron (7)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D&#232;s lors, on comprendra les cons&#233;quences de ce regard int&#233;rioris&#233;, de cette d&#233;personnalisation : la remarquable fragilit&#233; de l'identit&#233; franco-qu&#233;b&#233;coise. Cette faiblesse est particuli&#232;rement effarante chez les francophones hors Qu&#233;bec. Et voil&#224; o&#249; j'en arrive (plus explicitement, du moins) &#224; Fanon. Car immerg&#233;s dans un milieu qui ne peut le valoriser que malgr&#233; sa singularit&#233; &#8212; et non en raison de sa singularit&#233; &#8212; le Franco-Canadien (8) en viendra rapidement &#224; singer le dominant. Il portera le masque, tel le colonis&#233; de Fanon (voir &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Peau noire, masque blanc&lt;/i&gt;), s&#233;journant en m&#233;tropole.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#201;tranger dans un monde anglophone, le francophone hors Qu&#233;bec devient &#233;tranger &#224; lui-m&#234;me. On passe alors du &#171; speak white &#187; au &#171; act white &#187;. &#192; Ottawa, les G&#233;rard deviennent vite des Gerry, les Bernard des Bernie. Pour acc&#233;der au respect &#8212; et au pouvoir &#8212; il vaut mieux porter un nom d'enfant anglais qu'un nom d'adulte fran&#231;ais. Et s'il s'agit d'un &#201;ric, il apprendra bient&#244;t &#224; &#171; sublimer &#187; l'accent aigu, &#224; le faire dispara&#238;tre de son &#233;criture et de son esprit, comme on dissimule savamment l'accent des logos du Parti &#171; lib&#233;ral &#187; ou de &#171; T&#233;l&#233;film Canada &#187;. Ensuite, on nommera les rejetons Paul (...Martin, Desmarais...), ou Simon... ou &#171; Justin &#187;... des noms &#171; bilingues &#187;. Ils auront alors la fiert&#233; d'avoir &#233;t&#233; nomm&#233;s comme on baptise un organisme gouvernemental (&#171; Transport-Canada Trudel &#187;, c'est joli...). Pas de soucis, les petits-enfants porteront de vrais noms : John, Michael, Stephen. Au moins 4 Franco-Canadiens sur 10 mourront Anglais, et sans doute beaucoup plus, selon la tendance. Tout cela pour trouver la reconnaissance d'un monde anglophone o&#249; il ne peut &#234;tre reconnu en soi, menant &#224; cette inexorable disparition. Insidieusement, efficacement, le rapport de John Lambton, comte de Durham poursuit son &#339;uvre &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;d'effritement&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ensuite, chez le Franco-Am&#233;ricain ! ...la d&#233;possession est plus prodigieuse encore. Par exemple : une conf&#233;rence tenue &#224; Montr&#233;al en 2008 permettait de rencontrer deux Franco-Am&#233;ricains toujours francophones de Nouvelle-Angleterre. L'homme du Maine discuta d&#8216;une universit&#233; centrale &#224; la vie franco-am&#233;ricaine dans l&#8216;&#233;tat. &#171; Re&#231;oit-on des journaux du Canada ? &#187;, demanda-t-on. &#171; Bien-s&#251;r &#187;, r&#233;pondit-il, &#171; Le Globe &amp; Mail, le Toronto Star... Le Telegraph-Journal de Saint-John... &#187; ...pas un seul journal francophone ! ...et ce trou noir est le plus pr&#233;gnant chez le Franco-Am&#233;ricain assimil&#233;. Lorsqu'on le questionnera au sujet de ses origines, il vous relatera invariablement comment il a retrac&#233; ses racines dans ce petit village du Poitou ici, ou cet autre joli hameau de Normandie juste l&#224;. De l'enracinement de ses anc&#234;tres au Qu&#233;bec, au Canada fran&#231;ais, il ne reste souvent aucune trace dans son imaginaire. Amn&#233;sie totale. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;An&#233;antissement&lt;/i&gt; int&#233;gral.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;De la partie la plus noire de mon &#226;me, &#224; travers la zone hachur&#233;e me monte ce d&#233;sir d'&#234;tre tout &#224; coup blanc. Je ne veux pas &#234;tre reconnu comme Noir, mais comme Blanc.&lt;/i&gt; &#8212; Frantz Fanon (9)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au Qu&#233;bec m&#234;me, ne peut-on pas percevoir l'amorce de ce m&#234;me processus, celui de l'ob&#233;issance &#224; l'interdiction de s'affirmer, d'exister ? Songeons &#224; la valorisation d&#233;mesur&#233;e d'un l'anglais parl&#233; &#171; sans accent &#187;. ...alors que tous les autres accents du monde sont consid&#233;r&#233;s &#171; charmants &#187;, et &#171; sexy &#187;. Cette singularit&#233;, cette tare... Pensons &#224; cette propension &#224; s'affirmer &#171; Qu&#233;b&#233;cois &#187; entre nous, et &#171; Canadian &#187; ou &#171; French Canadian &#187; &#224; l'ext&#233;rieur. Le masque... Pensons aussi &#224; la g&#234;ne, voir le refus d'affirmer notre identit&#233; propre et notre histoire propre, et ce m&#234;me lors d'&#233;v&#233;nements majeurs et &#233;minemment intimes, tels que le 400e de Qu&#233;bec. La repr&#233;sentation de l'&#233;v&#233;nement par la Gouverneur imp&#233;riale en France a, dans le champ francophone, r&#233;affirm&#233; la conception m&#233;morielle canadienne anglaise. Pendant ce temps, &#224; Qu&#233;bec, on fr&#233;missait &#224; l'id&#233;e m&#234;me d'associer Champlain ou le fleurdelis&#233; aux festivit&#233;s. Les valeurs, la m&#233;moire, la projection vers l'avenir : les autres s'en chargent pour nous. Alors d&#233;pouill&#233;s de tout ce qui fait d&#8216;un peuple un peuple, il ne nous reste que le mercantilisme. Les m&#233;dias et les politiciens l&#8216;ont proclam&#233; : ce fut un succ&#232;s car... &#231;a a fait tellement d&#8216;argent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Songeons aux cours d'histoire du Qu&#233;bec, moribonds au coll&#233;gial. Le Devoir nous apprenait r&#233;cemment que le taux d'inscription aux cours d'histoire du Qu&#233;bec au C&#201;GEP chute depuis les ann&#233;es 90 (tiens tiens), le portant aujourd'hui &#224; moins de 5%. (10) &#201;voquons l'amn&#233;sie collective des Qu&#233;b&#233;cois &#224; propos de leur propre histoire ! Rappelons le complexe d'inf&#233;riorit&#233;, la pi&#232;tre qualit&#233; de la langue... Nommons, finalement, le cynisme politique accablant. L'immobilisme de la politique qu&#233;b&#233;coise actuelle est saisissant, &#224; droite comme &#224; gauche, chez les souverainistes comme chez les f&#233;d&#233;ralistes. Apr&#232;s-tout, qu'est-il advenu des manifestes lucide et solidaire, des conditions gagnantes et du f&#233;d&#233;ralisme renouvel&#233;, de la Commission Bouchard-Taylor ? Nous ne somme m&#234;me pas en mesure de renommer nos rues (Robert-Bourassa, Amherst...). Tel est l'&#233;tat de p&#233;trification dans laquelle notre &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;dislocation&lt;/i&gt; nous a plac&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Affirmer son unicit&#233;, cultiver l'estime et la connaissance de soi, baptiser son territoire, s&#8216;ancrer dans celui-ci, s'inscrire dans le monde, viser l'excellence et se dessiner un avenir : cela est interdit &#224; l&#8216;Autre. Agir ainsi serait se faire sujet de sa vie. Se faire sujet de sa vie rendrait injustifiable la domination. Il demeure donc hors du monde et hors du temps. Il n'est pas l'acteur de son histoire, de son existence. Il est Autre.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le choix&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Lorsque deux cat&#233;gories humaines se trouvent en pr&#233;sence, chacune veut imposer sa souverainet&#233;. [...] Si une des deux est privil&#233;gi&#233;e, elle l'emporte sur l'autre et s'emploie &#224; la maintenir dans l'oppression.&lt;/i&gt; &#8212; Simone de Beauvoir (11)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Soumis &#224; la conception canadienne, les Qu&#233;b&#233;cois la font leur, et provoquent la tr&#232;s lente &#8212; et d'autant plus p&#233;nible ! &#8212; d&#233;sagr&#233;gation de leur propre soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voil&#224; notre indicible mal.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avant la lib&#233;ration de la femme, dit de Beauvoir, &#171; l'homme seul inventait l'avenir &#187;, alors que la femme &#171; ne consistait pas &#224; construire positivement, mais &#224; lutter contre la destruction &#187;. Tels s'articulaient les r&#244;les pour les Canadiens anglais et les Qu&#233;b&#233;cois, de l'&#233;chec des Patriotes jusqu'&#224; la R&#233;volution tranquille, avec parfaite concordance. Alors que le mouvement d'&#233;mancipation qu&#233;b&#233;cois perd de son &#233;lan, le conservatisme, cons&#233;quemment, reprend depuis du terrain en politique qu&#233;b&#233;coise. ...et nous replongeons dans le fantasme et acceptons d'&#234;tre bern&#233;s, alors qu'on se laisse croire que notre nation est reconnue par une autre qui la refuse avec &#233;clat. Ainsi, le Qu&#233;b&#233;cois au Canada est condamn&#233; &#224; affirmer sa vitalit&#233; et en &#234;tre puni, ou assumer qu'il est second, in&#233;gal ; un simple prolongement. Cela implique qu'il cesse de cultiver sa nationalit&#233;, sa m&#233;moire et son avenir. Cela implique une forme de conservatisme, de stagnation, de soumission.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avec la situation de la femme, une diff&#233;rence frappe, toutefois. Pour celle-ci, la soumission n'a laiss&#233; dans l'histoire que deux possibilit&#233;s : l'acceptation, et l'&#233;mancipation. La troisi&#232;me solution, qui serait l'assimilation, lui est interdite par la nature m&#234;me. Pas pour le Qu&#233;b&#233;cois. Dans ce cas, l'acceptation est une option, mais elle m&#232;ne vers une trajectoire bien pr&#233;cise, dont l'amorce et la forme sont d&#233;j&#224; perceptibles : la dislocation, l'effritement, l'an&#233;antissement. &#192; l'oppos&#233;, il y a le choix de sortir d'un &#233;tat impos&#233; de minoris&#233;, et d'&#233;tablir l'&#233;galit&#233;. Il y a le choix de la libert&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Notes :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(1) : Ayant trait au Rassemblement pour l'ind&#233;pendance nationale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(2) Voir le documentaire La Mani&#232;re n&#232;gre ; ou Aim&#233; C&#233;saire, chemin faisant, de Jean-Daniel Lafond.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(3) Voir N&#232;gres blancs d&#8216;Am&#233;rique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(4) McCann, Paul. Wallpaper City Guide : Montr&#233;al. Paris : Phaidon, 2008, p.3.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(5) De Beauvoir, Simone. &#171; Feminity, the trap &#187;. Vogue (New York), 15 mars 1947.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(6) De Beauvoir, Simone. &#171; Feminity, the trap &#187;. Vogue (New York), 15 mars 1947.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(7) Miron, Gaston. &#171; Monologues de l'ali&#233;nation d&#233;lirante &#187;. L'homme rapaill&#233;. Montr&#233;al : &#201;ditions Typo, 1998, p.92.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(8) Par &#171; Franco-Canadien &#187;, j'entend &#171; francophone des provinces canadiennes &#224; majorit&#233; anglophone &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(9) Fanon, Frantz. Peau noire, masques blancs. Paris : &#201;ditions du Seuil, 1952, p.71.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(10) Rioux, Christian. &#171; Cachez cette histoire que je ne saurais voir ! &#187;. Le Devoir (Montr&#233;al), 12 et 13 septembre 2009.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(11) De Beauvoir, Simone. Le deuxi&#232;me sexe I. Paris : &#201;ditions Gallimard, 1949, p.109.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(12) Un sondage effectu&#233; lors du d&#233;bat sur la motion reconnaissant la motion sur la nation que formeraient &#171; the Qu&#233;b&#233;cois &#187; (ce qui est tr&#232;s diff&#233;rent de &#171; les Qu&#233;b&#233;cois &#187;) d&#233;montrait que 77% de la population du reste du Canada ne reconnait pas que les Qu&#233;b&#233;cois forment une nation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Vaincrons-nous un jour ?</title>
		<link>http://www.vigile.net/Vaincrons-nous-un-jour</link>
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		<dc:date>2009-09-27T01:54:21Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Jean-Pierre Durand - Chronique de Jean-Pierre Durand</dc:creator>
		


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		<description>Moi, je crois plut&#244;t que &#171; nous vaincrons, car nous n'avons tout simplement pas le droit de perdre ! &#187; (Manifeste du R&#233;seau de r&#233;sistance du Qu&#233;b&#233;cois). L'ami Falardeau vient de nous quitter il y a quelques heures. M&#234;me dans la tourmente, il n'a jamais abdiqu&#233;. Voil&#224; qui (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La revue &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Relations&lt;/i&gt; vient de s'adjoindre comme chroniqueur le cin&#233;aste Bernard &#201;mond. Il s'agit l&#224; d'un apport heureux &#224; la liste de leurs collaborateurs. Le premier papier du talentueux r&#233;alisateur de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Neuvaine&lt;/i&gt; tire un constat morose, pour ne pas dire d&#233;primant, de la situation politique qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; enflamm&#233; dans sa jeunesse par les mots &#171; Nous vaincrons ! &#187;, &#201;mond en vient &#224; la conclusion &#171; que nous ne vaincrons pas &#187;, que le sort en est comme qui dirait jet&#233;. Il ne lui vient pas &#224; l'id&#233;e de se demander ce qu'il est advenu de ses r&#234;ves, puisqu'il se sent accul&#233; &#224; la d&#233;faite. D'aucuns s'en retourneraient sur leurs terres, la queue entre les jambes, mais &#201;mond, contre toute attente, conserve n&#233;anmoins un ersatz d'espoir, &#171; convaincu de la n&#233;cessit&#233; de la r&#233;sistance &#187;. Nous ne vaincrons pas, mais au moins nous nous battrons pour l'honneur. Ainsi, nous sauverons peut-&#234;tre les meubles et, assur&#233;ment, notre &#226;me.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces propos me semblent d&#233;faitistes &#224; souhait, surtout provenant d'un homme qui n'a jamais cach&#233; son engagement pour l'ind&#233;pendance et le socialisme. Mais on peut comprendre son raisonnement, quand on songe &#224; la d&#233;mission culturelle (ces chanteurs qu&#233;b&#233;cois qui chantent exclusivement en anglais), quand on pense que &#171; l'id&#233;e de transmission de l'histoire au Qu&#233;bec est une id&#233;e qui a presque disparu &#187; (comme le confiait &#201;mond dans un entretien accord&#233; &#224; Simon Galiero en janvier 2007), quand on regarde nos semblables riv&#233;s devant leurs &#233;crans &#224; plasma pour suivre &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Occupation double&lt;/i&gt; ou &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Loft Story&lt;/i&gt;, ou encore agitant leurs petits fanions de la Sainte Flanelle comme des toxicomanes en manque d'un je-ne-sais-quoi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Affirmer d'une part que nous ne vaincrons pas, et, d'autre part, sugg&#233;rer qu'il faut &#224; tout le moins se battre pour l'honneur m'appara&#238;t un brin antinomique, mais &#201;mond semble confortable avec l'id&#233;e. D'ailleurs, toujours dans l'entretien de 2007, il confiait partager la vue de George Orwell qui disait : &#171; il faut &#234;tre sans espoir, mais opini&#226;tre &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je ne suis pas du tout de ce c&#244;t&#233;-l&#224; des choses, mais je peux n&#233;anmoins m'en accommoder tant et aussi longtemps qu'&#201;mond ne d&#233;missionne pas, ne jette pas l'&#233;ponge. Nous traversons de fait une p&#233;riode difficile, alors que le ciel semble nous &#234;tre tomb&#233; sur la t&#234;te. Nous partons de loin, parce que nous n'avons pas su nous relever au lendemain du r&#233;f&#233;rendum de 1995 (qui nous a pourtant &#233;t&#233; vol&#233;), parce que les m&#233;dias et les f&#233;d&#233;ralistes (qui sont souvent les m&#234;mes) ne nous font pas de quartier non plus et que, bonnasses, nous ne leur rendons pas la monnaie de leur pi&#232;ce. Mais tout cela peut changer. Il n'en d&#233;pend que de nous. Regardez comment il a fallu relativement peu de &#171; guerriers &#187; pour faire annuler la reconstitution festive de la bataille des Plaines, comment l'&#233;v&#233;nement du Moulin &#224; Paroles, d'abord vou&#233; aux g&#233;monies par les m&#233;dias comme &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;la Presse&lt;/i&gt; et les radios-poubelles, a obtenu un &#233;clatant succ&#232;s. Regardez les marches pour l'ind&#233;pendance qui reprennent de plus belle. Et pensez-vous que la visite royale pr&#233;vue pour novembre sera un franc succ&#232;s si elle ose fouler le territoire qu&#233;b&#233;cois !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bernard &#201;mond ne croit pet-&#234;tre plus pour l'instant que nous vaincrons, soit, mais il ne d&#233;missionne pas pour autant, &#171; convaincu de la n&#233;cessit&#233; de la r&#233;sistance &#187;. Moi, je crois plut&#244;t que &#171; nous vaincrons, car nous n'avons tout simplement pas le droit de perdre ! &#187; (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Manifeste du R&#233;seau de r&#233;sistance du Qu&#233;b&#233;cois&lt;/i&gt;). L'ami Falardeau vient de nous quitter il y a quelques heures. M&#234;me dans la tourmente, il n'a jamais abdiqu&#233;. Voil&#224; qui nous fournit une raison suppl&#233;mentaire pour nous battre et, finalement, vaincre... car nous n'avons tout simplement pas le droit de perdre !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>The bidding war for Quebecers</title>
		<link>http://www.nationalpost.com/story.html?id=2005910</link>
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		<dc:date>2009-09-18T11:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Brian Lee Crowley - The National Post</dc:creator>
		


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		<description>http://www.nationalpost.com/story.h... Brian Lee Crowley - Nationalist movements quickly make a link between national virtue and social policy, especially when the nationalism is that of a national minority, whether the Quebecois or Basques or Scots. Political progress for nationalist (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;http://www.nationalpost.com/story.h... Brian Lee Crowley - Nationalist movements quickly make a link between national virtue and social policy, especially when the nationalism is that of a national minority, whether the Quebecois or Basques or Scots. Political progress for nationalist movements depends on clear differentiation from the (...) - &lt;a href="http://www.nationalpost.com/story.html?id=2005910"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Le nationalisme repens&#233;</title>
		<link>http://www.cyberpresse.ca/opinions/forums/la-presse/200909/16/01-902407-le-nationalisme-repense.php</link>
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		<dc:date>2009-09-16T13:01:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>&#201;ric Caire - www.cyberpresse.ca (opinions)</dc:creator>
		


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		<description>http://www.cyberpresse.ca/opinions/... est d&#233;put&#233; de La Peltrie et candidat &#224; la direction de l'Action d&#233;mocratique du Qu&#233;bec. Il r&#233;plique &#224; l'opinion de Mathieu Bock-C&#244;t&#233; intitul&#233;e &#171; Le nationalisme sacrifi&#233; &#171; , publi&#233;e le 1er septembre. Dans son texte, le sociologue Mathieu (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;http://www.cyberpresse.ca/opinions/... est d&#233;put&#233; de La Peltrie et candidat &#224; la direction de l'Action d&#233;mocratique du Qu&#233;bec. Il r&#233;plique &#224; l'opinion de Mathieu Bock-C&#244;t&#233; intitul&#233;e &#171; Le nationalisme sacrifi&#233; &#171; , publi&#233;e le 1er septembre. Dans son texte, le sociologue Mathieu Bock-C&#244;t&#233; accuse l'ADQ de liquider son (...) - &lt;a href="http://www.cyberpresse.ca/opinions/forums/la-presse/200909/16/01-902407-le-nationalisme-repense.php"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>&quot;Questions nationales&quot;, un documentaire ind&#233;pendant et non partisan</title>
		<link>http://www.vigile.net/Nouvel-article,21294</link>
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		<dc:date>2009-08-21T12:54:00Z</dc:date>
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		<description>Qu&#233;bec, &#201;cosse, Catalogne, trois nations &#171; sans pays &#187; tiraill&#233;es par leur r&#234;ve d'ind&#233;pendance, se rejoignent sur l'&#233;cran dans Questions nationales, un documentaire ind&#233;pendant et non partisan r&#233;alis&#233; par Roger Boire et Jean-Pierre Roy. La premi&#232;re mondiale du film aura lieu dans le (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Qu&#233;bec, &#201;cosse, Catalogne, trois nations &#171; sans pays &#187; tiraill&#233;es par leur r&#234;ve d'ind&#233;pendance, se rejoignent sur l'&#233;cran dans Questions nationales, un documentaire ind&#233;pendant et non partisan r&#233;alis&#233; par Roger Boire et Jean-Pierre Roy. La premi&#232;re mondiale du film aura lieu dans le cadre du Festival des films du monde, le 31 ao&#251;t (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Nouvel-article,21294"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	<item>
		<title>La lutte aux anti-nationalismes</title>
		<link>http://www.vigile.net/La-lutte-aux-anti-nationalismes</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/La-lutte-aux-anti-nationalismes</guid>
		<dc:date>2009-08-03T16:04:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Jocelyn Parent - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>La nation renvoie &#224; une dimension politique qui ne se retrouve pas dans l'expression de peuple ; la nation prolonge le peuple. L'&#201;tat est la forme juridique du peuple alors que la nation en est sa m&#233;moire, sa prise de conscience et sa volont&#233; quotidienne (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(R&#233;ponse &#224; l'article de&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Les-dangers-du-nationalisme&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt; Jimmy Lee Gordon, paru dans Le Devoir, le
30-07-09, A7&lt;/a&gt;, et &#224; celui d'&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Les-dangers-du-nationalisme,20982&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;Andr&#233; Pratte, paru le 31-07-09 sur
Cyberpresse&lt;/a&gt;.)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il para&#238;trait que le nationalisme est un danger pour le genre humain.
Enfin, tels semblent &#234;tre les propos de Jimmy Lee Gordon, paru dans Le
Devoir le 30-07-09, en page A7, et appuy&#233; par Andr&#233; Pratte le lendemain,
dans La Presse. Le pr&#233;sent article se veut une r&#233;ponse respectueuse mais
argument&#233;e pour d&#233;montrer les erreurs dans la pens&#233;e de Jimmy Lee Gordon
face &#224; question nationale qu&#233;b&#233;coise (premi&#232;re partie) et les lacunes de
ses r&#233;flexions quant &#224; la n&#233;cessit&#233; des nations et des nationalismes
(deuxi&#232;me partie).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Commen&#231;ons par rappeler ce qu'est une nation. Une nation na&#238;t lorsqu'une
population d'un territoire donn&#233;, non seulement exprime le d&#233;sir de vivre
ensemble &#8211;ce qui est en relation avec la d&#233;finition d'un peuple&#8722;,
mais d&#233;cide aussi librement de s'associer et de s'unir dans la poursuite
d'objectifs communs tout en convenant souverainement d'accorder son
all&#233;geance &#224; une forme d&#233;termin&#233;e d'organisation du pouvoir. La nation
renvoie &#224; une dimension politique qui ne se retrouve pas dans l'expression
de peuple ; la nation prolonge le peuple. L'&#201;tat est la forme juridique du
peuple alors que la nation en est sa m&#233;moire, sa prise de conscience et sa
volont&#233; quotidienne d'agir. &#192; cela peut s'ajouter, de fa&#231;on non
obligatoire, un sentiment de grande exaltation qui peut mener ou non &#224; des
d&#233;rives ethniques (le Rwanda) ou totalitaires (l'Allemagne nazie ou le
stalinisme).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les ind&#233;pendantistes consid&#232;rent que la f&#233;d&#233;ration canadienne n'est pas
le meilleur r&#233;gime politique pour leur bien-&#234;tre et que la chambres des
Communes n'est pas leur parlement, encore moins l&#233;gitime. Le nationalisme
des Qu&#233;b&#233;cois-es se veut donc &#234;tre un nationalisme lib&#233;rateur, pour mettre
fin &#224; une domination qui s'articule diff&#233;remment de d&#233;cennies en d&#233;cennies,
alors que le f&#233;d&#233;ralisme canadien est un nationalisme imp&#233;rialiste, lequel
va m&#234;me jusqu'&#224; nier qu'il colonise le peuple qu&#233;b&#233;cois et les peuples
autochtones, et cela au nom du Canada.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;**&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'abord, s'il y a une question nationale au Qu&#233;bec, c'est parce qu'il y a
des identit&#233;s nationales qui &#233;prouvent des diff&#233;rends entre elles sur un
m&#234;me territoire. Pour les ind&#233;pendantistes, c'est une question de mettre
fin &#224; la domination qui lui emp&#234;che l'&#233;mancipation dont elle a r&#233;ellement
besoin, et a pour protagonistes le Canada et les Qu&#233;b&#233;cois-es. Pour les
f&#233;d&#233;ralistes, la question nationale est celle o&#249; ils veulent que tous se
rallient &#224; leur vision du Canada, uni et unitaire ; ce n'est pas une vision
de coop&#233;ration entre les peuples &#224; l'int&#233;rieur du Canada, tels les
Qu&#233;b&#233;cois, les Canadiens et les divers peuples autochtones, mais bien l'une
d'assujettissement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est erron&#233; de penser que &#171; le peuple francophone de ce continent n'est
plus politiquement menac&#233; &#187;, comme l'a dit Jimmy Gordon. Si tel &#233;tait le
cas, le gouvernement du Canada n'aurait pas cr&#233;&#233; la Loi sur les mesures de
guerre lors des &#233;v&#233;nements d'octobre 1970 ; l'envoie de l'arm&#233;e canadienne
&#233;tait disproportionn&#233; par rapport au nombre de felquistes en activit&#233;. Ce
ne fut rien de moins qu'un rappel de la tutelle canadienne, de d&#233;montrer
anti-d&#233;mocratiquement qui &#233;tait le patron des Qu&#233;b&#233;cois-es. De plus, ce
m&#234;me gouvernement &#8211;toujours lib&#233;ral&#8722; n'aurait pas accord&#233; la
citoyennet&#233; &#224; tant de gens &#224; la veille du r&#233;f&#233;rendum de 1995. Et comme
Pierre Falardeau le dit si bien : &#171; Qu'est-ce que le Qu&#233;bec ? Le Qu&#233;bec,
c'est un pays conquis par la force en 1760, &#233;cras&#233; par la force en
1837-1838 puis annex&#233; par la force en 1840 l'Acte d'Union.
Une province&#8230; c'est-&#224;-dire un pays soumis &#224; un autre &#201;tat. &#187; Aujourd'hui,
cela se poursuit plus tacitement, moins brutalement, car d'autres tactiques
d'int&#233;gration de force, pour ne pas dire d'assimilation, sont employ&#233;es
quotidiennement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et la menace ne serait plus d'actualit&#233;, toujours selon Jimmy Gordon.
Mentionnons les immigrants qui arrivent &#224; Montr&#233;al et qui sont
majoritairement anglophones, ou orient&#233;s vers cette langue ? Jimmy ne
verrait-il pas ce fait av&#233;r&#233; que Montr&#233;al s'anglicise ? L'immigration n'est
pas une comp&#233;tence exclusive des provinces ; le f&#233;d&#233;ral ne manque pas de
s'ing&#233;rer. Pensons au financement de la recherche dans les universit&#233;s,
lequel financement est effectu&#233; par Ottawa et qui dicte les orientations de
ces recherches. Pensons aux coupures dans la culture. Pensons au pouvoir de
d&#233;penser du gouvernement f&#233;d&#233;ral dans les comp&#233;tences exclusives des
provinces ; en quoi cela est-ce d&#233;mocratique, respectueux ? En n'oubliant
pas, non plus, les francophones hors-Qu&#233;bec qui se sont faits couper le
financement public pour d&#233;fendre leurs droits d'avoir des services en
fran&#231;ais ; ce qui n'est pas la demande de nouveaux droits mais que la
tentative de pr&#233;servation des acquis. De plus, si les Qu&#233;b&#233;cois-es
n'&#233;taient pas menac&#233;s chez eux, pourquoi le gouvernement f&#233;d&#233;ral a-t-il mis
en place ce qui est devenu le scandale des Commandites, pourquoi a-t-il
cr&#233;&#233; une loi anti-d&#233;mocratique telle la loi sur la Clart&#233; (C-20). Quant au
&#171; speak white &#187;, bien que tr&#232;s minoritaire aujourd'hui, il est toujours
d'actualit&#233; puisqu'il est v&#233;hicul&#233; par un certain nombre d'anglophones
r&#233;sidents du Qu&#233;bec mais qui ne veulent pas parler en fran&#231;ais, encore
moins apprendre un mot de cette langue. Pas menac&#233;s, les Qu&#233;b&#233;cois-es !
Jimmy Lee Gordon a oubli&#233; quelques faits au passage, il me semble.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si celui-ci se consid&#232;re un &#171; b&#226;tard national &#187;, comme il le mentionne
dans son article, parce que ses parents ne sont pas n&#233;s au Qu&#233;bec, mais que
lui l'a &#233;t&#233;, il d&#233;marre la vision de son identit&#233; comme &#233;tant r&#233;ductive,
voire g&#233;n&#233;tiquement ancr&#233;e dans un lieu, le Qu&#233;bec pour le nommer. Ce ne
sont pas les g&#232;nes qui font une culture ni une identit&#233; ; c'est son
appartenance et le choix d'y vivre ainsi que de se soucier de son devenir.
Tous les gens qui ont &#224; c&#339;ur et &#224; raison le devenir du Qu&#233;bec et qui y
vivent sont des Qu&#233;b&#233;cois-es. Allez plus loin, c'est vouloir exclure des
gens et les ostraciser sur des diff&#233;rences qui n'ont pas lieu d'&#234;tre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si Jimmy est pass&#233; d'une id&#233;ologie &#224; l'autre (&#171; du f&#233;d&#233;ralisme
opportuniste au souverainisme extr&#233;miste &#187;), c'est qu'il n'a pas trouv&#233;
celle qui correspond &#224; son identit&#233;. Il est en qu&#234;te identitaire. Tant
qu'il n'aura pas r&#233;alis&#233; cela, il ne saura pas r&#233;ellement qui il est et ce
&#224; quoi il aspire en tant qu'&#234;tre humain. Et comme bien des gens de toutes
les nations du monde, les gens qui ne savent pas o&#249; ils en sont
identitairement &#171; stagnent confortablement dans un bourbier
de cynisme et d'indiff&#233;rence. &#187; Mais pendant ce temps, ces personnes ne
prennent pas le temps de s'impliquer r&#233;ellement pour changer les choses
pour le mieux de la collectivit&#233; dans laquelle ils vivent, peu importe la
taille de celle-ci. C'est pourtant ce qui motivent les ind&#233;pendantistes du
Qu&#233;bec, soit de faire de la province un pays pour qu'une voie diff&#233;rente et
nouvelle soit entendue dans le monde, &#224; la fois pour nous-m&#234;me (le fran&#231;ais
et notre culture en Am&#233;rique) mais aussi pour participer &#224; r&#233;gler les
probl&#232;mes communs mondiaux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lorsqu'Andr&#233; Pratte conforte Jimmy Gordon sur le fait du &#171; cynisme et
de l'indiff&#233;rence &#187;, il ne fait rien pour l'aider &#224;
acqu&#233;rir cette identit&#233; qu'il a en besoin. En somme, il fait comme tout bon
f&#233;d&#233;raliste qui veut que les Qu&#233;b&#233;cois-es s'int&#232;grent au Canada, de gr&#233;, de
force, par consentement ou par apathie de la diff&#233;rence. Andr&#233; Pratte ne
cherche pas &#224; &#233;difier chez Jimmy Gordon le sentiment national qu&#233;b&#233;cois,
m&#234;me s'il se d&#233;finit lui-m&#234;me comme tel. Si M. Pratte avait &#233;t&#233; un
v&#233;ritable nationaliste, il chercherait &#224; le porter plus haut, plus
respectueusement pour les gens, plut&#244;t que de se contenter de r&#233;conforter
par l'indiff&#233;rence qu'il prononce.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il n'y a d'ailleurs aucun probl&#232;me &#224; ce que les nationalistes
Qu&#233;b&#233;cois-es connaissent plusieurs langues. C'est m&#234;me souhaitable pour
comprendre la mentalit&#233; et la culture des autres humains de cette plan&#232;te.
Cependant, ce qu'il faut comprendre, c'est que le Qu&#233;bec dispose d'une
langue qui sert pour les usages communs : les relations au travail, les
relations d'affaires, la vie en soci&#233;t&#233;. Il serait m&#234;me souhait&#233; que les
immigrants parlent le fran&#231;ais &#224; la maison ; il en r&#233;sulterait qu'ils
feraient d'un meilleur usage de la langue commune lorsque, justement, ils
sont en commun avec les autres. &#192; cela, l'int&#233;gration au Qu&#233;bec et aux
Qu&#233;b&#233;cois-es serait une mesure bien r&#233;ussie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si Jimmy Gordon ne &#171; se souvient pas de quoi au juste &#187; il doit se
souvenir, c'est qu'il a oubli&#233; le sens de la devise nationale des
Qu&#233;b&#233;cois-es. Le Qu&#233;bec est une province distincte des autres du Canada par
le fait fran&#231;ais, par les aspirations r&#233;publicaines &#8211;non pas monarchistes
comme pour l'ensemble des Canadiens&#8722;, par son histoire et par sa
volont&#233; de d&#233;passement quant &#224; cette constitution qui nuit &#224; son
d&#233;veloppement. Le &#171; Je me souviens &#187; est autant un t&#233;moignage de
l'importance de l'&#233;mancipation &#224; faire des Qu&#233;b&#233;cois-es (le lys, la France)
que le rappel qu'ils sont encore sous l'autorit&#233; anglaise, autrefois
l'Angleterre, aujourd'hui le Canada (la rose) .&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ne nous leurrons pas ! Malgr&#233; les grands pas faits par le Qu&#233;bec quant &#224;
son d&#233;veloppement, les vrais pouvoirs d'affirmation d'un peuple sont
d&#233;tenus par l'autorit&#233; centrale, dans ce cas-ci par Ottawa. Si nous sommes
pacifistes, ce que les Qu&#233;b&#233;cois-es sont, pourquoi devons-nous faire les
guerres du Canada, notamment en Afghanistan ? Si nous sommes en faveur de la
pr&#233;servation de l'environnement, notamment par les Accords de Kyoto, ce que
nous sommes, pourquoi faut-il que le Qu&#233;bec soit toujours maintenu au
silence par Ottawa et son manque d'implication sur ce sujet ? Si le Canada
est pour la diversit&#233; culturelle, pourquoi faut-il que le Qu&#233;bec ne soit
qu'un figurant &#224; l'UNESCO ? Et qu'en est-il des droits des autochtones ? Ils
sont toujours bafou&#233;s par Ottawa, jamais financ&#233;s convenablement, toujours
dans la d&#233;pendance de l'alcool, des drogues et du trafic de la cigarette
pour tenter d'oublier le joug qui les oppresse ; les autochtones ne peuvent
s'&#233;manciper, &#233;tant toujours dans des r&#233;serves. Est-ce normal de placer des
gens en &#171; r&#233;serve &#187;, tel que d'&#234;tre mis &#224; c&#244;t&#233; de la vie. Andr&#233; Pratte se
trompe largement et grotesquement lorsqu'il dit que &#171; &#224; mon avis, nous
n'avons rien &#224; gagner &#224; se lancer dans l'aventure de la s&#233;paration &#187;. Le
Qu&#233;bec a tout &#224; gagner de l'ind&#233;pendance. Ne serait-ce parce que le Canada
n'a rien &#224; offrir qui soit durable, rien qui soit respectueux et porteur de
sens pour le devenir du genre humain, Qu&#233;b&#233;cois-es et autochtones compris.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jimmy Gordon n'est pas diff&#233;rent de la majorit&#233; des Qu&#233;b&#233;cois-es pour qui
il y a une apathie pour leur propre r&#233;alit&#233; de Qu&#233;b&#233;cois-es, de
francophones et de nord-am&#233;ricain-e-s. C'est dommage que c'en soit rendu l&#224;
pour ces gens. Mais il y a des raisons qui expliquent cela.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est vrai que beaucoup de Qu&#233;b&#233;cois-es ont oubli&#233; leur pass&#233;, et qu'ils
ne font gu&#232;re d'efforts pour s'en souvenir. C'est tr&#232;s triste et d&#233;solant !
Mais la faute n'incombe pas qu'&#224; ces gens. Les gouvernements qu&#233;b&#233;cois et
canadien sont tout autant &#224; bl&#226;mer. L'histoire, d'un point de vue de prise
de conscience de l'affirmation identitaire, n'est gu&#232;re plus enseign&#233;e &#224; la
rel&#232;ve, encore moins valoriser quotidiennement dans les f&#234;tes politiques.
Sans oublier que le gouvernement Harper a, de fa&#231;on effront&#233;, voulu donner
un sens &#171; canadian &#187; aux f&#234;tes du 400e anniversaire de la ville de Qu&#233;bec.
Lorsqu'elle a &#233;t&#233; construite, les Anglais n'occupaient que les 13 colonies ; ils &#233;taient bien loin de vouloir fonder le Canada, mot d'origine
autochtone soit dit en passant. Alors, comment une identit&#233; nationale
qu&#233;b&#233;coise peut-elle &#233;merger lorsque l'histoire est r&#233;&#233;crite &#224; l'avantage
exclusif de la nation canadienne, laquelle ne se contente pas des faits
mais de les d&#233;tourner de leur sens.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si Jimmy Gordon s'&#233;tait d&#233;fini comme Canadien &#8211;ce qu'il n'a d'ailleurs
pas fait&#8722;, il n'aurait rien fait de diff&#233;rent que du nationalisme ;
s'en serait-il rendu compte ? Une identit&#233; collective est nationale par
d&#233;finition ; elle n'est pas internationale, ni r&#233;gionale. Actuellement, les
identit&#233;s collectives internationales sont en train d'&#233;merger &#8211;le mouvement
altermondialiste le d&#233;montre&#8722;, mais elles n'ont pas grand substance
ni coh&#233;rence en ce moment, faute d'adh&#233;rents mais aussi et surtout de
structures fiables, comme le sont les &#201;tats.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Toute qu&#234;te identitaire n'est jamais &#171; inutile &#187;, pour reprendre
l'expression de M. Gordon. Au contraire, l'identit&#233; &#8211;collective ou
individuelle&#8722; permet de savoir d'o&#249; l'on vient, ce que l'on est en ce
moment et ce vers quoi l'on tend pour l'avenir, soit pour soi-m&#234;me, soit
pour tous d'un m&#234;me groupe, qu'il soit nation ou, encore plus grand, le
monde. Il est vrai que les lois ne sont pas exclusives pour forger une
identit&#233; nationale, mais elles y contribuent grandement lorsqu'elles
existent, qu'elles sont saines et qu'elles sont, bien entendu, appliqu&#233;es.
Le gouvernement du Qu&#233;bec ne peut bien le faire lorsqu'il y a au-dessus de
lui deux entit&#233;s qui l'obligent &#224; faire autrement que le bien de son
peuple, soit la Cour supr&#234;me et le parlement d'Ottawa. Et le gouvernement
du Qu&#233;bec ne remplit certes pas bien son mandat d'identit&#233; nationale
lorsqu'un lib&#233;ral &#224; la John James Charest n'a qu'un souci : l'int&#233;gration
du Qu&#233;bec au Canada, et ce par la dilution de l'identit&#233; nationale
qu&#233;b&#233;coise &#224; la faveur de l'identit&#233; nationale canadienne. L'identit&#233;
individuelle est un leurre si elle ne peut reposer sur une identit&#233;
collective de laquelle se d&#233;ployer et ensuite montrer un meilleur chemin
aux autres, ce que ne tente pas l'identit&#233; canadienne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La loi et sa port&#233;e collective donne la direction au peuple sur la
protection de son patrimoine, de sa langue et de sa culture. Mais c'est
assur&#233;ment au peuple qu'il en revient le devoir premier de les promouvoir
au quotidien, de les faire vivre et de les porter fi&#232;rement ; je suis
d'accord avec Pratte et Gordon. Mais comment un peuple le peut-il lorsqu'il
est ali&#233;n&#233; de sa propre histoire, de sa propre r&#233;alit&#233;, alors que deux
gouvernements et une Cour supr&#234;me conspirent contre lui ? Cela, Jimmy
Gordon, n'ose le mentionner. Il a cependant partiellement raison en disant
que ce ne sont pas les partis politiques qui vont y contribuer ; ils sont
un rouage de la soci&#233;t&#233;, mais pas le rouage principal, ni le rouage
exclusif autour duquel la soci&#233;t&#233; doit vivre et s'&#233;manciper.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quant aux gens qui se d&#233;finissent f&#233;d&#233;ralistes, que font-ils si ce n'est
d&#233;fendre la nation canadienne par le biais du f&#233;d&#233;ralisme ; ils ne font
rien de diff&#233;rent au niveau du nationalisme. Ce sont donc aussi des
nationalistes, &#224; la diff&#233;rence que les Qu&#233;b&#233;cois-es nationalistes et
ind&#233;pendantistes agissent pour la nation qu&#233;b&#233;coise, qu'ils d&#233;fendent et
promulguent par le moyen qu'est l'ind&#233;pendance. Quand Pratte dit que c'est
aux Qu&#233;b&#233;cois-es de d&#233;fendre le fait fran&#231;ais, je me demande pourquoi il
est absent des activit&#233;s du Mouvement Montr&#233;al fran&#231;ais (MMF) ou encore
pourquoi il ne d&#233;nonce pas le propri&#233;taire du Th&#233;&#226;tre Ste-Catherine (Eric
Amber). Est-ce parce qu'il n'y a que les ind&#233;pendantistes qui font le lien
entre pr&#233;servation du fait fran&#231;ais et l'ind&#233;pendance, ou bien les
f&#233;d&#233;ralistes sont-ils incapables de le faire, et surtout d'en reconna&#238;tre
l'importance pour le Qu&#233;bec. Nous repasserons pour le nationalisme
historique de &#171; trippes &#187; d'Andr&#233; Pratte !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si les f&#233;d&#233;ralistes nationalistes Qu&#233;b&#233;cois-es &#233;taient vraiment pour la
continuit&#233; du fait fran&#231;ais au Qu&#233;bec et dans le Canada, pourquoi
luttent-ils contre la loi 101 ? Et pourquoi appuient-ils les jugements de la
Cour supr&#234;me lorsqu'elle casse et brise la loi des Qu&#233;b&#233;cois-es ? Il faut
&#234;tre cons&#233;quent avec ses propos pour qu'ils correspondent aux agirs.
&#201;videmment qu'il y a un aspect ethnique &#224; tout nationalisme ! Aucun
nationalisme ne vise &#224; s'assimiler dans une autre nation. &#171; Le
nationalisme, c'est toujours ethnique dans ce sens-l&#224;, c'est toujours en
fonction de la langue et la culture ! &#187;, nous rappellerait Pierre Falardeau.
Le nationalisme, qu'il soit canadien, qu&#233;b&#233;cois ou autre n'y &#233;chappe pas.
En quoi est-ce d&#233;pass&#233; de vouloir prot&#233;ger sa culture et sa langue ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour que &#171; le Qu&#233;bec devienne r&#233;ellement le bastion d'humanit&#233; que son
histoire et sa population lui permettent d'&#234;tre &#187;, comme l'esp&#232;re Jimmy
Gordon, et comme nombre d'ind&#233;pendantistes militant en font la promotion,
il faut pour cela r&#233;aliser l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec, &#224; la fois d'Ottawa, du
Canada mais aussi du peuple anglophone, lequel semble bien emp&#234;tr&#233; dans un
oubli collectif comme le sont les Qu&#233;b&#233;cois-es ; en ce sens, la f&#233;d&#233;ration
canadienne a aussi &#233;t&#233; mont&#233;e contre eux. La culture des anglophones a
&#233;norm&#233;ment de la difficult&#233; &#224; prendre son envol par elle-m&#234;me si ce n'est
qu'en s'accrochant &#224; la culture qu&#233;b&#233;coise. La m&#233;moire collective, qui
fonde en partie l'identit&#233; nationale, doit servir justement &#224; proposer au
monde entier de meilleures fa&#231;ons de faire que celles de ces &#201;tats qui
polluent la plan&#232;te, qui favorisent l'individualisme et qui favorisent
l'abolition des fronti&#232;res pour des motifs &#233;conomiques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Donc, en conclusion, ce n'est pas le nationalisme qui pose un probl&#232;me &#224;
l'identit&#233; des gens, c'est bien plus la lutte aux nationalismes
&#233;mancipatoires et progressistes qui l'est car elle tente de les ostraciser
et leur emp&#234;cher le d&#233;veloppement qu'ils r&#233;clament d&#233;mocratiquement. C'est
en cela que le Canada est n&#233;faste pour le Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;**&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le nationalisme peut &#234;tre une force positive autant qu'il peut &#234;tre une
force n&#233;gative. Sur cela, Andr&#233; Pratte a raison. Par le pass&#233;, bien des
identit&#233;s nationales ont &#233;t&#233; forg&#233;es sur l'existence de guerres terribles.
Ce fut principalement le cas en Europe lors des si&#232;cles ant&#233;rieurs ; ce fut
aussi le cas en Am&#233;rique du Nord avec les Am&#233;ricains et les colons Anglais
venant s'&#233;tablir au Canada. Leur &#201;tat s'est fait, b&#226;ti et agrandi contre la
vie m&#234;me des peuples autochtones, en les pourchassant, en les exterminant
et en les pla&#231;ant dans des r&#233;serves ; ce fut un nationalisme imp&#233;rialiste,
et c'est tr&#232;s honteux que cela fut. Mais le nationalisme rev&#234;t des aspects
positifs lorsqu'il s'agit de se lib&#233;rer de la tutelle qui est impos&#233;e par
l'oppresseur ou le conqu&#233;rant toujours en position dominante. C'est le cas
au Qu&#233;bec et en Am&#233;rique latine actuellement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le probl&#232;me avec le nationalisme canadien, c'est qu'il s'exerce a
contrario du nationalisme qu&#233;b&#233;cois, non pas en parall&#232;le, mais en
tut&#233;lisant le Qu&#233;bec et les Qu&#233;b&#233;cois-es. En voulant une unit&#233; canadienne
qui met fin aux diff&#233;rences provinciales &#8211;comme le pr&#233;conisait le rapport
Durham&#8722;, le Canada vise &#224; ne cr&#233;er qu'un seul sentiment national, le
sien, pour renvoyer dans l'oubli celui des autres. Comme si le fait d'&#234;tre
francophones devait &#234;tre ni&#233; pour bien vivre en tant que &#171; Canadian &#187; !
C'est pour cela que l'Acte d'Am&#233;rique du Nord Britannique s'est impos&#233; en
1867, plut&#244;t que de chercher &#224; &#234;tre adopt&#233; l&#233;galement, l&#233;gitimement, par
les gens d'alors. Et pourtant l'appartenance nationale des Qu&#233;b&#233;cois-es
&#8211;bas-canadiens et ensuite Canadiens fran&#231;ais&#8722; remonte m&#234;me &#224; l'&#233;poque
du Parti Patriote, lequel avait formul&#233; des demandes pour le bien-&#234;tre du
peuple, alors que la couronne d'Angleterre y est rest&#233;e indiff&#233;rente ; ce
qui n'a gu&#232;re chang&#233; avec le Canada depuis 1867 car de nombreuses demandes
demeurent non r&#233;pondues. Et l'&#233;v&#233;nement se r&#233;p&#233;ta en 1981 par la nuit des
longs couteux, o&#249; la constitution fut rapatri&#233;e sans le consentement du
Qu&#233;bec ; celui-ci fut exclu de ce respect qui lui &#233;tait d&#251; mais qu'il n'a
jamais re&#231;u d'Ottawa. Quant aux Accords de Meech et Charlottetown, c'&#233;tait
trop conc&#233;der pour le peuple anglophone aux Qu&#233;b&#233;cois-es alors que ces
demandes &#233;taient si petites de cons&#233;quences !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourquoi Jimmy Gordon n'associe-t-il le nationalisme qu'&#224; des aspects
n&#233;gatifs ? Pourquoi ne parle-t-il pas de ces aspects positifs ? Les
conna&#238;t-il d'ailleurs ? Justement, parlons-en de cette 2e Guerre Mondiale
qu'il cite ! Ce sont des nations qui se sont oppos&#233;es au nazisme, et ce m&#234;me
si l'Allemagne &#233;tait elle-m&#234;me nationaliste. Ce ne fut pas des soci&#233;t&#233;s
internationalis&#233;es qui ont fait la guerre pour la paix. Il faut en finir
avec la d&#233;magogie que les m&#233;connaissants de l'histoire pr&#244;nent et
v&#233;hiculent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le nationalisme n'est en rien la haine et le m&#233;pris des autres, ou du
moins une r&#233;action n&#233;gative face &#224; l'autre, &#224; l'&#233;tranger. D'ailleurs, le
nationalisme n'est pas en soit traditionnaliste. Ce sont les gens qui le
sont et qui font de leur nationalit&#233; une tradition ou une progressivit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est aussi le nationalisme qui est plus en mesure pour pallier aux
lacunes et aux &#171; &#233;garements &#187; du capitalisme, notamment &#224; l'&#233;gard des
droits humains, qui, comme nous le savons, a bien de la difficult&#233; &#224;
s'auto-r&#233;guler, malgr&#233; ce qu'en disent les chantres de la
d&#233;r&#233;glementation. Le nationalisme est un rempart contre le lib&#233;ralisme
&#233;conomique, lequel a d&#233;montr&#233; l'&#233;chec patent de sa &#171; science &#233;conomique &#187;
et qu'il n'a fait qu'accro&#238;tre la mis&#232;re internationale par une r&#233;duction
des normes et des salaires li&#233;s &#224; la production ainsi que de
l'environnement mondial. Par la crise &#233;conomique, nous nous sommes rendus
comptes que les pr&#233;tendus &#171; miracles &#187; du capitalisme n'&#233;taient pas &#224; la
hauteur de ses promesses. Pierre de Senarclens a not&#233; &#224; cet effet six
cons&#233;quences de la mondialisation : 1-) la r&#233;duction ou l'incapacit&#233; de
certains &#201;tats dans leurs fonctions sociales redistributives de la richesse
et de justice, 2-) la r&#233;duction ou la perte de l'autonomie d&#233;cisionnelle
&#233;tatique, notamment en mati&#232;re &#233;conomique et mon&#233;taire, 3-) l'ouverture des
fronti&#232;res &#224; la d&#233;pendance des investissement &#233;trangers, 4-) la convergence
des l&#233;gislations nationales pour prot&#233;ger la propri&#233;t&#233; intellectuelle des
entreprises, 5-) la collusion du monde des affaires avec ceux des m&#233;dias et
du politique a entra&#238;n&#233; l'effritement des contre-pouvoirs civiques, et
finalement 6-) elle creuse l'&#233;cart entre les &#201;tats compris dans l'&#233;conomie
mondialis&#233;e de ceux qui n'y ont pas adh&#233;r&#233;e . Cette r&#233;duction de
souverainet&#233; &#233;tatique sur les politiques mon&#233;taires a &#233;t&#233; accompagn&#233;e d'une
internationalisation des march&#233;s financiers par la d&#233;r&#233;glementation et la
lib&#233;ralisation nationales des transactions frontali&#232;res. Autrefois, l'&#201;tat
g&#233;rait son &#233;conomie nationale, sans grand souci de ce qui se d&#233;roulait &#224;
l'ext&#233;rieur de ses fronti&#232;res. D&#233;sormais, d&#232;s qu'une &#233;conomie importante a
des soubresauts, les autres &#233;conomies de la plan&#232;te le ressentent dans la
journ&#233;e &#8211;les crises financi&#232;res sont plus nombreuses, et parfois tr&#232;s
dommageables pour les &#233;conomies d&#233;pendantes et d&#233;pensi&#232;res. Il en r&#233;sulte
que les politiques mon&#233;taires d'un &#201;tat ne sont plus le fruit exclusif de
la volont&#233; des dirigeants de cet &#201;tat ; l'&#233;conomie nationale est devenue
mondiale mais le pouvoir &#233;tatique ne s'est pas mondialis&#233; pour autant.
Aujourd'hui, &#224; cause de la mondialisation, l'&#201;tat est &#224; la fois d&#233;pendant
des autres &#201;tats, des march&#233;s financiers et du processus d'amplification de
la mondialisation que n&#233;cessite la production industrielle d&#233;localis&#233;e pour
maintenir les &#233;changes commerciaux dans une prosp&#233;rit&#233; relativement
attrayante. L'internationalisation n'a pas que des bons c&#244;t&#233;s !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est &#224; se demander quelle est la finalit&#233; des institutions n&#233;olib&#233;rales
&#224; l'&#233;gard de la justice sociale et de l'&#233;quit&#233; ? Comment pensent-elles y
parvenir ? Elles n'ont aucune solution. C'est l'&#201;tat, c'est la nation dans
son sens politique, qui peut y subvenir et y r&#233;pondre &#233;loquemment. Apr&#232;s
tout, c'est l'&#201;tat qui s'est dot&#233; de chartes de droits, non les
entreprises, locales ou internationales. Ces chartes garantissent un
minimum de reconnaissance aux individus qui y vivent ou y arrivent. Ces
droits &#233;tablis, ils peuvent donc &#234;tre d&#233;fendus, et ce dans un syst&#232;me de
justice bien plus d&#233;velopp&#233; sur une base nationale que dans ces endroits
qui ont &#233;t&#233; quitt&#233;s par ces migrants, endroits souvent aux prises avec des
conflits qui ne sont pas d'ordre national. Certes, il est possible que
l'&#201;tat ne soit pas &#224; la hauteur des aspirations de ces personnes, mais il
faut y aller au cas par cas.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La seule entit&#233; post-nationale qui dispose d'un tant soit peu de
l&#233;gitimit&#233; &#224; intervenir dans le monde pour r&#233;gler les conflits, l'ONU, n'a
pas ce mandat, et n'est pas pr&#232;s de le recevoir. Elle n'a aucune force
polici&#232;re ni arm&#233;e qui lui soit propre et exclusive, comme en ont les &#201;tats ; elle se fie sur ses &#201;tats membres pour subvenir &#224; ses besoins en Casques
et B&#233;rets Bleus. En somme, l'ONU, malgr&#233; qu'elle soit l'organisation
internationale la plus saillante et pr&#233;sente, et moralement reconnue par
tous et chacun, est n&#233;anmoins sous la tutelle des &#201;tats membres ; elle
n'est pas autonome comme le sont les &#201;tats. Voil&#224; une autre raison de faire
l'ind&#233;pendance pour une nation : &#234;tre autonome.Voil&#224; une raison pour le
nationalisme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La fin du nationalisme n'est pas assur&#233;e pour autant. Le processus
mondialisant a aussi port&#233; une autre lumi&#232;re sur l'&#201;tat dans le cadre de sa
red&#233;finition. La souverainet&#233; de l'&#201;tat, tr&#232;s &#233;troitement li&#233;e au
nationalisme, est encore l'&#233;l&#233;ment primordial duquel d&#233;pendent les autres
caract&#233;ristiques de l'&#201;tat, mais elle l'est surtout &#224; propos desquelles
d&#233;pendent ses interventions sur la plan&#232;te. Pour preuve, l'intervention
&#233;tatique est sollicit&#233;e, depuis de nombreuses ann&#233;es, par des acteurs
internationaux ; la n&#233;cessit&#233; de s&#233;curit&#233; est une probl&#233;matique bien
d'actualit&#233;. C'est vers l'&#201;tat que les ONG, ces agences transnationales,
portent leur attention lorsqu'il est question de probl&#232;mes collectifs et
mondiaux, en vue de la cr&#233;ation et de l'adoption de r&#233;gulations plan&#233;taires ; elles font pression sur lui et non pas entre elles. Cette n&#233;cessit&#233; de
l'&#201;tat est loin d'&#234;tre une remise en cause de son existence. Certes, les
ONG le questionnent et l'interpellent, mais en aucun cas elles ne sont
aptes &#224; en prendre le relais ; elles manquent, pour le moins, de
l&#233;gitimit&#233;, d'un territoire duquel se d&#233;ployer, de m&#234;me qu'une population
pour les financer &#224; la hauteur d'une telle mission sociale &#224; port&#233;e
plan&#233;taire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est aussi vers les &#201;tats que les entreprises se tournent pour avoir un
financement pour les emplois &#224; cr&#233;er ; c'est aussi vers les premiers
qu'elles se tournent pour que des lois soient mises en place pour prot&#233;ger
leurs brevets et la propri&#233;t&#233; intellectuelle qu'elles d&#233;veloppent ou
acqui&#232;rent, m&#234;me si de tels brevets sur le vivant n'ont pas lieu d'&#234;tre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cependant, au niveau du bilan environnemental, c'est loin d'&#234;tre rose
car, encore une fois, ce sont les nations qui sont responsables
lorsqu'elles n'agissent pas dans le sens de la pr&#233;servation de la
biodiversit&#233;, de la r&#233;duction des gaz &#224; effet de serre ou encore en
n'instaurant pas de normes nationales, ni de faire la promotion de normes
mondiales, quant aux divers modes de production du capitalisme. Le Canada
n'&#233;chappe pas &#224; la critique. Bien qu'il soit reconnu par presque tous les
acteurs internationaux que l'environnement est une probl&#233;matique mondiale
qui d&#233;passe la question interne/externe qui caract&#233;rise si bien l'&#201;tat, il
est tout &#224; propos de souligner l'intervention de certains &#201;tats &#224; contrer
volontairement les protocoles li&#233;s &#224; la pr&#233;servation de ce qui est commun &#224;
tous (biodiversit&#233;, couche d'ozone, oc&#233;ans, qualit&#233; de l'air, etc.).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cependant, l'&#201;tat, bien qu'&#233;tant un concept manifeste et tangible, n'est
pas le premier responsable de ce type de (non)intervention. Le capitalisme
(sauvage) ne cherche que la profitabilit&#233;, la rentabilit&#233; et le moins de
r&#232;gle possibles pour l'emp&#234;cher d'atteindre la croissance qu'il s'est fix&#233; ; c'en est sa raison d'&#234;tre. C'est pourquoi, lorsque la Main Invisible du
March&#233; r&#233;gule l'&#201;tat, ce dernier se voit restreint dans son intervention
morale, &#233;thique et morale. Sans l'ombre d'un doute, la mondialisation
d&#233;sincarne les &#201;tats et les identit&#233;s collectives sur les enjeux
fondamentaux et mondiaux, sans pour autant que le March&#233; ne s'incarne en
contrepartie ; il est de plus en plus virtuel par la financiarisation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'une des r&#233;percussions de la mondialisation sur la soci&#233;t&#233; d'un &#201;tat se
voit sur l'identit&#233; que les gens d&#233;veloppent, soit &#224; propos de ce sentiment
d'appartenance &#224; leur nation. Le nationalisme n'est pas une mauvaise chose
en soi ; c'est d'ailleurs une r&#233;alit&#233; bien tangible et plus pr&#232;s des gens
que celle d'&#234;tre &#171; citoyen du monde &#187;, malgr&#233; la noblesse que cela insuffle
aux gens par la promotion de la paix. Cette identit&#233; nationale se
d&#233;veloppe en parall&#232;le avec une culture, tout aussi nationale. Les
fronti&#232;res politiques d'un &#201;tat, si intangibles puissent-elles &#234;tre,
confirment le lieu de son identit&#233; collective, ainsi que le lieu o&#249; celle
de l'autre (&#201;tat) perd de son influence. D'ailleurs, quelle identit&#233; ne se
d&#233;veloppe pas sur une base nationale, d'abord ? L'identit&#233; nationale a eu
pour cons&#233;quence, au cours des derniers si&#232;cles, d'accro&#238;tre l'importance
de la collectivit&#233;, alors que c'&#233;tait l'individu, autrefois, qui &#233;tait le
souci de l'&#201;tat, notamment &#224; l'&#233;gard de ses dirigeants aux attributs
divins. Il y a donc eu un transfert de perception et d'intervention ; cela
n'est pas &#224; dire qu'un retour du balancier n'a pas d&#233;j&#224; commenc&#233; par un
individualisme de la consommation issu du capitalisme. Le nationalisme est
pourtant un ciment pour l'&#233;tablissement de la culture, d'une culture. En
cela, il lutte positivement contre l'individualisme. En rien cela ne
l'oblige &#224; se figer dans le temps, &#224; ne jamais changer.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La mondialisation de l'&#233;conomie, port&#233;e &#224; la d&#233;localisation des emplois
et des capitaux, a eu cette contrepartie d'accro&#238;tre la pr&#233;pond&#233;rance du
dialogue des &#201;tats entre eux. Les gens entrent en dialogue avec les autres
&#224; partir de ce qu'ils savent, et ce qu'ils connaissent le mieux, c'est leur
identit&#233;. Avec le rapprochement des autres cultures, les gens sont
interpell&#233;s par leur essence (ce qui les caract&#233;rise) fondamentalement et
une tension entre l'universalisme et le particularisme se cr&#233;e
inconsciemment, bien malgr&#233; les gens. Ainsi, depuis que le dialogue est
plus facile avec l'autre, celui de l'autre nation, la n&#233;cessit&#233; de
pr&#233;server ce qui nous identifie vient de prendre une primaut&#233; dans notre
conscience. Il ne s'agit pas que de positionner notre identit&#233; en lien avec
celle des autres, mais aussi et surtout de la placer dans le monde, pour
qu'elle ne se perde pas dans l'oubli qui pourrait en r&#233;sulter de cette
absence de dialogue. Par exemple, les Fran&#231;ais-es forment une nation et ils
d&#233;fendent leurs int&#233;r&#234;ts. Lorsque les gens voient des Fran&#231;ais-es, ils
voient une partie de ce qu'est la France. C'est la m&#234;me situation pour les
Russes, les Italien-ne-s et etc.. Est-ce que Jimmy Gordon serait contre le
fait que les Fran&#231;ais-es existent et qu'ils d&#233;fendent leurs int&#233;r&#234;ts ?
Serait-il aussi contre le fait que les Qu&#233;b&#233;cois-es s'affirment avec leur
propre passeport et leurs ambassades ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans les pires sc&#233;narios, si le nationalisme des &#201;tats venait &#224; baisser
sous un certain seuil, cela pourrait mener &#224; l'implosion de certains
d'entre eux, faute de ne plus &#234;tre support&#233;s par leur population ; peuvent
s'en suivre les guerres civiles.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que de consid&#233;rer le nationalisme comme une maladie s'av&#232;re, pour le
moins, une faillite personnelle et intellectuelle de ces personnes. Combien
parmi elles sont &#224; ce point coh&#233;rentes avec elles-m&#234;mes pour pr&#244;ner
l'abolition des fronti&#232;res &#233;tatiques et la fin de l'intervention des &#201;tats
dans leur soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les seules nationalismes qui posent probl&#232;me &#224; l'humanit&#233; sont ceux qui
ne se soucient que du lieu o&#249; les gens sont n&#233;s &#8211;plut&#244;t que l&#224; o&#249; ils ont
choisi de vivre&#8722;, ou encore qui sont racistes, qui veulent cr&#233;er une
homog&#233;n&#233;it&#233; (assimilation) au sein de leurs fronti&#232;res, qui sont religieux.
En somme, ce sont les nationalismes qui sont exclusifs qui nuisent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jocelyn Parent, &#233;tudiant au baccalaur&#233;at en Science politique &#224; l'UQ&#192;M&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

		</content:encoded>
]

		

	</item>



	<item>
		<title>Les dangers du nationalisme</title>
		<link>http://www.ledevoir.com/2009/07/30/260860.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.ledevoir.com/2009/07/30/260860.html</guid>
		<dc:date>2009-07-30T15:04:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Jimmy Lee Gordon - Le Devoir (opinions)</dc:creator>
		


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		<description>Il serait temps que le Qu&#233;bec devienne r&#233;ellement le bastion d'humanit&#233; que son histoire et sa population lui permettent d'&#234;tre ; il est temps que le Qu&#233;bec sorte de sa n&#233;vrose identitaire.</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Il serait temps que le Qu&#233;bec devienne r&#233;ellement le bastion d'humanit&#233; que son histoire et sa population lui permettent d'&#234;tre ; il est temps que le Qu&#233;bec sorte de sa n&#233;vrose identitaire. - &lt;a href="http://www.ledevoir.com/2009/07/30/260860.html"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Le jour de l'ind&#233;pendance</title>
		<link>http://www.vigile.net/Le-jour-de-l-independance</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Le-jour-de-l-independance</guid>
		<dc:date>2009-07-14T16:26:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Louis Lapointe - Billet de Louis Lapointe</dc:creator>
		


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		<description>En ce jour de la F&#234;te nationale de la France et des Fran&#231;ais, est-ce que quelqu'un en France aurait l'id&#233;e saugrenue de se demander si la nation fran&#231;aise est civique ou ethnique ? Est-ce que les Fran&#231;ais sont des Gaulois, des Celtes ou des Francs ? Est-ce que les Fran&#231;ais (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous avons parfois de ces d&#233;bats sur Vigile. Sommes-nous &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Qu&#233;b&#233;cois&lt;/i&gt; ou &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Canadiens-Fran&#231;ais&lt;/i&gt; ? Une question qui t&#233;moigne de notre condition de perp&#233;tuels colonis&#233;s et du provincialisme dans lequel nous baignons quotidiennement au Qu&#233;bec !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En ce jour de la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;F&#234;te nationale&lt;/i&gt; de la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;France&lt;/i&gt; et des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Fran&#231;ais&lt;/i&gt;, est-ce que quelqu'un en &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;France&lt;/i&gt; aurait l'id&#233;e saugrenue de se demander si la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;nation fran&#231;aise&lt;/i&gt; est &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;civique&lt;/i&gt; ou &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ethnique&lt;/i&gt; ? Est-ce que les &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Fran&#231;ais&lt;/i&gt; sont des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Gaulois&lt;/i&gt;, des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Celtes&lt;/i&gt; ou des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Francs&lt;/i&gt; ? Est-ce que les &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Fran&#231;ais&lt;/i&gt; descendent du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;singe&lt;/i&gt; tant qu'&#224; y &#234;tre ? Des questions inutiles lorsqu'on parle de l'ind&#233;pendance d'un pays.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bien s&#251;r, la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;France&lt;/i&gt; a parfois des difficult&#233;s avec ses minorit&#233;s ethniques, ses extr&#233;mistes de droite et son pr&#233;sident, mais cela ne l'emp&#234;che pas d'&#234;tre une &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;r&#233;publique&lt;/i&gt; avec des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;citoyens fran&#231;ais&lt;/i&gt; de toute origine, une langue nationale et des fronti&#232;res d&#233;fendues par une arm&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Parce que la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;France&lt;/i&gt; est un pays libre qui poss&#232;de la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;personnalit&#233; internationale&lt;/i&gt;, nous ne nous posons que peu de questions sur ce qu'est un &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Fran&#231;ais&lt;/i&gt;. Nous savons tous qu'un &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Fran&#231;ais&lt;/i&gt; est un citoyen de la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;France&lt;/i&gt; qui parle &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;fran&#231;ais&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec est une province du Canada. Ce qui lui manque pour devenir un pays, c'est la personnalit&#233; internationale. Comment elle s'acquiert ? En proclamant l'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tant que le Qu&#233;bec demeurera une province au sein du Canada, le Qu&#233;bec n'aura pas de fronti&#232;res exclusives, pas de citoyens uniquement qu&#233;b&#233;cois, pas de v&#233;ritable langue nationale. Ses habitants se questionneront continuellement sur leur identit&#233; - Canadiens, Canadiens-Fran&#231;ais ou Qu&#233;b&#233;cois ? - et leur langue : le fran&#231;ais, l'anglais ou les deux ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tant que le Qu&#233;bec sera une province du Canada, ses fronti&#232;res seront aussi celles du Canada. Ses citoyens seront des Canadiens avec un passeport canadien et la langue officielle du Qu&#233;bec ne sera jamais tout &#224; fait le fran&#231;ais, de plus en plus souvent l'anglais, la langue officielle de la majorit&#233; des Canadiens.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le jour o&#249; le Qu&#233;bec sera ind&#233;pendant, ses citoyens seront des Qu&#233;b&#233;cois, peu importe leur origine, et ils auront tous un passeport qu&#233;b&#233;cois. Le Qu&#233;bec aura alors de v&#233;ritables fronti&#232;res et une seule langue nationale, le fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le jour de l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec, nous serons tous Qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Votre maladie</title>
		<link>http://www.cyberpresse.ca/opinions/chroniqueurs/pierre-foglia/200906/17/01-876693-votre-maladie.php</link>
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		<dc:date>2009-06-18T18:06:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Pierre Foglia - www.cyberpresse.ca</dc:creator>
		


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		<description>L&#224;, l&#224;, vous &#234;tes contents ? Les anglos chanteront &#224; la Saint-Jean. Moi aussi je suis content, pour toutes les bonnes raisons que vous avez dites. Exclure ces deux groupes d'anglos n'&#233;tait vraiment pas une bonne id&#233;e de la part des organisateurs de l'&#233;v&#233;nement - du moins de (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;L&#224;, l&#224;, vous &#234;tes contents ? Les anglos chanteront &#224; la Saint-Jean. Moi aussi je suis content, pour toutes les bonnes raisons que vous avez dites. Exclure ces deux groupes d'anglos n'&#233;tait vraiment pas une bonne id&#233;e de la part des organisateurs de l'&#233;v&#233;nement - du moins de l'un d'eux vite d&#233;savou&#233; - ou sacrifi&#233; ? (...) - &lt;a href="http://www.cyberpresse.ca/opinions/chroniqueurs/pierre-foglia/200906/17/01-876693-votre-maladie.php"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Quelqu'un pour remplacer ma femme ?</title>
		<link>http://www.vigile.net/Quelqu-un-pour-remplacer-ma-femme,20205</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Quelqu-un-pour-remplacer-ma-femme,20205</guid>
		<dc:date>2009-06-05T05:07:55Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Jean-Pierre Durand - Chronique de Jean-Pierre Durand</dc:creator>
		


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		<description>Samedi qui vient, pas samedi qui suit, le Mouvement Montr&#233;al fran&#231;ais tient son Grand rassemblement annuel. Cela se tiendra donc le 6 juin &#224; 13h30 au parc des Faubourgs, angle Ontario et De Lorimier (m&#233;tro Papineau). Et, pour l'amour du fran&#231;ais, IL FAUT REMPLIR LE PARC (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_4132 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:249px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Tous-pour-une-langue-une-langue&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_5-rass_bl.jpg' width=&quot;249&quot; height=&quot;386&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Je suis en mission command&#233;e. Il est minuit, Docteur Laurin. Samedi qui vient, pas samedi qui suit, le Mouvement Montr&#233;al fran&#231;ais tient son Grand rassemblement annuel. Cela se tiendra donc le 6 juin &#224; 13h30 au parc des Faubourgs, angle Ontario et De Lorimier (m&#233;tro Papineau). Et, pour l'amour du fran&#231;ais, IL FAUT REMPLIR LE PARC ! Pour cela, vous pouvez nous aider. Pour cela, vous devez nous aider. Mais certains voudront se faire tirer l'oreille. D'autres se laisseront d&#233;sirer et, au moment du dernier droit, feront mine d'oublier. D'autres inventeront les excuses les plus folles, les &#233;tats de sant&#233; les plus alarmants. Alors, il ne me reste que cette chronique, ou plut&#244;t cette supplique, pour vous convaincre d'y &#234;tre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vous dire que le fran&#231;ais recule &#224; Montr&#233;al ne vous apprendra rien. Suffit d'avoir des yeux pour voir et des oreilles pour entendre. Vous dire que si Montr&#233;al perd son accent sur le &#171; E &#187;, c'est le Qu&#233;bec qui suivra, c'est comme qui dirait une v&#233;rit&#233; de La Police (mont&#233;e). Alors que Boston est anglais, que Toronto est anglais, que Winnipeg est anglais, que Philadelphie est anglais, qu'Ottawa est anglais et que Chicago est anglais, voil&#224;-t-il pas qu'un d&#233;nomm&#233; Rozon voudrait que Montr&#233;al soit bilingue&#8230; just for laughs ! Juste pour remplir ses poches qui sont sans fond. Il ne viendrait jamais &#224; l'id&#233;e du petit monsieur (cette &#233;pith&#232;te, j'y tiens) qu'on ne brade pas une ville pour une poign&#233;e de cacahu&#232;tes. La singularit&#233; fran&#231;aise de Montr&#233;al est une valeur inestimable pour qui comprend qu'un territoire de langue fran&#231;aise en Am&#233;rique du Nord est un atout pour le commerce, le tourisme et les &#233;changes de toutes sortes. Au contraire, bilinguiser pave la voie &#224; l'anglicisation lente, s&#251;re et certaine et, du coup, nous fait rentrer dans la banalit&#233; nord-am&#233;ricaine, mais pour occuper quel rang ? On n'a que faire d'une autre m&#233;gapole anglophone&#8230; et il y a d&#233;j&#224; New Orleans pour se donner une petite &#171; french touch &#187; sans cons&#233;quence.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Samedi qui vient, pas samedi qui suit, il faut faire un effort pour se rendre au parc des Faubourgs, toute affaire cessante. Montr&#233;al n'est pas une ville bilingue, voil&#224; pourquoi l'on accourt au parc des Faubourgs. Au parc, citoyens ! Que vous soyez de toutes origines, de toutes couleurs comme Benetton, d&#233;fendre Montr&#233;al fran&#231;ais, c'est aussi d&#233;fendre la diversit&#233; culturelle, c'est aussi contrer l'h&#233;g&#233;monisme anglo-am&#233;ricain, faire d&#233;vier de sa voie le rouleau-compresseur de l'anglais qui nivelle. C'est un combat d'avant-garde et non d'arri&#232;re-garde, comme le pr&#233;tendent les imb&#233;ciles heureux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1635 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:243px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Speak-white,11979&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_22-lalonde-michele.jpg' width=&quot;243&quot; height=&quot;321&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Quoi faire pour &#171; faire sortir le vote &#187;, vous faire sortir de chez vous le 6 juin prochain, renoncer au confort et &#224; l'indiff&#233;rence ? Quel dieu invoquer ? Je vous chanterais bien &#171; Mummy &#187;, qu'interpr&#233;tait Pauline Julien et que reprend Genevi&#232;ve Lenoir avec autant de talent, mais je chante comme une casserole. Je vous lirais bien des textes du linguiste Claude Hag&#232;ge, du po&#232;te Gaston Miron, je vous referais cent une fois le po&#232;me Speak White de Mich&#232;le Lalonde, mais je n'ai pas de beaux cheveux blonds. Je pourrais encore vous provoquer en rameutant le po&#232;te Claude P&#233;loquin et ses c&#233;l&#232;bres vers : &#171; Vous &#234;tes pas tann&#233;s de mourir, bande de caves ? C'est assez ! &#187;, mais certains d'entre vous n'appr&#233;cieraient pas cette mani&#232;re. Alors, il faudrait que je vous en supplie, que je vous dise qu'&#224; deux pas de la Maison Ludger-Duvernay, si&#232;ge social de la SSJB de Montr&#233;al, il y a des n&#233;ons &#171; Open &#187; sur la devanture des commerces, qu'un d&#233;panneur en biais avec l'auguste soci&#233;t&#233; continue de nous accueillir qu'en anglais, quand bien m&#234;me la majorit&#233; de sa client&#232;le est fran&#231;aise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour que vous veniez samedi, il faudrait que j'aie votre num&#233;ro de t&#233;l&#233;phone et que je le laisse aux dizaines de t&#233;l&#233;phonistes b&#233;n&#233;voles qui sans rel&#226;che pr&#233;sentement appellent les Montr&#233;alais &#224; la r&#233;sistance, &#224; ne pas prendre les choses &#224; la l&#233;g&#232;re, &#224; se tenir DEBOUT pour le fran&#231;ais. N'attendez pas non plus que votre parti politique vous incite &#224; y aller, car il ne le fera sans doute pas, tout simplement parce que le Mouvement Montr&#233;al fran&#231;ais a des objectifs qui d&#233;rangent, comme le fait de pr&#244;ner un seul m&#233;ga CHU fran&#231;ais pour Montr&#233;al, qui est pourtant d'une logique &#233;l&#233;mentaire. Comme le fait de pr&#244;ner le c&#233;gep fran&#231;ais pour les immigrants et les francophones&#8230; Raison de plus alors pour vous pointer le 6 juin et envoyer un message &#224; votre parti, qui dirait, comme dans la si belle chanson de Paul Pich&#233; : Voil&#224; ce que nous voulons !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Parlant de chanson, il y aura des artistes entra&#238;nants c&#244;t&#233; sc&#232;ne, avec notamment le groupe Bernadette, qui est un m&#233;lange entre Mes a&#239;eux et les Cowboys fringants, id&#233;al pour les 7 &#224; 77 ans. Car n'h&#233;sitez &#224; amener votre prog&#233;niture, c'est un rassemblement qui est aussi festif. Bien entendu, il y aura quelques discours, mais ils seront courts et percutants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Certains auront l'excuse de travailler, mais bon, qu'est-ce qui vous emp&#234;che de d&#233;clarer que votre grand-m&#232;re est d&#233;c&#233;d&#233;e, apr&#232;s tout, votre patron aura s&#251;rement oubli&#233; la derni&#232;re fois qu'elle est morte. C&#244;t&#233; &#233;thique, qu'y a-t-il de mal &#224; ce que les d&#233;funts soient r&#233;quisitionn&#233;s de temps &#224; autre quand il s'agit d'une bonne cause ? Et ne me faites pas le coup du gazon &#224; couper&#8230; il peut attendre comme le mien. Venez en famille, avec vos voisins, apportez quelques collations, une pomme et un drapeau, vous &#234;tes libre. Le fran&#231;ais a besoin de vous et comme le dit le slogan du rassemblement : Une langue pour tous ! Tous pour une langue !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si d'ici l&#224;, vous avez cinq minutes &#224; donner, contactez d'urgence le jeune Philippe du Mouvement Montr&#233;al fran&#231;ais, responsable de la mobilisation. On le rejoint au 514-843-8851, poste 241. Aucune aide ne sera refus&#233;e. Entre-temps, faites circuler l'information aupr&#232;s de vos amis, sur Facebook, ou autrement&#8230; il s'agit l&#224; de gestes militants d'une incalculable valeur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ma femme n'y sera pas, car elle se remet d'une hospitalisation&#8230; alors il faut bien que je la remplace ! Pas un centim&#232;tre du parc qui ne demeure inoccup&#233;. Vite, il me faut des volontaires. Je ne refuserai personne. Ce rassemblement doit &#234;tre G&#201;ANT, on ne peut se permettre d'oublier quelqu'un &#224; la maison. M&#234;me le bon Dieu est mis de la partie et pri&#233; de faire en sorte qu'il fasse beau. Et, pour ceux qui h&#233;siteraient encore, j'ai invent&#233; un jeu pour l'occasion. Cela s'appelle &#171; O&#249; est JPD ? &#187; &#8211; je sais, c'est vaguement inspir&#233; du jeu &#171; O&#249; est Charlie ? &#187; &#8211; cela consiste &#224; me trouver parmi la foule rassembl&#233;e au parc des Faubourgs. Qu'est-ce qu'on gagne ? Un autocollant du Mouvement Montr&#233;al fran&#231;ais et un grand sourire ! Et que je n'en voie pas un me poser un lapin !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Quelqu'un pour remplacer ma femme ?</title>
		<link>http://www.vigile.net/Quelqu-un-pour-remplacer-ma-femme</link>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Durand - Chronique de Jean-Pierre Durand</dc:creator>
		


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		<description>Je suis en mission command&#233;e. Il est minuit, Docteur Laurin. Samedi qui vient, pas samedi qui suit, le Mouvement Montr&#233;al fran&#231;ais tient son Grand rassemblement annuel. Cela se tiendra donc le 6 juin &#224; 13h30 au parc des Faubourgs, angle Ontario et De Lorimier (m&#233;tro Papineau). Et, pour (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je suis en mission command&#233;e. Il est minuit, Docteur Laurin. Samedi qui vient, pas samedi qui suit, le Mouvement Montr&#233;al fran&#231;ais tient son Grand rassemblement annuel. Cela se tiendra donc le 6 juin &#224; 13h30 au parc des Faubourgs, angle Ontario et De Lorimier (m&#233;tro Papineau). Et, pour l'amour du fran&#231;ais, &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;IL FAUT REMPLIR LE PARC !&lt;/strong&gt; Pour cela, vous pouvez nous aider. Pour cela, vous devez nous aider. Mais certains voudront se faire tirer l'oreille. D'autres se laisseront d&#233;sirer et, au moment du dernier droit, feront mine d'oublier. D'autres inventeront les excuses les plus folles, les &#233;tats de sant&#233; les plus alarmants. Alors, il ne me reste que cette chronique, ou plut&#244;t cette supplique, pour vous convaincre d'y &#234;tre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vous dire que le fran&#231;ais recule &#224; Montr&#233;al ne vous apprendra rien. Suffit d'avoir des yeux pour voir et des oreilles pour entendre. Vous dire que si Montr&#233;al perd son accent sur le &#171; E &#187;, c'est le Qu&#233;bec qui suivra, c'est comme qui dirait une v&#233;rit&#233; de La Police (mont&#233;e). Alors que Boston est anglais, que Toronto est anglais, que Winnipeg est anglais, que Philadelphie est anglais, qu'Ottawa est anglais et que Chicago est anglais, voil&#224;-t-il pas qu'un d&#233;nomm&#233; Rozon voudrait que Montr&#233;al soit bilingue&#8230; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;just for laughs !&lt;/i&gt; Juste pour remplir ses poches qui sont sans fond. Il ne viendrait jamais &#224; l'id&#233;e du petit monsieur (cette &#233;pith&#232;te, j'y tiens) qu'on ne brade pas une ville pour une poign&#233;e de cacahu&#232;tes. La singularit&#233; fran&#231;aise de Montr&#233;al est une valeur inestimable pour qui comprend qu'un territoire de langue fran&#231;aise en Am&#233;rique du Nord est un atout pour le commerce, le tourisme et les &#233;changes de toutes sortes. Au contraire, bilinguiser pave la voie &#224; l'anglicisation lente, s&#251;re et certaine et, du coup, nous fait rentrer dans la banalit&#233; nord-am&#233;ricaine, mais pour occuper quel rang ? On n'a que faire d'une autre m&#233;gapole anglophone&#8230; et il y a d&#233;j&#224; New Orleans pour se donner une petite &#171; french touch &#187; sans cons&#233;quence.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Samedi qui vient, pas samedi qui suit, il faut faire un effort pour se rendre au parc des Faubourgs, toute affaire cessante. Montr&#233;al n'est pas une ville bilingue, voil&#224; pourquoi l'on accourt au parc des Faubourgs. Au parc, citoyens ! Que vous soyez de toutes origines, de toutes couleurs comme Benetton, d&#233;fendre Montr&#233;al fran&#231;ais, c'est aussi d&#233;fendre la diversit&#233; culturelle, c'est aussi contrer l'h&#233;g&#233;monisme anglo-am&#233;ricain, faire d&#233;vier de sa voie le rouleau-compresseur de l'anglais qui nivelle. C'est un combat d'avant-garde et non d'arri&#232;re-garde, comme le pr&#233;tendent les imb&#233;ciles heureux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quoi faire pour &#171; faire sortir le vote &#187;, vous faire sortir de chez vous le 6 juin prochain, renoncer au confort et &#224; l'indiff&#233;rence ? Quel dieu invoquer ? Je vous chanterais bien &#171; Mummy &#187;, qu'interpr&#233;tait Pauline Julien et que reprend Genevi&#232;ve Lenoir avec autant de talent, mais je chante comme une casserole. Je vous lirais bien des textes du linguiste Claude Hag&#232;ge, du po&#232;te Gaston Miron, je vous referais cent une fois le po&#232;me &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Speak White&lt;/i&gt; de Mich&#232;le Lalonde, mais je n'ai pas de beaux cheveux blonds. Je pourrais encore vous provoquer en rameutant le po&#232;te Claude P&#233;loquin et ses c&#233;l&#232;bres vers : &#171; Vous &#234;tes pas tann&#233;s de mourir, bande de caves ? C'est assez ! &#187;, mais certains d'entre vous n'appr&#233;cieraient pas cette mani&#232;re. Alors, il faudrait que je vous en supplie, que je vous dise qu'&#224; deux pas de la Maison Ludger-Duvernay, si&#232;ge social de la SSJB de Montr&#233;al, il y a des n&#233;ons &#171; Open &#187; sur la devanture des commerces, qu'un d&#233;panneur en biais avec l'auguste soci&#233;t&#233; continue de nous accueillir qu'en anglais, quand bien m&#234;me la majorit&#233; de sa client&#232;le est fran&#231;aise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour que vous veniez samedi, il faudrait que j'aie votre num&#233;ro de t&#233;l&#233;phone et que je le laisse aux dizaines de t&#233;l&#233;phonistes b&#233;n&#233;voles qui sans rel&#226;che pr&#233;sentement appellent les Montr&#233;alais &#224; la r&#233;sistance, &#224; ne pas prendre les choses &#224; la l&#233;g&#232;re, &#224; se tenir DEBOUT pour le fran&#231;ais. N'attendez pas non plus que votre parti politique vous incite &#224; y aller, car il ne le fera sans doute pas, tout simplement parce que le Mouvement Montr&#233;al fran&#231;ais a des objectifs qui d&#233;rangent, comme le fait de pr&#244;ner un seul m&#233;ga CHU fran&#231;ais pour Montr&#233;al, qui est pourtant d'une logique &#233;l&#233;mentaire. Comme le fait de pr&#244;ner le c&#233;gep fran&#231;ais pour les immigrants&#8230; Raison de plus alors pour vous pointer le 6 juin et envoyer un message &#224; votre parti, qui dirait, comme dans la si belle chanson de Paul Pich&#233; : &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Voil&#224; ce que nous voulons !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Parlant de chanson, il y aura des artistes entra&#238;nants c&#244;t&#233; sc&#232;ne, avec notamment le groupe Bernadette, qui est un m&#233;lange entre Mes a&#239;eux et les Cowboys fringants, id&#233;al pour les 7 &#224; 77 ans. Car n'h&#233;sitez &#224; amener votre prog&#233;niture, c'est un rassemblement qui est aussi festif. Bien entendu, il y aura quelques discours, mais ils seront courts et percutants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Certains auront l'excuse de travailler, mais bon, qu'est-ce qui vous emp&#234;che de d&#233;clarer que votre grand-m&#232;re est d&#233;c&#233;d&#233;e, apr&#232;s tout, votre patron aura s&#251;rement oubli&#233; la derni&#232;re fois qu'elle est morte. C&#244;t&#233; &#233;thique, qui a-t-il de mal &#224; ce que les d&#233;funts soient r&#233;quisitionn&#233;s de temps &#224; autre quand il s'agit d'une bonne cause ? Et ne me faites pas le coup du gazon &#224; couper&#8230; il peut attendre comme le mien. Venez en famille, avec vos voisins, apportez quelques collations, une pomme et un drapeau, vous &#234;tes libre. Le fran&#231;ais a besoin de vous et comme le dit le slogan du rassemblement : &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Une langue pour tous ! Tous pour une langue !&lt;/strong&gt;
Si d'ici l&#224;, vous avez cinq minutes &#224; donner, contactez d'urgence le jeune Philippe du Mouvement Montr&#233;al fran&#231;ais, responsable de la mobilisation. On le rejoint au &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;514-843-8851&lt;/strong&gt;, poste &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;241&lt;/strong&gt;. Aucune aide ne sera refus&#233;e. Entre-temps, faites circuler l'information aupr&#232;s de vos amis, sur Facebook, ou autrement&#8230; il s'agit l&#224; de gestes militants d'une incalculable valeur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ma femme n'y sera pas, car elle se remet d'une hospitalisation&#8230; alors il faut bien que je la remplace ! Pas un centim&#232;tre du parc qui demeure inoccup&#233;. Vite, il me faut des volontaires. Je ne refuserai personne. Ce rassemblement doit &#234;tre G&#201;ANT, on ne peut se permettre d'oublier quelqu'un &#224; la maison. M&#234;me le bon Dieu est mis de la partie et pri&#233; de faire en sorte qu'il fasse beau. Et, pour ceux qui h&#233;siteraient encore, j'ai invent&#233; un jeu pour l'occasion. Cela s'appelle &#171; O&#249; est JPD ? &#187; &#8211; je sais, c'est vaguement inspir&#233; du jeu &#171; O&#249; est Charlie ? &#187; &#8211; cela consiste &#224; me trouver parmi la foule rassembl&#233;e au parc des Faubourgs. Qu'est-ce qu'on gagne ? Un autocollant du Mouvement Montr&#233;al fran&#231;ais et un grand sourire ! Et que je n'en voie pas un me poser un lapin !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Tenir salon chez Ludger</title>
		<link>http://www.vigile.net/Tenir-salon-chez-Ludger,19838</link>
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		<dc:date>2009-05-18T16:05:52Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Jean-Pierre Durand - Chronique de Jean-Pierre Durand</dc:creator>
		


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		<description>Avant de vous proposer quelques rendez-vous qui sont &#224; nos portes, permettez que je vous rappelle certains moments qui ont fait le bonheur des gens qui passent au salon de la Maison Ludger-Duvernay. Je ne vous mentionnerai que quelques-uns, car il y en a eu beaucoup, question de vous mettre (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De toutes les t&#226;ches qui me sont d&#233;volues &#224; la Soci&#233;t&#233; Saint-Jean-Baptiste de Montr&#233;al, la plus agr&#233;able est sans contredit l'organisation en alternance des Jeudis de la langue et des Jeudis de l'ind&#233;pendance. Grosso modo, il s'agit d'activit&#233;s, plus souvent qu'autrement de conf&#233;rences, qui se tiennent &#224; la Maison Ludger-Duvernay, qui est aussi le si&#232;ge social de la SSJB. Cette tradition existe depuis bien des ann&#233;es et je crois m&#234;me qu'elle remonte aux premiers temps de la Soci&#233;t&#233;, il y a 175 ans cette ann&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'ordinaire, les Jeudis de la langue sont, comme leur nom l'indique, consacr&#233;s &#224; des th&#232;mes linguistiques, plus pr&#233;cis&#233;ment &#224; la d&#233;fense de la langue fran&#231;aise, alors que les Jeudis de l'ind&#233;pendance pr&#233;sentent des th&#233;matiques li&#233;es &#224; l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec ou &#224; des sujets politiques divers. Mais la ligne de d&#233;marcation entre langue et ind&#233;pendance n'est pas toujours tr&#232;s nette et il arrive souvent que les deux soient intimement li&#233;es. C'est un peu pourquoi il nous est venu &#224; l'id&#233;e d'intituler ces soir&#233;es &#171; Ludger re&#231;oit&#8230; &#187;, fa&#231;on aussi de faire un clin d'&#339;il &#224; celui qui a eu l'id&#233;e folle un jour d'inventer&#8230; la SSJB.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_2226 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:242px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/spip.php?page=archives&amp;u=archives/ds-souv/ssjb.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_20-ssjb-2.jpg' width=&quot;242&quot; height=&quot;149&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Pour faire conna&#238;tre ses activit&#233;s, la SSJB a recours &#224; son site internet, &#224; celui du Mouvement Montr&#233;al fran&#231;ais, &#224; Vigile, au journal Le Patriote, au bulletin &#233;lectronique du MMF et au bouche &#224; oreille. Je ne vous parlerai ici que des activit&#233;s du jeudi et de quelques autres qui peuvent se tenir pendant le week-end, puisque j'en ai en quelque sorte la charge, mais sachez aussi que l'historien Gilles Rh&#233;aume, ancien pr&#233;sident de la SSJB, donne chaque lundi &#224; la Maison Ludger-Duvernay des conf&#233;rences historiques fort pris&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avant de vous proposer quelques rendez-vous qui sont &#224; nos portes, permettez que je vous rappelle certains moments qui ont fait le bonheur des gens qui passent au salon de la Maison Ludger-Duvernay. Je ne vous mentionnerai que quelques-uns, car il y en a eu beaucoup, question de vous mettre l'eau &#224; la bouche, et, qui sait, de vous rencontrer peut-&#234;tre un de ces quatre chez Ludger.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Parmi les conf&#233;rences fort courues, celles portant sur la d&#233;fense de la langue fran&#231;aise remportent la palme en terme d'assistance, et pour cause, car &#224; moins d'&#234;tre &#233;ditorialiste &#224; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Presse&lt;/i&gt; et d'&#234;tre par cons&#233;quent mal inform&#233; ou malintentionn&#233;, le fran&#231;ais vit des heures difficiles &#224; Montr&#233;al. Que ce soit dans l'enseignement, au travail, dans les services, sur le plan d&#233;mographique ou dans l'affichage, le fran&#231;ais se fait secouer pas &#224; peu pr&#232;s. Alors, vous pensez bien que de nombreux auteurs et d&#233;fenseurs du fran&#231;ais ont contribu&#233; &#224; attirer plusieurs personnes sur ces enjeux linguistiques. Pour n'en nommer que quelques-uns, il y eut Charles Castonguay, qui est venu nous parler de son livre &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Avantage &#224; l'anglais&lt;/i&gt;, Marc Termote (sur les perspectives d&#233;mo-linguistiques 2006-2051), Christian Dufour (sur les &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Qu&#233;b&#233;cois et l'anglais&lt;/i&gt;), et, r&#233;cemment, l'&#233;diteur Michel Br&#251;l&#233; (pour son livre &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Anglaid&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La litt&#233;rature a &#233;t&#233; souvent mises &#224; l'honneur. Qu'il me suffise de mentionner Luc Gauvreau, sp&#233;cialiste et directeur de la Soci&#233;t&#233; des amis de Jacques Ferron, venu nous parler de l'auteur du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ciel du Qu&#233;bec&lt;/i&gt;, ou de Ga&#233;tan Dostie, accompagn&#233; d'Alexandre Belliard, venu nous faire un tableau de la po&#233;sie au Qu&#233;bec depuis l'&#233;poque de Ludger Duvernay, sans parler de cette soir&#233;e, que je qualifierais de magique, consacr&#233;e au couple G&#233;rald Godin et Pauline Julien, o&#249; Genevi&#232;ve Lenoir interpr&#233;ta de brillante fa&#231;on plusieurs chansons tir&#233;es du r&#233;pertoire de Pauline Julien, pendant que le po&#232;te Ga&#233;tan Dostie y allait d'anecdotes savoureuses sur le couple mythique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est en empruntant plusieurs angles que les sujets sont abord&#233;s, comme la fois o&#249; Pierre Gagnon, qui a bien connu Ren&#233; L&#233;vesque, est venu nous parler de la beaut&#233; de la langue fran&#231;aise en y allant de po&#232;mes de son cr&#251;. Et quel plaisir ce fut de recevoir Claire Duhamel, pr&#233;sidente du Mouvement Parlons mieux, nous parler de fa&#231;on &#233;loquente de la qualit&#233; de la langue, de l'importance de bien l'apprendre et de bien la dire. Et que dire du passage remarqu&#233; de Sylvie Bergeron, sp&#233;cialiste de l'identit&#233; et coach d'entreprises et de personnes, nous parlant d'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise d'une fa&#231;on &#224; laquelle nous &#233;tions peu habitu&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au chapitre des questions internationales, nous avons re&#231;u Rezeq Faraj, un Qu&#233;b&#233;cois d'origine palestinienne et porte-parole de l'organisme Palestine Solidarit&#233;, Emmanuel Hakizimana, venu nous parler du Rwanda, et des gens de la communaut&#233; kabyle nous parler de leur culture et de leur situation en Alg&#233;rie. Pour la f&#234;te de la Saint-Patrick, nous avons re&#231;u le conteur Mike Burns nous donner un spectacle de contes irlandais, en fran&#231;ais &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;of course&lt;/i&gt;, avec quelques bribes en ga&#233;lique. Cette soir&#233;e visait &#224; souligner l'apport irlandais au Qu&#233;bec et &#224; saluer nos compatriotes d'origine irlandaise qui ont choisi le fran&#231;ais comme langue commune&#8230; alors qu'&#224; Montr&#233;al un regroupement d'organismes irlandais (United Irish Societies of Montreal) tente depuis des ann&#233;es d'ostraciser en toute mauvaise foi cette r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au chapitre de l'histoire, nous avons re&#231;u Pierre-Luc B&#233;gin, qui est venu nous parler des Orangistes, comme quoi les fanatiques en politique sont plus souvent qu'on ne le pense du c&#244;t&#233; de nos adversaires. Pierre Comeau et Josianne Lavall&#233;e sont venus nous entretenir d'un ouvrage collectif contre la r&#233;forme en &#233;ducation, en insistant notamment sur le cours d'histoire du Qu&#233;bec qui semble vouloir faire de moins en moins de place&#8230; &#224; l'histoire du Qu&#233;bec ! On recevait r&#233;cemment l'ethnologue Serge Gauthier nous parler de la petite histoire entourant le roman &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Menaud ma&#238;tre-draveur&lt;/i&gt; et son g&#233;niteur F&#233;lix-Antoine Savard, quelque peu forc&#233; &#224; devenir sur le tard f&#233;d&#233;raliste, sous l'influence de Marius Barbeau, Claude Ryan et autres bien-pensants f&#233;d&#233;ralistes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On eut m&#234;me droit &#224; un &#171; jeudi &#187; qui se tint un dimanche matin, quand le sp&#233;cialiste de la chanson Marcel Brouillard vint nous parler de la vie de F&#233;lix Leclerc, alors que le neveu de celui-ci, Ga&#233;tan, interpr&#233;ta certaines chansons des plus connues, mais aussi d'autres moins connues, tir&#233;es du r&#233;pertoire de notre barde national. Avec la soir&#233;e en hommage &#224; G&#233;rald Godin et Pauline Julien, ce fut sans contredit un &#233;v&#233;nement marquant &#224; la Maison Ludger-Duvernay.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour le politique proprement dit, la Maison Ludger-Duvernay ne laisse pas sa place, car avec des orateurs comme Robin Philpot, Me Guy Bertrand, Normand Lester, Robert Laplante, Ren&#233; Boulanger, Richard Nadeau, Patrick Bourgeois, on ne s'ennuie gu&#232;re. En r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, c'est Mario Beaulieu, le pr&#233;sident de la SSJB, qui assume le r&#244;le de pr&#233;sentateur des invit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans les prochaines semaines, quelques beaux rendez-vous nous attendent, qui vaudront &#224; coup s&#251;r le d&#233;placement. D'abord jeudi prochain (21 mai), Jean Dorion, notre ancien pr&#233;sident et aujourd'hui d&#233;put&#233; du Bloc qu&#233;b&#233;cois, nous pr&#233;sentera sa conf&#233;rence intitul&#233;e &#171; La Conqu&#234;te et ses cons&#233;quences : de 1759 &#224; aujourd'hui &#187;. Le 28 mai, ce sera au tour de Djemila Benhabib, l'auteure de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ma vie &#224; contre Coran&lt;/i&gt;, de nous livrer une conf&#233;rence percutante sur un sujet qui a &#233;t&#233; omnipr&#233;sent lors des audiences de la commission Bouchard-Taylor. Le 11 juin, Ism&#232;ne Toussaint viendra nous parler de Gabriel Dumont, le bras droit militaire de Louis Riel. Cette conf&#233;rence sera suivie du lancement de la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Revue d'histoire politique&lt;/i&gt;. Tous ces rendez-vous d&#233;butent &#224; 19 heures &#224; la Maison Ludger-Duvernay (82, rue Sherbrooke Ouest) et l'entr&#233;e est libre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais je m'en voudrais de terminer sans vous recommander la causerie-spectacle On conna&#238;t la chanson&#8230; de 1930 &#224; nos jours, qui sera pr&#233;sent&#233;e dimanche prochain, le 24 mai, &#224; 11 heures. Pendant plus de deux heures, le conf&#233;rencier Marcel Brouillard parlera de la chanson fran&#231;aise et qu&#233;b&#233;coise, et il sera accompagn&#233; par Marie-Jos&#233;e B&#233;dard et par le chanteur guitariste Andr&#233; Th&#233;riault. Ce sera l'occasion d'entendre des chansons d'autrefois et d'aujourd'hui, de la Bolduc, F&#233;lix, Brassens, L&#233;veill&#233;e, Adamo, Ferland, Richard Desjardins et plusieurs autres. Il y aura, compte tenu de l'heure, du caf&#233;, des croissants, muffins, fruits et fromages. &#192; l'entracte, un hommage sera rendu au chanteur country Roger Miron pour son 80e anniversaire de naissance. Roger Miron, les plus vieux se rappellent, est celui qui a chant&#233; notamment &#171; A qui le petit c&#339;ur apr&#232;s neuf heures &#187;. Le co&#251;t des billets est de 15$ (tout compris) et on doit r&#233;server aupr&#232;s du secr&#233;tariat de la SSJB en composant le 514-843-8851.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Tenir salon chez Ludger</title>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Durand - SSJB - Soci&#233;t&#233; Saint-Jean-Baptiste (Montr&#233;al)</dc:creator>
		


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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;C'est un peu pourquoi il nous est venu &#224; l'id&#233;e d'intituler ces soir&#233;es &#171; Ludger re&#231;oit&#8230; &#187;, fa&#231;on aussi de faire un clin d'&#339;il &#224; celui qui a eu cette id&#233;e folle un jour d'inventer&#8230; la SSJB. - &lt;a href="http://www.vigile.net/Tenir-salon-chez-Ludger"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>L'&#233;poque r&#233;volue d'Anatole !</title>
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		<dc:date>2009-05-10T10:17:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Durand - Chronique de Jean-Pierre Durand</dc:creator>
		


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		<description>Apr&#232;s des heures de mes vacances estivales pass&#233;es &#224; consulter les lettres d'Anatole, dans l'ordre chronologique, alors que j'approchais de ses derni&#232;res ann&#233;es de vie active, je tombai sur une lettre de 1965...</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a quelques ann&#233;es, j'avais entrepris une recherche &#224; des fins personnelles sur les diff&#233;rentes tendances nationalistes au Qu&#233;bec, surtout au cours du vingti&#232;me si&#232;cle. Un travail qui n'est pas termin&#233;, comme une sorte de &#171; work in progress &#187; dont est friand Robert Lepage : on sait autrement dit quand &#231;a commence, mais on ignore quand &#231;a finit. J'avais &#233;pluch&#233; quelques fonds d'archives &#8211; pas jusqu'au fond quand m&#234;me, mais davantage que de seulement gratter en surface &#8211; quand je me suis pris d'int&#233;r&#234;t pour un grand nationaliste aujourd'hui oubli&#233;, et dont le chanoine Groulx a fait l'&#233;loge dans ses m&#233;moires. Si je ne le nomme pas, c'est que je n'entends pas ici faire &#339;uvre d'historien, mais plut&#244;t donner mon impression sur ce t&#233;moin et acteur d'une autre &#233;poque, en prenant quelques libert&#233;s avec ses &#233;crits. De toute fa&#231;on, les Fouinard et Babillard parmi vous finiront bien par d&#233;couvrir, s'ils s'y mettent, qui &#233;tait cet homme. Appelons-le Anatole. N&#233; vingt ans apr&#232;s la Conf&#233;d&#233;ration et d&#233;c&#233;d&#233; dix ans avant le r&#233;f&#233;rendum vol&#233; : bref, il s'en fallut de peu qu'Anatole devienne centenaire et re&#231;oive les v&#339;ux de sa gracieuse majest&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La long&#233;vit&#233; d'Anatole peut sembler &#233;tonnante, mais l&#224; n'est pas notre propos. Ce qu'il faut retenir, c'est que c'&#233;tait un nationaliste hors du commun, qui, toute sa vie durant, se d&#233;mena comme un diable pour que la langue fran&#231;aise ne soit pas bafou&#233;e dans le Canada, qu'elle b&#233;n&#233;ficie de la parit&#233; avec l'anglais. Son arme principale &#233;tait la correspondance. De fait, Anatole &#233;tait un &#233;pistolier redoutable et infatigable. Dirigeant d'un organisme de d&#233;fense de la langue fran&#231;aise, comparable au Mouvement Montr&#233;al fran&#231;ais d'aujourd'hui, Anatole n'avait de cesse d'ameuter tout un chacun pour monter aux barricades linguistiques. Il incitait les autres &#224; suivre son exemple et &#224; protester aupr&#232;s des autorit&#233;s f&#233;d&#233;rales pour obtenir plus de fran&#231;ais par-ci, plus de fran&#231;ais par-l&#224;. Je ne connais qu'une seule personne qui se d&#233;m&#232;ne autant aujourd'hui que cet Anatole, et c'est Mario Beaulieu, le pr&#233;sident de la SSJB de Montr&#233;al. Je regarde aller Mario parfois et je pense &#224; Anatole. &#192; la diff&#233;rence que Mario est de notre &#233;poque et qu'il intervient davantage par portable et cellulaire interpos&#233;s que par plume d'oie et machine &#224; &#233;crire. Vendredi, alors qu'on attendait les journalistes de Repentigny pour un point de presse sur la question d'un seul m&#233;ga CHU pour Montr&#233;al, Mario donnait une interview par t&#233;l&#233;phone &#224; la radio. Il est toujours dans le feu de l'action. J'ai demand&#233; &#224; Mario s'il lui arrivait de fermer son cellulaire la nuit quand il dormait. Il m'a r&#233;pondu que non. J'aurais donc pu lui retourner son appel en rentrant &#224; deux heures du matin samedi. Avant longtemps, je vais le tester !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour en revenir &#224; Anatole, son apostolat se d&#233;ployait d'un oc&#233;an &#224; l'autre, sans rel&#226;che, sans jamais l&#226;cher le morceau, au point d'irriter bien des gens, y compris chez les Canadiens fran&#231;ais colonis&#233;s &#224; l'os, plus enclins &#224; accepter leur triste sort, &#224; se contenter d'un petit pain, &#224; fermer leur gueule puis &#224; ramer. En fait, sa r&#233;putation de d&#233;fenseur de la cause fran&#231;aise en ce pays aurait &#233;t&#233; sans tache s'il n'avait pas pris la d&#233;fense &#224; un moment donn&#233; du nazi Jacques de Bernonville (Wikip&#233;dia vous en parlera mieux que moi), comme quelques &#233;lites nationalistes du temps. Mais l&#224; encore, l'&#233;pisode hautement critiquable de ce qu'il est convenu d'appeler &#171; l'Affaire de Bernonville &#187; n'est pas l'objet ici.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s des heures de mes vacances estivales pass&#233;es &#224; consulter les lettres d'Anatole, dans l'ordre chronologique, alors que j'approchais de ses derni&#232;res ann&#233;es de vie active, je tombai sur une lettre de 1965 qu'il adressait &#224; un vieil ami. Dans cette lettre que je vous r&#233;sume, Anatole dresse un triste bilan de son &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;militantisme&lt;/i&gt; (mot qui n'existait pas dans son temps). Cinquante ann&#233;es au bas mot qu'il s'&#233;poumone pour la cause, qu'il r&#233;dige lettre sur lettre, fait circuler p&#233;tition par-dessus p&#233;tition pour enjoindre la majorit&#233; anglophone &#224; Ottawa d'accorder enfin satisfaction aux francophones, d'ajouter du fran&#231;ais sur les timbres et sur les billets de banque, d'offrir des postes &#224; des gens bilingues et pas uniquement unilingues anglais, de fustiger les lois iniques qui veulent restreindre sinon emp&#234;cher l'enseignement en fran&#231;ais dans le reste du Canada&#8230; bref, un demi-si&#232;cle &#224; se d&#233;battre comme un diable dans l'eau b&#233;nite pour les siens&#8230; et voil&#224; ce que, en bout de piste, Anatole constate : l'&#233;chec, l'&#233;chec cuisant et &#224; coup s&#251;r imm&#233;rit&#233;. Il dit (je cite de m&#233;moire) : &#171; Cher ami, pendant toutes ces ann&#233;es, nous avons livr&#233; de rudes batailles, mais je m'aper&#231;ois aujourd'hui que ce fut souvent en pure perte. Tout partout, dans l'Ouest canadien et dans les Maritimes, les n&#244;tres s'assimilent. Les jeunes ne parlent plus fran&#231;ais dans les cours d'&#233;cole. La survivance fran&#231;aise est partout compromise, &#224; l'exception de la province de Qu&#233;bec, et m&#234;me ici le danger nous guette. Comment se peut-il qu'avec l'ardeur que nous avons mise, avec la meilleure volont&#233; du monde, avec nos pri&#232;res et notre d&#233;votion, comment se peut-il que nous n'ayons pas r&#233;ussi ? &#187; Je lisais la lettre et je ne pouvais faire autrement qu'&#234;tre touch&#233; et &#233;mu par ce t&#233;moignage. Et je me doutais bien que cette lettre avait s&#251;rement &#233;t&#233; la plus difficile &#224; r&#233;diger pour Anatole, puisque toutes les autres avaient pour ainsi dire &#233;t&#233; lettre morte. Mais il continuait : &#171; Et m&#234;me ici, dans la province, ce qui me d&#233;sole, c'est l'insouciance des n&#244;tres par rapport aux dangers qui nous guettent, alors qu'il faudrait se tenir debout et se battre. Mais le pire dans tout cela, c'est que ceux qui ne capitulent pas, ce sont tous de maudits s&#233;paratistes ! &#187; Eh oui, Anatole aura peut-&#234;tre &#233;t&#233; un grand nationaliste, mais il ne pouvait se r&#233;soudre &#224; franchir le Rubicon. Il mourra donc d&#233;fait et&#8230; f&#233;d&#233;raliste !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Somme toute, cette histoire est triste, mais elle se termine bien si l'on songe que la voie qui s'ouvre devant nous est cette lutte pour l'ind&#233;pendance nationale, seule avenue possible pour accomplir notre destin&#233;e. On ne peut pas attendre jusqu'&#224; la Saint Glinglin pour qu'une majorit&#233; (qui n'a de cesse de nous rel&#233;guer au second rang) nous accorde ce que nous sommes en droit d'obtenir. Comme ailleurs, nous serons compl&#232;tement assimil&#233;s avant que cela n'arrive. Il faut croire qu'Anatole, qui n'&#233;tait pourtant ni frivole ni un deux de pique, n'avait pas compris cela. On aurait pu croire que ces cinquante ann&#233;es auraient pu lui ouvrir les yeux, mais non.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vendredi, dans la petite salle du Carpe Diem, &#224; Longueuil, les jeunes du MPIQ (Mouvement pacifique pour l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec) organisaient une soir&#233;e pour la rel&#232;ve culturelle. Po&#232;mes, chansons, monologues humoristiques&#8230; une soir&#233;e endiabl&#233;e &#224; l'enseigne de l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec. Quelques militants du R&#233;seau de R&#233;sistance du Qu&#233;b&#233;cois s'&#233;taient &#233;galement joints &#224; eux pour la circonstance. Je suis all&#233; &#233;cornifler pendant la soir&#233;e, par curiosit&#233; et parce qu'on dit souvent, mais faussement, que les jeunes ont renonc&#233; &#224; se battre, qu'ils sont amorphes, d&#233;motiv&#233;s, voire &#233;teints. D&#233;trompez-vous, chers lecteurs, il existe pr&#233;sentement une renaissance dans le mouvement ind&#233;pendantiste, un discours nouveau et adapt&#233; &#224; la situation actuelle. Les jeunes &#233;l&#232;ves du secondaire et les c&#233;g&#233;piens qui adh&#232;rent au MPIQ en sont une preuve vivante. Si vous aviez entendu vendredi Thomas Deshaies, Vincent Brazeau et Mathieu Boucher, tant dans leurs interventions politiques que dans leurs magnifiques po&#232;mes, si vous aviez assist&#233; &#224; la performance du groupe Mocha-Cola, si vous aviez entendu le texte &#171; Tentative de non-suicide &#187; pr&#233;sent&#233; par Maxime Laporte, vous auriez comme moi&#8230; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;capot&#233;&lt;/i&gt; (pour rester dans le ton !). Le MPIQ avait aussi invit&#233; deux doyens &#224; cette f&#234;te : le chanteur Manuel Brault (celui des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Petits c&#339;urs des enfants rieurs&lt;/i&gt;, &#231;a vous dit de quoi ?), qui y est all&#233; de trois nouvelles chansons &#224; saveur ind&#233;pendantiste, et l'&#233;crivain et chroniqueur au journal &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;b&#233;cois&lt;/i&gt; Ren&#233; Boulanger, qui y a livr&#233; un texte poignant sur l'histoire d'Hortense au temps des Patriotes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans la salle, j'ai rencontr&#233; aussi Fran&#231;ois Gendron, mon coll&#232;gue &#171; Jeunesse &#187; &#224; la SSJB et pr&#233;sident des JPQ, ainsi que Fran&#231;ois-Xavier Labb&#233;, nouveau coordonnateur du RRQ pour Montr&#233;al, pas le genre de gars &#224; s'en laisser imposer et qui gagne aussi &#224; &#234;tre connu. Bref, avec tous ces jeunes ind&#233;pendantistes, je crois bien qu'on va finir par l'avoir ce pays&#8230; Ah oui, &#224; cette soir&#233;e du MPIQ, on annon&#231;ait la manif pour lundi le 11 mai &#224; midi devant la Caisse de d&#233;p&#244;t et placement (2 minutes de marche du m&#233;tro Square-Victoria). Comme orateurs, il y aura un jeune (Patrick Bourgeois) et un vieux encore jeune (Pierre Falardeau). Anatole aurait dit : encore deux maudits s&#233;paratistes. Pauvre Anatole, ce que tu peux &#234;tre d&#233;pass&#233; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Mon p&#232;re et la m&#233;moire en all&#233;e</title>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Durand - Chronique de Jean-Pierre Durand</dc:creator>
		


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		<description>&#8230;et je dois faire mon deuil des discussions politiques que j'avais avec mon p&#232;re.</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Mon p&#232;re et la m&#233;moire en all&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'&#233;tait il y a quelques mois, par un dimanche matin. Je revenais d'une r&#233;union d'une section locale de la Soci&#233;t&#233; Saint-Jean-Baptiste, o&#249; j'agissais comme pr&#233;sident d'&#233;lection. C'&#233;tait &#224; Saint-Eustache et il faisait particuli&#232;rement beau. Comme &#224; chaque week-end, ou peu s'en faut, je comptais rendre visite &#224; ma m&#232;re au Centre hospitalier de soins de longue dur&#233;e et, par le fait m&#234;me, piquer un brin de jasette avec mon p&#232;re qui, lui, va la voir tous les jours depuis bient&#244;t dix ans, soit depuis ce jour maudit o&#249; ma m&#232;re fut victime d'un AVC qui la mit compl&#232;tement K.-O.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le hall d'entr&#233;e du CHSLD, quel ne fut pas mon &#233;tonnement d'apercevoir mon p&#232;re dans un pi&#232;tre &#233;tat. On m'apprenait qu'il venait dans l'heure de se fracturer une cheville pas tr&#232;s loin de l&#224; et qu'on attendait apr&#232;s l'ambulance. Mon p&#232;re n'avait pas trop l'air de s'en faire, m&#234;me s'il ressentait une vive douleur et que sa cheville &#233;tait de la taille d'un ballon de football. Comment avait-il fait son compte ? Il me raconta qu'il avait voulu sauter la cha&#238;ne de trottoir, mais, le connaissant, j'avais pour ainsi dire &#233;prouv&#233; un doute. En fait, cela faisait bien la cinqui&#232;me fois qu'on le ramassait par terre depuis l'&#233;t&#233; dernier. Et chaque fois on le retrouvait dans un &#233;tat confus, ne sachant trop ce qui avait bien pu lui arriver. Ma s&#339;ur m'a racont&#233; qu'une fois, il s'&#233;tait arr&#234;t&#233; net devant le centre, fig&#233;, telle une statue de sel, &#224; regarder l'&#233;difice sans trop savoir o&#249; il &#233;tait.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Octog&#233;naire, mon p&#232;re a toujours eu une sant&#233; de fer et peu d'occasions au cours de sa vie de fr&#233;quenter les m&#233;decins, mais l&#224;, il faut croire que l'&#226;ge le rattrape. Il finit toujours d'ailleurs par nous rattraper. En outre, bien des choses ont chang&#233; chez lui. Sa m&#233;moire a pris toute une d&#233;barque ces derni&#232;res ann&#233;es. En un quart d'heure, il peut me demander trois fois o&#249; j'habite, si c'est &#224; Montr&#233;al ou sur la Rive-Sud, alors que je demeure sur la Rive-Nord depuis quinze ans. Il ne sait plus trop combien j'ai d'enfants au juste, ni si je travaille au m&#234;me endroit. Bref, il en perd des bouts un peu plus chaque jour. Et il se r&#233;p&#232;te de plus en plus comme dans l'histoire de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;P&#232;te et R&#233;p&#232;te&lt;/i&gt;. Aussi, il m&#233;lange les &#233;poques, reprend des histoires ou se rem&#233;more des souvenirs en y ajoutant des &#233;l&#233;ments in&#233;dits, etc. Il manifeste peu d'int&#233;r&#234;t et encore moins de curiosit&#233; pour ce qui se passe au-del&#224; de son petit monde. M&#234;me le d&#233;c&#232;s de son fr&#232;re cadet, il y a trois mois, n'a pas sembl&#233; l'affecter, pas plus qu'il n'avait estim&#233; n&#233;cessaire de se rendre au salon fun&#233;raire, l'air de dire qu'il ne pouvait rien faire de toute fa&#231;on. C'&#233;tait quand m&#234;me son fr&#232;re !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vous ne serez donc pas &#233;tonn&#233;s qu'on lui ait diagnostiqu&#233; la maladie d'Alzheimer, mais &#224; un stade o&#249; il &#233;tait encore possible d'entrevoir quelques ann&#233;es sans devoir &#234;tre plac&#233;. Sauf que l&#224;, avec ces chutes carabin&#233;es sur le trottoir, il semblait avoir atteint son quota.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je l'accompagnai &#224; l'h&#244;pital de Saint-Eustache, o&#249; il dut attendre quelque trois heures avant d'&#234;tre vu (l'arriv&#233;e en ambulance lui ayant &#233;pargn&#233; quelque huit heures suppl&#233;mentaires d'attente). Entre-temps, mon fils et ma conjointe &#233;taient venus nous rejoindre &#224; l'h&#244;pital. En apercevant S&#233;bastien, qu'il a vu grandir et avec qui il a si souvent parl&#233; et s'est si souvent trimbal&#233;, il m'a demand&#233; s'il s'agissait de mon fils ou de mon petit-fils ! Et il voulait aussi &#234;tre rassur&#233; sur son nom. &#171; Voyons, papa, c'est S&#233;bastien ! &#187; Et, sous-entendu, &#171; ne me fais pas croire que tu ne t'en rappelles plus &#187;. Il me fit alors ce commentaire : &#171; Sache qu'&#224; mon &#226;ge, je ne suis plus jeune-jeune. Il y a plein de choses que j'oublie. Mais toi, c'est Jean-Pierre&#8230; et je ne t'oublie pas. &#187; Il y eut un long silence et il ajouta en pesant ses mots : &#171; Faut pas que je t'oublie. &#187; Comme je semblais prendre &#224; la l&#233;g&#232;re ses propos, mon p&#232;re me sermonna : &#171; Ne rie pas dans ta barbe, c'est important ce que je te dis l&#224;, faut pas que je t'oublie. &#187; Je le rassurai en lui jurant qu'il n'y avait pas de saint danger que cela se produise, qu'il se rappellerait toujours de moi et patati et patata. Mais je ne d&#233;chirerai pas ma chemise &#224; carreaux l&#224;-dessus.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Finalement, apr&#232;s une op&#233;ration &#224; la cheville, le m&#233;decin recommanda son admission au CHSLD &#8211; &#224; un &#233;tage plus bas que ma m&#232;re, au bout d'un interminable couloir &#8211; et on a d&#251; vider son logis qu'il occupait depuis une d&#233;cennie d&#233;j&#224;. Je vais toujours les visiter, lui et ma m&#232;re, &#224; nouveau r&#233;unis, cette fois sous le m&#234;me toit, &#224; d&#233;faut d'&#234;tre dans la m&#234;me pi&#232;ce. Ma m&#232;re compl&#232;tement aphasique aurait peut-&#234;tre bien des choses &#224; me dire sur l'arriv&#233;e inattendue de mon p&#232;re au m&#234;me endroit qu'elle, mais il y a belle lurette qu'elle sait que la communication ne s'effectue plus comme avant, que je dois me forcer &#224; deviner ce qu'elle voudrait tant me confier, comme si elle jouait le premier r&#244;le dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;le Scaphandre et le Papillon&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela fait aussi une couple de fois que mon p&#232;re en me voyant se dit frapp&#233; par ma ressemblance troublante avec son propre p&#232;re, donc mon grand-p&#232;re. &#171; Tu ressembles &#224; mon p&#232;re comme deux gouttes d'eau &#187;, qu'il me dit avec un large sourire, presque &#233;mu de retrouver son paternel apr&#232;s tant d'ann&#233;es. Pourtant, l'an dernier, j'avais cru me retrouver face &#224; face avec mon propre p&#232;re en m'apercevant dans le miroir de la salle de bains. M&#234;me regard, m&#234;me front &#8230; son portrait tout crach&#233;. Bon sang que je m'&#233;tais trouv&#233; vieux !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dimanche, quand je suis pass&#233; le voir, il &#233;tait dans une petite salle avec une quinzaine de r&#233;sidents, dont les deux tiers reclus dans leur fauteuil roulant. Ils formaient un demi-cercle autour d'un chanteur de charme, qui avait d&#251; &#234;tre la vedette d'un piano-bar quelques ann&#233;es avant ma naissance, et qui s'accompagnait maintenant au piano synth&#233;tique, tentant de se rappeler quelques beaux airs anciens&#8230; dont on s'ennuie en ville. C'&#233;tait du sous-Michel Louvain, du Pierre Lalonde de peine et de mis&#232;re, du Willie Lamothe des pauvres, bref, c'&#233;tait n'importe quoi. Qu'&#224; cela ne tienne, l'assistance semblait appr&#233;cier, m&#234;me que certains portaient des colliers hawa&#239;ens et que d'autres, comme mon p&#232;re, battaient la cadence avec des maracas Fisher-Price qu'on leur avait distribu&#233;s. Quand mon p&#232;re m'aper&#231;ut, il me fit prestement signe de m'asseoir &#224; ses c&#244;t&#233;s. Apr&#232;s le spectacle, je le pousserais jusqu'&#224; la chambre de ma m&#232;re. C'&#233;tait path&#233;tique de les voir tous si heureux d'assister &#224; ce spectacle pourtant si moche, avec un chanteur qui ne se rappelait m&#234;me plus des paroles et qui, si &#231;a se trouve, &#233;tait peut-&#234;tre d&#233;j&#224; sur la liste d'attente pour une place en r&#233;sidence.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8230;et je dois faire mon deuil des discussions politiques que j'avais avec mon p&#232;re, quand on aimait tant s'obstiner sur qui devrait devenir le chef du Parti qu&#233;b&#233;cois. Je me demande m&#234;me s'il a vot&#233; l'automne dernier, s'il s'en fait encore pour l'avenir du Qu&#233;bec, ou si tout cela s'&#233;loigne de lui comme ces paysages qui d&#233;filent dans notre r&#233;troviseur sit&#244;t qu'on appuie sur le champignon.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lundi, plut&#244;t que de prendre le transport en commun, j'utilisai ma voiture pour me rendre au bureau. Notre-Dame &#233;tait bloqu&#233;e comme cela arrive souvent et, pour &#233;viter le bouchon, j'empruntai des rues secondaires. J'&#233;tais en plein c&#339;ur d'Hochelaga-Maisonneuve, l&#224; o&#249; j'ai grandi jusqu'&#224; l'Expo 67, quand tout &#233;tait beau, comme dit une chanson de Beau Dommage. J'ai eu l'id&#233;e de faire un d&#233;tour par ma rue, quelque quarante ans plus tard. Ce n'est plus tout &#224; fait pareil. D'abord les arbres majestueux ont &#233;t&#233; ras&#233;s et laissent place &#224; des arbres d&#233;j&#224; assez grands mais qui ne sont plus, disons, d'origine, le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Johnny's Snack Bar&lt;/i&gt;, qui sentait si bon la patate frite, a &#233;t&#233; remplac&#233; par &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;C&#339;ur d'Afrique&lt;/i&gt;, un resto offrant de la cuisine ivoirienne et congolaise (faudrait que j'y aille), la taverne &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Eastern's&lt;/i&gt; est devenue le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Bar chez Fran&#231;oise&lt;/i&gt;, qui fait plus classe&#8230; jusqu'au petit parc qui a vu ses balan&#231;oires, sa glissade et sa pataugeoire dispara&#238;tre, &#233;cras&#233;s par un condo g&#233;ant. Devant le 1434 de la rue Valois, je n'ai pu m'emp&#234;cher de m'arr&#234;ter, d'examiner la fen&#234;tre qui &#233;tait celle de ma chambre. Si j'avais eu plus d'audace, j'aurais sonn&#233; et demand&#233; &#224; l'occupant de me laisser parcourir la maison de long en large.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si les miracles existaient &#8211; mais j'en suis moins s&#251;r depuis qu'une pub sur l'autobus pr&#233;tend que &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dieu n'existe probablement pas&lt;/i&gt; &#8211; je souhaiterais pouvoir revenir habiter avec mon p&#232;re, ma m&#232;re et ma s&#339;ur au 1434 de la rue Valois, dans les m&#234;mes conditions, avec les m&#234;mes amis, sans rien changer &#224; rien. Je d&#233;corerais ma chambre comme avant et j'installerais le globe terrestre que ma tante Monic m'avait donn&#233; en cadeau. Je ferais tourner sur le pick-up un 45-tours de Petula Clark (&#171; Un jeune homme bien &#187;) ou je chanterais &#224; tue-t&#234;te : &#171; Quand je l'ai vue, elle marchait seule dans la rue, chantant do wha diddy diddy dam di di dou&#8230; &#187;. Puis l&#224;, un beau jour (il n'y avait que des beaux jours, de toute fa&#231;on, rue Valois), je crierais &#224; mes amis, les L&#233;pine, les Pichette et les Laforest de se d&#233;p&#234;cher, d'enfourcher nos &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;bicycles&lt;/i&gt; et de monter la c&#244;te jusqu'&#224; Sherbrooke. On nous avait dit qu'un illustre personnage passerait en limousine. Nous l'avons finalement vu et agit&#233; nos bras en l'air pour saluer ce g&#233;ant en uniforme. Le soir, aux nouvelles de T&#233;l&#233;-M&#233;tropole, on nous le remontrait. Cette fois, il &#233;tait au balcon de l'h&#244;tel de ville o&#249; il avait lanc&#233; un retentissant message d'espoir que jamais je n'oublierai. Qu'il ne faut pas que j'oublie, pas plus qu'un p&#232;re ne doit oublier son fils.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je sortis finalement de mon v&#233;hicule et m'approchai de la petite cl&#244;ture en fer forg&#233;, qui borne toujours le minuscule parterre devant le 1434, et qui est si peu haute qu'elle ne dissuade finalement que les nains de jardin d'entrer. La barri&#232;re &#233;tait rest&#233;e ouverte. Je la refermai d&#233;licatement, au ralenti, abaissai la clenche &#8211; comme mon p&#232;re y tenait &#8211;et remontai dans la voiture pour poursuivre ma route...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	<item>
		<title>Les normes en histoire (Chronique suppl&#233;mentaire no 23) </title>
		<link>http://www.vigile.net/Les-normes-en-histoire-Chronique,19509</link>
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		<dc:date>2009-04-30T20:03:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Bruno Deshaies - Chronique de Bruno Deshaies</dc:creator>
		


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		<description>La cause de l'affrontement de &#171; deux peuples en guerre au sein du m&#234;me &#201;tat &#187;, comme le dit Durham, ne tient pas &#224; la diff&#233;rence des mentalit&#233;s ou des cultures, qui certes avive l'antagonisme mais ne l'engendre pas. Elle r&#233;side plut&#244;t en cet instinct naturel des communaut&#233;s &#224; (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Dans l'optique ind&#233;pendantiste, la situation du Canada, dans l'empire fran&#231;ais,
se trouve non pas id&#233;alis&#233;e mais revaloris&#233;e. C'est la seule &#233;poque de son histoire o&#249; le s&#233;paratisme s'enracine dans la r&#233;alit&#233;. Pendant plus de 100 ans, les Canadiens d'origine fran&#231;aise vivent seuls dans un &#201;tat s&#233;par&#233;. &#187; (Maurice S&#233;guin)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Pr&#233;sentation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La lutte des groupes pour l'ind&#233;pendance &#8211; &#224; savoir, pour la pr&#233;pond&#233;rance de leur groupe sur tout rival &#8211; forme le noyau de l'enseignement de M. S&#233;guin, qui en retrace l'&#233;volution sur deux si&#232;cles (1760-1960) dans la vall&#233;e laurentienne. Elle constitue le c&#339;ur de son &#233;nonc&#233; de 1956, vu &#224; la derni&#232;re chronique, dont la s&#233;rie des trois conf&#233;rences t&#233;l&#233;vis&#233;es de 1962 qui font l'objet de la pr&#233;sente chronique ne sont qu'un d&#233;veloppement, laquelle s&#233;rie r&#233;sume l'ouvrage publi&#233; en France en 1973, lequel condense la mati&#232;re du cours t&#233;l&#233;vis&#233; donn&#233; en 1963-1964, reprise sous forme de livre en 1997. M. S&#233;guin a eu la courtoisie de r&#233;sumer lui-m&#234;me ses conclusions pour le b&#233;n&#233;fice du lecteur press&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En classe, S&#233;guin rappelait que l'une des constantes de notre nationalisme depuis 1760 a consist&#233; &#224; s'appuyer sur tel groupe d'anglophones afin de faire pi&#232;ce &#224; un second groupe de m&#234;me langue : pensons &#224; l'alliance de LaFontaine avec les r&#233;formistes du Canada-ouest pour mettre &#224; mal les tories de Montr&#233;al ou aux appels du pied de L&#233;vesque aux &#201;tasuniens puis aux premiers ministres des provinces en vue de s'opposer au gouvernement f&#233;d&#233;ral. Ce ne sont l&#224; que deux exemples de ces &#171; alliances plus ou moins p&#233;rilleuses &#187; qu'&#233;voquait Joseph Cauchon, o&#249; le risque est grand de devenir l'otage de ses alli&#233;s &#224; votre insu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le seul veto r&#233;el &#8211; qui fut plus qu'une fiction l&#233;gale &#8211; jamais exerc&#233; par nous a &#233;t&#233; octroy&#233; en 1791. Il aurait pu permettre &#224; la Nation canadienne de l'emporter, n'e&#251;t &#233;t&#233; le putsch discret des tories de Montr&#233;al, sous le couvert de &#171; loyalisme &#187;, contre la politique de conciliation de Gosford. Depuis la suspension de la Loi constitutionnelle de 1791, toute possibilit&#233; de veto effectif du Canada-Fran&#231;ais aux projets du Canada-Anglais est exclue. Jamais plus la majorit&#233; parlementaire de langue fran&#231;aise imposera-t-elle en derni&#232;re instance ses d&#233;cisions aux vrais ma&#238;tres du Qu&#233;bec. &lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La cause de l'affrontement de &#171; deux peuples en guerre au sein du m&#234;me &#201;tat &#187;, comme le dit Durham, ne tient pas &#224; la diff&#233;rence des mentalit&#233;s ou des cultures, qui certes avive l'antagonisme mais ne l'engendre pas. Elle r&#233;side plut&#244;t en cet instinct naturel des communaut&#233;s &#224; rechercher davantage d'autonomie. Supposons que nos anc&#234;tres se soient anglicis&#233;s, aient &#233;t&#233; imbus et anim&#233;s des seuls principes britanniques, auraient-ils renonc&#233; &#224; investir l'appareil d'&#201;tat et &#224; l'arracher aux Britanniques &#171; de souche &#187; au nom de la majorit&#233;, constitu&#233;e de &#171; N&#233;o-britanniques &#187; ? PARFONDOR&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;O O O&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	<item>
		<title>&#171; Petit po&#232;me sur un grand fleuve &#187;</title>
		<link>http://www.vigile.net/Petit-poeme-sur-un-grand-fleuve</link>
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		<dc:date>2009-04-29T14:39:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Dominic Desroches - Collaboration sp&#233;ciale</dc:creator>
		


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		<description>Les Qu&#233;b&#233;cois n'oublieront pas Pierre Perrault, lui qui a consacr&#233; sa vie &#224; transcrire la po&#233;sie du fleuve, &#224; immortaliser la beaut&#233; du territoire et &#224; honorer la grandeur de ses habitants.</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Les Qu&#233;b&#233;cois n'oublieront pas Pierre Perrault, lui qui a consacr&#233; sa vie &#224; transcrire la po&#233;sie du fleuve, &#224; immortaliser la beaut&#233; du territoire et &#224; honorer la grandeur de ses habitants. - &lt;a href="http://www.vigile.net/Petit-poeme-sur-un-grand-fleuve"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Quel mandat pour la Caisse ? </title>
		<link>http://www.vigile.net/Quel-mandat-pour-la-Caisse,18941</link>
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		<dc:date>2009-03-31T00:52:25Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator> Robert Chevalier de Beauchesne (pseudo) - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Il faut se f&#233;liciter d'avoir encore en cette province des historiens tels qu'&#201;ric B&#233;dard. Il est un des rares &#224; conna&#238;tre, &#224; reconna&#238;tre surtout, la valeur de cette &#171; longue histoire de r&#233;sistance et de combats &#187; que fut celle des Canadiens-Fran&#231;ais. Malheureusement, comme chaque (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faut se f&#233;liciter d'avoir encore en cette province des historiens tels qu'&#201;ric B&#233;dard. Il est un des rares &#224; conna&#238;tre, &#224; reconna&#238;tre surtout, la valeur de cette &#171; longue histoire de r&#233;sistance et de combats &#187; que fut celle des Canadiens-Fran&#231;ais. Malheureusement, comme chaque fois qu'il tente de juger les temps pr&#233;sents &#224; l'aune de cette histoire, qu'il esp&#232;re nous en faire tirer le&#231;on, son discours tombe &#224; plat : &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Quel-mandat-pour-la-Caisse&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;&#201;ric B&#233;dard, le sp&#233;cialiste du conservatisme canadien-fran&#231;ais&lt;/a&gt;, n'arrive pas &#224; assumer les cons&#233;quences du changement identitaire survenu depuis la R&#233;volution tranquille.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Car, &#171; les Canadiens fran&#231;ais devenus Qu&#233;b&#233;cois &#187; n'ont pas chang&#233; que leur nom, ils ont troqu&#233; leur identit&#233;. D'une nation ethnique, d&#233;finie par le sol, l'histoire et la culture, ils sont pass&#233;s &#224; une nation civique dont l'appartenance est d&#233;termin&#233;e administrativement par l'&#201;tat. D'une nation se consid&#233;rant titulaire d'une patrie (le Qu&#233;bec) et co-fondatrice d'un pays (le Canada), on a fait une nation dont la souverainet&#233; et la l&#233;gitimit&#233; reposent sur celles d'un simple &#201;tat provincial. Le d&#233;ficit identitaire est tel, que la filiation entre Qu&#233;b&#233;cois et Canadiens-Fran&#231;ais s'en est trouv&#233;e r&#233;duite quasi &#224; n&#233;ant. Et le peu qui reste r&#233;f&#232;re &#224; un pass&#233; devenant de plus en plus &#233;tranger, souvent m&#234;me consid&#233;r&#233; comme honteux. On peut bien le d&#233;plorer, ne pas &#234;tre d'accord, &#231;a ne change rien &#224; la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans ce contexte, l'historien a beau, pour mieux questionner l'actuelle gouvernance de la Caisse, rappeler &#224; grands traits la lib&#233;ration &#233;conomique des Canadiens-Fran&#231;ais et ses principaux h&#233;ros, le souvenir de cette lutte et de ces gens ne faisant plus &#233;cho &#224; notre r&#233;alit&#233; nationale, ce ne sont l&#224; que vaines paroles. Un constat certes troublant, car pour qui a l'honn&#234;tet&#233; de se souvenir, la R&#233;volution tranquille ne devait pas pr&#233;luder &#224; la naissance d'une nouvelle nation, mais bien plut&#244;t concourir au plein accomplissement des Canadiens-Fran&#231;ais. C'est pourquoi la Caisse fut fond&#233;e, c'est pourquoi elle devait favoriser le d&#233;veloppement du Qu&#233;bec et c'est pourquoi la Caisse se devait d'&#234;tre dirig&#233;e par un Canadien-Fran&#231;ais...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce n'est &#233;videmment plus le cas aujourd'hui, mais apr&#232;s quarante ans de nationalisme qu&#233;b&#233;cois, qui donc oserait s'en &#233;tonner ? Michael Sabia est peut-&#234;tre &#171; &#233;tranger aux int&#233;r&#234;ts du Qu&#233;bec inc. &#187;, il est Qu&#233;b&#233;cois et le Gouvernement du Qu&#233;bec lui fait confiance. Que peut-on bien vouloir de plus ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que nos nationalistes, historiens ou pas, cessent de jouer au plus fin. Le devenir &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Qu&#233;b&#233;cois&lt;/i&gt; de L&#233;vesque s'av&#232;re &#224; l'usage une &#171; d&#233;nationalisation &#187;, une rupture tout aussi d&#233;finitive que le devenir &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Canadian&lt;/i&gt; de Trudeau. Il nous pousse all&#232;grement vers les bayous. Monsieur B&#233;dard, c'est bien plus de l'av&#232;nement du Qu&#233;b&#233;cois dont on pourrait parier &#171; que le cartel financier d'autrefois serait bien fier &#187;, car c'est lui et lui seul qui a permis la nomination de Michael Sabia...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si on n'a pas le courage de d&#233;noncer l'imposture, l'&#171; oeuvre de sape &#187; que repr&#233;sente le nationalisme qu&#233;b&#233;cois, si on n'a pas la force d'admettre qu'il a tu&#233; en nous toute r&#233;silience, qu'on cesse donc de se plaindre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Car comme on fait son lit, on se couche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



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		<title>Une d&#233;solante chasse &#224; l'homme</title>
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		<dc:date>2009-03-08T11:40:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Mathieu Bock-C&#244;t&#233; - L'Action nationale&lt;br&gt;www.action-nationale.qc.ca</dc:creator>
		


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		<description>J'ai consacr&#233; un long passage de cette recension &#224; la technique de d&#233;nonciation de Dubuc pour bien montrer comment au-del&#224; d'un seul appel au r&#233;alisme pour les souverainistes, son livre en appelle plut&#244;t &#224; la diabolisation du nationalisme qu&#233;b&#233;cois, pour bien montrer comment sa (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;J'ai consacr&#233; un long passage de cette recension &#224; la technique de d&#233;nonciation de Dubuc pour bien montrer comment au-del&#224; d'un seul appel au r&#233;alisme pour les souverainistes, son livre en appelle plut&#244;t &#224; la diabolisation du nationalisme qu&#233;b&#233;cois, pour bien montrer comment sa fascination pour le progr&#232;s et la modernit&#233; (...) - &lt;a href="http://www.action-nationale.qc.ca/index.php?option=com_content&amp;task=view&amp;id=813&amp;Itemid=1"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	<item>
		<title>Le Qu&#233;bec de &quot;Mon oncle Antoine&quot;</title>
		<link>http://www.vigile.net/Le-Quebec-de-mon-oncle-Antoine</link>
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		<dc:date>2009-02-16T12:24:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Dominic Desroches - Collaboration sp&#233;ciale</dc:creator>
		


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		<description>Si les liens entre les g&#233;n&#233;rations, malgr&#233; les efforts et la tradition, ne sont pas assur&#233;s, c'est la mort qui finira par triompher. La chute du cercueil en pleine temp&#234;te de neige peut signifier beaucoup plus qu'il n'y para&#238;t &#224; premi&#232;re vue. En effet, que peuvent faire les (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Si les liens entre les g&#233;n&#233;rations, malgr&#233; les efforts et la tradition, ne sont pas assur&#233;s, c'est la mort qui finira par triompher. La chute du cercueil en pleine temp&#234;te de neige peut signifier beaucoup plus qu'il n'y para&#238;t &#224; premi&#232;re vue. En effet, que peuvent faire les jeunes Qu&#233;b&#233;cois sans leur m&#232;re patrie (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Le-Quebec-de-mon-oncle-Antoine"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Apr&#232;s la fatigue</title>
		<link>http://www.vigile.net/Apres-la-fatigue</link>
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		<dc:date>2009-02-15T17:14:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Sylvain Mar&#233;chal - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>La question nationale ? Il me semble que le plus grand danger pour le Qu&#233;bec actuel n'est pas que la question nationale reste encore non r&#233;solue mais plut&#244;t que celle-ci ne puisse plus m&#234;me, &#224; terme, &#234;tre con&#231;ue comme telle. Il y a l&#224; &#224; tout le moins un risque : non seulement n'y (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La question nationale ?&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il me semble que le plus grand danger pour le Qu&#233;bec actuel n'est pas que la question nationale reste encore non r&#233;solue mais plut&#244;t que celle-ci ne puisse plus m&#234;me, &#224; terme, &#234;tre con&#231;ue comme telle. Il y a l&#224; &#224; tout le moins un risque : non seulement n'y a-t-il pas de r&#233;ponse sens&#233;e &#224; une question qui n'a plus de sens mais, en fin de compte, il n'y a plus de r&#233;ponse possible car il n'y a m&#234;me plus de v&#233;ritable question.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;*	*	*&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La question nationale consiste essentiellement &#224; d&#233;terminer qui nous sommes. Il s'agit de savoir si nous sommes des Canadiens ou des Qu&#233;b&#233;cois, si nous devons &#234;tre minoritaires ou majoritaires. On pourrait r&#233;duire cette question au choix d'un statut politique pour le Qu&#233;bec. C'est &#224; mon avis une vue r&#233;ductrice mais utile (1).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si donc par &#8216;question nationale' on entend celle du choix libre et consenti d'un statut politique pour le Qu&#233;bec, il est raisonnable d'affirmer que cette question est r&#233;solue ou non dans la mesure o&#249; un moment fondateur historique peut &#234;tre mis &#224; jour ou non dans le cheminement historique du Qu&#233;bec, dans la mesure aussi o&#249; une adh&#233;sion volontaire (sinon enthousiaste) &#224; un statut politique d&#233;termin&#233; puisse avoir &#233;t&#233; librement exprim&#233;e ou non par la population qu&#233;b&#233;coise. Or, il semble bien qu'un tel moment, qu'une telle adh&#233;sion ne soit pas clairement visible dans la trame historique du Qu&#233;bec. Sur cette base, il appara&#238;t que la question nationale reste encore, &#224; ce jour, non r&#233;gl&#233;e au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une question non r&#233;solue de l'importance - &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;a priori&lt;/i&gt; - de celle qui nous occupe appelle ordinairement une r&#233;ponse. Mais encore faut-il que cette question soit signifiante.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;*	*	*&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une question signifiante est d'abord une question formul&#233;e dans une cadre de pens&#233;e qui lui donne un sens, permettant donc d'en concevoir une r&#233;ponse ; c'est-&#224;-dire, dans le cas pr&#233;sent, un cadre de pens&#233;e permettant de concevoir clairement et de mani&#232;re coh&#233;rente la position et la nature du Qu&#233;bec dans le monde et dans le temps. C'est forc&#233;ment &#224; l'int&#233;rieur d'un tel cadre qu'on d&#233;terminera qu'une question m&#233;rite ou non d'&#234;tre pos&#233;e, m&#233;rite ou non une r&#233;ponse.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par exemple, on entend souvent que le temps qui passe ou l'histoire m&#234;me rend caduque ou d&#233;pass&#233;e la souverainet&#233; du Qu&#233;bec. Cette affirmation est ridicule. Ce n'est pas la r&#233;ponse qui est caduque. C'est plut&#244;t le cadre de pens&#233;e qui risque, &#224; terme, de rendre la question elle-m&#234;me caduque, insignifiante. Dans un tel processus, toute r&#233;ponse devient orpheline de sa question.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La neutralisation de la question nationale est davantage le produit de la pens&#233;e que d'un quelconque d&#233;passement historique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;*	*	*&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je suis tent&#233; de croire qu'il y a &#233;mergence au Qu&#233;bec d'un cadre de pens&#233;e s'appuyant sur une description de soi, une autorepr&#233;sentation, qui appara&#238;t difficilement porteuse de sens. En sch&#233;matisant, je dirais que cette autorepr&#233;sentation est travers&#233;e de forces, appelons-les ainsi, qui mod&#232;lent l'image d'un Qu&#233;bec non exclusivement mais tout de m&#234;me singuli&#232;rement d&#233;racin&#233;, normalis&#233;, aseptis&#233; : un Qu&#233;bec format&#233;. En d'autres mots, un Qu&#233;bec charg&#233; d'une assez lourde insignifiance.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comment s'inscrit la question du statut politique du Qu&#233;bec dans une telle pens&#233;e ? Comment formuler &#8211; ou, &#224; la limite, concevoir - cette question ? Dans un contexte favorisant l'ambigu&#239;t&#233;, le m&#233;pris, l'indiff&#233;rence et l'oubli, comment donc penser l'avenir du Qu&#233;bec ?&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Un Qu&#233;bec format&#233; ?&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec format&#233;, c'est d'abord le refoulement du Qu&#233;bec &#8216;r&#233;el'.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est un Qu&#233;bec d&#233;racin&#233;, c'est-&#224;-dire, con&#231;u et voulu le plus souvent hors de lui-m&#234;me. Un Qu&#233;bec croyant na&#238;tre apr&#232;s la r&#233;volution tranquille. Un Qu&#233;bec ne s'inscrivant pas dans la continuit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est un Qu&#233;bec dont la tentation de normalit&#233; est si grande qu'il reconstruit son image et son pass&#233;. Un Qu&#233;bec qui ne con&#231;oit plus sa subordination ou qui croit y &#233;chapper. Un Qu&#233;bec croyant pouvoir r&#233;&#233;crire son histoire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est un Qu&#233;bec d&#233;politis&#233; qui ne con&#231;oit les rapports de force que sous leur aspect le plus &#233;l&#233;mentaire (source de lamentations ponctuelles et r&#233;p&#233;titives). Un Qu&#233;bec croyant pouvoir agir sans en avoir les moyens. Un Qu&#233;bec qui n'en finit plus d'oublier ses reculs politiques dans le cadre canadien (ce qui &#233;tait inacceptable hier sera demain accept&#233;). Un Qu&#233;bec divis&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est un Qu&#233;bec qui ne sait pas prendre la pleine mesure de sa propre dimension nationale : il se croit &#8216;nationaliste' lorsqu'il d&#233;fend ses propres int&#233;r&#234;ts (mais alors l'Ontario, la province voisine, est-elle donc &#8216;nationaliste' lorsqu'elle d&#233;fend ses propres int&#233;r&#234;ts ?). Un Qu&#233;bec confondant &#8216;fiert&#233;' et nationalisme (2).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est en somme un Qu&#233;bec repoussant sa singularit&#233; en vue d'une normalisation de fa&#231;ade (3).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;*	*	*&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qu'un tel cadre de pens&#233;e puisse d&#233;favoriser la r&#233;solution de la question nationale ne saurait &#233;tonner. Un Qu&#233;bec format&#233; : n'est-ce pas l&#224; l'image d'un Qu&#233;bec transparent &#224; lui-m&#234;me ; d'un Qu&#233;bec s'effor&#231;ant d&#233;sormais &#224; se d&#233;finir au-del&#224; de la question nationale (4) ? On peut donc s'inqui&#233;ter du fait que celle-ci puisse &#233;ventuellement devenir une question obsol&#232;te, une question sans objet. En d'autres mots : une question insignifiante (au sens propre). Et avec elle, n'est-ce pas notre propre insignifiance qui s'&#233;bauche ?&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Dispara&#238;tre ?&lt;/h3&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cet aveuglement sur soi, ce vernis de normalit&#233;, cette difficult&#233; &#224; penser la question nationale au Qu&#233;bec, d&#233;coulent largement de l'&#171; oppression essentielle &#187; (5) que nous subissons.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ne nous leurrons pas : les cons&#233;quences n&#233;gatives pour nous, plus ou moins ais&#233;ment identifiables, sont n&#233;anmoins, &#224; n'en pas douter, innombrables. Nous ne sommes pas, avec une telle notion, dans l'ordre du spectaculaire (rep&#232;re familier &#224; partir duquel nous avons pris l'habitude de juger). L'oppression essentielle n'est pas v&#233;ritablement douloureuse. Mais les larmes et le sang vers&#233;s ne sont pas la mesure de toutes choses.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;*	*	*&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut entendre assez r&#233;guli&#232;rement des personnes bien avis&#233;es nous apprendre que &#171; nous ne sommes plus en 1837 &#187;, voulant signifier par l&#224;, assez subtilement, que les Qu&#233;b&#233;cois ne sont plus des &#171; victimes &#187;. Il y aurait beaucoup &#224; dire sur cette id&#233;e selon laquelle le fondement de l'action devrait &#234;tre l'ampleur du d&#233;sastre, mesur&#233;e &#224; l'aune de la souffrance subie (6).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faut le dire : soulever cet aspect de notre condition ne rel&#232;ve en rien du &#171; mis&#233;rabilisme &#187; mais bien d'un r&#233;alisme sain qui, pr&#233;cis&#233;ment, nous permettrait d'en finir avec le vrai mis&#233;rabilisme qui consiste &#224; croire que notre condition est ind&#233;passable (7).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;*	*	*&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Le Canada n'est pas le Goulag &#187; : cela va sans dire (8). Mais il n'est plus question de savoir si les Qu&#233;b&#233;cois souffrent ou non. Il s'agit de savoir s'ils continueront longtemps sur le chemin de l'insignifiance. Il s'agit aussi de reconna&#238;tre que la poursuite dans cette voie est, &#224; terme, pour une nation, une mani&#232;re parmi d'autres de dispara&#238;tre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;*	*	*&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; D'o&#249; venons-nous ? Que sommes-nous ? O&#249; allons-nous ? &#187; : l'insignifiance est ce qui reste lorsque ces questions ont &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;es. Il nous faut agir dans un cadre o&#249; ces questions peuvent encore se poser. Nos actions en esquisseront les r&#233;ponses, ces r&#233;ponses dirigeront nos actes. Une nation n'existe pleinement qu'&#224; travers cette dialectique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;*	*	*&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le nationalisme au Qu&#233;bec doit &#234;tre une lutte contre l'insignifiance (nationale).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sylvain Mar&#233;chal&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(1) Une vue r&#233;ductrice, &#224; mon sens, car il est l&#233;gitime de se demander s'il suffirait que les Qu&#233;b&#233;cois votent &#171; Oui &#187; &#224; un r&#233;f&#233;rendum sur la souverainet&#233; du Qu&#233;bec pour pr&#233;tendre que la question nationale soit r&#233;solue dans le sens o&#249; je le souhaite. Je dirais qu'il s'agit l&#224; d'une &#233;tape n&#233;cessaire mais n&#233;anmoins insuffisante. Une &#233;tape inaugurale, en quelque sorte.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(2) Je voudrais d&#233;finir le nationalisme pour une nation par analogie avec l'individualisme (il ne s'agit pas d'&#233;go&#239;sme) pour un individu. Dans les deux cas, il s'agit de chercher son v&#233;ritable &#233;panouissement, selon sa propre volont&#233;, selon son propre g&#233;nie et ce, parmi les autres.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(3) Un peu pessimiste, direz-vous ? Mais il s'agit de mettre en relief une certaine attitude que, j'en suis persuad&#233;, chacun a d&#233;j&#224; pu observer &#224; sa mani&#232;re. Par ailleurs, le fait qu'un f&#233;d&#233;raliste puisse penser exactement le contraire de ce que j'&#233;cris ne me surprendrait pas outre mesure (au contraire).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Rien de nouveau, direz-vous ? On aura en effet reconnu certains aspects de la &#171; fatigue culturelle &#187; d&#233;crite par Hubert Aquin dans La fatigue culturelle du Canada fran&#231;ais. Ce qui m'appara&#238;t nouveau, c'est pr&#233;cis&#233;ment la n&#233;gation de notre fatigue ou alors de faire comme si nous l'avions surmont&#233;e. Les jeunes Qu&#233;b&#233;cois se retrouveraient-ils dans cette notion de fatigue culturelle telle que d&#233;crite par Aquin ? Je peux en douter. Apr&#232;s Aquin, nous nous savions &#171; fatigu&#233;s &#187;. Nous ne croyons plus &#234;tre. Il me semble pourtant que rien n'est moins s&#251;r.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(4) Mais les appuis non n&#233;gligeables &#224; la souverainet&#233; dans la population ne montrent-ils pas, au contraire, qu'il existe bien ici une certaine volont&#233; de r&#233;soudre la question nationale ? J'avoue ne pas savoir comment m'en sortir : j'ai en effet souvent cette impression d&#233;sagr&#233;able d'avoir en main deux morceaux de casse-t&#234;te qui ne s'embo&#238;tent pas. Le plus simple serait d'invoquer la division du Qu&#233;bec sur ce plan : n'avons-nous pas l&#224; nos deux morceaux de casse-t&#234;te, tels deux point de vue irr&#233;conciliables ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il se peut que je sois trop pessimiste. Mais je pourrais malgr&#233; tout invoquer le &#171; souverainisme sans nationalisme &#187; et alors, dans ce cas, il est possible que j'aie en partie raison. Le probl&#232;me, au fond, n'est-il pas que nous ne savons pas r&#233;ellement mesurer la signification profonde d'un &#171; Oui &#187; ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(5) Telle que con&#231;ue par Maurice S&#233;guin dans Les Normes. Voir Les Normes de Maurice S&#233;guin, Montr&#233;al, Gu&#233;rin, 1999.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(6) On constate par ailleurs le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne en ce qui concerne l'appr&#233;ciation contemporaine des injustices sociales dans les pays d&#233;velopp&#233;s. Comme si l'injustice ne pouvait plus &#234;tre con&#231;ue comme telle dans un contexte o&#249; ceux qui la subissent semblent malgr&#233; tout &#234;tre en mesure de vivre de fa&#231;on assez confortable.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(7) Dans la m&#234;me veine, il me semble que l'accusation de &#171; ressentiment &#187;, couramment prof&#233;r&#233;e &#224; l'encontre de ceux qui sont peu tent&#233;s par l'impassibilit&#233; et le d&#233;sengagement, tient bien souvent d'une assez belle mauvaise foi. Il serait pourtant tellement plus sinc&#232;re de nous demander sans d&#233;tour d'assumer notre condition.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(8) Le mot de Ren&#233; L&#233;vesque, appliqu&#233; au Canada contemporain, est une banalit&#233;. Il ne saurait cependant &#234;tre question de faire comme s'il n'avait jamais exist&#233;, comme s'il n'existait pas encore, au Canada, des rapports de domination accompagn&#233;s de conflits plus ou moins violents et d'assimilation culturelle et linguistique. Sans parler de d&#233;portation, de conqu&#234;te ou d'ethnocide, terribles &#233;v&#233;nements ayant marqu&#233; les origines plus ou moins lointaines du Canada.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faut aussi se garder d'une certaine interpr&#233;tation selon laquelle la subordination politique des Qu&#233;b&#233;cois, sans pour autant &#234;tre ni&#233;e, serait devenue &#171; sans objet &#187; (hors sujet, dirions-nous, ou alors sans effet) &#224; travers le prisme de notre histoire commune au sein du Canada. Ce type d'interpr&#233;tation est pr&#233;cis&#233;ment, on le comprendra, l'une des manifestations de ce dont il est trait&#233; dans ce texte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



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		<title>Fernand Dumont : la m&#233;moire au fondement du politique</title>
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		<dc:date>2009-02-13T19:15:44Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Simon Couillard - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Cet article est le quatri&#232;me d'une s&#233;rie se penchant sur l'&#233;tude du nationalisme au Qu&#233;bec. Ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;es, les r&#233;flexions d'Hubert Guindon, de Pierre-Elliott Trudeau et d'Hubert Aquin. &#171; Quand on veut d&#233;truire &#224; la racine les prises qu'un groupe humain (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cet article est le quatri&#232;me d'une s&#233;rie se penchant sur l'&#233;tude du nationalisme au Qu&#233;bec. Ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;es, les r&#233;flexions d'&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Sortir-de-l-impasse-Hubert-Guindon&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Hubert Guindon&lt;/a&gt;, de &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Les-intellectuels-quebecois-et-le&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Pierre-Elliott Trudeau&lt;/a&gt; et d'&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Hubert-Aquin-nationalisme-et&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Hubert Aquin&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Quand on veut d&#233;truire &#224; la racine les prises qu'un groupe humain peut avoir pour orienter son devenir, quand on veut continuer de le faire servir &#224; son confort, il faut diaboliser la 'nation', en la pr&#233;sentant comme ce grand ensemble anonyme, source de toutes les turpitudes et de toutes les atrocit&#233;s. &#187; - Lucien Cimon&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je crois qu'il est possible d'affirmer que la vision politique de Fernand Dumont repr&#233;senterait en quelque sorte, et pour aujourd'hui, un conservatisme de gauche (bien qu'il r&#233;cuserait l'&#233;tiquette de &#171; conservateur &#187;). Ce qui peut d'abord para&#238;tre comme un oxymore est rendu possible sur un plan g&#233;n&#233;ral par le fait que la vie de Dumont s'&#233;tend sur deux p&#233;riodes politiques majeures. Sans doute, le point tournant se situe quelque part dans les ann&#233;es fastes de la contre-culture, &#224; savoir la d&#233;cennie 60-70, et se caract&#233;rise par la reconversion de la gauche (la nouvelle gauche) politique, l'abandon progressif de la classe ouvri&#232;re comme r&#233;f&#233;rent et le combat au nom du pluralisme identitaire, ce que Jacques Beauchemin nomme &#171; l'individu comme horizon &#233;thique &#187; de nos soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; (&#8230;) La survie du lieu culturel dans lequel on travaille ; c'est une question de responsabilit&#233;, pour ne pas dire d'&#233;thique &#187;1. Comme c'est le cas pour Aristote qu'il cite &#224; de nombreuses reprises, Dumont consid&#232;re qu'&#233;thique et politique se rapporte au m&#234;me, &#224; savoir les rapports r&#233;ciproques oblig&#233;s entre individus et soci&#233;t&#233;. Le sociologue de l'Universit&#233; Laval se serait tenu &#224; l'&#233;cart de la politique si la situation ne l'avait pas exig&#233;. Mais quelles situations pr&#233;cis&#233;ment pourraient l'exiger ? Dumont distingue le combat syndical du combat politique. Il n'a jamais &#233;t&#233; marxiste, malgr&#233; la forte pression de s'y convertir &#224; une certaine &#233;poque. Plut&#244;t il d&#233;clare : &#171; (&#8230;) Ma t&#226;che &#224; moi rel&#232;ve de la culture, &#224; l'&#233;dification d'une culture &#187;2, or la politique lui appara&#238;t comme un outil n&#233;cessaire pour l'&#233;panouissement de cette culture qu'il d&#233;finit d'abord comme un horizon commun, une appartenance capable de transcender les valeurs, les opinions et les conjonctures particuli&#232;res. La culture, c'est aussi un lieu o&#249; coexister, o&#249; collaborer, un lieu qui se constitue au fil de l'histoire. C'est une m&#233;moire, &#171; des images de l'homme (&#8230;) &#224; la fois l&#233;gu&#233;es et remodel&#233;es en commun (&#8230;) &#187;3.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les valeurs, qui sont au fondement de la politique, puisent &#224; m&#234;me les cultures vivantes, &#224; savoir dans cette m&#233;moire intersubjective qui ne peut exister qu'&#224; l'int&#233;rieur de relations humaines particuli&#232;res.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour qu'il y ait culture, et donc vie en commun, il faut qu'il y ait m&#233;moire. C'est le grand probl&#232;me de la culture contemporaine selon Dumont : Comment les hommes vont-ils conserver une m&#233;moire de l'humanit&#233; ? Comment vont-ils r&#233;ussir &#224; se donner une conscience historique ? Pour notre penseur, c'est le sacr&#233; qui a toujours rempli ce r&#244;le. Est-ce que les &#233;nonc&#233;s de principes, les chartes, la constitution et le formalisme d&#233;lib&#233;ratif peuvent faire na&#238;tre un fort sentiment d'appartenance, voire une culture, et ainsi palier &#224; la m&#233;moire comme centre gravitationnel de la politique ? Dumont confesse que &#171; dans toute orientation de nos vies il y a un &#8216;&#8216;romantisme'', une sorte d'attachement affectif qui renvoie aux exp&#233;riences premi&#232;res. Pour moi, cela se ram&#232;ne toujours au choix de solidarit&#233;s profondes &#187;4.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dumont, &#224; l'encontre d'une certaine philosophie politique se voulant progressiste, affirme que les &#171; valeurs nouvelles &#187;, &#231;a n'existe pas. Les valeurs correspondent &#224; des besoins fondamentaux de l'homme et ont donc exist&#233; aussi dans le pass&#233;. Le probl&#232;me se situe plut&#244;t, aujourd'hui, au niveau des &#171; figures collectives de valeurs &#187; auparavant assum&#233;es et assur&#233;es par les institutions. Donc, ce qui est en cause, ce ne sont pas les valeurs elles-m&#234;mes (la beaut&#233;, l'amour, la v&#233;rit&#233;, etc.), mais les institutions qui les incarnent, ou plut&#244;t les repr&#233;sentent. Ces derni&#232;res, indique Dumont, ont toujours une propension &#224; remplacer les valeurs et se vident ainsi de leur substance, de leur l&#233;gitimit&#233;. Cette situation dans laquelle les institutions sont frapp&#233;es d'un grand doute am&#232;ne le danger du pluralisme, entendu comme une vision du r&#244;le des institutions se limitant &#224; la garantie pour les individus de faire ce qu'ils veulent. Il est clair pour notre penseur que cette situation fait na&#238;tre un contexte dans lequel les valeurs elles-m&#234;mes sont en danger. Pour exister, les valeurs doivent &#234;tre partag&#233;es. Ainsi, Dumont d&#233;clare : &#171; Je suis persuad&#233; que vivre concr&#232;tement une valeur, c'est vivre une promesse &#187;5. Une promesse, &#231;a engage et sans engagement, on se retrouve dans une forme d'h&#233;donisme o&#249; les valeurs sont provisoires et ramen&#233;es au plaisir. Il lui semble que nos soci&#233;t&#233;s font l'apologie d'un tel h&#233;donisme, qu'elles incitent &#224; vivre dans l'instant. Or l'homme a un pass&#233; et il vieillit. Un tel id&#233;al ne l'aide pas &#224; affronter le vieillissement, non plus qu'il soit propice &#224; solidifier les valeurs, qui rel&#232;vent de l'engagement et du cheminement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il importerait donc que nos institutions se chargent &#224; nouveau de sens. Il n'est pas besoin de les renverser. Plut&#244;t, le sens doit muter, s'adapter, se r&#233;former au sein des institutions existantes. Par exemple, comment le mariage doit-il rendre compte de l'amour, le christianisme rendre compte de la foi, etc. Quand on propose des sens nouveaux, il est toujours question de gen&#232;se (comment cela est aujourd'hui, cheminement vers mon id&#233;e actuelle) et on recourt &#224; l'histoire pour expliquer nos choix, ou les comprendre. &#192; cet &#233;gard, les traditions marquent les diff&#233;rentes conqu&#234;tes des soci&#233;t&#233;s, l'&#233;volution des synth&#232;ses entre les collectivit&#233;s et leurs institutions. En faisant table rase des traditions, ou en les consid&#233;rant comme des vieilleries comme on le ferait trop aujourd'hui, nous nous d&#233;poss&#233;dons des conditions de possibilit&#233; du sens. La recherche de sens sera par cons&#233;quent un retour &#224; la tradition, &#233;tant donn&#233; que tout s'explique et se comprend par la gen&#232;se, comme l'enseignait Nietzsche du reste qui y voyait pour sa part un instrument de d&#233;construction. Dumont affirme qu'elle est positivement n&#233;cessaire &#224; la cr&#233;ation. Ainsi, le sens, c'est la pertinence des valeurs pour Dumont. Celles-ci, nous l'aurons compris, n'attendent pas qu'on les cueille dans les hauts sommets de l'abstraction, elles r&#233;sident dans l'intersubjectivit&#233;, dans le langage.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sur l'engagement politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au sujet de l'engagement politique, Dumont affirme qu'il &#171; (&#8230;) ne proc&#232;de (&#8230;) pas d'une manie ou d'un go&#251;t particulier pour les grands palabres en public. Au contraire, ceux qui s'engagent le plus authentiquement sont justement ceux qui en auraient le moins envie, mais qui, en m&#234;me temps, sont convaincus que si les hommes ne se sentent pas responsables du destin de la cit&#233;, la cit&#233; va se faire sans eux &#187;6. Admettons-le, il s'ag&#238;t l&#224; d'une conception qui tranche radicalement avec l'habituel m&#233;pris dont sont l'objet les hommes politiques depuis un bon moment.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par ailleurs, la politique n'est pas le territoire exclusif des experts, pas plus qu'il n'existe de &#171; syst&#232;me &#187;. Tout le monde peut d&#233;terminer l'avenir de la cit&#233;. Simplement, pour s'engager, il est n&#233;cessaire de croire en la puissance de la personne et des groupes. &#171; En ce sens-l&#224;, nous dit Dumont, ceux qui sont engag&#233;s dans la construction de la cit&#233; sont tous des fr&#232;res (&#8230;), ils partagent la m&#234;me foi en l'homme, une m&#234;me esp&#233;rance en l'homme et pour l'homme &#187;7. C'est la vie du militant. Il y a plus que l'&#233;laboration et la mise en pratique de strat&#233;gies, il y a &#171; la mise en &#339;uvre quotidienne de l'id&#233;al de l'homme qu'on s'est form&#233; un jour &#187;8. Une foi en l'homme, donc, qui est pour le militant le sens de sa vie, une conception qu'il met en &#339;uvre dans son engagement. Ainsi, remarque Dumont, il y a transcendance pour lui, une contemplation dans l'action sans quoi la politique ne serait qu'un simple jeu, une habitude. On peut constater une telle transcendance chez les chr&#233;tiens et les marxistes par exemple. Elle est &#224; la fois sentie et v&#233;cue dans le pr&#233;sent et &#224; la fois promesse d'un avenir plus radieux, elle assure la fraternit&#233; pour aujourd'hui et pour demain. Cette promesse et cet engagement t&#233;moignent d'une perspective sur un bien moral, &#171; un homme engag&#233;, ce n'est pas un activiste. C'est celui qui ne peut pas se heurter &#224; l'injustice sans se mettre en col&#232;re &#187;9.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Sur la morale politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour Dumont, on ne peut se soustraire &#224; la vie de la cit&#233;, car &#171; la politique, par mille canaux divers, nous rejoint tous dans notre vie quotidienne. Elle appara&#238;t au croisement des forces &#224; l'&#339;uvre dans une soci&#233;t&#233; &#187;10. La politique a pour but d'unifier, de refaire continuellement les consensus, par-del&#224; les forces en jeu et les tensions. Les partis politiques servent cette fin en r&#233;duisant les multiples tendances &#224; de grandes et peu nombreuses tendances de fond. De cette mani&#232;re, ils rassemblent des gens aux opinions vari&#233;es et offrent un lieu d'&#233;change et d'expression.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Selon notre penseur, la politique est une extension de la condition humaine, elle a aussi ses mis&#232;res : &#171; Quand on descend dans les profondeurs de l'homme, ce n'est pas toujours tr&#232;s beau &#187;11. Il y a des int&#233;r&#234;ts en jeu, des d&#233;sirs. C'est pour cette raison qu'une morale en politique est n&#233;cessaire, morale qui est d'abord un effort, parfois &#233;pisodique, pour surmonter les int&#233;r&#234;ts imm&#233;diats ou les int&#233;r&#234;ts partisans. Il importe d'&#234;tre franc et d'admettre la validit&#233; de l'opinion de l'autre, la morale politique, c'est aussi une question de politesse et de biens&#233;ance. Pour Dumont, cet effort d'&#233;l&#233;vation n'est pas contre-intuitif, &#171; contrairement &#224; ce qu'on dit souvent, ce ne sont pas d'abord les int&#233;r&#234;ts qui rassemblent les hommes. La supr&#234;me garantie de la r&#233;union d&#233;mocratique des citoyens, c'est la qualit&#233; des symboles collectifs et par cons&#233;quent du langage collectif &#187;12. Encore une fois cette horizon de sens qui transcende les conjonctures et les valeurs : La nation comme creuset de la d&#233;mocratie. Les symboles offrent une garantie morale, dans la mesure o&#249; ils conservent leur caract&#232;re sacr&#233;, transcendant, &#224; partir duquel on peut juger en retour de la l&#233;gitimit&#233; des gouvernants. Sans le recours &#224; ce complexe proprement humain, ces raisons communes, il ne reste que l'ironie et le cynisme. Autrement dit, &#171; si les citoyens ne partagent pas une foi commune dans les valeurs de leur soci&#233;t&#233;, s'ils ne forment pas une communaut&#233; politique, la vie politique est impossible &#187;13. Les citoyens doivent avoir le sentiment que quelque chose de profond les rassemble. Une fois que l'on admet ce fait, &#171; (&#8230;) le premier devoir de l'homme politique est d'en appeler &#224; ce qui rassemble les citoyens au-del&#224; des conflits, des haines et des dissensions &#187;14. L'alternative, c'est le totalitarisme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Autour des raisons communes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi, ce qui r&#233;unit les individus en communaut&#233; c'est le report &#224; un discours, &#224; un langage, ou en des termes plus sp&#233;cifiquement dumontiens, c'est la construction d'une r&#233;f&#233;rence (symboles, mythes, m&#233;moire). L'histoire, &#224; travers laquelle se construit cette r&#233;f&#233;rence, a donc un r&#244;le de premier plan pour constituer et maintenir la communaut&#233; en une solidarit&#233; r&#233;elle. Les historiens, mais aussi les romanciers et les po&#232;tes, donnent une substance, une unit&#233; aux divers &#233;v&#233;nements historiques qui &#233;mergent des profondeurs du pass&#233; pour cr&#233;er le sens et ainsi constituer la m&#233;moire collective, le langage de notre &#171; &#234;tre-en-commun &#187;. Aujourd'hui, cette conception est r&#233;cus&#233;e par un large secteur de la philosophie politique contemporaine, particuli&#232;rement au Canada anglais et, progressivement et notoirement depuis la d&#233;faite r&#233;f&#233;rendaire, au Qu&#233;bec. Dumont refuse l'id&#233;e selon laquelle nous pourrions d&#233;duire la v&#233;ritable dignit&#233; humaine de droits humains absolus, abstraits et formels. Il d&#233;clare : &#171; Je dirais que ce qu'il y a de plus tragique, c'est justement cette incapacit&#233; de nous cr&#233;er un langage qui convienne &#224; la situation o&#249; nous sommes. Par exemple, cette fa&#231;on de c&#233;der &#224; ce que j'appelle l'homme universel, c'est une fa&#231;on de s'en tirer par le haut, de s'&#233;vader par la toiture en quelque sorte &#187;15. Dumont nous invite &#224; penser la situation qu&#233;b&#233;coise &#224; l'aune de l'exp&#233;rience qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Raisons communes&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Revenons bri&#232;vement &#224; cette crise des institutions dont il a &#233;t&#233; question pr&#233;c&#233;demment, afin de mieux en apercevoir les implications concr&#232;tes dans le cas du Qu&#233;bec. Lors de la R&#233;volution tranquille, indique Dumont, les projets et les mesures misent en place par les gouvernements b&#233;n&#233;ficiaient d'un large appui au sein de la population. Le contexte, ou le cadre socioculturel, qui soutenait ce consensus sur le plan institutionnel a chang&#233;. Nous faisons face &#224; de nouveaux probl&#232;mes (d&#233;mographie, langue, &#233;branlement de l'institution familiale, immigration, etc.). Le pluralisme des genres de vie entra&#238;ne un immobilisme des structures, l'obsession de la gestion dans la diversit&#233;. Les anciens r&#233;f&#233;rents identitaires (classe, nation) perdent leur pertinence au profit de multiples solidarit&#233;s nouvelles. La gestion est d'autant plus c&#233;l&#233;br&#233;e qu'elle repr&#233;sente, selon Dumont, un outil de prestige et d'avantages pour les classes moyennes face &#224; la bourgeoisie et &#224; la propri&#233;t&#233;. La gestion devient une id&#233;ologie. Celle-ci censurerait le renouvellement de la lecture des probl&#232;mes sociaux actuels qui demanderaient une reprise en main de nos institutions qui va par-del&#224; la gestion et la technique. L'id&#233;e n'est pas de refaire la R&#233;volution tranquille, mais de reprendre les questions qu'elle nous posait sur l'avenir et sur nous-m&#234;mes. Au-del&#224; de la diversit&#233;, il faut des valeurs et des projets communs et ceux-ci prennent racine dans la culture qui, comme l'affirme Dumont, &#171; (&#8230;) a une dimension politique parce que la qu&#234;te de soi n'est pas dissociable de la qu&#234;te commune &#187;16.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Nation et politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Abordons maintenant la section la plus instructive sur la philosophie &#233;thique et politique de Fernand Dumont, &#224; mon sens, celle des grandes d&#233;finitions du vocabulaire politique courant. Pour Dumont, &#171; la nation est d'abord la communaut&#233; d'un h&#233;ritage historique &#187;17. Plus sp&#233;cifiquement, elle est consentement au pr&#233;sent de ses membres sur la base d'un l&#232;gue collectif. Ce n'est pas le lien du sang qui la constitue, de l&#224; la distinction dumontienne entre ethnie et nation. De fa&#231;on concr&#232;te, ce n'est pas la g&#233;n&#233;tique gauloise qui qualifie l'appartenance fran&#231;aise, pas plus que ce n'est la g&#233;n&#233;tique fran&#231;aise qui qualifie l'appartenance canadienne-fran&#231;aise. L'histoire et les cultures sont en mouvement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Non plus que le sang, on ne peut ramener l'appartenance &#224; une liste explicite de coutumes (j'ajouterais de valeurs). L'essentiel est la m&#233;moire partag&#233;e. Pour Dumont, le souvenir fonde les all&#233;geances en plus de l&#233;gitimer l'affirmation de sa diff&#233;rence et de ses droits.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En plus de la distinction entre nation et ethnie, il y a celle entre la nation et l'&#201;tat. L'&#201;tat est d&#233;fini par la citoyennet&#233; et il a d'abord trait au droit et &#224; l'&#233;galit&#233; entre citoyens, il repr&#233;sente un tout autre mode de coh&#233;sion sociale que la nation. Ils ont n&#233;anmoins partie li&#233;e car &#171; s'il revient &#224; l'&#201;tat de promouvoir l'&#233;galit&#233; des citoyens et la justice distributive, cette responsabilit&#233; concerne en particulier le maintien et l'&#233;panouissement des communaut&#233;s nationales &#187;18. En retour, la culture alimente la communaut&#233; et la vie politique, comme nous venons de le voir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par ailleurs, pour Fernand Dumont, la distinction entre nation politique et nation culturelle est pr&#233;sente d'une fa&#231;on particuli&#232;rement &#233;vidente dans l'exp&#233;rience et la m&#233;moire canadienne-fran&#231;aise. Certes, nous dit-il, les P&#232;res de la Conf&#233;d&#233;ration, tant anglophones que francophones, esp&#233;raient fonder une nation nouvelle, mais dans la population francophone, qui voyait cette conf&#233;d&#233;ration comme un pacte entre deux peuples fondateurs, &#171; on s'est mis &#224; insister sur le caract&#232;re culturel de la nation francophone : sur notre &#8216;'langue, nos institutions et nos lois'' selon la devise consacr&#233;e. Effectivement, les pouvoirs laiss&#233;s au Qu&#233;bec &#233;taient surtout de l'ordre de la culture (&#8230;) &#187;19. Les cultures, les nations entendues au sens culturel, sont des entit&#233;s concr&#232;tes, close et substantiel. On ne saurait les soumettre &#224; l'ing&#233;nierie. Par contre, la communaut&#233; politique peut &#234;tre d&#233;cr&#233;t&#233;e et regrouper plusieurs nations en son sein. Pour Dumont, il n'y a pas de myst&#232;re ou d'id&#233;e c&#233;leste qui d&#233;finissent le lien entre nation et communaut&#233; politique. La majorit&#233; nationale fa&#231;onne la communaut&#233; politique selon sa volont&#233; : &#171; inutile de le dissimuler sous quelques principes abstraits, apparemment plus honorable que l'instinct de survie &#187;20. Vu autrement, la communaut&#233; politique est l'assise d'un peuple sp&#233;cifique qui y d&#233;finit une culture de convergence.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On comprend avec Dumont que le nationalisme culturel est un ph&#233;nom&#232;ne tout &#224; fait justifi&#233; qui est &#224; distinguer nettement de son mauvais double, le chauvinisme ethnique. Pour Dumont, &#171; ce qui fait l'originalit&#233; d'une culture, ce n'est pas son repli sur quelque distinction originaire, mais sa puissance d'int&#233;gration &#187;21. Pour int&#233;grer, il faut d'abord avoir le go&#251;t de perp&#233;tuer une culture, un style de civilisation, des id&#233;aux. Ces principes sont &#224; la base d'institutions fortes et efficaces. Il ne faudrait pas trop se h&#226;ter de juger de notre culture et de ses id&#233;aux, on devrait d'abord les comprendre par leur gen&#232;se. Ainsi, &#171; toutes les personnes font l'apprentissage des valeurs dans l'humilit&#233; des appartenances, de m&#234;me qu'elles s'&#233;l&#232;vent au langage &#224; partir des balbutiements. L'humaine condition nous est transmise dans une famille et dans une patrie. Et tout au long de notre vie, l'amour et l'amiti&#233; portent sur des &#234;tres concrets et non sur le concept de la femme ou de l'homme &#187;22. Encore une fois, Dumont souligne la probl&#233;matique qui oppose l'homme universel aux particularit&#233;s et pr&#233;jug&#233;s de culture. En fait, le p&#233;ril est constant, &#171; l'homme sans classe et sans patrie du marxisme, l'homme nouveau du nazisme &#233;taient des vari&#233;t&#233;s parmi d'autres de l'id&#233;al auquel r&#234;vent encore quelques constructeurs de l'homme universel &#187;23.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dumont ne croit pas au cr&#233;puscule du monde historique. La connaissance du pass&#233; fournit des instruments pour conna&#238;tre le pr&#233;sent et pr&#233;parer l'avenir. Il y a am&#233;nagement et reconfiguration continuelle de la m&#233;moire. Le patrimoine demeure le signe d'une culture partag&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La r&#233;alit&#233; est cependant que nous vivons dans un monde qui exalte la gestion. Est-ce que cela traduit la recherche de la s&#233;curit&#233; dans un monde d&#233;senchant&#233; ? La rationalisation proc&#233;dant de l'incroyance ? Il importe pour Dumont d'en sortir, il en va du bien-&#234;tre de nos soci&#233;t&#233;s : &#171; Poursuivre la planification sans s'emp&#234;trer dans la bureaucratie suppose que l'&#201;tat trouve devant lui autre chose que l'inertie des administr&#233;s &#187;24. Il y a n&#233;cessit&#233; de la participation des citoyens &#224; la vie collective, participation qu'il d&#233;finit comme la transposition &#171; de quelque fa&#231;on dans un organisme d&#233;mocratique (de) ce qui est v&#233;cu autrement dans un milieu d&#233;termin&#233; &#187;25. Il doit s'op&#233;rer un renouvellement de la sociabilit&#233; &#224; l'&#233;chelle des communaut&#233;s. Pour ce faire, on doit pouvoir trouver la transcendance n&#233;cessaire, des symboles collectifs viables, qui permettent de r&#233;investir la sph&#232;re d&#233;mocratique. Avec le recul de la pratique religieuse, Dumont se demande si &#171; la nation ne pourrait (&#8230;) pas servir de substitut aux id&#233;aux collectifs que repr&#233;sentait autrefois la religion dominante &#187;26. Dumont ne croit pas que le formalisme d&#233;mocratique peut assumer ce r&#244;le crucial. Le r&#232;gne du droit lui semble garantir la s&#233;curit&#233; et la justice, mais, sur le plan &#233;thique, il appara&#238;t plus comme un moyen que comme un id&#233;al. &#192; l'image de ce qu'est la R&#233;publique pour les fran&#231;ais, la soci&#233;t&#233; n'est pas que la somme des int&#233;r&#234;ts individuels. Il y a un besoin d'horizon, un besoin de sens qui permettent de mettre notre existence en perspective. Tous tendent &#224; se r&#233;aliser dans la participation &#224; un projet commun, un complexe humain qui nous d&#233;passe. Pour Dumont, la nation pourrait bien &#234;tre ce contrepoids aux pouvoirs anonymes et technocratiques des experts et des entreprises et organisations transnationales.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Citations&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_3139 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:184px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.edhexagone.com/pagecat.asp?annee=2000&amp;codecat=cg&amp;no=7&amp;saison=Automne&amp;page=12&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_13-dumontf.jpg' width=&quot;184&quot; height=&quot;275&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;1- CANTIN, S. (2000). &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Fernand Dumont&lt;/i&gt; &#8211; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Un t&#233;moin de l'homme&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, l'Hexagone, p.56
&lt;br&gt;2- p.59
&lt;br&gt;3- p.88
&lt;br&gt;4- p.124
&lt;br&gt;5- p.197
&lt;br&gt;6- p.208
&lt;br&gt;7- p.209
&lt;br&gt;8- ibid.
&lt;br&gt;9- p.216
&lt;br&gt;10- p.218
&lt;br&gt;11- p.221
&lt;br&gt;12- p.224
&lt;br&gt;13- p.226
&lt;br&gt;14- p.228
&lt;br&gt;15- p.304&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_3140 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:151px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.panorama-quebec.com/cgi-cs/cs.waframe.content?topic=27088&amp;lang=1&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_13-dumont-raisons.jpg' width=&quot;151&quot; height=&quot;237&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;16- DUMONT, F. (1997). &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Raisons communes&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, Bor&#233;al, p.31
&lt;br&gt;17- p.53
&lt;br&gt;18- p.56-57
&lt;br&gt;19- p.58
&lt;br&gt;20- p.67
&lt;br&gt;21- p.83
&lt;br&gt;22- p.88
&lt;br&gt;23- p.113
&lt;br&gt;24- p.195
&lt;br&gt;25- p.206
&lt;br&gt;26- p.219&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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