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	<title>Vigile.net - Essais qu&#233;b&#233;cois</title>
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	<description>Le portail ind&#233;pendantiste du Qu&#233;bec</description>
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		<title>Vigile.net</title>
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		<title>L'insoutenable angoisse du Refus global</title>
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		<dc:date>2009-03-30T08:40:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Martin G&#233;n&#233;reux - Le Devoir (opinions)</dc:creator>
		


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		<description>Jeudi 19 mars dernier, j'ai assist&#233;, au TNM, &#224; une repr&#233;sentation de la pi&#232;ce de Claude Gauvreau, La Charge de l'orignal &#233;pormyable. J'y suis encore. Cette pi&#232;ce met principalement en sc&#232;ne Mycroft Mixeudeim, un po&#232;te et un amoureux, qu'une bande de psychologues cruels (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Jeudi 19 mars dernier, j'ai assist&#233;, au TNM, &#224; une repr&#233;sentation de la pi&#232;ce de Claude Gauvreau, La Charge de l'orignal &#233;pormyable. J'y suis encore. Cette pi&#232;ce met principalement en sc&#232;ne Mycroft Mixeudeim, un po&#232;te et un amoureux, qu'une bande de psychologues cruels et d&#233;connect&#233;s tentent de comprendre. Mais, faute (...) - &lt;a href="http://www.ledevoir.com/2009/03/30/242638.html"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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		<title> Le sauveur de l'esprit</title>
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		<dc:date>2008-09-18T14:51:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Yvan Lamonde - Le Devoir (opinions)</dc:creator>
		


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		<description>Nous publions l'hommage qui a &#233;t&#233; lu hier soir &#224; l'occasion de la remise &#224; l'&#233;crivain et essayiste Pierre Vadeboncoeur de la M&#233;daille annuelle de l'Acad&#233;mie des lettres du Qu&#233;bec.</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Nous publions l'hommage qui a &#233;t&#233; lu hier soir &#224; l'occasion de la remise &#224; l'&#233;crivain et essayiste Pierre Vadeboncoeur de la M&#233;daille annuelle de l'Acad&#233;mie des lettres du Qu&#233;bec. - &lt;a href="http://www.vigile.net/Le-sauveur-de-l-esprit"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Philosopher au Qu&#233;bec</title>
		<link>http://www.vigile.net/Philosopher-au-Quebec</link>
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		<dc:date>2008-04-10T21:36:00Z</dc:date>
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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;object width=&quot;425&quot; height=&quot;355&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/bHlTHV4fnTk&amp;hl=en&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.youtube.com/v/bHlTHV4fnTk&amp;hl=en&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; wmode=&quot;transparent&quot; width=&quot;425&quot; height=&quot;355&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Le philosophe-roi et le b&#339;uf de douleurs</title>
		<link>http://www.vigile.net/Le-philosophe-roi-et-le-boeuf-de</link>
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		<dc:date>2008-03-15T13:46:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Jean-Philippe Trottier</dc:creator>
		


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		<description>le Qu&#233;bec, pas ses d&#233;faites et ses replis successifs, s'est retrouv&#233; progressivement dans la situation du colonis&#233; avec son cort&#232;ge de cons&#233;quences : m&#233;pris de l'autre puis introjection de ce m&#233;pris envers soi-m&#234;me qui devient automatisme, illusion que l'autre d&#233;tient les cl&#233;s (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Pour venir &#224; ce que vous ne go&#251;tez, allez par o&#249; vous ne go&#251;tez. Pour venir &#224; ce que vous ne savez, allez par o&#249; vous ne savez. Pour arriver &#224; ce que vous ne poss&#233;dez, allez par o&#249; vous n'avez rien. &#187;&lt;br&gt;
saint Jean de la Croix, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Mont&#233;e du Carmel&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Les pharisiens ne pardonneront jamais &#224; ma po&#233;sie d'avoir eu honte AVEC tous, en esprit et en v&#233;rit&#233;, au lieu DE tous. &#187;&lt;br&gt;
Gaston Miron, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Notes sur le non-po&#232;me et le po&#232;me&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Les &#233;motions et les r&#234;ves joueront encore un r&#244;le dans l'action individuelle, car m&#234;me chez l'homme moderne la superstition motive puissamment les actes. &#187; &lt;br&gt;
Pierre Elliott Trudeau, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;F&#233;d&#233;ralisme, nationalisme et raison&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le ph&#233;nom&#232;ne fran&#231;ais au Canada, ou le Qu&#233;bec pour les fins de ce texte, suscite continuellement des r&#233;actions disproportionn&#233;es par rapport au sujet trait&#233;. Qu'il s'agisse des vitup&#233;rations de la presse anglaise, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;National Post&lt;/i&gt; en t&#234;te, de la hargne m&#234;l&#233;e d'envie de bon nombre de Canadiens anglais, de la grandiloquence creuse de certaines de nos &#233;lites qu&#233;b&#233;coises ou encore de cette &#171; ouverture d'esprit &#187; dont font preuve tellement de francophones qui passent directement &#224; l'anglais lorsque leurs interlocuteurs tr&#233;buchent en fran&#231;ais, force est de constater que peu de gens aiment faire face &#224; cette &#171; patate chaude &#187;, car la question qu&#233;b&#233;coise se r&#233;sume souvent &#224; une question de lancinante douleur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Portrait-du-colonise-Portrait-du&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;En &#233;crivant le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Portrait du colonis&#233;&lt;/i&gt;, Albert Memmi&lt;/a&gt; remarquait fort justement que ce n'est pas le colonisateur qui cr&#233;e le colonis&#233;, ou vice-versa, mais que c'est la situation coloniale qui cr&#233;e les deux. 1 Or le Qu&#233;bec, pas ses d&#233;faites et ses replis successifs, s'est retrouv&#233; progressivement dans la situation du colonis&#233; avec son cort&#232;ge de cons&#233;quences : m&#233;pris de l'autre puis introjection de ce m&#233;pris envers soi-m&#234;me qui devient automatisme, illusion que l'autre d&#233;tient les cl&#233;s de la lib&#233;ration du colonis&#233; ou qu'il est mieux plac&#233; que ce dernier dans l'absolu. Cette situation s'est tout naturellement impos&#233;e comme le cadre de r&#233;f&#233;rence implicite en fonction duquel les deux parties se d&#233;finissent : si je ne suis pas colonis&#233;, je suis forc&#233;ment colonisateur (ou vice-versa) et pour sortir de cette condition, je dois in&#233;luctablement devenir comme mon &#171; agresseur &#187;, selon un sch&#233;ma que Freud a tr&#232;s bien explicit&#233; et auquel Hannah Arendt a apport&#233; un autre &#233;clairage avec ses lumineuses remarques sur le paria et le parvenu, reprises au Qu&#233;bec par des intellectuels comme Hubert Guindon ou St&#233;phane Kelly. L'identit&#233; &#233;tant d&#233;termin&#233;e d&#232;s l'enfance par des facteurs psychologiques, familiaux et sociaux, l'individu se trouve pour ainsi dire pris en &#233;tau de l'int&#233;rieur et de l'ext&#233;rieur. N&#233;vros&#233;, juif europ&#233;en du XIXe si&#232;cle ou Canadien (fran&#231;ais ou anglais), cet individu vit dans un monde clos et bipolaire o&#249; l'autre est d&#233;fini comme le contraire de cet individu et non comme l'autre, c'est-&#224;-dire radicalement autre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Du fait qu'il n'existe a priori pas de troisi&#232;me voie, l'alternative qui se pose au Qu&#233;bec est donc : si je m'identifie au colonisateur, je perds mon identit&#233; ; si &#224; l'inverse je m'identifie au colonis&#233;, je me replie et glisse insensiblement dans une douce torpeur amn&#233;sique, rencontrant &#224; l'occasion une rage indicible que je m'empresse de juguler faute de pouvoir l'&#233;laborer dans une expression politique claire et durable. Dans les deux cas, je me diminue. Comment donc faire face &#224; ces d&#233;terminismes et s'abstraire de cette dichotomie, surtout lorsque ces deux comportements sont commod&#233;ment maquill&#233;s des vocables &#171; r&#233;alisme &#187; dans le premier cas et &#171; tol&#233;rance &#187; dans le second ? Car &#224; ce jeu de r&#244;les, ne l'oublions pas, il ne faut jamais appeler un chat un chat. Le parvenu n'est pas un parvenu, ni le paria un paria. Sinon, c'est la fin du jeu, les masques que l'on croyait immuables et naturels tombent, les syst&#232;mes identitaires tant du colonisateur que du colonis&#233; s'effondrent et on voit s'ouvrir la vertigineuse b&#233;ance de la culpabilit&#233; et du ressentiment. Chaque joueur se retrouve en bout de ligne face &#224; ce qu'il est mais dont il ne reconna&#238;t pas la forme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Deux personnalit&#233;s ont illustr&#233; deux attitudes possibles face &#224; cette d&#233;routante ambivalence du colonis&#233; qui se sait tel : Pierre Elliott Trudeau et Gaston Miron. Un politicien et un po&#232;te. Nous n'&#233;voquerons pas le militantisme de Miron m&#234;me s'il est difficile de dissocier ce r&#244;le du pr&#233;c&#233;dent et nous nous attarderons aux deux hommes plut&#244;t qu'&#224; leurs prolongements &#171; officiels &#187; avec les risques inh&#233;rents &#224; l'interpr&#233;tation. En effet, la question de l'identit&#233;, qu&#233;b&#233;coise comme n'importe quelle autre, est avant tout et substantiellement affaire d'amour et d'adh&#233;sion (ou de r&#233;pulsion) qui se prolonge ensuite dans un discours, un engagement, une vie. Il est d'ailleurs symptomatique qu'au Canada il soit si difficile de parer cette question autrement que des oripeaux constitutionnels, juridiques ou chartistes (avec commissions et experts), tant le pays croit s'&#234;tre trouv&#233; un point d'Archim&#232;de baptismal avec la Charte des droits et libert&#233;s. On fait donc semblant de discuter et les probl&#232;mes font semblant d'&#234;tre r&#233;solus. Le sacro-saint essentiel &#233;tant que les affaires courantes ne soient pas trop boulevers&#233;es et que l'intendance g&#233;n&#233;rale du pays continue &#224; &#234;tre bien huil&#233;e. Les choses sont pourtant plus simples mais plus douloureuses.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si l'on consid&#232;re que le Canada est une soci&#233;t&#233; paisible et riche mais aux id&#233;aux flous et encore peu d&#233;finis du fait de son statut encore r&#233;cent de colonie britannique tiraill&#233;e entre l'ancienne m&#233;tropole ou le puissant voisin du Sud, on comprend d'autant plus le &#171; scandale &#187; identitaire que pose le Qu&#233;bec. Dans son ouvrage &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Lament for a Nation&lt;/i&gt;, le philosophe George Grant avait bien remarqu&#233; que s'il y avait identit&#233; culturelle et enracinement au pays, c'&#233;tait bien l&#224; et non ailleurs. 2 C'est un lieu o&#249; il y a eu un id&#233;al et son articulation dans le catholicisme. Seulement, cet id&#233;al n'a pas eu le temps de bien s'affermir ni b&#233;n&#233;fici&#233; des circonstances pour ce faire. Les assauts conjugu&#233;s du colonialisme anglo-saxon, de l'am&#233;ricanisation puis de la modernit&#233; lui ont donn&#233; de s&#233;rieuses contusions et la R&#233;volution tranquille, n&#233;cessaire et r&#233;ussie &#224; bien des &#233;gards, n'a pas su maintenir l'enthousiasme personnaliste dans lequel elle &#233;tait n&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a eu id&#233;al puis d&#233;possession et c'est ce qui explique les deux r&#233;actions-types incarn&#233;es par Trudeau et Miron. Trudeau, dont Andr&#233; Laurendeau remarquait finement qu'&#171; il a beau couper et s&#233;parer, sa volont&#233; m&#234;me de rupture indique &#224; quel point il se sent solidaire de ce pass&#233; encore proche. Il est un Canadien fran&#231;ais d&#233;&#231;u des siens. Son enqu&#234;te l'a mis en pr&#233;sence d'un &#171; monolithisme &#187;, qu'intellectuellement il repousse mais qui le blesse dans son &#234;tre m&#234;me ; je crois qu'il a honte d'avoir de tels p&#232;res. &#187; 3 Cette caract&#233;risation, rapport&#233;e par St&#233;phane Kelly dans son ouvrage &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Fins du Canada&lt;/i&gt;, tranche avec la phrase de Miron cit&#233;e au d&#233;but : &#171; Les pharisiens ne pardonneront jamais &#224; ma po&#233;sie d'avoir eu honte AVEC tous, en esprit et en v&#233;rit&#233;, au lieu DE tous. &#187; 4 Nous sommes au fond en pr&#233;sence de deux antipodes, le premier qui propose le rev&#234;tement d'un id&#233;al &#171; par au-dessus &#187; et le second, une restauration &#171; par en dessous &#187; ou &#171; par en de&#231;&#224; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On sait que Trudeau s'est tr&#232;s vite identifi&#233; au monde de sa m&#232;re anglo-&#233;cossaise au d&#233;triment de l'influence paternelle francophone. On pourrait m&#234;me sugg&#233;rer qu'il a investi le premier de l'&#233;nergie qu'il mettait &#224; renier le second. Comme le dit Kelly, &#171; p&#233;riple autour de la plan&#232;te, travers&#233;e du pays en canot, exploits sportifs, go&#251;t du risque, extravagance vestimentaire. Cette propension &#224; choquer, &#224; &#233;pater le bourgeois, devint plus tard sa marque de commerce en politique. &#187; 5 Sa haine visc&#233;rale et irrationnelle du nationalisme, sans doute assimil&#233; de fa&#231;on archa&#239;que au monde paternel et &#224; celui de l'&#233;motion et de la superstition, doit sa th&#233;orisation entre autres &#224; l'historien britannique du XIXe si&#232;cle Lord Acton qui voyait dans l'&#201;tat-nation la garantie de l'intol&#233;rance et de la suppression des libert&#233;s individuelles au profit du groupe ethnique dominant (alors que la coexistence de plusieurs nations dans un m&#234;me &#201;tat permettrait au contraire une saine &#233;mulation et un rayonnement b&#233;n&#233;fique des races sup&#233;rieures sur les autres&#8230;). Philosophiquement et moralement personnaliste dans le sillage de Maritain et de Mounier, du moins au d&#233;but, Trudeau consid&#233;rait que l'homme est un absolu dot&#233; d'une conscience libre, de droits et de libert&#233;s fondamentaux et aussi d'un r&#244;le social. Ceci est tr&#232;s bien r&#233;sum&#233; dans ses &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;M&#233;moires politiques&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Que l'&#234;tre humain devait rester libre de choisir sa destin&#233;e propre devint pour moi une certitude et l'un des piliers de la pens&#233;e politique dont (sic) je travaillais &#224; me doter&#8230; Mais gr&#226;ce &#224; deux penseurs fran&#231;ais, Jacques Maritain et Emmanuel Mounier, je ne devais jamais adh&#233;rer &#224; la doctrine du lib&#233;ralisme absolu&#8230; C'est l&#224; (en France) que je suis devenu adepte du personnalisme, une philosophie qui r&#233;concilie l'individu avec la soci&#233;t&#233;. La personne, selon ces deux ma&#238;tres, c'est l'individu enrichi d'une conscience sociale, int&#233;gr&#233; &#224; la vie des communaut&#233;s ambiantes et au contexte &#233;conomique de son temps, lesquels doivent &#224; leur tour donner aux personnes les moyens d'exercer leur libert&#233; de choix. C'est ainsi que dans ma pens&#233;e la notion fondamentale de justice vint s'ajouter &#224; celle de libert&#233;. &#187; 6&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Trudeau a litt&#233;ralement fascin&#233; le Canada, tant anglais que fran&#231;ais, avec cette intelligence peu commune (n'oublions pas que &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;fascinum&lt;/i&gt; en latin veut dire enchantement, sortil&#232;ge). Seulement, il donne l'impression d'avoir incarn&#233; un id&#233;al humain par r&#233;action &#224; la m&#233;diocrit&#233;, au sentimentalisme, &#224; la sensibilit&#233; magique qu'il percevait de son &#233;poque et de son milieu. Cette tension entre les mondes maternel et paternel, cette morgue de superman &#224; la Montherlant, cette insolence surr&#233;aliste &#224; la Salvador Dali, ce z&#232;le furieux de r&#233;formateur &#224; la Savonarole, ce brio teint&#233; de m&#233;pris, ces formules percutantes, se sont traduits par la volont&#233; de cr&#233;er un &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;homo canadiensis&lt;/i&gt; auquel beaucoup de Canadiens se sont identifi&#233;s par un d&#233;sir de grandeur qui leur manquait soudainement apr&#232;s le d&#233;clin de l'Empire britannique. Bien des Qu&#233;b&#233;cois l'ont rejet&#233; (et d'autres dans l'Ouest du pays), exception faite de ceux qui pouvaient s'&#171; augmenter &#187; par cette identification (rappelons ici le tourment identitaire du paria qui ne peut aspirer qu'&#224; devenir parvenu, d'apr&#232;s Arendt). Et c'est ce rejet qu'il convient de comprendre, non pas tant comme incapacit&#233; &#224; s'extraire de la tourbe m&#233;diocre mais comme signe que cet id&#233;al est condamn&#233;, &#224; plus ou moins br&#232;ve &#233;ch&#233;ance, &#224; s'effondrer. Car ce dernier propose une universalit&#233; priv&#233;e d'incarnation dans un terreau, dans une tradition locale. Au lieu de fonder son pr&#233;sent dans un pass&#233;, cet id&#233;al fait subtilement l'inverse en glorifiant un pass&#233; selon un d&#233;sir pr&#233;sent. C'est un r&#234;ve de splendeur impossible car le Canada, terre de compromis et de gens simplement honn&#234;tes, n'est pas un pays de splendeur, du moins pas encore. Cette derni&#232;re remarque est corrobor&#233;e en grande partie par le fait que nombre de nos &#233;lites, tant qu&#233;b&#233;coises que canadiennes, dirigent la plupart du temps leurs regards vers leurs m&#232;res-patries respectives ou les Etats-Unis, perp&#233;tuant tout en la niant la dichotomie colonis&#233;-colonisateur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est ici que le &#171; cas &#187; Miron intervient. Ici, point de lustre ni de gloire. Des origines sociales assez modestes. Des &#233;tudes chez les fr&#232;res. Mort du p&#232;re au d&#233;but de l'adolescence. La lecture de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Cit&#233; libre&lt;/i&gt; qui lui fait comprendre qu'&#171; on peut refuser le monde, le mettre en cause &#187;. Influence de Mounier et du personnalisme. Mounier et &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Cit&#233; libre&lt;/i&gt;, comme chez Trudeau&#8230; Un engagement politique mais une absence de jactance ; plut&#244;t un sentiment de lourdeur, d'ali&#233;nation et d'inad&#233;quation. Voire de maladresse. Pierre Vadeboncoeur dira de lui que ce n'&#233;tait pas un liquidateur au sens de Borduas (&#171; Philosophiquement, il ne se dresse pas contre quelque chose &#187; 7).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Miron souffre cruellement de constater qu'il fait partie d'une soci&#233;t&#233; colonis&#233;e. Mais au lieu de chercher consolation en s'abstrayant dans les grands moralistes ou la tradition britannique, il creusera cette douleur, cette incapacit&#233; proprement qu&#233;b&#233;coise, fid&#232;le en cela &#224; &#171; ce respect de paysan pour son ascendance et pour la terre, qui est aussi un trait d'humilit&#233; (le mot le dit) &#187;, selon les termes de Vadeboncoeur. 8 Et c'est l&#224; toute la diff&#233;rence avec Trudeau. Miron, disciple d'une m&#233;thode au sens o&#249; l'entendent les mystiques, c'est-&#224;-dire partir du connu pour aller vers l'inconnu en assumant la nuit obscure. Trudeau, disciple de la repr&#233;sentation, de la peinture dont Pascal disait qu'&#171; elle attire l'admiration par la ressemblance des choses dont on n'admire point les originaux. &#187; 9 Syst&#232;me ouvert, syst&#232;me clos.&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Je suis malheureux plein ma carrure, je saccage&lt;br&gt; la rage que je suis, l'amertume que je suis&lt;br&gt; avec ce boeuf de douleurs qui souffle dans mes c&#244;tes &#187; 10&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Miron, avec beaucoup de courage, utilise ce qui est sien en propre, c'est-&#224;-dire &#171; ce b&#339;uf de douleurs &#187;. Il &#171; marche dans son manque de mots et de pens&#233;es &#187;. 11 C'est tout ce qu'il conna&#238;t et il doit bien faire avec. On saisit ici la port&#233;e de la phrase cit&#233;e au d&#233;but du texte. Avoir honte AVEC ou avoir honte DE. Trudeau repr&#233;sente la seconde r&#233;action et s'est d&#233;marqu&#233; de ses semblables en cherchant &#224; les r&#233;former par la suite, un peu &#224; la fa&#231;on du philosophe de Platon qui s'arrache du monde illusoire de la caverne pour contempler le monde des Id&#233;es et ensuite revenir chez les hommes et faire &#339;uvre de philosophe-roi. C'est d'ailleurs le sens de la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;publique&lt;/i&gt; : le philosophe peut-il s'ins&#233;rer sans risquer sa vie dans une cit&#233;, forc&#233;ment hostile &#224; la sagesse car elle est englu&#233;e dans l'illusion ? Oui, &#224; condition qu'il soit roi et r&#233;forme la cit&#233;. C'est &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;mutatis mutandis&lt;/i&gt; le parcours de Trudeau, qui, quittant l'abjection ambiante, contemple le ciel des id&#233;es personnalistes fran&#231;aises et lib&#233;rales britanniques et redescend dans l'ar&#232;ne politique. Au passage, il n'a pas su discerner ce que cachait au Qu&#233;bec le sentimentalisme teint&#233; de grandiloquence dont il avait fait le diagnostic, d&#233;capant et n&#233;anmoins juste. Il y a une blessure et le sentiment d'un id&#233;al perdu (donc retrouvable par l'&#233;laboration de la douleur) qui semblent avoir &#233;chapp&#233; &#224; Trudeau : il pr&#233;f&#233;rera &#224; cette f&#234;lure de l'&#226;me une universalit&#233; fond&#233;e sur sa propre conscience, avec le risque d'abstraction que cela suppose. Une remarque tir&#233;e des m&#234;mes &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;M&#233;moires politiques&lt;/i&gt; est assez &#233;clairante :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; R&#233;concilier la pr&#233;destination, la toute-puissance de Dieu avec la libert&#233; humaine me pr&#233;occupait bien davantage que la notion de p&#233;ch&#233; originel. Certains j&#233;suites me soup&#231;onnaient m&#234;me de protestantisme clandestin&#8230; surtout parce que je posais ma conscience comme dernier tribunal d'appel&#8230; &#187; 12&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il serait injuste de pr&#233;tendre, &#224; la suite de bien des Qu&#233;b&#233;cois, que ce dernier ait &#233;t&#233; simplement aveugl&#233; par son m&#233;pris envers une partie de ses origines ; il n'a seulement pas vu au-del&#224; car c'&#233;tait aborder le domaine gluant et incertain de l'&#233;motivit&#233; (voir la citation du d&#233;but). La moralit&#233; du Qu&#233;b&#233;cois dans la sph&#232;re priv&#233;e en contraste avec l'immoralisme de la vie publique, l'ignorance du peuple, la corruption des fonctionnaires, le complexe du wigwam sont des traits qu'il relevait, sans se priver par la m&#234;me occasion de souligner les tares du Canada anglais. Mais il s'est pos&#233; en s&#233;duisant thaumaturge dans une situation qui demandait davantage une restauration qu'une r&#233;forme. D&#233;nigrant ce d&#233;nuement, il a cherch&#233; &#224; imposer plut&#244;t qu'&#224; r&#233;tablir une dignit&#233;. En termes religieux, une conscience individuelle comme ultime arbitre du bien et du mal plut&#244;t que l'acceptation du p&#233;ch&#233; originel et une tentative de r&#233;demption. La diff&#233;rence est grande.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous avons &#233;voqu&#233; un travail de douleur que Trudeau n'a pas entrepris, travail de l'artisan qui apprivoise une mati&#232;re r&#233;tive en s'en faisant l'esclave au pr&#233;alable, au sens o&#249; le philosophe Francis Bacon disait que pour dominer la nature, il fallait d'abord lui ob&#233;ir ; c'est Miron qui l'a fait. Par travail, nous entendons &#233;laboration d'un mat&#233;riau de base. &#201;laboration, ou mieux encore, d&#233;veloppement. La musique permet de comprendre ce terme. Ainsi, dans une sonate entend-on au d&#233;part un ou deux th&#232;mes qui d&#233;finissent l'&#339;uvre et indiquent son potentiel formel. Le d&#233;veloppement est la section qui suit et fait entendre des cellules m&#233;lodiques ou rythmiques du ou des th&#232;mes initiaux. On a l'impression de perdre le fil, l'unit&#233; de l'&#339;uvre. C'est le moment o&#249; tout est disloqu&#233;, o&#249; les th&#232;mes ont explos&#233; et o&#249; l'on recherche une unit&#233; d'&#234;tre perdue. Le terme allemand est &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Durchf&#252;hrung&lt;/i&gt; (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;durch&lt;/i&gt;, &#224; travers ; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;f&#252;hren&lt;/i&gt;, diriger, guider) et traduit bien ce processus de t&#226;tonnement, d'itin&#233;rance avec des lambeaux pour tout fil d'Ariane. C'est une section harmoniquement instable, pleine de surprises et qui pr&#233;pare le retour du d&#233;but, stable et non modulant, mais sous une forme autre.&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; comment me retrouver labyrinthe &#244; mes yeux &#187; 13&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;ou encore&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Le plus souvent ne sachant o&#249; je suis ni pourquoi&lt;br&gt; je me parle &#224; voix basse voyageuse &#187; 14&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est le moment du deuil.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un truisme vient ici &#224; l'esprit : s'il y a deuil et douleur, il y a bien quelque chose &#224; pleurer (il y a eu un th&#232;me musical qui a disparu). Autrement, pour paraphraser un peu grossi&#232;rement Pascal, que Miron se console, il ne chercherait pas s'il n'avait trouv&#233;. Seulement, et comme l'exprimait fort justement G.-Andr&#233; Vachon, &#171; dans ce pays sans p&#232;res, les nouveaux po&#232;tes doivent cr&#233;er &#224; la fois l'&#233;cart et la norme. Personne ne peut savoir, pour eux, s'ils sont sur la voie du salut, ou s'ils se trompent ; et ils commencent &#224; deviner que leur salut est &#224; la mesure de leur perdition&#8230; Miron n'avait d'autre ressource que d'&#234;tre son propre p&#232;re. &#187; 15 On le voit, Trudeau trouve en fin de compte une paternit&#233; et une langue dans une tentative de s&#233;duction dans la splendeur alors que Miron avance&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; avec les maigres mots frileux de mes h&#233;ritages&lt;br&gt; avec la pauvret&#233; natale de ma pens&#233;e rocheuse &#187; 16&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le risque &#233;tait autrement plus &#233;lev&#233; chez Miron car il fallait cr&#233;er l'&#233;cart et la norme, &#234;tre le premier p&#232;re et non le fils adoptif d'un beau-p&#232;re ou d'un oncle. On ne peut s'emp&#234;cher ici de penser &#224; Hamlet, cherchant &#224; r&#233;tablir une filiation avec un p&#232;re assassin&#233;, donc absent, et qui refuse la filiation par procuration offerte &#224; la faveur de l'usurpation du tr&#244;ne par Claudius, fr&#232;re du d&#233;funt. Pour Miron comme pour Hamlet, il fallait partir du fant&#244;me du p&#232;re, de ce qui semblait n'&#234;tre rien, sans plans, dans un vertige moral de constante invention. D'o&#249; les fr&#233;quents arr&#234;ts d'&#233;criture chez le po&#232;te qui sentait bien que son expression n'&#233;tait pas vraiment la sienne, qu'il parlait un langage fauss&#233;, ali&#233;n&#233;. De fr&#233;quents arr&#234;ts pour que silence se fasse et que surgisse peut-&#234;tre une parole et une langue nouvelle. Ce fut un processus d&#233;chirant dans lequel la douleur &#233;tait la meilleure conseill&#232;re car, comme le dit famili&#232;rement la psychanalyse, c'est l&#224; o&#249; &#231;a r&#233;siste que &#231;a avance.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Miron a op&#233;r&#233; une r&#233;demption et a ainsi &#233;vit&#233; l'&#233;cueil trop fr&#233;quemment rencontr&#233; de la victimisation. Il s'est servi de sa douleur comme d'un moteur, non comme d'une ancre ou d'un instrument de s&#233;duction. Il a compris le c&#244;t&#233; terne et lancinant de la peine, son incommunicabilit&#233;, son aspect naturellement repoussant. Ce passage dans le jardin de Geths&#233;mani ne lui a au fond laiss&#233; aucun choix sinon de traverser et de trouver une lumi&#232;re. C'est le sens de la citation de saint Jean de la Croix plac&#233;e en t&#234;te du texte, &#171; pour arriver &#224; ce que vous ne poss&#233;dez, allez par o&#249; vous n'avez rien. &#187; 17 Et c'est en ce sens que cette d&#233;marche est porteuse de tant de possibilit&#233;s pour l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise. Elle ouvre la voie &#224; un discours que l'on n'entend pas, tant chez les f&#233;d&#233;ralistes que chez les nationalistes, un discours qui fait de la souffrance et de l'id&#233;al retrouv&#233; (mais sous une autre forme) des sujets universalisables et dignes de respect. Le m&#233;pris perd ainsi son aiguillon et son pouvoir castrant. Le colonis&#233; est sorti de la situation coloniale et le colonisateur, n'ayant plus de vis-&#224;-vis sur lequel fonder son propre r&#244;le, est bien oblig&#233; d'abandoner lui aussi ce jeu pervers.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On ne peut pas ne pas prendre Miron au s&#233;rieux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Rappelons ces merveilleux vers de T.S Eliot, tir&#233;s des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Quartets&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;History may be servitude,&lt;br&gt; History may be freedom. See, now they vanish,&lt;br&gt; The faces and places, with the self which, as it could, loved them,&lt;br&gt; To become renewed, transfigured, in another pattern.&quot; 18&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est cela que Miron a fait. Il a aim&#233;, comme il l'a pu, ces visages et ces lieux malgr&#233; leur pauvret&#233; et leur maigreur. Cherchant en de&#231;&#224; de sa rage, de sa d&#233;tresse, il a vu au-del&#224; de ces visages et de ces lieux ; par son chant, il les a transfigur&#233;s pour en faire une nouvelle r&#233;alit&#233;. Les quelques vers qui suivent montrent bien &#224; quel point il &#233;tait conscient de cette carence. Il savait qu'il fallait l'assumer.&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Voici mes genoux que les hommes nous pardonnent&lt;br&gt; nous avons laiss&#233; humilier l'intelligence des p&#232;res&lt;br&gt; nous avons laiss&#233; la lumi&#232;re du verbe s'avilir&lt;br&gt; jusqu'&#224; la honte et au m&#233;pris de soi dans nos fr&#232;res&lt;br&gt; nous n'avons pas su lier nos racines de souffrance&lt;br&gt; &#224; la douleur universelle dans chaque homme raval&#233; &#187; 19&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il finit son po&#232;me par ces mots :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; L'avenir d&#233;gag&#233;&lt;br&gt;
l'avenir engag&#233; &#187; 20&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'avenir d&#233;gag&#233;, autrement dit l'&#233;cart, l'avenir engag&#233;, ou la norme dont parle G.-A. Vachon. Travail de deuil, travail de responsabilit&#233;, travail de libert&#233;, travail de paternit&#233;. &#171; Pour arriver &#224; ce que vous ne poss&#233;dez, allez par o&#249; vous n'avez rien. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette d&#233;marche est modeste mais infiniment plus riche pour l'&#234;tre qu&#233;b&#233;cois car elle se fonde sur une r&#233;alit&#233; sans s'abstraire dans de grandes formules ou se consoler dans un d&#233;nigrement de bon ton. Elle fonde une exp&#233;rience au plus creux de chacun alors que la d&#233;finition de l'homme imprim&#233;e par Trudeau (et fig&#233;e depuis la r&#233;forme de 1982) propose une utopie individualiste fond&#233;e sur une vision strictement politique et non culturelle de l'homme, et vou&#233;e pour cela &#224; la dislocation du corps social. Par culturel nous entendons ce qui se r&#233;f&#232;re &#224; une collectivit&#233;, &#224; un id&#233;al partag&#233; qui trouve son expression dans une tradition, laquelle tire du pass&#233; sa l&#233;gitimit&#233; et son pouvoir l&#233;gitimant et s'incarne de fa&#231;on organique dans cette collectivit&#233; pour lui permettre de se projeter dans l'avenir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Terminons avec une histoire du Nouveau Testament, celle des disciples d'Emma&#252;s. Apr&#232;s la crucifixion du Christ, ces deux disciples ont perdu celui qui incarnait leur id&#233;al. Ils sont d&#233;boussol&#233;s. Ils rencontrent &#224; Emma&#252;s un homme qui vient vers eux. Ils discutent des tristes &#233;v&#233;nements puis, arriv&#233;s &#224; une auberge, cet homme prend le pain, le b&#233;nit, le rompt et le leur donne. Les deux disciples comprennent que c'est le Christ, mais sous une autre forme. C'est ce que l'abb&#233; Pierre appelait la d&#233;sillusion enthousiaste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Notes&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1.	Memmi, Albert, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Portrait du colonis&#233;&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, L'&#201;tincelle, 1972&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2.	Grant, George, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Lament for a Nation&lt;/i&gt;, Ottawa, McGill-Queen's University Press, Carleton Library Series, 1965&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;3. Kelly, St&#233;phane, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Fins du Canada&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, &#201;ditions du Bor&#233;al, 2001, p. 196&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;4 Miron, Gaston, Notes sur le non-po&#232;me et le po&#232;me, inclus dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Homme rapaill&#233;&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, Les Presses de l'Universit&#233; de Montr&#233;al, 1970, p. 129&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;5.	Kelly, St&#233;phane, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;op. cit&lt;/i&gt;., p. 188&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;6.	Trudeau, Pierre-Elliott, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;M&#233;moires politiques&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, Le Jour, 1993, p. 46&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;7.	Vadeboncoeur, Pierre, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Humanit&#233; improvis&#233;e&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, &#201;ditions Bellarmin, 2000, p. 39&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;8.	Vadeboncoeur, Pierre, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 41&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;9.	Pascal, Blaise, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Pens&#233;es&lt;/i&gt;, Paris, Garnier Fr&#232;res, 1960, pens&#233;e 134, pp. 108-109.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;10.	Miron, Gaston, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Homme rapaill&#233;&lt;/i&gt;, p. 53&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;11.	Miron, Gaston, op. cit., p. 81&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;12.	Trudeau, Pierre-Elliott, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;op. cit&lt;/i&gt;., pp. 45-46&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;13.	Miron, Gaston, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;op. cit&lt;/i&gt;.,p. 81&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;14.	Miron, Gaston, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;op. cit&lt;/i&gt;., p. 58&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;15.	Vachon, G.-Andr&#233;, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Gaston Miron ou l'invention de la substance, inclus dans L'Homme rapaill&#233;&lt;/i&gt;, pp. 136-137.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;16.	Miron, Gaston, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 77&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;17.	Saint Jean de la Croix, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Mont&#233;e du Carmel&lt;/i&gt;, cit&#233; dans Jean-Paul II, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Entrez dans l'Esp&#233;rance&lt;/i&gt;, Paris, Plon-Mame, 1994, p. 143.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;18.	Eliot, Thomas Stearns, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Four Quartets, Little Gidding&lt;/i&gt;, Londres, The Folio Society, 1968, p. 51&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;19.	Miron, Gaston, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 62&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;20.	Miron, Gaston, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 62&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Revue &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Libert&#233;&lt;/i&gt; (no 257 / volume 44 / num&#233;ro 3 / septembre 2002)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	<item>
		<title>Le probl&#232;me du Qu&#233;bec - Une crise d'adolescence qui se prolonge</title>
		<link>http://www.vigile.net/Le-probleme-du-Quebec-Une-crise-d</link>
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		<dc:date>2007-12-15T20:26:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Paul-&#201;mile Roy - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Le temps n'est pas &#224; la fiert&#233; mais il devrait &#234;tre &#224; la lucidit&#233; et &#224; la fermet&#233;. Ne me parlez pas de fiert&#233;, mais de d&#233;termination, de volont&#233; d'ind&#233;pendance, de d&#233;fis &#224; relever. C'est lorsque nous nous serons pris en main que nous aurons raison d'&#234;tre fiers. (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;8 - Le probl&#232;me du Qu&#233;bec - Une crise d'adolescence qui se prolonge&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt; a publi&#233; r&#233;cemment quelques textes de moi sur le Qu&#233;bec dans le contexte du d&#233;bat encadr&#233; par la Commission Bouchard-Taylor. L'accueil sympathique accord&#233; &#224; ces textes ainsi que l'encouragement de quelques amis m'ont d&#233;cid&#233; &#224; publier les pages suivantes qui forment le huiti&#232;me chapitre d'un livre sur la chr&#233;tient&#233; et l'av&#232;nement de la modernit&#233; que j'esp&#232;re publier dans les mois qui viennent. La conviction qui m'habite, c'est qu'il n'est pas suffisant d'effleurer les questions qui se posent &#224; notre esprit. Il faut d&#233;passer le d&#233;foulement, les impressions vagues et la censure que nous impose une rectitude politique asphyxiante, et replacer les questions et les probl&#232;mes dans un contexte plus large. Je remercie &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt; de son hospitalit&#233;).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les nations sont un peu comme les individus. Elles naissent, elles ont leur enfance, leur adolescence, leur maturit&#233;, leur mort. Il est bien des nations de l'Antiquit&#233; qui sont disparues &#224; jamais. D'autres, comme la nation fran&#231;aise ou la nation am&#233;ricaine, pour n'en nommer que deux, sont &#224; leur apog&#233;e. Tiendront-elles le coup devant l'&#233;veil des grandes puissances asiatiques ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec, que m&#234;me le F&#233;d&#233;ral reconna&#238;t comme nation, s'appelait d'abord la Nouvelle-France, puis le Canada, puis enfin, le Qu&#233;bec, dont &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/spip.php?page=archives&amp;u=/archives/pol/culture/riouxquebecois1.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Marcel Rioux a bien fix&#233; les traits dans son beau petit livre &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Qu&#233;b&#233;cois&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, paru dans les ann&#233;es soixante. Mais ce peuple, malheureusement, contrairement aux autres peuples d'Am&#233;rique, n'arrive pas &#224; se prendre en main. Les &#201;tats-Unis se sont &#233;mancip&#233;s de la m&#233;tropole anglaise, &#224; la fin du XVIIIe si&#232;cle. Les colonies espagnoles et portugaises de l'Am&#233;rique ont pris leur envol, mais le Qu&#233;bec, qui &#233;tait une colonie fran&#231;aise, est tomb&#233; sous la coupe de l'Angleterre d'abord, et ensuite du Canada qui n'est que le prolongement de l'Empire britannique. Cela fait un dr&#244;le d'amalgame, cr&#233;e une ambigu&#239;t&#233; qu'il est difficile de dissiper. Le grand &#233;crivain fran&#231;ais Alexis de Tocqueville, qui vint en Am&#233;rique au XIXe si&#232;cle, se rendit &#224; Qu&#233;bec, en 1831, o&#249; il visita un tribunal civil. Le spectacle auquel il assista lui fit &#233;crire : &#171; L'ensemble du tableau a quelque chose de bizarre, d'incoh&#233;rent, de burlesque m&#234;me. Le fond de l'impression qu'il faisait na&#238;tre &#233;tait cependant triste. Je n'ai jamais &#233;t&#233; plus convaincu qu'en sortant de l&#224; que &lt;a href=&quot;http://classiques.uqac.ca/classiques/De_tocqueville_alexis/au_bas_canada/au_bas_canada_Vallee.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;le plus grand et plus irr&#233;m&#233;diable malheur pour un peuple c'est celui d'&#234;tre conquis&lt;/a&gt; &#187;1.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si Tocqueville revenait aujourd'hui, que dirait-il ? Que penserait-il de la situation qui nous est faite par le rapatriement unilat&#233;ral de la Constitution, par l'&#233;chec de deux r&#233;f&#233;rendums ? Que penserait-il du manque de fermet&#233; de nos hommes politiques ? De la perplexit&#233; qui caract&#233;rise notre vie politique, sociale et culturelle ? Le Qu&#233;bec semble avoir perdu le go&#251;t de vivre, il se dissipe dans mille activit&#233;s futiles, vulgaires, bruyantes. Nous avons au Qu&#233;bec le plus haut taux de suicides au monde chez les jeunes. Le taux de natalit&#233; est un des plus bas au monde lui aussi. Nous d&#233;tenons des records dans plusieurs domaines. Le d&#233;crochage scolaire est une plaie. Et l'on pourrait allonger la liste de nos d&#233;boires...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que se passe-t-il au Qu&#233;bec ? Qu'arrive-t-il des descendants de ces gens qui autrefois ont explor&#233; l'Am&#233;rique du Nord en tous sens, des descendants de ces b&#226;tisseurs qui ont d&#233;frich&#233; la for&#234;t et b&#226;ti le pays sur les rives du Saint-Laurent ? Ce qui pour moi d&#233;crit le mieux le malaise dans lequel nous nous retrouvons actuellement, c'est la notion de crise d'adolescence. Le Qu&#233;bec conna&#238;t une crise d'adolescence dont il ne r&#233;ussit pas &#224; se sortir. On sait que beaucoup d'adolescents sont malheureux, perplexes, ind&#233;cis, vivent en r&#233;action contre leurs parents mais ne r&#233;ussissent pas &#224; s'en s&#233;parer, pensent au suicide et souvent se suicident.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La R&#233;volution tranquille avait toutes les caract&#233;ristiques de l'adolescent qui prend conscience qu'il existe, qui croit que rien n'a exist&#233; avant lui, qui s'imagine que le monde va changer avec lui. La R&#233;volution tranquille a &#233;clat&#233; dans l'enthousiasme pour se transformer peu &#224; peu en une capitulation tranquille, &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/_Bock-Cote-Mathieu_&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;une &#171; d&#233;nationalisation tranquille &#187;, dit Mathieu-Bock C&#244;t&#233;.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vers 1960, on pouvait penser que l'adolescent allait s'affranchir, qu'il allait quitter la maison paternelle, ou plut&#244;t la maison de la belle-m&#232;re. On lui signifia m&#234;me, en 1982, qu'il n'&#233;tait pas le bienvenu, on le mit &#224; la porte, mais il persista dans son ent&#234;tement &#224; rester &#224; la maison. Lors des deux r&#233;f&#233;rendums de 1980 et 1995, lors de Meech, on lui expliqua qu'il s'&#233;tait fait avoir mais il s'empressa d'oublier ces escroqueries. Cela l'excusait de rester au foyer, de ne pas se prendre en main.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Nous sombrons toujours un peu plus dans l'informe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La situation du Qu&#233;bec dans le Canada est &#233;trange. Le Canada fait tout pour que le Qu&#233;bec le quitte et en m&#234;me temps, il ne veut pas le laisser partir. C'est qu'il croit qu'il finira par l'assimiler, le fondre dans le tout canadien. Il faut comprendre que le Qu&#233;bec pourrait bien se passer du Canada mais pas le Canada du Qu&#233;bec. Ne serait-ce qu'au point de vue purement g&#233;ographique, un Canada coup&#233; en deux par le Qu&#233;bec, comme le reconna&#238;t un anglophone, Thomas Sloan, ne serait pas viable. Advenant l'ind&#233;pendance compl&#232;te du Qu&#233;bec, il arriverait au Canada ce qui est arriv&#233; au Pakistan qui s'est rapidement disloqu&#233;, apr&#232;s la partition de l'Inde, pour former deux pays distincts, le Pakistan et le Bengladesh. On voit ainsi que le Qu&#233;bec est vou&#233; &#224; maintenir le Canada qui veut l'avaler.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais plus pr&#233;cis&#233;ment, ce qu'il faut comprendre, c'est que le Canada est fondamentalement construit sur l'hypoth&#232;se de l'assimilation &#224; longue dur&#233;e du Qu&#233;bec par le Canada. En 1867, l'int&#233;gration du Qu&#233;bec au Canada ne s'est pas faite de fa&#231;on d&#233;mocratique, par voie de r&#233;f&#233;rendum, par exemple. Cette int&#233;gration a &#233;t&#233; faite par le moyen de l'action politique et se perp&#233;tuera comme un rouage bien huil&#233; par le moyen de la petite loterie qu'a si bien d&#233;crite St&#233;phane Kelly dans son livre &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://archives.vigile.net/auteurs/k/kellys.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;La Petite loterie&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, ou par ce que Andr&#233; Laurendeau avait appel&#233; le recours au &#171; roi n&#232;gre &#187;. Les Trudeau, les Chr&#233;tien et compagnie ne manqueront jamais. Jamais un Canadien anglais n'aurait pu traiter le Qu&#233;bec comme l'ont fait Trudeau et Chr&#233;tien.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'en r&#233;alit&#233;, la Conf&#233;d&#233;ration a priv&#233; le Qu&#233;bec de tout pouvoir politique v&#233;ritable, de tout pouvoir politique national. Les d&#233;cisions politiques canadiennes se prennent &#224; Ottawa. Nous y sommes en minorit&#233;. C'est ainsi, comme le montre tr&#232;s bien Pierre Vadeboncoeur, dans son excellent petit livre &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&amp;Params=F1ARTF0002237&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;La Derni&#232;re heure et la premi&#232;re&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, que nous avons &#233;t&#233; mis en marge de l'histoire. On comprend que le Qu&#233;bec soit mal &#224; l'aise dans le Canada, qu'il s'y sente menac&#233;, et qu'il entretienne des vell&#233;it&#233;s de s'&#233;manciper. Lester B. Pearson avait compris la situation, me semble-t-il, et il avait jug&#233; qu'apr&#232;s cent ans, il fallait remanier le pacte conf&#233;d&#233;ratif. Si, &#224; ce moment-l&#224;, on avait corrig&#233; l'Acte de l'Am&#233;rique du Nord Britannique de 1867, pour faire du Canada une vraie f&#233;d&#233;ration, disons &#224; l'europ&#233;enne, la situation du Qu&#233;bec aurait &#233;t&#233; tout &#224; fait diff&#233;rente, mais on sait ce qui est arriv&#233;. C'est le petit roi n&#232;gre Trudeau qui prit le pouvoir et s'empressa d'imposer les vues imp&#233;rialistes de la m&#233;tropole.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La grande majorit&#233; des Qu&#233;b&#233;cois d'aujourd'hui semblent oublier que le rapatriement unilat&#233;ral de la Constitution par Trudeau en 1982, a &#233;t&#233; rejet&#233; par l'Assembl&#233;e nationale &#224; l'unanimit&#233;, que d'une certaine fa&#231;on, le Qu&#233;bec n'est pas dans le Canada, tout en y &#233;tant. Ajoutez &#224; cela le scandale des commandites, le vol du r&#233;f&#233;rendum de 1995. J'&#233;cris ceci en octobre 2007. Je lis dans les journaux que Jean Charest se maintient au pouvoir gr&#226;ce au vote des Anglos et des n&#233;o-Qu&#233;b&#233;cois. Il n'a besoin que de 15 &#224; 20% des Canadiens fran&#231;ais qui forment la tr&#232;s grande majorit&#233; du peuple qu&#233;b&#233;cois pour se maintenir au pouvoir. C'est une situation frustrante pour ceux qui ont fait ce pays mais on n'en a pas trop conscience, cela est confus, on s'accommode d'une non-existence d&#233;bilitante. Ce &#224; quoi nous assistons au Qu&#233;bec, c'est &#224; la d&#233;liquescence d'un long acquis historique, d'une culture, d'une conviction, d'une volont&#233; d'&#234;tre et de durer. Nous sombrons toujours un peu plus dans l'informe.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Et on voudrait que les Qu&#233;b&#233;cois soient fiers d'&#234;tre Qu&#233;b&#233;cois !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et qu'arrive-t-il de nos hommes politiques dans ce contexte ? Ils regardent passer la procession. Ils assistent au spectacle. On nous impose une Constitution que nous ne voulons pas ? Il n'y a rien l&#224;. La vie continue. On nous vole un r&#233;f&#233;rendum. Chut ! Pas de vagues s'il vous pla&#238;t ! Etc., etc. D&#233;j&#224; Lionel Groulx, autrefois, affirmait que nos hommes politiques, qui acceptaient les ententes comprises dans le pacte conf&#233;d&#233;ratif ne savaient pas en tirer tous les avantages qu'ils auraient pu. Quand j'observe la conduite de nos hommes politiques ces derni&#232;res d&#233;cennies, je me dis que nous n'avons pas tellement &#233;volu&#233; depuis le temps de Duplessis. Quand j'&#233;coute nos hommes politiques , je me dis que nous sommes encore au nationalisme du temps de Duplessis que Pierre Vadeboncoeur a si bien d&#233;crit : &#171; Le nationalisme, chez nous, est une faible &#233;bauche de mouvement vers le pouvoir. Il ne convoite cependant pas le pouvoir ; il existe comme un pouvoir abstrait et m&#233;ditatif en marge du pouvoir r&#233;el et actif, et chacune de ses recrudescences repr&#233;sente un mouvement instinctif, mais aveugle et tout &#224; fait irr&#233;solu vers le pouvoir &#187;. Ce texte est de 1952, il est cit&#233; par Yvan Lamonde2, qui cite de nouveau Vadeboncoeur &#224; la page suivante : &#171; Vaincus, trop incertains de notre destin&#233;e, minorit&#233;, nous avons contract&#233; le pli de ne pas aller au bout de notre volont&#233;. &#187; C'est d&#233;j&#224; le Parti qu&#233;b&#233;cois dans toute sa v&#233;rit&#233; ! Plus loin, apr&#232;s avoir affirm&#233; qu'il faut rompre, Vadeboncoeur affirme : &#171; Mais rompre est un acte violent, au-del&#224; duquel il y a risque de ne pas retrouver d'assiette &#187;3. Ce qui est bien le probl&#232;me du Qu&#233;bec depuis les bouleversements de la R&#233;volution tranquille.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec actuel offre tous les signes de la crise d'adolescence. Il voudrait s'affranchir mais n'ose pas. Il s'affirme et se nie en m&#234;me temps. Le Qu&#233;bec se sent &#233;tranger dans son propre pays comme l'adolescent dans la maison de sa belle-m&#232;re. Il est insatisfait mais ne sait ce qu'il veut. Il est aussi mal &#224; l'aise envers son pass&#233; qu'envers son avenir. C'est qu'il ne sait pas qui il est finalement, il n'a pas de statut stable. Il fait des lois et d'autres les tripotent &#224; leur aise. Pensez &#224; la loi 101. On lui impose dans le continent un statut qu'il n'a jamais accept&#233;. Et on voudrait que les Qu&#233;b&#233;cois soient fiers d'&#234;tre Qu&#233;b&#233;cois !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je ne comprends pas le sens d'un certain discours nationaliste ax&#233; sur la fiert&#233;. Je pense &#224; cet &#233;tudiant qui ne voulait pas &#233;tudier l'histoire du Qu&#233;bec parce qu'elle &#233;tait constitu&#233;e d'une s&#233;rie d'&#233;checs. Il pr&#233;f&#233;rait l'ignorer, et en un sens, je le comprends car notre histoire, depuis 1760, n'est pas de nature &#224; susciter de la fiert&#233;. Je ne dis pas qu'il ne faille pas l'&#233;tudier, bien au contraire, mais pas par fiert&#233;, pour comprendre ce qui se passe actuellement. De quoi les Qu&#233;b&#233;cois seraient-ils fiers ? De l'&#233;chec de deux r&#233;f&#233;rendums ? Des commandites ? Du rapatriement unilat&#233;ral de la Constitution contre la volont&#233; unanime de l'Assembl&#233;e nationale ? De d&#233;mant&#232;lement de Mirabel ? De la pi&#232;tre performance de notre syst&#232;me de sant&#233; ? De la crise qui secoue le syst&#232;me d'&#233;ducation ? Du d&#233;labrement de la langue fran&#231;aise au Qu&#233;bec ? Du saccage de la Loi 101 par la Cour supr&#234;me du Canada ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et si nous remontons plus loin encore, pouvons-nous &#234;tre fiers de l'&#233;crasement des Patriotes par des gouverneurs et des militaires sanguinaires ? Je pense aux Patriotes. C'est presque &#234;tre sadiques que d'&#234;tre fiers de gens qui se font tuer pour avoir combattu pour le respect des droits d&#233;mocratiques. J'ai beaucoup de compassion pour eux, leur &#233;chec est le mien et ce n'est que lorsque le combat qu'ils ont entrepris arrivera &#224; son terme que nous pourrons &#234;tre fiers de ce qu'ils ont entrepris. Est-ce que je peux &#234;tre fier de l'imposition de l'Acte d'Union qui nous for&#231;ait &#224; acquitter les dettes de l'Ontario, qui nous imposait le m&#234;me nombre de d&#233;put&#233;s que l'Ontario alors que nous &#233;tions plus nombreux qu'eux ? De la Conf&#233;d&#233;ration qui nous a &#233;t&#233; impos&#233;e sans r&#233;f&#233;rendum, sans consultation populaire ? Et l'on pourrait continuer longtemps. Le temps n'est pas &#224; la fiert&#233; mais il devrait &#234;tre &#224; la lucidit&#233; et &#224; la fermet&#233;. Ne me parlez pas de fiert&#233;, mais de d&#233;termination, de volont&#233; d'ind&#233;pendance, de d&#233;fis &#224; relever. C'est lorsque nous nous serons pris en main que nous aurons raison d'&#234;tre fiers. C'est alors que nous sortirons de la crise de l'adolescence. &#171; Si nous voulons devenir souverains, comme l'explique Louis Bernard, &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Pourquoi-le-Quebec-libre&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;c'est d'abord pour nous-m&#234;mes&lt;/a&gt;. Non pour nous lib&#233;rer des autres, mais pour &#234;tre libres de nos choix &#187;4.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Notre R&#233;volution tranquille est complexe parce qu'elle a deux dimensions qui s'influencent. Elle a &#233;t&#233; pour nous le passage de la soci&#233;t&#233; traditionnelle &#224; la soci&#233;t&#233; industrielle et postmoderne, et en m&#234;me temps une d&#233;marche vers l'autonomie politique ou vers l'ind&#233;pendance. Elle &#233;tait une r&#233;volution nationale, l'aboutissement d'un long effort historique. Elle devait marquer la fin de la domination du Canada sur le Qu&#233;bec. Elle &#233;tait le moment que l'histoire offrait au Qu&#233;bec de se prendre en main. Le Canada anglais a aussi fait son passage de la soci&#233;t&#233; traditionnelle &#224; la soci&#233;t&#233; postmoderne, mais il n'avait pas besoin de mener le m&#234;me combat politique que nous. Notre situation &#233;tait donc beaucoup plus difficile que celle du reste du Canada, et elle continue &#224; &#234;tre extr&#234;mement probl&#233;matique. En 1960, le moment &#233;tait venu de corriger le d&#233;sastre de 1760. L'op&#233;ration a &#233;chou&#233; &#224; cause du manque de d&#233;termination de nos hommes politiques. La tentative timide de se prendre en main s'est transform&#233;e en refus de soi, en refus de son identit&#233;, et sp&#233;cialement de son identit&#233; profonde, son identit&#233; religieuse. Les cons&#233;quences d'une telle d&#233;mission sont d&#233;sastreuses. Un peuple n'existe pas, s'il n'a pas une certaine conscience de son identit&#233;. Et comme dit Jacques Grandmaison, &#171; &lt;a href=&quot;http://classiques.uqac.ca/contemporains/grandmaison_jacques/questions_interdites/questions_interdites.pdf&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;on ne se cr&#233;e pas une nouvelle identit&#233; &#224; partir de z&#233;ro&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je m'arr&#234;te ici quelque peu &#224; cette perte de son identit&#233; religieuse qui affecte le Qu&#233;bec dans le sillage de la R&#233;volution tranquille. Je note d'abord que je suis mal &#224; l'aise dans ce Qu&#233;bec qui refuse son identit&#233; chr&#233;tienne, qui en a fait une esp&#232;ce d'interdit. Dans notre Qu&#233;bec &#171; &#233;volu&#233; &#187;, &#171; lib&#233;r&#233; &#187;, il faut faire comme si nous n'&#233;tions pas de culture chr&#233;tienne, il ne faut pas parler de cela. On peut parler de l'islam, du zen, du bouddhisme, mais pas du christianisme, et surtout pas du catholicisme. Cela fait ringard, r&#233;actionnaire, de &#171; droite &#187;, conservateur. Dans la deuxi&#232;me moiti&#233; du vingti&#232;me si&#232;cle, des &#233;crivains, des gens des m&#233;dias se sont occup&#233;s &#224; d&#233;molir la culture chr&#233;tienne, &#224; ridiculiser la pr&#233;sence de l'&#201;glise dans la soci&#233;t&#233; et dans l'histoire, et nous subissons actuellement les cons&#233;quences d&#233;sastreuses de cette entreprise de d&#233;molition.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je comprends que des gens n'aient pas la foi et je respecte tout &#224; fait les options spirituelles de chacun. Mais je parle ici de culture. Les Qu&#233;b&#233;cois, les Canadiens fran&#231;ais du Qu&#233;bec, qu'ils le veuillent ou non , qu'ils l'admettent ou non, qu'ils aient la foi ou qu'ils ne l'aient pas, sont de culture chr&#233;tienne. Ils ne sont pas de culture indouiste ou bouddhiste ou musulmane, ils sont de culture chr&#233;tienne ou ils ne sont rien au point de vue culturel.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Encore une fois, je ne parle pas ici de la foi, je parle de la culture dans le sens o&#249; je l'ai consid&#233;r&#233;e au chapitre cinq. La culture n'est pas que jeu d'esprit ou raffinement. Elle assume et consacre la relation de l'homme au monde, la relation de l'individu aux autres individus, &#224; la collectivit&#233;, la relation de l'homme &#224; l'Univers, &#224; la transcendance. La culture comporte un aspect religieux, tout comme la nation, parce qu'elle implique l'homme et son destin. Je ne parle pas de foi chr&#233;tienne ou autre. Je parle de principes, de valeurs, de convictions, de croyances qui sont le produit d'une longue exp&#233;rience de la foi chr&#233;tienne. La culture, on pourrait prendre ici le mot au sens de civilisation, est toujours pour une part un h&#233;ritage. M&#234;me si l'h&#233;ritier renie ses parents, il ne reste pas moins qu'il dispose d'un bien dont il a h&#233;rit&#233;. Mais s'il refuse cet h&#233;ritage, il est d&#233;muni. La culture qu&#233;b&#233;coise est le produit d'une longue exp&#233;rience chr&#233;tienne et la n&#233;gation de cette donn&#233;e est assimilable &#224; une forme de suicide.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La culture implique l'id&#233;e de cr&#233;ation de sens, d'int&#233;gration de l'homme &#224; l'univers, d'une certaine mani&#232;re pour les hommes de vivre ensemble. Or une nation, c'est un groupement humain qui a une histoire commune, des valeurs communes, une certaine culture commune. C'est pourquoi la nation comporte une dimension religieuse.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce qui s'est pass&#233; au Qu&#233;bec dans la deuxi&#232;me moiti&#233; du vingti&#232;me si&#232;cle, c'est ce qui s'est pass&#233; en Occident, dans la chr&#233;tient&#233; occidentale, au m&#234;me moment, mais cette mutation s'est conjugu&#233;e chez nous &#224; une d&#233;marche d'affranchissement nationale, ce qui compliquait &#233;norm&#233;ment le processus.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Prenons l'exemple d'un pays musulman, disons le Maroc, qui est un de la soixantaine de pays qui ont fait leur ind&#233;pendance dans la deuxi&#232;me moiti&#233; du vingti&#232;me si&#232;cle. L'islam ne conna&#238;t pas &#224; ce moment la profonde mutation que conna&#238;t la chr&#233;tient&#233;. Le Maroc s'affranchit de la domination d'une puissance &#233;trang&#232;re pour se prendre en main, pour retrouver son autonomie. Cette d&#233;marche est en m&#234;me temps qu'une d&#233;marche de lib&#233;ration, une affirmation, une consolidation de son identit&#233; religieuse. Je ne dis pas que toutes les lib&#233;rations nationales qui se sont produites au vingti&#232;me si&#232;cle sont des r&#233;ussites, mais je suis d'avis que le mouvement de lib&#233;ration du Qu&#233;bec avait une caract&#233;ristique particuli&#232;re qui devait rendre le processus confus, ambigu, et qui explique que la d&#233;marche de lib&#233;ration se soit transform&#233;e en une d&#233;marche de refus, de n&#233;gation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai essay&#233; de d&#233;crire dans mon sixi&#232;me chapitre &#171; Feu la chr&#233;tient&#233; &#187;, la transformation qui a affect&#233; la chr&#233;tient&#233; occidentale au seuil de la modernit&#233;. C'&#233;tait une transformation radicale qui devait affecter la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise car non seulement nous faisions partie de la chr&#233;tient&#233;, mais la religion chr&#233;tienne &#233;tait pour nous le ch&#226;teau fort de la r&#233;sistance. En 1760, la colonie canadienne est d&#233;capit&#233;e. Les cadres, la bourgeoisie, l'arm&#233;e retournent en France. Ils sont remplac&#233;s par le conqu&#233;rant qui s'empresse d'exclure les Canadiens de la vie publique en imposant le Serment du Test. Le pouvoir nous &#233;chappe. L'&#201;glise d&#232;s lors appara&#238;t comme la gardienne du peuple canadien qui s'organisera en marge du pouvoir politique. Un Canadien anglais, Thomas Sloan, affirme que le contexte de la Conqu&#234;te fera de l'&#201;glise canadienne une &#201;glise &#171; authentiquement nationale &#187;. Que l'&#201;glise sera &#171; le facteur d&#233;cisif d'une r&#233;elle survivance de la culture fran&#231;aise en Am&#233;rique du Nord &#187;. Il explique que &#171; le monolithisme dont le Canada fran&#231;ais catholique a fait preuve au xxe si&#232;cle exprime la r&#233;action imm&#233;diate d'un peuple menac&#233; face aux dangers de l'assimilation et de l'extinction. L'&#201;glise, dit-il, et la nationalit&#233; se rapproch&#232;rent l'une de l'autre dans un but de protection mutuelle &#187;5.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le sens de la R&#233;volution tranquille c'est de mettre fin &#224; cette p&#233;riode historique pendant laquelle l'&#201;glise a en quelque sorte jou&#233; un r&#244;le de suppl&#233;ance. Les gens du Qu&#233;bec s'appellent maintenant les Qu&#233;b&#233;cois. Ils ont conscience de former un peuple, une nation, ce que le F&#233;d&#233;ral refuse d'abord mais finit par accepter, ne pouvant faire autrement. L'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois prend le pouvoir. L'&#201;glise se d&#233;met de ses fonctions de suppl&#233;ance dans le monde de l'&#233;ducation et de la sant&#233;. C'est une nouvelle &#233;poque qui commence et qui devrait d&#233;boucher sur l'ind&#233;pendance. Cette &#233;ch&#233;ance tarde &#224; se r&#233;aliser et ce retard explique la perplexit&#233; dans laquelle se retrouvent les Qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais ce que je veux consid&#233;rer ici, c'est la crise religieuse ou spirituelle qui affecte les Qu&#233;b&#233;cois dans cette d&#233;marche d'affirmation et d'&#233;mancipation. Il faut rappeler que l'&#201;glise n'&#233;tait pas oppos&#233;e &#224; la d&#233;marche de fond de la R&#233;volution tranquille. Elle en &#233;tait plut&#244;t un agent inspirateur actif. Comment expliquer d&#232;s lors que la R&#233;volution tranquille a entra&#238;n&#233; une profonde d&#233;saffection de la religion catholique, une d&#233;saffection profonde du Qu&#233;bec &#224; l'&#233;gard de son h&#233;ritage spirituel ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je vois deux causes &#224; cette d&#233;saffection qui prend l'allure d'une d&#233;bandade. La premi&#232;re est ce que j'ai appel&#233; pr&#233;c&#233;demment le refus de soi du colonis&#233;, le refus de son identit&#233;. C'est ce qui explique pour une part que le Qu&#233;b&#233;cois ne s'int&#233;resse pas &#224; son histoire, qu'il se soucie tr&#232;s peu de respecter la langue fran&#231;aise. Le colonis&#233; se m&#233;prise lui-m&#234;me comme l'ont expliqu&#233; si &#233;loquemment les penseurs comme Jacques Berque, Jean-Paul Sartre, Frantz Fanon et tant d'autres, et il ne peut &#233;chapper &#224; cette ali&#233;nation qu'en acc&#233;dant &#224; l'autonomie, &#224; l'ind&#233;pendance. Ce qui est assez &#233;trange, c'est que le Parti qu&#233;b&#233;cois qui voulait faire l'ind&#233;pendance ne se soit pas souci&#233; d'am&#233;liorer l'enseignement de l'histoire et de la langue fran&#231;aise qui constituent pourtant des facettes importantes de notre identit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La deuxi&#232;me cause est li&#233;e &#224; la conjoncture occidentale. Au moment o&#249; le Qu&#233;bec connaissait sa r&#233;volution historique, la chr&#233;tient&#233; occidentale, dont fait partie le Qu&#233;bec, connaissait elle aussi une profonde mutation. Nous &#233;tions au Qu&#233;bec en pleine chr&#233;tient&#233;. Or voici qu'en Europe, la chr&#233;tient&#233; se remet en question, se d&#233;sagr&#232;ge. La crise est en quelque sorte reconnue et accr&#233;dit&#233;e par le Concile Vatican II qui reconna&#238;t que la vie chr&#233;tienne doit se moderniser. Vatican II reconna&#238;t en quelque sorte que la chr&#233;tient&#233;, au sens o&#249; je l'ai d&#233;crite pr&#233;c&#233;demment, est p&#233;rim&#233;e, que la vie chr&#233;tienne doit se donner une nouvelle expression. Le Qu&#233;bec s'ins&#232;re dans ce mouvement et on peut dire que chez nous, la R&#233;volution tranquille, tout en &#233;tant un effort de nous prendre en main est aussi une tentative de nous d&#233;faire d'une certaine image de nous-m&#234;mes. Reprenons cette consid&#233;ration de fa&#231;on plus explicite. Le colonis&#233; musulman ou indou se lib&#232;re du colonisateur pour retrouver son identit&#233;. La r&#233;volution se fait contre l'autre. Au Qu&#233;bec, la R&#233;volution tranquille se fait contre le colonisateur et en m&#234;me temps contre une image de nous-m&#234;mes, ce qui chez plusieurs se transforme en un rejet de notre identit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On comprend que cette d&#233;marche pouvait se pr&#234;ter &#224; beaucoup de confusion, et de fait, elle s'est envelopp&#233;e de confusion.. Les esprits chagrins et but&#233;s avaient beau jeu de tabler sur un malaise qui n' &#233;tait que trop &#233;vident, d'aviver des frustrations persistantes, de proposer les interpr&#233;tations les plus fantaisistes. Dans cette op&#233;ration, la lucidit&#233; n'a pas &#233;t&#233; au rendez-vous. Certes il fallait faire la critique de la soci&#233;t&#233; traditionnelle mais il fallait &#233;viter de provoquer chez le Qu&#233;b&#233;cois le rejet de son identit&#233;, le rejet de lui-m&#234;me. Il fallait rejeter un v&#234;tement, on a rejet&#233; une identit&#233;. &#192; l'&#232;re des &#171; lib&#233;rations &#187;, il fallait se &#171; lib&#233;rer &#187; de tout et de n'importe quoi !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On pourrait consid&#233;rer l'op&#233;ration sous l'angle du proc&#232;s. D'ailleurs, dans le contexte de la modernit&#233;, la &#171; mentalit&#233; de proc&#232;s &#187;, comme l'appelle Milan Kundera, sied tr&#232;s bien aux grandes mutations de soci&#233;t&#233;. C'est tout naturellement que le d&#233;bat public prit la forme d'un proc&#232;s de la soci&#233;t&#233; traditionnelle qu'on se plaisait &#224; accuser sans consid&#233;rer les nuances et les pr&#233;cisions qu'un v&#233;ritable esprit critique aurait pu produire. Dans un contexte historique comme celui qui est le n&#244;tre, les simplifications grossi&#232;res passent souvent pour des oracles et les grossi&#232;ret&#233;s pour des gestes courageux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On peut aussi consid&#233;rer l'op&#233;ration sous l'angle du d&#233;roulement de l'histoire. &#171; Celui qui est libre du pass&#233; est lib&#233;r&#233; &#187;, &#233;crit Andr&#233; Comte-Sponville6 . Il me semble que la plupart de nos nouveaux clercs seraient d'accord avec une telle affirmation. Pourtant, s'il est vrai qu'on ne peut tra&#238;ner avec soi les frasques du pass&#233;, il n'en reste pas moins qu'on ne peut se d&#233;barrasser du pass&#233; comme on le voudrait. Le pass&#233; n'est pas une fiction, il est en nous, il fait partie de nous, nous sommes son oeuvre pour une part. Nous ne sommes pas encore dans l'&#233;ternit&#233;. C'est le temps qui donne &#224; notre &#234;tre sa consistance. Rejeter son pass&#233;, c'est se refuser soi-m&#234;me et ce refus peut &#234;tre catastrophique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La relation des Qu&#233;b&#233;cois &#224; leur pass&#233; est lourde de malentendus, de frustrations et de souffrances. Leur m&#233;moire, comme celle de tous les peuples colonis&#233;s, est une m&#233;moire malade. Elle consid&#232;re l'histoire pour essayer d'expliquer le malheur qui lui est arriv&#233;, elle excuse les uns, accuse les autres. Autant tout oublier, ou essayer d'oublier. Je suis toujours &#233;tonn&#233; de voir avec quelle facilit&#233;, quelle rapidit&#233; les Qu&#233;b&#233;cois se sont accommod&#233;s du rapatriement unilat&#233;ral de la Constitution, du refus des Accords du Lac Meech, des Commandites, du vol du r&#233;f&#233;rendum de 1995, et je ne remonte pas &#224; l'Union qui nous a &#233;t&#233; impos&#233;e dans le m&#233;pris, de m&#234;me que la Conf&#233;d&#233;ration. Les Qu&#233;b&#233;cois gardent le silence sur leur pass&#233;, ce qui ne veut pas dire qu'ils l'oublient mais qu'ils ne peuvent supporter le regard sur leur pass&#233;. Ils ont conscience qu'il s'est pass&#233; quelque chose d'injuste. Ils ne savent pas trop quoi. Mieux vaut oublier. Mais ce n'est pas possible. On n'oublie pas une blessure, m&#234;me si on ne sait trop comment elle s'est produite. Elle est toujours l&#224;, et elle rend la vie inconfortable, elle compromet le bonheur. Le Qu&#233;b&#233;cois ne peut oublier son pass&#233;, et il le porte comme une blessure.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;D&#233;labrement profond de l'armature spirituelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La R&#233;volution tranquille, cela est bien &#233;vident, &#233;tait n&#233;cessaire. Le Qu&#233;bec devait sortir de ce que j'appelle l'&#233;poque de la survivance qui &#233;tait &#233;tay&#233;e par l'&#201;glise. Mais c'&#233;tait une op&#233;ration d&#233;licate. Il fallait &#233;viter, dans cette op&#233;ration de correction, de tout bazarder. Or elle s'est faite de fa&#231;on aveugle, anarchique, en m&#234;me temps que se produisait la r&#233;volution technologique, l'av&#232;nement de la postmodernit&#233;, et la grande mue de la chr&#233;tient&#233;. Tout ce qui existait devenait caduc. Il fallait s'accrocher &#224; du nouveau, quel qu'il soit, se r&#233;inventer &#224; partir de rien.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Celui qui a le mieux d&#233;crit la nature et les implications de cette mutation me semble bien &#234;tre Pierre Vadeboncoeur dans son livre magistral &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Pierre_Vadeboncoeur&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Les Deux royaumes&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. Il est clair pour moi qu'il touchait au coeur m&#234;me du probl&#232;me, et si son ouvrage fut accueilli si s&#233;v&#232;rement par certains, c'est parce qu'il mettait le doigt sur des fourvoiements qui n'&#233;taient que trop &#233;vidents.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vadeboncoeur &#233;crit par exemple : &#171; &#202;tre moderne, aujourd'hui, ce n'est pas &#234;tre quelque chose, c'est n'&#234;tre rien, pr&#233;alablement. C'est &#234;tre avant ce qui sera ... C'est le no man's land de l'histoire, de la philosophie, de la politique, de la morale, de la culture, et aussi de l'humain... &#187; Et plus loin : &#171; Mais en r&#233;alit&#233;, non seulement a-t-on d&#233;truit le pass&#233;, mais ce faisant, on a d&#233;truit aussi quantit&#233;s de passages vers l'avenir &#187;7. La soci&#233;t&#233; s'est en quelque sorte vid&#233;e de son &#226;me. Elle n'offre plus de &#171; justification de la beaut&#233; &#187;, ni de l'amour, ni de la vertu, ni de l'esprit8. Vadeboncoeur met cette d&#233;perdition en relation avec l'apparition du scepticisme qui est un produit du dix-huiti&#232;me si&#232;cle, ce qui me semble tr&#232;s juste, et du ph&#233;nom&#232;ne concomitant qui est la dissolution de la chr&#233;tient&#233;. Avec la chr&#233;tient&#233; se sont &#233;vanouis les &#171; dogmes &#187; qui avaient &#233;t&#233; &#171; une forme de m&#233;moire, un moyen de conservation et de transmission des symboles les plus &#233;lev&#233;s &#187;. Ce sont eux qui &#171; soutenaient la vo&#251;te du ciel de l'homme &#187;9. C'est la chr&#233;tient&#233; qui, en Occident et dans le monde, la chr&#233;tient&#233; comme institution culturelle, historique qui portait les raisons supr&#234;mes, les &#171; dogmes &#187;. En s'&#233;vanouissant, en quelque sorte, la chr&#233;tient&#233; a emport&#233; avec elle les &#171; dogmes &#187;, les valeurs, je dirais m&#234;me les &#171; raisons &#187; qu'elle portait. On ne remplace pas du jour au lendemain cette armature spirituelle, cette structure culturelle. J'&#233;cris ceci en novembre 2007. Les m&#233;dias d&#233;crivent jusqu'&#224; sati&#233;t&#233; la perplexit&#233; de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise, le d&#233;labrement du syst&#232;me d'&#233;ducation. Ces fl&#233;trissures sont le signe d'un d&#233;labrement profond de l'armature spirituelle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comment, la chr&#233;tient&#233; disparaissant, assurer la pr&#233;sence des &#171; dogmes &#187; &#224; la conscience des humains ? Une soci&#233;t&#233; sans &#171; dogmes &#187; est comme un bateau non lest&#233;. Le monde o&#249; s'&#233;tait d&#233;ploy&#233;e la &#171; chr&#233;tient&#233; &#187; se trouve, au moment o&#249; celle-ci d&#233;p&#233;rit, dans la m&#234;me situation que celle o&#249; se trouvaient les premiers chr&#233;tiens. Il a &#224; inventer une nouvelle culture qui sera produite par l'exp&#233;rience du monde nouveau, exp&#233;rience inspir&#233;e et transfigur&#233;e par la foi. Ce processus est d&#233;j&#224; en marche et se perp&#233;tuera jusqu'&#224; la fin des temps. D&#233;j&#224; les signes de la post-chr&#233;tient&#233; se manifestent. L'&#201;glise se renouvelle lentement mais s&#251;rement. Ce que les discussions de la Commission Bouchard-Taylor nous ont peut-&#234;tre r&#233;v&#233;l&#233; de plus pr&#233;cieux, c'est que le Qu&#233;bec populaire n'est pas ce que l'on imaginait. Les m&#233;dias nous avaient habitu&#233;s &#224; penser que le peuple qu&#233;b&#233;cois avait compl&#232;tement rompu avec son pass&#233;, avait reni&#233; son identit&#233; chr&#233;tienne. Or ce qui est apparu plusieurs fois au cours des discussions publiques, c'est que le vieux fond catholique qu&#233;b&#233;cois ne s'est pas &#233;vanoui. C'est ce que confirment les auteurs Raymond Lemieux et Jean-Paul Montminy : &#171; ... le catholicisme qu&#233;b&#233;cois, &#224; l'instar des autres confessions chr&#233;tiennes dans l'Occident s&#233;cularis&#233;, est loin d'&#234;tre moribond. Ses v&#233;rit&#233;s, paradoxales, restent dans l'ombre, contrairement aux oeuvres encadrant la culture autrefois. Elles n'en demeurent pas moins actives et profond&#233;ment ancr&#233;es dans les terreaux humains &#171; 10.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C&#8216;est ma conviction que la foi chr&#233;tienne ne peut mourir. Elle reste vivante dans les cendres m&#234;mes de la chr&#233;tient&#233; et inspirera une nouvelle culture. Il ne s'agit pas de rafistoler des structures anciennes, de coudre des pi&#232;ces nouvelles dans de vieux v&#234;tements, de mettre le vin nouveau dans de vieilles outres. Dans l'ordre de la foi, l'histoire n'ob&#233;it pas aux r&#232;gles du progr&#232;s continu mais &#224; celles de la mort et de la r&#233;surrection.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;15 d&#233;cembre 2007 Paul-&#201;mile Roy&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;NOTES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1 - Cit&#233; par Marcel Rioux, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Un peuple dans le si&#232;cle&lt;/i&gt;, Bor&#233;al, 1990, p. 276-277.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2 - Yvan Lamonde, &#171; Est-on quitte envers le pass&#233; ? Borduas, Vadeboncoeur et le d&#233;nouement de &#171; Notre ma&#238;tre le pass&#233; &#187;, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Cahiers des dix&lt;/i&gt;, No 60, 2006, p. 221.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;3 - &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 225.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;4 - Louis Bernard, &#171; Pourquoi le Qu&#233;bec libre &#187;, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Devoir&lt;/i&gt;, 21 ao&#251;t, 2007.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;5 - Thomas Sloan, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Une r&#233;volution tranquille ?&lt;/i&gt; Traduit par Michel van Schendel, Montr&#233;al, HMH, 1965, p. 48, 49, 47.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;6 - Andr&#233; Comte-Sponville, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Esprit de l'ath&#233;isme&lt;/i&gt;, Albin Michel, 2006, p. 197&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;7 - Pierre Vadeboncoeur, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les deux royaumes&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, L'Hexagone, 1978, p. 183.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;8 - &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 192.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;9 - &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 48.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;10 - Raymond Lemieux, Jean-Paul Montminy, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Catholicisme qu&#233;b&#233;cois&lt;/i&gt;, Qu&#233;bec, Les &#201;ditions de l'IQRC, 2000, p. 122.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Le Qu&#233;bec devant la glace : entre l'ajournement et l'abandon</title>
		<link>http://www.vigile.net/Le-Quebec-devant-la-glace-entre-l</link>
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		<dc:date>2007-12-07T20:22:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Dominic Desroches - Collaboration sp&#233;ciale</dc:creator>
		


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		<description>Envisager aujourd'hui la r&#233;alit&#233; du pire, c'est savoir qu'il faut changer soi-m&#234;me quelque chose de son vivant, et cela dans la mesure du possible. Envisager le pire, c'est vivre encore. Quand on s'est bien regard&#233; dans la glace, il faut se pr&#233;parer &#224; sortir (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p align=right&gt;&#171; Pourquoi nous retirer et abandonner la partie, &lt;br&gt;
quand il nous reste tant d'&#234;tres &#224; d&#233;cevoir ? &#187;&lt;br&gt;
&#201;mile Cioran, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Syllogismes de l'amertume&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise se regarde dans un miroir. Si sa maturit&#233; politique
tarde &#224; venir, elle se regarde via les autres et s'inqui&#232;te. Car le
mouvement affirmatif qui a pr&#233;sid&#233; &#224; sa modernit&#233; et qui l'a rendue fi&#232;re
d'elle-m&#234;me, la R&#233;volution tranquille, conna&#238;t ses effets et ses limites.
Les acquis de cette r&#233;volution sont sans cesse remis en question et
nombreux sont les jeunes et moins jeunes qui ne semblent gu&#232;re comprendre
pourquoi le Qu&#233;bec s'est modernis&#233;. Quelque chose ne passe pas entre les
combats des plus vieux et les int&#233;r&#234;ts des plus jeunes : un lien s'est
bris&#233;. Les luttes n'int&#233;ressent plus ceux qui veulent faire de l'argent
imm&#233;diatement et qui sont pr&#234;ts &#224; tout pour suivre le discours dominant.
Trop de nos jeunes, insensibles au travail de l'histoire, ignorant presque
tout des batailles du pass&#233;, ne cherchent qu'&#224; s'&#233;tourdir dans la
technologie et &#224; oublier. C'est ainsi que le Qu&#233;bec se regarde lui-m&#234;me,
mais n'appr&#233;cie pas l'image que le miroir lui renvoie. Son pass&#233; difficile,
religieux et humiliant, revient le hanter souvent. On dirait que le Qu&#233;bec paie le prix fort de son &#171; ajournement &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce texte veut r&#233;fl&#233;chir aux effets de l'ajournement de soi-m&#234;me dans la
r&#233;alit&#233; de l'abandon. En clair : il envisage le pire. Par artifice de
m&#233;thode, il accepte d'envisager le pire pour une soci&#233;t&#233;, &#224; savoir son
d&#233;clin. L'image traumatisante d'un viaduc qui s'effondre implique plus que
la chute d'une structure : elle renvoie aussi l'image de l'&#233;rosion de ce
que les Qu&#233;b&#233;cois ont construit de plus solide durant les d&#233;cennies
1960-70. Or pourquoi nos constructions tombent-elles ? Sommes-nous capables
de les entretenir ? Il ne faut pas &#234;tre un grand clerc pour voir que les &#171; constructions &#187; qu&#233;b&#233;coises sont mises &#224; rude &#233;preuve, vacillent et parfois
s'effondrent. Malgr&#233; certaines r&#233;ussites, il faut voir les faits. Qu'on
pense aux grands symboles : la sortie du Cardinal Ouellet t&#233;moignant d'une
&#201;glise qui se perd, les probl&#232;mes financiers de l'UQAM, la mont&#233;e du priv&#233;
en sant&#233;, les &#233;checs du syst&#232;me d'&#233;ducation, les scandales &#233;conomiques et
politiques, le laxisme s'infiltrant dans les institutions, le d&#233;clin
d&#233;mographique, le recul progressif et irr&#233;versible du fran&#231;ais &#224; Montr&#233;al,
la mise sur pied de la culpabilisante Commission Bouchard-Taylor sur les
accommodements par un gouvernement irresponsable et incapable de d&#233;fendre la
la&#239;cit&#233; de son r&#233;seau public, etc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On pourrait dire que tout ne va pas si mal, mais notre th&#232;se dit que
refuser la responsabilit&#233; que l'on a envers soi-m&#234;me et envers les autres
s'appelle l'abandon. Que celui-ci est pr&#233;c&#233;d&#233; par l'angoisse de la perte.
Les questions peu agr&#233;ables qu'il faut se poser aujourd'hui sont les
suivantes : le Qu&#233;bec, qui a opt&#233; pour l'ajournement, est-il en train de
s'abandonner lui-m&#234;me ? Si oui, quelles sont les causes ? Et si le Qu&#233;bec
s'abandonne lentement, cela signifie-t-il qu'il ira in&#233;luctablement vers sa
fin ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Disparition de la figure d'autorit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On rel&#232;vera d'abord que la R&#233;volution tranquille, qui devait lib&#233;rer les
citoyens opprim&#233;s par la religion, a produit, sur 40 ans, un effet pervers : la disparition de la figure d'autorit&#233;. En effet, en chassant tous les
pr&#234;tres de la vie publique, l'on a chass&#233; du m&#234;me coup toutes les figures
symboliques d'autorit&#233;. Nous avons choisi la libert&#233; et nous r&#233;coltons
aujourd'hui les fruits de ce renversement ultra-rapide de la tradition dans
la modernit&#233;. La figure d'autorit&#233;, que ce soit celle du p&#232;re, du
professeur ou du policier, a disparu au profit d'un rel&#226;chement, d'un
laxisme, d'un &#171; chacun pour soi &#187;. Toute autorit&#233; au Qu&#233;bec est suspecte,
ce qui entra&#238;ne un manque de respect envers les lois et les principes et la
soci&#233;t&#233; dans son ensemble. Ce n'est pas &#234;tre de droite, &#171; r&#233;actionnaire &#187;
ou moralisateur que de relever l'absence de civisme et d'entraide dans
notre soci&#233;t&#233;. Qui aujourd'hui peut dire sans rire que notre soci&#233;t&#233; est
respectueuse, polie, prometteuse, juste et &#233;quitable ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&#201;chec de la fonction paternelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La disparition de la figure de l'autorit&#233; trouve sa correspondance dans
l'&#233;chec de la fonction paternelle. En psychologie, la fonction paternelle
est d&#233;cisive puisque c'est la fonction de l'interdit incarn&#233; par les
parents que doivent int&#233;rioriser progressivement les enfants durant leur
d&#233;veloppement. L'interdit est d&#233;cisif puisqu'il permet de tracer des
limites aux pulsions afin de favoriser l'apprentissage de la vie sociale.
Un enfant qui ne respecte pas ses parents (ou l'autorit&#233;) conna&#238;tra
in&#233;vitablement des probl&#232;mes sociaux, car il n'aura pas int&#233;rioris&#233; la loi,
l'interdit, c'est-&#224;-dire ce qu'il ne faut pas faire. Il conna&#238;tra des
difficult&#233;s &#224; devenir adulte. Il ne pourra pas se choisir lui-m&#234;me et
envisager son avenir, car il attendra que quelqu'un d'autre lui indique la
bonne direction. Si la fonction paternelle est affaiblie, alors les jeunes
auront besoin de &#171; policiers &#187; pour tracer &#224; leur place des limites&#8230; Et,
incapables de choisir, n'agissant que par l'autre, ils attendront&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'ajournement de soi-m&#234;me &#224; l'infini&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il appert que la disparition de toute autorit&#233; et l'&#233;chec de la fonction
paternelle &#224; inculquer le sens de la loi rendent la soci&#233;t&#233; vuln&#233;rable,
instable et immature. Or, que fait l'individu immature et instable ? Il se
regarde mais il est incapable de se prendre en main, de respecter les
autres et de relever les d&#233;fis de la responsabilit&#233;. Il pense construire,
mais il ne se sent pas impliqu&#233; dans l'avenir. En politique, devant le
grand miroir, les citoyens form&#233;s dans l'ajournement auront tendance &#224;
banaliser l'instant du choix. Ils riront de ce qui importe pour les grands.
L'ajournement est le nom que l'on doit donner &#224; la position de repli de
celui qui ne veut pas choisir lui-m&#234;me son avenir et qui remet &#224; plus tard
l'obligation de s'assumer. L'ajournement, ce n'est pas une d&#233;mission ni un
renoncement, c'est plut&#244;t une mise entre parenth&#232;ses ou une suspension du
choix. L'int&#233;ressant, c'est que lorsque l'on s'ajourne soi-m&#234;me, les autres
ont un int&#233;r&#234;t soudain &#224; choisir pour nous et &#224; poursuivre leur
d&#233;veloppement. L'ajournement repose sur la peur de l'&#233;chec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;alit&#233; de l'angoisse et du sentiment d'abandon&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quand une soci&#233;t&#233; s'ajourne sans fin et refuse de s'assumer, elle court
le risque de s'abandonner. Il s'agit du dernier et du pire sc&#233;nario, bien
s&#251;r, d'une sorte de pulsion de mort &#171; sociale &#187;. Le signal clair de cette
possibilit&#233; se trouve dans l'angoisse du choix. L'angoisse est un sentiment
d'&#233;tranget&#233; devant la possibilit&#233;, c'est-&#224;-dire d'un vertige devant les
hauteurs exig&#233;es par l'avenir. Ce qui angoisse, c'est pr&#233;cis&#233;ment la
libert&#233; du choix, celle qui veut qu'en agissant l'on puisse choisir le mal.
La possibilit&#233; du retour du mal, &#224; l'int&#233;rieur d'une soci&#233;t&#233; sans religion,
revient &#171; hanter &#187; la conscience de jadis et affoler la raison. On ressent
l'angoisse devant la peur d'une perte.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or la r&#233;alit&#233; de l'abandon est v&#233;cue lorsque l'on refuse un destin trop
lourd pour soi et que l'on reconna&#238;t son incapacit&#233; &#224; changer les choses.
L'abandon, qui est renoncement, concession, capitulation, se produit
lorsque l'on se d&#233;solidarise lentement des siens. Est abandonn&#233;e la
personne seule ; la personne sans famille. Est abandonn&#233;e la personne
pauvre, sans langue ; la personne qui critique sans comprendre. Est
abandonn&#233;e la personne qui a peur de parler et d'agir ; la personne qui
pr&#233;f&#232;re le pass&#233; rassurant au futur engageant. La personne, &#233;lev&#233;e dans
l'abandon, n'aura pas de difficult&#233; &#224; abandonner les autres en retour.
L'abandon, c'est un peu le mot de la fin.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Contre la pens&#233;e de la fin et du pire&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise conna&#238;t-elle les effets de son ajournement dans
l'abandon ? Le repliement identitaire tire-t-il &#224; sa fin ou commence-t-il ?
O&#249; en sommes-nous pr&#233;cis&#233;ment dans le cycle des hauteurs, nous qui ne
voyons plus l'int&#233;r&#234;t de faire des enfants, de d&#233;fendre notre culture et de
prot&#233;ger l'environnement ? Si certaines de nos infrastructures tombent, si
plusieurs de nos jeunes ne comprennent plus leurs parents et leurs
grands-parents, si nos jeunes adultes n'ont plus d'enfants, si les petites
familles ne voient plus l'int&#233;r&#234;t d'inculquer la politesse, si les
institutions publiques ne prot&#232;gent plus les principes universels, la&#239;ques
et d&#233;mocratiques, si les quartiers ne favorisent plus l'int&#233;gration des
arrivants, si le fran&#231;ais ne m&#233;rite plus de protection, si l'histoire est
devenue trop compliqu&#233;e &#224; raconter, etc&#8230; la pens&#233;e nous oblige &#224; envisager
la fin et le pire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1358 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:141px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.radio-canada.ca/radio/profondeur/gastonmiron/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_7-miron.jpg' width=&quot;141&quot; height=&quot;239&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Mais il y a tout de m&#234;me dans ce sc&#233;nario de d&#233;clin appr&#233;hend&#233; une bonne
nouvelle : le pire implique la possibilit&#233; de l'espoir, du meilleur et du
redressement. Gaston Miron, dans un po&#232;me tir&#233; de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Homme rapaill&#233;&lt;/i&gt;, &#233;crit
ces vers peu cit&#233;s :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; aujourd'hui debout droit&lt;br&gt;
demain couch&#233; bris&#233;&lt;br&gt;
je mourrai d'avoir &#233;t&#233; le m&#234;me&lt;br&gt;
je serai une ligne &#224; m&#234;me la terre&lt;br&gt;
n'ayant plus d'ombre&lt;br&gt;
&#244; mort &lt;br&gt;
pays possible &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Envisager aujourd'hui la r&#233;alit&#233; du pire, c'est savoir qu'il faut changer
soi-m&#234;me quelque chose de son vivant, et cela dans la mesure du possible.
Envisager le pire, c'est vivre encore. Quand on s'est bien regard&#233; dans la
glace, il faut se pr&#233;parer &#224; sortir dehors...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il me semble que le temps, justement, devrait &#234;tre au travail, &#224; l'effort
collectif et &#224; la construction d'une petite soci&#233;t&#233; plus responsable
d'elle-m&#234;me, aujourd'hui pour demain.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dominic DESROCHES&lt;br&gt; D&#233;partement de philosophie / Coll&#232;ge Ahuntsic&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	<item>
		<title>Lire pour penser</title>
		<link>http://www.vigile.net/Lire-pour-penser</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Louis Cornellier - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>&#202;tes-vous plut&#244;t du genre Bourgault ou Chr&#233;tien ? Dans un cas comme dans l'autre, vous ne vous ennuierez pas cette saison puisque les deux personnages feront beaucoup parler d'eux. Tr&#232;s attendu, le Bourgault de Jean-Fran&#231;ois Nadeau, chez Lux, suscitera assur&#233;ment de vives (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&#202;tes-vous plut&#244;t du genre Bourgault ou Chr&#233;tien ? Dans un cas comme dans l'autre, vous ne vous ennuierez pas cette saison puisque les deux personnages feront beaucoup parler d'eux. Tr&#232;s attendu, le Bourgault de Jean-Fran&#231;ois Nadeau, chez Lux, suscitera assur&#233;ment de vives discussions. Il en ira de m&#234;me des M&#233;moires que Jean (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Lire-pour-penser"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>L'&#201;tat-nation est-il en d&#233;composition ?</title>
		<link>http://www.vigile.net/L-Etat-nation-est-il-en</link>
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		<dc:date>2007-06-23T13:48:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Louis Cornellier - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>Quand il m'arrive, comme le dit ironiquement mon jeune fr&#232;re, de &#171; pencher dangereusement vers le socialisme &#187;, c'est-&#224;-dire de d&#233;fendre bec et ongles le mod&#232;le qu&#233;b&#233;cois et de souhaiter des hausses d'imp&#244;t pour sauver et am&#233;liorer les services publics, une petite voix me dit (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Quand il m'arrive, comme le dit ironiquement mon jeune fr&#232;re, de &#171; pencher dangereusement vers le socialisme &#187;, c'est-&#224;-dire de d&#233;fendre bec et ongles le mod&#232;le qu&#233;b&#233;cois et de souhaiter des hausses d'imp&#244;t pour sauver et am&#233;liorer les services publics, une petite voix me dit que j'en suis au baroud d'honneur et (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/L-Etat-nation-est-il-en"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	<item>
		<title>Docteur St&#233;phane et Mister Dion</title>
		<link>http://www.vigile.net/Docteur-Stephane-et-Mister-Dion</link>
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		<dc:date>2007-05-26T14:47:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Louis Cornellier - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>Il m'arrive, parfois, de trouver St&#233;phane Dion sympathique. Ses attitudes d'universitaire studieux &#233;gar&#233; en politique me charment. Son f&#233;d&#233;ralisme de combat heurte mes convictions les plus profondes, mais quelques traits de sa personnalit&#233; me rendent l'homme presque agr&#233;able &#224; (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Il m'arrive, parfois, de trouver St&#233;phane Dion sympathique. Ses attitudes d'universitaire studieux &#233;gar&#233; en politique me charment. Son f&#233;d&#233;ralisme de combat heurte mes convictions les plus profondes, mais quelques traits de sa personnalit&#233; me rendent l'homme presque agr&#233;able &#224; certains &#233;gards. La lecture de St&#233;phane Dion. &#192; (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Docteur-Stephane-et-Mister-Dion"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Best chance for sovereignty was lost</title>
		<link>http://www.vigile.net/Best-chance-for-sovereignty-was</link>
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		<dc:date>2007-05-18T15:06:31Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Jos&#233;e Legault - The Gazette (Montreal) </dc:creator>
		


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		<description>In 1996, Bouchard didn't go for sovereignty even though the planets were perfectly aligned, as Chretien knew. Instead, over the years, Bouchard's inaction squandered the Yes side's political momentum after the referendum (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;In 1996, Bouchard didn't go for sovereignty even though the planets were perfectly aligned, as Chretien knew. Instead, over the years, Bouchard's inaction squandered the Yes side's political momentum after the referendum near-victory. - &lt;a href="http://www.vigile.net/Best-chance-for-sovereignty-was"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>&#201;loges de la richesse et du Canada</title>
		<link>http://www.vigile.net/Eloges-de-la-richesse-et-du-Canada</link>
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		<dc:date>2007-05-16T13:37:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Jean-Fran&#231;ois Lis&#233;e</dc:creator>
		


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		<description>Les Cahiers du 27 juin - L'ouvrage compte 335 pages. Son sous-titre : Des id&#233;es pour donner au Qu&#233;bec les moyens de ses ambitions. Apr&#232;s quelques chapitres, au moment d'aborder son aspect programmatique, son auteur, Alain Dubuc, nous avise qu'il s'agira de &#171; la partie la (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Les Cahiers du 27 juin - L'ouvrage compte 335 pages. Son sous-titre : Des id&#233;es pour donner au Qu&#233;bec les moyens de ses ambitions. Apr&#232;s quelques chapitres, au moment d'aborder son aspect programmatique, son auteur, Alain Dubuc, nous avise qu'il s'agira de &#171; la partie la plus faible du livre &#187;. Il tient parole. Il faut (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Eloges-de-la-richesse-et-du-Canada"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Ottawa a &#233;tudi&#233; des sc&#233;narios sur la partition du Qu&#233;bec</title>
		<link>http://www.vigile.net/Ottawa-a-etudie-des-scenarios-sur</link>
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		<dc:date>2007-05-12T13:20:08Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Manon Cornellier - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>&#171; Lors d'un entretien en 2007, Dion expliqua que le gouvernement f&#233;d&#233;ral avait commenc&#233; &#224; examiner des sc&#233;narios possibles, y compris la mission ingrate de diviser le territoire et de d&#233;cider qui devrait poss&#233;der quoi. &quot;Certains coll&#232;gues s'&#233;taient attel&#233;s &#224; cette t&#226;che, mais je (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&#171; Lors d'un entretien en 2007, Dion expliqua que le gouvernement f&#233;d&#233;ral avait commenc&#233; &#224; examiner des sc&#233;narios possibles, y compris la mission ingrate de diviser le territoire et de d&#233;cider qui devrait poss&#233;der quoi. &quot;Certains coll&#232;gues s'&#233;taient attel&#233;s &#224; cette t&#226;che, mais je leur ai demand&#233; de ne pas le faire. J'&#233;tais s&#251;r (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Ottawa-a-etudie-des-scenarios-sur"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Jacques Pelletier, lecteur de gauche</title>
		<link>http://www.vigile.net/Jacques-Pelletier-lecteur-de</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Jacques-Pelletier-lecteur-de</guid>
		<dc:date>2007-05-06T19:38:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Louis Cornellier - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>Repr&#233;sentant de la gauche universitaire et militante qu&#233;b&#233;coise, Jacques Pelletier, professeur d'&#233;tudes litt&#233;raires &#224; l'UQAM, a s&#251;rement &#233;t&#233; &#233;branl&#233; par la r&#233;cente campagne &#233;lectorale. Partisan enthousiaste de la jeune formation Qu&#233;bec solidaire &#8212; il d&#233;die d'ailleurs son (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Repr&#233;sentant de la gauche universitaire et militante qu&#233;b&#233;coise, Jacques Pelletier, professeur d'&#233;tudes litt&#233;raires &#224; l'UQAM, a s&#251;rement &#233;t&#233; &#233;branl&#233; par la r&#233;cente campagne &#233;lectorale. Partisan enthousiaste de la jeune formation Qu&#233;bec solidaire &#8212; il d&#233;die d'ailleurs son plus r&#233;cent ouvrage &#224; ses leaders &#8212;, (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Jacques-Pelletier-lecteur-de"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Les jeux de l'amour et du hasard en Nouvelle-France</title>
		<link>http://www.vigile.net/Les-jeux-de-l-amour-et-du-hasard</link>
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		<dc:date>2007-04-14T12:16:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Louis Cornellier - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>Dans ses M&#233;moires d'un autre si&#232;cle, Marcel Trudel a bellement r&#233;sum&#233; le sentiment de celui qui explore une &#233;poque ancienne : &#171; Devant cette Nouvelle-France du XVIIe si&#232;cle, je suis comme un spectateur qu'un mur s&#233;pare de la sc&#232;ne. [...] J'entends des voix, mais les mots (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Dans ses M&#233;moires d'un autre si&#232;cle, Marcel Trudel a bellement r&#233;sum&#233; le sentiment de celui qui explore une &#233;poque ancienne : &#171; Devant cette Nouvelle-France du XVIIe si&#232;cle, je suis comme un spectateur qu'un mur s&#233;pare de la sc&#232;ne. [...] J'entends des voix, mais les mots n'ont pas de suite. Je voudrais poser des (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Les-jeux-de-l-amour-et-du-hasard"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	<item>
		<title>Et nous voil&#224; hypermodernes !</title>
		<link>http://www.vigile.net/Et-nous-voila-hypermodernes</link>
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		<dc:date>2007-03-24T04:08:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Louis Cornellier - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>C'est l'essoufflement de cette derni&#232;re, d'ailleurs, qui marque le monde actuel et incite Charles &#224; le qualifier d'hypermoderne. La postmodernit&#233; et l'hypermodernit&#233;, loin de constituer des ruptures avec la modernit&#233;, incarnent plut&#244;t une modernit&#233; qui se &#171; (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;C'est l'essoufflement de cette derni&#232;re, d'ailleurs, qui marque le monde actuel et incite Charles &#224; le qualifier d'hypermoderne. La postmodernit&#233; et l'hypermodernit&#233;, loin de constituer des ruptures avec la modernit&#233;, incarnent plut&#244;t une modernit&#233; qui se &#171; modernise &#187;, une &#171; modernit&#233; d&#233;pourvue de toute illusion (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Et-nous-voila-hypermodernes"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Seconde mort d'Hubert Aquin</title>
		<link>http://www.vigile.net/Seconde-mort-d-Hubert-Aquin</link>
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		<dc:date>2007-03-15T12:29:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		
		


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		<description>Il y a 30 ans aujourd'hui qu'Hubert Aquin a d&#233;cid&#233; de nous quitter. Je pense souvent &#224; lui. J'aurais voulu vieillir en sachant qu'il montait la garde. Est-il besoin de dire &#224; quel point il nous manque (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Il y a 30 ans aujourd'hui qu'Hubert Aquin a d&#233;cid&#233; de nous quitter. Je pense souvent &#224; lui. J'aurais voulu vieillir en sachant qu'il montait la garde. Est-il besoin de dire &#224; quel point il nous manque ? - &lt;a href="http://www.vigile.net/Seconde-mort-d-Hubert-Aquin"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	<item>
		<title>Oublier Hubert Aquin ?</title>
		<link>http://www.vigile.net/Oublier-Hubert-Aquin</link>
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		<dc:date>2007-03-15T11:03:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Lamberto Tassinari - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>Au Qu&#233;bec, il suffirait de citer certains passages de l'oeuvre d'Hubert Aquin pour &#233;clairer encore de fa&#231;on aigu&#235; et pertinente notre actualit&#233; sociale et politique. Et pourtant, &#224; vingt ans de son suicide, ni le milieu intellectuel ni les m&#233;dias n'ont senti, &#224; pr&#233;sent, la (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Au Qu&#233;bec, il suffirait de citer certains passages de l'oeuvre d'Hubert Aquin pour &#233;clairer encore de fa&#231;on aigu&#235; et pertinente notre actualit&#233; sociale et politique. Et pourtant, &#224; vingt ans de son suicide, ni le milieu intellectuel ni les m&#233;dias n'ont senti, &#224; pr&#233;sent, la n&#233;cessit&#233; de comm&#233;morer cet anniversaire. Une telle (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Oublier-Hubert-Aquin"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Une mort pr&#233;cipit&#233;e</title>
		<link>http://www.vigile.net/Une-mort-precipitee</link>
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		<dc:date>2007-03-15T10:27:01Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		
		


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		<description>http://www.fabula.org/actualites/ar... Il y a 30 ans, le 15 mars 1977, &#224; l'&#226;ge de 47 ans, Hubert Aquin s'enlevait la vie avec le fusil de chasse h&#233;rit&#233; de son p&#232;re. Il avait publi&#233; quatre romans. Sa vie fut br&#232;ve, une existence faite de sursauts et d'affaissements, &#224; (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;http://www.fabula.org/actualites/ar... Il y a 30 ans, le 15 mars 1977, &#224; l'&#226;ge de 47 ans, Hubert Aquin s'enlevait la vie avec le fusil de chasse h&#233;rit&#233; de son p&#232;re. Il avait publi&#233; quatre romans. Sa vie fut br&#232;ve, une existence faite de sursauts et d'affaissements, &#224; l'image de notre vie collective qui n'avait (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Une-mort-precipitee"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Le prince insurg&#233;</title>
		<link>http://www.vigile.net/Le-prince-insurge</link>
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		<dc:date>2007-03-10T13:25:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Andr&#233;e Ferretti - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>Aussi princier, aussi insurg&#233; qu'au d&#233;but des ann&#233;es 1960, mais si profond&#233;ment bless&#233; par notre inconsistance nationale, par l'indigence intellectuelle et la d&#233;loyaut&#233; envers le peuple de notre &#233;lite politique, &#233;conomique et culturelle et, plus que tout, par l'incoh&#233;rence de (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Aussi princier, aussi insurg&#233; qu'au d&#233;but des ann&#233;es 1960, mais si profond&#233;ment bless&#233; par notre inconsistance nationale, par l'indigence intellectuelle et la d&#233;loyaut&#233; envers le peuple de notre &#233;lite politique, &#233;conomique et culturelle et, plus que tout, par l'incoh&#233;rence de l'ensemble du mouvement ind&#233;pendantiste, (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Le-prince-insurge"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Pour que retentissent les essais qu&#233;b&#233;cois</title>
		<link>http://www.vigile.net/Pour-que-retentissent-les-essais</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Pour-que-retentissent-les-essais</guid>
		<dc:date>2007-02-17T15:50:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Louis Cornellier - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>Les Cahiers de lecture La tenace revue L'Action nationale a 90 ans cette ann&#233;e. Pour marquer le coup et pour t&#233;moigner &#171; de sa confiance en l'avenir &#187;, elle lance, cette saison, une publication connexe &#224; sa mission principale qui est, comme chacun le sait, de travailler &#224; (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Les Cahiers de lecture La tenace revue L'Action nationale a 90 ans cette ann&#233;e. Pour marquer le coup et pour t&#233;moigner &#171; de sa confiance en l'avenir &#187;, elle lance, cette saison, une publication connexe &#224; sa mission principale qui est, comme chacun le sait, de travailler &#224; l'av&#232;nement de la souverainet&#233; du Qu&#233;bec. (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Pour-que-retentissent-les-essais"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Guy Rocher, un sociologue pr&#233;sent</title>
		<link>http://www.vigile.net/Guy-Rocher-un-sociologue-present</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Guy-Rocher-un-sociologue-present</guid>
		<dc:date>2007-02-10T16:29:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Louis Cornellier - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>Fernand Dumont &#171; admirait l'envergure de son savoir, la p&#233;n&#233;tration de son esprit &#187;, et le pr&#233;sentait comme &#171; le mod&#232;le du sociologue &#187;. Gilles Bourque, aujourd'hui, compare son parcours &#224; celui du grand Maynard Keynes, &#171; lui qui alterna toute sa vie entre l'action et la (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/IMG/arton4356.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;98&quot; height=&quot;150&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;Fernand Dumont &#171; admirait l'envergure de son savoir, la p&#233;n&#233;tration de son esprit &#187;, et le pr&#233;sentait comme &#171; le mod&#232;le du sociologue &#187;. Gilles Bourque, aujourd'hui, compare son parcours &#224; celui du grand Maynard Keynes, &#171; lui qui alterna toute sa vie entre l'action et la production intellectuelle &#187;. Guy Rocher, puisque (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Guy-Rocher-un-sociologue-present"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Gilles Rh&#233;aume et les id&#233;es brunes</title>
		<link>http://www.vigile.net/Gilles-Rheaume-et-les-idees-brunes</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Gilles-Rheaume-et-les-idees-brunes</guid>
		<dc:date>2007-02-10T16:28:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Jean-Fran&#231;ois Nadeau - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>Malgr&#233; la b&#234;tise croissante des ouvrages de Jean C&#244;t&#233;, Gilles Rh&#233;aume a pleinement collabor&#233; avec lui. Le livre qui en r&#233;sulte a ainsi plus valeur de sympt&#244;me que de v&#233;rit&#233; politique. &#192; le lire, on constate en effet qu'il est bien &#233;trange de voir un Gilles Rh&#233;aume s'inqui&#233;ter des (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Malgr&#233; la b&#234;tise croissante des ouvrages de Jean C&#244;t&#233;, Gilles Rh&#233;aume a pleinement collabor&#233; avec lui. Le livre qui en r&#233;sulte a ainsi plus valeur de sympt&#244;me que de v&#233;rit&#233; politique. &#192; le lire, on constate en effet qu'il est bien &#233;trange de voir un Gilles Rh&#233;aume s'inqui&#233;ter des d&#233;rives suppos&#233;es &#224; la SSJB alors qu'il (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Gilles-Rheaume-et-les-idees-brunes"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Pour penser l'actualit&#233; et le reste</title>
		<link>http://www.vigile.net/Pour-penser-l-actualite-et-le</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Pour-penser-l-actualite-et-le</guid>
		<dc:date>2007-01-27T12:43:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Louis Cornellier - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>Les &#233;lections s'en viennent, comme on dit, avec leur lot de promesses, d'escarmouches partisanes et, peut-on l'esp&#233;rer, de vrais d&#233;bats. Certains de nos essayistes, en tout cas, contribueront &#224; ces derniers en lan&#231;ant, au cours des prochains mois, des ouvrages visant &#224; nous (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Les &#233;lections s'en viennent, comme on dit, avec leur lot de promesses, d'escarmouches partisanes et, peut-on l'esp&#233;rer, de vrais d&#233;bats. Certains de nos essayistes, en tout cas, contribueront &#224; ces derniers en lan&#231;ant, au cours des prochains mois, des ouvrages visant &#224; nous aider &#224; penser l'actualit&#233;. Ce sera le cas, (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Pour-penser-l-actualite-et-le"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Essais qu&#233;b&#233;cois - L'imposture tapageuse</title>
		<link>http://www.vigile.net/Essais-quebecois-L-imposture</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Essais-quebecois-L-imposture</guid>
		<dc:date>2007-01-13T16:00:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Louis Cornellier - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>Pourquoi, d'ailleurs, ces esprits autoproclam&#233;s ouverts sur le monde (le documentaire se termine avec une jeune fille qui nous dit, en anglais, qu'elle aime le fran&#231;ais mais qu'il faut plus) gardent-ils le silence sur le mod&#232;le scandinave, caract&#233;ris&#233; par un gros &#201;tat, de gros (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Pourquoi, d'ailleurs, ces esprits autoproclam&#233;s ouverts sur le monde (le documentaire se termine avec une jeune fille qui nous dit, en anglais, qu'elle aime le fran&#231;ais mais qu'il faut plus) gardent-ils le silence sur le mod&#232;le scandinave, caract&#233;ris&#233; par un gros &#201;tat, de gros imp&#244;ts, un tr&#232;s fort taux de syndicalisation et, (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Essais-quebecois-L-imposture"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Le nationalisme honteux</title>
		<link>http://www.vigile.net/Le-nationalisme-honteux</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Le-nationalisme-honteux</guid>
		<dc:date>2006-11-11T14:39:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Denise Bombardier - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>Il ne faudrait pas s'&#233;tonner que, dans un avenir rapproch&#233;, les porte-voix divers de la rectitude politique exigent qu'on r&#233;&#233;crive les paroles de l'hymne national compos&#233; par Basile Routhier, &#171; &#212; Canada, terre de nos a&#239;eux &#187; &#233;tant per&#231;u comme offensant par tous ceux dont les (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Il ne faudrait pas s'&#233;tonner que, dans un avenir rapproch&#233;, les porte-voix divers de la rectitude politique exigent qu'on r&#233;&#233;crive les paroles de l'hymne national compos&#233; par Basile Routhier, &#171; &#212; Canada, terre de nos a&#239;eux &#187; &#233;tant per&#231;u comme offensant par tous ceux dont les anc&#234;tres viennent d'ailleurs. Les d&#233;bats (...) - &lt;a href="http://www.vigile.net/Le-nationalisme-honteux"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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