<?xml version="1.0" encoding="iso-8859-1"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
>

<channel>
	<title>Vigile.net - Angenot, Marc</title>
	<link>http://www.vigile.net/+-Angenot-Marc-+</link>
	<description>Le portail ind&#233;pendantiste du Qu&#233;bec</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>

	<image>
		<title>Vigile.net</title>
		<url>http://www.vigile.net/IMG/siteon0.jpg</url>
		<link>http://www.vigile.net/</link>
		<height>102</height>
		<width>250</width>
	</image>


	











	<item>
		<title>L'homme moderne sans r&#233;f&#233;rence</title>
		<link>http://www.ledevoir.com/2009/02/21/235107.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.ledevoir.com/2009/02/21/235107.html</guid>
		<dc:date>2009-02-21T14:56:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Louis Cornellier - Le Devoir</dc:creator>
		


[()


		<description>Auteur, en 2007, du savant et lumineux &#201;tat de la nation (Liber), le politologue Jean-Fran&#231;ois Lessard poursuit son exploration du proc&#232;s moderne dans un tr&#232;s solide essai intitul&#233; La Question du politique dans la modernit&#233;. Comprendre le malaise contemporain. &#171; Si nous ne vivons pas dans des (...)</description>

[
(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Auteur, en 2007, du savant et lumineux &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#201;tat de la nation&lt;/i&gt; (Liber), le politologue Jean-Fran&#231;ois Lessard poursuit son exploration du proc&#232;s moderne dans un tr&#232;s solide essai intitul&#233; La Question du politique dans la modernit&#233;. Comprendre le malaise contemporain.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Si nous ne vivons pas dans des r&#233;gimes id&#233;aux, &#233;crit-il, les soci&#233;t&#233;s d&#233;mocratiques occidentales vivent tout de m&#234;me de nos jours dans des r&#233;gimes pour lesquels les acteurs les plus engag&#233;s se sont longtemps battus. [...] Le sentiment dominant n'en est pourtant pas un de satisfaction. La tendance est beaucoup plus &#224; d&#233;crier les manquements du r&#233;gime d&#233;mocratique qu'&#224; saluer ses r&#233;ussites. &#187; Comment, donc, expliquer ce malaise, qui s'accompagne d'une &#171; d&#233;politisation de la soci&#233;t&#233; &#187; ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans une d&#233;marche d'interpr&#233;tation qui se situe &#224; mi-chemin de la philosophie et des sciences humaines, Lessard propose une brillante relecture des grands moments de la modernit&#233; (r&#233;volutions am&#233;ricaine et fran&#231;aise), de ses grands th&#232;mes (d&#233;mocratie, politique, nation, progr&#232;s, id&#233;ologie) et des discours contemporains qui remettent ces derniers en cause (postmodernisme, multiculturalisme, n&#233;omodernisme). Ce parcours l'am&#232;ne &#224; constater que, aujourd'hui, &#171; le r&#233;cit national n'arrive plus &#224; s'imposer &#187;, m&#234;me si le cadre national perdure et &#171; que la soci&#233;t&#233; moderne conna&#238;t une fragmentation &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les messianismes modernes, incarn&#233;s dans des id&#233;ologies qui ont parfois men&#233; &#224; des dictatures, ont &#233;chou&#233;, entra&#238;nant ainsi un d&#233;sinvestissement &#224; l'&#233;gard du politique et une mise &#224; distance du souci de l'&#233;galitarisme &#233;conomique. L'individualisme moderne qui caract&#233;rise notre &#233;poque s'investit dans un &#233;galitarisme social (d&#233;mocratisation vestimentaire, fin de l'autorit&#233;, revendications sp&#233;cifiques des femmes, des &#233;tudiants, des handicap&#233;s, des homosexuels, etc.) qui prend souvent la forme de communautarismes mous.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;S'ils peuvent sembler incompatibles au premier abord, l'individualisme et les nouvelles formes de communautarisme, pour Lessard, ont partie li&#233;e. &#171; Les choix de vie deviennent des choix plus individuels que jamais auparavant. Les liens sociaux se d&#233;clinent sur le mode de l'&#233;lection. &#187; Les communautarismes, per&#231;us par certains comme un retour &#224; des identit&#233;s fig&#233;es, n'&#233;chappent pas &#224; cette logique individualiste. &#171; Les liens communautaires &#233;tant maintenant &#233;lectifs, pr&#233;cise l'essayiste, ils sont devenus multiples et fragiles. La multiplication des identit&#233;s [chez une m&#234;me personne] vient relativiser leur importance sp&#233;cifique. &#187; En ce sens, ces communautarismes &#8212; Lessard parle d'un multiculturalisme &#171; de boutique &#187; &#8212; ne menacent pas vraiment &#171; l'&#233;difice politique moderne &#187; et demeurent, par leur caract&#232;re individualiste, dans la logique de la modernit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette fragmentation sociale soul&#232;ve n&#233;anmoins le probl&#232;me du vivre ensemble. Le relativisme, et les valeurs de tol&#233;rance et de pluralisme qui l'accompagnent, suffit-il pour faire soci&#233;t&#233; ? &#171; Jusqu'o&#249;, demande Lessard, ira le d&#233;racinement de l'homme moderne &#187; ? Comment les hommes parviendront-ils &#224; poursuivre le dialogue, malgr&#233; cet individualisme qui n'a pas que des d&#233;fauts ? C'est l&#224;, conclut le brillant et exigeant essayiste, le grand d&#233;fi de l'&#233;poque actuelle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#232;re de la d&#233;r&#233;liction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Qu'est-ce qui reste quand les humains en soci&#233;t&#233; ne &quot;croient&quot; plus ? &#187;, demande &#224; son tour Marc Angenot dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;En quoi sommes-nous encore pieux ?&lt;/i&gt;, un troublant mais fort essai &#171; sur l'&#233;tat pr&#233;sent des croyances en Occident &#187;. Les hommes des Lumi&#232;res, &#233;crit-il, appelaient de leurs voeux un rejet de la religion qui ferait place &#224; l'&#233;mancipation de la raison. Or, constate Angenot, ce d&#233;senchantement a bel et bien eu lieu, mais il nous laisse plut&#244;t dans &#171; une sorte de stase avec un &#233;tiage bas de r&#233;sidus de dogmes, un bariolage de croyances et de &quot;cr&#233;dulit&#233;&quot;, des cultes-entre-guillemets &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La s&#233;cularisation &#8212; s&#233;paration de l'&#201;glise et de l'&#201;tat et r&#233;gression massive des pratiques religieuses &#8212; est, pour Angenot, un fait av&#233;r&#233;. Elle s'applique autant aux confessions religieuses comme telles qu'aux &#171; religions s&#233;culi&#232;res &#187;, c'est-&#224;-dire ces philosophies modernes de l'histoire (socialisme, fascisme et m&#234;me un certain lib&#233;ralisme) qui, tout en affirmant le rejeter, recyclaient l'esprit religieux. Parce que l'h&#233;t&#233;ronomie &#8212; qu'elle soit divine, r&#233;volutionnaire, progressiste ou nationaliste &#8212; est totalement d&#233;valu&#233;e comme principe directeur, Angenot n'h&#233;site pas &#224; parler &#171; d'une ultime &#233;tape d&#233;sormais atteinte de la s&#233;cularisation et du d&#233;senchantement du monde occidental &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Selon lui, la th&#232;se d'un &#171; retour du religieux &#187; ne tient pas la route. Ailleurs qu'en Occident, o&#249; le concept de s&#233;cularisation ne s'applique pas (les pays de l'Islam, par exemple), le religieux ne &#171; revient &#187; pas puisqu'il n'est jamais parti. Mais &#171; en Europe et, en fait quoi qu'on en dise, dans la plus grande partie de l'Am&#233;rique du Nord, l'homme et Dieu sont s&#233;par&#233;s comme ils ne l'ont jamais &#233;t&#233; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or cet &#233;tat de d&#233;r&#233;liction &#8212; ni Dieu ni les Grands R&#233;cits politiques ne nous sauveront &#8212; n'entra&#238;ne pas le triomphe de la raison, mais une anomie ou, pour parler comme Weber, un &#171; polyth&#233;isme des valeurs &#187; dans lequel des &#171; r&#233;sidus &#187; religieux et des &#171; survivances &#187; militantes sont privatis&#233;s, &#233;clat&#233;s, et rel&#232;vent plus, pour reprendre les mots de Jean-Claude Guillebaud, de la cr&#233;dulit&#233; que de la croyance. Le relais divin, par exemple, est remplac&#233; par les tendances au primitivisme, &#224; l'orientalisme et &#224; l'occultisme, alors que la politique, la gauche et la d&#233;mocratie sont en crise et concurrenc&#233;es par l'individualisme marchand et les communautarismes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le philosophe antimoderne Leo Strauss se demandait comment &#171; la multitude non philosophique &#187; pourrait affronter ce trouble d&#233;senchantement. La tranchante r&#233;ponse de Marc Angenot prend des accents tragiques. &#171; L'homme (post-)moderne, conclut-il, se trouve pris &#224; jamais entre l'impossibilit&#233; d'un retour &#224; l'enchantement de la transcendance et l'impossibilit&#233; de regarder en face l'immanence inerte des choses et d'assumer l'absurdit&#233; de ce monde. Il lui reste &#224; continuer &#224; chercher des mani&#232;res r&#233;siduelles de s'illusionner. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;louisco@sympatico.ca&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.editionsliber.org/philosophie/livre.php?idx=272&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_3222 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:93px;'&gt;
&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_21-lessard.jpg' width=&quot;93&quot; height=&quot;140&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/span&gt;La question du politique dans la modernit&#233;&lt;/a&gt;&lt;br&gt;
Comprendre le malaise contemporain&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jean-Fran&#231;ois Lessard&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Liber&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Montr&#233;al, 2008, 222 pages&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.pulaval.com/catalogue/quoi-sommes-nous-encore-pieux-sur-9242.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_3223 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:126px;'&gt;
&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_21-angenot.jpg' width=&quot;126&quot; height=&quot;187&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/span&gt;En quoi sommes-nous encore pieux ?&lt;/a&gt;&lt;br&gt;
Sur l'&#233;tat pr&#233;sent des croyances en Occident&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Suivi de la r&#233;plique de l'avocat du diable par Georges A. Lebel&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Marc Angenot&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;PUL&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qu&#233;bec, 2009, 136 pages&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

		</content:encoded>
]

		

	</item>



	<item>
		<title>Pens&#233;e de parvenus, parsem&#233;e d'ingratitude</title>
		<link>http://www.vigile.net/Une-petite-pensee-de-parvenus</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Une-petite-pensee-de-parvenus</guid>
		<dc:date>2008-06-04T14:26:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Sylvain Mar&#233;chal - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


[()


		<description>Au risque de para&#238;tre cynique, je serais par ailleurs enclin &#224; penser que les explications fournies par nos deux intellectuels pour justifier cette r&#233;ponse constituent elles-m&#234;mes des insultes &#233;videntes, VLB y &#233;tant d&#233;peint de la mani&#232;re la plus caricaturale (...)</description>

[
(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; La b&#234;tise consiste &#224; vouloir conclure &#187;&lt;br&gt;
(Flaubert)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Je suis la plaie et le couteau ! &#187;&lt;br&gt;
&#171; Je suis le soufflet et la joue, &#187;&lt;br&gt;
&#171; Je suis les membres et la roue, &#187;&lt;br&gt;
&#171; Et la victime et le bourreau ! &#187;&lt;br&gt;
(Baudelaire, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'h&#233;autontimoroum&#233;nos&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; On ne peut r&#233;gner innocemment &#187;&lt;br&gt;
(Saint-Just)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Quelques bribes d'une lecture du journal&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il peut arriver que la lecture du journal, cette activit&#233; en apparence si
anodine, se r&#233;v&#232;le &#224; l'usage &#234;tre une &#233;pouvantable &#233;preuve. &#192; tout le moins
pour ces personnes &#224; l'&#233;quilibre trop fragile que la b&#234;tise incommode
davantage qu'elle ne le devrait peut-&#234;tre. Dans une telle situation, m&#234;me
les personnes les mieux intentionn&#233;es peuvent difficilement &#233;chapper &#224; la
tentation de partager leur malheur avec quelques-uns de leurs semblables,
en esp&#233;rant peut-&#234;tre y trouver un mince r&#233;confort. C'est dans cet esprit
et dans la foul&#233;e de ma lecture du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Devoir&lt;/i&gt; de samedi dernier (&#233;dition du 31
mai 2008) que j'&#233;cris ce texte. Deux articles de cette &#233;dition sont en
cause. Les r&#233;f&#233;rences sont fournies en fin de texte.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;*	*	*&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Vous-avez-dit-reine-negre&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;&#171; Vous avez dit reine-n&#232;gre ? &#187;&lt;/a&gt;, St&#233;phane Baillargeon r&#233;sume
rapidement l'affaire VLB. Maryse Potvin et Marc Angenot ont &#233;t&#233; invit&#233;s &#224;
fournir leur opinion &#8211; que l'on esp&#232;re &#233;clair&#233;e &#8211; sur les fameux propos de
Victor-L&#233;vy Beaulieu au sujet de Son Excellence la tr&#232;s honorable
Gouverneure G&#233;n&#233;rale Micha&#235;lle Jean. Il s'agit, semble-t-il, de savoir si
M. Beaulieu a prof&#233;r&#233; une insulte ou non &#224; l'encontre de Mme Jean en la
qualifiant de &#171; reine-n&#232;gre &#187;. De larges extraits des commentaires des deux
professeurs entendus pour la cause :&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Maryse Potvin (M.P.) : &#171; C'est une insulte raciste et m&#234;me sexiste &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Marc Angenot (M.A.) : &#171; C'est une insulte caract&#233;ris&#233;e, &#231;a va de soi &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;M.P. : &#171; Il y a chez VLB un esprit revanchard, ins&#233;cure (sic) et
accusateur du minoritaire complex&#233; qui s'en prend aux autres minorit&#233;s pour
les accuser de trahison &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;M.P. : &#171; Dans ces textes, VLB fait preuve d'un grand sentiment de
victimisation. Il fonde son analyse sur une dichotomie Nous/Eux, et tous
ceux qui ne font pas partie de la gang (sic) deviennent des salauds. Je ne
peux pas pr&#233;sumer (sic) que VLB a surf&#233; sur la vague de banalisation du
discours racisant autour de la commission Bouchard-Taylor mais je dois
observer que les gens s'en permettent plus quand arrivent ces moments de
d&#233;rapage. On a d&#233;j&#224; vu la m&#234;me d&#233;rive au Canada anglais par rapport au
Qu&#233;bec. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;M.A. : &#171; Ce qui me frappe, c'est l'allure g&#233;n&#233;rale de toutes ces
pol&#233;miques r&#233;currentes. &#199;a revient constamment chez nous. Il y a un
probl&#232;me dans notre vie publique. Nous sommes dans une culture sur la
d&#233;fensive depuis tr&#232;s longtemps. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;M.A. : &#171; Je suis &#233;tonn&#233; et par moments afflig&#233; par le caract&#232;re
sophistique de ce qui se raconte l&#224; [&#224; propos de la d&#233;fense de
l'utilisation de l'expression roi-n&#232;gre] (&#8230;) Si l'expression roi-n&#232;gre
&#233;tait d&#233;j&#224; archa&#239;que, lourde et un peu niaiseuse en 1958, elle est
intol&#233;rable maintenant et ne peut &#234;tre que le produit de gens mondialement
c&#233;l&#232;bres &#224; Trois-Pistoles (sic) mais qui n'ont pas vu que la soci&#233;t&#233; avait
chang&#233;. Comme s'il n'&#233;tait pas &#233;vident que cette expression est
d&#233;lib&#233;r&#233;ment d&#233;plaisante, hostile et malveillante. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce qui frappe &#224; premi&#232;re vue, c'est l'assurance et la vigueur avec
laquelle ces analystes rattachent l'expression utilis&#233;e par VLB au domaine
de l'insulte (&#171; c'est une insulte &#187;, &#171; comme s'il n'&#233;tait pas &#233;vident &#187;, &#171; &#231;a va de soi &#187;). Au risque de para&#238;tre na&#239;f, je m'attendais de leur part &#224;
une position plus pond&#233;r&#233;e. Non pas qu'il faille toujours absolument et
soigneusement relativiser toute question jusqu'&#224; lui enlever son sens, de
mani&#232;re &#224; accoucher d'une position digne des plus grands &#233;quilibristes du
savoir &#8211; habitude d&#233;testable et malheureusement assez r&#233;pandue chez ceux
qui font souvent office de penser pour nous. Mais tout de m&#234;me ! N'est-il
pas en effet relativement difficile, dans un contexte politique, et hormis
les cas les plus flagrants, de distinguer ce qui rel&#232;ve de l'insulte de ce
qui rel&#232;ve plut&#244;t de la lutte politique proprement dite ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si l'on s'en tient au dictionnaire, il faut admettre qu'est du domaine de
l'insulte une affirmation qui a pour objet d'offenser ou de blesser la
dignit&#233; d'une personne. Dans un contexte travers&#233; par les rapports de
force, cette d&#233;finition devient difficilement utilisable. Le probl&#232;me est
que c'est forc&#233;ment dans les cadres conceptuels souvent oppos&#233;s des
adversaires (politiques) que la valeur d'un &#233;nonc&#233; est &#233;valu&#233;e. Dans une
telle situation, devient donc souvent source d'injure ce qui n'entre tout
simplement pas dans son propre cadre de r&#233;f&#233;rence.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si donc l'on exclut d'embl&#233;e les cas flagrants d'injure (par exemple, si
je dis que Ren&#233; L&#233;vesque &#233;tait un batteur d'enfants ou que Lucien Bouchard
est un &#233;mule de Hitler), le statut injurieux d'un &#233;nonc&#233; doit &#234;tre d&#233;battu,
pr&#233;cis&#233;ment, &#224; l'int&#233;rieur d'un processus politique, &#224; l'abri des lieux
communs et des amalgames trop faciles, en s'appuyant notamment sur des
faits historiques aussi &quot;durs&quot; que possible. Ce qui ne va pas sans mal ni
sans, d'une certaine fa&#231;on, un in&#233;vitable engagement. Il est par cons&#233;quent
tr&#232;s difficile d'&#233;chapper &#224; la politique. C'est d'ailleurs ce que font
semblant de faire nos deux savants dans ce texte, sous couvert, &#233;videmment,
de rationalit&#233; et d'objectivit&#233; scientifique. Mais ils en font, bien s&#251;r,
de la politique et pas de la plus belle mani&#232;re, loin s'en faut.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On cherchera donc en vain une quelconque analyse du r&#244;le jou&#233; par Son
Excellence la tr&#232;s honorable Gouverneure G&#233;n&#233;rale dans le contexte
politique canadien. Outre le fait que l'expression de &#171; roi-n&#232;gre &#187; est
intol&#233;rable maintenant, qu'elle &#233;tait &#171; d&#233;j&#224; archa&#239;que lourde et un peu
niaiseuse en 1958 &#187;, on n'en apprendra pas beaucoup plus. On serait
pourtant tent&#233; de demander &#224; M. Angenot ce qu'il pense d'une institution
telle que la monarchie, ainsi que de sa repr&#233;sentation en terre canadienne.
&#171; Archa&#239;que, lourde et un peu niaiseuse &#187; ? Nous ne le saurons pas.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aussi n'est-il pas surprenant de les voir tenter de justifier leur
position par un cadre conceptuel dans lequel la r&#233;ponse fournie (&#171; oui, il
s'agit bien d'une insulte &#187;) coule de source. Au risque de para&#238;tre
cynique, je serais par ailleurs enclin &#224; penser que les explications
fournies par nos deux intellectuels pour justifier cette r&#233;ponse
constituent elles-m&#234;mes des insultes &#233;videntes, VLB y &#233;tant d&#233;peint de la
mani&#232;re la plus caricaturale possible. Je me permets de signaler que dans
ce domaine, ces gentils universitaires d&#233;passent &#8211; et de loin &#8211; les propos
qu'ils pr&#233;tendent analyser. Il est &#233;galement assez int&#233;ressant de constater
que leurs propos ne visent pas simplement la personne de VLB ; ils ne se
sentent nullement g&#234;n&#233;s de ratisser plus large, si l'on peut dire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est que dans leur enthousiasme, on les sent tellement press&#233;s de
conclure ! Un peu plus et ils en arriveraient &#224; une psychanalyse en r&#232;gle
de VLB (&#171; esprit revanchard, ins&#233;cure et accusateur du minoritaire complex&#233; &#187;). Et pas seulement, non ! On les voit pr&#234;ts &#224; d&#233;busquer, avec une &#233;gale
vigueur et sans compromis, au sein du Qu&#233;bec profond (&#171; mondialement
c&#233;l&#232;bres &#224; Trois-Pistoles &#187;), l'esprit d&#233;l&#233;t&#232;re du ressentiment, de
l'ins&#233;curit&#233; et de la d&#233;fense. Au point o&#249; Mme Potvin se permet de faire un
parall&#232;le assez &#233;tonnant entre le ph&#233;nom&#232;ne du &#171; Quebec Bashing &#187; &#8211; qu'elle
conna&#238;t bien &#8211; et ce qui s'est dit autour de la commission BT (&#171; on a d&#233;j&#224;
vu la m&#234;me d&#233;rive au Canada anglais par rapport au Qu&#233;bec &#187;).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quitte &#224; sombrer moi-m&#234;me dans la b&#234;tise (rien de plus contagieux que
celle-ci&#8230;), je ne suis pas loin de croire que, pour ces penseurs, VLB
pourrait bien repr&#233;senter, consciemment ou non, l'arch&#233;type d'une cat&#233;gorie
de Qu&#233;b&#233;cois peut-&#234;tre un peu trop visibles, assez encombrants,
certainement trop repli&#233;s sur eux-m&#234;mes &#8211; vieille rengaine s'il en est et
de plus en plus p&#233;nible &#224; entendre, qui commence d'ailleurs &#224; ressembler &#224;
une petite pens&#233;e de parvenus, parsem&#233;e d'ingratitude.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &#8230;minoritaire complex&#233; qui s'en prend aux autres minorit&#233;s pour les
accuser de trahison &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &#8230; et tous ceux qui ne font pas partie de la gang deviennent des salauds &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Il y a un probl&#232;me dans notre vie publique. Nous sommes dans une culture
sur la d&#233;fensive depuis tr&#232;s longtemps. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &#8230; qui n'ont pas vu que la soci&#233;t&#233; avait chang&#233; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vos rep&#232;res sont d&#233;pass&#233;s, ne vous en rendez-vous pas compte ? Ah mais
bien s&#251;r, comment ai-je pu l'oublier ! Il est vain de parler de trahison
alors qu'il n'y a plus de cause &#224; d&#233;fendre&#8230; Il est inutile d'&#234;tre complex&#233;
ou sur la d&#233;fensive puisqu'il n'y a pas de subordination, encore moins de
domination. Car la soci&#233;t&#233; a chang&#233; et le temps a fait son oeuvre. Nous
sommes minoritaires certes, mais n&#233;anmoins majoritaires, ne voyez-vous pas ? Nous ne sommes plus des victimes mais des bourreaux. Il ne peut pas y
avoir de salauds puisqu'il n'y a en r&#233;alit&#233; ni &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Eux&lt;/i&gt; ni &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Nous&lt;/i&gt; (sauf quand Eux
commencent &#224; dire Nous et que Nous devenons alors Eux &#8211; mais c'est une
autre histoire). De plus, il est entendu qu'on peut &#234;tre &#224; la fois Canadien
et Qu&#233;b&#233;cois, m&#234;me que c'est doublement mieux ! Il n'y a pas de question
nationale. Il y a bien un probl&#232;me certes, mais ce n'est pas celui que vous
croyez : ce sont plut&#244;t ces pol&#233;miques r&#233;currentes qui nous affligent. Tout
le reste est du ressentiment. Effets sans cause. Et pour finir, la
souverainet&#233; est obsol&#232;te et dangereuse, c'est ce que nous apprenons dans
un autre texte, malheureusement publi&#233; le m&#234;me jour.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;*	*	*&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_2186 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:150px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.payot-rivages.fr/asp/fiche.asp?id=5474&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_4-colere-2.jpg' width=&quot;150&quot; height=&quot;226&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Anthropologie-Le-nationalisme-mene&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;&#171; Le nationalisme m&#232;ne-t-il au g&#233;nocide ? &#187;&lt;/a&gt; est une recension par David
Dorais d'un livre de Arjun Appadurai, &#171; La violence &#224; l'&#226;ge de la
globalisation &#187;. La th&#232;se du livre semble &#234;tre d'une simplicit&#233; enfantine
(quoique peut-&#234;tre l&#233;g&#232;rement d&#233;lirante &#8211; une m&#233;canique d&#233;lirante) : dans
un contexte o&#249; l'&#201;tat-nation est un concept d&#233;pass&#233; (par ailleurs dangereux
dans son essence, puisque le nationalisme se fonde n&#233;cessairement sur une
ethnie, donc sur une coupure entre &#171; eux &#187; et &#171; nous &#187;), rendu caduc par la
mondialisation, le groupe majoritaire, anim&#233; par une &#171; incertitude
identitaire &#187; doubl&#233;e d'une &#171; angoisse d'incompl&#233;tude &#187; peut chercher
d&#233;sesp&#233;r&#233;ment &#224; r&#233;affirmer son identit&#233; en &#233;liminant &#171; eux &#187;, ceux qui
g&#234;nent l'image d'une puret&#233; nationale. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; violence purificatrice, fureur g&#233;nocidaire, puret&#233; ethnique &#187; - Voil&#224;
d'autres mots qu'on peut aussi lire dans ce texte, des mots qui frappent,
des mots lourds de sens. Utilis&#233;s avec l&#233;g&#232;ret&#233;, ils font facilement place
au d&#233;lire. Non pas que les ph&#233;nom&#232;nes qu'ils d&#233;crivent n'existent pas ou
n'ont jamais exist&#233; ; mais il faut s'assurer de les manier avec le soin
qu'ils m&#233;ritent, avec toute la finesse qui s'impose. Les voici, encore une
fois, rattach&#233;s au &#171; nationalisme &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Alors, le nationalisme m&#232;ne-t-il donc tout droit au g&#233;nocide ? D'un point
de vue qu&#233;b&#233;cois les id&#233;es de M. Appadurai rendent perplexe, avance M.
Dorais (bravo !). Il poursuit : &#171; Ne peut-on pas imaginer une majorit&#233;
assez s&#251;re d'elle-m&#234;me pour s'adapter aux nouvelles r&#232;gles mondiales et en
m&#234;me temps &#234;tre inclusive envers ses minorit&#233;s ? &#187; En effet, pourquoi pas ?
C'est une bonne question. &#171; Difficile de trancher &#187; affirme-t-il alors tout
bonnement. Puis il croit utile d'ajouter : &#171; Il ne fait pas de doute
toutefois que, pour Appadurai, le souverainisme qu&#233;b&#233;cois serait &#224; la fois
obsol&#232;te et dangereux &#187;. Ah bon. Merci. Nous en prenons bonne note &#8211; car
nous l'avions d&#233;j&#224; oubli&#233;. Il est bon de nous le r&#233;p&#233;ter. On nous le r&#233;p&#232;te
d'ailleurs si souvent : n'avons-nous pas la m&#233;moire courte ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sylvain Mar&#233;chal&lt;br&gt;
Montr&#233;al&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;*	*	*&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;f&#233;rences&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1) St&#233;phane Baillargeon, &#171; Victor-L&#233;vy Beaulieu insulte Micha&#235;lle Jean -
Vous avez dit reine-n&#232;gre ? &#187;, Le Devoir, 31 mai 2008&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Disponible en ligne &#224; &lt;a href=&quot;http://www.ledevoir.com/2008/05/31/192109.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.ledevoir.com/2008/05/31/192109.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2) David Dorais, &#171; Le nationalisme m&#232;ne-t-il au g&#233;nocide ? &#187;, Le Devoir,
31 mai 2008&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Disponible en ligne &#224; &lt;a href=&quot;http://www.ledevoir.com/2008/05/31/192049.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.ledevoir.com/2008/05/31/192049.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

		</content:encoded>
]

		

	</item>




</channel>

</rss>
