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	<title>Vigile.net - Marcuse, Herbert</title>
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	<description>Le portail ind&#233;pendantiste du Qu&#233;bec</description>
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		<title>Par o&#249; commencer ?</title>
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		<dc:creator>Christian Maltais - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>L'intellectuel, celui reconnu par l'&#201;tat, n'existe qu'en autant qu'il fournit un semblant de solidit&#233; &#224; l'id&#233;ologie dominante. Trudeau a b&#226;ti sa carri&#232;re en jouant la carte de l'intellectuel brillant. La commission Bouchard-Taylor n'&#233;chappe pas &#224; (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Marcuse-inspirateur-de-la&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;M. Mathieu Bock-C&#244;t&#233; &#233;met une critique int&#233;ressante du rapport de la commission Bouchard-Taylor&lt;/a&gt; : il s'agirait, si je comprends bien son raisonnement, de l'imposition par &quot;les intellectuels&quot; d'un diktat moral devant servir &#224; une transformation de la soci&#233;t&#233; contre la volont&#233; et les int&#233;r&#234;ts de la population g&#233;n&#233;rale. Or, selon M. Bock-C&#244;t&#233;, cet autoritarisme intellectuel s'expliquerait par la &quot;transformation des rapports entre l'intelligentsia et le peuple depuis quelques d&#233;cennies&quot;, et plus sp&#233;cifiquement les &#233;crits et prises de position &quot;de figures comme celles de Michel Foucault, Alain Touraine et surtout celle d'Herbert Marcuse&quot;. De fait, le texte qu'il nous propose se concentre sur quelques citations de Marcuse, sur la base desquels M. Bock-C&#244;t&#233; &#233;tablit une s&#233;rie de rapprochements et de conclusions dont il se sert en derni&#232;re analyse pour tenter d'invalider les fondements m&#234;mes de la pens&#233;e dite de gauche ; entre autres, la critique de l'ali&#233;nation. Ici, h&#233;las, il rate compl&#232;tement le coche.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si on avait voulu aborder Marcuse, on aurait pu par exemple le rapprocher d'un penseur du colonialisme. Ces auteurs ont dress&#233; le &quot;portrait du colonis&#233;&quot;, de ces &quot;damn&#233;s de la terre&quot; dont la culture est opprim&#233;e par une autre. Le colonis&#233; int&#232;gre en lui-m&#234;me le personnage du colonisateur, et c'est cette partie de sa propre psych&#233; qui devient en lui le mod&#232;le de la r&#233;ussite et de la puissance. En d'autres termes, le colonis&#233; d&#233;teste le colonisateur, mais aspire &#224; &#234;tre comme lui. Voil&#224; pr&#233;cis&#233;ment une des d&#233;finitions de l'ali&#233;nation. Marcuse, comme Foucault d'ailleurs, bien que dans un autre registre, constate qu'un ph&#233;nom&#232;ne analogue est aussi &#224; l'oeuvre dans ce qu'on appelle les pays d&#233;velopp&#233;s. En &#233;change d'un certain confort, nous acceptons tous ce que nous trouvons inacceptable, nous tol&#233;rons l'intol&#233;rable, soutenons l'insoutenable. Chacun affirme ne pas croire un mot de ce que disent les politiciens. Mais ce sont ce que disent ces gens qui alimente les d&#233;bats, lorsque d&#233;bat il y a ; ce sont les m&#234;mes formules, les m&#234;mes camps. On d&#233;teste son patron, mais on admire les milliardaires. Ce rapprochement entre l'ali&#233;nation du &quot;privil&#233;gi&#233;&quot; et celle du colonis&#233; est d'ailleurs explicite dans l'oeuvre de Marcuse :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Je crois avoir suffisamment soulign&#233; l'importance du tiers monde et des combats de lib&#233;ration qui s'y d&#233;roulent pour la transformation radicale du syst&#232;me capitaliste. Je dois tout de m&#234;me ajouter que c'est dans les m&#233;tropoles que la volont&#233; et la puissance du colonialisme doivent &#234;tre bris&#233;es. Car c'est seulement par la convergence et la collaboration de ces deux forces que l'espoir de lib&#233;ration deviendra r&#233;alit&#233;.&quot; (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La fin de l'utopie&lt;/i&gt;, Seuil, 1968, p. 126)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bien que cela puisse surprendre, il serait tout aussi juste de rapprocher la pens&#233;e de gens comme Marcuse et Foucault de la fameuse formule de Falardeau : &quot; La libert&#233; n'est pas une marque de yogourt&quot;. Cette phrase n'est riche de sens que parce que dans le paradigme capitaliste, la libert&#233; est une marque de yogourt, un plan d'&#233;pargne retraite, ou un tampon hygi&#233;nique. La publicit&#233;, mais aussi les reportages et la fiction, l'&#233;cole, le discours m&#233;dical ou psychiatrique, celui de l'appareil policier, jusqu'aux institutions, ou la mani&#232;re dont le travail est organis&#233; et effectu&#233; - sans oublier bon nombre de petits gestes que nous avons appris &#224; poser quotidiennement - tout cela, r&#233;p&#233;t&#233;, assimil&#233;, accumul&#233;, normalis&#233;, a un effet drastique sur notre conscience :&lt;/p&gt; &lt;blockquote class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;Malgr&#233; le progr&#232;s technique, l'homme est assujetti &#224; son appareil productif - et d'autant plus qu'il y a plus de libert&#233;s et plus de confort. Ce qui est nouveau, c'est la souveraine rationalit&#233; dans ce ph&#233;nom&#232;ne irrationnel, c'est l'efficacit&#233; d'un conditionnement qui fa&#231;onne les aspirations et les pulsions instinctuelles des individus et masque la diff&#233;rence entre la vraie et la fausse conscience&quot;. (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'homme unidimensionnel&lt;/i&gt;, &#201;d. de Minuit, 1968, p. 63)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; l'&#233;poque o&#249; Marcuse devient une figure centrale des forces progressistes, soit la fin des ann&#233;es soixante, le capitalisme arrive encore &#224; assurer un minimum de confort mat&#233;riel &#224; une large majorit&#233; de la population occidentale. Nonobstant toutes les manifestations pour la paix ou les droits civiques, l'ensemble de la population s'accommode tr&#232;s bien des fusillades polici&#232;res ou militaires dans les quartiers d&#233;favoris&#233;s, souvent noirs, ou sur les campus universitaires ; tout comme elle accepte passivement ou nie avec &#233;nergie les effets calamiteux des politiques occidentales en Asie, en Afrique ou ailleurs ; comme elle va accepter au Qu&#233;bec, et pendant plusieurs mois, l'occupation militaire et la suspension de tous leurs droits . La sagesse populaire, le gros bon sens, c'est donc &#224; l'&#233;poque le soutien ou &#224; tout le moins l'acceptation passive d'actions qu'en toute honn&#234;tet&#233; on ne peut qualifier que de r&#233;pressives, parfois de g&#233;nocidaires. Marcuse r&#233;fl&#233;chit et &#233;crit sur ce ph&#233;nom&#232;ne. S'il le fait, c'est qu'il tente de trouver des outils pour aider &#224; le d&#233;passer. Il cherche donc en effet &#224; agir sur la conscience collective. De l&#224; &#224; y voir du m&#233;pris pour les gens &quot;ordinaires&quot;, il y a toutefois un pas consid&#233;rable. Critiquer un ph&#233;nom&#232;ne social n'est pas une injure. Tenter de contrer cette critique en la qualifiant essentiellement d'une insulte au monde ordinaire, en un mot d'&#233;litisme, c'est d&#233;placer le d&#233;bat du plan intellectuel au domaine de la passion &#233;motive. Ce proc&#233;d&#233; ne diff&#232;re &#224; mon sens que tr&#232;s peu de l'usage que fait l'&#201;tat canadien de l'accusation de &quot;racisme&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quant &#224; son soi-disant aspect totalitaire, cette charge ne tient la route qu'en autant qu'on refuse de lire Marcuse dans le texte. Toute son oeuvre, L'homme unidimensionnel en particulier, est une constante critique du totalitarisme, et en particulier de la mani&#232;re dont il est int&#233;gr&#233; en chacun de nous. On peut bien affirmer si l'on veut que Marcuse, puisqu'il dialogue souvent avec la pens&#233;e de Marx, est un apologiste de la dictature sovi&#233;tique. C'est h&#233;las faux. Marcuse, comme Antonio Negri ou Jacques Derrida, fait partie de ces philosophes qui tentent d'envisager l'oeuvre de Marx en dehors des clich&#233;s partisans. Les partis communistes ont fait de Marx un proph&#232;te infaillible dont chaque parole avait valeur de dogme absolu. Les apologistes du capitalisme en ont fait l'incarnation du Diable, dont la moindre virgule &#233;tait une atteinte &#224; l'essence m&#234;me de la dignit&#233; humaine. Il existe tout de m&#234;me d'autres mani&#232;res de pratiquer l'oeuvre de Marx. Ceux qui ont lu, ou qui iront lire Marcuse, seront &#224; m&#234;me de dire o&#249; il se situe &#224; cet &#233;gard.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'oeuvre de Marcuse est certes difficile par moments. Elle s'adresse &#224; un lectorat qui a une connaissance du langage philosophique, lequel est souvent ingrat. Elle pr&#233;suppose chez le lecteur une connaissance des travaux de Marx, mais aussi de Freud, de Hegel, de Weber, de plusieurs autres. Faut-il pour cela br&#251;ler ses livres ? Il est par ailleurs tout &#224; fait l&#233;gitime de chercher les failles ou les contradictions chez un auteur. Toute la philosophie depuis Platon s'est b&#226;tie sur ce genre de critique. Toutefois, rejeter en bloc un penseur, sur la base de phrases prises ici et l&#224;, appartient, &#224; une toute autre d&#233;marche. C'est ce qu'on a tent&#233; de faire il y a quelques ann&#233;es pour cr&#233;er un Lionel Groulx antis&#233;mite. N'importe quel &#233;tudiant de C&#233;gep a sans doute d&#233;j&#224; pratiqu&#233; la collecte s&#233;lective de citations. Il n'y a rien l&#224; qui soit exceptionnel, et ce n'est certainement pas interdit. C'est seulement malhonn&#234;te.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dommage. La piste annonc&#233;e par M. Bock-C&#244;t&#233; &#233;tait plus que prometteuse. Si son texte, malgr&#233; ses graves lacunes, a une r&#233;sonance pour nous, c'est que la figure de l'intellectuel a bel et bien &#233;t&#233; employ&#233;e depuis des d&#233;cennies, ici et ailleurs, pour donner un semblant d'autorit&#233; &#224; des id&#233;es qui n'en ont aucune - ou pour minimiser celles qui seraient susceptibles d'en avoir aupr&#232;s de la population g&#233;n&#233;rale. L'intellectuel, celui reconnu par l'&#201;tat, n'existe qu'en autant qu'il fournit un semblant de solidit&#233; &#224; l'id&#233;ologie dominante. Trudeau a b&#226;ti sa carri&#232;re en jouant la carte de l'intellectuel brillant. La commission Bouchard-Taylor n'&#233;chappe pas &#224; la r&#232;gle. Le lien entre ce genre de figure th&#233;&#226;trale, et le maintien dans la population d'un sentiment d'inf&#233;riorit&#233;, demeure un terreau fertile pour la r&#233;flexion.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La pens&#233;e est bien s&#251;r une activit&#233; d&#233;risoire lorsqu'elle s'isole dans une tour d'ivoire ; elle prend une toute autre puissance lorsqu'elle informe l'action. Et nul ne niera, en l'&#233;tat actuel du monde, que nous avons besoin d'agir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Christian Maltais&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Marcuse, inspirateur de la commission Bouchard-Taylor</title>
		<link>http://www.vigile.net/Marcuse-inspirateur-de-la</link>
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		<dc:creator>Mathieu Bock-C&#244;t&#233; - Le Devoir (opinions)</dc:creator>
		


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		<description>Nous entrons ici au coeur du rapport de la commission Bouchard-Taylor lorsqu'on y affirmait que la soci&#233;t&#233; d'accueil devait transformer sa repr&#233;sentation d'elle-m&#234;me pour l'adapter au multiculturalisme (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;Nous entrons ici au coeur du rapport de la commission Bouchard-Taylor lorsqu'on y affirmait que la soci&#233;t&#233; d'accueil devait transformer sa repr&#233;sentation d'elle-m&#234;me pour l'adapter au multiculturalisme (...). - &lt;a href="http://www.vigile.net/Marcuse-inspirateur-de-la"&gt;consulter en ligne&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;

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