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	<title>Vigile.net - Vigile Plus (D&#233;mocratie)</title>
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	<description>Le portail ind&#233;pendantiste du Qu&#233;bec</description>
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		<title>Vigile.net</title>
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	<item>
		<title>Obama ou l'illustration du pouvoir de la parole</title>
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		<dc:creator>Dominic Desroches - Collaboration sp&#233;ciale</dc:creator>
		


[()


		<description>Qui oserait, &#224; la fin de ce discours patriotique, inspir&#233; de la souffrance des gens ordinaires comme Ashley, choisir le statu quo, c'est-&#224;-dire en rester &#224; une Am&#233;rique blanche, raciste, guerri&#232;re et injuste ? La rh&#233;torique a bien fait son travail parce que personne, dans la foule, (...)</description>

[
(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On commence lentement &#224; r&#233;aliser au Qu&#233;bec qu'une bonne partie du succ&#232;s
immense que conna&#238;t Barack Obama repose sur son &#233;loquence et sa ma&#238;trise de
l'art de la parole. Le Tiger Woods de la politique am&#233;ricaine, en effet,
s&#233;duit les foules partout o&#249; il passe - ce qui manque cruellement &#224; nos
politiciens canadiens et qu&#233;b&#233;cois -, et cela fait de lui un homme
politique extraordinaire, m&#233;diatis&#233;, mais aussi un r&#233;novateur inesp&#233;r&#233; de
la d&#233;mocratie contemporaine. Je me proposerai ici de donner une explication
rapide de la fascination nouvelle sign&#233;e Barack Obama.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La d&#233;mocratie est et sera toujours une affaire de rh&#233;torique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aux Etats-Unis, depuis l'&#233;poque de la R&#233;volution &#224; tout le moins, l'&#233;tude
de la politique a toujours impliqu&#233; l'&#233;loquence. Devenir politicien est un
r&#234;ve impossible au sud de la fronti&#232;re pour celui qui ne sait pas parler
devant un public. De m&#234;me, et ce sera le chemin d'Obama, l'apprentissage du
Droit repose sur la pratique de l'&#233;loquence afin de savoir comment s'y
prendre pour convaincre, au moyen des mots et des gestes, un jury. Ce que
les Etats-Unis ont retenu de l'&#233;ducation de la r&#233;publique romaine, nous,
ici, nous l'avons &#233;vacu&#233; de notre cursus scolaire il y a tr&#232;s longtemps, &#224;
savoir l'art et l'utilit&#233; d'apprendre &#224; faire passer un discours. Voil&#224;
peut-&#234;tre pourquoi les Qu&#233;b&#233;cois se r&#233;veillent un matin &#233;pris d'Obama et
qu'ils ne trouvent pas les mots capables d'expliquer pourquoi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au Qu&#233;bec, dans l'expression &#233;loquente de sa pauvret&#233; politique, on a
cherch&#233;, depuis une semaine, &#224; r&#233;cup&#233;rer tous les succ&#232;s d'Obama au lieu de
s'interroger sur les raisons v&#233;ritables de son &#233;lection historique. Comme
des groupies, les Qu&#233;b&#233;cois se sont d&#233;couverts membres du Fan club d'Obama.
Quand ce n'est Pauline Marois ou Fran&#231;oise David qui patinent pour trouver
un slogan justifiant le changement, c'est Mario Dumont qui se prend pour le
nouveau pr&#233;sident. Que c'est triste de voir, en une semaine seulement,
autant d'usages et d'emprunts colonis&#233;s de la pratique politique
&#233;tats-unienne, politique qui, il faut le dire, a peu &#224; voir avec la n&#244;tre.
Faute de former des politiciens-orateurs, de valoriser la d&#233;mocratie de
terrain ou de foule, on joue &#224; imiter les autres, signe habituel de notre
repliement identitaire. Faute de r&#233;aliser qu'il y a seulement un Obama par
si&#232;cle et qu'il est logique qu'il provienne des Etats-Unis, pays des
preachers, des poursuites judiciaires m&#233;diatis&#233;es et des foules nombreuses,
on veut reprendre ici les th&#232;mes de sa campagne...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour d&#233;mystifier le myst&#232;re Obama, j'analyserai de mani&#232;re sommaire, non
pas son discours de la victoire &#233;lectorale, mais plut&#244;t son discours
historique du 18 mars intitul&#233; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;A more perfect Union&lt;/i&gt;. Mais juste avant, je
rappellerai &#224; nos politiciens fades, &#224; nos amateurs de t&#233;l&#233;romans et &#224; nos
commentateurs politiques patent&#233;s ce qu'est la rh&#233;torique, de m&#234;me que le
grand d&#233;bat auquel elle a donn&#233; lieu dans l'Antiquit&#233;, car nos programmes
produits par le minist&#232;re de l'&#201;ducation ne peuvent plus nous l'apprendre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;D&#233;finition de la rh&#233;torique classique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_2534 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:245px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.memo.fr/article.asp?ID=ANT_GRE_022&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_11-aristote.jpg' width=&quot;245&quot; height=&quot;283&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;L'Antiquit&#233; grecque a d&#233;fini la rh&#233;torique comme un art, comme une
technique aussi bien que comme un domaine de r&#233;flexion. Cet art consiste &#224;
convaincre un auditoire par l'usage de la parole. &#192; la r&#233;flexion, on
remarque qu'il existe une technique et des moyens de mettre en valeur les
&#233;l&#233;ments convaincants en tout discours (Aristote, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Rh&#233;torique&lt;/i&gt;, livre I,
1-2).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les critiques de Platon et sa r&#233;habilitation par Aristote&lt;/strong&gt; &#192; l'&#233;poque triomphante des sophistes &#8211; les professeurs priv&#233;s qui se
vantaient d'enseigner la vertu et la v&#233;rit&#233; &#8211;, Platon se m&#233;fiait d'un tel
art, lui qui avait vu mourir son ma&#238;tre Socrate &#224; la suite d'un proc&#232;s
douteux. Il lui reprochait entre autres de pr&#233;f&#233;rer l'efficacit&#233; &#224; la
v&#233;rit&#233; et de faire triompher des causes injustes. Confondant l'orateur et
la technique qu'il utilise, adepte d'une &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;publique&lt;/i&gt; dirig&#233;e par un
roi-philosophe, l'id&#233;aliste Platon jugeait dans ses dialogues (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ph&#232;dre,
Gorgias&lt;/i&gt;) que la rh&#233;torique, comme une recette de cuisine, se limite &#224; la
vraisemblance et qu'elle trompe d&#233;lib&#233;r&#233;ment les auditeurs honn&#234;tes. Dans
une comp&#233;tition sans merci pour enr&#244;ler les &#233;tudiants prometteurs, Platon
critique l'&#233;cole de rh&#233;torique d'Isocrate qui formait de grands
politiciens.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or, Aristote ne partage pas le jugement de son ma&#238;tre. Il pense que la
rh&#233;torique est n&#233;cessaire dans la cit&#233;, car nous n'avons pas toujours le
temps de faire la preuve compl&#232;te de ce que nous avan&#231;ons, tout
sp&#233;cialement lors de la pr&#233;sentation des projets &#224; l'Assembl&#233;e et des
proc&#232;s au tribunal. S'il faut gagner le d&#233;bat en ces lieux la journ&#233;e m&#234;me,
cela rend non seulement n&#233;cessaire mais indispensable le recours constant &#224;
des moyens techniques de persuasion. De nombreux intellectuels latins,
Cic&#233;ron et Quintilien par exemple, se rangeront du c&#244;t&#233; d'Aristote et
favoriseront le d&#233;veloppement maximal de l'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;eloquentia&lt;/i&gt; &#224; l'&#233;poque romaine.
Cela &#233;tant dit, proposons maintenant une tr&#232;s br&#232;ve analyse des qualit&#233;s
rh&#233;toriques que met &#224; profit Obama dans son discours c&#233;l&#232;bre sur la race en
Am&#233;rique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La rh&#233;torique chez Obama&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_2535 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:114px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.humanite.fr/Discours-de-Barak-Obama-prononce-le-18-mars-a-Philadelphie,872105&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_11-obama.jpg' width=&quot;114&quot; height=&quot;170&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Savoir s'inscrire dans l'Histoire par la parole&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le 18 mars 2008, &#224; Philadelphie, Barack Obama a prononc&#233; un discours
intitul&#233; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;A more perfect Union&lt;/i&gt;. Ce discours, dans lequel il fait de la
question raciale un probl&#232;me politique majeur, est important historiquement
parce qu'il lui a permis de gagner l'investiture, de soulever un d&#233;bat,
mais aussi de se donner une direction claire pour les &#233;lections
pr&#233;sidentielles.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D&#232;s le d&#233;but, le s&#233;nateur ose s'inscrire &#224; m&#234;me l'histoire am&#233;ricaine afin
de gagner en actualit&#233;, en tradition et en l&#233;gitimit&#233;. Il se r&#233;f&#232;re
d'entr&#233;e de jeu &#224; un passage de la Constitution (&#171; Nous le peuple, en vue
de former une union plus parfaite &#187;) et note que l'histoire s'est jou&#233;e &#224;
Philadelphie, en 1787, &#224; quelques pas de l'endroit o&#249; il se trouve. Comme
dit Aristote dans sa &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Rh&#233;torique&lt;/i&gt;, l'habile orateur sait se montrer sous un
jour favorable. Afin de faciliter l'adh&#233;sion de son auditoire en ce jour
important, il se prendra lui-m&#234;me en exemple tout au long du discours pour
t&#233;moigner de la pertinence de la question raciale et de son r&#244;le unique
pour la solutionner.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Personnification du discours par les lieux et le travail du corps&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Obama commence son discours calmement. Tel un m&#233;tronome, sa t&#234;te oscille
de droite &#224; gauche, ce qui lui permet de rejoindre tout le public et de
terminer ses phrases dans les deux micros. Avec assurance, il augmentera le
rythme et modulera le ton de sa voix au fur et &#224; mesure afin d'augmenter
l'effet de sa pr&#233;sence physique. Il bougera davantage (la t&#234;te, les &#233;paules
et les mains) lorsqu'il est personnellement impliqu&#233; et incarnera toujours
davantage son message. Le corps servira donc &#224; faire entendre toute la
force du propos.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On notera ensuite qu'Obama mobilisera des lieux classiques (topo&#239;) de
persuasion, c'est-&#224;-dire des pr&#233;misses ou des propositions pr&#234;tes &#224;
convaincre. Par exemple, il fera appel &#224; l'unit&#233; (Union) contre la
division, il notera son parcours exceptionnel dans le g&#233;n&#233;ral, il
valorisera les possibilit&#233;s pour d&#233;passer une r&#233;alit&#233; difficile, il
d&#233;fendra les pauvres contre les riches, la justice contre l'injustice, etc.
Ces lieux communs de la persuasion sont utilis&#233;s par Obama dans un contexte
am&#233;ricain de crise, donc sujet &#224; l'&#233;motion : rappel de l'esclavage, des
guerres civiles et mondiales, d'une &#233;conomie en d&#233;clin, des changements
climatiques, et plus concr&#232;tement du proc&#232;s d'O.J. Simpson, de l'ouragan
Katrina, etc. Les lieux permettront &#224; l'orateur de positionner pr&#233;cis&#233;ment
le sujet de son discours et de bien pr&#233;parer la possibilit&#233; victorieuse de
sa cause.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La rh&#233;torique est discours, caract&#232;re et passions&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La force d'Obama est de savoir personnifier son propos. Son discours
(&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;logos&lt;/i&gt;) repose sur son caract&#232;re (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ethos&lt;/i&gt;) et ses passions (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;pathos&lt;/i&gt;), comme le
recommande Aristote. Le recours au t&#233;moignage se fait progressivement afin
qu'on identifie l'homme &#224; la cause, mais aussi la sinc&#233;rit&#233; &#224; la v&#233;rit&#233; de
son propos. Les &#233;motions sont mesur&#233;es et parfaitement adapt&#233;es &#224; la
situation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; remarquer ici qu'Obama ne lit pas, il parle par c&#339;ur et dit un texte
qu'il conna&#238;t par c&#339;ur, d'o&#249; l'effet d'honn&#234;tet&#233;. Il ne s'engagerait pas
dans une course &#224; l'investiture &#224; ce moment-ci s'il ne croyait pas de tout
son c&#339;ur (&#171; believe with all my heart &#187;), dira-t-il, &#224; la possibilit&#233;
d'unir son pays. Il ira m&#234;me jusqu'&#224; pardonner, tel un pr&#234;tre, &#224; ceux qui
l'ont stigmatis&#233;. Quand il cite un extrait, c'est pour prouver et renforcer
sa sinc&#233;rit&#233;. La justesse de ton sur un propos sensible, le contr&#244;le de soi
(l'exemplarit&#233; de la personne) et l'expression calibr&#233;e des &#233;motions,
traduisent les qualit&#233;s de celui qui conna&#238;t son sujet et qui est enfin
pr&#234;t &#224; relever de grands d&#233;fis.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quand il revient longuement sur sa divergence d'opinion avec le r&#233;v&#233;rend
Wright par exemple, il s'explique sur sa propre foi et assume sa position.
Il se prend &#224; t&#233;moin des luttes st&#233;riles et explique ses propres choix
personnels, tout en nuances. Wright, qu'il n'entend pas juger, est &#224; la
fois un p&#232;re et un ami, un grand Am&#233;ricain et un inspirateur de sa foi,
bien qu'il serve, au niveau rh&#233;torique, de repoussoir. On sent alors de
plus en plus sa sinc&#233;rit&#233;, son appel &#224; l'unit&#233; ; la foule l'applaudira en
cons&#233;quence. Obama la laissera l'encourager. Et s'il profite du moment
propice pour rappeler le sujet de son premier livre et qu'il se r&#233;f&#232;re
explicitement aux images de la Bible, c'est pour se r&#233;clamer des id&#233;aux de
libert&#233;, de justice et de paix. L'impression qu'il fait est nette : l'homme
est croyant, courageux, cr&#233;dible et se trouve du c&#244;t&#233; du juste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au milieu du discours, Obama en appelle &#224; la fiert&#233; des noirs et des
blancs, car les sentiments, entourant le discours, doivent &#234;tre habilement
appel&#233;s en renfort. S'il prend la d&#233;fense du pays, c'est pour d&#233;montrer que
l'unit&#233; doit se faire par le travail de tous. C'est par l'&#233;ducation que
l'on y parviendra. &#171; Beaucoup de blancs de la classe ouvri&#232;re et de la
classe moyenne ne ressentent pas, dit-il, qu'ils ont &#233;t&#233; particuli&#232;rement
privil&#233;gi&#233;s par leur race. Leur exp&#233;rience est celle d'immigrants - en ce
qui les concerne, personne ne leur a rien donn&#233;. Ils ont construit de leurs
propres mains. Ils ont travaill&#233; dur toute leur vie, et souvent pour voir
leur emploi partir au-del&#224; des mers ou leur retraite dispara&#238;tre apr&#232;s une
vie enti&#232;re de travail. Ils sont anxieux de l'avenir et voient leurs r&#234;ves
s'&#233;vanouir &#187;. On le sent bien : l'appel &#224; la fiert&#233; du peuple qui doit
s'unir enfin pour se lib&#233;rer de ses fant&#244;mes et construire un avenir
meilleur pour ses enfants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Psychologie de l'auditoire et formules courtes remplies d'esp&#233;rance&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Relevons encore deux points sur la rh&#233;torique de celui qui a &#233;tudi&#233; le
Droit et qui sait incarner la n&#233;cessit&#233; du changement dans un pays en proie
au doute. Obama conna&#238;t la psychologie de son auditoire, c'est ce qui lui
permet de jouer sur l'image de l'avenir, et s'il se pr&#233;sente lui-m&#234;me comme
une &#233;tape dans une noble cause qui le d&#233;passe, cela lui assurera un maximum
de capital de sympathie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En effet, s'il utilise les formules courtes remplies d'espoir (le &#171; Yes we
can &#187; d&#233;sormais c&#233;l&#232;bre ou le &#171; We can do that &#187;), il insiste en m&#234;me temps
sur le pass&#233; imparfait de son pays pour justifier sa confiance en l'avenir.
Il sait bien qu'il incarne, comme il le dit d&#232;s le d&#233;but, une &#233;tape &#171; de la
marche pour une Am&#233;rique plus juste, plus libre, plus solidaire, et plus
prosp&#232;re &#187;. Jeune s&#233;nateur de 47 ans, il dit croire (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;I believe&lt;/i&gt;) en les
Etats-Unis capables de d&#233;passer les conflits et redevenir un mod&#232;le pour le
monde entier. &#171; Cette croyance, explique-t-il, vient de ma foi in&#233;branlable
dans l'int&#233;grit&#233; et la g&#233;n&#233;rosit&#233; du peuple am&#233;ricain. Mais elle vient
aussi de ma propre histoire am&#233;ricaine (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;But it also comes from my own
American story&lt;/i&gt;) &#187;. Il dit appartenir &#224; ce pays (r&#233;f&#233;rence aux origines et &#224;
l'histoire de sa famille), mais aussi participer lui-m&#234;me (&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;these people are
a part of me&lt;/i&gt;) &#224; son avenir. Par sa proximit&#233; avec le style gospel des
&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;preachers&lt;/i&gt;, il sait r&#233;cup&#233;rer l'id&#233;al du r&#234;ve am&#233;ricain (nous pensons au
c&#233;l&#232;bre &#171; I have a Dream &#187; prononc&#233; par le leader noir Martin Luther King)
en rappelant la situation difficile de nombreux Noirs priant le dimanche
dans les &#233;glises. Sensible &#224; l'histoire v&#233;cue, Obama promet que toutes les
minorit&#233;s sont capables, avec une bonne politique, de r&#233;ussir. Il reviendra
pas moins de cinq fois, notez l'insistance et la gradation, sur le temps (&#171; This time we want&#8230; &#187;) du changement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;tape qu'il symbolise dans une cause qui le d&#233;passe&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; la fin du discours, le pathos est &#224; son meilleur. Obama prend un moment
pour raconter une histoire &#8211; l'all&#233;gorie est un moyen de persuasion qui
d&#233;passe la raison. L'histoire d'Ashley Baia est la motivation ultime de sa
campagne. Par le rappel de cette histoire, il veut montrer qu'il n'est pas
&#233;go&#239;ste, mais que comme Ashley, il est au service d'une cause qui le
d&#233;passe. Il utilise alors l'image d'Ashley que l'on doit rapporter &#224; Obama
lui-m&#234;me : Ashley aurait pu faire diff&#233;remment, mais elle a fait ce qu'elle
croyait bien pour sa m&#232;re. Elle a cherch&#233; des amis pour combattre
l'injustice. L'image signifie qu'il est possible de s'unir, comme le font
Ashley et Obama, contre les infortunes et le racisme. Obama, donc, parle
pour Ashley, c'est-&#224;-dire pour le peuple tout entier. C'est d'ailleurs &#224; ce
moment pr&#233;cis, sur un ton plus triste, que le s&#233;nateur avoue que l'on
pourrait ne pas le choisir comme candidat, voulant sugg&#233;rer par l&#224; que,
inversement, ne pas le choisir constituerait un retour en arri&#232;re,
c'est-&#224;-dire le retour &#224; une Am&#233;rique d&#233;pass&#233;e et refusant le changement.
L'histoire d'Ahsley s'impose comme le point de d&#233;part de la campagne du
s&#233;nateur. &#171; L'Am&#233;rique, dit-il, doit r&#233;aliser son union. Et comme tant de
g&#233;n&#233;rations l'ont compris durant deux cent vingt-et-un ans, depuis qu'un
groupe de patriotes a sign&#233; ce document &#224; Philadelphie, c'est ici que la
perfection commence &#187;. Sur ces mots, en bouclant la boucle, il remercie pas
moins de quatre fois la foule.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qui oserait, &#224; la fin de ce discours patriotique, inspir&#233; de la souffrance
des gens ordinaires comme Ashley, choisir le statu quo, c'est-&#224;-dire en
rester &#224; une Am&#233;rique blanche, raciste, guerri&#232;re et injuste ? La
rh&#233;torique a bien fait son travail parce que personne, dans la foule,
n'entend revenir en arri&#232;re. Par la clart&#233; de son discours, l'image de sa
personne et sa capacit&#233; &#224; bien dire aux auditeurs dans la salle ce qu'il
ressent, Barack Obama a r&#233;ussi &#224; faire passer son message &#233;lectoral.
Celui-ci, parfaitement adapt&#233; au peuple am&#233;ricain en crise, dit en
substance ceci : nous pouvons tous ensemble aujourd'hui travailler au r&#234;ve
am&#233;ricain qui demeure un id&#233;al de libert&#233;, de justice et d'harmonie entre
les hommes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par sa capacit&#233; &#224; d&#233;passer la petite politique en endossant une cause
juste et universelle, Obama a montr&#233; qu'il est encore possible de sortir du
court terme et d'utiliser la d&#233;mocratie positivement. Il n'en tient qu'&#224;
nos politiciens professionnels de comprendre que la d&#233;mocratie, depuis
l'Antiquit&#233;, veille &#224; la victoire du grand sur le petit et qu'elle continue
de reposer sur le pouvoir de celui qui parle pour demain.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dominic DESROCHES&lt;br&gt;
D&#233;partement de philosophie&lt;br&gt;
Coll&#232;ge Ahuntsic&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_2535 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:114px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.humanite.fr/Discours-de-Barak-Obama-prononce-le-18-mars-a-Philadelphie,872105&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_11-obama.jpg' width=&quot;114&quot; height=&quot;170&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Barack Obama, le discours de Philadelphie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En riposte aux attaques de ses adversaires et concurrents, le candidat d&#233;mocrate &#224; la Maison-Blanche a prononc&#233; un discours le 18 mars 2008 &#224; Philadelphie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.humanite.fr/Discours-de-Barak-Obama-prononce-le-18-mars-a-Philadelphie,872105&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Nous pr&#233;sentons sa version ci-apr&#232;s en int&#233;gralit&#233;.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le texte commence par une citation de la Constitution adopt&#233;e en 1787 : &#171; Nous le peuple, en vue de former une union plus parfaite &#187;. Il y a deux cent vingt et un ans dans une salle qui se trouve toujours de l'autre c&#244;t&#233; de la rue, un groupe d'homme s'est r&#233;uni et avec ces mots simples, a inaugur&#233; l'improbable exp&#233;rience de la d&#233;mocratie en Am&#233;rique. Fermiers, savants, hommes d'Etat et patriotes ayant travers&#233; un oc&#233;an pour &#233;chapper &#224; la tyrannie et aux pers&#233;cutions, ils ont finalement concr&#233;tis&#233; leur d&#233;claration d'ind&#233;pendance &#224; la Convention de Philadelphie qui a dur&#233; tout le printemps de 1787. Le document qu'il r&#233;dig&#232;rent fut alors sign&#233; mais finalement inachev&#233; .Il portait la tache du p&#233;ch&#233; originel de cette nation ; une question qui divisait les colonies et a men&#233; la Convention dans l'impasse jusqu'&#224; ce que les p&#232;res fondateurs permettent au commerce des esclaves de se poursuivre pendant au moins vingt ans, et laissent la d&#233;cision finale aux futures g&#233;n&#233;rations.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bien s&#251;r la r&#233;ponse &#224; la question de l'esclavage &#233;tait d&#233;j&#224; inscrite dans la Constitution, une Constitution qui avait en son c&#339;ur l'id&#233;al de l'&#233;galit&#233; des citoyens devant la loi., une Constitution qui promettait au peuple libert&#233; et justice et une union qui pourrait &#234;tre et devrait &#234;tre perfectionn&#233;e sans cesse.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et cependant les mots sur le parchemin ne seront pas suffisants pour d&#233;livrer les esclaves de leurs cha&#238;nes, ni assurer aux hommes et aux femmes de toute couleur et de toute confession tous leurs droits et leurs devoirs de citoyen des Etats-Unis. Il faudra un long temps de g&#233;n&#233;rations successives d'Am&#233;ricains qui d&#233;siraient jouer leur r&#244;le &#8211; par les protestions et les luttes, dans les rues et devant les tribunaux, au travers d'une guerre civile et par la d&#233;sob&#233;issance civile, et toujours au prix de grands risques, comblent le foss&#233; entre les promesses de nos id&#233;aux et la r&#233;alit&#233; de leurs temps.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ceci est une des t&#226;ches que nous avons mis en avant au d&#233;but de cette campagne : poursuivre la longue marche de ceux qui nous ont pr&#233;c&#233;d&#233;s, une marche pour une Am&#233;rique plus juste, plus libre, plus solidaire, et plus prosp&#232;re. J'ai choisi de me pr&#233;senter &#224; la pr&#233;sidence &#224; ce moment de l'histoire parce que je crois profond&#233;ment que nous ne pourrons faire face aux d&#233;fis de notre temps sans que nous ne les r&#233;solvions tous ensemble &#8211; sans que nous ne perfectionnions notre union en comprenant que nous pouvons avoir des histoires diff&#233;rentes mais que nous avons des espoirs communs ; que nous pouvons ne pas nous ressembler et que nous pouvons ne pas venir du m&#234;me endroit, mais que nous voulons tous aller dans la m&#234;me direction- vers un avenir meilleur pour nos enfants et nos petits enfants. Cette croyance vient de ma foi in&#233;branlable dans l'int&#233;grit&#233; et la g&#233;n&#233;rosit&#233; du peuple am&#233;ricain. Mais elle vient aussi de ma propre histoire am&#233;ricaine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je suis le fils d'un homme noir du Kenya et d'une femme blanche du Kansas. J'ai &#233;t&#233; &#233;lev&#233; avec l'aide d'un grand p&#232;re blanc qui a surv&#233;cu &#224; la D&#233;pression en servant dans l'arm&#233;e (du g&#233;n&#233;ral) Patton pendant la seconde guerre mondiale et d'une grand-m&#232;re blanche qui travaillait sur une cha&#238;ne d'assemblage de bombardiers &#224; Fort Lavenworth tandis qu'il &#233;tait outre mer. Je suis all&#233; dans quelques unes des meilleures &#233;coles en Am&#233;rique et j'ai v&#233;cu dans l'un des plus pauvres pays du monde. Je suis mari&#233; &#224; une femme noire qui a en elle du sang d'esclaves et de propri&#233;taires d'esclaves- un h&#233;ritage que nous transmettons &#224; nos deux filles ch&#233;ries. J'ai des fr&#232;res, des s&#339;urs, des neveux, des oncles et des cousins, de toutes races et de toutes couleurs dispers&#233;s sur trois continents, et aussi longtemps que je vivrai, je n'oublierai jamais qu'il n'y a aucun autre pays sur la terre o&#249; mon histoire soit possible.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est une histoire qui ne fait pas de moi le plus conventionnel des candidats. Mais c'est une histoire qui a imprim&#233; dans mes g&#232;nes l'id&#233;e que cette nation est plus qu'une somme de ses composantes- &#224; partir de cet multiplicit&#233; nous sommes v&#233;ritablement un. Durant la premi&#232;re ann&#233;e de campagne, contrairement &#224; toutes les pr&#233;dictions, nous avons vu combien le peuple am&#233;ricain avait soif de ce message d'unit&#233;. En d&#233;pit de la tentation de voir ma candidature &#224; travers le prisme purement racial, nous avons remport&#233; des victoires d&#233;cisives dans des Etats avec quelques une des plus importantes populations blanches du pays. Dans la Caroline du Sud, o&#249; le drapeau conf&#233;d&#233;r&#233; flotte encore, nous avons construit une puissante coalition d'Africain Am&#233;ricains et d'Am&#233;ricains blancs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela ne veut pas dire que la race n'a pas &#233;t&#233; un probl&#232;me de la campagne. A plusieurs &#233;tapes de la campagne, certains commentateurs m'ont trouv&#233; &#171; trop noir &#187; ou &#171; pas assez noir &#187;.Nous avons vu la bulle de la tension raciale faire surface durant la semaine qui a pr&#233;c&#233;d&#233; les &#233;lections primaires en Caroline du Sud. La presse a scrut&#233; chaque sortie de bureau de vote pour trouver la moindre preuve de tendance raciale, pas seulement simplement en entre Blancs et Noirs , mais aussi entre Noirs et Bruns.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et cependant ce n'est qu'au cours des deux derni&#232;res semaines que le d&#233;bat sur la race a pris une tournure particuli&#232;rement d&#233;cisive.. A l'une des extr&#233;mit&#233;s du spectre, nous avons entendu que ma candidature ne serait qu'un exercice de discrimination positive (affirmative action) ;qu'elle serait bas&#233;e sur le d&#233;sir de lib&#233;raux id&#233;alistes d'obtenir une r&#233;conciliation &#224; bon march&#233;. A l'oppos&#233;, nous avons entendu mon ancien pasteur, le r&#233;v&#233;rend J&#233;r&#233;miah Wright, utiliser un langage incendiaire pour exprimer des vues qui peuvent approfondir la fracture raciale mais qui d&#233;nigre la grandeur et la bont&#233; de notre nation. ; cela offense v&#233;ritablement autant les Noirs que les Blancs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai d&#233;j&#224; condamn&#233;, en termes sans &#233;quivoque les d&#233;clarations du R&#233;v&#233;rend Wright qui ont caus&#233; cette controverse. Toutefois des questions irritantes demeurent. Est-ce que je savais qu'il critiquait parfois violemment la politique int&#233;rieure et ext&#233;rieure am&#233;ricaine ? Bien s&#251;r. Est-ce que je ne l'ai jamais entendu faire des interventions sujettes &#224; controverse alors que j'&#233;tais dans l'Eglise .Oui. Est ce que j'ai fortement r&#233;agi &#224; nombre de ces prises de positions ? Absolument- comme je suis s&#251;r que certains d'entre vous ont entendu des interventions de leurs pasteurs, de leurs pr&#234;tres ou de leurs rabbins avec lesquels ils &#233;taient fortement en d&#233;saccord. Mais les interventions qui ont &#233;t&#233; la cause de ce r&#233;cent incendie n'&#233;taient pas seulement un sujet de controverse. Elle n'&#233;taient pas seulement la volont&#233; d'un dirigeant religieux de s'&#233;lever contre une injustice v&#233;cue. Au contraire, elles expriment une vue d&#233;form&#233;e de ce pays, une vue selon laquelle le racisme blanc est end&#233;mique : et qui met tout ce qui est mal en Am&#233;rique au dessus de ce que savons bien comme juste en Am&#233;rique ; une opinion qui voit les conflits du Moyen Orient enracin&#233;s d'abord dans les actions de solides alli&#233;s comme Isra&#235;l, au lieu de les voir dans l'id&#233;ologie perverse et haineuse de l'Islam radical.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi,les propos du R&#233;v&#233;rend Wright n'&#233;taient pas seulement faux mais diviseurs, diviseurs &#224; un moment o&#249; nous avons besoin d'unit&#233; ; ils &#233;taient racialement charg&#233;s &#224; un moment o&#249; nous avons besoin de r&#233;soudre ensemble des probl&#232;mes &#233;normes : deux guerres ,une menace terroriste, une &#233;conomie en d&#233;clin, une crise chronique du syst&#232;me de sant&#233;, et un changement climatique potentiellement d&#233;vastateur ; des probl&#232;mes qui ne sont ni noirs ni blanc , ni latino ni asiatique, mais des probl&#232;mes auxquels nous sommes tous confront&#233;s. Etant donn&#233; mon pass&#233;, ma politique, les valeurs que je professe et mon id&#233;al, il n'y a pas de doute que mes condamnations ne sont pas suffisantes. Pourquoi suis-je si proche du R&#233;v&#233;rend Wright, peut-on se demander ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pourquoi ne suis-je pas aller dans une autre Eglise ? Et je confesse que si tout ce que je savais du R&#233;v&#233;rend Wright n'&#233;tait que les extraits de ce qui a tourn&#233; en boucle sur les t&#233;l&#233;vision et You Tube, ou si l'Eglise de la Sainte Trinit&#233; du Christ avait &#233;t&#233; conforme &#224; la caricature d&#233;peinte par certains commentateurs, il ne fait aucun doute que j'aurais r&#233;agis de cette fa&#231;on.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais la v&#233;rit&#233; est que ce n'est pas la seule chose que je connaisse de cet homme. L'homme que j'ai rencontr&#233; il y a vingt ans, est l'homme qui m'a fait conna&#238;tre la foi chr&#233;tienne, un homme qui m'a parl&#233; du devoir de nous aimer les uns les autres, de prendre soin du malade et de secourir le pauvre. C'est un homme qui a servi son pays comme Marine , qui a &#233;tudi&#233; et enseign&#233; dans plusieurs des plus prestigieuses universit&#233;s des Etats-Unis, et qui pendant trente ans a dirig&#233; une &#233;glise qui sert la communaut&#233; en accomplissant sur terre l'&#339;uvre de Dieu, en logeant les sans abri, en secourant les pauvres, en apportant une aide quotidienne et son enseignement dans les paroisses et les prisons et en soulageant ceux qui souffrent du sida.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans mon premier livre, &#171; Les r&#234;ves de mon p&#232;re &#187; (1), j'ai d&#233;crit l'exp&#233;rience de mes premiers pas &#224; la Trinit&#233; : &#171; Les gens commen&#231;aient &#224; crier, &#224; se lever de leur si&#232;ge,&#224; frapper des mains et &#224; pleurer, un souffle puissant portait la voix du R&#233;v&#233;rend sous la vo&#251;te&#8230;et dans ce simple mot : espoir, j'ai entendu quelque chose d'autre ; au pied la croix, dans les milliers d'Eglises de la ville, j'imaginais l'histoire du peuple noir se m&#234;lant aux histoires de David et Goliath, de Mo&#239;se et de Pharaon,des chr&#233;tiens dans la fosse aux lions, la vall&#233;e des ossements dess&#233;ch&#233;s d'Ezekiel. Ces histoires de survie et de libert&#233; ; et d'espoir, devenaient notre histoire, mon histoire ; le sang r&#233;pandu &#233;tait notre sang, les larmes &#233;taient nos larmes ; jusqu'&#224; cette &#233;glise qui semblait dans la lumi&#232;re de ce jour, comme un vaisseau portant l'histoire d'un peuple aux futures g&#233;n&#233;rations et &#224; un monde plus vaste .Nos &#233;preuves et nos triomphes devenaient uniques et universels, noirs et plus que noirs ; la chronique de notre voyage, l'histoire et les chants nous donnaient les moyens de reconstituer les souvenirs dont nous devions pas avoir honte &#8230;des souvenirs que chaque peuple peut &#233;tudier et ch&#233;rir- et avec lesquelles nous pouvions commencer &#224; reconstruire&#8230; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Telle fut mon exp&#233;rience de la Trinit&#233;. Comme d'autres &#233;glises &#224; pr&#233;dominance noire dans le pays, Trinit&#233; rassemble la communaut&#233; noire dans son ensemble- le docteur et la maman assist&#233;e, l'&#233;tudiant mod&#232;le et l'ancien membre de gang. Comme d'autres &#233;glises noires, les activit&#233;s de Trinit&#233; sont pleines de rires &#233;raill&#233;s et quelquefois de propos orduriers ? Elles sont pleines de danses, d'applaudissements, de cris et de hurlements qui peuvent sembler choquant &#224; des oreilles peu habitu&#233;es. L'&#233;glise contient toute la gentillesse et la cruaut&#233;, l'intelligence subtile et l'ignorance choquante, les luttes et les succ&#232;s, l'amour et oui, l'amertume et les pr&#233;jug&#233;s qui forment l'exp&#233;rience des noirs en Am&#233;rique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et cela permet d'expliquer, peut &#234;tre, ma relation avec le R&#233;v&#233;rend Wright. Aussi imparfait qu'il puisse &#234;tre, il a &#233;t&#233; comme une famille pour moi. Il a raffermi ma foi, c&#233;l&#233;br&#233; mon mariage et baptis&#233; mes enfants. Pas une fois dans mes conversations avec lui je n'ai entendu des propos portant atteinte &#224; un groupe ethnique, ou traitant les blancs avec lesquels il &#233;tait en contact autrement qu'avec courtoisie et respect. Il contient en lui les contradictions- les bonnes et les mauvaises- de la communaut&#233; qu'il sert avec d&#233;vouement depuis tant d'ann&#233;es. Je ne peux pas plus le d&#233;savouer que je ne peux d&#233;savouer la communaut&#233; noire. Je ne peux pas plus le d&#233;savouer que je ne peux d&#233;savouer ma grand-m&#232;re blanche- une femme qui m'a &#233;lev&#233;, une femme qui s'est sacrifi&#233; encore et encore pour moi, une femme qui m'aime plus que tout au monde, mais une femme qui une fois m'a avou&#233; sa peur de rencontre un homme noir dans la rue et qui &#224; plus d'une occasion &#224; prof&#233;r&#233; des st&#233;r&#233;otypes raciaux ou ethniques qui m'ont humili&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces gens sont une part de moi-m&#234;me. Et ils sont une part de l'Am&#233;rique, ce pays que j'aime. Certains verront l&#224; une tentative de justifier ou d'excuser des commentaires qui sont simplement inexcusables. Je peux vous assurer que ce n'est pas le cas. Je suppose que l'attitude politique prudente serait de laisser passer cet &#233;pisode et esp&#233;rer qu'il va s'effacer avec le temps. On peut &#233;carter le R&#233;v&#233;rend Wright comme un d&#233;s&#233;quilibr&#233; ou un d&#233;magogue, juste comme on a &#233;cart&#233; G&#233;raldine Ferraro (2) &#224; la suite de ses r&#233;cents propos , contenant de profondes allusions raciales. Mais je crois que la race est une question que notre pays ne peut se permettre d'ignorer en ce moment. Nous ferions la m&#234;me faute que le R&#233;v&#233;rend Wright a commise avec ces sermons offensants pour l'Am&#233;rique, faits de simplismes et de st&#233;r&#233;otypes amplifiant l'aspect n&#233;gatif au point de d&#233;former la r&#233;alit&#233;. Le fait est que les commentaires qui ont &#233;t&#233; faits et les questions venues &#224; la surfaces ces derni&#232;res semaines refl&#232;tent les complexit&#233;s raciales dans ce pays sur lesquelles nous n'avons jamais travaill&#233;- une part de notre union, que nous devons perfectionner maintenant. Et si nous fuyons maintenant, si nous restons simplement sur nos positions , nous ne serons jamais capables de nous unir et de r&#233;soudre les d&#233;fis comme le syst&#232;me de sant&#233;, ou d'&#233;ducation, ou la n&#233;cessit&#233; de trouver de bons emplois pour chaque Am&#233;ricain. Comprendre la r&#233;alit&#233; exige de se rappeler comment nous en sommes arriv&#233; l&#224;. Comme William Faulkner l'a &#233;crit une fois : &#171; Le pass&#233; n'est pas mort et enterr&#233;. En fait, il n'est m&#234;me pas pass&#233; &#187;. Nous n'avons pas besoin de raconter ici l'histoire de l'injustice raciale dans ce pays. Mais nous avons r&#233;ellement besoin de nous rappeler que beaucoup de disparit&#233;s qui existent aujourd'hui dans la communaut&#233; africaine Am&#233;ricaine proviennent directement des in&#233;galit&#233;s pass&#233;es depuis les premi&#232;res g&#233;n&#233;rations qui ont souffert du brutal h&#233;ritage de l'esclavage et de Jim Crow.(3)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les &#233;coles de la s&#233;gr&#233;gation &#233;taient et sont toujours des &#233;coles inf&#233;rieures ; nous n'y avons toujours pas rem&#233;di&#233; cinquante ans apr&#232;s Brown contre le Minist&#232;re de l'Education (4) et l'&#233;ducation inf&#233;rieure qu'elles prodiguaient, alors et maintenant, permet d' expliquer l'&#233;cart qui existe actuellement entre les &#233;tudiants noirs et blancs. La discrimination l&#233;gale - qui emp&#234;chait les noirs ,souvent par la violence , de poss&#233;der des propri&#233;t&#233;s ou d'obtenir pour les entrepreneurs Africains Am&#233;ricains ou pour des propri&#233;taires qui ne pouvaient acc&#233;der aux pr&#234;ts hypoth&#233;caires de (l'organisme gouvernemental) FHA, ou les noirs &#233;taient exclus des syndicats, ou des forces de police , ou des pompiers - signifiait que les familles noires ne pouvaient accumuler suffisamment de richesses &#224; l&#233;guer aux g&#233;n&#233;rations suivantes. Cette histoire permet d'expliquer l'existence du foss&#233; de la richesse et des revenus entre les noirs et les blancs, et la concentration des poches de pauvret&#233; qui persistent aujourd'hui dans tant de communaut&#233;s urbaine et rurales. Le manque de possibilit&#233;s pour les hommes noirs, la honte et la frustration n&#233;e de l'incapacit&#233; &#224; subvenir &#224; sa propre famille,ont contribu&#233; &#224; l'&#233;rosion des familles noires, un probl&#232;me que les politiques d'action sociale ont aggrav&#233; depuis de nombreuses ann&#233;es. Et que les manques de politique d'aide sociale ont aggrav&#233; depuis de nombreuses ann&#233;es &#8211; des parcs pour les enfants pour y jouer, des patrouilles de policiers, un ramassage r&#233;gulier des ordures et un renforcement du code de la construction- tout cela a cr&#233;&#233; un cycle de violence, de g&#226;chis et d'abandon qui continue de nous hanter.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Telle est la r&#233;alit&#233; dans laquelle ont grandi le R&#233;v&#233;rend Wright et d'autres Africain Am&#233;ricains. Ils viennent des ann&#233;es cinquante et soixante, au temps o&#249; la s&#233;gr&#233;gation &#233;tait encore la loi du pays et o&#249; les possibilit&#233;s &#233;taient extr&#234;mement r&#233;duites. Ce qui est remarquable, ce n'est pas combien ont &#233;chou&#233; devant la discrimination, mais plut&#244;t combien d'hommes et de femmes ont surmont&#233; les obstacles ; combien ont &#233;t&#233; capables d'ouvrir un chemin &#224; travers ces obstacles pour ceux qui comme moi sont venus apr&#232;s eux. Mais pour tous ceux qui creus&#233; leur chemin bec et ongles pour obtenir une part du r&#234;ve am&#233;ricain, il y en a beaucoup qui n'y sont pas arriv&#233; - ceux qui ont &#233;t&#233; vaincus d'une mani&#232;re ou d'une autre par la discrimination. Cet h&#233;ritage de la d&#233;faite a &#233;t&#233; transmis aux nouvelles g&#233;n&#233;rations, ces hommes et ces femmes de plus en plus jeunes que nous voyons debout au coin des rues ou s'&#233;tiolant dans nos prisons, sans espoir, sans projets pour l'avenir. M&#234;me pour les noirs qui ont r&#233;ussi, la question de la race et le racisme continuent de d&#233;finir leur vision du monde. Pour les hommes et les femmes de la g&#233;n&#233;ration du R&#233;v&#233;rend Wright, les souvenirs de l'humiliation, les doutes et la peur n'ont pas disparu, ni la col&#232;re et l'amertume de ces ann&#233;es-l&#224;. Cette col&#232;re ne s'exprime peut &#234;tre pas en public, devant les travailleurs ou les amis blancs. Mais elle s'entend chez le coiffeur ou autour de la table. Parfois, cette col&#232;re est exploit&#233;e par des politiciens qui cherchent &#224; capter des voix par les divisions raciales ou pour faire oublier leurs propres &#233;checs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et &#224; l'occasion, elle se fait entendre dans une &#233;glise un dimanche matin en chaire et sur les bancs. Le fait que tant de personnes soient surprises d'entendre cette col&#232;re dans des sermons du R&#233;v&#233;rend Wright nous rappelle simplement le vieux truisme selon lequel l'heure de la plus grande s&#233;gr&#233;gation de la vie am&#233;ricaine est le dimanche matin. Cette col&#232;re n'est pas toujours productive ; en v&#233;rit&#233;, elle d&#233;tourne trop souvent l'attention de la solution des vrais probl&#232;mes ; elle nous emp&#234;che de faire face &#224; notre propre complicit&#233; avec notre condition et &#233;carte la communaut&#233; Africaine Am&#233;ricaine des alliances n&#233;cessaires &#224; un changement r&#233;el. Mais la col&#232;re est r&#233;elle ; elle est puissante et la repousser, la condamner sans en comprendre les racines, sert seulement &#224; creuser le foss&#233; d'incompr&#233;hension qui existe entre les races.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En fait une col&#232;re similaire existe dans certains secteurs de la communaut&#233; blanche. Beaucoup de blancs de la classe ouvri&#232;re et de la classe moyenne ne ressentent pas qu'ils ont &#233;t&#233; particuli&#232;rement privil&#233;gi&#233;s par leur race. Leur exp&#233;rience est celle d'immigrants- en ce qui les concerne personne ne leur a rien donn&#233;. Ils ont construit de leurs propres mains. Ils ont travaill&#233; dur toute leur vie, et souvent pour voir leur emploi partir au del&#224; des mers ou leur retraite dispara&#238;tre apr&#232;s une vie enti&#232;re de travail. Ils sont anxieux de l'avenir et voient leurs r&#234;ves s'&#233;vanouir ; dans une &#233;poque de salaires bloqu&#233;s et de comp&#233;tition globale, les opportunit&#233;s apparaissent comme un jeu de sommes nulles, dans lequel vos r&#234;ves se forment &#224; mes d&#233;pens. Ainsi quand on leur dit d'envoyer leurs enfants &#224; l'&#233;cole &#224; l'autre bout de la ville, quand ils entendent qu'un Africain Americain a obtenu un bon emploi ou une place dans un bon coll&#232;ge en raison d'une injustice qu'ils n'ont pas commise ( la discrimination positive,NDLR), quand on leur dit que leurs peurs &#224; propos de la criminalit&#233; dans les quartiers urbains rel&#232;vent de pr&#233;jug&#233;s, leur ressentiment s'accro&#238;t. De m&#234;me que parfois dans la communaut&#233; noire, ce ressentiment n'est pas toujours exprim&#233; de mani&#232;re polic&#233;e. Mais il a fa&#231;onn&#233; le paysage politique depuis au moins une g&#233;n&#233;ration. La col&#232;re envers l'aide sociale et la discrimination positive a aid&#233; &#224; forger la coalition de Reagan. Les politiciens exploitent constamment la peur de la criminalit&#233; &#224; leurs propres fins &#233;lectorales. Les h&#244;tes des d&#233;bats t&#233;l&#233;vis&#233;s et les commentateurs conservateurs ont construit leur carri&#232;re enti&#232;re en mettant en avant des faits de racisme tandis qu'ils r&#233;cusaient les discussions l&#233;gitimes sur l'injustice raciale et l'in&#233;galit&#233;, comme du simple politiquement correct ou du racisme invers&#233;. De la m&#234;me fa&#231;on que la col&#232;re noire souvent s'est montr&#233;e contreproductive, ces ressentiments des blancs ont d&#233;tourn&#233; l'attention des r&#233;els coupables de la pression sur les classes moyennes.- une culture d'entreprise s&#233;vit avec ses pratiques comptables douteuses , et son avidit&#233; &#224; courte vue ; et Washington domin&#233; par les lobbyistes et les int&#233;r&#234;ts particuliers. Et pourtant, repousser les ressentiments des Am&#233;ricains blancs,les stigmatiser comme mal orient&#233; et m&#234;me racistes,sans reconna&#238;tre qu'ils sont enracin&#233;s dans des soucis l&#233;gitimes - cela aussi approfondit la division raciale et bloque le chemin de la compr&#233;hension.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voil&#224; o&#249; nous en sommes aujourd'hui. C'est une impasse raciale dont nous sommes prisonniers depuis des ann&#233;es. Contrairement aux proclamations de certains de mes critiques, blancs et noirs, je n'ai jamais &#233;t&#233; assez na&#239;f pour croire que nous pouvions surmonter cette division raciale en un seul cycle &#233;lectoral, ou avec une simple candidature &#8211; particuli&#232;rement une candidature aussi imparfaite que la mienne. Mais j'ai voulu affirmer ma ferme conviction - une conviction enracin&#233;e en Dieu et dans ma foi dans le peuple am&#233;ricain - qu'en travaillant ensemble nous pouvons d&#233;passer certaines de vieilles blessures raciales, et que en fait nous n'avons pas le choix si nous voulons continuer sur la voie d'une union plus parfaite. Pour la communaut&#233; africaine am&#233;ricaine, cette voie signifie assumer le fardeau de notre pass&#233; sans devenir les victimes de notre pass&#233;. Cela signifie continuer &#224; insister pour une justice totale dans chaque aspect de la vie am&#233;ricaine. Mais cela signifie aussi lier nos revendications particuli&#232;res &#8211; pour une meilleur assistance m&#233;dicale et de meilleures &#233;coles et de meilleurs emplois - aux plus larges aspirations de tous les Am&#233;ricains- la femme blanche qui lutte pour briser le plafond de verre , l'homme blanc qui a &#233;t&#233; licenci&#233; ;l'immigrant qui essaie de nourrir sa famille .Ce qui signifie prendre la pleine responsabilit&#233; de nos propres vies &#8211;en demandant plus &#224; nos p&#232;res, en passant plus de temps avec nos enfants , en leur lisant , en leur enseignant que quels que soient les d&#233;fis et les discriminations qu'ils rencontreront dans leur vie , ils ne doivent jamais succomber au d&#233;sespoir ou au cynisme .Ils doivent toujours croire qu'ils peuvent &#233;crire leur propre destin.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ironiquement cette notion typiquement am&#233;ricaine - oui , conservatrice - la notion &#171; aide-toi toi-m&#234;me &#187; , se trouve fr&#233;quemment exprim&#233;e dans les sermons du R&#233;v&#233;rend Wright. Mais ce que mon ancien pasteur a trop souvent &#233;chou&#233; &#224; comprendre c'est qu'adh&#233;rer au programme &#171; aide-toi toi-m&#234;me &#187; implique aussi de croire que la soci&#233;t&#233; peut changer.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'erreur profonde des sermons du R&#233;v&#233;rend Wright n'est pas ce qu'il a dit du racisme dans notre soci&#233;t&#233;. C'est qu'il a parl&#233; comme si notre soci&#233;t&#233; &#233;tait immobile ; comme si aucun progr&#232;s n'avait &#233;t&#233; accompli ; comme si ce pays- un pays qui a rendu possible pour l'un de ses membres de se pr&#233;senter &#224; la plus haute responsabilit&#233; du pays et de construire une coalition de blancs et de noirs, de Latinos et d'Asiatiques, riches et pauvres, jeunes et vieux &#8211; &#233;tait encore li&#233; irr&#233;vocablement &#224; son pass&#233; tragique. Mais ce que nous savons - ce que nous avons vu- c'est que l'Am&#233;rique peut changer. C'est le v&#233;ritable g&#233;nie de cette nation .Ce que nous avons d&#233;j&#224; accompli nous donne l'espoir- l'audace d'esp&#233;rer - que nous pouvons et que nous devons accomplir demain Dans la communaut&#233; blanche, la voie vers une plus parfaite union signifie reconna&#238;tre que ce qui fait souffrir la communaut&#233; noire am&#233;ricaine n'existe pas seulement dans l'imagination du peuple noir, mais que l'h&#233;ritage de la discrimination - et les habituels incidents de la discrimination quoique moins flagrants que dans le pass&#233; - sont r&#233;els et doivent &#234;tre pris en compte. Non juste par des mots, mais par des actes - en investissant dans nos &#233;coles et dans nos communaut&#233;s ; en renfor&#231;ant nos lois sur les droits civils et en assurant l'&#233;quit&#233; dans notre syst&#232;me de justice criminelle ; en donnant &#224; cette g&#233;n&#233;ration les moyens de s'&#233;lever qui furent refus&#233;s aux pr&#233;c&#233;dentes g&#233;n&#233;rations. Cela exige de chaque Am&#233;ricains de e rendre compte que vos r&#234;ves ne se font pas aux d&#233;pens mes r&#234;ves ; qu'investir dans la sant&#233;,la s&#233;curit&#233; sociale, et l'&#233;ducation des enfants noirs , bruns et blancs aidera &#224; la prosp&#233;rit&#233; de l'Am&#233;rique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et au fond, ce qui est demand&#233; n'est ni plus ni moins ce que toutes les religions du monde demandent, que nous fassions pour les autres ce que nous voudrions qu'ils fassent pour nous. Veillons sur notre fr&#232;re, nous dit l'Ecriture. Veillons sur notre s&#339;ur. Trouvons le lien commun que nous avons tous et que nos politiques refl&#232;tent &#233;galement cet esprit. Car nous avons le choix dans ce pays. Nous pouvons accepter une politique qui nourrit la division, et le conflit, et le cynisme. Nous pouvons concevoir la race comme un spectacle- comme lors du proc&#232;s de O.J.Simpson - ou un naufrage tragique comme pour les suites de Katrina, ou comme un faits divers pour les journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s de la nuit. Nous pouvons passer les sermons du R&#233;v&#233;rend Wright sur toutes les t&#233;l&#233;visions et en parler jusqu'&#224; l'&#233;lection, et faire que la seule question de cette campagne soit de savoir si le peuple am&#233;ricain pense ou non que j'ai pu avoir de la sympathie pour ses discours les plus offensants. Nous pouvons nous pr&#233;cipiter sur une gaffe d'un partisan d'Hillary comme la preuve qu'elle joue la carte de la race, ou nous pouvons sp&#233;culer pour savoir si les blancs vont se regrouper autour de McCain aux &#233;lections g&#233;n&#233;rales sans tenir compte de sa politique. Nous pouvons faire cela.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais si nous le faisons, je peux vous dire que lors des prochaines &#233;lections, nous parleront d'autres sujets de diversion. Et puis encore d'un autre. Et encore d'un autre. Et rien ne changera. C'est un choix. Ou bien, maintenant, dans cette &#233;lection, nous pouvons nous rassembler et dire : &#171; pas cette fois-ci &#187;. Cette fois-ci nous voulons parler des &#233;coles qui s'effondrent, qui volent l'avenir des enfants noirs, blancs, asiatiques, hispaniques et indig&#232;nes. Cette fois-ci nous voulons rejeter le cynisme qui pr&#233;tend que ces enfants ne peuvent pas apprendre ; que ces enfants qui ne sont pas comme nous, sont le probl&#232;me de quelqu'un d'autre. Les enfants de l'Am&#233;rique ne sont pas ces enfants, ce sont nos enfants, et nous ne voulons pas les laisser en arri&#232;re dans l'&#233;conomie du 21&#232;me si&#232;cle. Pas cette fois-ci. Cette fois-ci nous voulons parler des queues dans les salles d'urgence, pleines de blancs, de noirs et d'hispaniques qui n'ont pas de couverture m&#233;dicale ;qui n'ont pas le pouvoir de l'emporter sur les int&#233;r&#234;ts particuliers &#224; Washington, ce que nous pouvons faire si nous le faisons tous ensemble.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette fois-ci nous voulons parler des usines ferm&#233;es qui autrefois permettaient une vie d&#233;cente pour les hommes et les femmes de toutes les races, et des maisons &#224; vendre qui autrefois appartenaient &#224; des Am&#233;ricains de toute religion, de toute r&#233;gion, de tout choix de vie. Cette fois-ci, nous voulons parler du fait que le r&#233;el probl&#232;me n'est pas que quelqu'un qui n'est pas comme vous, pourrait prendre votre emploi. Nous voulons parler de la compagnie pour laquelle vous travaillez et qui veut d&#233;localiser au del&#224; des mers pour faire plus de profit. Cette fois-ci, nous voulons parler des hommes , des femmes de toutes couleurs et de toutes croyances, qui servent ensemble, et combattent ensemble, et versent leur sang ensemble sous le m&#234;me fier drapeau. Nous voulons parler de la fa&#231;on de les ramener &#224; la maison loin d'une guerre qui n'aurait jamais d&#251; &#234;tre autoris&#233;e et qui jamais n'aurait d&#251; &#234;tre financ&#233;e, et nous voulons parler de la fa&#231;on dont nous montrerons notre patriotisme en nous pr&#233;occupant d'eux et de leurs familles et en leur donnant les pensions qu'ils ont gagn&#233;es. Je ne me pr&#233;senterais pas pour &#234;tre Pr&#233;sident si je ne croyais pas de tout mon c&#339;ur que c'est ce que veut la vaste majorit&#233; des Am&#233;ricains pour ce pays. Il se peut que cette union ne soit jamais parfaite, mais g&#233;n&#233;ration apr&#232;s g&#233;n&#233;ration elle a montr&#233; qu'elle peut toujours &#234;tre perfectionn&#233;e. Et aujourd'hui, &#224; chaque fois que je suis tent&#233; par le doute ou par le cynisme &#224; propos de cette possibilit&#233;, ce qui me donne le plus d'espoir c'est la nouvelle g&#233;n&#233;ration - les jeunes gens dont les attitudes , les convictions et l'ouverture au changement ont d&#233;j&#224; fait l'histoire dans ces &#233;lections.. Il y a une histoire particuli&#232;re que je voudrais vous conter aujourd'hui, une histoire que j'ai racont&#233;e quand j'ai eu le grand honneur de parler pour l'anniversaire du Docteur ( Martin Luther) King dans son &#233;glise baptiste, d'Ebenezer, dans l'Atlanta. Il y avait une jeune femme blanche de trente trois ans nomm&#233;e Ashley Baia qui participait &#224; notre campagne &#224; Florence, en Caroline du Sud. Elle avait travaill&#233; &#224; organiser une communaut&#233; plut&#244;t Africaine Am&#233;ricaine depuis le d&#233;but de la campagne et un jour elle se trouva &#224; une table ronde o&#249; chacun voulait raconter son histoire et pourquoi il &#233;tait l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et Ashley dit que lorsqu'elle avait neuf ans, sa m&#232;re avait eu un cancer. Et parce qu'elle avait manqu&#233; des jours de travail, elle avait perdu son assurance m&#233;dicale . Elle a d&#251; se mettre en faillite , et c'est alors qu'Ashley a d&#233;cid&#233; qu'elle devait faire quelque chose pour aidersa m&#232;re. Elle savait que la nourriture &#233;tait tr&#232;s ch&#232;re, aussi Ashley a convaincu sa m&#232;re qu'elle aimait et qu'elle ne voulait vraiment manger que des sandwiches &#224; la moutarde. Parce que c'&#233;tait le moyen le moins cher de manger.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Elle a fait cela durant un an jusqu'&#224; ce que sa m&#232;re aille mieux et elle dit a tout le monde autour de la table que sa raison de se joindre &#224; la campagne &#233;tait d'aider ainsi les millions d'enfants de notre pays qui veulent et qui ont aussi besoin d'aider leur parents. Maintenant, Ashley aurait pu faire un choix diff&#233;rent . Peut-&#234;tre quelqu'un lui a sugg&#233;rer que les probl&#232;mes de sa m&#232;re venaient de ces noirs qui sont assist&#233;s et trop fain&#233;ants pour travailler, ou de ces hispaniques qui viennent ill&#233;galement dans notre pays. Mais elle ne l&#8216;a pas &#233;cout&#233;. Elle a cherch&#233; des alli&#233;s dans son propre combat contre l'injustice.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En tout cas, Ashley termine son histoire et demande &#224; tous ceux qui sont autour de la table pourquoi ils soutiennent la campagne. Ils ont tous une histoire et des raisons diff&#233;rentes. Certains ont des probl&#232;mes particuliers. Et finalement ils se tournent vers un vieil homme noir qui &#233;tait rest&#233; assis tranquille pendant tout ce temps . Ashley lui demande pourquoi il est l&#224;. Il ne parle pas d'un probl&#232;me particulier. Il ne dit rien de l'assistance m&#233;dicale ou de l'&#233;conomie, ni de l'&#233;ducation ni de la guerre. Il ne dit pas qu'il &#233;tait l&#224; pour Barack Obama. Il dit simplement &#224; tous ceux qui sont autour de la table : &#171; je suis ici &#224; cause d'Ashley &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Je suis ici &#224; cause d'Ashley &#187;. En lui-m&#234;me, ce simple moment de reconnaissance entre cette jeune fille blanche et ce vieil homme noir n'est pas suffisant. Il n'est pas suffisant pour donner une assurance m&#233;dicale aux malades, ou un emploi aux ch&#244;meurs, ou l'&#233;ducation &#224; nos enfants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais c'est d'ici que nous partons. C'est ici que notre union devient plus forte. Et comme tant de g&#233;n&#233;rations l'ont compris durant deux cents vingt et un ans, depuis qu'un groupe de patriotes a sign&#233; ce document &#224; Philadelphie, c'est ici que la perfection commence.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Traduction : Jacques Coubard pour &lt;a href=&quot;http://www.humanite.fr&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;www.humanite.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(1) Vient d'&#234;tre r&#233;&#233;dit&#233; , avec une nouvelle pr&#233;face de Barack Obama aux Presses de la Cit&#233; ; 454 pages, 21 euros. (2) Ancienne directrice de la campagne d'Hillary Clinton, qui avait mis en cause la couleur de Barack Obama et qui d&#251; d&#233;missionner &#224; la suite de ces propos. (3) Nom du personnage noir caricatural d'une chanson , qui devint le symbole des lois racistes instituant la s&#233;gr&#233;gation. (4) Arr&#234;t de la cour supr&#234;me de 1954 interdisant la s&#233;gr&#233;gation scolaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



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		<title>Nos partis politiques sont devenus une menace pour la d&#233;mocratie</title>
		<link>http://www.ledevoir.com/2008/11/10/215199.html</link>
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		<dc:date>2008-11-10T14:40:02Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Rom&#233;o Bouchard - Le Devoir (opinions)</dc:creator>
		


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		<description>La situation s'est encore aggrav&#233;e du fait que les partis politiques d&#233;finissent maintenant leur action en fonction des sondages et des m&#233;dias, de sorte que les campagnes &#233;lectorales sont devenues des spectacles d'hypocrisie, de strat&#233;gie, de propagande, de d&#233;nigrement et (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lors d'un r&#233;cent Forum au Bas-Saint-Laurent, qui r&#233;unissait des citoyens, des intervenants et des &#233;lus de la r&#233;gion, je fus &#233;tonn&#233; de constater la col&#232;re des participants &#224; l'&#233;gard de nos partis politiques, qui, de l'avis de tous, faussent totalement chez nous la d&#233;mocratie et la repr&#233;sentation, au point de nous enlever le go&#251;t de participer &#224; des &#233;lections. Et &#224; bien y penser, ils n'avaient pas tort.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;M&#234;me si l'existence de partis politiques qui regroupent les grandes familles d'opinions politiques fait partie de toute d&#233;mocratie, le r&#244;le que l'on donne aux partis politiques dans nos institutions peut tout g&#226;cher. Or il faut bien admettre que notre syst&#232;me parlementaire britannique, contrairement au syst&#232;me pr&#233;sidentiel, repose enti&#232;rement sur la ligne de parti : le parti majoritaire, si faible soit sa majorit&#233;, contr&#244;le tout : la d&#233;signation du chef de l'&#201;tat, le fonctionnement du Parlement (pouvoir l&#233;gislatif), la formation du Cabinet (pouvoir ex&#233;cutif).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De telle sorte que les d&#233;put&#233;s que l'on &#233;lit ne d&#233;cident pas grand-chose : en plus de ne repr&#233;senter la plupart du temps qu'un faible pourcentage de la population, ils sont enti&#232;rement prisonniers de la ligne de leur parti et du parti au pouvoir. Autant dire qu'ils sont b&#226;illonn&#233;s : emp&#234;ch&#233;s de voter les lois qu'ils jugent n&#233;cessaires pour leurs &#233;lecteurs, il ne leur reste qu'&#224; jouer aupr&#232;s d'eux le r&#244;le d'un travailleur social et d'un entremetteur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La situation s'est encore aggrav&#233;e du fait que les partis politiques d&#233;finissent maintenant leur action en fonction des sondages et des m&#233;dias, de sorte que les campagnes &#233;lectorales sont devenues des spectacles d'hypocrisie, de strat&#233;gie, de propagande, de d&#233;nigrement et d'opportunisme, centr&#233;es sur les chefs de partis et de plus en plus &#233;loign&#233;s de la r&#233;alit&#233; des citoyens.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le marketing politique et les slogans vides (l'&#233;conomie, la sant&#233;, le leadership...) ont remplac&#233; le projet politique. C'est pourquoi les citoyens supportent de plus en plus difficilement les campagnes &#233;lectorales, a fortiori lorsqu'elles ne sont justifi&#233;es que par des int&#233;r&#234;ts partisans, comme c'est le cas en ce moment, et que les partis en pr&#233;sence n'ont strictement rien &#224; proposer comme projet de soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour les gens qui assistaient &#224; ce Forum, ce qu'ils attendent, c'est une r&#233;forme de nos institutions d&#233;mocratiques qui leur redonne une repr&#233;sentation au gouvernement et leur redonne les pouvoirs et les moyens de s'autogouverner dans leur r&#233;gion plut&#244;t que de se voir constamment bloqu&#233;s dans leurs projets par la dictature des partis politiques et de minist&#232;res gouvernementaux qui s'obstinent &#224; tout contr&#244;ler. &#171; Si on veut occuper notre territoire, concluait le pr&#233;sident de la Conf&#233;rence R&#233;gionale des &#201;lus pr&#233;sent &#224; titre personnel &#224; ce Forum, il faut avoir les pouvoirs pour l'occuper et avoir le financement pour le faire. &#187; Mais, soyez sans crainte, il n'en sera pas question dans cette &#233;lection qui est un affront de trop aux citoyens, et si par hasard il en &#233;tait question, on s'empresserait de l'oublier apr&#232;s l'&#233;lection.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comment peut-on ensuite avoir l'audace de d&#233;noncer le manque d'int&#233;r&#234;t et de participation des citoyens &#224; la vie politique ? Faut-il se f&#226;cher ou se d&#233;courager ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Rom&#233;o Bouchard, Coordonnateur de la Coalition pour un Qu&#233;bec des R&#233;gions&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



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		<title>La d&#233;mocratie passive, muette et insignifiante</title>
		<link>http://www.vigile.net/La-democratie-passive-muette-et</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/La-democratie-passive-muette-et</guid>
		<dc:date>2008-10-31T16:11:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Dominic Desroches - Collaboration sp&#233;ciale</dc:creator>, <dc:creator>Martin Provencher - Collaboration sp&#233;ciale</dc:creator>
		


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		<description>Car pour gagner le pouvoir en d&#233;mocratie, il faut faire entendre son programme &#224; ses &#233;lecteurs. Si nous d&#233;sirons mieux comprendre et accepter les limites m&#234;mes de notre r&#233;gime politique, nous devons nous poser aujourd'hui la question suivante : &#224; quand donc un vrai d&#233;bat des chefs devant (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La d&#233;mocratie est un r&#233;gime politique qui valorise la parole de ceux qui
veulent changer les choses. Elle pr&#233;suppose que les &#233;lus doivent rendre des
comptes et que les citoyens soient assez attentifs au bien commun pour
sanctionner les politiciens qui trompent son id&#233;al. Perfectible, elle se
renforce par la responsabilisation, le respect des &#233;lus et des citoyens, et
un int&#233;r&#234;t marqu&#233; pour les affaires publiques. Mentir, plagier une
allocution ou salir les adversaires par des publicit&#233;s n&#233;gatives m&#232;ne &#224;
l'impolitique. Quand on examine le r&#233;sultat des r&#233;centes &#233;lections &#224; l'aune
de ces facteurs, on peut s'interroger sur notre d&#233;mocratie. Est-ce que la
campagne qui s'annonce au Qu&#233;bec, d&#233;butant par le maraudage, les cas de
transfuges et les mensonges utiles, reproduira les sympt&#244;mes des derni&#232;res
&#233;lections f&#233;d&#233;rales ? Un regard critique sur notre derni&#232;re exp&#233;rience
&#233;lectorale devrait permettre de d&#233;noncer les insignifiances d'une
d&#233;mocratie sans grande l&#233;gitimit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les mauvais souvenirs d'une campagne insignifiante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lors de la campagne f&#233;d&#233;rale, nous avons pu observer un net recul du taux
de participation. Comment expliquer cette d&#233;saffection ? Certains citoyens,
surtout les jeunes, ne s'int&#233;ressent &#224; la politique qu'&#224; distance.
Plusieurs d'entre eux vivent leur vie dans le virtuel et semblent se dire
qu'il est pr&#233;f&#233;rable de suivre la campagne par Internet, via les blogues
par exemple. Cette distanciation peut avoir pour effet pervers de les
garder &#224; la maison le jour du scrutin. Ce nouveau ph&#233;nom&#232;ne, on le
comprendra, a de quoi inqui&#233;ter les politiciens qui donnent leur vie &#224; la
politique r&#233;elle, qui veulent faire sortir le vote sur le terrain et qui
investissent la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il se peut &#233;galement que nos &#233;lus contribuent eux-m&#234;mes &#224; alimenter le
cynisme de l'&#233;lectorat. Les citoyens ne sont plus dupes de la mise en sc&#232;ne
qui pr&#233;side &#224; l'&#233;lection des candidats. Ils ont vu que certains &#233;lus ou non
&#233;lus confondaient privil&#232;ge et responsabilit&#233;, qu'ils faisaient passer leur
ambition personnelle avant leur mandat et que les m&#233;dias participaient
directement &#224; l'&#233;lection. C'est pourquoi ils h&#233;sitent &#224; leur confier un
mandat majoritaire. La r&#233;&#233;lection d'un gouvernement minoritaire &#224; Ottawa,
il y en a un &#224; Qu&#233;bec, t&#233;moigne d'une plus forte exigence de reddition des
comptes et repr&#233;sente un d&#233;fi suppl&#233;mentaire pour notre d&#233;mocratie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais force est aussi de constater que l'&#233;lection d'un gouvernement
minoritaire rend difficile la repr&#233;sentation des villes et des r&#233;gions. On
se demande, par exemple, qui repr&#233;sentera le Qu&#233;bec chez les conservateurs ? Pourra-t-on d'ailleurs trouver un responsable cr&#233;dible pour Montr&#233;al ?
Poser ces questions revient &#224; critiquer un mod&#232;le qui semble fonctionner au
ralenti. Non pas parce qu'il est inacceptable ou que le vote proportionnel
serait une panac&#233;e, mais parce qu'il cr&#233;e l'insatisfaction et la
d&#233;saffection. R&#233;alis&#233;e au co&#251;t de plusieurs millions de dollars, la
derni&#232;re &#233;lection n'a pas donn&#233; les r&#233;sultats escompt&#233;s : elle a laiss&#233; un
go&#251;t si amer dans la population que les Qu&#233;b&#233;cois d&#233;priment &#224; la seule id&#233;e
de retourner aux urnes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour les citoyens les plus sensibles, il se peut que l'un des revers du
mod&#232;le actuel soit que les politiciens font trop appel aux techniques de
mise en march&#233; et, surtout, aux &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;focus groups&lt;/i&gt; pour faire passer leur
message. Cette fa&#231;on de r&#233;duire la politique aux chiffres met en p&#233;ril
l'id&#233;al d&#233;mocratique, car elle cr&#233;e un amalgame entre choix politique et
choix de consommation. Les choix politiques, pourtant, ne doivent pas
exprimer une pr&#233;f&#233;rence ou la justification d'un style de vie, mais le
moyen de r&#233;aliser un id&#233;al commun.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Enfin l'engouement suscit&#233; par le d&#233;bat des chefs montre, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;a contrario&lt;/i&gt;, que
les citoyens demeurent avides de contenu. La pol&#233;mique entourant la
pr&#233;sence de Elisabeth May n'a pas favoris&#233; l'id&#233;al d&#233;mocratique.
D'ailleurs, que dire du fait que cette nouvelle invit&#233;e soit incapable de
s'exprimer dans la langue du quart des Canadiens ? Le d&#233;bat, malgr&#233; sa
nouvelle formule, n'a pas r&#233;ussi &#224; sauver une campagne terne et
insignifiante, &#224; tel point que les Canadiens ont pr&#233;f&#233;r&#233; regarder le
long-m&#233;trage politique qui se d&#233;roulait au sud de leur fronti&#232;re entre
McCain et Obama. Quand on fait ce triste constat, il ne reste plus qu'&#224; se
demander s'il est encore possible d'innover afin de sauver l'esprit
d&#233;mocratique &#224; l'aube d'une nouvelle &#233;lection.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Comment assurer le choc des id&#233;es ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si c'est la parole qui assure le pouvoir, celui du Qu&#233;bec est peut-&#234;tre en
p&#233;ril. Dans nos d&#233;bats traditionnels fig&#233;s, contr&#244;l&#233;s par le consortium des
t&#233;l&#233;diffuseurs, la parole se perd derri&#232;re l'image projet&#233;e par les
m&#233;dias-informateurs et le politicien ne rejoint plus personne. Est-il
encore possible d'am&#233;liorer la formule du d&#233;bat des chefs afin de la rendre
plus conforme &#224; l'id&#233;e d&#233;mocratique ? Une nouvelle formule, test&#233;e au
f&#233;d&#233;ral, a eu le m&#233;rite de contraindre les politiciens &#224; s'&#233;couter
davantage. Un pas dans la bonne direction serait fait si, d&#233;sormais, on
&#233;coutait la population. Dans cette optique, n'est-il pas possible de
revoir le d&#233;bat des chefs ? Voyons voir&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Une nouvelle formule-d&#233;bat plus participative&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il importe d'assurer d'abord la pr&#233;sence des principaux chefs de partis,
non pas trois, mais cinq ou six, afin de bien repr&#233;senter les tendances et
forces en pr&#233;sence. Il n'est pas impossible, on le sait, de parler entour&#233;
de cinq personnes, il faut simplement savoir comment faire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il serait aussi souhaitable d'organiser ce d&#233;bat devant public. Ainsi,
pourrions-nous sentir le public r&#233;agir au discours et r&#233;pondre aux
politiciens. Dans ce contexte, il serait plus facile de voir la rh&#233;torique,
la gardienne de la d&#233;mocratie, &#224; l'&#339;uvre mais aussi la participation
citoyenne. Mais pour &#233;viter un public trop favorable &#224; l'un des chefs, la
sagesse veut que l'on tire au sort, on le faisait d&#233;j&#224; en Gr&#232;ce, les
membres du public qui assisteront au d&#233;bat. Un mod&#233;rateur, qualifi&#233; mais
non choisi par les chefs, assurerait le respect des r&#232;gles (ordre, temps de
parole, etc.).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le mieux, enfin, est peut-&#234;tre de laisser les chefs pr&#233;parer un discours
d'ouverture et de leur proposer des discussions libres sur des grands
th&#232;mes afin de voir comment ils se comporteront face aux autres chefs, mais
aussi face &#224; la foule. Le meilleur chef, ce ne sera pas le plus beau, le
plus riche ou le plus pr&#233;par&#233;, mais ce sera celui ou celle qui, au moment
opportun, r&#233;ussira &#224; convaincre la foule aux moyens de ses mots et de ses
gestes. En ce sens, le d&#233;bat opposant S&#233;gol&#232;ne Royal et Nicolas Sarkozy
durant la pr&#233;sidentielle fran&#231;aise devrait nous inciter &#224; revoir notre
formule et redonner &#224; tous le go&#251;t du d&#233;bat d'id&#233;es. Car pour gagner le
pouvoir en d&#233;mocratie, il faut faire entendre son programme &#224; ses
&#233;lecteurs. Si nous d&#233;sirons mieux comprendre et accepter les limites m&#234;mes
de notre r&#233;gime politique, nous devons nous poser aujourd'hui la question
suivante : &#224; quand donc un vrai d&#233;bat des chefs devant public qui
renouerait avec les citoyens et serait aussi int&#233;ressant &#224; &#233;couter qu'&#224;
regarder ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dominic DESROCHES&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Martin PROVENCHER&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les auteurs sont professeurs aux Coll&#232;ges Ahuntsic et Rosemont&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

		</content:encoded>
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	</item>



	<item>
		<title>Le danger cro&#238;t avec l'usage</title>
		<link>http://www.cyberpresse.ca/opinions/forums/la-presse/200810/06/01-26712-le-danger-croit-avec-lusage.php</link>
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		<dc:date>2008-10-07T14:18:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Jean-Herman Guay - www.cyberpresse.ca (opinions)</dc:creator>
		


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		<description>Lors de la campagne &#233;lectorale de 2006, plus d'une centaine de sondages avaient scrut&#233; l'opinion des Canadiens. Pour certains, c'est trop ; pour les m&#233;dias c'est du &#171; bonbon &#187;. Pour &#233;valuer scientifiquement l'&#233;tat de l'opinion, le sondage reste le meilleur (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/IMG/arton15435.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;250&quot; height=&quot;167&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lors de la campagne &#233;lectorale de 2006, plus d'une centaine de sondages avaient scrut&#233; l'opinion des Canadiens. Pour certains, c'est trop ; pour les m&#233;dias c'est du &#171; bonbon &#187;. Pour &#233;valuer scientifiquement l'&#233;tat de l'opinion, le sondage reste le meilleur outil. Mise au point en 1936 par George Gallup, cette technique est devenue incontournable en vue de pr&#233;dire les r&#233;sultats. En plus du rappel de la sempiternelle marge d'erreur, quelques mises en garde s'imposent dans le contexte de la pr&#233;sente campagne, en particulier au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1. Les r&#233;sultats enregistr&#233;s pour le Qu&#233;bec par les firmes diff&#232;rent s&#233;rieusement. Le dernier CROP place le Bloc et les conservateurs &#224; &#233;galit&#233;, &#224; 31% et 30%. Le L&#233;ger Marketing publi&#233; au m&#234;me moment donne au Bloc 33% des appuis, une avance significative devant les conservateurs (26%). Ce sont les sondages faits &#224; l'&#233;chelle canadienne qui sont, dans leur portion qu&#233;b&#233;coise, nettement plus avantageux pour le Bloc : souvent pr&#232;s de 40%, parfois m&#234;me 45%. Il y a de quoi y perdre son latin. Claire Durand, sociologue &#224; l'Universit&#233; de Montr&#233;al, a bien raison : soyons prudents !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;2. La seconde mise en garde rel&#232;ve du temps. Certains sondages sont faits rapidement, trop rapidement ; l'&#233;chantillonnage est forc&#233;ment biais&#233;. Mais le temps exerce aussi un effet plus insaisissable encore : la campagne est truff&#233;e de stimulations contradictoires. Par exemple, est-ce que la mauvaise performance de Stephen Harper lors du d&#233;bat en fran&#231;ais provoquera un fort retour au bercail des &#171; brebis bloquistes &#233;gar&#233;es &#187; ? Peut-&#234;tre. Un autre cas soul&#232;ve les questions : pour beaucoup, la pr&#233;sentation des positions de droite des conservateurs lors de la deuxi&#232;me semaine de campagne a eu un gros impact. Pour L&#233;ger Marketing, les conservateurs ont ainsi perdu huit points ! Pour CROP, la chute des conservateurs est d'un seul point. Qui faut-il croire ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;3. Le troisi&#232;me objet de prudence concerne le nombre de si&#232;ges. Imaginons que le Bloc passe de 42%, son score de 2006, &#224; 35% cette fois-ci. La perte de sept points, soit le sixi&#232;me de ses appuis, provoquera-t-elle une perte du sixi&#232;me de ses si&#232;ges ? Rien n'est &#233;vident, et ce, pour des raisons oppos&#233;es. D'un c&#244;t&#233;, les pertes bloquistes pourraient &#234;tre r&#233;duites parce que les majorit&#233;s ont &#233;t&#233; tr&#232;s fortes dans bien des cas en 2006. D'un autre c&#244;t&#233;, le Bloc pourrait &#233;coper parce que ses adversaires ont chacun leur zone de pr&#233;dilection : &#224; Montr&#233;al au profit des lib&#233;raux et, dans l'est du Qu&#233;bec, au profit des conservateurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;4. Un autre ph&#233;nom&#232;ne joue : le Bloc a su habilement changer sa strat&#233;gie. Le th&#232;me de la souverainet&#233; a &#233;t&#233; effac&#233;... sauf &#224; Toronto. Et lors des d&#233;bats, rien ou presque sur l'avenir constitutionnel du Qu&#233;bec. Le Bloc n'a peut-&#234;tre plus la m&#234;me signification pour les Qu&#233;b&#233;cois. &#192; pr&#233;sent, il se d&#233;marque sur l'axe gauche/droite, en face des conservateurs plus &#224; droite que jamais ; il aurait renou&#233; avec son &#233;lectorat, mais pour d'autres raisons. Ce changement de r&#244;le, cette transsubstantiation aurait-on dit autrefois, rend aussi tr&#232;s complexe l'&#233;valuation des intentions des &#233;lecteurs et le suivi de l'opinion par les sondages.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;5. Le dernier ph&#233;nom&#232;ne est plus profond. La sociologue allemande Elizabeth No&#235;lle-Neumann a beaucoup &#233;crit sur le th&#232;me de la &#171; spirale du silence &#187;. Quand un groupe - ou un individu - est attaqu&#233;, il se tait. Le silence peut laisser croire que l'opinion a disparu ; elle est simplement en attente. Ainsi, devant le concert d'attaques contre les conservateurs, il est possible que plusieurs attendent de se retrouver dans l'isoloir pour exprimer vraiment leur opinion. Cette &#171; prime de l'urne &#187; a longtemps fait le malheur des p&#233;quistes ; aux &#201;tats-Unis, elle pourrait aussi jouer contre Barack Obama le 4 novembre. Mais le 14 octobre, elle pourrait favoriser les conservateurs au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Toutes ces raisons incitent &#224; un usage mod&#233;r&#233; des sondages, surtout lorsque cela se fait au d&#233;triment du contenu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'auteur est professeur de sciences politiques &#224; l'Universit&#233; de Sherbrooke et directeur de l'&#201;cole de politique appliqu&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

		</content:encoded>
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	</item>



	<item>
		<title>Le nouvel obscurantisme</title>
		<link>http://www.ledevoir.com/2008/09/09/204607.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.ledevoir.com/2008/09/09/204607.html</guid>
		<dc:date>2008-09-09T12:48:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Fabien D&#233;glise - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>Sale temps pour les penseurs. Donn&#233;es scientifiques majeures diffus&#233;es en douce, poursuites judiciaires visant &#224; faire taire des esprits critiques, destitution de fonctionnaires g&#234;nants, muselage de scientifiques cherchant &#224; des endroits politiquement incorrects, condamnation sur la place (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sale temps pour les penseurs. Donn&#233;es scientifiques majeures diffus&#233;es en douce, poursuites judiciaires visant &#224; faire taire des esprits critiques, destitution de fonctionnaires g&#234;nants, muselage de scientifiques cherchant &#224; des endroits politiquement incorrects, condamnation sur la place publique d'intellectuels hors norme... Depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e, les signes d'atteinte &#224; la libre circulation des id&#233;es se multiplient &#233;trangement un peu partout au pays. Comme ailleurs dans le monde occidental d'ailleurs. Et forc&#233;ment, ces caillots en formation dans les art&#232;res de la connaissance font r&#233;sonner de plus en plus fort une question : sommes-nous en train d'entrer collectivement dans une nouvelle &#232;re d'obscurantisme ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Il y a un risque r&#233;el &#187;, s'inqui&#232;te Pierre Noreau, pr&#233;sident de l'Association francophone pour le savoir (ACFAS) qui a mis en ligne sur son site Internet une p&#233;tition contre cette culture &#233;mergente du secret et de la noirceur. Scientifiques, penseurs et simples passants sont invit&#233;s depuis ce matin &#224; la signer. &#171; C'est un geste n&#233;cessaire, poursuit-il. Les derniers mois ont mis en &#233;vidence cette tentation de l'obscurantisme qui est plus forte que jamais, et nous devons r&#233;agir. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le ph&#233;nom&#232;ne semble d'ailleurs avoir &#233;t&#233; stimul&#233; par l'humidit&#233; de l'&#233;t&#233; et ses ciels sombres orageux. Des preuves ? En deux mois, le gouvernement f&#233;d&#233;ral a en effet orchestr&#233; la sortie en catimini de deux importants rapports scientifiques financ&#233;s pourtant avec des fonds publics. Le premier, une analyse exhaustive des risques sanitaires associ&#233;s aux changements climatiques qui pourraient affecter le Canada, a vu ses 500 pages d&#233;voil&#233;es par l'entremise d'un communiqu&#233; de presse laconique, le 31 juillet, &#224; 16h30, au coeur des vacances de la construction.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Hasard ou co&#239;ncidence, la sortie de ce rapport, initialement pr&#233;vue au d&#233;but de l'ann&#233;e, a &#233;t&#233; retard&#233;e pour tomber au beau milieu de l'&#233;t&#233;, la campagne de promotion du document au pays a &#233;t&#233; annul&#233;e sans explication, et Sant&#233; Canada, le minist&#232;re qui a command&#233; cette &#233;tude, n'a toujours pas d&#233;cid&#233; de mettre ce rapport en libre acc&#232;s sur son site Internet.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les auteurs dudit rapport ne se sont pas g&#234;n&#233;s pour s'en indigner. D&#233;but ao&#251;t, dans les pages du Devoir, l'un deux, Colin Soskolne, de l'&#201;cole de sant&#233; publique de la University of Alberta, a d'ailleurs compar&#233; la sortie estivale d'une enqu&#234;te aussi importante aux tactiques de dissimulation de faits qui font encore les beaux jours des r&#233;publiques de l'ex-URSS. Pour lui, le Canada fait aujourd'hui aussi bien que l'Azerba&#239;djan, en mati&#232;re de transparence, comme pourrait d'ailleurs le confirmer le traitement r&#233;serv&#233; &#224; un deuxi&#232;me rapport portant sur les co&#251;ts sociaux du transport au pays. L'enqu&#234;te f&#233;d&#233;rale, un projet de cinq ans qui a mis des dizaines d'experts &#224; contribution pour mesurer les d&#233;penses collectives li&#233;es &#224; la congestion automobile et &#224; la pollution de l'air, a &#233;t&#233; d&#233;licatement diffus&#233;e par Ottawa. Sans tambour ni trompette, fin ao&#251;t.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette timidit&#233; &#224; rendre publics des faits n'est pas un sport en expansion seulement de l'autre c&#244;t&#233; de la rivi&#232;re des Outaouais. L'administration publique du Qu&#233;bec l'a aussi aliment&#233;e le printemps dernier avec le rapport quinquennal de l'Office qu&#233;b&#233;cois de la langue fran&#231;aise (OQLF) sur la situation du fran&#231;ais au Qu&#233;bec. Quantifiant un certain recul de la langue de Moli&#232;re sur l'&#238;le de Montr&#233;al, le document a &#233;t&#233; d&#233;voil&#233; en effet apr&#232;s quelques fuites et surtout un an de retard, dans une logique apparente de &#171; camouflage &#187;, de &#171; parano&#239;a &#187; et de &#171; secret &#187;, ont d&#233;nonc&#233; plusieurs t&#233;nors de la libre circulation des id&#233;es, &#224; l'&#233;poque. Et tous ces ingr&#233;dients ont bien s&#251;r attis&#233; la controverse et les soup&#231;ons d'obscurantisme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La tentation du secret&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Culte du secret. Dissimulation de donn&#233;es publiques. Ou encore mise au placard de rapports pas vraiment en harmonie avec les plans gouvernementaux &#8212; la disparition des documents li&#233;s au protocole de Kyoto sur le site d'Environnement Canada au lendemain de l'&#233;lection de conversateurs, en fait partie &#8212;, le ph&#233;nom&#232;ne n'&#233;tonne pas l'historien Martin P&#226;quet, de l'Universit&#233; Laval, qui rappelle que &#171; l'obscurit&#233; a &#233;t&#233; au coeur de la pratique des gouvernements du Moyen-&#226;ge au XVIIe si&#232;cle. Or, de plus en plus, on voit que les gouvernements ont tendance &#224; retomber dans cette obscurit&#233; sous pr&#233;texte que la culture de la transparence ne permettrait pas d'avoir des pratiques de gouvernement efficace &#187;, dit ce sp&#233;cialiste de l'histoire de la pens&#233;e scientifique au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Montr&#233; du doigt : l'individualisme ambiant qui, selon lui, rendrait aujourd'hui les &#201;tats modernes pas forc&#233;ment ingouvernables &#171; mais plut&#244;t complexes &#224; gouverner &#187;. Se construisant par autor&#233;f&#233;rence, poursuit-il, les citoyens sont aussi de plus en plus inform&#233;s, souvent par l'entremise de canaux d'information non traditionnels et plus difficiles &#224; contr&#244;ler. &#171; Dans ce contexte, les gouvernements sont pris devant une double contrainte : sur des enjeux scientifiques complexes par exemple devant lesquels les gens peuvent se sentir d&#233;pourvus, dit l'historien, la transparence peut alors alimenter la peur et nuire &#224; l'&quot;agenda&quot; politique d'un gouvernement. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans ce contexte, la tentation du secret peut alors &#234;tre grande, mais circonstancielle, estime le politicologue Louis C&#244;t&#233;, de l'&#201;cole nationale d'administration publique (ENAP), qui est loin de consid&#233;rer comme mena&#231;ante la mont&#233;e r&#233;cente de l'obscurantisme. &#171; Quand on y pense bien, il y a plus de transparence aujourd'hui qu'il n'y en a jamais eu, dit le directeur de l'Observatoire de l'administration publique. En 1930, au Canada, on ne parlait pas de gouvernance [soit une gouverne partag&#233;e par tous les acteurs d'une soci&#233;t&#233;], mais de gouverne sous le sceau du secret. Il y avait transparence z&#233;ro. Aujourd'hui toutefois, les attentes en mati&#232;re de transparence sont plus &#233;lev&#233;es, ce qui, par effet de contraste, peut donner l'impression qu'il y en a moins qu'avant. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Une noirceur en mouvement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'impression est tenace. Elle n'est aussi pas seulement locale mais aussi &#171; globalis&#233;e &#187;, ajoute Pierre Noreau en &#233;voquant les &#201;tats-Unis, la France, la Grande-Bretagne ou encore l'Allemagne comme autres terreaux fertiles &#224; l'obscurantisme. Des terreaux sur lesquels les appareils gouvernementaux cultivent la noirceur, mais tout comme le secteur priv&#233;, les universit&#233;s, les citoyens lambda... &#171; Aujourd'hui, chercher &#224; comprendre le monde est devenu une activit&#233; &#224; risque &#187;, dit-il.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La prolif&#233;ration, ici comme ailleurs, des poursuites b&#226;illons, les fameuses SLAPP (pour Strategic Lawsuit Against Public Participation) en serait d'ailleurs pour lui une autre preuve. &#171; C'est une fa&#231;on de favoriser l'autocensure chez les individus qui pensent et r&#233;fl&#233;chissent sur des faits &#187;, dit M. Noreau.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette intimidation judiciaire, les auteurs du livre Noir Canada. Pillage, corruption et criminalit&#233; en Afrique (&#201;cosoci&#233;t&#233;) y ont d'ailleurs go&#251;t&#233; au d&#233;but de l'ann&#233;e. Coup sur coup, l'entreprise Barrick Gold, au Qu&#233;bec, et Banro Corporation, en Ontario, ont tra&#238;n&#233; les auteurs du livre devant les tribunaux pour atteinte &#224; leur r&#233;putation. Plusieurs documents d&#233;nich&#233;s et publi&#233;s par les auteurs mettaient en cause ces entreprises mini&#232;res qui, depuis, r&#233;clament des millions de dollars en dommages. Et dans ce contexte, &#171; la possibilit&#233; de tenir un d&#233;bat cons&#233;quent &#224; ces documents est mis en p&#233;ril &#187;, ont indiqu&#233; en ao&#251;t dernier William Sacher, Alain Deneault et Delphine Abadie, le trio derri&#232;re l'enqu&#234;te, dans une lettre d'opinion publi&#233;e par Le Devoir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avant eux, l'Association qu&#233;b&#233;coise de lutte contre la pollution atmosph&#233;rique (AQLPA), poursuivie par l'American Iron &amp; Metal, ou encore des citoyens de l'Outaouais militant pour la fermeture d'un d&#233;potoir avaient &#233;galement &#233;t&#233; soumis &#224; la m&#233;decine de la SLAPP qui se pose d&#233;sormais en v&#233;ritable grain de sable dans un syst&#232;me de connaissance pourtant fruit d'une longue et dure &#233;volution. &#171; Aujourd'hui, les gens ont la possibilit&#233; de consacrer leur vie &#224; chercher &#224; comprendre comment fonctionne notre monde, poursuit le grand patron de l'ACFAS. Mais pour que cela fonctionne, il faut respecter les r&#232;gles du jeu en s'assurant que les r&#233;sultats de leur travail soient partag&#233;s. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le politicologue Louis C&#244;t&#233; le croit aussi, comme il croit d'ailleurs que les signes actuels d'une certaine r&#233;surgence de l'obscurantisme ne devraient toutefois pas &#234;tre per&#231;us comme un retour en arri&#232;re, mais plut&#244;t motiver un mouvement collectif vers l'avant. &#171; Quand on s'attaque &#224; la libre circulation des id&#233;es, c'est le projet d&#233;mocratique que l'on met finalement en p&#233;ril, dit-il. Or, la d&#233;mocratie, c'est un processus, pas un &#233;tat stationnaire et, pour continuer &#224; avancer, il lui faut plus de transparence et de d&#233;bats ouverts. &#187; Un plus qui s'obtient avec une recette maintes fois &#233;prouv&#233;e : de la lumi&#232;re, beaucoup de lumi&#232;re qui finalement est le seul moyen de lutter contre le noir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Vigile : un m&#233;dia ind&#233;pendant, ind&#233;pendantiste et d&#233;lib&#233;ratif</title>
		<link>http://www.vigile.net/Vigile-un-media-independant</link>
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		<dc:date>2008-02-29T08:37:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>David Poulin-Litvak - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>En effet, la d&#233;lib&#233;ration ne peut se faire qu'&#224; l'int&#233;rieur d'une communaut&#233;, d'un groupe, qui a une mission commune. S'il est vrai donc, que Vigile rassemble les ind&#233;pendantistes, t&#226;che, apparemment, hercul&#233;enne, elle le fait par son pouvoir et son attraction (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; La d&#233;lib&#233;ration est au coeur de la d&#233;mocratie, de l'esprit de la d&#233;mocratie, qui est un esprit de rencontre, et de recherche, dans cette rencontre, d'un d&#233;passement. &#187;
Robert De Chicoutimi, &#171; Transcender la b&#234;tise collective &#187;, &#201;ditions &#192;venir, Jonqui&#232;re, 2011...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'&#233;cris cette courte introduction apr&#232;s avoir compl&#233;t&#233; ce texte. Ce texte, d'une longueur qui ferait honte aux tenants de la concision, constitue une r&#233;flexion, plus ou moins structur&#233;e, pour ne pas dire compl&#232;tement chaotique, sur &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;le site Vigile et la d&#233;lib&#233;ration&lt;/i&gt;. C'est surtout la conjugaison effective de ces deux th&#232;mes qui m'int&#233;resse, mais des d&#233;rives de radotages et d'analyses microfines, malheureusement, se sont immisc&#233;es dans le cours du propos principal. On ne pourra pas dire que je n'ai pas eu la gentillesse d'en avertir les lecteurs : si vous avez un d&#233;but de mal de t&#234;te ou si vos yeux sont fatigu&#233;s : allez-vous coucher !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Plus s&#233;rieusement, ce texte aura un int&#233;r&#234;t, je l'esp&#232;re, pour les m&#233;dias alternatifs. Il s'agit, si l'on veut, d'une &#233;tude de cas, celui du site Vigile, avec des &#233;clats de verbe qui analysent quelques ramifications de la conjugaison des deux th&#232;mes : Vigile et la d&#233;lib&#233;ration.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Une perspective personnelle limit&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1648 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:200px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.pressegauche.org/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_27-ptag.jpg' width=&quot;200&quot; height=&quot;38&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Mon exp&#233;rience de publication sur Internet est bien limit&#233;e, mais, au moins, je suis un &#171; consulteur &#187; r&#233;gulier de plusieurs sites. Vigile, j'admettrai, a fait de moi un vigilomane, maladie apparemment incurable. Parmi les autres sites sur lesquels je publie assez, plus ou moins r&#233;guli&#232;rement, il y a &lt;a href=&quot;http://www.pressegauche.org/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Presse-toi &#224; gauche !&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, la tribune &#233;lectronique non-officielle de Qu&#233;bec solidaire, et le site du &lt;a href=&quot;http://www.auburn.edu/academic/liberal_arts/poli_sci/journal_public_deliberation/index.htm&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Journal of Public Deliberation&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, un site am&#233;ricain, qui s'int&#233;resse &#224; la d&#233;mocratie d&#233;lib&#233;rative, donc, plus sp&#233;cialis&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai l'habitude de consulter &lt;a href=&quot;http://news.bbc.co.uk/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;le site de la BBC&lt;/a&gt;, pour les nouvelles, j'avais l'habitude, aussi, de consulter le site de &lt;a href=&quot;http://fr.yahoo.com/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Yahoo France&lt;/a&gt;, habitude que je reprends, car les nouvelles fran&#231;aises sont souvent plus critiques. Je consulte aussi, au passage, par habitude d'utiliser le site &lt;a href=&quot;http://yahoo.com/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Yahoo&lt;/a&gt; comme moteur de recherche, les nouvelles am&#233;ricaines, certaines, en tout cas. Puis, j'utilise &lt;a href=&quot;http://news.google.co.ve/nwshp?hl=es&amp;tab=wn&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Google Venezuela&lt;/a&gt;, et le &lt;a href=&quot;http://news.google.com.co/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Google Colombie&lt;/a&gt;, pour les nouvelles, mais c'est plut&#244;t circonstanciel.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avant de conna&#238;tre Vigile, j'avais l'habitude de consulter les sites du &lt;a href=&quot;http://www.ledevoir.com&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Devoir&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; et de &lt;a href=&quot;http://www.cyberpresse.ca&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Cyberpresse&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Cependant, j'admettrai, je ne consulte maintenant qu'occasionnellement le site du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Devoir&lt;/i&gt;. Il m'arrive enfin, tr&#232;s occasionnellement, de consulter les sites de &lt;a href=&quot;http://www.lautjournal.info&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;l'Aut'Journal&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, du &lt;a href=&quot;http://www.lecouac.org&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Couac&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; et de la &lt;a href=&quot;http://www.latribuduverbe.com&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Tribu du Verbe&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. &#201;videmment, il s'agit l&#224; de tendances, lourdes, dans ma consultation d'information sur le web.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il importe sans doute de noter, pour terminer, que je re&#231;ois quelques bulletins &#233;lectroniques, qui sont des sources d'information plus sp&#233;cialis&#233;es : bulletin du &lt;a href=&quot;http://www.reseauforum.org/bulletin.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;seau du Forum Social Chaudi&#232;res-Appalaches&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, l'excellent &lt;a href=&quot;http://www.cipa-apex.org/toomuch/signupfull.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;bulletin hebdomadaire Too Much&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, sur l'in&#233;galit&#233; de richesse, particuli&#232;rement aux Etats-Unis, et une liste de diffusion du &lt;a href=&quot;http://www.monde-diplomatique.fr/info-diplo/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Monde diplomatique&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Enfin, petite extravagance pour un homme de gauche, je re&#231;ois aussi le bulletin de &lt;a href=&quot;http://www.quebecoislibre.org/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Qu&#233;b&#233;cois Libre&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; avec, j'admettrai, un l&#233;ger sourire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Puisque je vis &#224; l'&#233;tranger, depuis un temps, l'Internet, pour moi, domine. Au Qu&#233;bec, naturellement, j'avais tendance &#224; ouvrir les pages du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Devoir&lt;/i&gt;, occasionnellement, et de fouillasser un peu ailleurs, avec le journal &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Soleil&lt;/i&gt;, et &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Presse&lt;/i&gt;, surtout &#224; la biblioth&#232;que de l'universit&#233;. Je ne suis pas amateur de radio, et la t&#233;l&#233;vision, je n'en avais pas, bien qu'il m'arrivait de voir les nouvelles lorsque j'&#233;tais de passage chez les amis ou la famille.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le but de cette petite pr&#233;sentation, tr&#232;s simplement, est de dresser un portrait de mes habitudes de recherche et de consommation d'information. J'imagine, en un sens, que chacun part avec ses propres habitudes, selon ses int&#233;r&#234;ts, habitudes, je le constate, qui se d&#233;veloppent et qui ont tendance &#224; s'incruster, bien qu'elles restent mall&#233;ables. La petite pr&#233;sentation, donc, permet de voir d'o&#249; je viens, en mati&#232;re de consultation &#233;lectronique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela mettra aussi en perspective, en les contrastant, je l'esp&#232;re, vos propres habitudes. Je veux donc, en un sens, par cette pr&#233;sentation, montrer la limite de mon propos, car il est s&#251;r que d'autres lecteurs, avec une exp&#233;rience &#233;lectronique et informationnelle diff&#233;rente, sauront, j'imagine, mettre en exergue des points diff&#233;rents. Bref, cela permet de souligner la partialit&#233; et la relativit&#233; de mon propos, qui ne se fonde, finalement, que sur ma propre exp&#233;rience.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Qualification de Vigile&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt;, donc, si on veut le qualifier, a une mission double : la premi&#232;re est de r&#233;pertorier et organiser quotidiennement les informations pertinentes pour la th&#233;matique ind&#233;pendantiste du site, puis, la seconde, elle, est d'&#234;tre un site d'information et de d&#233;lib&#233;ration citoyennes pour ces m&#234;mes ind&#233;pendantistes. &#192; ces deux missions centrales du site, l'on peut ajouter la mission secondaire, de &#171; r&#233;seauter &#187; vers d'autres sites pertinents sur la th&#233;matique ind&#233;pendantiste au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Enfin, parce que c'est pertinent &#224; la suite de mon propos, il convient de mentionner que le site de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt; est financ&#233; par ses lecteurs et partisans, un financement qui gravite, annuellement, autour de 20 000 $, ce qui permet de r&#233;mun&#233;rer le ma&#238;tre d'&#339;uvre de ce site, M. Bernard Frappier, je crois, &#224; temps plein, si ce n'est un peu plus plein que la normale. Il y a donc une pr&#233;sence permanente, derri&#232;re le site, qui permet de faire des choses que l'absence de ces ressources, elle, ne permettrait pas.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Comparaison Vigile-PTAG&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La meilleure comparaison, je crois, que l'on pourrait faire, avec &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt;, ce serait le site de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Presse-toi &#224; gauche !&lt;/i&gt; Les deux sites, en effet, ont une mission cibl&#233;e, qui s'adresse &#224; un public-cible : les ind&#233;pendantistes chez &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt; et les progressistes chez &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;PTAG&lt;/i&gt;. En revanche, je crois que le financement de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;PTAQ&lt;/i&gt; est moindre, et donc que sa permanence n'est pas aussi permanente. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;PTAG&lt;/i&gt;, aussi, est dirig&#233; par un comit&#233; de r&#233;daction. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;PTAG&lt;/i&gt; est aussi plus jeune, plus r&#233;cent, et est donc en phase d'&#233;volution.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il existe n&#233;anmoins plusieurs diff&#233;rences entre ces deux sites : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt; a d&#233;velopp&#233; une dimension d&#233;lib&#233;rative beaucoup plus pouss&#233;e, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt; a aussi d&#233;velopp&#233; cette fonction de r&#233;pertorier et redistribuer des informations relatives &#224; sa th&#233;matique. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;PTAG&lt;/i&gt;, en revanche, ne permet que des commentaires sur un nombre limit&#233; d'articles, et ne r&#233;pertorie pas les nouvelles quotidiennes, mais vise plut&#244;t, c'est sa mission &#224; terme, &#224; devenir un site d'information de gauche, &#233;ventuellement, &#224; percer en format papier.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les deux sites, cependant, ouvrent assez largement, presque sans refus, leurs sites aux contributions externes. En revanche, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt;, quoique l'&#226;ge du site explique un peu cette diff&#233;rence, a un nombre de contributeurs importants, r&#233;guliers, tandis qu'elle semble aussi avoir un grand bassin d'occasionnels. Je crois qu'une des autres raisons qui explique cette diff&#233;rence, c'est la plus grande d&#233;lib&#233;rativit&#233; de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt;, d&#233;lib&#233;rativit&#233; qui est organis&#233;e de mani&#232;re assez raffin&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Fonctionnement du site &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En effet, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt; a une page d'accueil, o&#249; l'on voit imm&#233;diatement les nouvelles ou les propos de contributeurs ind&#233;pendants qui sont jug&#233;s d'importance par le ma&#238;tre d'&#339;uvre. Cependant, suivant la politique de ne rejeter aucun texte, &#224; moins qu'ils soient injurieux, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt; a aussi sa page, et sa section sur la page d'accueil, &#171; Tribune libre &#187;, pour les plus f&#233;rus. Il y a aussi des chroniques, sur l'actualit&#233;, qui figurent en t&#234;te de la page d'accueil, et qui sont pr&#233;sent&#233;es en ordre d'appr&#233;ciation ou de publication par le webmestre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Enfin, pour stimuler davantage la d&#233;lib&#233;ration, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt; permet les commentaires sur les textes de tous les contributeurs, sauf exception, par exemple si un contributeur n'a pas le temps de r&#233;pondre aux commentaires, il peut demander que ses textes soient non commentables. Cependant, et cela d&#233;montre la puissance d&#233;lib&#233;rative de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt;, plusieurs textes sont des textes d&#233;lib&#233;ratifs, en r&#233;ponse &#224; d'autres. C'est l&#224;, je crois, la grande originalit&#233; de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En effet, les contributeurs, en un sens, peuvent faire de courtes ou longues mentions &#224; la fin d'un autre texte, mais ils sont invit&#233;s, en un sens, &#224; pr&#233;senter leur propos, s'ils jugent qu'il constitue un point original, sous forme de texte. Les &#233;ventuels contributeurs, naturellement, jugent de l'opportunit&#233; de pr&#233;senter ou non un texte ; ils ont toujours l'option du commentaire, sur lequel il est plus ais&#233; de se rabattre. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt;, donc, &#224; mon sens, est un site &#233;minemment d&#233;lib&#233;ratif.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Synth&#233;tisons un peu notre propos : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt; 1) nourrit les r&#233;flexions de ses lecteurs, par des articles d'actualit&#233; tir&#233;s de sources commerciales, mais non exclusivement, 2) permet &#224; tout int&#233;ress&#233; de consigner ses propos et de publier un texte sur le site et 3) de faire des commentaires sur les textes soumis par des contributeurs ind&#233;pendants. Notons que dans les deux premiers cas, M. Frappier joue un r&#244;le-cl&#233;, organiser, selon son bon jugement, son appr&#233;ciation, l'ordonnancement des textes sur la page d'accueil.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1649 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:268px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://quebec.indymedia.org/fr/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_27-cmaq.jpg' width=&quot;268&quot; height=&quot;88&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Il ne s'agit donc pas, pour cela, d'une d&#233;lib&#233;ration &#171; d&#233;sorganis&#233;e &#187;, comme par exemple sur &lt;a href=&quot;http://quebec.indymedia.org/fr/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;le site du CMAQ&lt;/a&gt; &#8211; qui met les contributions en ordre chronologique, ce qui est justifiable, puisqu'il n'y a pas beaucoup d'articles &#8211; mais bien d'une organisation &#171; pens&#233;e &#187;. Cela renvoie, en mati&#232;re de d&#233;lib&#233;ration, &#224; l'importance d'organiser le d&#233;bat, de le mod&#233;rer parfois, mais surtout de le structurer, pour que les enjeux ressortent. L'outil structurant de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt;, c'est la rubrique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces rubriques permettent aussi d'approfondir des dossiers. Les dossiers non d'actualit&#233; figurent par ailleurs en bas de page. Un des gros avantages de l'Internet, c'est le stockage, presque illimit&#233;, d'information. Si je veux fouiller sur un site, tel &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt;, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;PTAG&lt;/i&gt; ou autre, par exemple, j'aurai acc&#232;s &#224; tous les articles sur le sujet qui m'int&#233;resse, depuis la fondation du site. L'archivage, son degr&#233; d'&#233;laboration, ici, a une importance particuli&#232;re, car il permet de faciliter la recherche d'information.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt; utilise aussi deux autres moyens int&#233;ressants, par ailleurs li&#233;s. Le premier est de mentionner le nombre de clics, de consultation des articles de contributeurs ind&#233;pendants. Le second, lui, est d'organiser cette information, selon la popularit&#233;, les articles les plus lus, dans les dix derniers jours, et dans les trois derniers mois. Enfin, M. Frappier a cru bon d'ajouter une autre section sur la page &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Tribune Libre&lt;/i&gt;, celle relative aux auteurs les plus actifs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il existe aussi un classement th&#233;matique des articles, qui permet de faire des recherches plus cibl&#233;es. C'est l'onglet &#171; sections &#187; qui permet d'y acc&#233;der. Bien s&#251;r, c'est assez courant, les articles sont aussi organis&#233;s par auteur. M. Frappier a aussi organis&#233; son site en &#171; &#233;ditions quotidiennes &#187;, sauf le dimanche, ce qui permet une recherche chronologique. Un onglet &#171; biographies &#187; permet, par ailleurs, d'acc&#233;der &#224; une section bien int&#233;ressante, ceux qui concernent des personnages historiques qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La dimension d&#233;lib&#233;rative de Vigile&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'on peut appr&#233;cier cette dimension d&#233;lib&#233;rative de mani&#232;re surtout comparative, car, en fait, tout m&#233;dia, ou presque, a une fonction d&#233;lib&#233;rative, mais, dans certains cas, c'est bien t&#233;nu. Par exemple, le site de la BBC, pour certains articles, permet des commentaires, par ailleurs tr&#232;s nombreux, organis&#233;s en fonction des plus r&#233;cents et des mieux cot&#233;s, mais la fonction informative d&#233;borde largement la fonction strictement d&#233;lib&#233;rative.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le site de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;PTAG&lt;/i&gt;, lui, permet des commentaires sur des articles cibl&#233;s, ceux qui, de l'avis des organisateurs, m&#233;ritent un d&#233;bat. Notons qu'une permanence est ici n&#233;cessaire ou pr&#233;f&#233;rable pour mod&#233;rer les commentaires. Cependant, en revanche, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;PTAG&lt;/i&gt; a aussi un fonction d&#233;lib&#233;rative importante, parce qu'il permet, de mani&#232;re tr&#232;s lib&#233;rale (sourire), de publier des textes (je ne crois pas qu'ils refusent des textes). En ce sens, la porte au d&#233;bat est largement ouverte.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'autres sites, commerciaux, permettent aussi de faire des commentaires sur les articles publi&#233;s par le journal. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Devoir, Cyberpresse&lt;/i&gt;, etc. permettent de faire de tels commentaires, qui sont mod&#233;r&#233;s a priori. Les journaux papiers ouvrent par ailleurs la porte &#224; des commentaires, dans le courrier du lecteur, et, dans une certaine mesure, permettent d'envoyer des textes, bien que le tamisage m&#233;diatique, lui, joue de mani&#232;re beaucoup plus importante.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette s&#233;lection a des avantages, mais aussi des inconv&#233;nients. Elle a aussi, dans le cas d'un quotidien ou d'un hebdomadaire papier, des limites : on ne peut pas publier tous les textes qu'on re&#231;oit. Cependant, outre la n&#233;cessit&#233;, naturellement, il y a aussi, ici, un aspect politique : on ne veut pas publier tous les textes qu'on re&#231;oit. L'Internet, en ce sens, ouvre la porte, au moins, &#224; des alternatives, comme l'ordonnancement de type-Vigile, qui ne discrimine pas entre les contributions professionnelles et ind&#233;pendantes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il importe ici de souligner l'importance de l'outil, l'Internet, dans la potentialit&#233; d&#233;lib&#233;rative d'un m&#233;dia. L'Internet permet un stockage &#233;norme, une organisation plus raffin&#233;e, plus profonde. Dans un quotidien, la section poubelle est importante ; avec l'Internet, on a toujours l'option de d&#233;classer un article, tout en lui permettant de figurer sur le site. Les commentaires, eux, sont presque toujours chronologiques, donc non organis&#233;s, mais, au moins, ils sont possibles et, aussi, quasi imm&#233;diats.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Comparaison d&#233;lib&#233;ration face-&#224;-face et d&#233;lib&#233;ration &#233;lectronique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'Internet ouvre donc la porte &#224; la d&#233;lib&#233;ration. Cependant, ce type de d&#233;lib&#233;ration, lui, n'est pas de vive voix, ni en personne. La d&#233;lib&#233;ration typique, d'un regroupement de personnes qui discutent d'un sujet, est imm&#233;diate et fait entrer en ligne de compte l'ensemble de la dimension non-verbale. La d&#233;lib&#233;ration &#233;lectronique, elle, est consign&#233;e de mani&#232;re &#233;crite et m&#233;diate. Ces caract&#233;ristiques pr&#233;sentent certains avantages et certains inconv&#233;nients.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La d&#233;lib&#233;ration typique, tout d'abord, permet d'avoir un &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;feeling&lt;/i&gt;, une impression de ce qui est dit par l'autre, elle permet de sonder les personnes, leur &#233;nergie, leur caract&#232;re, leur style, etc. des aspects qui, plus ou moins consciemment, influencent l'adh&#233;sion ou non &#224; ses id&#233;es. Son imm&#233;diatet&#233; d&#233;lib&#233;rative est parfois organis&#233;e, de mani&#232;re &#224; la rendre m&#233;diate. Les &#171; lectures &#187; multiples d'un projet de loi sont ici un exemple. Cela permet le recul, l'&#233;tude, la consid&#233;ration et la reconsid&#233;ration, des &#233;l&#233;ments importants dans la prise de d&#233;cision.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La d&#233;lib&#233;ration &#233;lectronique, elle, n'a pas ce probl&#232;me, car elle n'est pas imm&#233;diate. Le recul va de soi. Il va de soi, aussi, dans la formulation du propos. Je peux &#233;crire un texte, le publier ou non, le cas &#233;ch&#233;ant, je peux aussi le retoucher, voire le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;flusher&lt;/i&gt;, et entreprendre un autre texte, mieux dit, ou dont le propos est diff&#233;rent. Le m&#233;dia &#233;lectronique est donc, en ce sens, propice &#224; ce que j'appelle la d&#233;lib&#233;ration int&#233;rieure. Cela permet de hausser, th&#233;oriquement, le niveau d&#233;lib&#233;ratif.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'absence de non verbal, de non-&#233;crit, lui, &#244;te un peu de vie, mais r&#233;duit le texte &#224; sa dimension rationnelle, argumentative, rh&#233;torique. La teneur du propos importe davantage que le porteur du propos. Le seul v&#233;ritable identificateur du porteur, de contributeur, c'est son nom, qui influence naturellement sur la propension &#224; lire ses textes, et la perception qu'ont les lecteurs le connaissant. La photo, aussi, ainsi que la biographie, peuvent influencer.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'interactivit&#233;, cependant, n'est pas la m&#234;me dans un forum &#233;lectronique que dans un forum de discussion en personne. Il est plus facile de dire et d'&#233;couter, que d'&#233;crire et de lire. En revanche, comme nous l'insinuons plus haut, la profondeur du propos, elle, et donc la profondeur de la d&#233;lib&#233;ration, est sup&#233;rieure. La superficialit&#233; de la d&#233;lib&#233;ration en personne, donc, est &#233;cart&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Remarquons que des organes d&#233;lib&#233;ratifs, comme &lt;a href=&quot;http://www.citizensassembly.gov.on.ca/en/default.asp&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;l'Assembl&#233;e citoyenne sur la r&#233;forme du mode de scrutin en Ontario&lt;/a&gt;, utilisaient les deux modes d&#233;lib&#233;ratifs : d&#233;lib&#233;ration ponctuelle en personne et d&#233;lib&#233;ration &#233;lectronique, la seconde forme de d&#233;lib&#233;ration &#233;tait par ailleurs ouverte aux non membres de cette Assembl&#233;e. Th&#233;oriquement, cela devrait permettre un niveau de d&#233;lib&#233;ration plus &#233;lev&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le temps influence aussi sur la production d&#233;lib&#233;rative, le r&#233;sultat d'une d&#233;lib&#233;ration. Certaines d&#233;cisions, projets, id&#233;es, n'apparaissent qu'apr&#232;s une lente r&#233;flexion, prenant en compte des &#233;l&#233;ments non-dits, subtils, plus difficiles d'int&#233;grer dans la d&#233;lib&#233;ration. Le temps permet aussi de lire, d'&#233;tudier, de consulter, de s'informer, ce qui augmente, naturellement, la qualit&#233; de la production d&#233;lib&#233;rative.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Finalement, parmi les autres facteurs qui influencent, il y a le facteur pouvoir r&#233;el. Le pouvoir effectif que d&#233;tient un organe d&#233;lib&#233;ratif, dans le cas de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt;, la communaut&#233; de lecteurs et de contributeurs de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt;, influe sur le s&#233;rieux, si on peut dire, avec lequel l'on s'att&#232;le &#224; la t&#226;che. Des citoyens qui ont un pouvoir effectif, comme dans le cas d'une Assembl&#233;e citoyenne ayant le pouvoir de proposition r&#233;f&#233;rendaire, prendront tr&#232;s au s&#233;rieux leur t&#226;che, puisqu'ils ont un impact r&#233;el.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En revanche, sur &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt;, mon propos n'engage que moi, ma r&#233;putation, etc. J'ai beau dire que Mme. Marois devrait vendre sa maison et d&#233;m&#233;nager dans une demeure plus humble, mon propos, presque in&#233;vitablement, n'a aucune cons&#233;quence. Il peut en avoir, parce que d'autres, qui lisent &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt; ont ou peuvent avoir un pouvoir d&#233;cisionnel effectif. Les seules cons&#233;quences possibles, effectives, donc, de mes propos, sont indirectes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela, en revanche, renvoie &#224; une autre dimension, celle de la libert&#233; d&#233;lib&#233;rative. Sur &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt;, je peux bien dire ce que je veux, mais je ne me comporterais peut-&#234;tre pas de la m&#234;me mani&#232;re, cependant, si j'&#233;tais par exemple, membre du caucus du PQ. La raison est simple : mon pouvoir, ses contraintes, interf&#233;rerait avec ma libert&#233; d&#233;lib&#233;rative. Le degr&#233; de libert&#233; d&#233;lib&#233;rative, donc, sur &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt;, est plus &#233;lev&#233;, que dans un organe ayant un pouvoir effectif, r&#233;el. Cela, bien s&#251;r, est un avantage, potentiellement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En effet, puisque rien ne m'engage, &#224; part ma r&#233;putation, sur &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt;, je peux dire ce que je veux, explorer, penser haut et fort, etc. Cela permet potentiellement &#224; de nouvelles id&#233;es d'&#233;merger. Il y a toujours une autre mani&#232;re, soit dit en passant, de se doter de quelques soup&#231;ons de libert&#233;, c'est le pseudonyme effectif, qui masque bien l'identit&#233; de l'auteur. Cela diminue g&#233;n&#233;ralement sa l&#233;gitimit&#233;, son pouvoir, car &#231;a le d&#233;sengage, mais, en revanche, le contributeur peut ainsi dire ce qu'il veut dire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Parenth&#232;se d'impertinence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il me vient &#224; l'esprit ici d'aborder un point qui ne va pas en droite ligne avec le fil de mon propos. Celui des femmes. L'on remarque, en effet, sur la plupart des sites &#233;lectroniques, la raret&#233; de la participation active f&#233;minine. Les femmes &#233;crivent moins. C'est assez flagrant sur &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt; : une chroniqueuse de mots, le billet de Caroline, les textes de Mme Ferretti, les po&#232;mes de Mme Bonneau, les propos de Mme Vall&#233;e, etc. La liste des auteurs les plus actifs, qui exclut les chroniqueurs et la &#171; billeteuse &#187;, est, &#224; cet &#233;gard, assez r&#233;v&#233;latrice : aucune femme. Dans les articles r&#233;cents de la tribune : une seule (23 f&#233;vrier).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Allons voir sur &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;PTAG&lt;/i&gt; si c'est mieux : plus ou moins, sur la page d'accueil, elles sont 5 sur 21 textes d'auteurs individuels. Au moins, deux de celles-ci sont plac&#233;es en t&#234;te (23 f&#233;vrier). Cependant, c'est assez flagrant : les femmes &#233;crivent moins. Cela ne veut pas n&#233;cessairement dire qu'elles ne participent pas, qu'il y a moins de lectrices que de lecteurs, je ne sais pas, mais, ce qui est s&#251;r, c'est que la participation f&#233;minine active est plut&#244;t mince.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a peut-&#234;tre, sans doute, une explication sociologique, en ce sens que l'ind&#233;pendantisme et le progressisme, deux id&#233;ologies de combat contre le pouvoir en place, sont, justement, assez combatifs. C'est une explication un peu b&#226;tarde, l'autre serait l'int&#233;r&#234;t d&#233;lib&#233;ratif moindre des femmes en politique, voire pour le politique. Ce qui est peut-&#234;tre, plus b&#226;tard. En revanche, ce que l'on constate, sur &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt;, eh bien, mettant de c&#244;t&#233; la politesse, c'est que les mononcles, eux, d&#233;blat&#232;rent pas mal (je suis un jeune mononcle&#8230;), les textes des femmes, &#224; cet &#233;gard, me semblent g&#233;n&#233;ralement plus pertinents. Il s'agit peut-&#234;tre donc d'une participation mesur&#233;e, mais pertinente, la d&#233;mesure &#233;tant, naturellement, une porte ouverte &#224; l'impertinence (dont je suis, &#224; mes heures, ma&#238;tre&#8230;).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a aussi, pour revenir au cas plus pr&#233;cis de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt;, un aspect, il me semble g&#233;n&#233;rationnel&#8230; au risque de susciter des flamb&#233;es de commentaires, je me replongerai all&#233;grement dans cette question. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt;, g&#233;n&#233;ralement, me semble plus, disons, mature, que &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;PTAQ&lt;/i&gt;, plus jeune. En effet, plusieurs des contributeurs, commentateurs, etc., ont, semble-t-il, le loisir d&#233;lib&#233;ratif de la retraite. Cet aspect est sans doute &#224; &#234;tre mis en corr&#233;lation avec la dimension sexuelle, car le baby-boomers, g&#233;n&#233;ralement, ont une culture o&#249; domine, dominait dans une autre perspective, davantage l'homme. La jeune g&#233;n&#233;ration, ayant int&#233;gr&#233;, &#233;tant accultur&#233;e aux acquis f&#233;ministes, elle, est un peu plus &#233;galitaire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le cas du PQ, ici, me semble particuli&#232;rement int&#233;ressant, car, ma perception, c'est que c'est un parti un peu paternaliste, o&#249; la femme, inconsciemment, est secondaire, elle n'est pas cheffe. Mme Marois, &#224; cet &#233;gard, est la premi&#232;re cheffe du PQ, mais il y a presque quelque chose qui d&#233;tonne, comme si son sexe, m&#234;me si plusieurs ne l'admettront pas, joue. En fait, il est bien normal que cela joue, car les fonctions politiques, il ne faut pas l'oublier, ont une claire fonction symbolique : ils symbolisent le pouvoir. La conqu&#234;te du pouvoir politique supr&#234;me, donc, dans une soci&#233;t&#233;, est naturellement l'une des derni&#232;res conqu&#234;tes &#8211; sauf exception, du genre Hashepsut ou Mme Bhutto.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Admettons cependant, pour mettre en exergue les structures de pouvoir inh&#233;rentes aux soci&#233;t&#233;s, que le jour o&#249; une jeune femme noire sera au pouvoir &#224; Qu&#233;bec, est peut-&#234;tre loin, voire qu'il n'arrivera pas. QS, ici, fait figure de mouton noir, avec une femme, bien qu'elle soit d'&#226;ge m&#251;r, et un homme d'origine ethnique moyenne-orientale, bien qu'il soit m&#233;decin. Le nom, aussi, je crois, rentre en ligne de compte. Car il est des noms qui, pour tout peuple, sont moins familiers que d'autres. Litvak sonne moins qu&#233;b&#233;cois que Poulin, et Poulin-Litvak, quant &#224; lui, est presque qu'une admission de demi-culpabilit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La d&#233;lib&#233;ration et le pouvoir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Je ferme ici cette parenth&#232;se. Pour revenir au sens de la d&#233;lib&#233;ration. Comme je l'ai mentionn&#233; plus haut, la d&#233;lib&#233;ration, le fait de discuter, de jaser, de se critiquer, pour les vrais, de s'engueuler, ne se d&#233;tache pas du pouvoir. Si je n'ai aucun pouvoir sur une situation, eh bien, vaut mieux ne pas perdre mon temps &#224; en discuter. La d&#233;lib&#233;ration, donc, stimul&#233;e par le pouvoir, est aussi, presque in&#233;vitablement, une pr&#233;misse du pouvoir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La d&#233;lib&#233;ration dans les institutions politiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nos r&#233;gimes politiques, &#224; cet effet, ont institutionnalis&#233;, formalis&#233; cette dimension, parfois de mani&#232;re peu effective, car le Parlement n'est pas le lieu d'une v&#233;ritable d&#233;lib&#233;ration, certains diront que c'est un cirque, d'autres une fa&#231;ade, et ils ont raison. Le Parlement, en effet, en session pl&#233;ni&#232;re, nous pr&#233;sente un jeu d&#233;lib&#233;ratif, un jeu d'image, mais les d&#233;cisions, elles, sont prises en commission, ou sinon, pour la tr&#232;s grande majorit&#233;, au gouvernement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En revanche, formellement, le pouvoir d&#233;lib&#233;ratif des repr&#233;sentants, existe, th&#233;oriquement, donc, ils peuvent, pourraient, s'imposer au gouvernement, &#224; l'ex&#233;cutif. Il arrive aussi qu'ils le fassent, pour des questions plus ou moins mineures, ou parce qu'ils jugent qu'il importe de rompre la domination de l'ex&#233;cutif pour une question critique. Mais il s'agit l&#224; de l'exception, non de la r&#232;gle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Certains disent donc que la d&#233;lib&#233;ration, &#224; un moment donn&#233;, dans l'histoire de la d&#233;mocratie, a fui le Parlement. Certains disent m&#234;me qu'elle a fui le gouvernement, l'&#201;tat. Ce ne serait plus au sein de l'&#201;tat qu'aurait lieu la d&#233;lib&#233;ration profonde, mais, d'une mani&#232;re ou d'une autre, au sein de la soci&#233;t&#233;, de lobbies, de mouvements de la soci&#233;t&#233; civile, etc. Si c'est le cas, les m&#233;dias, ici, jouent un r&#244;le critique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les m&#233;dias et la d&#233;lib&#233;ration soci&#233;tale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les m&#233;dias ont en effet le pouvoir d'influer sur l'opinion publique, de forger les consciences, ou, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;a contrario&lt;/i&gt;, d'assouplir, d'endormir, de d&#233;former la r&#233;alit&#233;, de manipuler, de d&#233;sinformer ou de ne tout simplement pas informer. Bien s&#251;r, les m&#233;dias sont devenus politiques. En tant que vecteur du d&#233;bat soci&#233;tal, vecteur important et critique, les m&#233;dias sont devenus, sans doute, les organisations non-&#233;tatiques les plus puissantes des soci&#233;t&#233;s. Les m&#233;dias sont politiques, font partie du syst&#232;me politique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour cela, il faut repenser leur r&#244;le, pour qu'ils puissent se coller davantage &#224; une fonction populaire, d&#233;mocratique, celle d'&#233;clairer et d'animer le d&#233;bat soci&#233;tal. Ce r&#244;le, de faire des m&#233;dias de puissants organes de d&#233;lib&#233;ration soci&#233;tale, admettons-le, est bien loin de la r&#233;alit&#233; politique et soci&#233;tale actuelle. Les m&#233;dias priv&#233;s, presque universellement, contribuent bien plut&#244;t &#224; affaisser les consciences qu'&#224; les r&#233;veiller.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les m&#233;dias publics, eux, de par leur nature, servent un ma&#238;tre, et non le peuple. Ce n'est pas dire, en revanche, qu'ils ne sont pas un compl&#233;ment important, parfois, aux m&#233;dias commerciaux, mais plut&#244;t qu'ils sont le compl&#233;ment d'un syst&#232;me vici&#233; &#224; la racine, et qu'ils ne sauraient suffire &#224; animer, v&#233;ritablement, une soci&#233;t&#233; d&#233;lib&#233;rative. Ils jouent parfois un r&#244;le de rempart, cependant, qu'il faut reconna&#238;tre, comme au Qu&#233;bec ou au Venezuela, contre un syst&#232;me priv&#233; d&#233;lib&#233;rativement ali&#233;nant. Cela d&#233;pend, cependant, de tr&#232;s pr&#232;s, de trop pr&#232;s, du gouvernement au pouvoir. C'est donc une solution que je juge insatisfaisante.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En revanche, il existe, presque partout, des m&#233;dias ind&#233;pendants. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt; fait partie de ces m&#233;dias, comme &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;PTAG&lt;/i&gt;, comme aussi, plusieurs autres au Qu&#233;bec, mais qui, du fait de leur nature, et surtout, de la nature du syst&#232;me en place, ont un pouvoir informatif et d&#233;lib&#233;ratif plut&#244;t limit&#233;. Reste qu'ils sont des terreaux d'une d&#233;lib&#233;ration, bien souvent, importante et critique, par rapport &#224; la soci&#233;t&#233;, et aux m&#233;dias. Je dirais m&#234;me, puisque j'aime jouer au proph&#232;te, que les m&#233;dias ind&#233;pendants sont les m&#233;dias de l'avenir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il me semble donc important, en ce sens, de souligner ce qui, selon moi, devrait &#234;tre leur double fonction : la fonction informative, tout d'abord, puis, id&#233;alement, la fonction d&#233;lib&#233;rative. Bien s&#251;r, la fonction d&#233;lib&#233;rative, dans un m&#233;dia de masse, est plus difficile &#224; organiser, car les contributeurs potentiels sont nombreux. L'on devrait donc s&#233;lectionner les textes en vertu, disons, de leur valeur informative et d&#233;lib&#233;rative.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si un m&#233;dia juge que la gauche, ou l'ind&#233;pendantisme est sous-repr&#233;sent&#233; dans le d&#233;bat soci&#233;tal, il est naturel qu'il vise &#224; compenser cette lacune. Cette fonction compensatrice, donc, la s&#233;lection sur le fondement de la perspective politique, est d&#233;lib&#233;rative. En revanche, il peut &#234;tre appropri&#233; de pr&#233;senter des textes ayant une perspective diff&#233;rente, pour stimuler la d&#233;lib&#233;ration. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt; fait cela. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt;, sur cet aspect, c'est la revue de presse citoyenne des ind&#233;pendantistes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y aurait, petite critique au passage, peut-&#234;tre avantage &#224; diversifier ses sources, pour tirer davantage des autres m&#233;dias qu&#233;b&#233;cois, comme &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;PTAG&lt;/i&gt;, le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Couac&lt;/i&gt;, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;l'Aut'Journal&lt;/i&gt; (ce qui se fait), etc. Si vous avez des sources qui vous semblent int&#233;ressantes, je vous invite donc &#224; les communiquer &#224; M. Frappier, avec la p&#233;riodicit&#233; de la publication, si c'est possible et appropri&#233;. Par exemple, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;PTAG&lt;/i&gt; publie tous les mardis, ce qui rend la consultation de ce site facile, pour en soutirer les articles qui sont pertinents &#224; la question ind&#233;pendantiste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'on peut aussi penser que le site pourrait d&#233;velopper un espace po&#233;sie, plus artistique, ou un espace humour, l'humour pouvant &#234;tre une mani&#232;re de mettre en exergue certaines r&#233;alit&#233;s (la remarque vaut d'ailleurs aussi pour &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;PTAG&lt;/i&gt;). Bref, les contributions sont &#233;minemment s&#233;rieuses, on peut s'en f&#233;liciter, mais n'emp&#234;che que de rire un peu, ou d'aborder les th&#233;matiques sous un autre angle, plus artistique, pourrait illustrer certains propos, tout en renfor&#231;ant le sentiment de communaut&#233;, car &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt;, justement, c'est plus qu'une m&#233;dia d&#233;lib&#233;ratif, c'est aussi une communaut&#233; &#233;lectronique d&#233;lib&#233;rative. La nature de la d&#233;lib&#233;ration &#233;lectronique, elle, il ne faut pas l'oublier, est plut&#244;t froide, rationnelle, impersonnelle. Heureusement, les commentaires, aussi, en plus d'ajouter, sont aussi, occasionnellement, des compliments.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le &#171; commentage &#187;, par ailleurs, est assez int&#233;ressant, car il est plut&#244;t le fait d'un groupe assez limit&#233; de personnes, nommons-les &#171; les commentateurs &#187;, qui joue un r&#244;le important, celui de la r&#233;troaction. Ce ne me semble pas, cependant, &#234;tre l&#224; le c&#339;ur du processus d&#233;lib&#233;ratif vigilien, mais plut&#244;t un compl&#233;ment, qui importe, notons-le, mais qui est subsidiaire &#224; la publication de textes qui structurent un propos de mani&#232;re pertinence et ramass&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est donc le texte du contributeur ind&#233;pendant qui est, &#224; mon avis, l'outil d&#233;lib&#233;ratif premier de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt;. Cet outil permet, bien s&#251;r, de nourrir le d&#233;bat, mais parce qu'une personne se jette dans la m&#234;l&#233;e d&#233;lib&#233;rative en publiant, il incite fortement les contributeurs &#224; structurer leur pens&#233;e, ce qui implique un effort r&#233;dactionnel, mais surtout, auparavant, un effort critique envers soi-m&#234;me, envers sa propre pens&#233;e. Il y a donc un approfondissement personnel, qui se conjugue bien s&#251;r avec un approfondissement de la d&#233;lib&#233;ration collective, donc un approfondissement collectif.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En revanche, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt; n'est pas ax&#233; sur une d&#233;cision, il n'a pas de pouvoir effectif direct, c'est un site dont la d&#233;lib&#233;ration est libre, c'est-&#224;-dire non structur&#233;e en vue d'un objectif pr&#233;cis. Il n'y a pas de d&#233;cision &#224; prendre, &#224; la fin de la journ&#233;e, sur &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt;. Cela ne veut pas dire qu'il n'a pas d'influence. Il a &#233;t&#233; le tremplin, semble-t-il, de la naissance du PI. En revanche, s'il alimente incontestablement le d&#233;bat, il l'organise de mani&#232;re d&#233;tach&#233;e, il ne l'organise pas de mani&#232;re structur&#233;e, ramass&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce serait l&#224;, en un sens, la fonction d'un site d&#233;lib&#233;ratif ayant une vis&#233;e plus concr&#232;te. Par exemple, il serait, en mon sens, parfaitement l&#233;gitime, concevable et opportun de penser &#224; tenir des &#201;tats g&#233;n&#233;raux sur l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec en misant sur les forces de l'outil &#233;lectronique, soit la profondeur et l'accessibilit&#233;, pour minimalement, mettre la table &#224; un d&#233;bat, &#224; des &#201;tats g&#233;n&#233;raux en personne. En revanche, l'outil est limit&#233; si ces &#201;tats g&#233;n&#233;raux prennent une telle ampleur qu'on ne puisse plus organiser le d&#233;bat.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Personnellement, je crois qu'il pourrait &#234;tre opportun, pertinent, politiquement, de limiter un tel d&#233;bat &#224; la constitution d'un mouvement politique fort, plus uni, qui se d&#233;finisse &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Le-souverainisme-est-mort-vive-l&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;en tant qu'ind&#233;pendantiste, en claire rupture du souverainisme&lt;/a&gt;. Un tel projet, parce qu'il ne ratisserait pas tout le monde, seuls ceux qui croient qu'il est pertinent de rompre avec le souverainisme, pourrait probablement se mener, en partie de mani&#232;re &#233;lectronique. Reste &#224; savoir si le PI, quelques &#233;l&#233;ments de QS, et les int&#233;ress&#233;s, en tant que personnes, non en tant que membres, du PQ, voudraient s'y joindre, y participer.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sinon, il y a toujours les ind&#233;pendantistes ind&#233;pendants, qui eux, par nature, ont une posture propre &#224; la d&#233;lib&#233;ration.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'esprit de la d&#233;lib&#233;ration&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela me permet d'introduire un propos, sur l'esprit de la d&#233;lib&#233;ration. La d&#233;lib&#233;ration, en effet, c'est un art dialectique, qui consiste &#224; &#233;couter, prendre en compte, penser, formuler, argumenter, et ce, de mani&#232;re it&#233;rative. L'attitude d&#233;lib&#233;rative fondamentale, selon moi, du moins, la meilleure attitude, c'est le postulat d'ignorance. Il faut &#234;tre pr&#234;t, sur le fondement de ce postulat, &#224; remettre ses id&#233;es en question.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'on remarque, dans les exp&#233;riences d&#233;lib&#233;ratives qui ont &#233;t&#233; men&#233;es et &#233;tudi&#233;es, une chose bien int&#233;ressante, que les id&#233;es, les opinions des gens, avec le temps, la d&#233;lib&#233;ration, changent. Les sp&#233;cialistes parlent de la structuration des pr&#233;f&#233;rences, c'est-&#224;-dire de la clarification des positions d'une personne, la structuration de ses pr&#233;f&#233;rences en vertu des diff&#233;rentes options. Cette structuration change par l'effet de la d&#233;lib&#233;ration.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les opinions, souvent superficielles, donc, s'approfondissent, et de ce fait, se restructurent. La d&#233;lib&#233;ration, donc, en un sens, permettrait de passer d'une d&#233;mocratie superficielle, comme nous en avons une aujourd'hui, vers une d&#233;mocratie profonde, pas &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;full deep&lt;/i&gt;, mais plus profonde, selon, pr&#233;cis&#233;ment, le niveau de d&#233;lib&#233;rativit&#233;, d'approfondissement des questions. La d&#233;mocratie d&#233;lib&#233;rative est donc une d&#233;mocratie des profondeurs, ce qui fera plaisir aux psychanalystes&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Blague &#224; part, mon point, ici, c'est de souligner que cette approfondissement, parce qu'il est mouvement, implique un certain d&#233;tachement, par rapport &#224; ses propres opinions, et donc, une &#233;thique, en un sens, particuli&#232;re, une &#233;thique d&#233;mocratique sup&#233;rieure &#224; la seule discussion pour convaincre, car il s'agit, essentiellement, d'une &#233;thique de la discussion pour comprendre, collectivement, un ph&#233;nom&#232;ne, une situation, et tirer, de cette compr&#233;hension, des pistes d'action.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les socratiens, donc, y trouveront aussi un plaisir, car il convient de postuler son ignorance, seule mani&#232;re, selon ce dernier, de progresser vers la connaissance, disons, de progresser vers une plus grande connaissance. L'idiot qui sait qu'il est idiot est moins idiot que celui qui ne le sait pas ! Car, au moins, l'idiot conscient de son manque, peut apprendre, tandis que celui qui n'en est pas conscient, en plus d'&#234;tre une menace s'il a du pouvoir, est compl&#232;tement bloqu&#233;, ferm&#233;, imperm&#233;able &#224; la science.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'ego de la connaissance, donc, nous dit Socrate, est un emp&#234;chement, dans certains cas, &#224; la progression. Ce peut aussi &#234;tre une mani&#232;re de se valoriser, ce qui est parfois n&#233;cessaire, pour ainsi r&#233;aliser soi-m&#234;me ses erreurs, et, peut-on esp&#233;rer, de les corriger. Parfois, il faut explorer une voie sans issue pour r&#233;aliser, justement qu'elle est sans issue. Il peut, &#224; cet &#233;gard, y avoir une peur de la d&#233;lib&#233;ration, pour celui qui est attach&#233; &#224; ses propres pens&#233;es, qui en tire valorisation, ou qui craint la confrontation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Car la d&#233;lib&#233;ration, c'est aussi, une petite guerre de nerfs, c'est aussi une discussion, une confrontation d'id&#233;es, ce qui implique, in&#233;vitablement, quelques duels par'isit'par'la. Certains seront agressifs, parfois un dernier recours contre une attaque qui pourrait s'av&#233;rer fatale &#224; son id&#233;e, sa position, mais parfois, aussi, il s'agit d'une col&#232;re l&#233;gitime, d'une racl&#233; de bon pater, pour remettre les pendules &#224; l'heure, et avertir d'un danger.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La crainte peut aussi venir du fait que les id&#233;es d'une personne, finalement, ne sont pas si claires, ou que leur promotion requiert un grand effort de persuasion. &#192; cet effet, par l'&#233;coute, la d&#233;lib&#233;ration, permet, justement, de profiter du d&#233;bat, de l'influx d'information, pour se faire une id&#233;e, ou la pr&#233;ciser. Celui, donc, qui conna&#238;t le moins, en un sens, ou qui est le plus ouvert &#224; changer son id&#233;e, a le plus &#224; gagner. Ce n'est pas s&#251;r que son id&#233;e changera, mais elle pourrait, par exemple, &#234;tre bonifi&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;!-- htmlA --&gt;&lt;span class='spip_document_1650 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:249px;'&gt;
&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_vigile.jpg' width=&quot;249&quot; height=&quot;102&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;!-- htmlB --&gt;Il se peut aussi que la d&#233;lib&#233;ration ne soit qu'un stimulus, qu'elle pousse une personne &#224; r&#233;fl&#233;chir, puis, &#224; formuler une id&#233;e qui soit int&#233;ressante, qui puisse contribuer au d&#233;bat. La d&#233;lib&#233;ration, aussi, donc est un stimulus &#224; la r&#233;flexion. C'est, je crois, l'une des forces de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt;, car la d&#233;lib&#233;ration stimule, par exemple, je crois, la r&#233;flexion d'un Dominic Desroches. Il n'est donc pas que brillant que par lui-m&#234;me, mais bien parce que nous &#233;tayons &#224; bras raccourci notre ignorance devant le philosophe... qui, tel un boddhisattva de l'intellect, nous sauve par sa prose.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il se peut aussi que l'impulsion cr&#233;atrice, elle, naisse, non pas d'une faille, mais d'une inspiration. Il peut arriver qu'une solution &#224; une question, ou une piste de solution, se trouve ailleurs qu'en soi, que dans ses sch&#232;mes mentaux bien rod&#233;s, et alors, cette inspiration, petite &#233;tincelle au passage, devient un feu brillant, dans le cadre d&#8216;un texte. Je ne crois pas me tromper, en un sens, en disant qu'un Dominic Desroches, justement, pousse sa r&#233;flexion sur le Qu&#233;bec gr&#226;ce &#224; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt;. Que ce soit en r&#233;action &#224; notre ignorance, ou par inspiration, ou les deux, cela importe peu, c'est une valeur ind&#233;niable de ce site : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt; contribue &#224; la d&#233;lib&#233;ration ind&#233;pendantiste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(Comme on dit, parfois, &#231;a en prend long &#224; certains pour formuler des &#233;vidences.)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aussi, comme le notait Raymond Poulin, dans un texte ou un commentaire, l'un des effets de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt;, Frappier de son vrai nom, c'est de rassembler les ind&#233;pendantistes. En effet, la d&#233;lib&#233;ration ne peut se faire qu'&#224; l'int&#233;rieur d'une communaut&#233;, d'un groupe, qui a une mission commune. S'il est vrai donc, que &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Vigile&lt;/i&gt; rassemble les ind&#233;pendantistes, t&#226;che, apparemment, hercul&#233;enne, elle le fait par son pouvoir et son attraction d&#233;lib&#233;ratifs, donc positivement, ce qui est valeur certaine, dans toute soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vive Vigile !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;David Poulin-Litvak&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Liens&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;NB &lt;a href=&quot;http://web.mit.edu/comm-forum/forums/civic_media.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Les propos r&#233;sum&#233;s suivants&lt;/a&gt; (particuli&#232;rement celui de Mme Noveck) sont pertinents au sujet des &#171; m&#233;dias d&#233;lib&#233;ratifs &#187; :&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

		</content:encoded>
]

		

	</item>



	<item>
		<title>Des paroles et des images dans la s&#233;duction politique</title>
		<link>http://www.vigile.net/Des-paroles-et-des-images-dans-la</link>
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		<dc:date>2008-01-12T13:12:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Dominic Desroches - Collaboration sp&#233;ciale</dc:creator>
		


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		<description>Les m&#233;dias en effet ne se limitent pas &#224; informer ou refl&#233;ter les paroles et les d&#233;bats politiques, ils y participent : ils fabriquent des &#233;v&#233;nements par un minutieux travail esth&#233;tique. Comment ? Par le choix des titres, par la mani&#232;re de monter les entrevues, par le choix des sujets mais (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p align=right&gt;&#171; Ce que le public r&#233;clame, c'est l'image de la passion, &lt;br&gt;
non la passion elle-m&#234;me &#187;&lt;br&gt;
Roland Barthes, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Mythologies&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La parole appartient &#224; l'ordre du discours. Jamais neutre, elle vise &#224;
informer et &#224; convaincre. Sa ma&#238;trise en d&#233;mocratie est d&#233;cisive puisque le
pouvoir, en ce r&#233;gime, ne s'acquiert pas par la force, l'argent ou la
noblesse, mais par le partage et l'influence de la parole en Assembl&#233;e. La
meilleure cause est vaine en d&#233;mocratie si le discours qui la d&#233;fend ne
parvient pas &#224; convaincre les personnes qui votent. M&#234;me si les m&#233;dias
(radio, t&#233;l&#233;vision, Internet) jouent un r&#244;le clef dans les soci&#233;t&#233;s
complexes, le d&#233;mocratie contemporaine n'&#233;chappe pas, nous le verrons, &#224;
ces principes de base.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce texte s'int&#233;resse au r&#244;le de la parole et &#224; la fabrication de l'image
en politique. Il pr&#233;suppose que la parole a en elle-m&#234;me des outils pour
convaincre, que la conviction se produit par les mots et l'image projet&#233;e
par la personne qui parle, et que ces images peuvent &#234;tre ensuite relay&#233;es
par les m&#233;dias de masse. Qu'on l'accepte ou non, la politique est
essentiellement un travail de s&#233;duction : il consiste &#224; s&#233;duire les
&#233;lecteurs afin de transformer les ennemis en amis. La politique ne dit pas,
cependant, que la parole est le seul moyen de convaincre les autres, loin
de l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;	Des arguments vers la persuasion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour convaincre les &#233;lecteurs, il convient de formuler des arguments.
Ceux-ci doivent &#234;tre simples, clairs, justifier la cause et forcer
l'adh&#233;sion. L'argumentaire toutefois, aussi logique soit-il, a des limites
car il exige une analyse soutenue que les citoyens, qui sont des
travailleurs d'abord et avant tout, n'ont pas le temps d'effectuer au
quotidien. Si le but des mots choisis est de rejoindre le public et de
marquer son imaginaire, alors les meilleurs politiciens verront &#224; limiter
l'argumentaire et &#224; le compl&#233;ter par des figures de styles et des images
suggestives, question de gagner du temps et de ne pas exiger des &#233;lecteurs
ce qu'ils ne sont pas en mesure de fournir. Comme dit d'ailleurs le vieux
dicton, &#171; une image vaut mille mots &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Possibilit&#233;s et limites de la parole&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La parole politique sera efficace si elle repose sur des &lt;a href=&quot;http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristote/tablerheto.htm&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;enthym&#232;mes&lt;/a&gt;,
c'est-&#224;-dire des raisonnements pratiques. Elle &#233;vitera les d&#233;monstrations
et cherchera, par des formules br&#232;ves, &#224; marquer l'esprit. Le politicien
habile cependant incarnera sa parole et sa cause dans toute sa personnalit&#233;
afin de convaincre totalement. Ici, nous remarquerons que le style naturel
est parfois plus utile que les paroles, car il vient donner &#224; l'&#339;il ce que
l'oreille n'a pu r&#233;ussir : une image. Arm&#233; d'un bon discours, l'homme sans
style risque de d&#233;tourner son public de sa cause, car les auditeurs veulent
suivre ceux qui apparaissent les meilleurs. Le meilleur, il se voit, il se
sent, il s'entend !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les auditeurs, retenons-le, ont besoin de voir pour entendre. La
s&#233;duction politique r&#233;sidera dans l'union harmonieuse entre le discours et
le style. Cela signifie que les &#233;lecteurs s'identifieront aux politiciens
et que dans un monde pauvre, il ne sera pas &#233;vident pour l'homme riche,
riche de parole et de style, de convaincre. Au contraire, les pauvres se
reconnaissent tout d'abord dans les pauvres. Le peuple se reconna&#238;t dans la
personne qui tient le langage pour le servir. Les succ&#232;s politiques
&#233;tonnants de Jean Chr&#233;tien et d'Andr&#233; Boucher reposent, si on exclut les
alliances et les al&#233;as de l'histoire favorisant certains partis, sur le
rapport de proximit&#233; entre la personne et le peuple qu'elle repr&#233;sente. Il
appert donc qu'il ne sert &#224; rien de se v&#234;tir comme un roi si l'on veut
expliquer la richesse &#224; ceux qui ne poss&#232;dent rien&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;	Avantages et d&#233;savantages de la parole&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'usage de la parole est la possibilit&#233; d'un gain ou d'une perte. Elle
cr&#233;e certes des inconv&#233;nients lorsqu'elle est mal utilis&#233;e, par exemple si
elle bl&#226;me et m&#233;prise l'adversaire sans raison valable. En politique, les
attaques &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ad hominem&lt;/i&gt; risquent de se retourner contre ceux qui les prof&#232;rent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais la parole est surtout un avantage. Elle informe et rejoint les
citoyens : elle assure, par les m&#233;dias qui la diffusent, la visibilit&#233; et
la pr&#233;sence r&#233;elle. Elle vise aussi la prise de d&#233;cision et permet une
mainmise sur l'actualit&#233;. Les partis politiques sans parole n'existent pas.
Ici, pr&#233;cisons ce qui peut constituer le plus grand avantage de la parole
en politique : elle permet de formuler des projets.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En effet, celui qui poss&#232;de la parole peut, s'il le veut, formuler un
projet visant le Bien commun. Ce projet, qui est possible uniquement par le
travail des mots, permet aux citoyens qui l'appuient de ma&#238;triser un peu
plus leur destin. Le projet doit viser un changement et, s'il est bien
pr&#233;sent&#233;, il peut forcer l'adh&#233;sion, s&#233;duire l'&#233;lectorat, r&#233;unir les
citoyens et faire l'histoire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On tirera, sans chercher davantage, les cons&#233;quences du r&#244;le de la parole
en politique : le r&#244;le du parti au pouvoir est de rassurer les &#233;lecteurs,
tandis que celui de l'opposition est de formuler, &#224; partir de critiques, de
nouveaux projets de soci&#233;t&#233;. Tout est une question de veille : le parti au
pouvoir, s'il n'a pas de nouveaux projets &#224; r&#233;aliser, doit veiller &#224;
endormir la population, alors que l'opposition doit la r&#233;veiller et la
faire r&#234;ver.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;	La structure de la rh&#233;torique m&#233;diatique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'un des facteurs qui doit absolument &#234;tre soulev&#233; ici, c'est le passage
de la parole &#224; l'image. Car les m&#233;dias jouent un r&#244;le esth&#233;tique que l'on
aurait tort de sous-estimer. Les m&#233;dias en effet ne se limitent pas &#224;
informer ou refl&#233;ter les paroles et les d&#233;bats politiques, ils y
participent : ils fabriquent des &#233;v&#233;nements par un minutieux travail
esth&#233;tique. Comment ? Par le choix des titres, par la mani&#232;re de monter les
entrevues, par le choix des sujets mais aussi par le choix des photos et
des vid&#233;os - les m&#233;dias mod&#232;lent &#224; leur mani&#232;re l'opinion publique. Ils ont
souvent pour mission de faire des images et de construire des &#233;v&#233;nements
afin de vendre des produits.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par d&#233;finition, un m&#233;dia est au service d'une cause qui le d&#233;passe : il
se d&#233;finit comme un sp&#233;cialiste des raccourcis vendeurs et de la mise en
&#233;vidence dialectique par la simplification volontaire. Sur le mod&#232;le du
spot publicitaire op&#233;rant en un clin d'oeil, les m&#233;dias informent en
capsules. Cela signifie que l'information donn&#233;e, dans un temps court, doit
rester &#224; l'esprit du t&#233;l&#233;spectateur. Pour r&#233;ussir ce tour de force, les
m&#233;dias utiliseront tous les ressorts de l'&#233;motion, car c'est l'&#233;motion
pr&#233;c&#233;dant tout langage qui paralyse l'humain et le captive. Supprimant tout
raisonnement, l'&#233;motion marque l'imaginaire. L'&#233;motion assure enfin la
proximit&#233; entre l'information et la personne qui la re&#231;oit. C'est dans ce
cadre pr&#233;cis que doit se comprendre la mode de la dramatisation des
&#233;v&#233;nements construits par les m&#233;dias.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or la rh&#233;torique m&#233;diatique est structur&#233;e de la mani&#232;re suivante : le
m&#233;dia cherche &#224; cr&#233;er des oppositions, du noir et blanc, afin de susciter
un d&#233;bat. Il s'agit de la m&#233;diatisation des informations mise en forme
selon l'id&#233;e de l'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#226;gon&lt;/i&gt; : duel, opposition et d&#233;bat. L'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&#226;gon&lt;/i&gt; est partout dans
les m&#233;dias : il y a toujours une enqu&#234;te, un tribunal, un r&#232;glement de
compte, un match, une confrontation, etc. Cette structure permet au
t&#233;l&#233;spectateur de prendre position, de rechercher la discussion &#224; partir de
l'&#233;motion et d'avoir l'illusion de participer &#224; des &#233;v&#233;nements qui se
passent loin de lui.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Construction de l'image et de la v&#233;rit&#233; m&#233;diatique selon ses int&#233;r&#234;ts&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Plus important pour nous, il convient de rappeler comment les m&#233;dias
construisent la v&#233;rit&#233; de l'information qu'ils diffusent. D'abord, les
m&#233;dias, utilisant des images et des mythes commodes, manipulent les
informations en fonction de leur participation possible &#224; un &#233;v&#233;nement.
Assez souvent, le journaliste d'une cha&#238;ne g&#233;n&#233;raliste, puisqu'il dispose
des ressources et des informations relay&#233;es par son r&#233;seau de convergence,
passe dans l'actif, dans le direct, au service de ses int&#233;r&#234;ts particuliers : il ne donnera plus le r&#233;cit de la maladie, il voudra gu&#233;rir ; il
n'informera plus de la disparition, il voudra chercher ; il ne m&#233;diatisera
plus le proc&#232;s, il voudra juger, etc.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela s'op&#232;re &#224; partir du moment o&#249; les m&#233;dias fabriquent eux-m&#234;mes des
identit&#233;s, des mod&#232;les de personnes, des bons et des m&#233;chants et des
enjeux, politiques par exemple. Caricatures impos&#233;es &#224; la r&#233;alit&#233;, les
m&#233;dias qualifient ensuite les situations par des termes extr&#234;mes qui
accrochent : folie, crime, carnage, assassinat, etc. Associ&#233; &#224; l'image, ce
vocabulaire cr&#233;e un effet puissant sur le t&#233;l&#233;spectateur, ce qui enchante
les commanditaires ou le parti politique auquel le m&#233;dia est assujetti.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le r&#244;le d&#233;terminant des faits divers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette mise en image de l'information consacrera la primaut&#233; au fait
divers, car celui-ci donne un portrait social dans un fait isol&#233;.
Anecdotique, curieux, aux limites de l'anthropologie et de l'ethnologie, le
fait divers vient satisfaire le voyeurisme des t&#233;l&#233;spectateurs. Loin de
remplir les bulletins, les faits divers les ouvrent, car les m&#233;dias les
utilisent pour maintenir leurs c&#244;tes d'&#233;coute. Sur la plan de la
construction, le fait divers, qui s'interpr&#232;te en toutes directions, dit la
v&#233;rit&#233; par sa bri&#232;vet&#233; : il s'impose comme une image condens&#233;e de la
r&#233;alit&#233; sociale. Il grossit ce qui est petit ; il fait une r&#232;gle de
l'exception ; il rend capital ce qui est accidentel et fortuit. Si le fait
divers appara&#238;t comme une nouvelle traumatisante, une disparition par
exemple, les m&#233;dias oublient leur sens critique et deviennent des relais de
la compassion du peuple aux prises avec lui-m&#234;me. Li&#233; &#224; la course au scoop
et aux int&#233;r&#234;ts financiers, le fait divers occupe une place
disproportionn&#233;e par rapport aux informations locales, nationales et
internationales. Le plus triste dans cette focalisation sur le fait divers,
par essence un fait divertissant, c'est qu'elle masque les enjeux de la
d&#233;mocratie et qu'elle participe &#224; la suppression du sens critique dans la
pens&#233;e magique, l'a&#233;rien et &#233;tourdissement volontaire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les illusions entretenues par le direct&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans cet univers, la diffusion en direct assure une proximit&#233; illusoire
avec la r&#233;alit&#233;. Tout ce qui est pr&#233;sent&#233; en direct appara&#238;t plus vrai que
ce qui est pr&#233;par&#233; en studio. En r&#233;alit&#233;, l'effet captivant du direct
repose sur le fait que nous avons des attentes envers ce que nous voyons :
notre esprit attend la mat&#233;rialisation du sc&#233;nario anticip&#233;. Si cela se
r&#233;alise comme pr&#233;vu, le t&#233;l&#233;spectateur est confirm&#233; dans son pari, tandis
que si la chute est autre que la pr&#233;vision, alors il a le sentiment intime
d'avoir particip&#233; &#224; un &#233;v&#233;nement historique. La pr&#233;cision de la
transmission en direct favorise les illusions de la contemporain&#233;it&#233; et de
proximit&#233; avec un &#171; &#233;v&#233;nement &#187; qui, se passant &#224; mille lieux de nous,
para&#238;t maintenant nous concerner.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les dangers de la r&#233;cup&#233;ration des entrevues&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il importe finalement de noter un dernier point sur la manipulation de
l'information et la construction de la v&#233;rit&#233;, il s'agit du danger des
entrevues. Les entrevues sont des mises en sc&#232;nes que l'on peut ais&#233;ment
utiliser, car elles sont mont&#233;es. Toute entrevue peut &#234;tre r&#233;cup&#233;r&#233;e selon
une id&#233;ologie. Nous l'oublions souvent, mais les entrevues sont des
m&#233;langes de genres qui r&#233;pondent &#224; un besoin circonstanciel. Si le propos
n'est pas tenu en continu, il est alors facile de sortir des extraits et de
les utiliser afin de diriger les id&#233;es. L'entrevue t&#233;l&#233;vis&#233;e pose le
probl&#232;me de l'apparence (la t&#233;l&#233;g&#233;nique) autant que celui de la clart&#233; : il
faut para&#238;tre conforme au propos que l'on tiendra et le propos, loin d'&#234;tre
compliqu&#233;, devra tenir en 4 ou 5 phrases bien li&#233;es. Les entrevues sont
donc au c&#339;ur des d&#233;fis de la rh&#233;torique m&#233;diatique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Des le&#231;ons pour les politiciens ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si les m&#233;dias d&#233;fendent des int&#233;r&#234;ts particuliers, tout leur travail
visera &#224; assurer la poursuite de ces int&#233;r&#234;ts. Intelligent et conscient de
l'importance de la rh&#233;torique m&#233;diatique, le parti politique veillera &#224;
utiliser les m&#233;dias &#224; son avantage seulement. Et face &#224; des m&#233;dias
int&#233;ress&#233;s, il conviendra de renvoyer une image unie, de planifier les
sorties publiques et de contr&#244;ler les possibilit&#233;s de &#171; une &#187;, bien que
celle-ci ne dure qu'une journ&#233;e. La &#171; une &#187; peut cr&#233;er une &#171; affaire &#187; dont
l'efficace durera beaucoup plus longtemps. On ajoutera en cons&#233;quence qu'un
parti politique qui ne peut contr&#244;ler minimalement les images produites par
les m&#233;dias est, dans une soci&#233;t&#233; complexe, vuln&#233;rable. S'il ne r&#233;ussit pas
&#224; tirer profit des m&#233;dias, il devra, s'il veut gagner le difficile combat
qu'implique la structure de toute rh&#233;torique m&#233;diatique, cr&#233;er ses propres
agences m&#233;diatiques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dominic DESROCHES&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D&#233;partement de philosophie / Coll&#232;ge Ahuntsic&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Le Qu&#233;bec vire-t-il &#224; droite ?</title>
		<link>http://www.vigile.net/Le-Quebec-vire-t-il-a-droite</link>
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		<dc:date>2007-11-14T19:38:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Michel Venne - Le Devoir (opinions)</dc:creator>
		


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		<description>Nous publions un extrait de L'Annuaire du Qu&#233;bec 2008, une publication de l'INM &#233;dit&#233;e depuis 1996 par les &#201;ditions Fides. Le livre est lanc&#233; aujourd'hui. Michel Venne en signe l'introduction. La population tourne-t-elle le dos &#224; la social-d&#233;mocratie embl&#233;matique de la (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous publions un extrait de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'Annuaire du Qu&#233;bec 2008&lt;/i&gt;, une publication de l'INM &#233;dit&#233;e depuis 1996 par les &#201;ditions Fides. Le livre est lanc&#233; aujourd'hui. Michel Venne en signe l'introduction.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La population tourne-t-elle le dos &#224; la social-d&#233;mocratie embl&#233;matique de la R&#233;volution tranquille des ann&#233;es 1960 et 1970 en accordant un appui sans pr&#233;c&#233;dent &#224; l'Action d&#233;mocratique du Qu&#233;bec aux &#233;lections du 26 mars 2007 ? Assiste-t-on &#224; une forme de r&#233;gression conservatrice et de repli sur soi, symbolis&#233;e par la vague de protestations contre les accommodements raisonnables ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous avons cherch&#233; &#224; faire la part des choses. Nos conclusions sont nuanc&#233;es. Si les &#233;lections du 26 mars [...] ouvrent la possibilit&#233; d'un r&#233;alignement dans l'univers partisan, elles ne t&#233;moignent pas en soi d'une d&#233;rive conservatrice. En fait, l'&#233;quilibre des forces partisanes entre la gauche et la droite n'a pas chang&#233; substantiellement entre 2003 et 2007.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pendant qu'un demi-million d'&#233;lecteurs de plus qu'en 2003 choisissaient l'ADQ de Mario Dumont, et ce, largement au d&#233;triment du Parti lib&#233;ral de Jean Charest, un quart de million pla&#231;aient leur confiance dans deux partis situ&#233;s &#224; gauche du PQ : Qu&#233;bec solidaire de Fran&#231;oise David et Amir Khadir et le Parti vert de Scott McKay.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En outre, plusieurs enqu&#234;tes d'opinion indiquent que les Qu&#233;b&#233;cois soutiennent de fa&#231;on tr&#232;s majoritaire une pr&#233;sence forte du gouvernement dans les services aux citoyens, la distribution de la richesse et l'encadrement de l'&#233;conomie. Cette opinion est encore plus marqu&#233;e chez les jeunes [...], ce qui donne une indication des tendances futures.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les citoyens, par contre, sont d&#233;&#231;us de l'action de leurs dirigeants politiques. 30 % des &#233;lecteurs ne se sont pas pr&#233;valus de leur droit de vote en 2007. La conjoncture t&#233;moigne davantage d'une d&#233;ception &#224; l'endroit de la performance de l'&#201;tat providence, qui s'essouffle dans sa forme historique, que d'un virage &#224; droite.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est toutefois vrai que les pr&#233;f&#233;rences des citoyens &#233;voluent au fur et &#224; mesure que le niveau de vie augmente au Qu&#233;bec. En outre, les &#233;carts de richesse s'accentuent. Les riches sont plus riches et ont plus de moyens d'exprimer leurs volont&#233;s que les petits salari&#233;s qui gagnent tout juste de quoi vivre, tandis que les syndicats, qui demeurent les organisations les plus puissantes de la gauche, sont largement discr&#233;dit&#233;s dans l'opinion publique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De son c&#244;t&#233;, la droite intellectuelle s'est donn&#233; au cours de la derni&#232;re d&#233;cennie des organisations, des publications et des porte-parole omnipr&#233;sents dans l'espace public, ce qui cr&#233;e l'impression d'un virage &#224; droite.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Enfin, cette bataille id&#233;ologique se d&#233;roule dans un contexte international propice &#224; une demande croissante de s&#233;curit&#233;, rel&#233;guant au second plan l'app&#233;tit pour les grands projets de soci&#233;t&#233;. &#192; l'&#233;chelle nationale, le d&#233;bat gauche-droite a repris le dessus sur la question nationale qui, toutefois, demeure beaucoup plus structurante de l'univers politique qu'on veut bien l'admettre en certains quartiers et explique d'ailleurs en partie les succ&#232;s r&#233;cents de l'ADQ.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec est-il de gauche ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avant d'examiner si la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise vire &#224; droite, il faut voir jusqu'&#224; quel point elle &#233;tait &#224; gauche. Le Qu&#233;bec est une soci&#233;t&#233; fonci&#232;rement lib&#233;rale. Le socialisme n'y a jamais pris solidement racine, sauf dans des milieux restreints et durant une br&#232;ve p&#233;riode. La gauche n'a jamais fait de perc&#233;e significative dans le champ &#233;lectoral.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Longtemps, l'Union nationale de Maurice Duplessis a domin&#233; le Qu&#233;bec politique. Les conservateurs de Brian Mulroney ont triomph&#233; au niveau f&#233;d&#233;ral pendant neuf ans, de 1984 &#224; 1993. Depuis ce temps, deux anciens ministres de ces gouvernements conservateurs, Lucien Bouchard et Jean Charest, ont ensuite gouvern&#233; le Qu&#233;bec pendant pr&#232;s de dix ans.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La relative pauvret&#233; du Qu&#233;bec par rapport au reste de l'Am&#233;rique du Nord et des francophones par rapport aux anglophones ici m&#234;me au Qu&#233;bec a incit&#233; les Qu&#233;b&#233;cois &#224; se serrer les coudes, cela est vrai. La R&#233;volution tranquille fut largement inspir&#233;e par une volont&#233; de rattrapage &#224; cet &#233;gard, par la cr&#233;ation d'un syst&#232;me d'&#233;ducation digne de ce nom, l'adh&#233;sion au principe d'un syst&#232;me public d'assurance maladie, le d&#233;veloppement d'une fonction publique professionnelle et la prise en main de notre &#233;conomie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce rattrapage a pu &#234;tre r&#233;alis&#233; gr&#226;ce &#224; une alliance entre les classes sociales et entre les g&#233;n&#233;rations qui reste tout &#224; fait possible aujourd'hui si le leadership politique en faisait une priorit&#233;. Le Qu&#233;bec copiait alors bien davantage le Royaume-Uni et la France, tout en composant avec son voisin am&#233;ricain, que des pays du bloc communiste. La social-d&#233;mocratie qu&#233;b&#233;coise n'est m&#234;me jamais arriv&#233;e &#224; la hauteur de celle pratiqu&#233;e dans les pays scandinaves. Nos programmes sociaux sont encore aujourd'hui beaucoup moins g&#233;n&#233;reux que ceux du Danemark ou de la Su&#232;de.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les Qu&#233;b&#233;cois sont partisans du libre-&#233;change et d'une mondialisation bien ma&#238;tris&#233;e. Notre appui aux causes environnementales est plus que mitig&#233;, comme vient de le d&#233;montrer Fran&#231;ois Cardinal dans son livre Le Mythe du Qu&#233;bec vert (&#201;ditions Voix parall&#232;les).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et puis, nous nous comportons encore, et c'est normal, comme une soci&#233;t&#233; minoritaire dans un continent parfois hostile &#224; notre identit&#233; particuli&#232;re, ce qui induit des attitudes d&#233;fensives. Les Qu&#233;b&#233;cois ont peut-&#234;tre le coeur &#224; gauche, mais ils gardent le portefeuille &#224; droite.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Le r&#233;sultat des &#233;lections&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On ne peut pas parler d'un virage conservateur au niveau f&#233;d&#233;ral. Les progr&#232;s du Parti conservateur au Qu&#233;bec aux &#233;lections f&#233;d&#233;rales de janvier 2006 ont bien davantage &#233;t&#233; le r&#233;sultat du rejet du Parti lib&#233;ral de Paul Martin dans la foul&#233;e du scandale des commandites. Ils peuvent aussi &#234;tre imput&#233;s &#224; la volont&#233; de nombreux &#233;lecteurs de voter pour des candidats qui participeraient au pouvoir, contrairement &#224; ceux du Bloc qu&#233;b&#233;cois, condamn&#233;s &#224; l'opposition.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En outre, la participation &#233;lectorale &#233;tait demeur&#233;e faible, &#224; 64 %. Le Bloc qu&#233;b&#233;cois, toujours dirig&#233; par l'ancien syndicaliste Gilles Duceppe, &#233;tait demeur&#233; premier en pourcentage du vote et en nombre de si&#232;ges tandis que le NPD gagnait 100 000 votes, et le Parti vert, 38 000.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Aux &#233;lections partielles de septembre dernier, le Bloc a conserv&#233; un si&#232;ge, le Parti conservateur en a arrach&#233; un au Bloc, gr&#226;ce &#224; une candidature locale forte, et le NPD a ravi un ch&#226;teau fort au lib&#233;raux. Il faut analyser les &#233;lections provinciales du 26 mars 2007 avec la m&#234;me circonspection.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En nombre de si&#232;ges, l'ADQ a connu une progression fulgurante, emportant 41 si&#232;ges, contre quatre en 2003. Ces gains ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s principalement au d&#233;triment du Parti lib&#233;ral de Jean Charest. Nous restons majoritairement dans la m&#234;me famille id&#233;ologique. Au tableau des si&#232;ges, l'ADQ fait un saut de 1000 % en multipliant par dix le nombre d'&#233;lus. Mais ce parti n'a obtenu l'appui que d'un &#233;lecteur inscrit sur cinq ! Ceux qui ont parl&#233; d'un tsunami ad&#233;quiste ne savent pas compter.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; l'oppos&#233;, aucun des deux tiers partis situ&#233;s &#224; la gauche du PQ, Qu&#233;bec solidaire et le Parti vert, n'est repr&#233;sent&#233; &#224; l'Assembl&#233;e nationale. Le chiffre z&#233;ro appara&#238;t &#224; c&#244;t&#233; de leurs noms au tableau des &#233;lus. Pourtant, 300 000 personnes ont vot&#233; pour eux, soit pr&#232;s de 8 % de l'&#233;lectorat.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avec un mode de scrutin proportionnel, une des nouvelles de la soir&#233;e &#233;lectorale aurait &#233;t&#233; l'entr&#233;e au Parlement des premiers d&#233;put&#233;s verts de l'histoire du Qu&#233;bec tandis que Fran&#231;oise David et Amir Khadir croiseraient le fer avec les autres chefs de parti au Salon bleu chaque jour. Les r&#233;sultats &#233;lectoraux ne traduisent pas parfaitement l'humeur et les choix id&#233;ologiques des &#233;lecteurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;quilibre gauche-droite n'est pas modifi&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La distribution des si&#232;ges &#224; l'Assembl&#233;e nationale et le pourcentage de votes obtenu aux &#233;lections montrent la sup&#233;riorit&#233; des partis situ&#233;s &#224; la droite du centre de l'&#233;chiquier politique. Pour les fins de l'analyse, je place le Parti lib&#233;ral de Jean Charest et l'ADQ de Mario Dumont dans ce groupe. Le Parti qu&#233;b&#233;cois, Qu&#233;bec solidaire et le Parti vert sont mis &#224; la gauche du centre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est vrai que cette division gauche-droite des partis politiques n'est pas parfaite, les partis n'&#233;tant pas des blocs monolithiques. Mais elle permet de constater que l'&#233;quilibre qui existait en 2003 n'a pas &#233;t&#233; modifi&#233; par les &#233;lections de 2007. Il suffit d'additionner les votes obtenus par le PLQ et par l'ADQ, d'un c&#244;t&#233;, et ceux r&#233;colt&#233;s par les trois autres partis, de l'autre, pour voir que la progression de l'appui &#224; droite n'est pas plus remarquable que la progression des appuis &#224; gauche.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Globalement, la droite recueille les deux tiers des votes, et la gauche, un tiers. Mais c'&#233;tait d&#233;j&#224; le cas en 2003. Au-del&#224; des mouvements dans la r&#233;partition des si&#232;ges, l'&#233;quilibre id&#233;ologique de la soci&#233;t&#233; n'a pas fonci&#232;rement chang&#233; en quatre ans.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Les positions id&#233;ologiques des partis&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour enrichir l'analyse, il faut examiner de plus pr&#232;s les raisons qui ont conduit les &#233;lecteurs &#224; se comporter comme ils l'ont fait. Les deux faits d&#233;terminants de la campagne sont l'effondrement &#233;lectoral des lib&#233;raux et l'&#233;chec cuisant d'Andr&#233; Boisclair &#224; relancer son parti apr&#232;s la d&#233;b&#226;cle de 2003. Le PQ avait perdu un demi-million de votes en 2003.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les lib&#233;raux ont termin&#233; troisi&#232;mes chez les francophones et perdu de nombreux votes chez les non-francophones, notamment au profit du Parti vert. L'insatisfaction de la population &#224; l'endroit de ce gouvernement &#233;tait manifeste. Quant &#224; Andr&#233; Boisclair, son inexp&#233;rience, son manque de jugement, le sketch Brokeback Mountain, sa consommation de coca&#239;ne lorsqu'il &#233;tait ministre, son incapacit&#233; &#224; recruter l'&#233;quipe de r&#234;ve qu'il avait promise et son ambigu&#239;t&#233; quant au programme du parti, notamment en ce qui a trait &#224; la tenue d'un r&#233;f&#233;rendum, ont min&#233; sa capacit&#233; de convaincre les &#233;lecteurs perdus en 2003 de revenir au bercail en 2007. Les jeunes qui l'avaient appuy&#233; pendant la course au leadership se sont volatilis&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mario Dumont a profit&#233; de la conjoncture. Pour y arriver, il a toutefois d&#251; ajuster consid&#233;rablement son discours. Aux &#233;lections de 2003, la popularit&#233; de son parti atteignait les 40 % dans les sondages quelques mois avant le vote. Il a finalement r&#233;colt&#233; 18 % des suffrages. Le d&#233;gonflement de l'appui ad&#233;quiste a &#233;t&#233; le fait saillant de cette campagne. Les &#233;lecteurs avaient rejet&#233; l'approche conservatrice de l'ADQ pour lui pr&#233;f&#233;rer celle des lib&#233;raux qui avaient men&#233; leur campagne en promettant de r&#233;investir dans la sant&#233; et en brandissant les valeurs sociales lib&#233;rales collig&#233;es dans un livre par le d&#233;funt Claude Ryan.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quatre ans plus tard, le programme ad&#233;quiste a &#233;t&#233; passablement recentr&#233;. Si le parti proposait l'abolition des commissions scolaires, il ne proposait plus la privatisation du financement des &#233;coles par des bons d'&#233;tudes. Il avait abandonn&#233; l'id&#233;e du taux unique d'imposition. Son programme comportait m&#234;me des r&#233;investissements publics pour la culture et pour l'&#233;ducation. Il s'engageait &#224; ne pas augmenter les imp&#244;ts, mais pas &#224; les diminuer. L'ADQ de 2007 demeurait populiste mais &#233;tait revenue du conservatisme primaire. Il y avait moins de risques &#224; voter pour lui.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'identit&#233; et la question nationale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En 2003, Mario Dumont avait donn&#233; l'impression d'abandonner le combat national des Qu&#233;b&#233;cois. Il avait prononc&#233; un discours &#224; Toronto dans lequel il se mettait &#224; genoux devant le reste du pays, promettant de mettre fin &#224; l'&#232;re des sempiternelles revendications du Qu&#233;bec. Tous l'avaient vu, photographi&#233; devant un immense drapeau du Canada en faisant des clins d'oeil aux pontes de Bay Street.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Entre les deux &#233;lections, Mario Dumont a chang&#233; son fusil d'&#233;paule. Son programme pr&#244;nait d&#233;sormais formellement la cr&#233;ation de l'&#201;tat autonome du Qu&#233;bec au sein de la f&#233;d&#233;ration canadienne. Le statut propos&#233; est une quasi-souverainet&#233;, le si&#232;ge &#224; l'ONU en moins. Et encore !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Plusieurs d&#233;put&#233;s ad&#233;quistes ne cachent d'ailleurs pas le maintien de leur appui &#224; l'id&#233;e de la souverainet&#233; du Qu&#233;bec. La controverse sur les accommodements raisonnables a contribu&#233; &#224; consolider la position de Mario Dumont comme le d&#233;fenseur de la soci&#233;t&#233; distincte francophone non seulement contre Ottawa mais contre les int&#233;gristes islamistes. Le tout en &#233;vitant un r&#233;f&#233;rendum &#224; court terme. [...]&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Michel Venne, Directeur g&#233;n&#233;ral de l'Institut du Nouveau Monde (INM)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;a href=&quot;http://www.ledevoir.com/2007/11/14/164343.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;source&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Vous avez dit : la&#239;cit&#233;</title>
		<link>http://www.vigile.net/Vous-avez-dit-laicite</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/Vous-avez-dit-laicite</guid>
		<dc:date>2007-10-04T18:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Pierre Langeron - Le Devoir (opinions)</dc:creator>
		


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		<description>La la&#239;cit&#233; fran&#231;aise est donc le fruit d'un &#233;quilibre instable entre deux exigences : l'une est individuelle, celle du croyant, et l'autre collective, celle de l'ordre public. Les juridictions supr&#234;mes s'emploient &#224; les concilier, la libert&#233; &#233;tant la r&#232;gle et la (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Canada en g&#233;n&#233;ral et le Qu&#233;bec en particulier sont aujourd'hui amen&#233;s &#224; r&#233;fl&#233;chir de mani&#232;re nouvelle &#224; la place de la religion dans une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique. Ce d&#233;bat a lieu dans bien d'autres pays, mais il prend ici une dimension originale et symbolique, car il s'inscrit dans un mod&#232;le de diversit&#233; et de multiculturalisme qui force l'admiration de beaucoup et pr&#233;figure peut-&#234;tre les &#201;tats mondialis&#233;s en gestation. &#192; ce titre, il justifie l'int&#233;r&#234;t qu'on lui porte de plus en plus &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Des affaires r&#233;centes et largement m&#233;diatis&#233;es sur les &#171; accommodements raisonnables &#187; en mati&#232;re religieuse ont donn&#233; &#224; ce d&#233;bat une intensit&#233; particuli&#232;re au Qu&#233;bec, au point o&#249; une commission sp&#233;ciale a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e en f&#233;vrier dernier sur ce sujet, pr&#233;sid&#233;e par les professeurs G&#233;rard Bouchard et Charles Taylor. Son travail s'inscrit dans un environnement riche en opinions contrast&#233;es, en id&#233;es disput&#233;es, en th&#233;ories invoqu&#233;es. Juriste fran&#231;ais en s&#233;jour de recherche &#224; l'Universit&#233; de Montr&#233;al cet &#233;t&#233;, j'ai constat&#233; que la la&#239;cit&#233; &#224; la fran&#231;aise &#233;tait assez souvent invoqu&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est toujours d&#233;licat de faire circuler des mod&#232;les juridiques, car le droit est le reflet d'une soci&#233;t&#233; donn&#233;e, dans un contexte particulier. Il conviendrait mieux de parler d'exp&#233;riences propres &#224; chaque peuple, que la mondialisation croissante ne saurait uniformiser. Dans cette perspective, l'exp&#233;rience fran&#231;aise offre &#233;ventuellement quelques pistes de r&#233;flexion. Aussi peut-il &#234;tre utile d'en rappeler les grandes lignes et d'en esquisser la complexit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Une la&#239;cit&#233;, plusieurs angles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D&#233;finir la la&#239;cit&#233; &#224; la fran&#231;aise est oeuvre presque impossible. Les analyses doctrinales sont nombreuses depuis un si&#232;cle, mais les angles de vue sont aussi vari&#233;s que leurs auteurs. Le retour du religieux et certaines de ses manifestations comme le c&#233;l&#232;bre &#171; foulard islamique &#187; ont acc&#233;l&#233;r&#233; cette production intellectuelle, souvent de haut niveau, d'o&#249; une profusion d'analyses qui se compl&#232;tent sans pouvoir pr&#233;tendre &#224; l'exclusivit&#233;. Plus modestement, un bref regard sur les faits bruts aidera chacun &#224; former son propre jugement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; La France est une R&#233;publique indivisible, la&#239;que, d&#233;mocratique et sociale &#187; : cette proclamation figure depuis 1946 au fronton de notre Constitution. L'ordre des qualificatifs n'est pas indiff&#233;rent : la la&#239;cit&#233; pr&#233;c&#232;de la d&#233;mocratie, comme s'il ne pouvait y avoir en France de d&#233;mocratie v&#233;ritable que la&#239;que. Une telle insistance manifeste un choix politique fort et s'explique par une histoire singuli&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pendant des si&#232;cles en effet, la France a connu la monarchie de droit divin, qui refusait le pluralisme religieux comme la plupart des &#201;tats europ&#233;ens. Deux pouvoirs s'&#233;taient affront&#233;s, l'un spirituel mais devenu national (&#171; gallican &#187;), et l'autre temporel, en marche vers l'absolutisme, de sorte que le second n'a pu se d&#233;ployer que par l'affaiblissement du premier. Il y a peu, il semblait encore &#224; certains que la France ne pouvait &#234;tre vraiment r&#233;publicaine et souveraine qu'en excluant la religion de la sph&#232;re publique, comme si la rivalit&#233; demeurait latente et dangereuse.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout au long du XIXe si&#232;cle, la religion fut instrumentalis&#233;e par le pouvoir d'&#201;tat. &#171; Mes &#233;v&#234;ques, mes pr&#233;fets &#187;, disait Napol&#233;on. Quatre cultes &#233;taient &#171; reconnus &#187;, c'est-&#224;-dire dot&#233;s d'un statut public avantageux mais tr&#232;s contraignant, qui permit par exemple &#224; des gouvernements de la IIIe R&#233;publique de nommer des &#233;v&#234;ques... francs-ma&#231;ons ! Mais la vieille rivalit&#233; des deux pouvoirs se r&#233;veilla, prenant vite un tour pol&#233;mique et parfois violent, d'un c&#244;t&#233; comme de l'autre, au point o&#249; la s&#233;paration devint in&#233;vitable.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La loi du 9 d&#233;cembre 1905 constitue la pierre angulaire de la la&#239;cit&#233; fran&#231;aise, m&#234;me si le terme n'y figure pas. Elle consacre en effet la &#171; s&#233;paration des &#201;glises et de l'&#201;tat &#187;, d'abord en &#233;tablissant la libert&#233; de conscience et son corollaire, la libert&#233; des cultes, ensuite en pr&#233;cisant que la R&#233;publique ne &#171; reconna&#238;t &#187; plus aucun culte et s'interdit &#224; l'avenir d'en salarier ou d'en subventionner aucun. La la&#239;cit&#233; est ainsi &#233;tablie depuis un si&#232;cle : la R&#233;publique n'a plus de lien avec les religions ; les religions sont lib&#233;r&#233;es de toute intervention publique et soumises aux r&#232;gles communes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Neutralit&#233; de l'&#201;tat, pas de la soci&#233;t&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cette la&#239;cit&#233; fait-elle de la religion une affaire strictement priv&#233;e, confin&#233;e dans la sph&#232;re domestique ? Pour le courant dit la&#239;ciste, r&#233;duit aujourd'hui &#224; quelques id&#233;ologues habilement m&#233;diatis&#233;s, la religion doit &#234;tre exclue de la sph&#232;re publique : non seulement l'&#201;tat doit &#234;tre &#171; ath&#233;e &#187;, sans religion, mais la soci&#233;t&#233; devrait le devenir aussi. Cet id&#233;al fut peut-&#234;tre un vecteur de la modernit&#233;, mais il est aujourd'hui bien d&#233;pass&#233;, car la postmodernit&#233; se caract&#233;rise au contraire par un fort retour du religieux. Ce la&#239;cisme th&#233;orique a fort peu marqu&#233; la r&#233;alit&#233; fran&#231;aise. Parmi les rares illustrations : l'enseignement public primaire, qui ne peut &#234;tre assur&#233; que par un personnel la&#239;que, ou encore les subventions publiques, autoris&#233;es pour toutes les activit&#233;s collectives, sauf les activit&#233;s cultuelles.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour l'essentiel, la la&#239;cit&#233; fran&#231;aise est la libert&#233; religieuse dans un &#201;tat neutre. Mais pour &#234;tre effective, cette neutralit&#233; de l'&#201;tat doit se manifester clairement dans ses organes et ses agents. Cette exigence est tr&#232;s forte en France. Elle conduit &#224; exclure de tous les lieux publics les r&#233;f&#233;rences ou signes religieux (sauf s'ils sont historiques). Quant aux agents, s'ils gardent leur libert&#233; de conscience, ils ne doivent en aucun cas la manifester &#224; l'occasion de leur service : hier, les petites croix ou m&#233;dailles accroch&#233;es au cou &#233;taient motifs de sanction. De m&#234;me aujourd'hui, le port du &#171; foulard islamique &#187; est interdit pendant le service. Le principe d'&#233;galit&#233; r&#233;publicaine pr&#233;vaut sur la libert&#233; individuelle ; c'est peut-&#234;tre un &#233;l&#233;ment de l'&#171; exception fran&#231;aise &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si l'&#201;tat est neutre, la soci&#233;t&#233; ne l'est &#233;videmment pas. Les religions sont libres dans leur foi, leur culte et leur fonctionnement. Elles peuvent aussi cr&#233;er librement des oeuvres ; celles-ci b&#233;n&#233;ficieront m&#234;me d'aides publiques substantielles si elles remplissent les m&#234;mes conditions objectives que les oeuvres publiques comparables ; c'est par exemple le cas de la plupart des &#233;tablissements confessionnels d'enseignement, qui b&#233;n&#233;ficient de subventions repr&#233;sentant pr&#232;s des deux tiers de leurs ressources. De m&#234;me, les religions sont des acteurs &#224; part enti&#232;re de la soci&#233;t&#233; civile : leurs repr&#233;sentants sont r&#233;guli&#232;rement re&#231;us par le pr&#233;sident de la R&#233;publique ; ils sont entendus par des commissions parlementaires ; ils interviennent dans les m&#233;dias ; ils exercent un lobbying ordinaire au sein d'une d&#233;mocratie pluraliste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La neutralit&#233; n'implique pas seulement l'abstention, elle exige parfois une action positive. Ainsi, les auteurs m&#234;mes de la loi de 1905 ont organis&#233; sur fonds publics des services d'aum&#244;nerie pour les lyc&#233;es et les h&#244;pitaux publics, l'arm&#233;e et les prisons, afin que les contraintes subies du fait de l'&#201;tat ne fassent pas obstacle &#224; l'exercice de la libert&#233; de conscience. De m&#234;me, la t&#233;l&#233;vision publique r&#233;serve aux principales religions les &#233;missions du dimanche matin.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Quelques d&#233;rives&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais comme toutes les autres libert&#233;s, la libert&#233; religieuse n'est pas absolue ; elle a par exemple connu certaines d&#233;rives sectaires conduisant &#224; des suicides collectifs ou &#224; des fraudes fiscales. Une conviction religieuse, m&#234;me sinc&#232;re, ne peut l&#233;gitimer l'absence de limites. Dans notre tradition h&#233;rit&#233;e du droit romain, il existe un ordre public &#233;tabli par la loi, c'est-&#224;-dire le peuple souverain. D&#233;j&#224;, la D&#233;claration de 1789, qui proclamait de nombreux droits et libert&#233;s, martelait aussi que leur exercice n'&#233;tait possible en soci&#233;t&#233; que dans les conditions d&#233;finies par la loi et dans le respect des droits d'autrui. La loi de 1905 a inscrit la libert&#233; religieuse dans le m&#234;me rapport de l'individu &#224; la soci&#233;t&#233; : il existe un encadrement objectif de la libert&#233; qui d&#233;passe les seules volont&#233;s individuelles.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La la&#239;cit&#233; fran&#231;aise est donc le fruit d'un &#233;quilibre instable entre deux exigences : l'une est individuelle, celle du croyant, et l'autre collective, celle de l'ordre public. Les juridictions supr&#234;mes s'emploient &#224; les concilier, la libert&#233; &#233;tant la r&#232;gle et la restriction l'exception. Au-dessus d'elles, la Cour europ&#233;enne des droits de l'homme, pourtant plus proche de la tradition anglo-saxonne, n'h&#233;site pas &#224; l&#233;gitimer des limitations r&#233;pondant aux &#171; n&#233;cessit&#233;s d'une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique, de la s&#233;curit&#233; publique, de la protection de l'ordre, de la sant&#233; ou de la morale publiques, ou la protection des droits et libert&#233;s d'autrui &#187;. Enfin, et parce que l'&#233;tendue de la libert&#233; et l'appr&#233;ciation des limites concernent de mani&#232;re &#233;gale minorit&#233;s et majorit&#233;, elles n'entra&#238;nent aucune discrimination.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La r&#233;alit&#233; des faits est toutefois plus complexe que la clart&#233; des concepts. Pour des raisons diverses, historiques ou politiques, les principes de la la&#239;cit&#233; s'accommodent de notables exceptions. Ainsi, presque toutes les &#233;glises catholiques appartiennent &#224; l'&#201;tat ou aux communes, qui les entretiennent sur fonds publics. De m&#234;me, la cat&#233;ch&#232;se religieuse est possible dans les &#233;tablissements publics d'enseignement, &#224; certaines conditions. Quatre cultes sont des administrations publiques en Alsace-Moselle. Depuis des d&#233;cennies, le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur a la charge officielle des cultes ; il a m&#234;me &#233;t&#233; le principal acteur de l'organisation du culte musulman en France ! Autre surprise : la seule c&#233;r&#233;monie officielle pour les obs&#232;ques des pr&#233;sidents de la R&#233;publique d&#233;funts (m&#234;me Fran&#231;ois Mitterrand) est une messe solennelle &#224; Notre-Dame de Paris...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;De la France au Qu&#233;bec&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Faut-il conclure que la la&#239;cit&#233; fran&#231;aise peut inspirer la r&#233;flexion au Qu&#233;bec ? Comparaison n'est pas raison. La France a fait le choix mill&#233;naire d'une unification progressive des diff&#233;rences autour d'une identit&#233; nationale ; les libert&#233;s s'y exercent largement, mais dans les limites de cet id&#233;al collectif. Aussi est-il impensable que la loi religieuse pr&#233;vale toujours sur la loi civile, par exemple en mati&#232;re de mariage, d'identification des personnes pour des actes officiels ou d'interdictions p&#233;nales, sauf &#224; faire le lit des fondamentalismes et des communautarismes qui menacent d&#233;j&#224; son identit&#233; profonde. L'interdiction r&#233;cente des tenues ou signes religieux dans les &#233;coles publiques en est une illustration c&#233;l&#232;bre : les accommodements longtemps accord&#233;s ont fini par enflammer la pol&#233;mique, qui a disparu comme par enchantement d&#232;s la limite pos&#233;e, et aucune juridiction n'a sanctionn&#233; cette limitation dans la manifestation des choix religieux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'identit&#233; du Qu&#233;bec est diff&#233;rente, de m&#234;me que son projet collectif et sa tradition juridique. Une nation qui avance est comme un enfant qui grandit : il change, mais il reste lui-m&#234;me. Hier ou avant-hier, au nom de la modernit&#233;, nous avons cherch&#233; &#224; lib&#233;rer nos soci&#233;t&#233;s d'une trop forte emprise des religions. Si la loi de Dieu, &#224; nouveau, ne devait plus rencontrer les limites qu'une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique est fond&#233;e &#224; se donner, le r&#233;sultat serait vraiment paradoxal pour deux pays qui ont clairement fait le choix contraire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pierre Langeron, Ma&#238;tre de conf&#233;rences &#224; l'Institut d'&#233;tudes politiques d'Aix-en-Provence et membre de l'Observatoire du religieux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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