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	<title>Vigile.net - Vigile Plus (Langue)</title>
	<link>http://www.vigile.net/+-Grands-textes-Langue-+</link>
	<description>Le portail ind&#233;pendantiste du Qu&#233;bec</description>
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		<title>Vigile.net</title>
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	<item>
		<title>Le qu&#233;b&#233;cois est trop compliqu&#233; pour les Fran&#231;ais</title>
		<link>http://www.cyberpresse.ca/opinions/chroniqueurs/stephane-laporte/200902/08/01-825257-le-quebecois-est-trop-complique-pour-les-francais.php</link>
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		<dc:date>2009-02-08T13:26:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>St&#233;phane Laporte - www.cyberpresse.ca</dc:creator>
		


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		<description>Vous avez beau &#234;tre &#233;duqu&#233;s et couverts de dipl&#244;mes, ne parle pas qu&#233;b&#233;cois qui veut. Cessez d'&#234;tre guid&#233;s par votre condescendance &#224; notre &#233;gard. Vous n'&#234;tes plus la m&#232;re patrie. Vous &#234;tes la m&#232;re partie. L'enfant s'est d&#233;brouill&#233; tout seul. Et cela a donn&#233; ce que cela (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fran&#231;ais, Fran&#231;aises, lisez ceci. S&#233;rieusement. Je sais que ce n'est pas facile pour vous de prendre un Qu&#233;b&#233;cois au s&#233;rieux. Les Qu&#233;b&#233;cois vous font rire. Vous nous trouvez marrants avec notre accent. Et nos expressions truculentes. On est des Ch'tis version extr&#234;me. Des Och'tis !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ah ! Vous nous aimez bien ! Mais avec un petit sourire en coin. Comme on aime un cousin qui vient de loin. Qui vient de creux. Comme on aime un innocent. Comme Rose-Anna aimait Ti-Coune.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quand Barack Obama ira visiter votre S&#233;nat, un d&#233;put&#233; le recevra-t-il en utilisant une expression typiquement am&#233;ricaine : &#171; What the fuck, Mister President ? &#187; S&#251;rement pas. Alors pourquoi avoir demand&#233; &#224; Charest s'il avait la plotte &#224; terre ? Vous qui vous drapez dans le d&#233;corum et les formules de politesse, vous qui &#234;tes si distingu&#233;s habituellement, pourquoi en pr&#233;sence d'un Qu&#233;b&#233;cois, f&#251;t-il m&#234;me le premier ministre, vous rel&#226;chez-vous comme si vous aviez d&#233;j&#224; gard&#233; des cochons ensemble ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le d&#233;put&#233; Lasbordes a expliqu&#233; sa familiarit&#233; en disant que c'est un ami qu&#233;b&#233;cois qui lui a sugg&#233;r&#233; d'aborder notre PM ainsi. Que &#231;a mettrait l'indig&#232;ne &#224; l'aise. N'importe quoi. Si un ami fran&#231;ais d'Andr&#233; Arthur lui propose de saluer le pr&#233;sident fran&#231;ais, &#224; sa prochaine visite &#224; la Chambre des communes, en lui lan&#231;ant : &#171; Comment va le connard &#224; Carla ? &#187;, Arthur risque d'avoir assez de discernement pour juger que ce n'est pas une bonne id&#233;e. Alors comment se fait-il que des &#234;tres aussi cultiv&#233;s et &#233;loquents que vous se permettent de tels impairs ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.ledevoir.com/2009/02/07/232210.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Parce que vous ne comprenez pas le qu&#233;b&#233;cois&lt;/a&gt;. Pour vous, le qu&#233;b&#233;cois est un langage de clowns. Toutes nos expressions sont des farces. Du Ding et Dong ! Eh bien non ! Tabarnak, ostie, collis, ce n'est pas dr&#244;le. Ce ne sont pas des expressions folichonnes. On les dit quand on est choqu&#233;. Insult&#233;, bless&#233;, enrag&#233;. Il ne faut pas s'en servir hors contexte. On ne dit pas : &#171; Vous &#234;tes belle, ma tabernak ! &#187; Ce n'est pas d&#233;licat. Je sais, &#231;a vous amuse. Parce que pour vous ces mots sont rustiques. Presque bucoliques. Ils sentent le bois et le fromage Oka. Tant mieux pour vous. Mais puisqu'ils nous appartiennent, puisqu'ils sont n&#244;tres, vous devez respecter le sens qu'ils ont pour nous. Et vous en servir &#224; bon escient.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai d&#233;j&#224; lu dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, un tr&#232;s bon journal &#233;crit par des journalistes tr&#232;s song&#233;s : &#171; Le chanteur tabernacle Roch Voisine &#187;. C'est quoi, &#231;a ? Le chanteur tabernacle ? Le critique voulait faire du style ? Le critique voulait faire qu&#233;b&#233;cois ? Faire cabane au Canada ? Ben qu'il le fasse comme du monde. &#192; la limite, il aurait pu &#233;crire : &#171; Roch Voisine, le chanteur qui pla&#238;t aux pitounes. &#187; Voil&#224; pour le c&#244;t&#233; b&#251;cheron. Mais le tabernacle ne doit pas servir &#224; toutes les sauces. Est-ce que dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Devoir&lt;/i&gt;, Sylvain Cormier &#233;crirait : &#171; Le chanteur &#224; la con, Johnny Halliday... &#187; ? Juste pour faire fran&#231;ais. Juste pour faire parigot. Ben non !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Quand on veut se servir des expressions de gens venus d'ailleurs, il faut les comprendre. Or le qu&#233;b&#233;cois ne s'apprend pas chez Berlitz en deux semaines, c'est trop complexe. Il y a trop de nuances. Se paqueter la fraise, &#231;a veut dire se saouler. Mais paqueter ses p'tits, &#231;a ne veut pas dire saouler ses enfants, &#231;a veut dire s'en aller. Avoir un ostie de char, c'est conduire un citron. Mais avoir un char qui roule en ostie, c'est avoir une caisse d'enfer. Avoir la plotte &#224; terre ne fait pas r&#233;f&#233;rence &#224; une pelote de laine d&#233;roul&#233;e. Ce n'est pas &#234;tre au bout du rouleau. &#202;tre au coton. C'est beaucoup moins subtil. C'est plus con, c'est le cas de dire. Bref, embarquez-vous pas l&#224;-dedans. Le qu&#233;b&#233;cois est une langue trop explosive pour s'en servir impun&#233;ment.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vous avez beau &#234;tre &#233;duqu&#233;s et couverts de dipl&#244;mes, ne parle pas qu&#233;b&#233;cois qui veut. Cessez d'&#234;tre guid&#233;s par votre condescendance &#224; notre &#233;gard. Vous n'&#234;tes plus la m&#232;re patrie. Vous &#234;tes la m&#232;re partie. L'enfant s'est d&#233;brouill&#233; tout seul. Et cela a donn&#233; ce que cela a donn&#233;. Sarkozy n'a pas &#224; savonner les souverainistes qu&#233;b&#233;cois, pas plus que de Gaulle n'avait &#224; les encenser. Nous ne sommes plus la Nouvelle-France. Nous sommes le Qu&#233;bec ou le Canada ou l'Am&#233;rique. On ne le sait pas trop, mais c'est de nos affaires. Daniel Johnson p&#232;re ne disait pas au G&#233;n&#233;ral quoi faire avec l'Alg&#233;rie. Jean Charest ne dit pas &#224; Sarkozy quoi faire avec les sans-papiers. Nos b&#233;belles, ce sont nos b&#233;belles. Votre truc, c'est votre truc. Respect, les mecs !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De toute fa&#231;on, au rythme o&#249; vont les choses, un jour ou l'autre, c'est certain, on va le gagner, votre respect. Vous ne vous moquerez plus de notre accent. Vous ne d&#233;tournerez plus nos expressions pour faire rire la galerie. Vous nous comprendrez enfin. Vous nous traiterez avec tous les &#233;gards. Et ce jour est pour bient&#244;t. C'est le jour o&#249; tous les Qu&#233;b&#233;cois parleront anglais. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;A few days after, it will be your turn&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour joindre notre chroniqueur : stephane@stephanelaporte.com&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>La Francophonie doit r&#233;affirmer son engagement pour le plurilinguisme</title>
		<link>http://www.ledevoir.com/2008/09/16/205775.html</link>
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		<dc:date>2008-09-16T14:02:03Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Christian Rioux - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>Paris &#8212; &#192; un mois du sommet de la Francophonie qui se tiendra &#224; Qu&#233;bec du 17 au 19 octobre, le pr&#233;sident du R&#233;seau international des chaires Senghor de la Francophonie, l'universitaire Michel Guillou, estime que la France et la Francophonie doivent r&#233;it&#233;rer leur soutien au (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Paris &#8212; &#192; un mois du sommet de la Francophonie qui se tiendra &#224; Qu&#233;bec du 17 au 19 octobre, le pr&#233;sident du R&#233;seau international des chaires Senghor de la Francophonie, l'universitaire Michel Guillou, estime que la France et la Francophonie doivent r&#233;it&#233;rer leur soutien au plurilinguisme. Pour ce professeur de l'Universit&#233; de Lyon depuis longtemps actif dans la Francophonie, le sommet de Qu&#233;bec doit r&#233;affirmer qu'il ne saurait y avoir qu'une seule langue internationale &#171; comme on semble le croire dans certains milieux &#187;, dit-il.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Michel Guillou s'en prend particuli&#232;rement aux d&#233;clarations r&#233;centes du ministre fran&#231;ais de l'&#201;ducation, Xavier Darcos, qui a souhait&#233; que tous les dipl&#244;m&#233;s des lyc&#233;es (&#233;quivalents des c&#233;geps qu&#233;b&#233;cois) soient bilingues et qui a d&#233;cr&#233;t&#233; la g&#233;n&#233;ralisation des stages intensifs d'anglais uniquement. Selon Guillou, le ministre est &#171; en retard d'un combat puisque nous ne nous dirigeons pas vers un monde bilingue, mais multilingue. Ce serait une grave erreur de mettre tous nos oeufs dans le m&#234;me panier, celui de l'anglais &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'ancien recteur de l'Agence universitaire de la Francophonie (autrefois appel&#233;e Aupelf-Uref) s'adresse directement &#224; Nicolas Sarkozy dans une lettre pour lui demander de tout faire afin que le prochain sommet de la Francophonie prenne les mesures pour &#171; convaincre les Fran&#231;ais, et ce, contre les &#233;lites qui vont jusqu'&#224; refuser d'utiliser le fran&#231;ais, qu'il est irresponsable et suicidaire de sacrifier la langue fran&#231;aise sur l'autel de l'anglais, car le XXIe si&#232;cle sera plurilingue &#224; l'&#233;chelle internationale &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Selon M. Guillou, il ne s'agit pas de s'opposer &#224; l'anglais au nom d'une guerre pass&#233;e. Selon lui, il est loin d'&#234;tre &#233;vident que l'anglais pourra maintenir son statut actuel dans les ann&#233;es qui viennent. &#171; Certes, l'anglais demeurera une langue internationale, mais qui devra affronter la concurrence de plus en plus vive de l'espagnol, de l'arabe, du chinois, du portugais et m&#234;me du russe. Il serait donc irresponsable de ne former que des &#233;tudiants bilingues fran&#231;ais-anglais alors que se profile &#224; l'horizon un environnement multilingue. Sans compter qu'il y a une place pour le fran&#231;ais dans ce contexte. &#187; Guillou rappelle que d&#232;s 2010, le chinois sera enseign&#233; dans plus de 1000 instituts Confucius r&#233;partis dans le monde entier.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'administrateur et num&#233;ro 2 de l'Organisation internationale de la Francophonie, le Qu&#233;b&#233;cois Cl&#233;ment Duhaime, confirme que &#171; la Francophonie d&#233;fend le multilinguisme &#187;, tout comme l'Union europ&#233;enne. Si le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral des Nations unies, Ban Ki-moon, a nomm&#233; un commissaire au multilinguisme, c'est en partie gr&#226;ce &#224; l'action du groupe d'ambassadeurs francophones &#224; New York. &#171; Si nous n'avions pas relanc&#233; en permanence ce d&#233;bat avec les autres repr&#233;sentants des grandes langues parl&#233;es &#224; l'ONU, il ne se serait rien pass&#233;. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Michel Guillou rejoint les inqui&#233;tudes r&#233;cemment exprim&#233;es dans Le Devoir par le linguiste Claude Hag&#232;ge qui estimait, contrairement &#224; ce que laissent penser les d&#233;clarations de Xavier Darcos, que tous les &#233;tudiants europ&#233;ens devaient apprendre au moins deux langues secondes. Selon M. Guillou, le sommet de Qu&#233;bec devrait &#171; r&#233;it&#233;rer cet engagement clairement &#187;. Sa lettre adress&#233;e &#224; Nicolas Sarkozy est aussi sign&#233;e par un groupe de hauts fonctionnaires, d'universitaires et d'&#233;lus oeuvrant dans les domaines de la coop&#233;ration et de la Francophonie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Correspondant du Devoir &#224; Paris&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

		</content:encoded>
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	</item>



	<item>
		<title>Amarr&#233;, prenant l'eau, le bateau coule</title>
		<link>http://www.vigile.net/Amarre-prenant-l-eau-le-bateau</link>
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		<dc:date>2008-06-28T13:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Fernand Couturier - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Si la nation qu&#233;b&#233;coise fran&#231;aise avait pr&#233;sent&#233; un &#233;tat de sant&#233; nationale normale et plus alerte, jamais le Rapport Bouchard-Taylor n'aurait vu le jour. Prendre acte. Maintenant qu'il est l&#224;, laisserons-nous triompher son interculturalisme d&#233;sint&#233;grateur (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Depuis la parution du Rapport de la Commission Bouchard-Taylor, le premier
des commissaires dans l'ordre alphab&#233;tique a &#233;t&#233; nomm&#233;ment rabrou&#233;,
copieusement flingu&#233; de critiques sifflant de toutes parts. Alors que
l'autre commissaire se tient &#224; l'&#233;cart comme une v&#233;n&#233;rable ic&#244;ne intouch&#233;e.
Il doit bien y avoir des raisons &#224; cela. Comme celle-ci, par exemple,
formul&#233;e par la fondation Inamori lui accordant le prestigieux prix Kyoto,
et reprise ce 20 juin dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Soleil&lt;/i&gt; : Charles Taylor aurait mis au point
une &#171; philosophie &#233;clair&#233;e qui permet aux gens de traditions et de cultures
diff&#233;rentes de pr&#233;server leur identit&#233; tout en coexistant pacifiquement. &#187;
Philosophie universellement valable ? Convenant &#224; toute situation nationale ?
Il faut voir. Pour ma part, je m'en tiendrai &#224; la seule litt&#233;rature de la
Commission. Je mentionnerai le Document de consultation (DC), la version
int&#233;grale du Rapport (RI) et sa version abr&#233;g&#233;e (RA).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par ailleurs, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Devoir&lt;/i&gt; du 10 juin publiait : &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Le-debat-prend-une-tournure&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;&#171; G&#233;rard Bouchard r&#233;plique &#224;
ses d&#233;tracteurs. &#187;&lt;/a&gt; Ce texte transpirant la d&#233;ception, l'inqui&#233;tude et la
morosit&#233; tente de ramasser la situation ainsi : &#171; En d&#233;finitive, la question
fondamentale qui se pose est la suivante : si on rejette
l'interculturalisme comme mod&#232;le de gestion des rapports interethniques au
Qu&#233;bec, quelle formule d&#233;mocratique reste-t-il pour assurer &#224; la fois
l'avenir de la francophonie qu&#233;b&#233;coise et le respect de la diversit&#233; ? O&#249;
sont les contre-propositions r&#233;alistes et acceptables au regard du droit,
de l'&#233;thique publique et de nos traditions ? &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi l'auteur invite &#224; poursuivre le d&#233;bat. Je vais tenter d'esquisser
des &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse &#224; ses questions. Le plus bri&#232;vement possible. Il ne
faudrait pas qu'il s'inqui&#232;te s'il per&#231;oit dans mes propos un d&#233;saccord
profond avec les siens et la philosophie de Charles Taylor qui transpire
dans le Rapport.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'abord, pour d&#233;marquer les positions, deux tableaux. Le premier essaie de
sch&#233;matiser l'architecture conceptuelle du Rapport de la Commission en
s'inspirant du texte m&#234;me. Et le second pr&#233;sentera l'articulation de ce qui
pourrait &#234;tre une contre-proposition.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;1. Premier tableau.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;a. &#192; l'avant-plan, il y a la nation civique. D&#233;j&#224; le Document de
consultation, &#224; la page 43, en donnait une d&#233;finition : &#171; Mod&#232;le de soci&#233;t&#233;
qui fonde la vie collective sur les droits en rel&#233;guant &#224; l'arri&#232;re-plan la
dynamique identitaire et tout ce qui se rapporte &#224; l'identit&#233; (sentiment
d'appartenance, m&#233;moire collective, mythes nationaux&#8230; &#187;. On trouve ici, en
clair, les plans constitutifs du tableau. Et le Rapport int&#233;gral, page 288,
dit de la nation civique : &#171; Conception de la nation qui fonde son unit&#233;
uniquement sur des principes, des droits et des normes civiques plut&#244;t que
sur une culture ou une ethnicit&#233;. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voil&#224; deux d&#233;finitions qui disent &#224; la fois ce qu'est la nation civique et
ce qu'elle n'est pas. Elle est le lieu des r&#232;gles d'une vie citoyenne
abstraite de la culture : structure et exigences de la d&#233;mocratie lib&#233;rale,
codes et documents d&#233;finissant lois et normes, droits et libert&#233;s, et la
langue fran&#231;aise comme langue commune ou &#171; cadre de communication et
d'&#233;changes pour la soci&#233;t&#233; &#187;. C'est &#224; ce niveau que se fonde l'unit&#233; de la
vie collective, de la soci&#233;t&#233;. Voil&#224; ce qu'est la nation civique. Et ce
qu'elle n'est pas ? C'est tout l'arri&#232;re-plan du tableau.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;b. En arri&#232;re-plan, il y a la culture et l'ethnicit&#233;. Tout ce qui se
rapporte &#224; l'identit&#233; comme le sentiment d'appartenance, la m&#233;moire
collective, les mythes nationaux, et, de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, la culture.
L'emploi fr&#233;quent de l'adjectif ethnoculturel identifie ou rapproche tr&#232;s
&#233;troitement ethnicit&#233; et culture. C'est dans cet espace que joue la
dynamique identitaire. Et cette dynamique est r&#233;gie par
l'interculturalisme. Pourquoi ? Parce qu'il y a l&#224; une multitude d'ethnies
et/ou de cultures avec lesquelles il faut composer. Ici, il faut lire la
cinqui&#232;me des onze propositions qui tentent de d&#233;finir cet
interculturalisme : &#171; Le principe des identit&#233;s multiples est reconnu, de
m&#234;me que le droit de pr&#233;server l'appartenance &#224; son groupe ethnique. &#187; (RA,
p. 43) Ainsi cet espace du tableau est peupl&#233; de groupes ethniques ou
ethnoculturels parmi lesquels se trouve le groupe ethnoculturel majoritaire
d'ascendance canadienne-fran&#231;aise. Et ce qui est vis&#233; dans la dynamique,
dans le fonctionnement interculturel, c'est l'int&#233;gration. Car, pour une
petite nation comme le Qu&#233;bec toujours pr&#233;occup&#233;e de son avenir, comme le
dit encore le Rapport, &#171; l'int&#233;gration repr&#233;sente &#8230; une condition de son
d&#233;veloppement, voire de sa survie. &#187; (RA, p.42) Int&#233;gration qui, de son
c&#244;t&#233;, s'effectue par le fran&#231;ais, langue commune de communication ou &#171; cadre
de communication et d'&#233;changes &#187; (RA p.42). Mais cette int&#233;gration, faut-il
observer, n'aurait pas pour objectif l'unit&#233; de la nation. Cette unit&#233;,
selon la d&#233;finition m&#234;me de la nation civique, ne relevant que des &#233;l&#233;ments
purement civiques tels que pr&#233;sent&#233;s ci-haut.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;c. Et pour son avenir, quel devrait &#234;tre le fonctionnement de cette
r&#233;alit&#233; nationale d&#233;coup&#233;e ? La proposition 9 sur l'interculturalisme le
r&#233;sume : &#171; Les constantes interactions entre citoyens d'origines diverses
m&#232;nent au d&#233;veloppement d'une nouvelle identit&#233; et d'une nouvelle culture.
C'est ce qui se passe au Qu&#233;bec depuis quelques d&#233;cennies, sans que cela
alt&#232;re la position culturelle du groupe majoritaire ni ne porte atteinte &#224;
la culture des groupes minoritaires. &#187; (RA p. 44) Autrement dit, une
multitude d'identit&#233;s, de groupes ethnoculturels se juxtaposent, se
croisent, se heurtent, dialoguent dans l'espace d'arri&#232;re-plan du tableau
figuratif du Rapport. Aussi c'est dans cet espace d'arri&#232;re-plan
qu'interviennent les probl&#232;mes ou exigences d'accommodements et
d'harmonisations.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D&#232;s lors on peut se demander ce qu'il advient de l'int&#233;gration recherch&#233;e.
Se r&#233;alise-t-elle dans la nouvelle identit&#233; qui est cens&#233;e se forger ? Si
c'est le cas, comment va-t-elle composer avec la multiplicit&#233; des autres
identit&#233;s qui l'entourent et qui demeurent inalt&#233;r&#233;es ? N'y a-t-il pas l&#224; au
moins une apparence de contradiction, ou un aveu implicite
d'incompossibilit&#233; ? Et n'y a-t-il pas l&#224; porte ouverte pour une
amplification des r&#233;clamations d'accommodements peu ou prou raisonnables,
mais allant plut&#244;t dans le sens d'&#233;riger des cl&#244;tures symboliques ou
r&#233;elles entre les groupes tous aussi motiv&#233;s les uns que les autres &#224;
d&#233;velopper et d&#233;fendre leur identit&#233; respective ? N'y a-t-il pas l&#224;
&#233;galement une mani&#232;re indirecte d'entretenir au Qu&#233;bec, volontairement ou
non, le mod&#232;le de soci&#233;t&#233; multiculturaliste canadien ? Mod&#232;le qu'on estime
inad&#233;quat pour la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise et que l'interculturalisme est cens&#233;
remplacer&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et maintenant, il faut lire la proposition 7 que l'ordre interculturaliste
consacre &#224; la langue : &#171; Le plurilinguisme est encourag&#233;, parall&#232;lement au
fran&#231;ais comme langue publique commune. Le d&#233;bat qui oppose la langue
identitaire &#224; la langue v&#233;hiculaire (comme simple outil de communication)
est peu f&#233;cond. Ce qui importe d'abord, c'est la diffusion la plus large
possible du fran&#231;ais, que ce soit sous une forme ou sous une autre. &#187; Le
fran&#231;ais, langue publique commune ou cadre de communication et d'&#233;changes,
assure la coh&#233;sion sociale en permettant de participer &#224; la d&#233;lib&#233;ration
publique. Il y a beaucoup &#224; dire sur cette proposition &#233;trange. Nous y
reviendrons apr&#232;s la pr&#233;sentation du deuxi&#232;me tableau. Mais, quand m&#234;me,
sugg&#233;rons tout de suite que, dans l'hypoth&#232;se o&#249; le fran&#231;ais serait
uniquement ou avant tout un simple cadre de communication, on ne voit pas
pourquoi on le privil&#233;gierait &#224; l'anglais qui, &#224; cet &#233;gard, pr&#233;vaut
universellement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;2. Deuxi&#232;me tableau.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ici, &#224; la rigueur, il n'y a pas d'avant- ni d'arri&#232;re-plan au sens spatial
des termes. Car il s'agit plut&#244;t de pr&#233;sence et de profondeur historique.
Mais le temps et l'espace &#233;tant difficilement tout &#224; fait s&#233;parables,
essayons de poursuivre en recourant &#224; la m&#234;me repr&#233;sentation picturale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;a. La nation qu&#233;b&#233;coise actuelle, dans sa concr&#233;tude et son int&#233;gralit&#233;,
occupe tout l'espace du tableau. Cet espace est celui du Qu&#233;bec concret
g&#233;ographiquement et climatiquement d&#233;termin&#233;. Espace habit&#233; par une nation
distribu&#233;e en agglom&#233;rations citadines diversifi&#233;es, en villages parsem&#233;s
dans des r&#233;gions aux visages multiples et diff&#233;renci&#233;s selon les
caract&#233;ristiques et les traits du territoire dans son ensemble. C'est la
nation telle qu'elle s'est d&#233;velopp&#233;e au fil du temps et prend place ou
appara&#238;t dans le pr&#233;sent de l'histoire. Cette nation, elle est n&#233;e et a
grandi dans la langue fran&#231;aise. C'est dans cette langue fran&#231;aise que
cette soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise s'est structur&#233;e en un monde sur le territoire du
Qu&#233;bec g&#233;ographique ; c'est dans cette langue qu'elle s'est constitu&#233; une
culture, s'est d&#233;fini un ensemble de lois, de normes r&#233;gissant la vie en
commun dont, entre autres, l'&#233;galit&#233; entre homme et femme et la la&#239;cit&#233; de
l'&#201;tat ; c'est encore en elle qu'ont &#233;t&#233; d&#233;finis et &#233;tablis les &#233;l&#233;ments
d'une structure &#233;tatique pour sa gouvernance. C'est en tout cela, dans
cette nationalit&#233; int&#233;grale et concr&#232;te que r&#233;side l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise.
Identit&#233; comprenant les Qu&#233;b&#233;cois de souche fran&#231;aise et tous ceux qui,
d'autres provenances, se sont joints &#224; eux au cours des ans pour devenir
ensemble un seul peuple qu&#233;b&#233;cois, une seule nation qu&#233;b&#233;coise, ici
pr&#233;sente.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;b. Comme on le voit, il n'y a pas de place dans cette repr&#233;sentation pour
un arri&#232;re-plan proprement dit, comme c'est le cas dans le tableau sugg&#233;r&#233;
par le Rapport. Mais il y a profondeur historique. La nation qu&#233;b&#233;coise
fran&#231;aise maintenant pr&#233;sente est une aire vitale qui tire son &#233;nergie de
sources profondes. Milieu unique pour tous les citoyens, pour tous les
Qu&#233;b&#233;cois. La nation qu&#233;b&#233;coise de langue fran&#231;aise est une r&#233;alit&#233;
concr&#232;te. Une r&#233;alit&#233; qui a son identit&#233; propre. Une r&#233;alit&#233; nationale qui
fonde et d&#233;veloppe sans cesse son identit&#233;. Cette approche, on le voit,
n'institutionnalise pas l'existence de groupes ethnoculturels ayant chacun
sa propre identit&#233;. Ce qui la diff&#233;rencie fondamentalement de la position
du Rapport. Mais la diversit&#233; est quand m&#234;me bienvenue. Elle est re&#231;ue de
multiples fa&#231;ons. En effet, les Qu&#233;b&#233;cois ne se privent pas et ne se sont
jamais priv&#233; d'aller voir ailleurs, d'aller puiser et emprunter ailleurs ;
tout comme ils ont toujours accueilli et accueillent encore ceux qui de
l'ext&#233;rieur d&#233;sirent se joindre &#224; eux et partager des ressources.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;c. Et comment cette nation qu&#233;b&#233;coise envisage-t-elle son d&#233;veloppement ?
Comment pense-t-elle pouvoir s'&#233;panouir ? Qu'entrevoit-elle comme projet
d'avenir ? Relativement &#224; la probl&#233;matique qui a donn&#233; lieu &#224; la
constitution de la Commission Bouchard-Taylor, la nation qu&#233;b&#233;coise
fran&#231;aise se veut une soci&#233;t&#233; d'accueil bienveillante pour les immigrants.
Et c'est en son sein, en son int&#233;rieur que doit avoir cours l'int&#233;gration.
L'int&#233;gration &#224; cette r&#233;alit&#233; nationale concr&#232;te prise dans son int&#233;gralit&#233;
et non pas en une partie d'elle-m&#234;me &#233;mond&#233;e, clarifi&#233;e, d&#233;gag&#233;e, purifi&#233;e
de tout accent ou dimension ethnique ou culturel. La nation qu&#233;b&#233;coise
con&#231;oit l'int&#233;gration des immigrants comme absolument n&#233;cessaire &#224; son
unit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Et de quelle int&#233;gration s'agit-il ? Processus d&#233;licat et complexe entre
tous ; mais n&#233;anmoins quelques mots pour tenter de le caract&#233;riser. En gros
traits, disons que l'int&#233;gration envisag&#233;e veut se diff&#233;rencier de
l'assimilation. Celle-ci aurait des connotations de d&#233;pouillement. Elle
signifierait pour l'immigrant une perte, un abandon de ses traits
identificateurs par contrainte ou par indiff&#233;rence. L'int&#233;gration, par
contre, rel&#232;verait pleinement de la libert&#233;. Par choix d&#233;lib&#233;r&#233; les
immigrants acceptent de participer &#224; la vie commune telle que comprise par
la soci&#233;t&#233; d'accueil. Ils acceptent de venir partager cette vie. Et il est
dans l'ordre des choses que la soci&#233;t&#233; d'accueil demande une telle
participation et un tel partage. Dans la mesure, bien s&#251;r, o&#249; les droits
proprement ou fondamentalement humains sont respect&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ceci &#233;tant, il est clair que l'immigrant ne peut transporter avec lui ce
qui le distinguait strictement comme membre d'une autre nation et qui
emp&#234;cherait l'inclusion normale (et norm&#233;e) aux mani&#232;res de vivre et d'&#234;tre
des gens chez qui il veut venir s'&#233;tablir. Un visiteur convi&#233; change-t-il
les us et coutumes de ses h&#244;tes en passant le seuil de leur maison ?
L'immigrant n'emm&#232;ne pas avec lui une autre nation, c'est-&#224;-dire qu'il ne
transporte pas dans ses bagages ce qui d&#233;finit en propre la nation dont il
est issu. Mais il est clair aussi que l'essentiel de ce qu'il est devenu
ailleurs comme humain demeure et doit &#234;tre respect&#233;. Cependant il doit
quand m&#234;me devenir assez semblable aux gens qui l'accueillent pour qu'il
puisse d&#233;velopper avec eux un v&#233;ritable sentiment d'appartenance. Sentiment
d'appartenance devant pouvoir &#234;tre partag&#233; par les membres de la soci&#233;t&#233;
d'accueil. Et celle-ci, de son c&#244;t&#233;, doit mettre en &#339;uvre les m&#233;canismes et
les services n&#233;cessaires pour qu'il y ait accueil efficace et chaleureux.
Elle doit aussi reconna&#238;tre et m&#234;me rechercher les apports positifs des
nouveaux arrivants qui lui permettent de changer, d'&#233;voluer favorablement
tout en demeurant fondamentalement elle-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais on entend une objection se formuler : Cette int&#233;gration n'est qu'un
r&#234;ve impossible, utopique. Car il y a dans la r&#233;alit&#233;, il existe de fait
des groupes ethnoculturels, des identit&#233;s multiples au sein de la soci&#233;t&#233;
qu&#233;b&#233;coise, particuli&#232;rement &#224; Montr&#233;al, groupes qui attirent d'embl&#233;e les
immigrants et &#224; qui il para&#238;t tout naturel de s'int&#233;grer. Oui, c'est vrai.
Et c'est dans notre nation les marques &#233;videntes d'une appartenance au
Canada multiculturaliste. C'est chez nous l'implantation non recherch&#233;e du
multiculturalisme canadien, mod&#232;le de soci&#233;t&#233; imprudemment entretenu par un
interculturalisme d&#233;j&#224; existant et dont le Rapport souhaiterait
l'institutionnalisation l&#233;gale ou constitutionnelle (RA, p. 45). Ce Rapport
tente de penser le devenir de la nation qu&#233;b&#233;coise en tablant sur les
vertus de l'interculturalisme qui conduit de fait au multiculturalisme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais nous proposons une autre approche pour l'avenir de notre nation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour que les nouveaux arrivants s'int&#232;grent &#224; la nation qu&#233;b&#233;coise
fran&#231;aise concr&#232;te, il faut que se fasse aussi l'int&#233;gration des personnes
impliqu&#233;es dans les regroupements ethnoculturels d&#233;j&#224; form&#233;s ou communaut&#233;s
ethniques d&#233;j&#224; existantes. Cette int&#233;gration doit se faire graduellement,
progressivement. Ces groupes doivent d'eux-m&#234;mes, en gestes libres comme le
r&#233;clame l'int&#233;gration, abandonner tout mode d'existence qui les
juxtapose, les s&#233;pare et, &#224; la limite, les ghetto&#239;se sur le
territoire du Qu&#233;bec. Mais cela n'arrivera que si la nation qu&#233;b&#233;coise
s'affirme sans &#233;quivoque dans son identit&#233; int&#233;grale. Une telle affirmation
imposera le respect. Et un message clair &#224; cet effet fera que les nouveaux
arrivants entreront d'embl&#233;e dans le processus d'int&#233;gration.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une telle affirmation est-elle possible ? Oui. Mais il faut d'abord que
tout le peuple voit la n&#233;cessit&#233; de parachever son identit&#233;, son &#234;tre de
nation, jusque dans les derni&#232;res sph&#232;res de la souverainet&#233; politique et
de gouvernance. Condition essentielle pour &#234;tre ma&#238;tre de son
d&#233;veloppement, de son avenir. Car dans les conditions pr&#233;sentes de la
Constitution canadienne, les forces adverses auront toujours gain de cause.
Mais l&#224;, dans la population qu&#233;b&#233;coise, il y a manque. L&#224;, il y a
incompr&#233;hension. L&#224;, il y a n&#233;gligence et indiff&#233;rence. L&#224;, il y a
lassitude. L&#224;, il y a aussi d&#233;mission. Que faire alors ? Pour arriver &#224; la
maturit&#233; identitaire n&#233;cessaire, il faut d'abord bien saisir les enjeux
impliqu&#233;s dans la langue commune, dans la langue fran&#231;aise. Car il semble
bien que, malgr&#233; tout, ce soit le bien auquel une grande majorit&#233; de
Qu&#233;b&#233;cois tiennent le plus. Alors, il est temps, comme annonc&#233; plus haut,
de revenir &#224; l'&#233;trange septi&#232;me proposition sur l'interculturalisme qui
traite de la langue.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On y dit, comme on la vu, que le plurilinguisme doit &#234;tre encourag&#233; en
parall&#232;le avec le fran&#231;ais comme langue commune. On y dit aussi que le
d&#233;bat opposant la langue identitaire et la langue v&#233;hiculaire est peu
f&#233;cond. Que ce qui compte, en bout de piste, c'est la diffusion la plus
grande possible du fran&#231;ais sous l'une ou l'autre de ces formes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fort bien, en apparence, Car comment se repr&#233;senter concr&#232;tement cette
division de la langue, identitaire et v&#233;hiculaire, pour pouvoir &#233;tablir des
programmes de diffusion diff&#233;rents ? Et qu'arrive-t-il si en pratique, comme
le texte du Rapport le laisse souvent entendre, on r&#233;duit la langue
fran&#231;aise &#224; sa seule dimension v&#233;hiculaire, simple instrument neutre ou
cadre de communication et d'&#233;changes ? Qu'advient-il si on ne voit pas la
port&#233;e identitaire de la langue ? Et, tout d'abord, que peut bien signifier
langue identitaire ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faut oser une tentative d'explicitation. &#192; la rigueur, langue
identitaire est un pl&#233;onasme. Parce que c'est le propre de la langue
d'identifier. En effet, c'est dans la langue qu'une chose se manifeste
comme ce qu'elle est, que son identit&#233; est d&#233;voil&#233;e. Mieux encore :
l'identit&#233; est langagi&#232;re, parce que &#234;tre, c'est &#234;tre manifeste en langage.
Po&#232;tes et philosophes ont fait cette exp&#233;rience fondamentale du langage.
Mais essayons d'&#233;lucider ceci simplement &#224; partir du langage lui-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On a souvent parl&#233; du g&#233;nie de la langue. Le &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;g&#233;nie de&lt;/i&gt;, comme expression,
peut signifier l'ensemble des caract&#232;res distinctifs qui forment la nature
propre d'une chose, d'une r&#233;alit&#233; vivante ; ensemble de caract&#233;ristiques qui
d&#233;terminent son originalit&#233;, son individualit&#233;, c'est-&#224;-dire son identit&#233;.
C'est ce que dit le dictionnaire. Ainsi, attribu&#233; &#224; langue, g&#233;nie peut
signifier les particularit&#233;s d'une langue, son identit&#233;, ce qui la
diff&#233;rencie des autres. Le g&#233;nie de la langue fran&#231;aise, par exemple, est
ce qui la distingue de l'allemand, de l'italien, de l'arabe, de l'anglais,
et ainsi de suite.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais le mot &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;g&#233;nie&lt;/i&gt; renvoie aussi &#224; gen&#232;se, production, capacit&#233; de cr&#233;er,
d'inventer. Alors g&#233;nie peut signifier le propre de la langue en g&#233;n&#233;ral,
de toute langue. Dans ce sens, la langue cr&#233;e, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;pro-duit&lt;/i&gt;, am&#232;ne en avant,
dans la manifestation, fait appara&#238;tre. Elle est gen&#232;se. Et en ce sens,
donc, elle conf&#232;re l'&#234;tre, l'&#234;tre dans ses d&#233;terminations. &#202;tre, on ne le
dira jamais assez, c'est pour quelque chose &#234;tre manifeste en ce qui le
d&#233;termine, l'individualise. Manifeste en ses &#233;l&#233;ments constitutifs, en son
individualit&#233;. En son identit&#233;. C'est ainsi qu'on peut parler de langue
identitaire. Ce n'est pas un concept creux. C'est dire comment, en quoi,
toute chose arrive au jour ou acc&#232;de &#224; l'&#234;tre. Et puis, c'est pr&#233;cis&#233;ment
parce que la langue manifeste ainsi les choses, qu'elle permet &#224; ses
locuteurs de communiquer entre eux, de communiquer &#224; propos de tout ce qui
peut leur appara&#238;tre gr&#226;ce &#224; elle. Communiquer &#224; propos d'eux-m&#234;mes aussi,
bien &#233;videmment. En disant les choses, on se dit toujours soi-m&#234;me
implicitement. &#192; la rigueur et en v&#233;rit&#233;, l'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;ips&#233;it&#233;&lt;/i&gt; et l'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;alt&#233;rit&#233;&lt;/i&gt; sont
contemporaines dans l'&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;appara&#238;tre&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;C'est de cette mani&#232;re que le fran&#231;ais est langue identitaire pour la
nation qu&#233;b&#233;coise. La nation qu&#233;b&#233;coise acc&#232;de historiquement &#224; son &#234;tre en
fran&#231;ais. Historiquement : cela veut dire que sa gen&#232;se, son d&#233;ploiement
embrassant son pass&#233;, son pr&#233;sent et son avenir, se &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;pro-duit&lt;/i&gt; en fran&#231;ais.
Il n'y a pas d'histoire en dehors du langage. Ainsi ce qu'il y a de
proprement national dans notre histoire est l'&#233;l&#233;ment langagier fran&#231;ais.
Sous peine de sombrer dans le nationalisme raciste, il faut r&#233;cuser sans
m&#233;nagement pour l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise tout recours &#224; un quelconque ADN
biologique. L'&#233;l&#233;ment langagier fran&#231;ais est &#224; la racine de notre nation ou
est l'ADN m&#233;taphorique de notre &#234;tre national. C'est de cela qu'il faut
prendre acte pour arriver &#224; la compr&#233;hension de la n&#233;cessit&#233; d'affirmer
clairement notre identit&#233; nationale fran&#231;aise afin de favoriser
l'int&#233;gration.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le g&#233;nie du fran&#231;ais au Qu&#233;bec, fran&#231;ais qui se particularise en se
nourrissant de terre et de mer, comme dit le po&#232;te, est de conf&#233;rer
naissance et d&#233;ploiement &#224; la nation qu&#233;b&#233;coise telle qu'elle prend place
dans le pr&#233;sent historique et telle qu'elle veut devenir. C'est le fran&#231;ais
en qui s'est structur&#233; le monde de cette nation, un monde particulier aux
traits europ&#233;ens, am&#233;rindiens, am&#233;ricains ; en qui s'est d&#233;velopp&#233;e sa
culture, &#8212; monde et culture ouverts aux &#233;changes, comme peut le signifier
magnifiquement le grand fleuve qui traverse le territoire &#8212;, en qui
&#233;galement se sont &#233;labor&#233;es les lois et les structures d'un &#201;tat. Une
langue concr&#232;te, une langue parl&#233;e par une nation n'est pas ou bien
identitaire ou bien v&#233;hiculaire. Elle est les deux &#224; la fois et
indissolublement. Introduire cette distinction pour favoriser dans les
faits l'une ou l'autre partie ou pour engendrer des statuts et traitements
diff&#233;rents pour l'une et l'autre est violence inflig&#233;e &#224; la r&#233;alit&#233;. C'est
pourtant ce que fait le Rapport en instituant le fran&#231;ais comme &#171; cadre de
communication et d'&#233;change &#187; abstrait de l'identit&#233; culturelle, et
fonctionnant ind&#233;pendamment d'elle comme m&#233;canisme neutre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Difficult&#233;s, adversit&#233;s, intemp&#233;ries et turbulences&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On dira que cette contre-proposition n'est pas r&#233;aliste. On soutiendra
aussi, pour employer les termes de la &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;plique&lt;/i&gt;, qu'elle n'est pas
&#171; acceptable au regard du droit, de l'&#233;thique et de nos traditions &#187;.
Effectivement, il y a des difficult&#233;s, tout ne tourne pas rond. Les voies
ne sont pas parfaitement libres. Le ciel n'est pas uniform&#233;ment azur&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'abord, on doit souligner que la contre-proposition pr&#233;sent&#233;e ne veut
pas escamoter le caract&#232;re laborieux, sinueux, voire conflictuel du
d&#233;veloppement de la nation qu&#233;b&#233;coise. Elle ne veut pas non plus laisser
croire que cette nation est en pleine possession d'elle-m&#234;me, parfaitement
achev&#233;e, m&#234;me si elle donne l'impression d'en parler comme d'un voilier s&#251;r
de son gr&#233;ement, vent en poupe et filant sur une onde favorable. Cette
contre-proposition pr&#233;sente plut&#244;t ce qui devrait &#234;tre normalement, ce vers
quoi on devrait tendre. Car il faut prendre acte qu'il y a encore beaucoup
de Qu&#233;b&#233;cois qui ne voient pas la n&#233;cessit&#233; ni l'urgence ni la normalit&#233; de
s'affirmer comme nation souveraine et ind&#233;pendante. Envisag&#233;e dans une
approche d&#233;mocratique, comme c'est ici le cas, une telle affirmation est
pourtant un geste l&#233;gitime, &#233;thique et tout &#224; fait conforme au droit
international. Tant d'autres petits peuples se sont d&#233;clar&#233;s souverains et
ind&#233;pendants depuis quelques d&#233;cennies et ont &#233;t&#233; reconnus comme tels par
les Nations-Unies ! Difficile de comprendre cette h&#233;sitation qu&#233;b&#233;coise. Il
se pourrait peut-&#234;tre que ce soit une attitude conditionn&#233;e par un contexte
structurel prolongeant sous des traits moins abrupts et plus sinueux la
dominance colonisatrice anglaise. On s'est peut-&#234;tre habitu&#233; &#224; un &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;modus
vivendi&lt;/i&gt; confortable situ&#233; entre l'indigence morale de la compl&#232;te
soumission et la prise en main responsable d'une libert&#233; nationale adulte.
&#192; cet &#233;gard, juste quelques exemples.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Depuis bient&#244;t trois d&#233;cennies, le Qu&#233;bec accepte de fonctionner &#224;
l'int&#233;rieur d'une Constitution f&#233;d&#233;rale qu'il n'a pourtant pas sign&#233;e et
qui vise l'&#233;touffement de ses pr&#233;tentions identitaires et de ses vell&#233;it&#233;s
souverainistes ou ind&#233;pendantistes. Et cela malgr&#233; les naufrages de deux
tentatives majeures de renouveler le f&#233;d&#233;ralisme &#224; la satisfaction du
Qu&#233;bec. &#201;nigme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Le gouvernement du Qu&#233;bec confie la copr&#233;sidence de la Commission de
consultation sur les pratiques d'accommodement reli&#233;es aux diff&#233;rences
culturelles &#224; deux personnes : l'une repr&#233;sentant la communaut&#233; anglophone
comptant pour 9% de la population, et l'autre repr&#233;sentant le groupe
majoritaire ethnoculturel francophone comptant pour quelque 80% de la
population. Les Qu&#233;b&#233;cois acceptent sans mot dire ce genre d'in&#233;galit&#233;. Ils
semblent habitu&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Dans la perspective d'une int&#233;gration normale &#224; la nation qu&#233;b&#233;coise
fran&#231;aise, il appara&#238;t &#233;trange aux nouveaux arrivants que la communaut&#233;
anglophone poss&#232;de &#224; Montr&#233;al des r&#233;seaux d'&#233;coles et d'h&#244;pitaux
disproportionn&#233;s en importance par rapport &#224; la population repr&#233;sent&#233;e.
Mais le cadre constitutionnel, sanctionnant certains d&#233;veloppements
historiques, le veut ainsi. C'est comme &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Il appara&#238;t &#233;galement &#233;trange, voire in&#233;quitable aux yeux de plusieurs
francophones que le Gouvernement s'appr&#234;te &#224; construire un grand centre
hospitalier anglophone pareil au CHUM et &#224; c&#244;t&#233; de lui. Mais la population
acceptera que ce doublet s'&#233;rige malgr&#233; l'in&#233;galit&#233; en nombre des citoyens
&#224; desservir. On laissera faire aussi l'int&#233;gration de l'H&#244;pital francophone
de Lachine au r&#233;seau hospitalier anglophone montr&#233;alais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; La population qu&#233;b&#233;coise regimbe quelque peu devant l'anglicisation
progressive de Montr&#233;al, semble aussi s'&#233;mouvoir quelques instants devant
les statistiques montrant le passage des immigrants &#224; l'usage de l'anglais
et la descente de la proportion des Montr&#233;alais de langue maternelle
fran&#231;aise sous la barre des 50%, mais elle semble n&#233;anmoins, foi de
sondages, se satisfaire d'un gouvernement qui n'entreprend rien qui vaille
pour contrer ces tendances.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Il s'en trouve pour d&#233;plorer la qualit&#233; de notre parler fran&#231;ais et la
facilit&#233; des francophones &#224; s'accommoder de l'anglais dans la vie publique
et priv&#233;e, mais la population qu&#233;b&#233;coise fran&#231;aise dans son ensemble ne
para&#238;t pas dispos&#233;e &#224; donner les coups de barre politiques qui s'imposent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Les souverainistes et ind&#233;pendantistes peinent &#224; s'entendre entre eux.
Ils s'&#233;parpillent en partis politiques diff&#233;rents et oppos&#233;s. Ce faisant,
ils comblent de bonheur les partis d&#233;fendant un f&#233;d&#233;ralisme d&#233;sint&#233;grateur
des &#233;l&#233;ments identitaires de notre nation, se discr&#233;ditent aupr&#232;s de la
population qui, perplexe, accorde ses faveurs &#224; ceux-l&#224; m&#234;me qui la
maintiennent dans un statut de minoritaire content.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout compte fait, la situation concr&#232;te est loin d'&#234;tre rose. Dans ces
circonstances, la perspective ouverte par la contre-proposition peut
sembler une r&#234;vasserie id&#233;aliste d&#233;sincarn&#233;e. Un voyage en bateau digne
d'une chasse-galerie. Pourtant, on est en manque de r&#234;ve. Car dans son &#233;tat
actuel, la nation qu&#233;b&#233;coise fran&#231;aise offre bien l'image d'un bateau
amarr&#233;, prenant l'eau et coulant sur place. Piteusement. Et en attendant de
dispara&#238;tre compl&#232;tement dans les abysses de l'anonymat, le groupe
majoritaire ethnoculturel d'origine canadienne-fran&#231;aise, pour emprunter le
langage du Rapport, charcut&#233; dans son identit&#233; au profit d'une nation
civique abstraite, se retrouve &#224; n'avoir comme r&#233;alit&#233; nationale que
l'&#233;pinglette-nation vot&#233;e cyniquement par le ratoureux gouvernement Harper.
&#201;pinglette qu'il peut porter, comme &#231;a lui chante, &#224; la boutonni&#232;re de ses
fringues multiculturalistes canadiennes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si la nation qu&#233;b&#233;coise fran&#231;aise avait pr&#233;sent&#233; un &#233;tat de sant&#233;
nationale normale et plus alerte, jamais le Rapport Bouchard-Taylor
n'aurait vu le jour. Prendre acte. Maintenant qu'il est l&#224;, laisserons-nous
triompher son interculturalisme d&#233;sint&#233;grateur ? Peut-on esp&#233;rer que les
accents de ferveur et de fiert&#233; c&#233;l&#233;brant la langue fran&#231;ais lors de la
F&#234;te nationale du 400e soient de bon augure pour l'avenir ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fernand Couturier&lt;br&gt;
25 juin 2008&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	</item>



	<item>
		<title>Le sort du fran&#231;ais passe par un changement de r&#233;gime politique</title>
		<link>http://www.vigile.net/Le-sort-du-francais-passe-par-un</link>
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		<dc:date>2008-02-21T10:45:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Robert Laplante - &#201;ditorial - L'Action nationale www.action-nationale.qc.ca</dc:creator>
		


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		<description>Le sort du fran&#231;ais au Qu&#233;bec est li&#233; &#224; son statut politique. Sans la souverainet&#233;, il n'y aura pas de soci&#233;t&#233; fran&#231;aise, seulement un bilinguisme contenu. Pour faire du Qu&#233;bec une soci&#233;t&#233; int&#233;gralement fran&#231;aise, il faut plus qu'une loi 101 retouch&#233;e. Il faut non seulement (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/IMG/arton11901.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;442&quot; height=&quot;137&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voil&#224; des d&#233;cennies que les r&#233;sultats des recensements plongent le Qu&#233;bec dans des d&#233;bats existentiels. La forme, l'intensit&#233; et la dur&#233;e des &#233;changes ont vari&#233; avec les &#233;poques et l'&#233;tat de sant&#233; des mouvements nationaux et des partis politiques, mais, sur le fond des choses, les param&#232;tres des d&#233;bats sont rest&#233;s les m&#234;mes. En effet, le fran&#231;ais recule au Canada, le poids relatif des francophones ne cesse de diminuer, l'assimilation s'acc&#233;l&#232;re au point de ne laisser en plusieurs provinces que des lambeaux de populations luttant courageusement certes, mais sous horizon o&#249; des seuils critiques ont &#233;t&#233; franchis. La r&#233;gression d&#233;mographique y est une tendance lourde au point d'&#234;tre devenue une v&#233;ritable fatalit&#233;, pesant d'un implacable d&#233;terminisme. Dans n'importe quelle soci&#233;t&#233;, les r&#233;sultats d'une telle nature ne sont que g&#233;n&#233;rateurs d'anxi&#233;t&#233; avec lesquels les diverses couches sociales composent diff&#233;remment selon qu'elles peuvent ou non se pr&#233;valoir de moyens et d'espace politique autorisant un quelconque volontarisme. Or le fran&#231;ais recule d&#233;sormais au Qu&#233;bec m&#234;me, appelant &#224; des actions que l'on ne voit poindre parce que la lecture m&#234;me de notre situation y est brouill&#233;e par les effets d'une subordination de plus en plus d&#233;l&#233;t&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le Canada du multiculturalisme, en effet, ces moyens et cet espace ne sont pas d&#233;finis en fonction des communaut&#233;s minoritaires elles-m&#234;mes, mais exclusivement et imp&#233;rativement en fonction de la subordination du Qu&#233;bec. L'&#201;tat canadian s'est dot&#233; d'une politique et d'un dispositif sophistiqu&#233; pour contenir la volont&#233; d'&#233;mancipation du Qu&#233;bec en utilisant le fran&#231;ais pour combattre le fran&#231;ais, en jouant du simulacre de la reconnaissance pour mieux raffermir l'emprise sur les destin&#233;es d'une nation qu'il veut r&#233;duire au Qu&#233;bec m&#234;me au statut de minorit&#233; dans son propre pays. Les r&#233;sultats du dernier recensement, tels que les r&#233;v&#232;lent les &#233;tudes cach&#233;es par l'Office de la langue fran&#231;aise, sont pourtant si clairs qu'ils pourraient nous r&#233;veiller de l'apathie dans laquelle nous semblons sombrer un peu plus chaque jour. C'est pourquoi un immense effort de propagande a &#233;t&#233; orchestr&#233; par les m&#233;dias, tous f&#233;d&#233;ralistes, pour embrouiller les interpr&#233;tations et tenter d'enrayer toute mobilisation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Deux objectifs charpentent les campagnes d&#233;clench&#233;es&#8201; : minimiser l'assimilation des minorit&#233;s francophones hors Qu&#233;bec et sur&#233;valuer la sant&#233; du fran&#231;ais au Qu&#233;bec. Ces objectifs id&#233;ologiques sont poursuivis de diverses mani&#232;res. Parmi celles-ci, on a recours &#224; la complexit&#233; des mat&#233;riaux des recensements pour brouiller les perceptions et rendre les r&#233;sultats inutilisables ou moins efficaces dans le combat pour l'ind&#233;pendance. Il s'agit de tout mettre en &#339;uvre pour entretenir un sentiment de fausse s&#233;curit&#233; et parvenir sinon &#224; chloroformer la r&#233;sistance du moins &#224; compromettre les appels &#224; la mobilisation que pourraient faire surgir toute analyse concluant que les seuils d'alarme sont franchis.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Des efforts consid&#233;rables sont d&#233;ploy&#233;s pour tenter de s&#233;parer dans les interpr&#233;tations des r&#233;sultats, la question du statut politique de celle de la survie de la langue fran&#231;aise. Ce n'est &#233;videmment pas un hasard&#8201; : c'est l&#224; le c&#339;ur du probl&#232;me national. Les luttes linguistiques ont fourni, depuis toujours ici le carburant essentiel au combat politique. Elles ont constitu&#233; &#224; la fois l'expression de l'anxi&#233;t&#233; permanente d'un peuple qui se sait et s'&#233;prouve fragile et pr&#233;caire et en m&#234;me temps le moyen de la combattre. Depuis toujours, et particuli&#232;rement entre les ann&#233;es 1960 et le r&#233;f&#233;rendum de 1995, les choix concernant les politiques linguistiques ont jou&#233; un r&#244;le d&#233;terminant dans le positionnement des partis politiques et dans le soutien qu'ils ont apport&#233; au r&#233;gime ou &#224; sa remise en cause. Les choses &#224; cet &#233;gard ont chang&#233; substantiellement depuis le r&#233;f&#233;rendum de 1995.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En effet, un changement majeur s'est op&#233;r&#233; dans le camp f&#233;d&#233;raliste qui a cess&#233; d'esp&#233;rer quelque r&#233;forme que ce soit permettant d'am&#233;nager un espace propre au Qu&#233;bec et au Canada fran&#231;ais dans le r&#233;gime instaur&#233; par l'imposition d'une constitution ill&#233;gitime. Les f&#233;d&#233;ralistes qu&#233;b&#233;cois sont d&#233;sormais des inconditionnels du Canada tel qu'il nous est impos&#233; depuis 1982. Rien pour eux ne sera jamais trop grave ni trop d&#233;l&#233;t&#232;re pour justifier que le Qu&#233;bec rompe avec le Canada. Rien, pas m&#234;me le sort de notre langue. Ces inconditionnels ne font plus de projet de r&#233;forme, n'ont plus de revendication globale pour le Qu&#233;bec parce que l&#224; n'est plus leur loyaut&#233; premi&#232;re. Ils sont pr&#234;ts &#224; se contenter de ce qu'ils appellent le statu quo parce qu'ils ont renonc&#233; &#224; fixer tout seuil de rupture. Ils ont accept&#233; la r&#233;gression minoritaire. Ils se d&#233;finissent et tentent de nous d&#233;finir comme une minorit&#233;, m&#234;me au Qu&#233;bec, dont le destin est de s'offrir comme mat&#233;riau d'alliance pour tirer le meilleur parti d'une politique se faisant essentiellement sur les int&#233;r&#234;ts de la majorit&#233; canadian. Ils n'ont pas d&#233;missionn&#233;&#8201; : ils ont reni&#233; et ne se font plus d&#233;sormais Qu&#233;b&#233;cois que pour mieux nous encanadianiser, succursaliser notre gouvernement et r&#233;duire notre culture.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Cela est grave et ils en r&#233;pondront devant l'Histoire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Leurs conduites de fossoyeurs ne trompent gu&#232;re. Ils sont Canadian first and foremost, m&#234;me et surtout quand ils se conjuguent sur le mode du d&#233;doublement identitaire. Ils ne se battront plus pour le fran&#231;ais, ils feront semblant pour la simple et bonne raison qu'ils n'auront de cesse de chercher &#224; lui dorer l'enclos, &#224; lui faire des conditions d'existence qui seront compatibles avec ce que le Canada tol&#232;rera &#8211; et il ne tol&#233;rera que le simulacre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Canada n'est pas compatible avec l'avenir de notre langue. La conscience de ce fait s'accro&#238;t. Les inqui&#233;tudes qui se sont manifest&#233;es devant la commission Bouchard-Taylor ont renforc&#233; le constat. On ne pourra pas franciser des immigrants dans un contexte de concurrence des langues et des l&#233;gitimit&#233;s. Ils viennent au Canada et c'est &#224; lui qu'ils s'int&#232;grent, c'est &#224; son ordre qu'ils souscrivent, et cet ordre subordonne le Qu&#233;bec et combat activement toute tentative de construire ici une soci&#233;t&#233; int&#233;gralement fran&#231;aise. Si les inconditionnels du Canada se drapent d&#233;sormais dans la loi 101 comme dans une grande loi canadian, c'est bien parce qu'ils savent qu'elle ne pourra rien de plus que fournir une fausse s&#233;curit&#233; et produire des r&#233;sultats mitig&#233;s qui ne feront que brouiller et retarder les &#233;ch&#233;ances. Cette loi, charcut&#233;e, d&#233;natur&#233;e et d&#233;voy&#233;e n'a pas produit la justice linguistique qu'en esp&#233;rait Camille Laurin, seule garantie &#224; long terme d'une paix linguistique qui ne soit pas fond&#233;e sur notre capitulation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le sort du fran&#231;ais au Qu&#233;bec est li&#233; &#224; son statut politique. Sans la souverainet&#233;, il n'y aura pas de soci&#233;t&#233; fran&#231;aise, seulement un bilinguisme contenu. Pour faire du Qu&#233;bec une soci&#233;t&#233; int&#233;gralement fran&#231;aise, il faut plus qu'une loi 101 retouch&#233;e. Il faut non seulement s'attaquer &#224; la l&#233;gitimit&#233; m&#234;me du bilinguisme institutionnel tel qu'il est relay&#233; par l'ensemble des actions d'Ottawa, mais encore et surtout, d&#233;construire l'appareil institutionnel qui lui sert de relais et de base op&#233;rationnelle. Les institutions anglophones de Montr&#233;al n'ont plus rien &#224; voir avec les concessions &#224; faire pour respecter les droits de cette minorit&#233;, ce sont de v&#233;ritables instruments de concurrence au fran&#231;ais qui sapent l'&#233;mergence d'une culture publique commune construite sur la r&#233;f&#233;rence culturelle qu&#233;b&#233;coise. Elles nourrissent un refus d'int&#233;gration et entretiennent un esprit de d&#233;veloppement s&#233;par&#233; qui sent l'apartheid dor&#233; dont on pensait s'&#234;tre d&#233;barrass&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si l'on veut redresser la situation du fran&#231;ais &#224; Montr&#233;al, il faut d&#233;cider qu'il n'y aura qu'un seul centre hospitalier universitaire &#224; vocation nationale. Il faut dire non au d&#233;veloppement s&#233;par&#233; des institutions p&#233;diatriques universitaires. Il faut tenir un langage et des pratiques d'int&#233;gration autour des missions nationales d'institutions dont le fran&#231;ais sera la langue normale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si l'on veut assurer l'avenir du fran&#231;ais, il faut rendre obligatoire la fr&#233;quentation du c&#233;gep en fran&#231;ais. La loi 101 ne visait pas &#224; former des jeunes pour qu'ils soient capables de se d&#233;brouiller en fran&#231;ais pour acheter du lait au d&#233;panneur. Elle cherchait &#224; structurer l'int&#233;gralit&#233; du parcours scolaire sur les institutions de la majorit&#233; pour pr&#233;parer une int&#233;gration &#224; un march&#233; du travail dont le fran&#231;ais serait la langue d'usage normale et commune. Laisser faire la situation actuelle ne conduira qu'&#224; disperser encore davantage des ressources publiques pour financer la concurrence des langues et accentuer les pressions &#224; la bilinguisation du monde du travail et des services. Il y a quelque chose d'aberrant &#224; consacrer la logique actuelle. Le plus gros c&#233;gep du Qu&#233;bec est anglais&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si l'on veut assurer le d&#233;veloppement du fran&#231;ais, il faudra cesser le surfinancement des institutions anglophones d'enseignement sup&#233;rieur. Il faut &#233;tablir ce financement sur les proportions d&#233;mographiques requises pour assurer les droits de la minorit&#233; anglaise, mais pas plus. C'est pure aberration d'utiliser les fonds publics qu&#233;b&#233;cois pour entretenir des succursales &#224; rabais pour les &#233;tudiants des provinces anglaises. Il y a des limites &#224; sous-fiancer les universit&#233;s francophones pendant que le gouvernement d'Ottawa s'&#233;vertue &#224; tout mettre en &#339;uvre pour ins&#233;rer notre enseignement sup&#233;rieur dans ses priorit&#233;s nationales. Il a confisqu&#233; le contr&#244;le des finalit&#233;s de notre r&#233;seau de recherche et d'enseignement universitaire et il n'a eu aucun mal &#224; faire progresser l'utilisation de l'anglais dans l'ensemble des proc&#233;dures de gestion et de subvention de la recherche. Il suffit de visiter les sites internet des universit&#233;s francophones pour prendre la mesure des d&#233;g&#226;ts&#8201; : les chercheurs y sont explicitement encourag&#233;s &#224; traiter en anglais avec les agences subventionnaires f&#233;d&#233;rales&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si l'on veut faire du Qu&#233;bec un pays fran&#231;ais, il faudra avoir le courage d'affronter ouvertement la propagande et unir ce qu'elle tente de disjoindre&#8201; : le sort du fran&#231;ais passe par un changement de r&#233;gime politique. La construction d'une soci&#233;t&#233; int&#233;gralement fran&#231;aise passe par une reconfiguration institutionnelle qui trouvera dans le fran&#231;ais sa norme et son centre de gravit&#233;. Le Qu&#233;bec fran&#231;ais reste &#224; faire. Sous la d&#233;mission d'une partie de notre &#233;lite resurgit la vieille chim&#232;re du bilinguisme &#171; &#8201;vivable&#8201; &#187;. Les conduites de parvenus qui cherchent &#224; s'en faire un costume ne trompent personne&#8201; : le combat n'est pas termin&#233; et le peuple du Qu&#233;bec ne s'effacera pas pour ne pas troubler le confort de ceux-l&#224; qui aspirent &#224; g&#233;rer la d&#233;pendance. Les courtiers en alibis courent &#224; la faillite.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.action-nationale.qc.ca&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;
www.action-nationale.qc.ca&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Connaissez-vous Les Cahiers de lecture de L'Action nationale ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

		</content:encoded>
]

		

	</item>



	<item>
		<title>Reflet de l'histoire d'un peuple annex&#233;</title>
		<link>http://www.vigile.net/Reflet-de-l-histoire-d-un-peuple</link>
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		<dc:date>2008-02-17T17:50:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Bruno Deshaies - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description></description>

[
(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Rappel de la &lt;a href=&quot;http://archives.vigile.net/ds-deshaies/docs5/199.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;chronique #199&lt;/a&gt; de Bruno Deshaies publi&#233;e le 20 janvier 2005&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&#171; La force d'une langue &#8211; et son avenir &#8211; &lt;br&gt;
&lt;b&gt;d&#233;pendent donc de la force collective&lt;/b&gt; &lt;br&gt;
de ceux qui la parlent. &#187;&lt;br&gt;
(Yves Beauchemin, 1999, R&#201;F., no 4.)&lt;/p&gt; &lt;p STYLE=&quot;text-align:justify;&quot;&gt;&#171; En 1763, lorsque la Grande-Bretagne commen&#231;a la colonisation de la vall&#233;e du Saint-Laurent, les quelque 65,000 hommes, femmes et enfants qui y habitaient alors avaient conscience de constituer un groupe culturel autonome. Aujourd'hui, leurs descendants sont plus de 5,000,000 au Qu&#233;bec [en 1967]. &#192; la fin du si&#232;cle, ils auront donn&#233; naissance &#224; une nouvelle soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise de quelque 9,000,000 qui affirmera plus que jamais son vouloir-vivre collectif. &#187; (Voir R&#201;F., no 2, p. 213.) Cette d&#233;claration de l'historien Michel Brunet nous montre une fois de plus la fragilit&#233; des pronostics en histoire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En 2004, la population du Qu&#233;bec oscille autour des 7 millions d'habitants compos&#233;s de plusieurs ethnies ou communaut&#233;s culturelles dont une majorit&#233; de Qu&#233;b&#233;cois-Fran&#231;ais et une minorit&#233; dominante d'Anglo-Qu&#233;b&#233;cois. &#171; La nouvelle soci&#233;t&#233; de quelque 9,000,000 &#187; d'habitants anticip&#233;e par l'historien Brunet n'existe pas encore, mais ses traits culturels d&#233;molinguistiques et sociolinguistiques ont beaucoup chang&#233;. Dans la r&#233;alit&#233;, les ph&#233;nom&#232;nes d&#233;mographiques sont souvent tr&#232;s d&#233;concertants. Ils d&#233;pendent de nombreux facteurs et m&#234;me de nombreuses causes. Il s'en suit qu'il est impossible de pr&#233;dire l'avenir avec une quelconque certitude. Cela dit, l'&#233;tat du Qu&#233;bec en ce d&#233;but de XXIe si&#232;cle offre le portrait d'une soci&#233;t&#233; qui vit toujours comme un peuple annex&#233; dans une province semi-fran&#231;aise. L'imposition du bilinguisme est le reflet de cette histoire.&lt;/p&gt; &lt;h1&gt;Le bilinguisme et les deux Canadas&lt;/h1&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;tude du bilinguisme montre facilement qu'il a exist&#233; deux Canadas : un premier, dans l'empire fran&#231;ais ; un second, sous l'empire britannique. Chaque empire a donn&#233; lieu &#224; deux ph&#233;nom&#232;nes de colonisation. &#171; Depuis sa fondation, au d&#233;but du XVIIe si&#232;cle, jusqu'en 1760, &#233;crit Michel Brunet, le Canada fut un pays fran&#231;ais. Ses habitants &#233;taient unilingues. [...] Les Canadiens [c'est le nom que portaient nos anc&#234;tres jusqu'&#224; l'Acte d'union de 1840 et que le conqu&#233;rant a usurp&#233;.] n'avaient pas alors besoin d'&#234;tre bilingues pour participer &#224; la vie politique, militaire et &#233;conomique de la vall&#233;e du Saint-Laurent. [...] Apr&#232;s la Conqu&#234;te, la situation se modifia rapidement. Le Canada &#233;tait devenu une colonie britannique. Les conqu&#233;rants y introduisirent tout naturellement leur langue maternelle. Celle-ci s'imposa d'abord dans l'administration. Mais elle ne tarda pas &#224; dominer le monde des affaires car les commer&#231;ants anglais r&#233;ussirent, en moins d'une g&#233;n&#233;ration, &#224; dominer la vie &#233;conomique du pays. [...] Une nouvelle classe dirigeante avait pris entre ses mains les destin&#233;es de la vall&#233;e du Saint-Laurent. &#187; (Voir R&#201;F., no 1, p. 185-186.)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le bilinguisme s'instaura par la force des choses sous l'occupation britannique, car le conqu&#233;rant en avait besoin pour d&#233;fendre sa propre cause. Le premier bilinguisme fut pratiqu&#233; par les Anglais. Selon Michel Brunet, &#171; ce bilinguisme des Anglo-Canadiens s'inspire d'un paternalisme lucide que la na&#239;vet&#233; des Canadiens fran&#231;ais a toujours rendu tr&#232;s rentable. &#187; (Voir R&#201;F., no 1, p. 186.) Cependant, du c&#244;t&#233; des Canadiens (fran&#231;ais) la situation &#233;tait diff&#233;rente. Leur ascension sociale ne pouvait plus se faire selon les m&#234;mes canaux de communication que dans l'empire fran&#231;ais. Par cons&#233;quent, &#233;crit Michel Brunet, &#171; les Canadiens les plus ambitieux se convainquirent, au cours de la premi&#232;re g&#233;n&#233;ration apr&#232;s 1760, que l'ignorance de la langue anglaise limitait leurs chances d'avancement. [...] Ils conclurent &#8211;non sans cr&#233;dulit&#233; &#8211; que le bilinguisme faciliterait automatiquement leur ascension sociale. &#187; (Voir Ibid.) Ici repose toute l'histoire du bilinguisme au Canada et l'histoire des deux Canadas. Ceux et celles qui n'acceptent pas aujourd'hui ce constat qui remonte &#224; 1760 ne peuvent &#224; peu pr&#232;s rien comprendre au conflit qui perdure entre les Qu&#233;b&#233;cois-Fran&#231;ais et le ROC ou le Canada-Anglais ou les deux solitudes entre les Canadiens et les Canadians.&lt;/p&gt; &lt;h1&gt;Br&#232;ve chronologie du bilinguisme&lt;/h1&gt;
&lt;p STYLE=&quot;text-align:justify;&quot;&gt;Michel Brunet retrace dans son &#233;tude sur le bilinguisme les p&#233;rip&#233;ties de l'&#233;volution du bilinguisme du deuxi&#232;me Canada, c'est-&#224;-dire de cette nouvelle colonie britannique qui prend naissance apr&#232;s la Conqu&#234;te et surtout avec la signature du Trait&#233; de Paris en 1763. La logique de cette &#233;volution constitue la base du bilinguisme au cours de toute l'histoire du Qu&#233;bec et du Canada. Dressons une petite chronologie de cette &#233;volution de la langue fran&#231;aise et du bilinguisme jusqu'au tournant des ann&#233;es 1950.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1764 :	Une p&#233;tition des principales familles canadiennes demeur&#233;es dans la colonie r&#233;clame le droit de &#171; r&#233;diger nos Affaires de famille en notre langue, et de suivre nos Coutumes &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1764-1775 : &#171; L'invasion de la langue des conqu&#233;rants ne tarda pas &#224; corrompre la langue maternelle des Canadiens. &#187; Les anglicismes se multiplient : &#171; filer &#187; au lieu de classer, &#171; &#233;vidences &#187; au lieu de preuves, &#171; termes &#187; au lieu de session, &#171; sessions de quartier &#187; au lieu de sessions trimestrielles, &#171; voteurs &#187; au lieu d'&#233;lecteurs, &#171; Bretons &#187; (British) au lieu de Britanniques ou Anglais, &#171; allouances &#187; au lieu de subventions, &#171; lectureurs &#187; au lieu de conf&#233;rences, etc. (Voir R&#201;F., no 1, p. 187-188.)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1765 : La Gazette de Qu&#233;bec &#8211; journal bilingue &#8211; annonce des cours d'un certain M. Patrick McClement pour apprendre &#171; &#224; lire, &#224; &#233;crire et &#224; parler la langue anglaise &#187; et m&#234;me initier ses &#233;l&#232;ves &#224; &#171; l'art de tenir les livres &#187;. Michel Brunet commente en ces termes : &#171; Le premier Business School du Canada fran&#231;ais venait d'ouvrir ses portes. &#187; (Voir Ibid., p 187.)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1791 :	Une publicit&#233; de la Gazette de Montr&#233;al annonce qu'un marchand de la ville d&#233;sire les services d'un &#171; jeune homme d'une famille de bonne renomm&#233;e qui sache parler l'anglais et le fran&#231;ais couramment. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1792 :	Mgr Hubert consacre un maigre budget &#224; l'organisation d'une &#233;cole anglaise &#224; Qu&#233;bec.
Les d&#233;put&#233;s canadiens s'opposent &#224; leurs coll&#232;gues anglais qui d&#233;sirent imposer leur langue maternelle comme seule langue officielle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1809 : Brochure publi&#233;e par un Canadien qui d&#233;fend l'id&#233;e que la pr&#233;sence collective des Canadiens constitue un rempart contre l'am&#233;ricanisme, car &#171; la conservation de la langue fran&#231;aise en ce pays est m&#234;me politiquement parlant, avantageuse aux int&#233;r&#234;ts britanniques &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1804 :	Philippe Aubert de Gasp&#233;, auteur du livre Les anciens Canadiens, quitte le S&#233;minaire de Qu&#233;bec pour aller &#233;tudier au pensionnat du r&#233;v&#233;rend John Jackson, ministre de l'&#201;glise anglicane. &#171; Son p&#232;re d&#233;sire absolument, &#233;crit l'historien Brunet, qu'il ma&#238;trise l'idiome de la minorit&#233; dominante. &#187; (Voir Ibid., p. 188.)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1819 :	Une p&#233;tition de 120 signataires de la paroisse de Saint-Louis dans la seigneurie de Kamouraska (dont 80 ont sign&#233; d'une croix ne sachant pas &#233;crire) r&#233;clame la nomination d'un instituteur anglais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1840 :	Une annonce du S&#233;minaire de Nicolet publi&#233;e dans le journal Le Canadien fait &#233;tat du fait que les dirigeants viennent d'&#233;tablir une &#171; &#233;cole o&#249; l'on s'attachera exclusivement &#224; l'enseignement de l'anglais &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;clame d'un certian Robert Dupont publi&#233;e dans le journal Le Canadien et qui annonce qu'il &#171; a enseign&#233; l'Anglais avec beaucoup de succ&#232;s pendant trois ans au coll&#232;ge Ste-Anne &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1842 :	L'&#233;v&#234;que de Qu&#233;bec approuve un r&#232;glement du S&#233;minaire de Nicolet qui obligeait les &#233;l&#232;ves &#224; n'utiliser que la langue anglaise pendant la r&#233;cr&#233;ation. L'historien Brunet fait remarquer que &#171; la plupart des s&#233;minaires et des coll&#232;ges adopt&#232;rent la m&#234;me pratique pour favoriser l'&#233;tude de la langue anglaise &#187;. D'ailleurs, plusieurs des coll&#232;ges sont &#224; l'origine des &#171; &#233;coles commerciales et industrielles &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1849 : Le bilinguisme s'inscrit dans la constitution de 1849.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1852 :	Cr&#233;ation de l'Universit&#233; Laval.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1853 :	L'historien Ferland de Qu&#233;bec affirme avec satisfaction que les &#171; trois quarts de ceux [les Canadiens] qui habitent Qu&#233;bec, et qui ont re&#231;u quelque instruction, parlent l'anglais &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1866 : Contrairement &#224; l'abb&#233; Ferland, Mgr Bourget trouve qu'&#171; un grand nombre d'entre nous parlent trop la langue &#233;trang&#232;re. [...] La plus lourde taxe que la conqu&#234;te nous ait impos&#233;e, c'est la n&#233;cessit&#233; de parler la langue anglaise. &#187; (Voir Ibid., p 190.)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1867 :	Un &#201;tat provincial est cr&#233;&#233; o&#249; les Canadiens fran&#231;ais constituent la majorit&#233;. Ils obtiennent aussi la reconnaissance du bilinguisme au parlement f&#233;d&#233;ral.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1871 :	Un collaborateur de la Revue canadienne commente la publication r&#233;cente d'un nouveau manuel de conversation anglaise dont l'auteur est le sup&#233;rieur du S&#233;minaire de Sainte-Th&#233;r&#232;se. Le commentateur signale que &#171; dans les diff&#233;rentes carri&#232;res o&#249; la Providence nous appelle, nous regrettons d'avoir &#233;tudi&#233; de pr&#233;f&#233;rence les langues mortes aux langues vivantes... &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1890-1910 : Des fonctionnaires anglais unilingues occupent alors des postes importants dans l'administration provinciale et &#224; l'H&#244;tel de Ville de Montr&#233;al (voir R&#201;F., no 1, p. 194).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1896 :	Wilfrid Laurier d&#233;clare aux Communes : &lt;a href=&quot;http://www.imperatif-francais.org/dossiers/dossiers.php?id_dossier=1550&quot;&gt;&lt;B&gt;&#171; La destin&#233;e du Canada est d'&#234;tre anglais &#187;&lt;/B&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1897 :	En tourn&#233;e &#233;lectorale &#224; Montr&#233;al, le premier ministre anglais de la province voit une longue banni&#232;re brandie par des Canadiens-Fran&#231;ais o&#249; se lit : &#171; Hail to the Chief. &#187; (La Presse du 29 avril.)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1902 :	La Soci&#233;t&#233; du parler fran&#231;ais voit le jour &#224; l'Universit&#233; Laval le 18 f&#233;vrier (voir son incorporation en 1911).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1903 :	Fondation de la Ligue nationaliste canadienne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1904 :	Fondation de l'Association catholique de la jeunesse canadienne-fran&#231;aise (ACJC)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1910 :	Le gouvernement provincial adopte la &lt;a href=&quot;http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/amnord/quebec_Lavergne.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;&#171; Loi Lavergne &#187;&lt;/B&gt;&lt;/a&gt; qui &#233;tablit le bilinguisme dans les compagnies de services publics. Selon son vrai nom, il s'agit de la &#171; Loi amendant le Code civil concernant les contrats faits avec les compagnies de services d'utilit&#233; publique &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En r&#233;plique &#224; l'archev&#234;que de Westminster, Mgr Bourne, Henri Bourassa se porte &#224; la d&#233;fense du fran&#231;ais en l'&#233;glise Notre-Dame &#224; l'occasion du Congr&#232;s eucharistique. Cette d&#233;fense du fran&#231;ais a pris figure de symbole dans l'histoire du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1911 :	Le gouvernement du Qu&#233;bec adopte la Loi constituant en corporation la Soci&#233;t&#233; du Parler fran&#231;ais au Canada.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1912 :	Premier Congr&#232;s de la langue fran&#231;aise. Il est organis&#233; par la Soci&#233;t&#233; du parler fran&#231;ais au Canada. Paradoxalement, ce premier congr&#232;s donne l'occasion &#224; plusieurs orateurs de rappeler qu'il est important d'apprendre l'anglais. L'acceptation du bilinguisme r&#233;v&#232;le &#171; brutalement l'&#233;tat de servitude qu'avaient cr&#233;&#233; chez les Canadiens fran&#231;ais cent cinquante ans de domination anglaise ! &#187; (Voir R&#201;F., no 1, p. 191.)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1913 : &lt;a href=&quot;http://www.action-nationale.qc.ca/00-4/AN-histoire.html&quot;&gt;&lt;B&gt;Fondation de la Ligue des droits du fran&#231;ais&lt;/B&gt;&lt;/a&gt;. Dans le programme-manisfeste, il est &#233;crit : &#171; Annonces, catalogues, factures, marques ou noms des produit, tout est r&#233;dig&#233; en anglais. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1923 :	Le gouvernement f&#233;d&#233;ral introduit le timbre d'accise bilingue &#224; l'instigation de Jacques Bureau, ministre des Douanes. &lt;br&gt;En avril Jules Masse fonde &#224; Montr&#233;al la &lt;a href=&quot;http://www.phonotheque.org/radio/reperes.html&quot;&gt;&lt;B&gt;&lt;i&gt;Soci&#233;t&#233; du bon parler fran&#231;ais&lt;/i&gt;.&lt;/B&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1924 :	La revue l'Action fran&#231;aise, fond&#233;e en 1906, d&#233;nonce l'anglomanie comme &#233;tant un &#171; ennemi dans la place &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1925 :	Une enqu&#234;te men&#233;e par l'Action fran&#231;aise sur le bilinguisme r&#233;v&#232;le que la langue anglaise domine partout au Canada et que cette pr&#233;pond&#233;rance s'affirmait m&#234;me dans la province de Qu&#233;bec. L'&#233;lite canadienne-fran&#231;aise commence &#224; se diviser. Henri Bourassa se montre favorable &#224; l'obligation de l'enseignement de l'anglais dans toutes les &#233;coles du Canada fran&#231;ais, mais Antonio Perreault d&#233;sapprouve s&#233;v&#232;rement la d&#233;claration de Bourassa.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les ch&#232;ques &#233;mis par le gouvernement provincial sont encore r&#233;dig&#233;s seulement en langue anglaise. La coutume existe depuis 1867.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.civilization.ca/cpm/chrono/chs1920f.html#1927&quot;&gt;&lt;IMG SRC=&quot;http://www.archives.vigile.net/ds-deshaies/docs5/199-1.jpg&quot; BORDER=&quot;0&quot; ALT=&quot;&quot; HSPACE=&quot;10&quot; ALIGN=&quot;right&quot;&gt; &lt;/a&gt;
1927 :	Le ministre des postes, P. J. V&#233;niot, profite du 60e anniversaire de la Conf&#233;d&#233;ration pour faire &#233;mettre une s&#233;rie de cinq timbres-poste bilingues.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1933 : Cr&#233;ation de la Canadian Radio Broadcasting Corporation qui est officiellement une Radio d'&#201;tat.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1934 :	Cr&#233;ation d'une banque d'&#201;tat (la Banque du Canada).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1936 :	En arrivant au pouvoir, le gouvernement de l'Union nationale encourage la francisation de l'administration de la province.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Fondation de la Soci&#233;t&#233; Radio-Canada.&lt;br&gt; Adoption de la monnaie bilingue au Canada.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1937 :	&lt;a href=&quot;http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/amnord/quebec_Duplessis1938.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;Deuxi&#232;me Congr&#232;s de la langue fran&#231;aise.&lt;/B&gt;&lt;/a&gt; Contrairement au premier Congr&#232;s, les orateurs ne donnent pas l'impression &#171; de qu&#233;mander pour les Canadiens fran&#231;ais le droit de parler leur langue maternelle &#187; (R&#201;F., no 1, p. 201). Le gouvernement Duplessis fait adopter la &#171; Loi relative &#224; l'interpr&#233;tation des lois de la province &#187; qui donnait priorit&#233; au texte fran&#231;ais dans l'interpr&#233;tation des lois et r&#232;glements du Qu&#233;bec. Cette loi fut vertement contest&#233;e par la minorit&#233; anglaise. Elle sera abrog&#233;e en 1938.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1939 : Le Parlement f&#233;d&#233;ral approuve l'organisation du National Film Board. Graduellement l'Office national du film (ONF) s'organise comme r&#233;seau fran&#231;ais de l'Office du Film.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1951 :	La nomination de Vincent Massey, gouverneur g&#233;n&#233;ral de 1951 &#224; 1959, par le gouvernement Louis Saint-Laurent, refl&#232;te le d&#233;sir du premier ministre d'affirmer le caract&#232;re bilingue de l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;1959 :	Le gouvernement Diefenbaker prend l'initiative de doter les Communes d'un syst&#232;me d'interpr&#233;tation simultan&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;&#171; Depuis 1940, les circonstances ont continu&#233; &#224; favoriser l'expansion &lt;br&gt;
de la langue fran&#231;aise et du bilinguisme &lt;br&gt;
dans la province de Qu&#233;bec et au Canada. &lt;br&gt;
L'&#201;tat provincial et l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral &lt;br&gt;
ont &#233;t&#233; les principaux agents de cette &#233;volution. &#187;&lt;br&gt;
(Michel Brunet, R&#201;F., no 1, p. 202)&lt;/div&gt;
&lt;p STYLE=&quot;text-align:justify;&quot;&gt;Dans son &#233;valuation du fait fran&#231;ais au Canada, l'historien Brunet consid&#232;re surtout le ph&#233;nom&#232;ne linguistique. Il constate que des progr&#232;s se sont accomplis en cours de route. En revanche, il admet que &#171; l'&#233;tat de d&#233;ch&#233;ance o&#249; v&#233;g&#233;tait la langue fran&#231;aise, cinq g&#233;n&#233;rations apr&#232;s la capitulation de Montr&#233;al, indique quelle a &#233;t&#233; la profondeur de la servitude individuelle et collective des Canadiens, comme membres d'un groupe domin&#233;. &#187; (Voir R&#201;F., no 1, p. 195.) En contrepartie du processus d'assimilation, l'historien se console en &#233;tablissant une distinction &#171; entre le comportement des individus et celui d'une collectivit&#233; &#187;. Il &#233;crit : &#171; Individuellement, &#224; chaque g&#233;n&#233;ration depuis 1760, des milliers de Canadiens fran&#231;ais s'assimilent ou cherchent &#224; s'assimiler &#224; la population anglaise de l'Am&#233;rique du Nord. [...] Mais il [le processus d'assimilation] se r&#233;alise difficilement parce que les Canadiens fran&#231;ais ont toujours form&#233; et forment encore la majorit&#233; de la population qu&#233;b&#233;coise. Ils n'ont jamais perdu conscience du fait qu'ils constituent une collectivit&#233; distincte. &#187; (Voir Ibid., p. 195-196.)&lt;/p&gt; &lt;h1&gt;Plusieurs bilans &#224; dresser&lt;/h1&gt;
&lt;p STYLE=&quot;text-align:justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Premier bilan.&lt;/b&gt; C'est de fil en aiguille que se tisse avec le temps ce &#171; partenariat &#187; (pour employer un mot &#224; la mode) entre les langues anglaise et fran&#231;aise. D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, il traduit les conditions conjoncturelles et les statuts particuliers des groupes d'une g&#233;n&#233;ration &#224; l'autre. Il n'y a aucun doute que la m&#234;me logique sociolinguistique perdure jusqu'aujourd'hui. La lutte pour la d&#233;fense de la langue fran&#231;aise est incessante ; elle est en plus n&#233;cessaire ; mais, elle est insuffisante sur le plan de la lutte pour l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec. Les illusions cr&#233;&#233;es par cette lutte entretiennent le mythe de la survivance d'une minorit&#233; fran&#231;aise au Canada. C'est le reflet d'un peuple annex&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;b&gt;Deuxi&#232;me bilan.&lt;/b&gt; On peut compl&#233;ter la chronologie de cette lutte par le dossier portant sur l'histoire du fran&#231;ais au Qu&#233;bec que l'on trouve sur le site du Tr&#233;sor de la langue fran&#231;aise au Qu&#233;bec (TLFQ). (&lt;a href=&quot;http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/francophonie/histfrnqc.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;Voir R&#201;F., no 3.&lt;/B&gt;&lt;/a&gt;) Avec toutes ces donn&#233;es sous la main, on obtient un portrait plus complet de l'histoire du fran&#231;ais au Qu&#233;bec et des conditions de vie d'un peuple annex&#233;. Moins optimiste que l'historien Michel Brunet, Jacques Leclerc dresse le constat qui suit &#224; l'aube du XXIe si&#232;cle.&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt;
&lt;p STYLE=&quot;text-align:justify;&quot;&gt;Les progr&#232;s depuis quarante ans ont &#233;t&#233; tr&#232;s consid&#233;rables &#224; tel point qu'on peut affirmer que le fran&#231;ais n'est plus en p&#233;ril au Qu&#233;bec. [...] Toutefois, malgr&#233; les lois linguistiques et les succ&#232;s ind&#233;niables du fran&#231;ais au Qu&#233;bec, la majorit&#233; francophone n'est pas encore au bout de sa peine. [...] Dans le cadre de l'actuelle f&#233;d&#233;ration canadienne, les conflits sont l&#224; pour durer et la marmite linguistique risque de renverser au cours des prochaines d&#233;cennies. M&#234;me si la langue fran&#231;aise se portait bien, son statut, lui, sera vraisemblablement r&#233;&#233;valu&#233;... &#224; la baisse par la majorit&#233; anglophone du Canada. (&lt;a href=&quot;http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/francophonie/HISTfrQC_s5_Reorientations.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;Voir R&#201;F., no 3.&lt;/B&gt;&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p STYLE=&quot;text-align:justify;&quot;&gt;Cette &#233;valuation de situation du Qu&#233;bec-Fran&#231;ais nous am&#232;ne aux derniers constats de Statistiques Canada.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;b&gt;Troisi&#232;me bilan : les constats de Statistiques Canada&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous extrayons des &lt;a href=&quot;http://www.imperatif-francais.org/dossiers/dossiers.php?id_dossier=3415&quot;&gt;&lt;B&gt;&#171; R&#233;solutions pour le Nouvel An &#187;&lt;/B&gt;&lt;/a&gt; du site Internet Imp&#233;ratif fran&#231;ais (1er janvier 2005) cette compilation de donn&#233;es qui montre que l'&#233;quilibre linguistique profite toujours au plus fort, donc &#224; la majorit&#233; anglaise du Canada.&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt;
&lt;p STYLE=&quot;text-align:justify;&quot;&gt;Selon Statistique Canada, l'anglicisation du Qu&#233;bec et des Qu&#233;b&#233;cois progresse : &#171; le nombre de personnes pouvant soutenir une conversation en anglais au Qu&#233;bec en 2001 s'&#233;levait &#224; 3 234 735 personnes soit 45,4 % de la population, une augmentation par rapport aux 42,9 % de 1996 et 40,9 % de 1991). De ceux-ci, 2 176 415 &#233;taient des francophones qui pouvaient converser en anglais, soit 37 % de l'ensemble des francophones, ce qui repr&#233;sente une augmentation relativement aux 34 % et 32 % observ&#233;s en 1996 et 1991 respectivement. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Toujours selon Statistique Canada, il y a au moins un anglophone du Qu&#233;bec sur trois qui ignore toujours la langue commune du Qu&#233;bec, le fran&#231;ais, ce qui revient le plus souvent &#224; imposer l'anglais &#224; ses interlocuteurs qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'anglais, langue du travail ! Toujours selon le recensement 2001 de Statistique Canada, &#171; l'anglais est largement pr&#233;sent sur le march&#233; du travail &#187; puisque &#171; neuf travailleurs anglophones sur dix au Qu&#233;bec utilisaient l'anglais au travail, 78 % le plus souvent et 15 % r&#233;guli&#232;rement. L'utilisation de l'anglais au travail &#233;tait aussi assez largement r&#233;pandue chez les francophones et les allophones. Pr&#232;s de 30 % des travailleurs francophones utilisaient au moins r&#233;guli&#232;rement l'anglais dans le cadre de leur emploi (8 % le plus souvent et 22 % r&#233;guli&#232;rement), et cette proportion atteignait 73 % chez les travailleurs allophones (50 % le plus souvent et 23 % r&#233;guli&#232;rement). Dans la Communaut&#233; urbaine de Montr&#233;al, o&#249; r&#233;sident la plupart des anglophones et des allophones de la province, 52 % des francophones et 76 % des allophones ont d&#233;clar&#233; utiliser au moins r&#233;guli&#232;rement l'anglais au travail. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p STYLE=&quot;text-align:justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Un exemple parmi bien d'autres de l'invasion de l'anglais&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un milieu propice pour ce genre de situation est bien celui du r&#233;dacteur ou de la r&#233;dactrice technique. Nous invitons nos lecteurs et lectrices &#224; lire ou &#224; relire notre chronique du 5 septembre 2002 intitul&#233;e &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/ds-deshaies/docs/02-9-5.html&quot;&gt;&lt;B&gt;&#171; En anglais d'abord ! &#187;&lt;/B&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le milieu du travail montr&#233;alais continue &#224; &#234;tre soumis au processus de bilinguisation quand il n'est pas carr&#233;ment contraint d'endosser un comportement d'unilingue anglais. Nos artistes francophones auront beau tenir des r&#244;les dans de nombreuses t&#233;l&#233;s&#233;ries produites par nos cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision fran&#231;aises ou que Radio-Canada nous produise une &#233;mission comme &lt;i&gt;Tout le monde en parle&lt;/i&gt;, m&#234;me avec une tr&#232;s forte cote d'&#233;coute et beaucoup de publicit&#233;, que cela ne changera pas la vie &#233;conomique et les conditions du monde du travail dans la m&#233;tropole qu&#233;b&#233;coise. Le fran&#231;ais &#224; la radio et &#224; la t&#233;l&#233;vision diffuse une culture de minoritaire. Il ne faut pas se suffire seulement d'un contr&#244;le incomplet sur la culture, mais il faut aussi &#234;tre capable d'agir par soi collectivement aux plans politique et &#233;conomique. Par cons&#233;quent, l'&#233;conomique doit &#234;tre per&#231;u dans l'optique ind&#233;pendantiste. Ce qui est aussi vrai pour le culturel et le politique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Finalement, force est de constater que la dimension &#233;conomique &#233;chappe encore &#224; la collectivit&#233; qu&#233;b&#233;coise malgr&#233; des progr&#232;s r&#233;els r&#233;alis&#233;s dans le monde des affaires, du commerce, de la finance, de l'a&#233;ronautique, de la recherche pharmaceutique et autres secteurs de l'activit&#233; &#233;conomique. Sans compter, en plus, des limites consid&#233;rables des pouvoirs de l'&#201;tat du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Les Qu&#233;b&#233;cois ne contr&#244;lent qu'un &#201;tat annex&#233;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les Qu&#233;b&#233;cois d&#233;couvrent tous les jours qu'ils ne contr&#244;lent qu'un &#201;tat &lt;i&gt;provincial&lt;/i&gt;. Ils r&#233;alisent de plus en plus que leur &#201;tat est r&#233;ellement un &#201;tat annex&#233; au sein d'un &#201;tat f&#233;d&#233;ral qui par essence est centralisateur. Ils se rendent compte qu'ils ne peuvent &#233;lire que des partis politiques &lt;i&gt;provinciaux&lt;/i&gt;. En tout et partout, ils vivent avec des moyens &lt;i&gt;provinciaux&lt;/i&gt;, des aspirations de &lt;i&gt;provinciaux&lt;/i&gt;, des fonctionnaires &lt;i&gt;provinciaux&lt;/i&gt;, des comportements &lt;i&gt;provinciaux&lt;/i&gt;, des gouvernements &lt;i&gt;provinciaux&lt;/i&gt; sans grandes ambitions et une fonction publique &lt;i&gt;provinciale&lt;/i&gt; qui raisonne et agit comme une administration municipale quand ce n'est pas tout simplement comme une succursale d'Ottawa. Faut-il citer des exemples ? la liste serait trop longue, car les histoires d'horreur semblent se multiplier avec la complicit&#233; et la duplicit&#233; de nos &#233;lites politiques, &#233;conomiques et culturelles.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; La soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise est subordonn&#233;e, subventionn&#233;e et conditionn&#233;e&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour clore ce chapitre peu reluisant, les Qu&#233;b&#233;cois ont des r&#233;flexes de subordonn&#233;s, de provincialis&#233;s et finalement d'assimil&#233;s. Ils ont surtout des r&#233;flexes de conditionn&#233;s. Qui peut s'emballer &#224; vouloir construire une soci&#233;t&#233;, une nation ou un &#201;tat juste un petit peu moins provincial, une &#233;conomie juste un petit peu moins d&#233;pendante, une vie politique juste un petit peu moins domin&#233;e par un autre ou une vie culturelle juste un petit peu moins subventionn&#233;e par le gouvernement f&#233;d&#233;ral ou par des soci&#233;t&#233;s d'&#201;tat f&#233;d&#233;rales ou par des programmes obscurs d'aide &#224; ceci ou &#224; cela distribu&#233;s avec discr&#233;tion. Prenez, par exemple, la programmation t&#233;l&#233;visuelle de Radio-Canada pour la premi&#232;re moiti&#233; de 2005. Avez-vous compt&#233; le nombre d'auteurs, de com&#233;diens et de com&#233;diennes, d'artistes, de r&#233;alisateurs et de tout un personnel technique qui vivent au crochet de cette institution de propagande canadian ? N'est-ce pas un tr&#232;s bel exemple de subordination culturelle ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;b&gt;Quatri&#232;me bilan : l'existence d'un Qu&#233;bec-Fran&#231;ais &lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comment interpr&#233;ter le fait que la langue fran&#231;aise ait pu r&#233;aliser des progr&#232;s au Qu&#233;bec, mais que la situation demeure toujours aussi pr&#233;caire quant &#224; l'existence d'un Qu&#233;bec-Fran&#231;ais ? En r&#233;ponse &#224; cette question, nous retenons ces deux observations de l'&#233;crivain Yves Beauchemin dans son article intitul&#233; &#171; Parler fran&#231;ais, pour combien de temps ? &#187; publi&#233; dans Le Devoir o&#249; il affirme que &#171; les langues ne flottent pas dans une sorte d'abstrait culturel. Elles reposent sur des bases &#233;conomiques et sociopolitiques. &#187; (Voir R&#201;F., no 4.) Toutefois, il n'en demeure pas moins que &#171; pour franciser, il faut des francophones ! &#187; Or, &#171; notre d&#233;clin d&#233;mographique et le rejet par le Canada de nos aspirations collectives les plus l&#233;gitimes nous obligent, pour conserver notre langue, base de notre identit&#233;, &#224; choisir la souverainet&#233;. &#187; (Voir Ibid.) Si ce choix ne se fait pas, une autre question se pose : &#171; Qu'a donc de si nocif le bilinguisme ? Ne repr&#233;sente-t-il pas une richesse ? Au plan individuel, oui, bien s&#251;r. Parler deux langues &#8211; ou trois ou quatre &#8211; c'est un atout. Mais appliqu&#233; de fa&#231;on collective et institutionnelle, le bilinguisme au Qu&#233;bec ne peut que menacer le fran&#231;ais. &#187; (Voir Ibid.)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous sommes l&#224; au c&#339;ur du probl&#232;me, car une autre question se pose : &#171; Pourquoi parler ou apprendre une langue qui ne serait pas utile en toutes circonstances, alors que sa rivale le serait ? &#187; (Voir Ibid.) Cette question fondamentale soul&#232;ve d'autres interrogations par rapport &#224; l'assimilation des individus et au comportement des collectivit&#233;s, entre autres celle-ci : quand tous les Qu&#233;b&#233;cois sauront parler anglais, &#224; quoi servira le fran&#231;ais ?&lt;/p&gt; &lt;h1&gt;LE BILINGUISME ET LE QU&#201;BEC IND&#201;PENDANT&lt;/h1&gt;
&lt;p STYLE=&quot;text-align:justify;&quot;&gt;Il d&#233;coule des rapports sociaux au Qu&#233;bec des conditions de vie en soci&#233;t&#233; qui ne sont pas strictement comparables &#224; d'autres soci&#233;t&#233;s ailleurs dans le monde. Les deux graphiques pr&#233;sent&#233;s ci-dessous posent le probl&#232;me du bilinguisme dans la vie de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise. Des similitudes peuvent toutefois exister avec d'autres soci&#233;t&#233;s, mais il faut toujours faire attention aux comparaisons trop h&#226;tives ou dangereusement superficielles. Pour se comprendre, les parties en bleu d&#233;signent les zones de bilinguisme. Ces zones ne sont fix&#233;es ni dans le temps ni dans l'espace ni par une proportion d&#233;finie &#224; priori. Elles sont le produit de l'histoire et elles peuvent changer d'une &#233;poque &#224; une autre.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.civilization.ca/cpm/chrono/chs1920f.html#1927&quot;&gt;&lt;IMG SRC=&quot;http://www.archives.vigile.net/ds-deshaies/docs5/199-2.jpg&quot; BORDER=&quot;0&quot; ALT=&quot;&quot;&gt; &lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p STYLE=&quot;text-align:justify;&quot;&gt;Dans une soci&#233;t&#233; normale, ce n'est pas &#224; la majorit&#233; linguistique d&#233;mographique de choisir la langue de la minorit&#233; (Figure no 1). Dans le cas d'une soci&#233;t&#233; normale, la langue de la majorit&#233; constitue la langue de communication des individus vivant dans cette soci&#233;t&#233;. Par contre, dans le cas d'une soci&#233;t&#233; anormale, c'est la majorit&#233; qui doit devenir bilingue pour satisfaire les besoins d'une minorit&#233; d'individus vivant dans cette soci&#233;t&#233; (Figure no 2). Dans une soci&#233;t&#233; normale, il est naturel de constater qu'une minorit&#233; d'individus conna&#238;t deux langues, m&#234;me trois ou plusieurs autres langues diff&#233;rentes. Cela est sain et m&#234;me souhaitable. En revanche, dans une soci&#233;t&#233; anormale, la masse serait tenue de conna&#238;tre deux langues presque obligatoirement, m&#234;me si au sommet une minorit&#233; d'individus plus ou moins consid&#233;rable en conna&#238;t deux, m&#234;me trois ou plusieurs autres.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les Qu&#233;b&#233;cois-Fran&#231;ais et les Qu&#233;b&#233;coises-Fran&#231;aises sont pour l'ensemble dans une situation anormale. Cet &#233;tat de fait provoque des tensions linguistiques au sein de la population et dans la soci&#233;t&#233; en g&#233;n&#233;ral. En d&#233;finitive, la Loi 101 visait principalement &#224; corriger cette situation pour la majorit&#233; des Qu&#233;b&#233;cois. Cela &#233;tait tout &#224; fait normal. Dans une soci&#233;t&#233; de droit, comme c'est le cas au Qu&#233;bec, ce geste politique &#233;tait parfaitement correct et justifi&#233;. C'&#233;tait l'inverse qui devenait anormal. La dynamique int&#233;grale (interne) d'une soci&#233;t&#233; ne devrait pas soulever de probl&#232;mes comparables &#224; cet &#233;gard. Admettre des immigrants et soumettre apr&#232;s coup la majorit&#233; d'accueil &#224; une tierce langue est le commencement de la confusion et le d&#233;but de l'anarchie sociale tant au plan culturel que sur tous les autres plans de la vie et des conditions de vie en soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une culture ne peut pas se d&#233;fendre si elle ne peut ma&#238;triser les codes de communication entre les individus. Toutefois, cette conception de la langue, m&#234;me vue dans une perspective plus large de culture et d'identit&#233;, est insuffisante et partielle. &#171; Une culture nationale ne se b&#226;tit pas en l'air, a d&#233;clar&#233; l'historien Guy Fr&#233;gault, en 1955, devant l'Institut canadien des affaires publiques. [...] Pour se d&#233;velopper, a-t-il ajout&#233;, elle doit &#234;tre nourrie et soutenue par un groupe humain qui dispose des ressources, des institutions et surtout de &#171; l'outillage mental &#187; qu'il faut pour organiser son territoire, sa politique, son &#233;conomie, sa soci&#233;t&#233;. Cette constatation nous permet tout de suite de remarquer combien Canadiens fran&#231;ais et Canadiens anglais se trouvent plac&#233;s dans des conditions diff&#233;rentes lorsqu'il s'agit de travailler &#224; l'&#233;panouissement de leur culture respective. &#187; (Cf. &lt;a href=&quot;http://www.rond-point.qc.ca/rond-point/histoire/avenir.html#nbp1-retour&quot;&gt;&lt;B&gt;Le Rond-Point des sciences humaines&lt;/B&gt;&lt;/a&gt;.)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les deux graphiques repr&#233;sentent deux situations linguistiques tr&#232;s diff&#233;rentes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans la premi&#232;re figure, la soci&#233;t&#233; mod&#232;le est compos&#233;e d'une population qui poss&#232;de une langue qui est connue et partag&#233;e par l'ensemble de la population du pays. Parmi cette soci&#233;t&#233;, une &#233;lite, des groupes divers et des individus ma&#238;trisent deux, trois ou plusieurs langues. En g&#233;n&#233;ral, ils se retrouvent parmi les classes dirigeantes de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans la seconde figure, il y a effectivement une &#233;lite, des groupes divers et des individus qui ma&#238;trisent deux, trois ou plusieurs langues. Par contre, cette soci&#233;t&#233; mod&#232;le est compos&#233;e d'une zone singuli&#232;re o&#249; la collectivit&#233; majoritaire, d&#233;molinguistiquement parlant, est invit&#233;e &#224; endosser la langue d'une minorit&#233; qui poss&#232;de des moyens plus grands pour satisfaire son d&#233;veloppement politique, &#233;conomique et culturel. Ce transfert vers la langue de la minorit&#233; dans cette soci&#233;t&#233; n'est plus une question d'apprentissage d'une langue seconde, mais bel et bien un transfert vers l'assimilation des individus, bien s&#251;r, mais d'une collectivit&#233; toute enti&#232;re. Ce qui est le pr&#233;lude &#224; sa disparition.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans notre esprit, la langue seconde n'est pas l'&#233;quivalent de la langue de la minorit&#233; qu&#233;b&#233;coise anglaise. La langue de la minorit&#233; n'est plus &#171; seconde &#187; parce qu'elle est une &#171; force &#187; au sens de Maurice S&#233;guin (cf. Les Normes, &#171; Chapitre deuxi&#232;me &#187;). Par cons&#233;quent, le cas de la soci&#233;t&#233; anormale rel&#232;ve plus de la th&#233;orie de la dynamique int&#233;grale des forces (internes) dans une soci&#233;t&#233; que des concepts de sociolinguistique. Comme force, la langue de la minorit&#233; n'est pas seconde, elle est premi&#232;re. D'o&#249; l'inclusion des Qu&#233;b&#233;cois-Fran&#231;ais au sein de la zone du bilinguisme forc&#233; et de leur subordination &#224; la langue de la communaut&#233; minoritaire au sein de la population qu&#233;b&#233;coise (cf. Figure no 2). La situation du Qu&#233;bec-Fran&#231;ais est en cela tr&#232;s diff&#233;rente de celle d'une soci&#233;t&#233; normale. Les Qu&#233;b&#233;cois doivent se lib&#233;rer de l'&#233;treinte fatale du bilinguisme forc&#233; sinon c'est la r&#233;duction de la force de la majorit&#233; fran&#231;aise et l'assimilation compl&#232;te &#224; plus ou moins longue &#233;ch&#233;ance.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;&lt;font size=&quot;+1&quot;&gt;&#171; Mais appliqu&#233; de fa&#231;on collective et institutionnelle,&lt;br&gt; le bilinguisme au Qu&#233;bec ne peut que menacer le fran&#231;ais. &#187;&lt;br&gt;
(Yves Beauchemin)&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p STYLE=&quot;text-align:justify;&quot;&gt;Le bilinguisme, c'est plus compliqu&#233; qu'on le dit ! Ce qui donne la situation explosive du Qu&#233;bec entre deux finalit&#233;s nationales oppos&#233;es : la lib&#233;ration collective &#171; lucide et responsable &#187; ou l'assimilation &#171; tranquille et irr&#233;vocable &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il est plus que temps de mettre fin &#224; la tradition et &#224; l'illusion collective des Qu&#233;b&#233;cois-Fran&#231;ais de penser qu'ils peuvent demeurer fid&#232;les &#224; eux-m&#234;mes en laissant persister syst&#233;matiquement l'id&#233;ologie du bilinguisme soci&#233;tal et institutionnel. D'o&#249; cet appel &#224; Yves Beauchemin qui nous servira de conclusion.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;b&gt;&#171; Il suffirait pourtant, &#233;crit-il, de nous &#233;lever &#224; la hauteur des circonstances pour obtenir cette chose qui, de tout temps, nous a appartenu mais qui nous a toujours si cruellement manqu&#233; : la libert&#233;, dans toute sa pl&#233;nitude, et sa magnifique concr&#233;tisation : le premier &#201;tat fran&#231;ais d'Am&#233;rique. &#187;&lt;/b&gt; (Voir R&#201;F., no 4.)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bruno Deshaies&lt;/p&gt; &lt;h1&gt;R&#201;F&#201;RENCES :&lt;/h1&gt;
&lt;p STYLE=&quot;text-align:justify;&quot;&gt;(1) Michel BRUNET, &#171; Les servitudes et les d&#233;fis du bilinguisme. &#187; Dans &lt;i&gt;Qu&#233;bec Canada anglais, Deux itin&#233;raires, un affrontement&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, Les &#233;ditions HMH, 1963, pages 185-204. Une partie seulement de cette &#233;tude fut publi&#233;e sous le titre &#171; Servitudes du bilinguisme &#187;. Cahiers de l'Acad&#233;mie canadienne-fran&#231;aise : linguistique, 1960, 61-70.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(2) Michel BRUNET, &#171; L'immigration et le peuplement du Canada. Les Immigrants, enjeu de la lutte entre les deux collectivit&#233;s fondatrices du Canada. &#187; Dans &lt;i&gt;Qu&#233;bec Canada anglais, Deux itin&#233;raires, un affrontement&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, Les &#233;ditions HMH, 1963, pages 205-220. Conf&#233;rence prononc&#233;e au Deuxi&#232;me Congr&#232;s National sur les Slaves du Canada, Universit&#233; d'Ottawa (10 juin 1967). Dans cette conf&#233;rence. on trouve l'aphorisme c&#233;l&#232;bre de Michel Brunet au sujet du nombre et de son rapport &#224; l'histoire. &#171; &lt;b&gt;En histoire&lt;/b&gt;, &#233;crit-il, &lt;b&gt;c'est d'abord le nombre qui compte : premi&#232;rement, le nombre, deuxi&#232;mement, le nombre et troisi&#232;mement, encore le nombre. Ensuite, il est possible d'aborder d'autres questions. &lt;/b&gt; &#187; (p. 211)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;(3) Jacques LECLERC, &lt;a href=&quot;http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/francophonie/histfrnqc.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;&lt;i&gt;Histoire de la langue fran&#231;aise&lt;/i&gt;&lt;/B&gt;&lt;/a&gt;. &lt;a href=&quot;http://www.tlfq.ulaval.ca/presentation.asp&quot;&gt;&lt;B&gt;&lt;i&gt;Tr&#233;sor de la langue fran&#231;aise au Qu&#233;bec&lt;/i&gt; (TLFQ)&lt;/B&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.tlfq.ulaval.ca/presentation.asp&quot;&gt;&lt;IMG SRC=&quot;http://www.archives.vigile.net/ds-deshaies/docs5/199-3.jpg&quot; BORDER=&quot;0&quot; ALT=&quot;&quot;&gt; &lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p STYLE=&quot;text-align:justify;&quot;&gt;Les travaux effectu&#233;s par l'&#233;quipe du TLFQ sont sous l'&#233;gide du &lt;a href=&quot;http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/index.shtml&quot;&gt;&lt;B&gt;Centre interdisciplinaire sur les activit&#233;s langagi&#232;res (CIRAL)&lt;/B&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans la page Internet du site intitul&#233; &lt;a href=&quot;http://www.teluq.uquebec.ca/cgi-bin/diverscite/genermtl/url.cgi?no_cours=detailles&amp;action=3&amp;no_reference=5&quot;&gt;&lt;B&gt;&lt;i&gt;L'am&#233;nagement linguistique dans le monde&lt;/i&gt;&lt;/B&gt;&lt;/a&gt;, Jacques Leclerc dresse un portrait de l'origine et de l'&#233;volution de la langue fran&#231;aise &#224; travers le r&#233;cit de neuf grandes p&#233;riodes historiques, allant de l'&#233;poque du monde romain jusqu'&#224; celle, actuelle, du fran&#231;ais contemporain. Le texte contient des illustrations ainsi que des phrases ou des mots sur lesquels l'internaute peut cliquer afin d'obtenir des renseignements compl&#233;mentaires. VOIR : &#171; &#201;tude et analyse du fran&#231;ais. Histoire du fran&#231;ais et &#233;tymologie. &#187; Source d'information : &lt;a href=&quot;http://www.olf.gouv.qc.ca/ressources/liens/etudes/histoire.html&quot;&gt;&lt;B&gt;Office de la langue fran&#231;aise du Qu&#233;bec.&lt;/B&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La partie consacr&#233;e &#224; l'&lt;a href=&quot;http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/francophonie/histfrnqc.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;&#171; Histoire du fran&#231;ais au Qu&#233;bec. &#187;&lt;/B&gt;&lt;/a&gt; couvre le fran&#231;ais en Nouvelle-France jusqu'aux nouvelles r&#233;orientations et strat&#233;gies de 1982 &#224; nos jours. Ce dossier constitue un volet des recherches men&#233;es autour du th&#232;me de &lt;i&gt;L'am&#233;nagement linguistique dans le monde&lt;/i&gt;. D'ailleurs, &lt;a href=&quot;http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/francophonie/francophonieacc.htm&quot;&gt;&lt;B&gt;cette &#233;tude entre dans le cadre de l'analyse des probl&#232;mes relevant de la francophonie&lt;/B&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;h1&gt;Table des mati&#232;res&lt;/h1&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Section 1 : &lt;br&gt;
La p&#233;riode de la Nouvelle-France (1534-1760) : l'&#233;mergence du fran&#231;ais&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Section 2 : &lt;br&gt;
Le r&#233;gime britannique (1760-1840) : la travers&#233;e du d&#233;sert d'une majorit&#233; menac&#233;e&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Section 3 : &lt;br&gt;
L'Union et la Conf&#233;d&#233;ration (1840-1960) : apprendre &#224; vivre en minorit&#233;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Section 4 :&lt;br&gt;
La modernisation du Qu&#233;bec (1960-1981) : le fran&#231;ais, langue &#233;tatique&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Section 5 :&lt;br&gt;
R&#233;orientations et nouvelles strat&#233;gies : de 1982 &#224; nos jours&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Section 6 : &lt;br&gt;
Bibliographie&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p STYLE=&quot;text-align:justify;&quot;&gt;(4)	Yves BEAUCHEMIN, &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/independance/beauchemintemps.html&quot;&gt;&lt;B&gt;&#171; Parler fran&#231;ais, pour combien de temps ? Notre d&#233;clin d&#233;mographique et le rejet par le Canada de nos aspirations collectives les plus l&#233;gitimes nous obligent, pour conserver notre langue, &#224; choisir la souverainet&#233;. &#187;&lt;/B&gt;&lt;/a&gt; Dans &lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt;, mardi 9 mars 1999.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name=&quot;1&quot;&gt;&lt;/a&gt;
&lt;a href=&quot;&quot;&gt;&lt;B&gt;&lt;/B&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p STYLE=&quot;text-align:justify;&quot;&gt;Monsieur et cher ami,&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai lu avec beaucoup d'int&#233;r&#234;t et beaucoup d'attention votre admirable dernier article de &lt;i&gt;Vigile&lt;/i&gt; (20 janvier 2005) sur le &#171; Bilinguisme &#187;, que nous devrions tous lire. Permettez-moi de vous faire les remarques suivantes, en guise de modeste compl&#233;ment. D'abord, ne faudrait-il pas ajouter &#224; vos propos que la plupart des Terriens ne connaissent qu'une seule langue ? Leur langue maternelle leur suffit. Voil&#224; l'&#233;tat normal d'une soci&#233;t&#233; : le concept d'&lt;i&gt;unilinguisme&lt;/i&gt; va tellement de soi que, jusqu'&#224; tout r&#233;cemment, le &lt;i&gt;Petit Larousse&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;Petit Robert&lt;/i&gt; ne faisaient m&#234;me pas mention de ce mot (on ne le trouvait que dans le &lt;i&gt;Grand Robert&lt;/i&gt;, de m&#234;me que &lt;i&gt;monolinguisme&lt;/i&gt;, avec la mention &lt;i&gt;Mil. XXe s&lt;/i&gt;.). Voil&#224; ce que tous les Qu&#233;b&#233;cois devraient savoir, cessant du coup d'&#233;prouver de la culpabilit&#233; s'ils ne connaisent pas l'anglais ; &#224; condition, bien entendu, que nous nous mobilisions, par ailleurs (nos dirigeants ont toujours refus&#233; de le faire), pour que, sauf exception professionnelle, on puisse gagner sa vie en fran&#231;ais au Qu&#233;bec, ce qui est de moins en moins le cas, h&#233;las !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En outre, il serait peut-&#234;tre utile de modifier la d&#233;finition du &lt;i&gt;bilinguisme&lt;/i&gt; que nous donnent les dictionnaires de la fa&#231;on suivante : le &lt;i&gt;bilinguisme&lt;/i&gt; est l'&#233;tat d'une personne ou d'une collectivit&#233; &#171; qui est &lt;u&gt;oblig&#233;e&lt;/u&gt; de conna&#238;tre, en plus de sa langue maternelle, une autre langue bien pr&#233;cise, et qui varie suivant les pays &#187;. Obligation donc absence de libert&#233;, coercition. L'obligation peut provenir d'une loi, comme celle qui r&#233;git les services f&#233;d&#233;raux suisses et canadiens, ou simplement du fait que, sans une seconde langue, il est &#224; peu pr&#232;s impossible &#224; la majorit&#233; de gagner honorablement sa vie, comme c'est le cas actuellement pour un trop grand nombre de Qu&#233;b&#233;cois et comme c'est la cons&#233;quence normale d'un &#233;tablissement &#224; l'&#233;tranger pour un &#233;migrant. Il peut arriver, &#233;galement, que leur langue maternelle soit si peu r&#233;pandue que certains nationaux, &#224; cause de leur profession, doivent adopter une langue &#233;trang&#232;re pour communiquer avec le monde. Ce n'est certes pas le cas de celui qui est de langue fran&#231;aise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Croyez &#224; mes sentiments d&#233;vou&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Gaston Laurion, 23.1.2005&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a name=&quot;2&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;b&gt;CHAPEAU &#224; monsieur Deshaies pour cette chronique&lt;/b&gt;. Il a r&#233;ussi &#224; expliquer le probl&#232;me de fond qui gruge la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise-fran&#231;aise. Via les tribulations de l'histoire de notre langue, nous d&#233;couvrons une des facettes de l'annexion. Une facette, car la langue n'est pas tout dans une soci&#233;t&#233;. En effet, une nation doit consid&#233;rer toutes les facettes qui m&#232;nent &#224; sa libert&#233;, c'est-&#224;-dire le culturel, l'&#233;conomique, le politique, autant &#224; l'int&#233;rieur qu'&#224; l'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pierre Daviau&lt;br&gt;
Qu&#233;bec&lt;br&gt;
Le 24 janvier 2005&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;

		</content:encoded>
]

		

	</item>



	<item>
		<title>De Saint-L&#233;onard &#224; H&#233;rouxville</title>
		<link>http://www.vigile.net/De-Saint-Leonard-a-Herouxville</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.vigile.net/De-Saint-Leonard-a-Herouxville</guid>
		<dc:date>2008-02-13T12:04:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Christian Rioux - www.inroadsjournal.ca/</dc:creator>
		


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		<description>Pr&#232;s de 40 ans apr&#232;s les &#233;v&#233;nements de Saint-L&#233;onard, le Qu&#233;bec est &#224; nouveau &#224; la crois&#233;e des chemins et ses &#233;lites semblent faire preuve de la m&#234;me inconscience. Soit, les forces politiques trouvent le moyen de renouer un pacte avec la majorit&#233; francophone. Un pacte garantissant &#224; cette (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Entre mes quatre murs de glace&lt;br&gt;
Je mets mon temps et mon espace&lt;br&gt;
&#192; pr&#233;parer le feu la place&lt;br&gt;
Pour les humains de l'horizon&lt;br&gt;
Et les humains sont de ma race. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Mon pays&lt;/i&gt;, Gilles Vigneault&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Qui se souvient de Saint-L&#233;onard ? Cette ancienne municipalit&#233; devenue
depuis un simple arrondissement de la ville de Montr&#233;al a laiss&#233; son nom &#224;
l'un des plus tristes &#233;v&#233;nements de l'histoire r&#233;cente du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Saint-L&#233;onard fut en effet le th&#233;&#226;tre des seuls v&#233;ritables affrontements
interethniques que le Qu&#233;bec moderne issu de la R&#233;volution tranquille ait
connu. Au moment o&#249; la petite municipalit&#233; de H&#233;rouxville a d&#233;cid&#233; de
manifester avec humour son insatisfaction &#224; l'&#233;gard de l'immigration
musulmane (en se donnant un code de vie interdisant notamment la lapidation
des femmes) et o&#249; de nombreux t&#233;moignages aux audiences publiques de la
Commission Bouchard-Taylor manifestent des frictions grandissantes entre
Qu&#233;b&#233;cois dits de souche et certaines communaut&#233;s immigrantes, il importe
de se rappeler cet &#233;pisode dramatique de l'histoire du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La question se pose en effet de savoir si le Qu&#233;bec n'est pas en quelque
sorte de retour &#224; la case d&#233;part. La conjoncture actuelle ressemble
&#233;trangement &#224; cette &#233;poque o&#249; le nationalisme qu&#233;b&#233;cois aurait facilement
pu donner naissance &#224; un mouvement de droite, ou m&#234;me d'extr&#234;me droite,
identifiant l'immigration comme une de ses principales cibles. On sait que
tel ne fut pas le cas et que, malgr&#233; des frictions r&#233;elles, le nationalisme
qu&#233;b&#233;cois prit rapidement la forme d'un mouvement lib&#233;ral de centre gauche
soucieux d'accueillir les nouveaux venus mieux que dans la majorit&#233; des
pays du monde. Mais ce genre de choix n'est jamais d&#233;finitif et si les
propos entendus &#224; la Commission Bouchard-Taylor d&#233;montrent une chose, c'est
que la question de l'attitude &#224; adopter &#224; l'&#233;gard de l'immigration est de
nouveau pos&#233;e au mouvement nationaliste qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais pour comprendre combien ce d&#233;bat est actuel, il faut d'abord remonter
dans l'histoire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Des &#233;meutes ethniques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le 3 septembre 1969, une &#233;meute &#233;clate &#224; Saint-L&#233;onard. Elle oppose des
Italo-Qu&#233;b&#233;cois qui revendiquent une &#233;ducation en anglais pour leurs
enfants &#224; des membres du mouvement pour l'int&#233;gration scolaire (MIS), un
groupe de parents francophones et de militants nationalistes qui r&#233;clament
l'int&#233;gration des enfants d'immigrants au syst&#232;me d'&#233;ducation francophone.
&#192; cette &#233;poque, en effet, les immigrants qui s'installaient au Qu&#233;bec
avaient le choix de la langue d'enseignement de leurs enfants. Avec pour
r&#233;sultats qu'ils choisissaient l'anglais dans leur immense majorit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On a peine &#224; imaginer que ce conflit prendra alors une tournure
v&#233;ritablement violente. &#192; la suite d'une d&#233;cision de la commission scolaire
d'imposer des cours de fran&#231;ais aux enfants d'immigrants allophones, les
membres de la communaut&#233; italienne de Saint-L&#233;onard refusent d'envoyer
leurs enfants &#224; l'&#233;cole. Une premi&#232;re bagarre &#233;clate lors d'une r&#233;union du
MIS &#224; la Commission scolaire J&#233;r&#244;me-Le Royer. Elle fait quatre bless&#233;s,
dont le pr&#233;sident du mouvement, Raymond Lemieux. Une semaine plus tard, une
nouvelle altercation se d&#233;roule dans les rues de Saint-L&#233;onard. Elle fera
elle aussi plusieurs bless&#233;s. Le MIS (qui deviendra la Ligue pour
l'int&#233;gration scolaire) s'est fait interdire le droit de manifester &#224;
Saint-L&#233;onard. Mais son leader, Raymond Lemieux, invite ses membres &#224;
braver l'interdiction. Ils seront 1 000 &#224; se pr&#233;senter sur le terrain du
centre commercial Le Boulevard. La nouvelle &#233;chauffour&#233;e fait 18 bless&#233;s et
d'importants d&#233;g&#226;ts mat&#233;riels. La Loi de l'&#233;meute est proclam&#233;e et plus de
500 policiers casqu&#233;s, dont 300 de la S&#251;ret&#233; du Qu&#233;bec, interviennent pour
s&#233;parer les bellig&#233;rants &#224; coups de matraques et de gaz lacrymog&#232;nes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Peu de temps apr&#232;s, l'Assembl&#233;e nationale parfaitement inconsciente des
inqui&#233;tudes ressenties par la population francophone met litt&#233;ralement le
feu aux poudres en adoptant la Loi 63, reconnaissant aux parents le libre
choix de la langue d'enseignement de leurs enfants. L'&#233;v&#233;nement provoquera
des manifestations parmi les plus imposantes que le Qu&#233;bec ait connues.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Apr&#232;s bien des p&#233;rip&#233;ties, ces &#233;v&#233;nements m&#232;neront &#224; l'adoption de lois
plus conformes &#224; la volont&#233; populaire et restaurant une certaine paix
linguistique, comme la loi 22 faisant du fran&#231;ais la langue officielle du
Qu&#233;bec, et la loi 101, obligeant les immigrants &#224; int&#233;grer l'&#233;cole
fran&#231;aise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; l'image du d&#233;bat actuel sur le kirpan &#224; l'&#233;cole ou le port du voile pour
aller voter, cette crise trouve sa source dans un &#171; accommodement &#187; &#224;
l'&#233;gard d'une population immigrante jug&#233; d&#233;raisonnable par la majorit&#233;
francophone. La commission scolaire locale estime alors n&#233;cessaire de
mettre fin &#224; l'exp&#233;rience des classes bilingues et de les remplacer par des
classes de fran&#231;ais. L'importante minorit&#233; italienne, plus encline &#224;
envoyer ses enfants dans des &#233;coles bilingues, d&#233;nonce cette d&#233;cision.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme aujourd'hui, les &#233;lites lib&#233;rales et nationalistes &#8212; c'est en effet
l'Union nationale de Jean-Jacques Bertrand qui propose la loi 63 &#8212; n'ont
rien vu venir. Elles poussent m&#234;me l'inconscience jusqu'&#224; prendre parti,
contre la majorit&#233; francophone (elle-m&#234;me minoritaire au Canada), pour la
minorit&#233; immigrante. La loi 63 aurait en effet consacr&#233; la minorisation
progressive des francophones dans leur propre province, puisque chacun sait
que les populations immigrantes choisissent tout naturellement pour leurs
enfants la langue majoritaire du Canada et de l'Am&#233;rique du nord.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On accuse souvent les Qu&#233;b&#233;cois de se m&#233;fier de l'immigration et de c&#233;der
ainsi &#224; un &#171; complexe de minoritaires &#187;. Ils ont pourtant des raisons d'&#234;tre
prudents. Ne sont-ils pas les rejetons des anciens Canadiens, puis des
Canadiens fran&#231;ais, d&#233;j&#224; massivement minoris&#233;s en Am&#233;rique par
l'immigration massive qu'a connu le Canada avant comme apr&#232;s la
Conf&#233;d&#233;ration de 1867. Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; les premiers &#224; explorer l'Am&#233;rique
du nord des Appalaches aux Rocheuses, les descendants des premiers colons
fran&#231;ais voient ce processus d'assimilation se poursuivre de plus belle au
sein m&#234;me de ce qu'ils consid&#233;raient comme leur dernier rempart, la
province de Qu&#233;bec. Ce processus semble m&#234;me encourag&#233; par une partie de
leur &#233;lite nationaliste.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le retour sur cette p&#233;riode de notre histoire permet de comprendre
comment la situation explosive du Qu&#233;bec d'alors contenait tous les
ingr&#233;dients n&#233;cessaires au d&#233;veloppement d'un mouvement nationaliste de
droite et m&#234;me d'extr&#234;me droite en r&#233;action &#224; l'immigration. Le Qu&#233;bec
poss&#233;dait m&#234;me toutes les caract&#233;ristiques pour y voir appara&#238;tre des
mouvements ouvertement x&#233;nophobes comme le Vlams Belang en Flandres et le
Front national en France.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On devrait m&#234;me aujourd'hui s'&#233;tonner que le Qu&#233;bec d'alors n'ait pas
connu de v&#233;ritables mouvements x&#233;nophobes. Le m&#233;rite en revient &#224; Ren&#233;
L&#233;vesque et au mouvement ind&#233;pendantiste d&#233;mocratique aussi repr&#233;sent&#233; par
des organisations comme le RIN qui, au lieu de s'en prendre aux populations
immigrantes, les invitera au contraire &#224; participer au mouvement national
qu&#233;b&#233;cois en plein essor, &#224; apprendre le fran&#231;ais et &#224; int&#233;grer une soci&#233;t&#233;
v&#233;ritablement pluraliste. Le po&#232;te G&#233;rald Godin devenu ministre de
l'Immigration du gouvernement de Ren&#233; L&#233;vesque symbolisera plus que tout
autre cette ouverture &#224; l'&#233;gard des populations immigrantes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au lieu d'assister &#224; la naissance d'un mouvement nationaliste de droite
aux relents x&#233;nophobes, comme en connaissent la Flandre, les Pays-Bas, la
France, le Piedmont et tant d'autres pays, le Qu&#233;bec verra fleurir un
mouvement souverainiste atypique de centre gauche largement inclusif et
ouvert &#224; l'immigration. C'est m&#234;me le Parti qu&#233;b&#233;cois qui fera &#233;lire le
premier d&#233;put&#233; noir de l'histoire du Qu&#233;bec. On ne conna&#238;t pas beaucoup de
mouvements nationalistes dans le monde dont le porte-voix culturel a
chant&#233;, comme l'a fait Gilles Vigneault : &#171; Entre mes quatre murs de glace/Je
mets mon temps et mon espace/&#192; pr&#233;parer le feu la place/Pour les humains de
l'horizon/Et les humains sont de ma race. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;40 ans plus tard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comment en sommes-nous arriv&#233; aujourd'hui &#224; une situation o&#249; une partie
non n&#233;gligeable du Qu&#233;bec francophone semble &#224; nouveau se m&#233;fier de
l'immigration et y voir une menace pour sa survie ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour saisir ce qui se passe aujourd'hui, il faut comprendre le pacte
qu'ont propos&#233; dans les ann&#233;es 70 les souverainistes aux Qu&#233;b&#233;cois et aux
populations immigrantes. Il s'agissait de redonner &#224; la majorit&#233;
francophone l'assurance de sa survie et de son &#233;panouissement dans une
soci&#233;t&#233; o&#249; elle acc&#232;derait enfin au statut de peuple majoritaire. En
contrepartie, cette population avait toutes les raisons de se montrer
magnanime et ouverte &#224; l'immigration.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; terme, cette garantie s'inscrivait dans un mouvement qui promettait de
reconqu&#233;rir linguistiquement la ville de Montr&#233;al et d'institutionnaliser
v&#233;ritablement les droits de la minorit&#233; francophone en en faisant une
majorit&#233; dans un Qu&#233;bec en marche vers son ind&#233;pendance, ou du moins vers
une tr&#232;s grande autonomie politique. D'ailleurs, les dirigeants du Parti
qu&#233;b&#233;cois ont tellement int&#233;gr&#233; cette donn&#233;e qu'ils ont sans cesse montr&#233;
l'exemple en agissant comme s'ils &#233;taient d&#233;j&#224; le gouvernement d'un pays
ind&#233;pendant. Ainsi, les &#233;lites souverainistes se sont-elles mises &#224; &#234;tre
les principaux promoteurs au Qu&#233;bec d'un multi-ethnisme &#224; la qu&#233;b&#233;coise,
rebaptis&#233; &#171; interculturalisme &#187; selon les mots m&#234;mes de la Commission
Bouchard-Taylor ? Le concept ne faisait que reprendre le discours
multiethnique canadien en l'adaptant un peu et en rappelant notamment
l'importance de la langue fran&#231;aise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Or, non seulement les promesses du mouvement souverainiste n'ont-elles pas
&#233;t&#233; tenues, mais les Qu&#233;b&#233;cois d&#233;couvrent aujourd'hui que ce qu'ils
consid&#233;raient comme des protections in&#233;branlables sont beaucoup plus
fragiles que pr&#233;vu. On ne s'&#233;tonnera donc pas que le pacte nou&#233; dans les
ann&#233;es 70 ne tienne plus.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;chec de la loi 101&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'abord, le mouvement souverainiste a perdu deux r&#233;f&#233;rendums en 1980 et
1995. Pour de tr&#232;s nombreux nationalistes, l'ouverture &#224; l'immigration
avait un sens en autant que le Qu&#233;bec progresse, peut-&#234;tre lentement mais
s&#251;rement, vers l'ind&#233;pendance. Or, cette lente progression a &#233;t&#233;
brutalement interrompue en 1995. Les promesses d'un troisi&#232;me r&#233;f&#233;rendum
n'ont encore convaincu personne. Les souverainistes eux-m&#234;mes sont donc
aujourd'hui tent&#233;s par d'autres solutions, comme l'autonomisme de droite
que proposent Mario Dumont et l'ADQ.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ensuite, les Qu&#233;b&#233;cois d&#233;couvrent que les barri&#232;res qu'ils avaient
&#233;rig&#233;es contre l'assimilation ne remplissent leur r&#244;le qu'&#224; moiti&#233;. Tout
particuli&#232;rement &#224; Montr&#233;al. Trente ans apr&#232;s l'adoption de la loi 101, on
sait que cette loi est parvenue &#224; donner un visage francophone au Qu&#233;bec.
On sait qu'elle a permis de retarder le rouleau compresseur canadien, mais
pas de l'arr&#234;ter. En effet, toutes les enqu&#234;tes montrent que, malgr&#233; la
loi, moins de 50% des nouveaux arrivants s'int&#232;grent &#224; terme dans la
majorit&#233; francophone. Cela signifie que, 40 ans apr&#232;s Saint-L&#233;onard, plus
de la moiti&#233; des immigrants qui arrivent au Qu&#233;bec choisissent au bout d'un
certain nombre d'ann&#233;es de rejoindre la minorit&#233; anglophone du Qu&#233;bec. Les
souverainistes qui ont &#233;rig&#233; la loi 101 en v&#233;ritable symbole identitaire
h&#233;sitent toujours &#224; reconna&#238;tre ce qu'il faudra bien un jour appeler
l'&#233;chec de la loi 101, du moins en ce qui concerne l'int&#233;gration de plus de
la moiti&#233; des immigrants qu&#233;b&#233;cois et la reconqu&#234;te linguistique de
Montr&#233;al.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un lecteur du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Devoir&lt;/i&gt; racontait r&#233;cemment comment se d&#233;roulaient les
festivit&#233;s qu'organisent chaque ann&#233;e les habitants de la Petite Italie, le
quartier italien traditionnel de Montr&#233;al. Plut&#244;t que de se d&#233;rouler en
fran&#231;ais, ou m&#234;me en italien, la langue dominante de ces festivit&#233;s est
aujourd'hui encore l'anglais. Et cela en plein c&#339;ur de la seconde m&#233;tropole
francophone du monde.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Certes, les nouveaux arrivants sortent g&#233;n&#233;ralement de l'&#233;cole bilingue.
Mais, le fran&#231;ais demeure pour la majorit&#233; d'entre eux une langue seconde
qu'ils utilisent dans l'espace public chaque fois qu'ils sont oblig&#233;s de le
faire, mais dont ils h&#233;sitent encore &#224; faire leur langue d'usage &#224; la
maison, autrement dit leur langue maternelle. Faut-il rappeler que, lorsque
les Qu&#233;b&#233;cois ont brav&#233; les pr&#233;jug&#233;s du monde anglophone et la charte des
droits canadienne pour faire adopter la loi 101, ce n'&#233;tait pas pour
parvenir int&#233;grer 45% des immigrants, mais leur juste part, c'est-&#224;-dire
pr&#232;s de 90%. Ce n'&#233;tait pas non plus pour fabriquer une nouvelle population
organiquement bilingue capable de lui r&#233;pondre poliment dans sa langue. On
dira qu'une partie de ces immigrants qui choisissent l'anglais choisissent
aussi souvent d'aller vivre dans une province anglophone. Ce faisant, ils
contribuent n&#233;anmoins &#224; la minorisation des Qu&#233;b&#233;cois dans l'ensemble
canadien o&#249; ceux-ci ne repr&#233;sentent d&#233;j&#224; plus que 23% de la population.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;cemment &#8212; autre signe d'ins&#233;curit&#233; identitaire &#8212;, c'est &#224; l'unanimit&#233; que
l'assembl&#233;e nationale du Qu&#233;bec s'est oppos&#233;e &#224; la r&#233;duction de la
proportion de d&#233;put&#233;s qu&#233;b&#233;cois si&#233;geant &#224; Ottawa. Une d&#233;clin dont le
Canada se soucie comme d'une guigne tant il semble inscrit dans l'histoire
du pays.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le pacte symbolis&#233; par la loi 101 impliquait que, d'un c&#244;t&#233;, les Qu&#233;b&#233;cois
francophones s'ouvrent largement aux nouveaux arrivants, mais que, de
l'autre, ceux-ci s'int&#232;grent au bout d'une ou deux g&#233;n&#233;rations, en faisant
du fran&#231;ais leur langue d'usage principale. Or, ce pacte n'a jamais &#233;t&#233;
tenu. Et la population francophone s'en rend dramatiquement compte
aujourd'hui. Les populations qui entourent l'&#238;le de Montr&#233;al, celles du
c&#233;l&#232;bre 4-5-0, d&#233;couvrent souvent avec stupeur que sous l'effet de la
mondialisation et malgr&#233; la loi 101, leur m&#233;tropole est de plus en plus
bilingue. Le processus en cours n'est pas celui ancien d'une anglicisation
des francophones, mais plut&#244;t celui d'une bilinguisation rampante, pour ne
pas dire d'une &#171; acadianisation &#187;, les Montr&#233;alais pratiquant de plus en plus
une sorte de bilinguisme organique &#224; la mani&#232;re des Catalans. D'ailleurs
une partie du mouvement nationaliste qu&#233;b&#233;cois n'a-t-elle pas d&#233;j&#224; propos&#233;
une forme de &#171; catalanisation &#187; de la vie politique qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme en 1969, les &#233;lites politiques nationalistes, soucieuses de ne pas
passer pour &#171; ethniciste &#187;, ne semblent avoir rien vu venir. Comme l'Union
nationale de l'&#233;poque, avec sa loi 63, elles ont m&#234;me contribu&#233; &#224; accentuer
le sentiment d'ins&#233;curit&#233; et de perte des rep&#232;res linguistiques et
culturels.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On se souviendra du toll&#233; soulev&#233; l'an dernier par la premi&#232;re version du
nouveau programme d'histoire du secondaire qui passait sous silence des
moments aussi marquants que la bataille des Plaines d'Abraham et les
insurrections des patriotes de 1837 et 1838. Certes, le programme a &#233;t&#233;
r&#233;vis&#233;, mais il en est rest&#233; un go&#251;t amer dans la population qui craint
dor&#233;navant que les &#233;lites cosmopolites de Montr&#233;al ne passent par pertes et
profits des pans entiers de son identit&#233; qu&#233;b&#233;coise et de son histoire
nationale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le nouveau programme d'&#233;thique et de culture religieuse est de la m&#234;me
eau. Depuis la R&#233;volution tranquille, les Qu&#233;b&#233;cois comptent parmi les
peuples du monde qui fr&#233;quentent le moins les &#233;glises. Ils n'en continuent
pas moins &#224; se dire majoritairement catholiques lorsqu'on leur pose la
question. Ils pratiquent une religion &#171; soft &#187; qui tient plus de l'identit&#233;
personnelle que de la manifestation publique. Par contre, au primaire, 80%
continuent &#224; inscrire leurs enfants au cours de cat&#233;ch&#232;se plut&#244;t qu'&#224;
l'enseignement moral pourtant offert dans toutes les &#233;coles publiques. &#192;
l'heure des r&#233;volutions p&#233;dagogiques &#224; r&#233;p&#233;tition, ils optent souvent pour
ce cours parce qu'ils souhaitent simplement donner &#224; leurs enfants un
enseignement conforme &#224; celui qu'ils ont eux-m&#234;mes re&#231;u 30 ans plus t&#244;t.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais voil&#224; qu'un certain nombre de fonctionnaires se sont mis en t&#234;te, &#224; la
suite d'un jugement de la Cour supr&#234;me, d'&#233;liminer totalement la cat&#233;ch&#232;se
&#224; l'&#233;cole et de la remplacer par un programme la&#239;c de type britannique
pr&#233;sentant sur un pied de relative &#233;galit&#233; toutes les croyances, de
l'indouisme &#224; l'animisme. Un pas que m&#234;me un pays aussi la&#239;c que la France
n'a jamais franchi puisque, les mercredis apr&#232;s-midi y restent libres afin
de permettre aux parents d'offrir &#224; leurs enfants l'&#233;ducation religieuse de
leur choix. &#171; L'am&#233;nagement de la religion de la majorit&#233; (chr&#233;tienne) &#224;
l'&#233;cole est donc en train de passer &#224; la trappe. (&#8230;) Qu'on ne se surprenne
pas que cela cause des remous &#187;, &#233;crivait fort justement notre ancien
coll&#232;gue Jean-Fran&#231;ois Lis&#233;e, directeur du Centre d'&#233;tudes et de recherches
internationales de l'Universit&#233; de Montr&#233;al (C&#201;RIUM).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ajoutons &#224; ce portrait des causes de l'ins&#233;curit&#233; linguistique et
culturelle le r&#233;cent jugement de la Cour d'appel du Qu&#233;bec qui vient
d'invalider la Loi 104. Cette loi visait &#224; colmater une br&#232;che de la loi
101 utilis&#233;e par certains parents afin d'envoyer leurs enfants &#224; l'&#233;cole
anglaise. Avant l'adoption de la loi 104, en 2002, il suffisait en effet
qu'un enfant fr&#233;quente pendant un an une &#233;cole anglaise priv&#233;e
non-subventionn&#233;e pour devenir aussit&#244;t admissible au r&#233;seau d'&#233;coles
anglaises publiques. Si ce jugement devait &#234;tre confirm&#233;e, il consacrerait
le droit de contourner la loi 101 pour tous les parents qui ont les moyens
de payer &#224; leurs enfants une ann&#233;e &#224; l'&#233;cole priv&#233;e non-subventionn&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Rappelons-nous aussi que tout ce d&#233;bat se d&#233;roule dans le contexte d'une
augmentation massive de l'immigration. Depuis 2002, le nombre de nouveaux
arrivants au Qu&#233;bec a augment&#233; de 40%, une progression fulgurante qui
ferait d&#233;bat dans l'importe quel pays. Et plusieurs proposent de hausser &#224;
nouveau ces quotas. On le constate, les sympt&#244;mes ne manquent pas pour
aviver le sentiment d'ins&#233;curit&#233; linguistique et culturelle des Qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sympt&#244;mes qui s'inscrivent enfin dans le ressac que cr&#233;e &#224; travers le monde
la progression de la mondialisation qui suscite de vives r&#233;actions jusque
dans des pays comme la Grande-Bretagne et la France, dont l'identit&#233; n'est
pourtant ni fragile ni menac&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; la crois&#233;e des chemins&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pr&#232;s de 40 ans apr&#232;s les &#233;v&#233;nements de Saint-L&#233;onard, le Qu&#233;bec est &#224;
nouveau &#224; la crois&#233;e des chemins et ses &#233;lites semblent faire preuve de la
m&#234;me inconscience. Soit, les forces politiques trouvent le moyen de renouer
un pacte avec la majorit&#233; francophone. Un pacte garantissant &#224; cette
majorit&#233; qu'elle pourra un jour agir comme une v&#233;ritable majorit&#233; dans un
Qu&#233;bec pluraliste et ouvert &#224; une immigration qui s'int&#232;gre &#224; elle, soit
nous assisterons &#224; un repli identitaire facilement explicable et fort
compr&#233;hensible. Le mouvement nationaliste qu&#233;b&#233;cois suivra alors la voie
des mouvements semblables en Flandres ou au Piedmont. Priv&#233;s de toute
perspective d'&#234;tre un jour &#171; ma&#238;tres chez eux &#187;, conscients de leur
minorisation progressive au Qu&#233;bec comme dans l'ensemble canadien, les
Qu&#233;b&#233;cois se barricaderont autant que possible. Cela pourra ouvrir la voie
&#224; des mouvements x&#233;nophobes, ou plus simplement &#224; une opposition massive et
radicale &#224; l'immigration comme elle existe jusque dans les partis de gauche
en France et en Allemagne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le Qu&#233;bec aura alors rat&#233; une occasion unique de d&#233;montrer &#224; la face du
monde que son nationalisme pouvait &#234;tre ouvert &#224; la diversit&#233; et
accueillant entre tous. Il n'est cependant pas compl&#232;tement exclu que, dans
le cadre constitutionnel actuel, les nationalistes puissent trouver des
&#233;l&#233;ments de programme permettant de redonner confiance &#224; la population dans
sa capacit&#233; d'int&#233;grer un jour 80% de la population immigrante. Certains
sugg&#233;raient r&#233;cemment d'examiner la possibilit&#233; d'imposer, comme en
Grande-Bretagne et en France, que 100% des futurs immigrants connaissent le
fran&#231;ais. De nombreux militants nationalistes r&#233;clament aussi depuis
longtemps que l'obligation faite aux enfants d'immigrants de fr&#233;quenter
l'&#233;cole fran&#231;aise s'&#233;tende au niveau coll&#233;gial (C&#233;geps). Il serait
probablement temps d'examiner s&#233;rieusement ces propositions qui ne
manqueront pas cependant d'aviver le conflit entre Qu&#233;bec et Ottawa.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au lieu de lever le nez sur ce que certains nomment avec m&#233;pris
&#171; l'arri&#232;re-go&#251;t &#187; de plusieurs t&#233;moignages entendus &#224; la commission
Bouchard-Taylor, au lieu de ridiculiser les Qu&#233;b&#233;cois des r&#233;gions qui ne
communient pas au cosmopolitisme branch&#233; de l'&#233;lite montr&#233;alaise, la gauche
qu&#233;b&#233;coise ferait mieux de trouver les moyens concrets de renouer un pacte
aujourd'hui bien mal-en-point.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1593 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:138px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.inroadsjournal.ca/linkpgs/curissue.htm&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_13-inroads.jpg' width=&quot;138&quot; height=&quot;171&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;Christian Rioux est le correspondant du &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Devoir&lt;/i&gt; &#224; Paris. Il est membre
associ&#233; de la Chaire Raoul Dandurand en &#233;tudes internationales, La version
anglaise de ce texte a &#233;t&#233; publi&#233;e dans le dernier num&#233;ro de la revue
&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Inroads&lt;/i&gt; (no 22, hiver-printemps 2008).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;a href=&quot;mailto:crioux@ledevoir.com&quot;&gt;crioux@ledevoir.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

		</content:encoded>
]

		

	</item>



	<item>
		<title>Le fran&#231;ais perd du terrain </title>
		<link>http://www.vigile.net/Le-francais-perd-du-terrain,10645</link>
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		<dc:date>2007-12-04T22:30:00Z</dc:date>
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		<description>Au Qu&#233;bec, on comptait l'an dernier 5,7 millions de personnes ayant le fran&#231;ais pour langue maternelle, soit 79,6 pour cent de la population. C'est la premi&#232;re fois depuis 1931 que cette proportion est inf&#233;rieure &#224; 80 pour (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1340 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:301px;'&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.cyberpresse.ca/article/20071204/CPACTUALITES/71204038/6488/CPACTUALITES&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;&lt;img src='http://www.vigile.net/IMG/jpg_4-francais-lp.jpg' width=&quot;301&quot; height=&quot;331&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;
Karine Fortin - Le fran&#231;ais a perdu du terrain partout au pays y compris au Qu&#233;bec, m&#234;me si un nombre plus important que jamais d'immigrants parlent cette langue &#224; la maison, r&#233;v&#232;lent les donn&#233;es du dernier recensement rendues publiques mardi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;M&#234;me si le nombre de francophones a augment&#233; entre 2001 et 2006, leur poids relatif a diminu&#233; et ils ne repr&#233;sentent plus que 22,1 pour cent de la population, r&#233;v&#232;le Statistique Canada. Cela se compare &#224; 22,9 pour cent en 2001 et &#224; 26,1 pour cent en 1971.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au Qu&#233;bec, on comptait l'an dernier 5,7 millions de personnes ayant le fran&#231;ais pour langue maternelle, soit 79,6 pour cent de la population. C'est la premi&#232;re fois depuis 1931 que cette proportion est inf&#233;rieure &#224; 80 pour cent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'apr&#232;s Statcan, cette baisse est attribuable &#224; une l&#233;g&#232;re hausse de la population anglophone de la province ainsi qu'&#224; l'acc&#233;l&#233;ration de l'immigration allophone au cours des cinq derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; C'est la premi&#232;re fois qu'on observe une telle croissance, en Qu&#233;bec au particulier, on a eu une croissance de pr&#232;s de 25 pour cent du nombre d'allophones pendant la p&#233;riode de recensement &#187;, explique l'analyste Jean-Pierre Corbeil.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &#192; court terme, &#231;a se traduit par une baisse du groupe majoritaire, tant au Qu&#233;bec qu'&#224; l'ext&#233;rieur. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais pour la premi&#232;re fois, plus d'allophones ont adopt&#233; la langue de Moli&#232;re que celle de Shakespeare comme principale langue d'usage au foyer entre 2001 et 2006. La tendance est particuli&#232;rement marqu&#233;e parmi les nouveaux arrivants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; L'explication est assez simple &#187;, souligne M. Corbeil. Le Qu&#233;bec, qui contr&#244;le une bonne partie de son immigration, favorise des personnes qui ont une connaissance du fran&#231;ais. C'est notamment le cas des ressortissants du Maghreb.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Ces immigrants qui proviennent essentiellement du Maroc, de l'Alg&#233;rie et de la France utilisent d&#233;j&#224; le fran&#231;ais dans leur quotidien &#187;, fait-il valoir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'analyste rappelle aussi que les immigrants doivent absolument envoyer leurs enfants &#224; l'&#233;cole fran&#231;aise depuis l'adoption de la Charte de la langue fran&#231;aise &#252; la loi 101&#252; il y a 30 ans.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La situation est fort diff&#233;rente &#224; l'ext&#233;rieur du Qu&#233;bec o&#249; les nouveaux arrivants s'int&#232;grent g&#233;n&#233;ralement &#224; la communaut&#233; anglophone majoritaire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les francophones ne comptent plus que pour 4,1 pour cent de la population, comparativement &#224; 4,4 pour cent en 2001. Cette baisse prolonge une tendance observ&#233;e depuis plus d'un demi-si&#232;cle.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les francophones hors-Qu&#233;bec repr&#233;sentaient 7,3 pour cent de la population canadienne en 1951 et 6,0 pour cent en 1971.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ces donn&#233;es sur la situation des communaut&#233;s linguistiques minoritaires seront certainement abord&#233;es par l'ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick, Bernard Lord, charg&#233; de faire des recommandations pour le plan d'action pour les langues officiel que les conservateurs ont promis de faire adopter.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le premier plan, qui date de 2005, vient &#224; &#233;ch&#233;ance au d&#233;but de 2008.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;a href=&quot;http://www.cyberpresse.ca/article/20071204/CPACTUALITES/71204038/6488/CPACTUALITES&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;source&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;hr class=&quot;spip&quot; /&gt;
&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Points saillants des donn&#233;es du recensement sur l'immigration et les langues&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La Presse Canadienne&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ottawa&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Voici les points saillants des donn&#233;es du recensement sur l'immigration et la situation linguistique au pays, rendues publiques mardi par Statistique Canada.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Pr&#232;s du cinqui&#232;me des personnes vivant au Canada en 2006 &#233;taient n&#233;es &#224; l'&#233;tranger. C'est la proportion la plus &#233;lev&#233;e enregistr&#233;e depuis les ann&#233;es 1930 ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Cela fait du Canada un pays plus multiculturel que les &#201;tats-Unis &gt; o&#249; 12,5 pour cent de la population est n&#233;e &#224; l'&#233;tranger &gt; mais moins que l'Australie ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Plus de 60 pour cent des immigrants vivent dans les villes de Toronto, Vancouver et Montr&#233;al. &#192; peine 5 pour cent s'&#233;tablissent dans les r&#233;gions rurales ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; La plupart des nouveaux arrivants au Canada proviennent d'Asie et du Moyen-Orient. L'Europe, qui a fourni au pays la majorit&#233; de ses immigrants tout au long du XXe si&#232;cle, se classe d&#233;sormais deuxi&#232;me ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Environ 20 pour cent de la population canadienne n'a ni le fran&#231;ais, ni l'anglais comme langue maternelle ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Plus d'un million de personnes vivant au Canada ont l'un ou l'autre des dialectes chinois cpmme langue maternelle. Dans certaines banlieues de Toronto et de Vancouver, les anglophones sont maintenant minoritaires ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Le fran&#231;ais a perdu du terrain partout au pays, y compris au Qu&#233;bec. Cette situation est principalement attribuable &#224; l'acc&#233;l&#233;ration de l'immigration ; les francophones repr&#233;sentent d&#233;sormais 22,1 pour cent de la population ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Moins de 10 pour cent des anglophones du Canada parlent aussi fran&#231;ais. &#192; l'ext&#233;rieur du Qu&#233;bec, la proportion chute &#224; 7,4 pour cent ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Parmi les francophones, 42,4 pour cent disaient pouvoir soutenir une conversation en anglais en 2006. Au Qu&#233;bec, un francophone sur trois se dit bilingue comparativement &#224; 83,6 pour cent des francophones hors Qu&#233;bec ;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; La proportion de francophones qui se sont dits bilingues a diminu&#233; depuis 2001 dans presque toutes les provinces. Statcan consid&#232;re ce r&#233;sultat comme une anomalie et croit qu'un courriel anonyme invitant les francophones hors Qu&#233;bec &#224; se d&#233;clarer unilingues &#171; pour prot&#233;ger les services en fran&#231;ais &#187; pourrait &#234;tre &#224; l'origine de ce ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;a href=&quot;http://www.cyberpresse.ca/article/20071204/CPACTUALITES/71204050/6488/CPACTUALITES&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;source&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Speak white !</title>
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		<dc:creator>Christian Rioux - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>Pratiquement inexistantes il y a une d&#233;cennie, les lois d'int&#233;gration linguistique sont aujourd'hui l&#233;gion non seulement en Europe du Nord mais aussi en Allemagne, en France et en Grande-Bretagne. Les rares pays qui n'en ont pas, comme l'Italie et l'Espagne, (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/IMG/arton10358.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;192&quot; height=&quot;152&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pratiquement inexistantes il y a une d&#233;cennie, les lois d'int&#233;gration linguistique sont aujourd'hui l&#233;gion non seulement en Europe du Nord mais aussi en Allemagne, en France et en Grande-Bretagne. Les rares pays qui n'en ont pas, comme l'Italie et l'Espagne, songent &#224; s'en donner. Regard sur des pratiques m&#233;connues &#224; l'heure o&#249; le Qu&#233;bec d&#233;bat &#224; son tour du sujet.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Paris &#8212; On y voit des femmes aux seins d&#233;couverts et des homosexuels qui s'embrassent dans un parc. Difficile de faire plus explicite que ce petit vid&#233;o coquin destin&#233; aux candidats &#224; l'immigration aux Pays-Bas. &#171; Take it or leave it &#187; : telle semble &#234;tre la nouvelle devise d'un pays qui &#233;tait il n'y a pas si longtemps le paradis du multiculturalisme. La vid&#233;o en n&#233;erlandais fait partie du mat&#233;riel p&#233;dagogique destin&#233; &#224; pr&#233;parer les candidats &#224; l'immigration au test de langue et de culture n&#233;erlandaises qu'ils devront r&#233;ussir avant d'&#234;tre admis dans le pays. Une version moins explicite a cependant d&#251; &#234;tre r&#233;alis&#233; pour des pays comme l'Iran o&#249; la possession de telles images est passible de prison.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Sans aller jusque-l&#224;, la majorit&#233; des pays europ&#233;ens ne rigolent plus avec les langues. La plupart jugent aujourd'hui n&#233;cessaire de tout faire pour en assurer le meilleur apprentissage possible par les nouveaux arrivants. &#192; Bruxelles, l'acquisition de la langue du pays d'accueil est d'ailleurs un des onze principes de base communs de l'embryon de ce qu'on qualifie, un peu pompeusement, de &#171; politique europ&#233;enne d'int&#233;gration &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On pensait que l'insistance sur l'int&#233;gration linguistique se limitait aux nations minoritaires comme le Qu&#233;bec, la Catalogne ou le Pays basque. Mais ce n'est plus le cas. &#171; &#201;videmment, par de telles mesures, certains cherchent tout simplement &#224; freiner l'immigration. Mais la plupart des pays ont compris que la m&#233;connaissance de la langue nationale &#233;tait un des principaux obstacles &#224; une int&#233;gration r&#233;ussie &#187;, dit Ines Michalowski, de l'universit&#233; de M&#252;nster, en Allemagne.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les attentats de Londres en juillet 2005 et l'assassinat aux Pays-Bas du cin&#233;aste Theo Van Gogh par un extr&#233;miste islamiste en novembre 2004 ont constitu&#233; des points tournants. Ils ont &#233;t&#233; le pr&#233;texte &#224; tous les extr&#233;mismes ainsi qu'&#224; l'&#233;laboration de v&#233;ritables politiques d'int&#233;gration qui vont rester une fois l'&#233;moi pass&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Selon Kees Groenendijk, pr&#233;sident du Center for Migration Law de l'universit&#233; de Nijmegen, aux Pays-Bas, il importe de distinguer les mesures qui ne visent qu'&#224; bloquer l'arriv&#233;e d'immigrants de celles qui permettent de mieux les int&#233;grer. &#171; Les tests linguistiques que les Pays-Bas, le Danemark et l'Allemagne ont r&#233;cemment d&#233;cid&#233; de faire passer &#224; l'&#233;tranger aux candidats &#224; la r&#233;unification familiale ne visent qu'&#224; refouler les immigrants les moins instruits. Par contre, les mesures obligatoires destin&#233;es &#224; permettre l'apprentissage de la langue nationale par les nouveaux venus repr&#233;sentent des facteurs importants d'int&#233;gration. &#187; La preuve, dit-il, que ces nouveaux tests linguistiques administr&#233;s &#224; l'&#233;tranger ne sont que des mesures d'&#233;cr&#233;mage, c'est qu'aux Pays-Bas, par exemple, les Canadiens, les Am&#233;ricains, les Australiens, les N&#233;o-Z&#233;landais, les Japonais et les Cor&#233;ens en sont exempt&#233;s !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Est-ce parce que leur langue est tr&#232;s peu parl&#233;e dans le monde que les 5,5 millions de Danois ont &#233;t&#233; pratiquement les premiers Europ&#233;ens &#224; se pr&#233;occuper de l'int&#233;gration linguistique des &#233;trangers ? D&#232;s 1986, le Danemark fait de l'apprentissage du danois un droit pour les immigrants et un devoir pour l'&#201;tat danois. Depuis 2005, les &#233;trangers r&#233;sidants au Danemark doivent m&#234;me s'engager par &#233;crit &#224; assurer la formation linguistique des parents qu'ils font venir. Obligatoire pour les nouveaux arrivants qui ne parlent pas le danois, la formation peut s'&#233;taler sur trois ans. Avec le temps, les Danois ont donn&#233; des dents &#224; leur loi. Depuis quelques ann&#233;es, nul ne peut obtenir un titre de r&#233;sident illimit&#233; et la naturalisation sans r&#233;ussir un examen officiel.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tr&#232;s t&#244;t, les Pays-Bas embo&#238;t&#232;rent le pas &#224; son cousin du nord. On sait que ce pays a radicalement tourn&#233; le dos aux politiques multiculturelles apr&#232;s l'assassinat du cin&#233;aste Theo Van Gogh par un extr&#233;miste islamiste en novembre 2004. Pourtant, cette remise en cause a des racines beaucoup plus anciennes. D&#232;s 1994, un premier rapport r&#233;v&#233;lait qu'&#224; peine 25 % des immigrants avaient une connaissance de base du n&#233;erlandais. Les autres le baragouinaient &#224; peine.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Les N&#233;erlandais ont vite pris conscience que l'apprentissage de leur langue &#233;tait d&#233;terminant pour &#233;viter que les immigrants ne se retrouvent &#224; la charge de l'&#201;tat, dit Ines Michalowski. Avec le temps, ils s'apercevront aussi que pour assurer l'int&#233;gration des enfants, il fallait enseigner le n&#233;erlandais aux parents. Au d&#233;but, il s'agissait d'un simple calcul &#233;conomique. Puis on a d&#233;couvert que la langue transmettait des valeurs. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D&#232;s le milieu des ann&#233;es 90, les Pays-Bas cr&#233;ent donc un premier programme obligatoire d'apprentissage du n&#233;erlandais. Au d&#233;part, il ne s'adressait qu'aux prestataires de la s&#233;curit&#233; sociale. Puis, il sera progressivement &#233;largi &#224; tous les nouveaux arrivants. La formation est fix&#233;e &#224; environ 500 heures de cours de langue et 30 heures de cours d'&#233;ducation civique. Malgr&#233; tout, en 2002, on d&#233;couvre que 60 % des participants ne parviennent toujours pas &#224; atteindre un niveau convenable. On d&#233;cide alors de porter &#224; 800 le nombre d'heures de formation linguistique. Depuis le d&#233;but, les immigrants qui re&#231;oivent des prestations sociales peuvent se les voir retirer s'ils n'assistent pas &#224; leurs cours. Aujourd'hui, l'arsenal des sanctions va des amendes au retrait de la carte de r&#233;sident.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais Kees Groenendijk ne croit pas beaucoup &#224; l'efficacit&#233; de ces sanctions. &#171; Elles sont tr&#232;s difficiles &#224; appliquer et ne donnent pas vraiment de r&#233;sultats. Il est presque impossible de faire la preuve qu'un immigrant a volontairement refus&#233; de suivre ses cours. Et puis, on n'apprend pas sous la menace. De toute fa&#231;on, les classes sont pleines. Ce n'est pas l'absent&#233;isme qui est inqui&#233;tant, mais le manque de cours, les soirs et les samedis par exemple. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On se souvient que la ministre de l'Immigration, la lib&#233;rale Rita Verdonk, connue pour son approche muscl&#233;e, avait refus&#233; la naturalisation acc&#233;l&#233;r&#233;e au footballeur Salomon Kalou, qui devait jouer dans l'&#233;quipe nationale n&#233;erlandaise. La ministre jugeait que le joueur n'&#233;tait pas en mesure de r&#233;ussir les tests linguistiques demand&#233;s aux nouveaux arrivants.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En pleine surench&#232;re populiste, son gouvernement a rompu avec dix ans d'une riche exp&#233;rience qui commen&#231;ait &#224; porter des fruits. La derni&#232;re loi, qui date de 2006, donne trois ans aux immigrants pour obtenir leur certificat linguistique. Ils doivent s'inscrire dans des instituts priv&#233;s et payer eux-m&#234;mes le co&#251;t des cours en attendant un hypoth&#233;tique remboursement de 70 % apr&#232;s la r&#233;ussite de l'examen. &#171; Le r&#233;sultat, dit Groenendijk, c'est que les immigrants doivent emprunter pour payer leurs cours et que les classes, qui &#233;taient autrefois pleines, sont maintenant vides. &#187; La situation est un tel fiasco que la nouvelle ministre travailliste Ella Vogelaar a d&#233;j&#224; annonc&#233; une nouvelle loi d'ici l'&#233;t&#233; et le retour &#224; une attitude plus ouverte.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'Allemagne embo&#238;te le pas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'un des premiers pays europ&#233;ens &#224; s'inspirer des Pays-Bas dans les ann&#233;es 90 a &#233;t&#233; l'Allemagne. Le pays &#233;tait &#224; peine mieux nanti puisque les &#233;tudes r&#233;v&#233;laient que seulement 36 % des immigrants qui y posaient le pied avaient quelques connaissances en allemand. En 2001, un rapport proposa d'adopter le mod&#232;le des Polders. Le d&#233;bat a &#233;t&#233; long, car l'Allemagne &#233;tait en pleine r&#233;forme de sa loi sur l'immigration. Il faudra donc attendre 2005 pour que les immigrants se voient enfin offrir 600 heures de cours d'allemand obligatoires. Les cours sont financ&#233;s par l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral, mais chaque participant paie en principe un euro par heure de cours. Ceux qui &#233;chouent peuvent &#234;tre oblig&#233;s de rembourser le prix r&#233;el des cours. Une mesure destin&#233;e, dit-on, &#224; r&#233;duire l'absent&#233;isme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les &#233;trangers d&#233;j&#224; admis qui touchent des prestations de ch&#244;mage et qui ne parlent presque pas l'allemand peuvent &#234;tre mis en demeure de suivre des cours. Comme aux Pays-Bas, ceux qui ne se conforment pas &#224; leurs obligations peuvent voir leurs avantages sociaux r&#233;duits, &#233;coper d'une amende ou m&#234;me se faire refuser le renouvellement de leur carte de r&#233;sident.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Mais on n'a pas vu de cas d'expulsion, dit Ines Michalowski. Il n'est pas facile d'expulser un immigrant qu'on a d&#233;j&#224; admis sur le territoire, m&#234;me si on peut l'emp&#234;cher d'obtenir une carte de dix ans. &#187; Devant les pi&#232;tres r&#233;sultats aux examens, la chanceli&#232;re Angela Merkel a r&#233;cemment propos&#233; de hausser &#224; 900 le nombre d'heures de cours obligatoires. On a aussi d&#233;couvert avec plaisir que de nombreux immigrants arriv&#233;s en Allemagne depuis longtemps s'y inscrivent. Jusqu'&#224; 56 % des participants peuvent &#234;tre des immigr&#233;s arriv&#233;s dans le pays il y a plusieurs ann&#233;es. &#171; On a cr&#233;&#233; une demande, dit Ines Michalowski. Et c'est tr&#232;s positif. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme dans la plupart des pays europ&#233;ens, l'Allemagne a aussi d&#233;cid&#233; d'imposer un test d'allemand pour l'obtention de la citoyennet&#233;. Mais les immigrants qui ont r&#233;ussi leurs cours en sont dispens&#233;s. Ces derniers peuvent aussi demander la citoyennet&#233; apr&#232;s sept ans de r&#233;sidence au lieu des huit ans r&#233;glementaires, un incitatif qui vise &#224; r&#233;compenser l'immigrant au lieu de le punir.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;M&#234;me l'Angleterre et la France&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Un peu partout en Europe, les exp&#233;riences n&#233;erlandaises et allemandes ont fait des petits. On ne compte plus le nombre de pays qui se sont donn&#233;s des programmes plus ou moins semblables. L'Irlande offre jusqu'&#224; 1000 heures de cours facultatifs d'anglais aux immigrants qui le d&#233;sirent.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;M&#234;me l'Angleterre, jusque-l&#224; peu encline &#224; ce genre de mesures, a r&#233;solument emprunt&#233; cette direction. L'anglais a beau &#234;tre la langue internationale par excellence, la naturalisation des immigrants est l'objet d'un test d'anglais depuis 2002. Depuis le mois d'avril, m&#234;me les candidats &#224; un permis de long s&#233;jour au Royaume-Uni doivent passer un examen de langue et de connaissance du pays. Le test co&#251;te 70 $ et le livret qui permet de r&#233;viser se d&#233;taille 25 $. &#171; Il est essentiel que les immigrants souhaitant vivre au Royaume-Uni de mani&#232;re permanente reconnaissent les responsabilit&#233;s que cela entra&#238;ne &#187;, a d&#233;clar&#233; le secr&#233;taire d'&#201;tat &#224; l'immigration Liam Byrne. Les associations de d&#233;fense des immigrants soup&#231;onnent le gouvernement de vouloir ainsi favoriser les immigrants les plus riches et les plus instruits.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En France, c'est en 2002, sous Jacques Chirac, que fut pos&#233;e pour la premi&#232;re fois la question de l'apprentissage du fran&#231;ais pour l'int&#233;gration des immigrants. D&#232;s lors, on proposa aux nouveaux venus un contrat d'int&#233;gration qui offrait un apprentissage minimum de la langue et une sensibilisation au mode de vie. &#192; l'&#233;poque, sur 100 000 &#233;trangers arrivant l&#233;galement chaque ann&#233;e, 8000 seulement faisaient l'objet d'un soutien linguistique. Depuis 2006, un &#233;tranger admis pour la premi&#232;re fois au s&#233;jour en France et qui souhaite s'y &#233;tablir doit signer un &#171; contrat d'accueil et d'int&#233;gration &#187; qui lui permet de recevoir entre 200 et 600 heures de cours de fran&#231;ais plus une trentaine d'heures d'initiation aux sp&#233;cificit&#233;s de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise. Comme le Royaume-Uni, la France fait pourtant partie des rares pays qui ont la chance d'accueillir une majorit&#233; d'immigrants qui parlent d&#233;j&#224; leur langue. &#171; Acqu&#233;rir une langue, c'est aussi acqu&#233;rir les valeurs du pays, dit Patrick Butor, directeur de la Direction de la population et des migrants. Ces cours dor&#233;navant obligatoires permettent notamment de rejoindre des populations isol&#233;es, comme certaines femmes musulmanes ou analphab&#232;tes qui, autrement, n'apprendraient pas le fran&#231;ais. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La France n'a pas opt&#233; pour un arsenal r&#233;pressif et les cours y demeurent gratuits. Mais, les immigrants qui n'ont pas une connaissance de base du fran&#231;ais se verront dor&#233;navant refuser la carte de s&#233;jour de dix ans, l'&#233;quivalent de la r&#233;sidence permanente.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Le multiculturalisme est mort &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les changements radicaux survenus aux Pays-Bas et au Royaume-Uni ont amen&#233; de nombreux observateurs &#224; conclure que les deux principaux piliers europ&#233;ens du multiculturalisme s'&#233;taient effondr&#233;s. D&#232;s 2006, l'ancien conseiller municipal travailliste proche de Tony Blair, Trevor Phillips, &#233;tait cat&#233;gorique : &#171; Le multiculturalisme est mort ! &#187; Originaire de Guyana, Phillips dirige la commission britannique pour l'&#233;galit&#233; et les droits humains. Il a pourtant longtemps d&#233;fendu la politique officielle du multiculturalisme britannique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme l'avait d&#233;j&#224; not&#233; le sociologue Rogers Brubaker, de l'Universit&#233; de la Californie &#224; Los Angeles, les ann&#233;es 80 et 90 ont &#233;t&#233; celles des id&#233;ologies &#171; diff&#233;rentialistes &#187; valorisant les &#171; communaut&#233;s culturelles &#187; les plus diverses. D&#232;s 2001, Brubaker notait pourtant un certain retour &#224; une conception plus traditionnelle de l'int&#233;gration selon laquelle les immigrants ou leurs descendants ont pour vocation de s'assimiler &#224; terme au groupe culturel majoritaire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Avec les nouvelles politiques d'immigration europ&#233;ennes, &#171; l'accent est mis sur ce que tous les citoyens doivent avoir de commun &#187;, &#233;crivait r&#233;cemment le politologue du CNRS Jean-Claude Monod. Les nouveaux programmes &#171; insistent sur les devoirs comme r&#233;ciproques des droits, sur la loyaut&#233; attendue en contrepartie de l'accueil &#187;, m&#234;me si certains pays poussent cette conception &#224; l'extr&#234;me en exigeant pratiquement que les immigrants s'int&#232;grent avant m&#234;me de fouler le sol du pays d'accueil. Par ailleurs, pr&#233;cise Monod, une certaine &#171; accommodation pragmatique &#187; de la diversit&#233;, notamment religieuse, s'est aussi produite dans les pays comme la France, qui n'ont jamais communi&#233; au multiculturalisme.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bref, si l'assimilation est peut-&#234;tre devenue un peu plus accueillante qu'autrefois, le multiculturalisme, lui, est &#224; l'agonie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Correspondant du Devoir &#224; Paris&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;a href=&quot;http://www.ledevoir.com/2007/11/17/164798.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;source&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>Apprentissage de la langue nationale - Quand les r&#233;gions imposent leur volont&#233;</title>
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		<dc:creator>Christian Rioux - Le Devoir</dc:creator>
		


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		<description>Une citoyennet&#233; qu&#233;b&#233;coise avec des crit&#232;res diff&#233;rents de la citoyennet&#233; canadienne ? Le projet de Pauline Marois n'aurait rien de bien original en Suisse o&#249; il y a longtemps que ce genre de d&#233;bat n'effraie plus personne, comme l'a constat&#233; notre correspondant. Paris &#8212; (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Une citoyennet&#233; qu&#233;b&#233;coise avec des crit&#232;res diff&#233;rents de la citoyennet&#233; canadienne ? Le projet de Pauline Marois n'aurait rien de bien original en Suisse o&#249; il y a longtemps que ce genre de d&#233;bat n'effraie plus personne, comme l'a constat&#233; notre correspondant.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Paris &#8212; Depuis 1955, le canton de Neuch&#226;tel impose &#224; tout nouveau citoyen &#171; une connaissance suffisante du fran&#231;ais &#187;. Ce n'est qu'&#224; ce prix que l'on peut devenir Neuch&#226;telois, et par la m&#234;me occasion Suisse. Par contre, dans les cantons o&#249; la langue officielle est l'allemand ou une variante locale, c'est cette derni&#232;re qui est exig&#233;e. Les cantons bilingues demandent quant &#224; eux la connaissance d'une des langues officielles.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En effet, en Suisse, la citoyennet&#233; est une responsabilit&#233; partag&#233;e par l'&#201;tat central et les cantons. En plus des crit&#232;res nationaux, chaque canton peut aussi fixer ses propres crit&#232;res sans que cela ne fasse pousser des cris d'orfraie aux d&#233;fenseurs des droits.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans certains cantons, on se contente de v&#233;rifier ces connaissances linguistiques par un test oral. Dans d'autres, le candidat est aussi soumis &#224; une &#233;preuve &#233;crite. Il faut dire que la Suisse est un des pays o&#249; la naturalisation est la plus difficile &#224; obtenir. Il faut en effet 12 ans de r&#233;sidence pour pouvoir devenir Suisse et un peu moins pour ceux qui ont grandi dans le pays.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Depuis quelques ann&#233;es, la majorit&#233; des cantons proposent aux nouveaux arrivants des cours de langue et des programmes de connaissance du pays &#187;, explique Thomas Faccinetti, d&#233;l&#233;gu&#233; aux &#233;trangers du canton de Neuch&#226;tel. Fier d'une forte tradition d'immigration, Neuch&#226;tel s'est donn&#233; en 1996 une loi destin&#233;e &#224; favoriser l'int&#233;gration. Mais le canton refuse pour l'instant d'exiger la connaissance du fran&#231;ais pour l'octroi du permis de r&#233;sidence. Certains cantons comme Zurich envisagent de le faire. &#171; Mais pas &#224; Neuch&#226;tel &#187;, dit Faccinetti.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il arrive n&#233;anmoins que les autorit&#233;s r&#233;clament d'un candidat en infraction qui est sur le point de se voir retirer son permis de s&#233;jour qu'il s'engage &#224; apprendre le fran&#231;ais et &#224; mieux s'int&#233;grer. &#192; partir du 1er janvier, un imam originaire d'un pays non europ&#233;en devra obligatoirement suivre des cours sur la soci&#233;t&#233; suisse pour pouvoir obtenir un titre de s&#233;jour. &#171; Neuch&#226;tel pr&#233;f&#232;re conserver pour l'instant une approche lib&#233;rale en traitant les probl&#232;mes au cas par cas &#187;, dit Thomas Facchinetti.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La Conf&#233;d&#233;ration suisse n'est pas le seul pays o&#249; les r&#233;gions jouent un r&#244;le dans la naturalisation. Ceux qui s'inqui&#232;tent de la citoyennet&#233; &#224; deux vitesses peuvent m&#233;diter le cas allemand. En Allemagne, l'admission des nouveaux citoyens rel&#232;ve des l&#228;nder (provinces). Ce sont eux qui appliquent la loi f&#233;d&#233;rale et qui administrent donc les tests linguistiques. Or ceux-ci varient d'un land &#224; l'autre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi la Bavi&#232;re a-t-elle choisi d'imposer un test &#233;crit alors que la Rh&#233;nanie du Nord se contente d'un test oral. &#171; Il est de notori&#233;t&#233; que le test est plus facile dans certains l&#228;nder que dans d'autres &#187;, dit Ines Michalowski de l'universit&#233; de M&#252;nster. Mais personne ne semble en faire de cas.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La Belgique offre un portrait diff&#233;rent. Alors que l'obtention de la citoyennet&#233; belge n'exige aucune connaissance linguistique particuli&#232;re, ce sont les &#171; communaut&#233;s &#187; qui sont responsables de l'int&#233;gration des immigrants. La Flandre a d&#233;velopp&#233; depuis plusieurs ann&#233;es un v&#233;ritable programme d'int&#233;gration qui oblige les immigrants &#224; apprendre le n&#233;erlandais et les codes du pays. Sans cr&#233;er formellement une citoyennet&#233; flamande, les Flamands parlent tout de m&#234;me d'&#171; inburgering &#187;, une expression que l'on pourrait traduire litt&#233;ralement par le n&#233;ologisme &#171; citoyennisation &#187; ou &#171; int&#233;gration civique &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; La Flandre invite les nouveaux arrivants &#224; s'inscrire dans une trajectoire qui leur permettra de participer pleinement &#224; la soci&#233;t&#233;, dit Marie-Claire Foblets, de l'universit&#233; de Louvain. D'ailleurs, nous avons d&#233;couvert que les immigrants &#233;taient tr&#232;s demandeurs. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Souvent d&#233;cri&#233;e par les francophones, la politique oblige les immigrants &#224; suivre des cours de n&#233;erlandais, d'instruction civique et d'orientation dans la soci&#233;t&#233; flamande. La Flandre a notamment cr&#233;&#233; huit maisons du n&#233;erlandais. Ces maisons servent de lieu d'accueil des immigrants et l'on y dispense des cours, un peu comme dans les d&#233;funts COFI (centres d'orientation et de formation des immigrants) du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Des sanctions d&#233;cri&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce sont les sanctions attach&#233;es au programme qui ont suscit&#233; le plus de pol&#233;mique. Les r&#233;calcitrants peuvent en effet voir leurs prestations sociales r&#233;duites, se faire imposer une amende d'environ 300 $ ou m&#234;me se faire refuser un logement social. L'affaire des HLM s'est retrouv&#233;e devant le tribunal constitutionnel, qui a statu&#233; que cette exigence &#233;tait justifi&#233;e dans la mesure o&#249; l'on n'exigeait pas de l'immigrant une connaissance pr&#233;cise du n&#233;erlandais, mais la manifestation d'une volont&#233; de l'apprendre et de s'int&#233;grer.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les citoyens europ&#233;ens, qui jouissent de la libert&#233; de circulation partout en Europe, sont &#233;videmment exempt&#233;s de ces obligations. Mais la Flandre se r&#233;serve le droit de d&#233;finir de fa&#231;on plus restrictive que le gouvernement f&#233;d&#233;ral ceux qui peuvent &#234;tre assimil&#233;s ou non &#224; des citoyens europ&#233;ens. Cette d&#233;finition peut notamment concerner les conjoints.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les chr&#233;tiens-d&#233;mocrates flamands dirig&#233;s par le candidat arriv&#233; en t&#234;te aux derni&#232;res &#233;lections f&#233;d&#233;rales, Yves Leterme, r&#233;clament un resserrement des conditions d'obtention de la nationalit&#233;. Ils veulent notamment imposer de nouveaux crit&#232;res comme la connaissance de la langue. Les Belges francophones ne sont gu&#232;re sensibles &#224; ces arguments qu'ils jugent souvent contraires aux droits de l'homme. Il faut dire que l'immense majorit&#233; des immigrants attir&#233;s par le rayonnement de la capitale europ&#233;enne parlent g&#233;n&#233;ralement le fran&#231;ais sans probl&#232;me. Par contre, ils ne sont qu'une infime minorit&#233; &#224; parler le n&#233;erlandais.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Johan Wets, de l'universit&#233; de Louvain, vient de terminer une &#233;valuation du programme d'int&#233;gration flamand. &#171; La plupart des immigrants n'attendent rien en arrivant en Flandres, dit-il. Quand ils apprennent qu'on leur offre des cours pour mieux s'int&#233;grer, ils sont agr&#233;ablement surpris. &#187; Peu d'immigrants refusent de participer au programme. Les rares cas concernent certains immigrants qui trouvent imm&#233;diatement un travail tr&#232;s accaparant ou des femmes qui ne peuvent pas faire garder leurs enfants. Voil&#224; pourquoi Wets propose l'organisation de garderies destin&#233;es aux nouveaux arrivants qui suivent les cours ou l'organisation de cours en collaboration avec les employeurs.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les critiques, souvent mal renseign&#233;s, n'ont gu&#232;re &#233;branl&#233; le gouvernement flamand qui entend aller de l'avant. Pour Marie-Claire Foblets, le consensus flamand ne semble pas faire de doute : &#171; C'est une politique qui vise d'abord l'int&#233;gration et non pas l'exclusion. Il faudrait m&#234;me en faire plus. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Correspondant du Devoir &#224; Paris&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;a href=&quot;http://www.ledevoir.com/2007/11/17/164784.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;source&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	<item>
		<title>La langue fran&#231;aise est l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise</title>
		<link>http://www.vigile.net/La-langue-francaise-est-l-identite</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>David Poulin-Litvak - Tribune libre de Vigile</dc:creator>
		


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		<description>Mon pays, c'est la langue, Qui chante ses hivers, Mon pays, c'est la langue, Qui chante ses myst&#232;res, Mon pays, c'est la langue, Qui chante son retour, Mon pays, c'est la langue, Qui chante son amour, Mon pays, c'est la langue, Et mon pays, il est fier, (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Bien au contraire, la langue fran&#231;aise est ce qui fait l'identit&#233;
qu&#233;b&#233;coise. Ce n'est pas dire que la culture du Qu&#233;bec n'est pas
occidentale, &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/Ce-n-est-pas-la-langue-francaise&quot; class=&quot;spip_in&quot;&gt;comme le souligne M. Laughrea&lt;/a&gt;, mais plut&#244;t que ce
qui distingue le Qu&#233;bec &#224; l'int&#233;rieur de cet Occident, ce sont deux choses : son am&#233;ricanit&#233; g&#233;ographique, puis, au sein de cette am&#233;ricanit&#233;, sa
francit&#233; linguistique.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Autrement dit, le Qu&#233;bec n'est ni franco-europ&#233;en,
ni anglo-am&#233;ricain. Il est franco-am&#233;ricain. Par &#171; am&#233;ricain &#187;, j'entends
bien s&#251;r des Am&#233;riques.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le fran&#231;ais, ou plut&#244;t, pour faire un peu d'esprit,
le qu&#233;b&#233;cois aux accents fran&#231;ais, est le c&#339;ur de l'identit&#233; nationale. Et
ainsi, les Qu&#233;b&#233;cois francophones, j'ose le dire &#8211; et que l'on note que je
suis n&#233; aux &#201;tats-Unis et d'un p&#232;re juif, de surcro&#238;t &#8211; ne sont pas la
majorit&#233; nationale, ils sont la nation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;David Poulin-Litvak&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;NB Et reprenons m&#234;me M. Corbeil, le fran&#231;ais n'est pas &#171; au centre de
l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise &#187;, c'est l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mon pays, c'est la langue,&lt;br&gt;
Qui chante ses hivers,&lt;br&gt;
Mon pays, c'est la langue,&lt;br&gt;
Qui chante ses myst&#232;res,&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mon pays, c'est la langue, &lt;br&gt;
Qui chante son retour,&lt;br&gt;
Mon pays, c'est la langue,&lt;br&gt;
Qui chante son amour,&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mon pays, c'est la langue, &lt;br&gt;
Et mon pays, il est fier,&lt;br&gt;
Mon pays, c'est la langue,&lt;br&gt;
Aux accents de ses terres,&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mon pays, c'est la langue,&lt;br&gt;
Qui croule &#224; Montr&#233;al,&lt;br&gt;
Mon pays, c'est la langue,&lt;br&gt;
De fran&#231;ais et de joual,&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mon pays, c'est la langue,&lt;br&gt;
Et sa langue, elle est claire,&lt;br&gt;
Mon pays, c'est la langue, &lt;br&gt;
Et la langue de ses p&#232;res,&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce n'est pas cher Monsieur,&lt;br&gt;
Une autre que Moli&#232;re,&lt;br&gt;
C'est la langue de mon pays,&lt;br&gt;
Et mon pays, il est clair !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#8212; Envoi via le site Vigile.net (&lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;http://www.vigile.net/&lt;/a&gt;) &#8212;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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	<item>
		<title>Ce n'est pas la langue fran&#231;aise qui fait l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise</title>
		<link>http://www.vigile.net/Ce-n-est-pas-la-langue-francaise</link>
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		<dc:date>2007-10-28T12:00:34Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Michael Laughrea - Le Soleil (Opinions)</dc:creator>
		


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		<description>L'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise est gr&#233;co-latine, jud&#233;o-chr&#233;tienne, franco-am&#233;ricaine, d&#233;mocrate et ouverte. Un Qu&#233;bec 100% fran&#231;ais et islamiste, musulman, hindou, fasciste ou nazi correspond moins &#224; l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise qu'un Qu&#233;bec unilingue anglais, d&#233;mocrate et de culture (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout est dit dans la pr&#233;face du livre de Jean-Claude Corbeil* : &#171; la langue fran&#231;aise est au centre de l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise &#187;. Lisez bien : non pas le d&#233;passement de soi, la recherche de la v&#233;rit&#233;, de la paix, de la justice, ou de la d&#233;mocratie. Non pas l'avancement de l'humanit&#233;, la charit&#233;, la non-violence, l'entre-aide, la solidarit&#233;, mais &#171; la langue fran&#231;aise &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Vous pouvez &#234;tre un p&#233;dophile islamiste, antis&#233;mite, fasciste et communiste (si cette combinaison improbable &#233;tait possible) : rassurez-vous, le coeur de votre identit&#233; est pr&#233;serv&#233;, vous faites partie int&#233;grante et enti&#232;re de la famille, des &#171; gens d'ici &#187; que l'on distingue &lt;a href=&quot;http://www.vigile.net/archives/999/khouripeuple.html&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;des gens d'ailleurs m&#234;me si leurs anc&#234;tres remontent &#224; 1760 ou &#224; 5000 ans avant notre &#232;re&lt;/a&gt;. Soyez un prix Nobel anglophone montr&#233;alais de 6e g&#233;n&#233;ration : peine perdue, on ne vous reconnaitra pas comme &#233;tant d'ici.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Imaginez un peu l'insignifiance &#224; laquelle auraient aspir&#233; les &#201;tats-Unis naissants si, dans la d&#233;claration d'ind&#233;pendance, l'essence de leur identit&#233; avait &#233;t&#233; reli&#233;e non pas &#224; de larges principes inspirant &#224; devenir lumi&#232;re sur les nations, mais &#224; la langue anglaise ! Ou encore l'insignifiance de la r&#233;volution fran&#231;aise si l'essence identitaire fran&#231;aise avait &#233;t&#233; r&#233;duite &#224; la langue !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il y a confusion identitaire au Qu&#233;bec. Quand bien des Qu&#233;b&#233;cois pensent &#171; identit&#233; &#187;, ils pensent imm&#233;diatement &#224; ce qui les distingue de leur voisin. C'est faire fausse route, oublier l'essentiel que de r&#233;fl&#233;chir ainsi. L'identit&#233; r&#233;f&#232;re &#224; qui l'on est, fondamentalement. Et fondamentalement, nous ressemblons &#224; bien des peuples qui nous voisinent : les peuples am&#233;ricains, fran&#231;ais, britanniques, irlandais...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Imaginons que seule l'utilisation de la main gauche pour &#233;crire nous distingue des Am&#233;ricains et des Ontariens. D&#232;s lors, pour de nombreux souverainistes, &#233;crire de la main gauche deviendrait l'essentiel, ou &#171; un &#233;l&#233;ment fondamental &#187; de l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise. Voyant une majorit&#233; d'immigrants se mettre &#224; utiliser la &#171; dominatrice &#187; main droite, il y aurait sans doute une mesure l&#233;gislative obligeant les immigrants &#224; &#233;crire de la main gauche, afin de pr&#233;server l'identit&#233;, confuse avec &#171; distinction &#187;. Ne serait-il pas merveilleux de d&#233;couvrir que qui l'on est nous rapproche de nos voisins imm&#233;diats au lieu de nous en &#233;loigner ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Si la seule chose qui distingue un Fran&#231;ais d'un Allemand &#233;tait, par hypoth&#232;se, manger de la baguette, qui oserait s&#233;rieusement dire que l'identit&#233; du Fran&#231;ais, c'est &#171; fondamentalement &#187; la baguette ? Personne, j'esp&#232;re. Pourtant, c'est essentiellement ce que nous disent les idol&#226;tres de la loi 101.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise est gr&#233;co-latine, jud&#233;o-chr&#233;tienne, franco-am&#233;ricaine, d&#233;mocrate et ouverte. Un Qu&#233;bec 100% fran&#231;ais et islamiste, musulman, hindou, fasciste ou nazi correspond moins &#224; l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise qu'un Qu&#233;bec unilingue anglais, d&#233;mocrate et de culture occidentale. La langue est le vernis d'une culture : pas son essence, ni son centre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce qui nous distingue du voisin imm&#233;diat est parfois ce qu'il y a de plus accessoire. Et ce qui nous en approche, ce qu'il y a de plus essentiel.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;*&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;L'embarras des langues. Origine, conception et &#233;volution de la politique linguistique qu&#233;b&#233;coise&lt;/i&gt;. Qu&#233;bec-Am&#233;rique 2007.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Michael Laughrea, PhD&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Professeur, Universit&#233; McGill&lt;br&gt;
et chercheur, H&#244;pital G&#233;n&#233;ral Juif, Montr&#233;al.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.vigile.net/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; &lt;a href=&quot;http://www.cyberpresse.ca/article/20071028/CPSOLEIL/71024113/6732/CPOPINIONS&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Source&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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		<title>L'oubli&#233;e de la campagne &#233;lectorale</title>
		<link>http://www.vigile.net/L-oubliee-de-la-campagne</link>
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		<dc:date>2007-03-05T19:44:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>  
		<dc:creator>Charles Castonguay - L'aut'courriel</dc:creator>
		


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		<description>La sauvegarde et le d&#233;veloppement de la langue fran&#231;aise est &#224; la base de la question nationale qu&#233;b&#233;coise et du combat du mouvement ind&#233;pendantiste. Pourtant, il n'en a pas &#233;t&#233; question jusqu'ici dans la campagne &#233;lectorale. Motus et bouche cousue, autant chez Andr&#233; Boisclair que (...)</description>

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(oui|=={oui}|?{' ',''})<content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La sauvegarde et le d&#233;veloppement de la langue fran&#231;aise est &#224; la base de la question nationale qu&#233;b&#233;coise et du combat du mouvement ind&#233;pendantiste. Pourtant, il n'en a pas &#233;t&#233; question jusqu'ici dans la campagne &#233;lectorale. Motus et bouche cousue, autant chez Andr&#233; Boisclair que chez Mario Dumont et Jean Charest. Pourtant, comme nous le rappelle Charles Castonguay dans ce texte publi&#233; dans le dernier num&#233;ro de l'aut'journal, la situation du fran&#231;ais n'a jamais &#233;t&#233; aussi pr&#233;caire.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour marquer le 40e anniversaire du rapport de la Commission Laurendeau-Dunton, Radio-Canada a fait grand battage pendant une semaine autour d'un sondage CROP sur le bilinguisme. Proc&#233;d&#233; qui en dit long sur la qualit&#233; de l'information diffus&#233;e par Radio-Canada.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;La m&#233;thodologie douteuse de CROP&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;CROP a &#233;cart&#233; de son &#233;chantillon tous les Canadiens qui ne parlent pas l'anglais ou le fran&#231;ais comme langue d'usage &#224; la maison. Il s'agit de 3 millions de personnes, soit 10 % de la population. Le site de Radio-Canada pr&#233;sente n&#233;anmoins les r&#233;sultats comme repr&#233;sentatifs de l'ensemble des Canadiens. La Commission Laurendeau-Dunton avait &#233;t&#233; plus respectueuse des allophones et des Autochtones.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le sondage est tout aussi fauss&#233; en ce qui concerne les minorit&#233;s francophones. La majorit&#233; des francophones hors Qu&#233;bec dans l'&#233;chantillon CROP habitaient des comt&#233;s du Nouveau-Brunswick et de l'Ontario avoisinant le Qu&#233;bec alors que, en r&#233;alit&#233;, la plupart vivent dans un environnement o&#249; ils sont beaucoup plus minoritaires et moins bien lotis.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;chantillon n'est donc pas repr&#233;sentatif non plus des minorit&#233;s francophones. &#192; tel point que, selon les r&#233;sultats obtenus par CROP pour Radio-Canada, les anglophones du Qu&#233;bec sont plus &#224; plaindre que les francophones hors Qu&#233;bec quant &#224; la disponibilit&#233; de services f&#233;d&#233;raux dans leur langue. Ce qui a ensuite permis &#224; Anthony Housefather, ex-pr&#233;sident d'Alliance Qu&#233;bec invit&#233; &#224; Dimanche Magazine, de jouer longuement au martyr sur les ondes de notre radio d'&#201;tat.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;400 000 francophones anglicis&#233;s deviennent des anglophones bilingues&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le comble c'est que CROP a class&#233; les francophones et les anglophones en fonction de la langue d'usage &#224; la maison au lieu de la langue maternelle. En 2001, il y avait pr&#232;s de 400 000 personnes de langue maternelle fran&#231;aise &#224; l'ext&#233;rieur du Qu&#233;bec qui parlaient l'anglais comme langue d'usage &#224; la maison.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'approche toute croche de CROP compte tous ces francophones anglicis&#233;s comme autant d'anglophones bilingues. Ce qui a pour effet de transformer l'assimilation croissante des minorit&#233;s francophones en une pouss&#233;e de bilinguisme parmi la majorit&#233; linguistique dans le Rest of Canada. Bonne nouvelle, que Radio-Canada r&#233;pand sans broncher coast-to-coast-to-coast. Ignoble de se gargariser ainsi de bilinguisme sur le dos des francophones en voie d'assimilation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;L'anglicisation du Canada&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;On sait que Trudeau a enterr&#233; l'approche initiale de la Commission Laurendeau-Dunton &#224; la crise que traversait - et que traverse encore - le Canada. Tant et si bien que depuis l'adoption en 1969 de sa Loi sur les langues officielles, l'anglicisation des francophones hors Qu&#233;bec n'a pas d&#233;rougi.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'anglicisation du Canada tout court se constate non seulement en ce qui touche au poids de sa population qui parle le fran&#231;ais comme langue premi&#232;re mais jusque dans les donn&#233;es de recensement sur la connaissance du fran&#231;ais et de l'anglais. Ce que dissimule l'habituelle analyse euphorisante des organismes gouvernementaux canadiens.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De Keith Spicer &#224; Graham Fraser, les commissaires aux langues officielles du Canada nous rappellent que le bilinguisme institutionnel du gouvernement canadien vise &#224; mettre fin &#224; la discrimination linguistique en assurant aux parlants fran&#231;ais comme aux parlants anglais des services f&#233;d&#233;raux de qualit&#233; &#233;gale dans leur langue.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce qui &#233;quivaut &#224; prot&#233;ger l'unilinguisme, qu'il s'agisse d'unilinguisme fran&#231;ais ou anglais. Or, loin de se r&#233;sorber, le d&#233;s&#233;quilibre canadien en mati&#232;re d'unilinguisme s'accentue &#224; chaque recensement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; Pour la premi&#232;re fois depuis 400 ans, une baisse absolue du nombre d'unilingues fran&#231;ais&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;De 1971 &#224; 2001, les unilingues fran&#231;ais sont pass&#233;s de 18 &#224; 13 % de la population canadienne. Et la tendance s'emballe au point que le nombre d'unilingues fran&#231;ais baisse maintenant en chiffres absolus, passant de 4,1 &#224; 3,9 millions entre 1991 et 2001. Cela marque le renversement d'une tendance pr&#232;s de quatre fois s&#233;culaire, puisque le nombre d'unilingues fran&#231;ais au Canada &#233;tait sans doute en hausse depuis 1608.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Au contraire, l'unilinguisme anglais s'est maintenu parfaitement &#224; 67 % de la population. En chiffres absolus, il a progress&#233; de 14 millions en 1971 &#224; 20 millions en 2001. Alors que le nombre d'unilingues fran&#231;ais &#233;volue d&#233;sormais &#224; la baisse, le Canada compte un million d'unilingues anglais de plus &#224; tous les cinq ans !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Progression du bilinguisme au d&#233;triment de l'unilinguisme fran&#231;ais&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Par cons&#233;quent, la progression du bilinguisme n'a fait que compenser la chute de l'unilinguisme fran&#231;ais. De sorte que le pourcentage de la population canadienne qui se consid&#232;re capable de parler fran&#231;ais n'a pas du tout augment&#233;, demeurant &#224; 31 % en 2001 comme en 1971.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;En m&#234;me temps, le maintien de l'unilinguisme anglais et la mont&#233;e du bilinguisme ont fait passer la connaissance de l'anglais au Canada de 80 &#224; 85 % de la population. En mati&#232;re d'unilinguisme et de bilinguisme, tout comme en celle de langue maternelle ou de langue d'usage, l'in&#233;galit&#233; entre l'anglais et le fran&#231;ais s'est creus&#233;e depuis la Commission Laurendeau-Dunton.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais pr&#233;senter les choses de cette fa&#231;on donnerait trop &#224; r&#233;fl&#233;chir. Le mandat de tout organisme f&#233;d&#233;ral est de renforcer l'unit&#233; canadienne. Alors, pour f&#234;ter l'anniversaire de Laurendeau-Dunton, Radio-Canada nous commande un CROP grand cru qu'il nous sert avec une publicit&#233; &#224; la sauce franglaise, du genre LE BILINGUISME / C'EST PAS / &#171; BEAUTIFUL &#187; / &#199;A ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#192; propos, cette ann&#233;e est aussi le 30e anniversaire de la Charte de la langue fran&#231;aise. Ou plut&#244;t de ce qu'il en reste. La loi 101 &#233;tait cens&#233;e elle aussi prot&#233;ger les parlants fran&#231;ais contre la discrimination, notamment dans le monde du travail. Attendons voir si Qu&#233;bec va f&#234;ter &#231;a et, le cas &#233;ch&#233;ant, comment.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

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